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L'histoire se déroule en Octobre 2013.

« Tant qu'il y a assez de place pour stocker les guimauves, tout va bien. »
par Valentine Bellamy dans You gave up the fight, you left me behind


Charming ೨ Henry ೨ Ruby ೨ August

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 They scream, and they cry.

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MessageSujet: They scream, and they cry.   Lun 24 Juin - 16:30





They scream, and they cry.








Le croque-mitaineLe grand méchant loup

Pitch Black chantait. Ce n'était jamais bon signe quand elle le faisait. Doucement, presque à mi-voix, plus pour elle-même que pour un éventuel auditoire. Une berceuse. Les paroles étaient douces mais prenaient bizarrement une tournure inquiétante quand c'était elle qui les récitait. L'ancienne ombre n'avait pas besoin de chanter fort, ses paroles se répercutaient sans peine contre les murs de son royaume souterrain. La mélodie donnait l'impression d'être murmuré dans votre oreille, même s'il n'y avait personne autour de vous. Le croquemitaine était particulièrement de bonne humeur ce soir. çà non plus, cela n'annonçait rien de bon. Elle passait lentement entre les cages contenant les enfants terrorisés qu'elle avait patiemment arrachés à leur foyer, effleurant les barreaux de ses doigts tout en continuant d'entonner sa berceuse.
Au-dessus de leur tête, à la surface, la lune se levait. La pleine lune, pleine de promesse. Elle le sentait. Les enfants aussi. Voilà pourquoi elle était d'humeur si joyeuse et eux si terrorisé. Tous savaient ce que cela signifiait. Le monstre allait se mettre en chasse.

"N'ayez pas peur, les enfants. Je vous protégerais." Minauda-t-elle avec un sourire qui se voulait doux mais que les cicatrices sur son visage ne pouvaient que rendre cruel. "Mais je ne pourrais pas le faire si vous courrez partout. Alors rester bien dans vos cages cette nuit et tout se passera bien. D'accord ?"

Quelques chérubins hochèrent lentement la tête, les autres étaient trop occupés à trembler et à se recroqueviller pour le faire. Tout était parfait. Depuis qu'elle avait obtenu du sorcier cette créature. Les enfants avaient toujours peur d'elle mais craignaient davantage la bête. Ils acceptaient sa protection. Certains avec reconnaissance. Sauf qu'il y avait toujours des enfants qui se montraient insolents. Rebelle. Comme cette petite tête blonde qui la regardait avec une lueur de défi que la peur n'avait pas totalement effacé.

"Vraiment ?" Demanda-t-elle.

Pitch arrêta sa berceuse et s'approcha de la petite fille. Instinctivement, les gosses près d'elle s'écartèrent. Ne voulant pas être victime de la punition qui allait suivre parce qu'ils se trouvaient trop près de l'effrontée. Au lieu de laisser parler sa colère, Pitch affichait toujours son sourire. elle s'accroupit pour se retrouver au même niveau que l'enfant.

"Que veux-tu dire, ma chérie ?" Demanda à son tour le croque-mitaine d'une voix faussement mielleuse.

Elle vit avec délice la petite effrontée déglutir avant de se trouver un soupçon de courage pour continuer de la défier. "Je suis sûr qu'il nous arrivera rien si on sort cette nuit. Vous dites çà juste pour nous faire peur."

Le croquemitaine aurait pu réduire cette petite au silence en un instant. Mais cela gâcherait tout. Pourtant, l'ancienne ombre calculait déjà la manière la plus efficace pour en faire un exemple. ce qui offrait très peu de chances de survie à la blondinette. Quand un enfant avait assez d'ardeur pour la défier ouvertement, c'est qu'il n'était pas destiné à vivre très longtemps.

"Pourquoi ferais-je çà, ma chérie ?" Demanda-t-elle à la fillette en feignant d'être blessé par une telle accusation.

"Parce que vous êtes méchante." répliqua aussi sec la gamine.

Tous les enfants se turent. Un silence de plomb régna soudain sur le royaume souterrain du croquemitaine. La marmaille retint son souffle quand Pitch se releva très lentement, son regard prit des teintes dorées alors qu'elle fixait la blondinette. Après un temps qui semblait interminable, le sourire revint. Cette fois pleinement cruel. Dans un bruit sec, elle ouvrit la cage. S'il était possible de se tasser davantage contre les barreaux, les enfants l'auraient fait. Même l'insolente recula de quelques pas. à nouveau, l'idée de sentir le cou de la gamine craqué sous ses doigts fut très tentante. Au lieu de cela, elle fit un geste d'invitation.

"Tu peux partir." Déclara-t-elle en s'écartant de la porte.

Étrange comme cette promesse de liberté pouvait faire disparaître toute trace de bravoure chez la fillette. Peut-être parce qu'elle n'espérait pas obtenir cette étrange récompense. "Allons, ne soit pas timide." Encouragea le croquemitaine.

Sous le regard inquisiteur de l'ancienne ombre et de celui de ses anciens compagnons de prison, la gamine marcha lentement hors de la cage. Un nouveau claquement indiqua que la cage fut refermée derrière l'enfant. Avec un geste qui se voulait rassurant, elle poussa légèrement la fillette dans son dos pour l'inciter à partir plus loin. Pitch éprouva un réel plaisir lorsque la gamine se crispa face à ce geste.

"Prend gardes au loup." Dit-elle tandis que la fille s'éloignait de plus en plus des cages et de leur protection. Leur tournant le dos, les enfants ne purent voir le sourire de triomphe qu'affichait le visage mutilé de Pitch Black. Mais la petite, oui, car elle avait jeté un regard désespérer en arrière. Elle était la première à regretter son geste de rébellion, désormais.

Au loin, un cri lupin retentit. La gosse se mit à courir. Le sourire de l'ombre s'élargit. La chasse avait commencée.


La peur... Une arme primitive mais efficace.



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MessageSujet: Re: They scream, and they cry.   Sam 27 Juil - 16:37
They scream, and they cry
Le croque-mitaine- Le grand méchant loup


« La peur est un cri, la terreur est un murmure. »

La peur est une arme primitive mais efficace, elle est incontrôlable et s'immisce en chacun de nous. Polymorphe, elle s'adapte à chaque être qu'elle accapare avec aisance lorsque les ténèbres prédominent. Insondable tant sa noirceur est profonde, elle touche tous les cœurs sans la moindre exception. La peur recèle de tant de mystère, de monstres effrayant nos chères petites têtes blondes qui sont les premières à succombé. La peur est ainsi indissociable des cauchemars et assit sa dictature sur les esprits...

Le jour peinait à exister sous cet intense brouillard qui privait l'horizon de soleil. Au loin, le morne écho des cloches se faisait entendre. Sur la route pavée, une triste procession s'avançait vers le bâtiment de culte. Le noir était la couleur dominante en ce jour, les rires et la joie était quant à eux éclipsé par les larmes et la tristesse. Un lourd silence accompagnait le groupe de pleureurs qui prirent place Un homme, d'un âge avancé, se détacha du groupe et avança vers l'autel afin de faire face au plus grand nombre. Il sorti de sa poche un bout de parchemin qu'il se mit à lire à haute voix sans prendre le temps d'attendre la fin de la cérémonie.

-Il est venu jusqu'à moi quelques rumeurs que je ne peux conserver égoïstement.

-Nous sommes en deuil Helsing ! N'as-tu pas honte de venir ici déblatérer ton discours ?

-D'autres villages aux alentours, sont eux aussi en deuil. Agnès, 11 ans, égorgée et dévorée. L'o a retrouvé ça et là des vêtements en pièce, sa tête détachée, sa poitrine dévorée, ainsi que le mollet d'une jambe. Mais ça n'est pas terminé. Peter, 13 ans, enlevé et retrouvé au petit matin, près du lac. Son corps mutilé, plus de tête, ses organes vitaux avaient eux aussi disparu. Puis enfin Ophélia, 12 ans. Nous avons d'abord trouvé une partie de ses vêtements et tout près, gisait dans une marre de sang, le corps de la petite fille.

L'assemblée était outrée par les témoignages lancés sans retenue par le dénommé « Helsing ». Les femmes pleuraient, les hommes serraient les poings. Personne ne restait insensible face à tant de violence. Satisfait de l'effet produit sur les hôtes de ce village, le chasseur convia les hommes à le suivre afin de leur transmettre les règles d'usure pour protéger les habitants de « La Bête ». Mais les cupides êtres humains, innocents et naïfs ignoraient bien des choses sur le monstre qui rôdait dans les parages. Même ce vieux briscard d'Helsing, chasseur émérite, ignorait presque tout de cette bête qu'il chassait depuis les premières découvertes de corps.

-Ses vêtements se changent en poils, ses bras en jambes, devenu un loup il conserve encore des vestiges de son ancienne forme. Il a toujours le même poil gris, le même air farouche, les mêmes yeux ardents ; il est toujours l'image de la férocité.

-Que devons-nous faire ?

-Prier pour vos âmes et veiller à ce que vos demeures restent closes lorsque la lune sera pleine. Laissez le feu se consumer, sortez vos argenteries.

-Certains disent que lorsque la lune se meurt, la bête devient humaine

-La vertu découle de l'habilité de l'homme à agir bien envers ses condisciples. Mais la vertu est avant tout une morale humaine et je doute que ces bêtes puissent être rattachées à un quelconque attrait humain. Gardez vos enfants près de vous, il raffole tout particulièrement de leur chair.

Et lorsque le soleil se leva, que la pleine s'illumina, les cris d'une mère résonnèrent dans toute la vallée. Une traînée de sang amena les villageois jusqu'au lac ou le corps dépecé d'une fillette gisait dans l'eau. Au loin tapis dans l'ombre, une silhouette observait les âmes esseulées réunis en funeste procession face au corps de la petite fille. Sentant l'appel de sa « maîtresse » la silhouette disparut tout aussitôt...

L'homme « capuché » avait encore du sang sur la bouche, son regard, dénué de la moindre humanité avait fait frissonné bien des âmes errantes. Satisfait de son œuvre, il disparut dans un nuage noir poussiéreux. Il avait à nouveau regagné les ténèbres de « sa maîtresse » et le bruit métallique des cages, dans lesquelles, elle enfermait ses captifs, résonnaient jusqu'aux oreilles de l'ombre qui disparut à nouveau dans les ténèbres.

L'innocence ! N'est-ce pas merveilleux ? Quelle odeur fraîche, douce, sucrée avec une pointe d'acidité ! Naïf, les êtres innocents ne voient pas le danger et avancent sans se poser de questions.

« Prend gardes au loup ! » déclara une voix féminine au loin.

La destinataire de ces paroles était une petite fille, intrépide et inconsciente, qui éprise de liberté avait tenu tête à la mauvaise personne. Elle avait prit son courage à deux mains et avançait lentement dans les ténèbres. Le sourire de Pitch Black restait ancré dans sa tête.

« J'aurai dû me taire, j'aurais dû me taire ! » se disait-elle intérieurement.

Mais elle ne parvenait à se calmer et dans sa petite poitrine son cœur battait la chamade. Elle se sentait observée. Malgré la désagréable sensation qui l'habitait, la petite fille continua sa morne procession. Elle ne cessait de murmurer pour se donner un peu de courage, mais la peur avait déjà envahi tout son corps qui était sujet à de nombreux tremblements

« Ne tremble pas mon enfant... je vais juste... te dévorer ! »

Une paire d'yeux jaunes venait d'apparaître, la petite fille se mit à hurler et commença à courir. Elle essaya d'éviter les branches qui se présentaient à elle. Elle pleurait, son cœur battait à s'en rompre, mais jamais elle ne se retourna. Et plus jamais elle n'en aura l'occasion... Le loup ne fit qu'une bouchée de la petite fille, ne lui laissant ainsi pas la moindre chance puis il retourna auprès de Pitch Black

«C'est tellement pratique de dévorer ces petites têtes blondes. Leurs os peuvent aussi servir de cure dent ! Une gamine en moins. Je ne risque pas de mourir de faim. Pourquoi m'avoir appelé si tôt ?»
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MessageSujet: Re: They scream, and they cry.   Mer 31 Juil - 9:54





They scream, and they cry.








Le croque-mitaineLe grand méchant loup
Ici, il n'y avait que les ténèbres. Même en pleine journée, les ombres étaient aussi omniprésentes que terrifiantes. Parfois, quand le soleil, haut dans le ciel, tapait ses rayons ardents, quelques traits de lumière perçaient le royaume souterrain. Mais la lumière ne chasse pas l'obscurité ici, elle ne fait que la renforcer. Au point que les chérubins emprisonnés frissonnaient quand l'astre du jour perçait parfois leur prison. Toutefois, il y avait une chose qui les terrifiait plus que tout, pour le plus grand plaisir du croquemitaine, c'était les nuits de pleine lune. Le soir du loup, comme l'ancienne ombre aimait l'appeler. Cette nuit, une petite fille allait comprendre pourquoi elle les appelait ainsi.

Quand l'enfant fut hors de vue, Pitch jette un bref regard vers les captifs. Leurs regards restaient fixés dans la direction où l'inconsciente gamine avait disparu. L'enviait-elle ? Espéraient-ils son retour ? Qu'elle change d'avis et revienne à la raison. L'ancienne ombre attendit aussi, puis quand elle jugea que la fillette n'allait pas revenir, elle déclara :

"Je vais aller la chercher." On aurait dit une mère qui regrettait de s'être disputé avec sa fille et cherchait à se faire pardonner. 'Aurait dit' étaient les mots-clefs de cette phrase. Pitch ne pouvait qu'imiter sans être sincère. "Rester ici. Vous êtes en sécurité ici."

Certains approuvèrent en tremblant, d'autres déglutirent péniblement leur salive. L'aimaient-ils vraiment ? Ou bien étaient-ils tous aussi conscients que la petite fugueuse de la comédie qu'elle leur livrait ? Peut-être. Cependant, contrairement à la future morte, eux savaient que le croquemitaine était sans doute la seule chose qui empêcherait le loup de venir les dévorer. Qu'importe, au fond, que leurs sentiments soient réels. Pitch Black aimait particulièrement sentir leurs corps trembler alors qu'elle les prenait dans ses bras. Dans ces moments-là, le vide de son coeur semblait se remplir. Le croquemitaine ferma les yeux pour savourer ce souvenir. Mais elle n'avait pas le temps de s'y plonger, sinon elle allait rater le spectacle.

Ses pouvoirs revenaient petit à petit, grandissant à chaque enfant kidnappé. Le croquemitaine se fondit dans les ombres. Devenant une des leurs parmi les ténèbres. Elle était beaucoup plus rapide ainsi. Elle trouva rapidement ce qu'elle voulait voir et se matérialisa au-dessus d'une arche qui surplombait la scène. Elle voyait la gamine morte de peur. Elle suintait la terreur, le croquemitaine pouvait la sentir d'ici. Ce genre de chose avait toujours fait partie de ses pouvoirs, même quand elle était faible. Pitch savourait cette aura qui émanait de la fillette. Les murmures de l'enfant qui tentaient de se donner du courage. De se convaincre que le loup n'existait pas, ou n'était pas là ce soir.

Le loup était pourtant là et la gamine ne tarda pas à le découvrir. Un hurlement enfantin. Une course. Doucement, en accompagnement du sinistre spectacle, le croquemitaine chantait de nouveau sa comptine.

"Come to me Children and follow my way into the World of Darkness and Magic." Récita-t-elle d'une voix douce. "With all my Power, I'll show you the way to all your Dreams, Hopes And Illusions."

Dans une synchronisation parfaite, la fillette cria quand Pitch prononça le mot "Darkness", la gamine pleura quand l'ancienne ombre parla d'espoir et de rêve et l'enfant mourut quand la chanson se clôtura sur le mot "illusions". Le croquemitaine fit traîner la dernière note alors que celle qui avait osé la défier poussa son dernier soupir. Lorsque le "spectacle" fut terminé, Pitch Black se refondit dans les ombres pour descendre de son perchoir et revenir à un niveau ou le monstre que le sorcier lui avait confié pouvait la rejoindre. Ce qu'il fit.

«C'est tellement pratique de dévorer ces petites têtes blondes. Leurs os peuvent aussi servir de cure dent ! Une gamine en moins. Je ne risque pas de mourir de faim. Pourquoi m'avoir appelé si tôt ?»

Le seul moment où le sourire de Pitch était sincère était quand on lui parlait des souffrances des enfants. Mais son expression se durcit quand Pierre demanda la raison de sa venue.

"Est-ce ainsi que tu me remercies de t'avoir offert un si bon repas ? En te plaignant ?" Elle s'approcha de lui. "Tu es à moi, le loup. Ne l'oublie jamais. J'ai le droit de te faire appeler quand j'en éprouve le désir, quelle que soit l'heure."

Cette mise au point n'était pas nécessaire, pourtant elle l'avait fait. Elle se plaisait à rappeler qu'ils n'étaient pas sur un plan d'égalité. Même s'ils adoraient tous deux faire souffrir les enfants, il restait son "loup apprivoisé". Elle s'écarta pour contempler le sol ensanglanté, cherchant un trophée à ramener aux autres enfants pour leur dire qu'hélas, elle était arrivée trop tard. Trop tard ? Son sourire revint à cette pensée. Bien sûr que non. Le croquemitaine aurait pu empêcher l'assaut du loup, aider l'enfant dans sa fuite pour qu'elle revienne d'elle-même dans la cage. Sauf que la fillette l'avait qualifiée de 'méchante' et pour cela, elle était morte. Elle le méritait.

"J'avais une mauvaise graine à arracher au plus vite avant qu'elle ne contamine les autres enfants." Répondit-elle finalement d'une voix un peu plus douce. "Mais peut-être ai-je interrompu les autres festivités que tu pratiques à la surface ?"


La peur... Une arme primitive mais efficace.



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MessageSujet: Re: They scream, and they cry.   Mer 31 Juil - 15:18
They scream, and they cry
Le croque-mitaine- Le grand méchant loup


Le royaume des ombres, un lieu calme où vous pourrez méditer en toute quiétude sur votre misérable sort. En ces lieux obscurs, dépourvus de lumière, les ténèbres cohabitent avec les ombres, souvenirs passés d'âmes damnées. Ici, le temps n'a aucune emprise, l'éternité prend des airs de quotidienneté. Si vous avez posé un pied en ces terres arides et sombres, l'espoir d'acquérir une quelconque liberté est infime. D'ailleurs l'espoir lui-même paraît dérisoire, les ombres sont omniprésentes, matin, midi et soir, elles survolent le peuple prisonnier, elles aspirent les joies, les rêves, l'espoir, ne laissent derrière que peur, désolation et tristesse. Les rares rayons de lumière qui transpercent les ténèbres, n'apportent ni joie, ni réconfort, ils ne font qu'alimenter la noirceur des lieux.

Le Royaume Souterrain, comme le Pays Imaginaire, est une prison dont on ne peut s'échapper, sauf bien-sûr quand la mort vous accapare ou dans le pire des cas, lorsque votre âme est aussi pourrie qu'une pomme. Mais il ne faut pas croire que le Royaume est désert, en ces lieux les âmes errantes sont nombreuses, des dizaines, peut-être même des centaines coincées entre deux mondes...
Chaque royaume est régenté par un monarque, certains ont de la chance et servent le plus grand et courageux d'entre tous, d'autres doivent courber l'échine sur le passage sanglant d'une reine au cœur brisé. Il y a bien des exemples de monarques, mais jamais aucun d'entre eux n'égalera celle qui se fait appeler Pitch Black, mais vous la connaissez mieux sous son autre nom. Celui qui, à la surface, la nuit tombée, fait trembler les petites têtes blondes, celui qui est synonyme de cauchemar, celui que l'on n'espère jamais devoir prononcer... Croque Mitaine...

La lune était à son zénith dans les tréfonds du Royaume Souterrain. Les nuits de pleine lune étaient redoutées des petits captifs qui dans leur cage, tremblaient de tous leurs membres. « Le soir du Loup » comme se plaisait à dire Pitch, était une nuit où tout et surtout le pire, pouvait arriver, la chasse étant ouverte. L'ancienne ombre savourait cette nuit peut ordinaire et prenait un plaisir malsain à voir les enfants kidnappés trembler jusqu'au tréfonds de leur âme.
Mais cette nuit-là était différente des autres nuits, cette nuit-là, on lui avait tenu tête. Il avait suffit d'un mot, un simple petit mot andin, pour que le sors d'une petite fille soit à tout jamais scellé. Le Croque Mitaine s'était ému de se faire traiter de « méchante » par cette petite fille hautaine qui ne lui témoignait aucun respect...

A la surface, cachait dans les buissons, un homme masqué sous sa capuche, sentit une légère brûlure émanait du tatouage qu'il avait sur l'intérieur de son avant bras. Il frotta le dessin, c'était le signal, l'appel de son hypothétique maîtresse. L'homme, si l'on peut appeler ça un homme, n'avait plus le moindre souvenir de son ancienne vie, il n'était qu'une bête sauvage, un monstre sans cœur. Pitch Black apposa sa marque sur lui, faisant de la bête, son « loup apprivoisé » et c'est bien le Croque Mitaine qui involontairement, forgea la légende du Grand Méchant Loup, figure incontestablement liée aux contes de fées, mais aussi et surtout, aux cauchemars des enfants.
L'homme disparut dans un tourbillon de poussière et rejoignit le perchoir où se trouvait l'ancienne ombre...

«C'est tellement pratique de dévorer ces petites têtes blondes. Leurs os peuvent aussi servir de cure dent ! Une gamine en moins. Je ne risque pas de mourir de faim. Pourquoi m'avoir appelé si tôt ?»

« Est-ce ainsi que tu me remercies de t'avoir offert un si bon repas ? En te plaignant. Tu es à moi, le loup. Ne l'oublie jamais. J'ai le droit de te faire appeler quand j'en éprouve le désir, quelle que soit l'heure. »

L'homme surgit de nulle part, lui fit une « fausse » révérence tout en restant à l'écart. Il essuya ses lèvres sur lesquelles perlaient encore quelques goûtes de sang puis il s'adressa au Croque Mitaine, sans prendre de pincettes comme à son habitude.

« Je ne risque pas de l'oublier, car tu me le rappelle à chaque rencontre. Et sache que les « bon repas » comme tu le dis si bien, sont plus digestes à la surface. Élevés à l'air pur, les enfants ont une bien meilleure chair Darling. »

Il ironisait encore comme à chaque fois, cela lui permettait aisément d'échapper à sa morne réalité. Car oui, il appartenait à Pitch Black et non il ne pouvait aller à l'encontre de cela. Il était marqué physiquement et moralement, l'emprise du croque mitaine sur sa personne était entière et sa liberté n'en était que plus relative.

« J'avais une mauvaise graine à arracher au plus vite avant qu'elle ne contamine les autres enfants.Mais peut-être ai-je interrompu les autres festivités que tu pratiques à la surface ? » s'exclama l'ancienne ombre en modérant sa colère.

Pierre, qui désormais se nommait Michael, s'approcha de sa maîtresse et observa à son tour les lieux

« Pourquoi ne pas les exterminer toutes ? Ca t'évitera d’autres futures mauvaises graines. Les humains sont tellement imprévisibles aussi bien ici, qu'à la surface. Ils ont engagé un chasseur pour me trouver, quelle bonne blague ! Il n'empêche j'ai encore une fois agis en toute impunité. Ca en devient lassant à la longue ! »
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MessageSujet: Re: They scream, and they cry.   Sam 3 Aoû - 20:51





They scream, and they cry.








Le croque-mitaineLe grand méchant loup

Pitch eut un mince sourire amusé devant la fausse révérence que l'homme lui fit. L'ironie qu'il avait employée aurait pu raviver la colère qu'elle éprouvait devant la plainte de son loup après que la bête ait dévorée la petite fille insolente. Elle aurait pu s'approcher et lui faire comprendre qui elle était en faisant jouer le tatouage qui les liait. Elle aimait parfois le faire souffrir quand il se montrait trop impertinent. Elle aurait pu... Cependant, ce n'était pas nécessaire ce soir. Le monstre savait qu'elle était sa maîtresse. Ces paroles étaient la seule liberté qu'il lui restait et elle avait décidé de la lui laisser.

Ignorant sa remarque sur le fait que les enfants soient plus nourrissant à l'air libre qu'enfermés ici, elle préféra se concentrer sur ses recherches. Sur le sol ensanglanté, elle ne trouva rien de la victime du loup et en sembla contrariée. Jusqu'à ce que ces yeux se posèrent sur une petite touffe de cheveux. Le sang poisseux avait fait perdre la couleur d'origine de la mèche. Elle se pencha doucement pour la ramasser. Elle fit une moue boudeuse devant ce maigre trophée. Bah... çà fera certainement l'affaire. Cette trouvaille avait dissipé sa colère au point qu'elle daigna répondre à son serviteur. Celui-ci avait visiblement du mal à comprendre pourquoi elle n'avait limité cette nuit du loup qu'à une seule victime. Toutefois, la nuit était encore jeune et tout était encore possible.

« Pourquoi ne pas les exterminer toutes ? Çà t'évitera d’autres futures mauvaises graines. Les humains sont tellement imprévisibles aussi bien ici, qu'à la surface. »

Un rire cristallin franchit les lèvres du croquemitaine devant la suggestion de Michael. Elle joua un instant avec la mèche ensanglantée de la fillette qu'elle tenait entre ces doigts avant de répondre.

"Pourquoi ? Mais parce que je dois aussi me nourrir, mon loup." Répondit-elle. Le sorcier avait présenté ce monstre sous le nom de Michael. Toutefois, Pitch ne l'utilisait jamais, tout comme elle ne supportait pas qu'on prononce le sien. Pitch Black. Le nom que lui avait donné son ancien propriétaire avant de la laisser découvrir le monde. Cela lui rappelait trop de mauvais souvenirs. Ou plutôt, çà lui rappelait les rares bons souvenirs qu'elle avait eus. Qu'il s'appelle Pierre ou Michael, pour elle, le lycan était toujours "son loup" et c'est ainsi qu'elle l'appelait. Elle eut un sourire carnassier pour illustrer sa réponse et les mots qu'elle prononça ensuite. "Contrairement à toi, il faut que ces enfants soient vivants le plus longtemps possible pour satisfaire mon appétit... Tu devrais peut-être essayer."

Sa dernière phrase contenait un reproche à peine dissimulé sur la rapidité du combat. Bien qu'elle ait senti la peur de la gamine morte augmenter avant son trépas, elle n'avait pas assez souffert. L'enfant l'avait insultée. Elle aurait aimé jouer encore un peu avec elle avant sa fin. La suite des paroles du loup-garou lui firent perdre son sourire.

« Ils ont engagé un chasseur pour me trouver, quelle bonne blague ! Il n'empêche j'ai encore une fois agis en toute impunité. Ca en devient lassant à la longue ! »

"Un chasseur ?" Répéta-t-elle.

Une inquiétude naquit dans son coeur noir. Elle était aussi traquée. Non pas par les humains comme son petit loup apprivoisé mais par les gardiens que l'homme de la lune avait appelés pour la vaincre. Pour l'instant, elle avait été prudente. Elle ne sortait plus que pour arracher une nouvelle victime de son lit. Hélas, elle ne voulait pas écarter la possibilité qu'ils continuaient de la rechercher. Par chance, aucun d'eux ne connaissait l'endroit précis de sa cachette. Mais si un chasseur humain se mettait sur la piste du monstre que le sorcier lui avait confié...

"Raconte-moi."

Au ton de la voix, il s'agissait d'un ordre mais elle avait mis aussi un soupçon de curiosité dedans. Elle n'avait pas interdit à Michael de faire de petites balades à l'extérieur, du moment qu'il revenait à chaque fois qu'elle avait besoin de lui. Une situation qui pourrait changer si elle le jugeait nécessaire. Tout dépendait des prochaines paroles du loup.


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MessageSujet: Re: They scream, and they cry.   Dim 11 Aoû - 22:30
They scream, and they cry
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« Pourquoi ne pas les exterminer toutes ? Cela t'évitera d'autres futures mauvaises graines. Les humains sont tellement imprévisibles aussi bien ici, qu'à la surface. »

Exterminer tout et tout le monde. N'est-ce donc pas pathétique d'être arrivé à de telles extrémités ? N'est-ce pas triste de voir un être aussi immoral ? Nous sommes en droit de nous demander ce qui pousse quelqu'un à devenir aussi démoniaque, si toutefois explication il y a.

Le vent souffle encore sur le Royaume souterrain, la nuit n'en est pas moins affreusement calme au sein de ce royaume dévoré par l'obscurité perpétuelle des cauchemars. La maîtresse des lieux, d'ordinaire aussi inébranlable qu'une tour de cathédrale, émit, suite aux interrogations de « son loup » un léger rire cristallin qui ne rassura en rien l'être bestial qui se tenait à ses côtés. L'homme l'a regarda se déplacer vers la petite marre de sang où quelques minutes auparavant le corps sans vie d'une petite fille gisait au sol.

« Je n'ai pas pour habitude de laisser des restes ! » déclara l'homme qui avança vers le croque mitaine qui venait de se baisser pour effleurer du bout des doigts le sol froid dénué de toute présence, enfin c'est ce que pensait Michael. En effet, après avoir ri aux éclats, la maîtresse des lieux se tue et ramassa une hypothétique mèche de cheveux, anciennement blonde. Il était à présent difficile de lui attribuer une quelconque couleur tant le sang s'était incrusté sur la racine.
Le Loup observa sa maîtresse qui faisait tournoyer la mèche de cheveux qu'elle conservait au creux de sa main. Un sourire malsain venait à présent éclairer le visage marqué de cicatrice de la jeune femme. « Jeune » ? L'était-elle ? Oui d'apparence, mais pour le reste rien n'était moins sûre.

Le loup ne connaissait pas grand-chose de celle à qui il était affiliée depuis un lapes de temps. Voulait-il en savoir davantage ? Probablement que non. La bête ne s'intéressait qu'à peu de choses, hormis se nourrir, chasser et instaurer à la surface un climat d'insécurité provoquant conflit et tension.
Car oui, il aimait ça, voir les hommes tremblaient, être pris d'une irrépressible peur, incontrôlable, immuable. Il aimait être et faire le mal, sans pourtant en comprendre la raison.

« Les choses étaient ainsi faites » se disait-il intérieurement lorsqu'il se posait trop de questions. Mais l'espace d'un instant, durant une furtive seconde, derrière le sourire de sa maîtresse, le loup vit le regard d'une femme se posait sur lui. L'image était lointaine, probablement issue d'une époque tout aussi éloignée. Mais l'espace d'un instant l'irascible bête, fut désarçonnée et un léger picotement émanant de sa poitrine acheva de la ramener à la réalité. Par réflexe Michael posa sa main sur le côté gauche de sa poitrine, effleurant ainsi l'endroit d'où émaner le léger picotement.
Les paroles de Croque Mitaine arrivèrent aux oreilles de la bête qui se souvint alors de la malsaine suggestion faite quelques minutes auparavant à propos des enfants. Pour ne pas montrer son trouble, Michael répondit tout aussitôt :

« Te nourrir ? Je ne te savais pas cannibale »

« Contrairement à toi, il faut que ces enfants soient vivants le plus longtemps possible pour satisfaire mon appétit... Tu devrais peut-être essayer. »

« Et puis quoi encore ? Je ne change pas mes habitudes et puis je n'ai pas la patience pour vertu. Moi pour satisfaire mon appétit il me les faut morts.

Michael évoqua alors la fameuse histoire du chasseur envoyait à ses trousses, mais la bête comprit très vite que son anecdote pourrait lui coûter sa liberté au vu de la réaction presque démesurée de Pitch qui voyait ainsi une menace se profilait dans son obscur horizon.

« Raconte-moi » dit-elle précipitamment, comme si la suite de l'histoire était vitale

Le loup comprit qu'il ne pouvait pas se cacher derrière ses fausses courbettes comme il avait l'habitude de le faire. L'inquiétude de Pitch Black était réelle cette fois et les virées du loup pourraient ainsi prendre fin à cause de son impétuosité

« Que je te raconte quoi ? Ce n'est rien de grave, juste un chasseur. Il ne sera ni le premier, ni le dernier que je croiserai sur ma route. Je m'en débarrasserai, ça n'est pas un problème. Ta crainte est injustifiée.

Le loup leva la tête, l'odeur sucrée de l'innocence parfuma l'air, teintée d'une bonne dose de peur. Une odeur forte se mêlant à l'humidité salée d'un bon nombre de larmes versées. Dans leurs cages, les « petites sucreries » s'agitaient sous l'effet de la peur.

« Hum... ne sens-tu pas toute cette peur qui parfume l'horizon. A ce stade tu risques de faire une indigestion. »

La déplaisante ironie de son homme de main, déplut fortement à Pitch Black, qui pour marquer son pouvoir et son incontestable puissance, prit Michael à la gorge et serra son emprise au plus fort. Michael serra la mâchoire et offrit à sa maîtresse, le plus sombre des regards. Le genre de regard qui en disait long sur le ressentit de l’animal, qui s’il le pouvait, n’hésiterait pas une seule seconde à s’attaquer à Pitch Black.  Mais son impuissante face à l’ancienne ombre, l’empêchait d’entreprendre la moindre action contre le croque mitaine.

« Et bien vas-y ressors moi ton discours d’asservissement, tu en meurs d’envie. »

La créature resserra son emprise sur la gorge de son sbire qui respirait difficilement.  La vision du loup se brouilla l’espace de quelques secondes. Il sentit à nouveau le regard d’une femme se posait sur lui. Pitch relâcha son emprise, Michael s’écroula à terre pour reprendre son souffle, par réflexe, il porta sa main à son cou

« Pourquoi ne pas me tuer tout de suite ? Ca t’évitera des ennuis…Tu as beau m’avoir marqué et conclu je ne sais quel accord, je n’appartiens à personne… »
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MessageSujet: Re: They scream, and they cry.   Sam 17 Aoû - 11:16





They scream, and they cry.








Le croque-mitaineLe grand méchant loup

Tous les tuer. Ah ! Si seulement les choses étaient aussi simples. Les enfermer ici quelque temps puis demander au loup de les dévorer quand elle en aura assez de leurs sanglots. Tellement simple. Mais la peur ne s'établit pas comme çà. La peur grandit à mesure que vous survivez, prisonnier et seul. Alors que vous êtes entourés par les monstres se tapissant dans les ténèbres. L'espoir s'éteint et l'angoisse grandit. Elle grandit, grandit, grandit... jusqu'à vous dévorer de l'intérieur. Que son loup apprivoisé lui propose une solution si naïve à ses yeux l'avait fait rire.
La terreur, ce n'était pas comme de la viande. Plus elle grandissait et meilleur en était le goût. C'était une nourriture qu'il fallait savourer et non dévorer tout rond comme le faisait Michael avec les proies qu'il traquait.

« Je n'ai pas pour habitude de laisser des restes ! »

Avait déclaré le loup. Pitch fut une moue boudeuse qui disparut bien vite quand elle trouva son trophée du soir avec les quelques mèches sanglantes de l'enfant rebelle qui était morte cette nuit. Avait-elle vexé son monstre apprivoisé avec son commentaire ? Peut-être. Elle ne s'en souciait guère, en réalité.

"Certains de mes prisonniers en viennent parfois à douter de ton existence." Déclara-t-elle innocemment en continuant de jouer avec les mèches de cheveux de feu l'enfant. "Tu me laisses si peu de preuves à leur ramener."

Le croquemitaine oublia très vite son nouveau reproche dissimulé. Un sourire malsain traversa son visage alors qu'elle eut une idée merveilleuse. Ce soir était la nuit du loup, après tout. Une seule victime semblait terriblement faible pour ces soirées qui devenaient terrorisées ses prisonniers plus que les nuits ordinaires. "Je devrais peut-être t'emmener leur rendre une petite visite..."

On aurait pu croire qu'il s'agissait juste d'une pensée dite à voix haute, pourtant, elle se tourna vers Michael comme pour attendre son opinion. Le sourire était toujours présent sur ses lèvres alors qu'elle réfléchissait aux détails sordides d'une telle présentation. Des détails. C'était çà le problème avec un loup aussi impulsif que celui confié par le sorcier. Cependant, elle avait la marque qui les liait... elle pourra resserrer le collier s'il se détournait du scénario qu'elle avait concocté.

"Tu sais... pour leur montrer à quel point tu es réel." Continua-t-elle de sa voix songeuse. "Qu'en dis-tu, mon loup ?"

Mais son loup ne semblait pas d'humeur à festoyer pour l'instant. Il était plutôt perdu dans ses pensées. L'ancienne ombre perdit son sourire un bref instant tandis que Michael portait instinctivement sa main vers son coeur. Une ombre de mécontentement passa sur le visage sévère de Pitch Black. C'était la première fois qu'elle assistait à cet étrange spectacle. Devait-elle s'en inquiéter ? À la réflexion, elle ne connaissait rien de son petit monstre de compagnie. Rien de ce qu'il était avant qu'on le lui confie. Sur le moment, elle n'avait pas jugé cela important. Elle voulait un monstre. Une créature pire qu'elle pour que les enfants l'aiment autant qu'ils la craignent. C'est-ce qu'elle avait eu. Le reste était sans importance, n'est-ce pas ? Pourtant, la petite graine d'angoisse était plantée dans son coeur. Une petite lueur qui ne disparut pas, même quand Michael revint dans leur conversation en lui répondant. Elle écouta les commentaires du loup sur ces repas d'une oreille distraite. Le doute refusait de partir.

Pire que tout, le doute semblait vouloir grandir maintenant qu'il s'était installé dans son esprit ! Michael parla d'un chasseur et Pitch ne tarda pas à lui demander plus de détails.

« Que je te raconte quoi ? Ce n'est rien de grave, juste un chasseur. Il ne sera ni le premier, ni le dernier que je croiserai sur ma route. Je m'en débarrasserai, ça n'est pas un problème. Ta crainte est injustifiée. »

Injustifiée ? Comme elle désirait que son loup orgueilleux ait raison. Seulement, il n'était pas question de chasseur humain comme son interlocuteur semblait le croire. Elle s'en moquait que des humains veuillent traquer son loup. Seulement, cette chasse pourrait attirer l'attention de certaines personnes que Pitch Black n'était pas encore prête à affronter. Bientôt... peut-être... quand elle inspirera suffisamment de terreur. Mais pas maintenant. Il était encore trop tôt pour songer à combattre de nouveau ces maudits gardiens. L'ancienne ombre lança sur son loup un regard critique mais une délicieuse sensation envahit l'air du repaire souterrain avant qu'elle ne puisse prendre la parole.

Le croquemitaine retrouva le sourire et les doutes qui germaient doucement en elle semblaient s'être arrêté. La peur. La peur était partout. Elle ferma les yeux pour savourer cette sensation. Ces petits protégés s'inquiétaient. Les raisons de cette panique sourde qu'elle sentait étaient multiple. Michael le sentait aussi et ne put s'empêcher de faire un commentaire.

« Hum... ne sens-tu pas toute cette peur qui parfume l'horizon. A ce stade tu risques de faire une indigestion. »

"Ils s'inquiètent... je met trop de temps à revenir auprès d'eux." Répondit-elle. Toujours les yeux fermés, elle prit une grande inspiration. Quelle ironie de sentir des enfants attendre son retour avec un mélange de crainte et de réconfort. Avaient-ils entendu le festin du loup ? Avaient-ils entendu son rire ? Sans doute. Cette sensation l'enivrait de manière bien plus efficace que les alcools humains. Pitch sentait sa puissance revenir. Comme elle adorait cette sensation. Comme elle aimait les nuits du loup juste pour goûter cet instant précis. L'ivresse du pouvoir. Cela la rendait d'humeur capricieuse. Ouvrant brusquement les yeux, elle saisit son petit loup à la gorge. Il était étrange que quelques gamins pleurnichant dans l'ombre puissent lui donne la force nécessitèrent de tenir tête à un loup-garou. Pourtant c'était ainsi qu'elle était faite. Au regard sombre que lui lança son monstre, elle lui répondit par un autre de ses sourires cruels et carnassiers. Elle approcha son visage du sien.

"C'est une faim qui n'est jamais assouvie, mon loup. D'ailleurs, peut-être ai-je envie de sentir quel goût à ta peur." Répondit-elle, soudainement désireuse de voir rejoindre la crainte de son animal domestique à la terreur ambiante. Et curieuse d'en connaître la saveur.

Le regard de Pitch Black prit des teintes dorées et une lueur de défi. Elle voyait bien que son loup mourrait d'envie de contre-attaquer, ce qui agrandit son sourire. Essaye donc, essaye donc. Semblait-elle dire. Elle n'était pas une femme sans défense, bien au contraire. Et puis, il y avait toujours la marque qui les liait qu'elle n'hésiterait pas à utiliser pour asseoir sa dominance sur la bête qu'elle tenait à sa merci.

« Et bien vas-y ressors moi ton discours d’asservissement, tu en meurs d’envie. »

Sans attendre, le croquemitaine resserra sa prise. Elle prit une grande respiration comme si elle voulait ironiser le fait que son sbire respirait maintenant avec difficultés. Son expression cruelle se mua en un sourire amusé.

"Pauvre petit loup ignorant." Commenta-t-elle avant de relâcher son étreinte.

Ensuite, elle s'écarta de quelques pas pour laisser Michael reprendre son souffle. L'ancienne ombre semblait de nouveau rêvasser alors qu'elle ne ratait pas une miette de son serviteur écrouler à terre qui se massait le cou. Malgré cette petite démonstration, Pitch n'avait pu goûter à la peur du loup. Elle avait même cru revoir dans le regard de Michael cette étrange sensation qui l'avait déjà parcouru plus tôt dans la conversation. Le loup-garou revint à la charge. À défaut d'actions, il attaquait avec sa langue, usant de mots aussi tranchants que ses crocs.

« Pourquoi ne pas me tuer tout de suite ? Ca t’évitera des ennuis…Tu as beau m’avoir marqué et conclu je ne sais quel accord, je n’appartiens à personne… »

Cette dernière remarque faillit lui arracher un nouveau rire. Qu'elle étouffa en un simple murmure. Elle disparut soudainement pour réapparaître derrière Michael, d'une main ferme, elle le tira en arrière en l'agrippant pas ses cheveux courts.

"Oui... oui... peut-être que je devrais te tuer." Déclara-t-elle. "Avec tes petites sorties à la surface, tu ne te rends pas compte des dangers que tu risques de provoquer. Pauvre petit loup ignorant. Si tu continues, ce n'est pas des chasseurs humains qui te traqueront. D'autres viendront. Des êtres comme moi. Et contre eux, tu ne pourras rien faire. Tout comme tu ne peux rien faire maintenant !"

Pour illustrer ce dernier argument, elle serra plus fort la chevelure noire de son monstre de compagnie, menaçant d'arracher les cheveux à leur racine. Comme si la douleur apportée n'était pas suffisante, elle fit jouer la marque pour augmenter cette souffrance qui naissait chez son "jouet". Elle continua jusqu'à obtenir ce qu'elle désirait : un cri. Pour faire taire son doute. Pour effacer la menace muette des gardiens sur elle. Pour s'assurer, se rassurer même, que son loup n'appartenait qu'à elle, contrairement à ce qui ce dernier voulait croire.

Puis elle lâcha de nouveau prise. Mais cette fois, elle ne s'écarta pas. Au contraire, elle s'accroupit près de Michael et posa une main amicale sur sa joue. Une expression de fausse compassion sur le visage.

"Ne gâchons pas cette belle nuit avec nos petites querelles." Proposa-t-il sur un ton aimable. À croire qu'elle n'éprouvait pas un certain plaisir d'écraser les paroles de rébellion de Michael. Ce qui était faux. À croire que rien ne s'était passé. Qu'elle ne songeait pas à priver son loup de la dernière liberté qu'il lui restait. Ce qui était tout aussi faux. "Tu as encore faim ?"


La peur... Une arme primitive mais efficace.



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MessageSujet: Re: They scream, and they cry.   Sam 24 Aoû - 21:28
They scream, and they cry
Le croque-mitaine- Le grand méchant loup



L'on pourrait imaginer qu'au royaume des cauchemars, le monstre est roi, mais si les choses étaient aussi simples, Michael ne serait pas là. Lui, la montagne de peur, l'océan tout entier de terreur, la mer de douleur lui qui est la peur toute entière aux yeux de bien des personnes, n'en était pas moins le triste captif. Chaque jour, la marque que le liait à sa tortionnaire, le ramenait à sa morne réalité de prisonnier. Ses nuits de chasse restaient néanmoins son unique consolation. Car oui, il savait que lorsque son poignet lui arrachait un léger gémissement de douleur, sa faim, d'une ou manière ou d'une autre, serait étanchée, mais sa colère et sa noirceur n'en serait que renforcées. La peur le contrôlait, mais n'exerçait sur lui aucune appréhension. Sans cet organe, vital au commun des mortels, Michael n'éprouvait plus le moindre sentiment, il n'était rien de plus qu'une machine à tuer, un prédateur se délectant de sang et de peur, une ombre dans la nuit... Il n'existait plus que par sa violence et par « sa maitresse » qui avait habillement fais de lui le cauchemar de bien des enfants. Mais il n'était rien de plus et devait s'y faire.

Adora, qui le tenait encore à la gorge, se délecta de ce contrôle qu'elle exerçait sur lui. Horriblement malsaine, elle intensifia sa prise jusqu'à lui couper la respiration. Certes, elle ne voulait pas le tuer, mais juste lui faire suffisamment de mal pour qu'il comprenne qu'ici, en ces lieux, elle seule avait le plein pouvoir.

« C'est une faim qui n'est jamais assouvie, mon loup. D'ailleurs, peut-être ai-je envie de sentir quel goût à ta peur »

L'empathie de Michael lui permit de cerner les désirs et les pensées les plus cruelles de sa maîtresse. Par chance, elle ignorait tout de cette faculté que possédait la bête et jamais il ne l'avait évoqué. C'était un peu comme une carte joker, dont il se servait à de rares occasions. La jeune femme était avide de peur, elle en voulait encore et toujours, car jamais rassasiée. Mais Michael, dépourvu de cœur, ignorait tout de la terreur et d'autres sentiments humains que par le passé il pouvait aisément appréhender. Seule la colère et la violence teintées présentement son esprit. Pitch se mit à sourire comme si elle avait elle-même comprit ce que sa « marionnette » voulait faire, comme si à son tour, elle pouvait lire en lui.

« Et bien vas-y ressors moi ton discours d'asservissement, tu en meurs d'envie. »

La main froide de l'ombre resserra son étreinte autour du cou de Michael qui peinait à respirer et s'exprimer avec facilité, une fois encore sa vision se brouillait et des bourdonnements assaillirent sa tête

« Pauvre petit loup ignorant »

Assez amusait par ce pathétique spectacle, l'ancienne ombre lâcha son « animal de compagnie » qui tomba à ses pieds. Il massa son cou rougis par l'étreinte et tenta tant bien que mal de reprendre son souffle. Il venait à se demander pourquoi elle lui faisait subir ça, pourquoi lui et pas un autre ? A force il n'éprouvait plus rien, sauf l'envie de partir et peut importe la façon, même si cela devait se faire les deux pieds devants. Ce qui faisait de la mort, une option envisageable

« Je ne suis pas ton pauvre petit loup ! » rétorqua Michael, le souffle coupé

A peine eut-il le temps de se redresser qu'elle s'approcha à nouveau, plus menaçante que jamais.

« Avec tes petites sorties à la surface, tu ne te rends pas compte des dangers que tu risques de provoquer. Pauvre petit loup ignorant. Si tu continues, ce n'est pas des chasseurs humains qui te traqueront. D'autres viendront. Des êtres comme moi. Et contre eux, tu ne pourras rien faire. Tout comme tu ne peux rien faire maintenant ! »

Elle se colla à lui et serra entre ses ongles acérés, ses cheveux, ce qui eut pour effet d'arracher une légère grimace sur le visage pâle de Michael. Mais elle n'en avait pas fini, loin de là. Elle activa la marqua tatouée sur l'avant bras du loup, qui sous l'effet de la douleur, hurla. Comme à chaque fois, sous l'effet de la douleur, la bête fut prise d'une absence. C'était sa façon à lui de fuir la réalité, d'amoindrir la douleur. Les images se bousculaient alors dans sa tête sans qu'il ne puisse comprendre et le visage de cette femme aux yeux amande et à la lèvre fendue par une cicatrice, refit surface pour disparaître dans un nuage opaque. Il sentit alors la main de sa maîtresse se poser sur sa joue

« Ne gâchons pas cette belle nuit avec nos petites querelles. »

La bête comprit que pour être épargnée, elle devait faire des efforts et jouait la comédie pour que Pitch Black cesse pour un temps, de s'amuser avec lui.

« Oui, tu as raison, cessons nos inutiles querelles. Je ferais plus attention à l'avenir.»

« Tu as encore faim ? »

« Je pourrais te retourner la question. Il reste quelques enfants, n'est-ce pas ? Autant en profiter tant que leur peur est encore fraîche. »
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MessageSujet: Re: They scream, and they cry.   Mer 28 Aoû - 20:10





They scream, and they cry.








Le croque-mitaineLe grand méchant loup

Pitch Black contempla son monstre apprivoisé qui s'était effondré, le souffle coupé. C'était ainsi qu'elle l'aimait. À ses pieds. Elle ne manquait jamais de lui rappeler qu'il lui appartenait quand il se montrait trop rebelle comme se soir. L'ancienne ombre savourait véritablement ce spectacle. À défaut de ne pas ressentir de la peur provenir du loup, elle pouvait se contenter de l'idée de le savoir à son service. Elle aimait véritablement ses gestes ou ses paroles de bravoure car elle s'amusait d'autant plus à étouffer ses bravades dans la douleur. Le croquemitaine ignorait que la marque qui lui assurait l'obéissance du loup avait des conséquences plus déplaisantes, comme le fait que son esclave ressente tout des pensées et envies qui lui traversait l'esprit. Elle ignorait ce dernier fait. Il devenait alors assez ironique qu'elle traite Michael de petit loup ignorant alors que les détails de son pacte pour l'obtenir lui échappaient également et qu'elle en connaissait si peu du passé de son animal de compagnie.

« Je ne suis pas ton pauvre petit loup ! »

Elle s'approcha de lui en étouffant un nouveau rire. Son sourire se fit cruel. Alors que Michael se redressait à peine, elle eut le soudain désir de le remettre à genoux jusqu'à ce que les dernières traces de son impertinence disparaissent.

"Tu es ce que je veux que tu sois." Déclara-t-elle. "Et rien d'autre."

Elle marqua une brève hésitation. Se souvenant du moment d'absence qu'avait éprouvé Michael. La question "qui crois-tu être" se formait dans son esprit sans pour autant franchir ses lèvres. Elle aurait pu répliquer par du sarcasme mais elle n'était plus d'humeur à jouer. Surtout depuis que son monstre de compagnie avait parlé du chasseur qui le traquait. Le croquemitaine vivait un rare instant de paix depuis qu'elle kidnappait les enfants pour retrouver ses forces. Ce n'était vraiment pas le moment d'attirer la curiosité des élus de l'homme de la lune. Certes, elle ne serait pas seule s'ils faisaient irruption ici. Mais pouvait-elle vraiment compter sur son loup ? La bête ne profiterait-il pas de la bataille pour fuir ? Enfin libre ? Cette perspective attisa sa colère, la rendant menaçante alors que l'ancienne ombre s'approchait de Michael. Elle le tortura de nouveau en lui indiquant qu'il n'aimerait pas que d'autres comme elle se mêle à leurs affaires. Pitch continua avec délice jusqu'à obtenir le cri tant désirer. La colère se calma, aussi rapidement qu'elle était monté en elle. Même ainsi, le croquemitaine n'avait pas ressenti de peur provenant de son complice. Ce qui la décontenançait plus qu'elle n'en laissait paraître. Cette fois, elle ne s'écarta pas, préférant aller jusqu'à toucher la joue de son monstre apprivoisé.

Elle proposa une trêve. C'était la nuit du loup. Pitch ne voulait pas la passer en essayant d'agrandir son emprise sur son loup pour la énième fois. Pas alors qu'elle sentait d'ici à la peur de ces captifs.

« Oui, tu as raison, cessons nos inutiles querelles. Je ferais plus attention à l'avenir.»

"Bien. Je déteste quand on se dispute." L'ancienne ombre avait accueilli cette réponse avec soulagement, même si la deuxième partie de sa phrase transpirait la mauvaise foi puisqu'elle éprouvait un certain plaisir à leur querelle presque autant qu'elle détestait les voir durer éternellement.

C'était mieux ainsi. Fini les absences. Oublions la menace indistincte des gardiens pouvant surgir à tout instant dans leur repaire. La nuit allait être peuplée des cris et des pleurs des enfants. Ensuite s'ensuivrait un silence sanglant. Peut-être laissera-t-elle au moins un survivant... pour en entendre encore les sanglots jusqu'au lever du jour. Peut-être ou peut-être que non. Tout dépendait de l'appétit du loup. Voilà pourquoi elle lui demanda, avec un sourire retrouvé, si Michael avait encore faim.

« Je pourrais te retourner la question. Il reste quelques enfants, n'est-ce pas ? Autant en profiter tant que leur peur est encore fraîche. »

Le croquemitaine jeta négligement la mèche de cheveux ensanglantée qu'elle tenait toujours dans sa main. Elle n'avait plus besoin de preuves. Dans quelques instants, les enfants allaient rencontrer le monstre en chair et en os.

"Après vous, mon cher." Dit-elle d'une humeur soudainement plus joyeuse en faisant un geste pour inviter son loup à la précéder.

Pitch avait imaginé plusieurs scénarios pour leur petite mise en scène macabre. Elle pouvait partir en premier pour rassurer les enfants puis faire en sorte que son loup vienne mettre un aspect tragique à ses retrouvailles. Ou elle pouvait le laisser s'amuser en premier et arrivé ensuite en sauveuse pour les quelques survivants. Elle pouvait aussi laisser la bête les tuer tous pour se faire "pardonner" de s'être emportée. L'ancienne ombre pouvait faire tellement de choses. Tellement de possibilité pour terroriser ses chérubins captifs. Bien plus que lorsqu'elle était seule. Car maintenant, elle pouvait être aussi bien la méchante que la gentille dans son petit monde obscur qu'elle avait créé pour eux.

"Oh, une dernière chose : Essaye de laisser un survivant." Recommanda-t-elle avant que Michael ne se lance dans sa traque. "Qu'il puisse raconter tes exploits à la prochaine fournée."


La peur... Une arme primitive mais efficace.



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MessageSujet: Re: They scream, and they cry.   Mer 4 Sep - 1:01






They scream, and they cry.









Le CroquemitaineLe Loup


Malgré ce que l'on pourrait croire, il y a une différence majeure entre la souffrance et la douleur, néanmoins l'une ne peut exister sans l'autre et se retrouvent ainsi intimement liées l'une à l'autre. La souffrance et la douleur font partie d'une logique de non-sens, chercher à leur donner un sens serait absurde, tout comme tenté de trouver un sens à la vie est futile. Mais la douleur physique accapare notre corps tout entier et la souffrance qui en découle et bien réelle, on ne peut lui échapper, on ne peut l'a dompter.

Michael avait beau tenté de s'y soustraire, rien n'y faisait. Plus Adora accentuait la punition et plus le mal qui rongeait le corps de la Bête, était puissant. Genoux à terre, il subissait la colère de celle dont sa vie toute entière dépendait. Les échos d'une plainte intérieure hantait son esprit, les images se bousculaient alors dans sa tête.

« Où s'en vont les mirages quand on ne les voit plus ? Qui les tiendra en cage quand ils auront disparu... La souffrance sera-t-elle encore là lorsque je tomberai dans le trépas... »

La bête souffrait, mais elle ne voulait pas donner satisfaction à sa maîtresse. Plus rien hormis la douleur n'habitait l'être infâme que Pierre était devenu. Ni peur, ni haine, ni faiblesse. En choisissant la vengeance, il avait péri sous les coups et la torture de son ennemi intime. Il était maintenant un tout autre homme, dénué de son identité, de son ancienne vie, perdu entre deux mondes.

I want to hide the truth. I want to shelter you. But with the beast inside. There's nowhere we can hide.

Mais le passé, jamais ne nous laisse de répit et même lorsque tout va mal, il existe encore un peu d'espoir.

When you feel my heat. Look into my eyes

-Quand je te regarde, j'ai l'impression que tout paraît facile. J'aimerais juste que tu me pardonnes d'être partit, d'avoir cédé à cette vieille vengeance. Pardonne-moi de ne pas avoir su te dire, ces deux mots qui auraient pu changer nos vies et nous offrir, peut-être, cette fin heureuse à laquelle nous aspirions...

Mais revenu à la réalité, le Loup venait de reprendre le dessus et avait chassé du revers de la main, ce souvenir qui n'en était pas un. Il l'ignorait, mais ces images pré-faites dans son inconscient, constituées les derniers fragments de l'être qu'il était avant de sombrer, celui qui par une simple décision, aurait pu changer bien des choses dans tout le royaume...

« Je déteste quand on se dispute » avoua l'ancienne ombre. Michael se contenta d'un hochement de tête face à cette réplique aussi sincère que l'ignoble serpent qui se faisait appeler Triste-Sir. Michael n'avait jamais rencontré ce vil menteur, mais, en se baladant de royaume en royaume, il avait eu vent des agissements du perfide conseiller.

Ainsi il savait lire en Pitch Black et percevait aisément ses paroles dénuées de sincérité, mais n'étant pas maître de son destin, il ne pouvait agir contre elle. Il l'a savait puissante et n'était pas assez inconscient pour tenter sa chance, sans avoir établi un plan au préalable. Pour le moment il devait se contenter de n'être rien de plus que l'instrument des colères de l'ancienne ombre. Mais patient il attendait l'instant où il pourrait enfin se délivrer de ses chaînes et vaquer à sa propre vie.
Sur ce il suivit sa maîtresse qui lui avait « gentiment » proposé de poursuivre son festin.

Il avança laissant derrière lui les restes de l'être qu'il n'était plus à présent. Il ne se retourna pas et chassa une fois encore les images qui obstruaient son esprit. Les choses ne pouvaient en être autrement, s'il voulait s'en sortir dans ce monde, il devait rester fort, laisser les émotions l'envahir nuiraient à sa survie sur le court terme. L'ombre ne lui ferait pas de cadeau à la moindre faiblesse et vicieuse à tout point, elle pourrait ainsi se délecter de ses émotions naissantes quitte à y trouver ce qu'elle cherchait tant, de la peur.

Le loup ne perdit pas de temps à réfléchir, il précéda de peu l'ombre qui l'avait invité à la suivre. Ce soir il n'était pas d'humeur à l'a défié, alors il obtempéra sans poser la moindre question, il se contenta simplement de l'observer. Il n'éprouvait aucune compassion pour elle et ne cherchait pas à la comprendre. Il la détestait du plus profond de son être, il détestait les souffrances qu'elle lui faisait constamment subir, il détestait la façon dont elle s'adressait à lui. Il y a beaucoup de choses que Michael détestait chez cet être macabre et toutes ces petites pointes de haines accumulées les une aux autres, intensifiaient la fureur de la Bête.
Dans sa tête il se laissait aller à plusieurs scénarios mettant en lumière ses envies de meurtre sur celle que l'on surnommait « le Croquemitaine ». Ainsi il se voyait planter ses crocs acérés dans sa gorge et percée avec facilité sa vaine jugulaire. Le sang inonderait le sol, laissant peu à peu le corps de l'ombre se flétrir. Il se voyait lui briser la nuque en la prenant en traitre pendant qu'elle s'occupe de ses chères petites têtes blondes qu'il dévorerait ensuite sans plus attendre. Il se voyait lui arrachait à main nue le semblant de cœur qu'il lui restait encore et le réduire en poussière, sous ses yeux médusés. Il imaginait ainsi tout un tas de scénarios macabres, le sourire qui se dessinait sur ses lèvres en disait long. Son plan commençait donc à s'échauffer progressivement. Il sera patient et frappera le moment venu. Le jaune, qui encerclait ses yeux, brillait intensément, cette perspective d'avenir éveillait en lui bien des espoirs, mais elle alimentait surtout le monstre qui n'avait encore pas dévoilait toute sa folie.

Quelque part, isolé dans son imposante demeure, l'être le plus abjecte du royaume, contemplait avec satisfaction la vitrine dans laquelle il entreposait les reliques de ses marchés passés. Son attention se porta alors sur une boite en bois qu'il prit en main. Il ouvrit délicatement et observa avec attention ce qui se trouvait à l'intérieur. Le reflet d'une légère lueur rouge tapissa l'iris de ses yeux. Avec délicatesse il sortit le cœur de sa boîte, l'organe battait encore et s'était considérablement assombri au vu des actes perpétués par son propriétaire. Les battements, d'abord régulier, devenaient de plus en plus rapides...

Michael et Pitch Black continuaient d'avancer dans les ténèbres, la douce odeur enfantine de la peur, venait jusqu'aux narines du Loup qui sentait son appétit s'ouvrir à nouveau. L'excitation était à son comble. Il s'imaginait déjà dévorant, arrachant, éventrant, chacun des enfants présents dans la cage. Aucune pitié n'était envisageable, seul la satisfaction de dévorer ses êtres innocents, comptait

Le cœur continuait de battre à s'en rompre, il perdait peu à peu de sa lueur rouge au détriment des ténèbres qui gagnaient de plus en plus de terrain. Le Dark One s'en délectait, il observait l'organe, le prenait entre les mains...

« Oh, une dernière chose : Essaye de laisser un survivant. Qu'il puisse raconte tes exploits à la prochaine fournée »

« Je ne suis pas du genre à laisser des restes, mais si c'est pour la bonne cause, j'obtempère maîtresse »

Il s'était à nouveau incliné, jouant les parfaits hypocrites. Devoir l'appelait maitresse lui donnait envie de vomir, mais il devait s'y faire s'il voulait mener à terme sa funeste quête. L’ombre y passerait la première, viendrait ensuite le responsable de cet asservissement.
Les deux êtres s'approchèrent de la cage, Michael disparut dans un nuage sombre et refit surface sous sa forme animale. Pitch Black s'approcha innocemment des cages, tandis que son acolyte, tapis dans l'ombre gagnait du terrain. A ce moment, le Ténébreux resserra l'emprise qu'il avait sur le cœur de "feu" Pierre. La bête qui avait pris son élan pour attaquer, stoppa net son action, Michael reprit sa forme humaine et tomba avec fracas contre le sol terreux du royaume souterrain.

« Ahhhhhhhhhhhhhhh » hurla-t-il

Il se pliait en quatre, la douleur était intense, sa poitrine en feu, son souffle coupé l'empêchait de respirer. Les larmes montèrent à ses yeux, il entendit alors des battements et tel un membre fantôme, il sentit battre dans sa poitrine, le cœur qu'il n'avait plus. A croire qu'il restait encore en lui un quelque chose de bon. L'espace d'un instant avant que sa vision ne se brouille totalement, il l'a vit à nouveau s'approcher, elle, sans nom, elle qu'il ne cessait de voir lorsque la douleur paralysait son corps. Il sentit un autre battement résonnait intérieurement en lui. Satisfait de son œuvre, le mauvais génie pressa un peu plus le cœur de l'animal, mais quelque chose d'inexplicable se produisit. L'organe se mit à chauffer à tel point que le Ténébreux dû le lâcher précipitamment. Michael respira enfin à plein poumon, sa vue redevint normale et il retrouva la pleine possession de son corps. Il se releva avec difficulté et lança, à Pitch Black, un regard assassin

« Qu'est-ce que tu m'as encore fait ? »

Sous l'effet de la colère, il se transforma à nouveau et se jeta à pleine vitesse sur elle...

« Espèce de traîtresse ! ! ! »

© Méphi.


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MessageSujet: Re: They scream, and they cry.   Mar 24 Sep - 21:52





They scream, and they cry.








Le croque-mitaineLe grand méchant loup

Si Pitch Black n'était pas aussi égoïste, peut-être aurait pu percer à jour la fausse docilité de son loup apprivoisé. Son petit monstre qui feintait d'obéir à ces caprices alors qu'il ne rêvait que d'un moment de faiblesse pour lui planter ses crocs dans sa gorge.
Mais peut-être en avait-elle conscience, après tout ?
Seulement, elle s'en moquait. Ou plutôt, elle savourait d'autant plus la docilité du loup car elle était forcée et non volontaire. Tout comme elle appréciait tellement se mélange de reconnaissance et de peur qui émanait des enfants quand l'ancienne ombre faisait mine de les rassurer, de les protéger. Oui, elle était profondément égoïste. Et les craintes de ces captifs qu'elle ressentait d'ici ne faisaient que renforcer ce trait de caractère. Les sentiments du loup, ces réticences et ses envies de meurtre à son encontre, la faisaient sourire. Parfois même rire quand il osait les exprimer. Au même titre qu'un collectionneur prêtait peu d'attention aux états d'âme des objets de sa collection. Michael n'était que cela. Une de ces possessions. Même s'il était moins "remplaçable" que ses autres prisonniers. Alors pourquoi se ferait-elle du souci pour les menaces que devaient certainement fomenter dans son esprit le petit monstre ? Il lui suffisait d'un geste pour lui faire regretter la moindre parole qui lui déplaisait. Le croquemitaine était loin d'imaginer que ce genre de comportement pourrait bien signer sa perte dans un futur moins lointain qu'elle le croyait.

L'esprit de Pitch était bien loin de ce genre de préoccupation pour l'instant. Elle observait son loup à visage humain la précédait de quelques pas à peine et songeait plutôt au futur massacre qui se profilait à l'horizon. En silence, chacun imaginait des scénarios macabres. Le croquemitaine se demandait combien d'enfants elle allait épargner dans sa mascarade. Au moins un, sans doute. Elle exprima cette mise en garde à son monstre de compagnie. Cela ne la gênait pas que Michael tue tous ses protégés mais devoir tout recommencer avec la "nouvelle fournée" serait ennuyant. Alors que si un de ces captifs survivait pour raconter combien les nuits du loup étaient terrifiantes... voilà qui serait tellement plus intéressantes.

« Je ne suis pas du genre à laisser des restes, mais si c'est pour la bonne cause, j'obtempère maîtresse »

La bonne humeur de l'ombre augmenta ainsi que son sourire. Elle croyait les disputes et les gestes de rébellion terminées. Du moins pour cette nuit. Cette merveilleuse nuit. Ah, si elle savait a quel point elle se trompait. En cet instant, elle se moquait des saluts hypocrites et des fausses flatteries. L'ancienne ombre se plongeait déjà dans un futur délicieusement horrible. Ignorant que quelque part, dans un château, quelqu'un avait un autre plan concernant cette soirée.

Ils approchèrent des cages. Le spectacle allait commencer ! Sans qu'elle n'ait à lui en donner l'ordre, son loup disparu pour lui laisser le plaisir de commencer le premier acte. Une de ses mains était encore ensanglantée d'avoir tenu la petite mèche, seul reste de l’insolente qu'avait laissé le monstre en la dévorant.

"Je... je... J'ai fait mon possible." Commença-t-elle en s'approchant des cages, après s'être composé une fausse expression sur son visage balafré. "Mais je n'ai pas pu la sauver."

En disant cela, elle tendit sa main ensanglantée à travers les barreaux dans un geste calculé. Certains captifs tendirent leur main tremblotante vers elle.

"N'ayez pas peur." Continua-t-elle avec un mince sourire se voulant rassurant.

Pitch savait pertinemment que ce genre de phrase ne faisait qu'augmenter les craintes au lieu de les apaiser et cela se sentait dans l'avidité caché derrière ces mots si simple. L'ancienne ombre ne quittait pas ses prisonniers du regard, savourant cet instant. Alors que le plus téméraire des captifs allait prendre sa main, l'enfant se raidit dans son geste en contemplant avec effroi quelque chose se trouvant derrière sa bienfaitrice. Cette terreur se transmit instantanément aux autres chérubins. Le croquemitaine eut toute la peine du monde à se retenir de sourire. Elle devina le loup derrière elle sur le point d'attaquer.

Alors qu'elle allait poursuivre la comédie, elle entendit un hurlement. Celui de son monstre de compagnie et non selon des enfants captifs.

« Ahhhhhhhhhhhhhhh »

Le masque de faux-semblant se fissura, dévoilant une surprise sincère. Pitch se retourna en contemplant Michael, de nouveau humain, se tordant de douleur. Un souffle de panique envahit l'ancienne ombre. Que se passait-il ? Qu'arrivait-il à son loup ? Non, non, non, non, non. Ce n'était pas normal. Elle aurait voulu s'approcher, tenir la tête douloureuse de son loup entre ses mains pour le rassurer. Pour SE rassurer. Que tout cela n'était pas en train d'arriver. Mais elle s'arrêta après avoir fait seulement un pas dans sa direction.

Comme s'il répondait à un appel, la crise semblait être passée mais son monstre lui décocha un regard assassin en se relevant avec peine.

« Qu'est-ce que tu m'as encore fait ? »

Pendant un instant, Pitch oublia qui elle était. Encore hanté par le spectacle qu'elle venait de voir, elle redevenait bien fragile devant une situation qui lui échappait totalement. Dans sa tête tournait en boucle la litanie qu'elle avait murmuré pendant que son loup s'était tordu de douleur. Pour se rassurer.

"Ce n'est pas moi." Protesta-t-il, bégayant presque. "Je n'ai rien fait."

« Espèce de traîtresse ! ! ! »

Le loup monstrueux se ruait vers elle. En un instant, Pitch Black reprit le contrôle de ses émotions. Si elle ne faisait rien, elle allait mourir. Peut-être que les crocs ne signeront pas sa fin comme elle n'était plus tout à fait humaine mais elle ne voulait pas prendre de risque. Le temps d'une respiration profonde et elle rassembla tous ses pouvoirs. À nouveau, elle disparut dans les ombres du sol, laissant le loup, emporté par sa course, foncer droit dans les cages contenant ces prisonniers.

Lorsqu'elle redevint visible, à quelque distance de l'animal, elle avait également changé d'apparence. La femme balafrée et fragile n'était plus. Son corps était recouvert des ténèbres qui l'avait composé un jour, ses yeux étaient aussi doré que la bête qui lui faisait face et ses dents étaient pointues. Elle avait l'apparence que les gens décrivaient comme celle du croquemitaine.

Les enfants étaient vraiment "chanceux" ! En cette nuit si particulière, ils allaient assister à un combat entre deux monstres.


La peur... Une arme primitive mais efficace.



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MessageSujet: Re: They scream, and they cry.   Mar 1 Oct - 19:43






They scream, and they cry.









Le CroquemitaineLe Loup



Il est toujours difficile d'appréhender le passé. Parfois il est comme gravé dans la pierre et parfois il n'est qu'un épais brouillard renvoyé à des souvenirs flous. Mais si au hasard des jours, l'être se perd dans les embruns du passe, s'il se mêle aux profondeurs, qui sait quels monstres il va réveiller ?

« Qu'est-ce que tu m'as encore fait ? Espèce de traîtresse ! ! ! »

Les mots étaient sortis de la gorge du monstre, acerbes et violents ils frappèrent le visage d'une Pitch Black presque trop humaine pour être vraie. L'ancienne ombre avait baissé la garde, mise à nue sa plus grande faiblesse et se voyait à présent confrontée à un être sans pitié, désireux de reprendre la liberté qu'on lui avait pris. Pour le loup s'en était trop, il n'en pouvait plus d'être attaché, de n'être que le jouet de cette créature. Jusqu'à présent il avait tempéré ses pulsions les plus sanguinaires à l'encontre de Pitch Black, il était parvenu à faire taire la petite voix qui habitait son esprit, dernier héritage d'un père qu'il ne connaissait pas encore. Mais à présent plus rien n'avait de sens. L'indomptable créature n'avait aucunement l'intention de continuer à subir le tyrannique joue de celle qu'il nommait ironiquement « maîtresse ». Il ignorait bien évidemment que Pitch Black n'était pas à l'origine de ses « maux de coeur »

Les tourments passés, le monstre insidieux, pervers, narquois, reprenait ses droits et le digne héritage paternel de Pierre se manifestait ainsi. Fini le « loup apprivoisé » muselé par la puissance ténébreuse de Pitch Black, à présent « le grand méchant » refaisait totalement surface et était de toute évidence prêt à engager le combat contre « le croque mitaine ».

« J'ai affronté des créatures bien plus dangereuses et puissantes que toi ! J'ajouterai un nouveau trophée à ma petite collection »

Le regard vif comme jamais, les canines acérées encore teintées du sang de ses précédentes victimes, « Big Bad Wolf » se tenait prêt à affronter la tempête qui se présentait à lui. Tempête qui l'enfonçait davantage dans les ténèbres. Il n'était plus celui qu'il avait été par le passé, le paysan avide de reconnaissance, le lycanthrope en voie de rédemption par amour pour un être aussi sombre que lui... Il n'était à présent qu'un monstre, certainement le pire cauchemar de bien des âmes enfantines. Un dévoreur sans vergogne, un spectre dénué de son organe vital, un être perdu, écrasé par la personnalité démoniaque de son double animal

L'être démoniaque sous sa forme bestiale prit de l'élan et se précipita tout naturellement sur Pitch Black. Dans leur petite cage, les enfants « morts » de peur se serraient les uns aux autres, priant un hypothétique dieu, pour que leur cauchemar cesse enfin. Pitch disparut alors dans un épais nuage sombre, le loup ne put s'arrêtait à temps et fonça sur les cages provoquant moult hurlements de la part de ces chères têtes blondes qui ainsi, n'espéraient même plus s'en sortir. Lorsqu'il en aurait terminé avec « le croquemitaine », Big Bag Wolf savait qu'il reviendrait sur ses pas et qu'il se délecterait encore une fois, de la chair tendre de ces malheureux petits enfants...

Mais avant le réconfort, place à l'effort et il était de taille. En effet, Pitch avait disparu, innocemment pour mieux revenir et plus en colère que jamais qui plus est. Son enveloppe corporelle avait, si l'on puis dire, changée. Il y avait-il encore une parcelle d'humanité ? La réponse était vite trouvée.

Les ténèbres faisaient à présent corps avec l'ancienne ombre, son regard aussi luisant que celui de sa bête et ses dents aussi pointues que celles du Loup. Michael-Pierre, peu importe qui il était présentement, il devait faire face à l'ombre, face aux ténèbres, face à la représentation même de la peur.

Allait-il s'en sortir ? Lui-même n'en savait rien.

« A cœur vaillant rien n'est impossible » pensa-t 'il naïvement en s'imaginant frôler sa poitrine. Mais rien, il savait qu'il ne sentirait rien, pas même un imperceptible battement. Etait-il possible de vivre ainsi, sans « cœur » ? Probablement, il restait à savoir quand le Ténébreux se laisserait de ce petit jeu. La question prendrait ainsi un tout autre sens.
Ce combat s'annonçait épique et il restait à savoir qui survivrait et combien de temps durerait l'affrontement « final » ? Ainsi plus rien ne semblait arrêter les deux monstres, pas même « des bisous arc en ciel et des stickers licornes »


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MessageSujet: Re: They scream, and they cry.   Ven 18 Oct - 10:41





They scream, and they cry.








Le croque-mitaineLe grand méchant loup

La peur des enfants n'avait jamais été aussi forte. Toutes ces mises en scène, cette mascarade qu'elle avait appelée la nuit du loup, se montraient finalement moins efficace que la démonstration de son apparence la plus noire.

« J'ai affronté des créatures bien plus dangereuses et puissantes que toi ! J'ajouterai un nouveau trophée à ma petite collection »

Le sourire composé à présent de dents pointues qui n'avait rien à envoyer aux crocs du loup se dessina sur le visage du croquemitaine.

"Si tu penses cela... c'est que tu n'as encore rien vu de moi." Déclara-t-elle avec un sourire mauvais et carnassier.

Cette déclaration était aussi vraie que fausse. Depuis combien de temps le sorcier lui avait apporté cette bête ? La marque qui les lie fait que Michael connaissait certainement des détails sur Pitch Black qu'elle n'aurait jamais voulu dévoiler. Cependant, elle n'avait jamais montré cette forme composée d'ombre qu'elle n'utilisait que pour les combats importants. Alors... la connaissait-il vraiment au final ? La réponse n'allait pas se faire attendre au moment où deux des manifestations les plus noirs des peurs enfantines allaient s'affronter. Le croquemitaine contre le grand méchant loup. Même le meilleur conteur n'aurait pu imaginer un tel spectacle. Un combat à mort ? Il le faudra pour le loup en tout cas, s'il voulait espérer sans sortir vivant.

Le loup chargea dans une nouvelle tentative. D'un geste de la main, le croquemitaine faisait apparaître des pics de ténèbres du sol pour ralentir la course du loup. Puis elle disparut à nouveau au dernier moment alors que les crocs de la bête allaient se refermer sur elle. Chaque geste des adversaires renforçait la peur de leur jeune public qui ne savait plus quel camp soutenir. Mais est-ce que choisir un adversaire à encourager avait de l'importance ? Ce n'était pas un combat épique entre le bien et le mal. En cet instant de pleine lune, ce n'était pas un courageux chevalier qui affrontait le terrible dragon pour les sauver. C'était un combat entre deux monstres. Quel que soit le vainqueur, ils étaient perdus.

L'ancienne ombre réapparut au sommet des cages de ses protégés. Des cris de surprise fusèrent. Elle sourit. Son visage souriait mais ses yeux dorés émettaient une faible douleur. Maintenant que les enfants l'avaient vu sous sa véritable forme, l'ancienne ombre ne pourra plus jamais obtenir leur amour. Elle le savait. Cette constatation eut l'effet d'un poignard glacé dans son sombre cœur mais cette douleur se dissipa très vite quand toute cette peur émanant d'eux la grisait de pouvoir. Devait-elle remercier la tentative de rébellion de son loup pour cela ou bien commencer à le haïr, lui aussi ?

"Regarde ce que tu as fait !" L'accusa-t-elle sur un ton acide et décochant un regard brûlant de colère vers son monstre de compagnie. "Tu as tout gâché."

Elle fit quelques pas, toujours sur son perchoir, marchant élégamment comme si le sommet des cages ne représentait pas un support instable.

"Que vais-je faire de toi maintenant que le jeu est fini ?" Demanda-t-elle à voix haute en prenant une fausse expression à la fois désolée et pensive.

Les enfants ne comptaient plus. Il n'était plus qu'une source de pouvoir pour elle. Sa seule préoccupation était ce monstre qu'elle devait garder mais qui n'avait soudainement plus d'utilité. Comme un jouet cassé subissant le jugement d'une petite fille capricieuse. Pour l'instant, elle jouait encore un peu avec son loup, s'estimant hors de portée de ses griffes. Elle se croyait invincible. Et puis, il y avait toujours la marque qui les liait. Elle attendait le dernier moment pour jouer cette carte. Le croquemitaine s'imaginait mener la danse.


La peur... Une arme primitive mais efficace.



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MessageSujet: Re: They scream, and they cry.   Ven 8 Nov - 16:39






They scream, and they cry.









Le CroquemitaineLe Loup



Rien n'est impossible lorsque l'on est habité par l'intime conviction que nous sommes capables de venir à bout de n'importe quel danger. Ainsi, même la plus vile des créatures pouvaient espérer combattre le mal qui interférait dans son désir de liberté. Pierre, devenu Michael, se retrouvait au bord du précipice, confronté à un avenir « incertain ». A présent les dés étaient jetés et il lui serait impossible de faire demi-tour. Il devait mettre un terme à son asservissement et pour se faire il se devait d'affronter la créature à laquelle il était enchaîné.

Que pouvait-il espérer de plus ? Attendre que les choses se tassent et qu'une nouvelle fois le croquemitaine le rappelle à l'ordre comme un vulgaire petit animale de compagnie ?

« Si seulement ... » se disait-il dans sa tête.

Si seulement quoi ? Il n'avait pas eu le choix, liait à Pitch Black par le biais de cette infâme marque, il devait se plier à tous les appels de l'ancienne ombre. Pouvait-il refuser ? Oui ! Pouvait-il résister ? Non ! Dans le cas contraire, il subissait le courroux de sa propriétaire qui se faisait un malin plaisir à torturer le Grand méchant loup en manipulant leur lien. Ainsi, il était devenu bien malgré lui son monstre de main qui les nuits de pleine lune, lui ramenait de nouvelles victimes. Bien sûr, la capture se soldait par une petite récompense lorsque le travail était bien fait. Ainsi le cauchemar ambulant de ces petites têtes blondes, pouvaient se délecter de leur chair tendre et nourrissante. Avec avidité, quand Pitch Black le lui permettait, le monstre dévorait ses petites victimes. Très vite, la bête avait pris goût au sang et délestait de son passé, ne se posait pas la moindre question. Il n'était plus cet homme aux prises entre deux êtres, Pierre avait disparu progressivement à coup de tortures gentiment perpétrées par le Ténébreux. Le sorcier avait usé de bien des procédés pour déshumaniser Pierre et lui retirer tous ses souvenirs. Il avait aussi péniblement lutté pour effacer de la mémoire du Loup, l'âme à laquelle il s'était lié, Regina...

-Regarde ce que tu as fait ! Tu as tout gâché.

La colère égrainait sa voix, lui conférant presque l'humanité qu'elle cherchait à imiter en se posant en victime. Dans une démarche excessivement théâtrale, elle fit quelques pas...

-Que vais-je faire de toi maintenant que le jeu est fini ?

-Ah non bien au contraire Pitch, le jeu ne fait que commencer et maintenant, les règles ont changé. Lança le Loup bien décidé à gagner la partie. Mais pour se faire il devait être plus fort que cette créature ombrageuse. Cependant, la force était-elle la clé de la réussite ? Pouvait-il vaincre par la violence ? Le loup reprit sa forme initiale et mit un terme à l'affrontement physique, du-moins pour l'instant, il avait une autre idée derrière la tête. Il se redressa et avança de quelques pas, un sourire narquois se dessinait sur son visage pâle.

-Mais regarde-toi ! Tu es incapable d'aimer et d'être aimé en retour. Ta vie entière n'est qu'une vulgaire succession d'échecs. Je sais tout ce qu'il faut savoir de toi Pitch Black.

Le loup s'aventurait sur un terrain dangereux, aussi dangereux qu'une attaque frontale. Il jouait là sa dernière carte et espérait ne pas gaspiller sa chance. Il frôla du bout des doigts la marque qui le liait à « sa maîtresse », marque imposait par le Ténébreux en guise de lien entre le monstre et sa propriétaire. Rien n'était hasardeux, d'ailleurs rien ne l'est avec Rumpelstiltskin. Pitch Black l'avait-elle compris ? Probablement pas, car dans le cas contraire les choses auraient été bien différentes.

- A quoi rêvent les ombres ? De lumière n'est-ce pas ? D'une vie plus exaltante ? De liberté ? C'est tellement pathétique de voir que tu n'as même pas était capable de trouver le courage de vivre ta vie. Aimer d'autres enfants pour diminuer le remord d'avoir abandonné le tien. Bravo !

Michael jouissait de ses propres paroles. Sans rien dire, il avait collecté bien des souvenirs qu'il gardait précieusement pour lui. Au fur et à mesure il avait reconstitué l'histoire qu'il c'était forcé à apprendre par coeur, comme l'on apprend une chanson, un conte, un dicton, une parole... Il espérait ainsi que ces informations recueillies lui servent un jour.

-Ca doit faire mal de se sentir trahi par l'une de ses petites protégées non ? Tu lui donnes de ton temps, de ta patience et voilà que la petite fait de toi la pire de toutes les sorcières ! Le juge a été bien clément avec toi n'est-ce pas ?

Michael éclata de rire et disparut dans un nuage de fumée noire, Pitch eut à peine le temps de réagir qu'il était déjà là prêt à bondir. L'ancienne ombre avait certainement songé à faire jouer la marque qui liait ces deux monstres entre eux, mais le loup avait un train d'avance il reprit son récit avant même que le croquemitaine ne puisse intervenir

-Tu cherche à tout prix à conserver ton influence, à maintenir cette peur qui te nourrit sur ces gosses, mais dans le fond tu sais très bien que tu te voiles la face. Ca n'est plus qu'une question de temps avant qu'on ne te fasse disparaître définitivement, avant que tu ne sois plus qu'une simple légende, une vilaine petite ombre sous le lit des méchants enfants. On ne te craindra plus, on t'oubliera tout comme on t'as oublié après t'avoir emmurée vivante.

Il lança un furtif regard aux enfants enfermés dans la grande cage.

-Qu'espères-tu ? De l'amour ? Tu imagines pouvoir les protéger de cette façon ? Tu es pire que moi dans cette histoire et jamais personne ne t'aimera parce que toi-même tu es incapable de savoir aimer...



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MessageSujet: Re: They scream, and they cry.   Mer 20 Nov - 12:11





They scream, and they cry.








Le croque-mitaineLe grand méchant loup

L'espoir. Ce sentiment pouvait prendre différente forme auquel se raccroché. Pitch Black l'avait un jour éprouvé, sous la forme d'une faible lumière qui filtrait entre les pierres servant à l'emmurer vivante. Le soir, l'espoir prenait l'aspect d'un rayon de lune. Croire que d'un instant à l'autre, la lumière s'agrandirait car quelqu'un à l'extérieur s'était souvenu d'elle et venait pour la sauver. Mais personne n'était venu. Ni son ancien propriétaire, ni l'homme qu'elle avait un jour aimé. Pourtant, elle s'était raccrochée à ce rayon de lune jusqu'à son dernier souffle. C'était peut-être pour cela que l'homme de la lune lui avait redonné la vie... avant de l'abandonner comme tous les autres. Non, l'espoir n'était qu'une folie de plus. Une chimère. Maintenant qu'elle l'avait comprit, l'ancienne ombre riait de voir cette émotion naître dans le cœur des autres. Et, bien que animal de compagnie n'avait plus de cœur, elle voyait cette petite lueur dans son regard, témoignage qu'il nourrissait un espoir dans son âme aussi sombre que la sienne. L'espoir d'être libre.

Voir son loup chérir ce genre de désir lui fit éprouver des sentiments aussi contradictoires que difficile à définir. Jalousie. Possessivité. Colère. Tristesse. Non, jamais il ne sera libre. C'était SON loup. Il était à elle. Il devait se plier à ses caprices. La scène était aussi fausse que l'amour factice que ces prisonniers éprouvaient pour elle. Mais l'ancienne ombre s'en moquait. Elle n'était plus seule. Que sa compagnie soit sous la contrainte et non de leur propre initiative n'était qu'un détail insignifiant pour le croquemitaine.

Pour l'instant, c'était la colère qui dominait. Leur situation était parfaite ! Elle avait se qu'elle voulait et retrouvait peu à peu tout ses pouvoirs. Bientôt, elle pourrait songer à reprendre sa vengeance sur les gardiens. En particulier le marchand de sable qui avait été le premier à la défier. Ainsi, le croquemitaine n'aurait plus à traîner ces victimes jusque dans son repaire. Pitch pourrait de nouveau parcourir les rues nocturnes pour entendre les cris des enfants. Son loup aurait eu alors un immense terrain de jeu. Mais çà, il ne le comprenait pas, bien sûr ! Lui ne rêvait que d'échapper à son emprise. L'imbécile avait tout gâché et Pitch ne manqua pas de lui balancer cette remarque au visage.

Elle se trouvait maintenant au-dessus des cages, la démarche gracieuse malgré l'instabilité qu'offrait son nouveau perchoir. Elle n'était pas humaine, après tout. La colère fit place à une autre émotion. Là encore, il était difficile à définir. Déception. Amusement. Peut-être les deux. Pitch demanda se qu'elle allait faire de son monstre de compagnie maintenant que le jeu était fini. Maintenant qu'elle avait montré sa vraie apparence à ces captifs, il serait impossible de retrouver leur amour. Une pincée de colère restait toujours dans le cœur de l'ancienne ombre.

-Ah non bien au contraire Pitch, le jeu ne fait que commencer et maintenant, les règles ont changé.

La légère grimace qui avait parcourut un instant en réentendant le nom que lui avait donné son ancien propriétaire se transforma en rictus suffisant devant l'affirmation du loup. De son perchoir instable, il était facile de regarder le monstre qui lui faisait face de haut. Elle était prête à reprendre le combat mais son loup reprit forme humaine, se qui l'a surprit et stoppa son geste de lancer une nouvelle attaque. La curiosité l'emporta, de celle qu'éprouve un chat en voyant une souris avoir un comportement inhabituel.

-Mais regarde-toi ! Tu es incapable d'aimer et d'être aimé en retour. Ta vie entière n'est qu'une vulgaire succession d'échecs. Je sais tout ce qu'il faut savoir de toi Pitch Black.

"Tu ne sais rien de moi." Siffla-t-elle entre ses dents devenus pointus durant sa métamorphose.

Bien sûr, Pitch Black ignorait tout des contrecoups de la marque qui les liait. Pour elle, ce tatouage n'était qu'une certitude : celle de toujours se faire obéir de son petit monstre domestique. Et cette promesse était amplement suffisante. Pourtant, l'ancienne ombre était bien placée pour savoir que tous les pactes avec le Ténébreux étaient à double tranchant. Le regard doré du croquemitaine se posa sur le tatouage que Michael frôla du doigt comme si cela apportait toutes les réponses à ces interrogations. Elle ne comprenait pas. Pour elle, son loup lui montait pour essayer de gagner du temps. La suite lui prouva a quel point elle se trompait.

- A quoi rêvent les ombres ? De lumière n'est-ce pas ? D'une vie plus exaltante ? De liberté ? C'est tellement pathétique de voir que tu n'as même pas était capable de trouver le courage de vivre ta vie. Aimer d'autres enfants pour diminuer le remord d'avoir abandonné le tien. Bravo !

Les premières paroles eurent l'effet d’une pointe glacée qu'on lui plantait en plein cœur. Chaque mot ne faisait qu'agrandir la blessure, rouvrir des cicatrices. La surprise s'affichait clairement sur le visage ainsi que l'incompréhension. On pouvait lire une question muette pouvant se résumé en un mot : comment. Sa vie d'avant, que se soit en tant qu'ombre mas aussi lorsqu'elle était devenue humaine s'était déroulé il y a trop longtemps pour que des témoins demeurent vivantes. Son monstre de compagnie, pendant ce temps, savourait ces paroles et continua son discours.

-Ca doit faire mal de se sentir trahi par l'une de ses petites protégées non ? Tu lui donnes de ton temps, de ta patience et voilà que la petite fait de toi la pire de toutes les sorcières ! Le juge a été bien clément avec toi n'est-ce pas ?

Le rire qui suivit fut comme un choc électrique. La tirant de ses souvenirs douloureux pour la ramener au présent. Avant qu'elle ne puisse faire quoi que se soit, Michael l'avait rejoint au sommet des cages.

"TU... NE... SAIS... RIEN... DE MOI !" Répéta-t-elle, criant presque, donnant à chaque mots la force de la rage qui naissait envers le monstre.

Elle recula. Un pas par mot, plus sur la défensive que jamais. Sous ses pieds, elle sentait les captifs incertains. Les enfants étaient soudainement devenu attentif au discours du monstre mais possédant toujours une peur latente au fond de leur cœur. Ils ne criaient plus et retenaient leurs larmes. Soulagés de ne plus avoir l'attention de deux monstres sur eux mais redoutant la distance si maigre qui les séparait de leurs bourreaux. Pitch baissa un instant son regard sur eux, se qui provoqua un frisson chez les enfants visés qui se pelotonnèrent l'un contre l'autre. Pendant ce temps, Michael n'en avait pas fini avec son discours.

-Tu cherche à tout prix à conserver ton influence, à maintenir cette peur qui te nourrit sur ces gosses, mais dans le fond tu sais très bien que tu te voiles la face. Ca n'est plus qu'une question de temps avant qu'on ne te fasse disparaître définitivement, avant que tu ne sois plus qu'une simple légende, une vilaine petite ombre sous le lit des méchants enfants. On ne te craindra plus, on t'oubliera tout comme on t'as oublié après t'avoir emmurée vivante.

La crainte, les doutes qui avaient pu la parcourir. Tout çà fut balayé en un instant devant les affirmations de Michael. Non ! Jamais elle ne disparaîtrait ! Jamais plus elle ne voulait éprouver cette sensation.

- Qu'espères-tu ? De l'amour ? Tu imagines pouvoir les protéger de cette façon ? Tu es pire que moi dans cette histoire et jamais personne ne t'aimera parce que toi-même tu es incapable de savoir aimer...

"Et qui craindraient-ils alors ?" Répliqua-t-elle, retrouvant doucement mais difficilement toute son assurance. "Toi ?" Un sourire ironique se formait sur ses lèvres. "Les enfants en besoin d'avoir peur. La peur les protège. Ne parlez pas à des inconnus. Ne sortez pas pendant la nuit. Restez chez vous en sécurité. N'allez pas dans la forêt. Sinon..." Son sourire s'agrandit en regardant son monstre de haut en bas. "Sinon, le loup va les manger... Tu vois ? Je les protège... je les protège de toi. De nous deux, c'est moi la gentille."

Que tout cela repose sur un mensonge, cela lui était égal. Elle y croyait. Elle s'y accrochait comme un noyé à une bouée. Ahhh l'espoir. Ironique et pathétique espoir d'une ombre qui avait un jour rêvé de lumière. Elle arrêta de reculer, les mauvaises langues pourraient dire que c'était uniquement parce qu'elle ne pouvait plus d'endroit pour le faire. C'était à son tour de jouer... La surprise des révélations du loup passées, le croquemitaine plaçait à son tour ses arguments. A son tour, elle quitta sa forme plus combattive pour reprendre l'apparence de la femme au visage couvert de cicatrice.

"Tu parles d'abandon... mais personne n'est venu te chercher pour te délivrer de mon emprise. Tu es comme moi, on t'a oublié. Personne ne pense à toi. Tout le monde se moque que tu croupisses ici pour le reste de tes jours !" Elle se fit plus songeuse pour poursuivre. "J'ai aimé, tu sais. Avant." Elle changea très vite de sujet, ne voulant plus pensé à Sam. "Même si... admettons... il existe dans ce monde encore quelqu'un a qui tu tiens... que crois-tu que cette personne dira en découvrant que tu es devenu un monstre ? Elle te rejettera ! Comme les autres !"

Une question qu'elle se posait parfois. Si Sam était encore vivant, que penserait-il d'elle ? Pourraient-ils reprendre leur histoire là où elle s'était arrêté, malgré tout se qui s'était passé ? Pitch Black ignorait que son véritable amour était devenu le marchand de sable. Sinon, quoi ? Les choses auraient été différentes ? L'aurait-elle vraiment été ? L'ancienne ombre continua-t-elle d'avancer, chassant ces questions sans importance. Elle s'arrêta lorsqu'elle fut toute proche de son monstre de compagnie.

"Reste." Souffla-t-elle, à la limite de la supplique. "Reste avec moi dans les ténèbres. Personne ne s'occupe plus de nous. Ensemble, nous pourrions leur montrer... leur faire payé de nous avoir oublié."

Elle frôla à son tour le tatouage sur le bras de Michael mais ne fit pas jouer la marque pour provoquer une douleur vengeresse pour les paroles blessantes de son monstre. Par ce geste, elle montrait qu'elle aurait très bien plus le tordre de douleur mais qu'elle avait préféré lui laissé le choix. Une ruse de plus. Son loup avait raison, elle était incapable d'aimer. Plus depuis que sa mort l'avait brisé. Parfois quand vous brisiez un esprit, les morceaux ne se remettaient pas dans le bon ordre. Cela donnait un esprit tordu et torturé. Cela donnait quelqu'un comme Pitch Black.


La peur... Une arme primitive mais efficace.



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MessageSujet: Re: They scream, and they cry.   Jeu 2 Jan - 1:48






They scream, and they cry.









Le CroquemitaineLe Loup



Jamais encore la bête ne c'était rebellé de la sorte. Le poids de l'asservissement était trop lourd et ce même pour des épaules aussi puissantes. Le désir de liberté, l'inaltérable envie de revoir la lumière prenait le dessus sur la peur qui aurait habité n'i porte quel autre être humain face à une telle créature. Mais était-il question d'humanité présentement ? N'oublions pas que cette histoire est celle du croquemitaine et de son « acolyte » le grand méchant loup.

Michael, le regard luisant dans les ténèbres, jouait son vatout en exploitant la marque qui le liait à sa maîtresse. Le lien avait de nombreux inconvénients certes, mais les rares avantages à en tirer n'étaient pas négligeables. Sûr de lui et bien décidé à reprendre sa vie en main, Michael ne lâchait pas l'ancienne ombre du regard et se satisfaisait de la tournure des événements. Pitch Black laissait transparaître ses émotions, signe indéniable d'une perturbation à venir. Une petite faille dans la carapace certes, mais de quoi blesser suffisamment la créature pour la déséquilibrer et entrevoir la perspective de retrouver la lumière et commettre ses méfaits ailleurs que dans le monde souterrain.

-Qu'espères-tu ? De l'amour ? Tu imagines pouvoir les protéger de cette façon ? Tu es pire que moi dans cette histoire et jamais personne ne t'aimera parce que toi-même tu es incapable de savoir aimer...

-Et qui craindraient-ils alors ? Toi ?

Il était clair qu'à travers cette intervention acide et surchargée d'ironie, le croquemitaine voulait reprendre les rennes, mais Michael n'était pas idiot et sentait aisément la difficulté éprouvée par Pitch Black pour se donner de la contenance et garder indemne son assurance. Le paraître avait trop d'importance pour elle, rien ne devait être négligé encore moins devant les chères têtes blondes témoins de la joute verbale qui opposait les deux créatures les plus maléfiques du monde souterrain.

-Je peux me montrer très effrayant quand je le veux déclara Michael en arborant le même sourire hypocrite

-Les enfants ont besoin d'avoir peur. La peur les protège. Ne parlez pas à des inconnus. Ne sortez pas pendant la nuit. Restez chez vous en sécurité. N'allez pas dans la forêt. Sinon...

Démoniaque à souhait la créature se mit à sourire à son acolyte qui restait impassible aux remarques proférées à son égard.

-..., le loup va les manger... Tu vois ? Je les protège... je les protège de toi. De nous deux, c'est moi la gentille.

A ce moment précis et après avoir bien écouté le discours du croquemitaine, le grand méchant loup se mit à rire, un rire qui augmenta progressivement pour terminer en fou rire. Dans leur cage, collés les uns aux autres, les enfants se regardèrent. Ils espéraient naïvement comprendre ce qui se passait face à eux. Pourquoi les deux créatures parlaient-elles autant ? Pourquoi tant de rires en de telles circonstances ? Les regards se cherchaient, les mots peinaient à sortir des bouches, et l'incompréhension augmentait considérablement la peur des chérubins.

-Toi, la gentille ? ! C'est l'hospice qui se moque de la charité ! Tu es incapable d'aimer alors comment pourrais-tu être gentille ? Tu en deviendrais presque naïve très chère. D'ailleurs, je ne te pensais pas aussi préoccupé par les apparences. Laisse-moi te dire le fond de ma pensée. Tu es pathétique et si je pouvais t'arracher le cœur, tu verrais qu'il est aussi sombre et inexistant que le mien. On ne naît pas mauvais on le devient, mais une fois que les ténèbres nous ont dévoré il n'y a plus rien à faire pour s'en sortir. Mais bon, si jouer la comédie te fais plaisir, Vas-y ! Néanmoins, je ne cesse de me demander ce que dirait ta progéniture si elle te voyait ainsi !

Dépourvu de cœur, Michael était certainement l'un des êtres les plus abjecte et détestable du monde souterrain. Il ne se posait aucune question et se fichait éperdument de blesser par ses paroles. Les ténèbres l'avaient entièrement consumé et ses actes l'avaient condamné à n'être que cette bête avide de sang et de colère, cet être sombre, aussi mauvais qu'il était possible de l'être. Pas de fin heureuse, pas de rédemption, il savait qu'il n'aurait aucun traitement de faveur, néanmoins il n'aspirait qu'à une chose, la liberté. Quitter ce monde était sa seule priorité et il était prêt à tout pour arriver à ses fins et rejoindre la surface.

Le combat physique n'avait plus lieu d'être à présent, Pitch quitta sa forme monstrueuse pour redevenir cette créature à l'apparence d'une femme balafrée, elle n'en était pas moins dangereuse. Elle avait des charmes et savait en jouer aussi bien auprès de ses proies que de son animal de compagnie, qui dépourvue de coeur se fichait éperdument de ses agissements, du-moins jusqu'à présent. La maîtresse des lieux bien décidée à reprendre la main, lança à son tour sa contre attaque verbale
-Tu parles d'abandon... mais personne n'est venu te chercher pour te délivrer de mon emprise. Tu es comme moi, on t'a oublié. Personne ne pense à toi. Tout le monde se moque que tu croupisses ici pour le reste de tes jours !

Du plus profond de ses entrailles, Michael ressentit une légère amertume suite à cette réplique acerbe. La bête tenta de se souvenir au mieux de ses premiers instants en ces lieux, les images étaient brouillées et difficiles à décrypter. Il resta songeur un court instant, la douleur disparut aussi rapidement qu'elle était apparue, mais la bête venait de comprendre qu'elle avait enfin trouvé sa porte de sortie.

-Arrête ! Je ne vis pour personne, ce que tu dis n'a pas de sens. Personne ne m'a abandonné, s'exclama Michael faussement ému. Pitch, reprenant de l'assurance, continua sur sa lancée
-J'ai aimé, tu sais. Avant. Même si... admettons... il existe dans ce monde encore quelqu'un a qui tu tiens... que crois-tu que cette personne dira en découvrant que tu es devenu un monstre ? Elle te rejettera ! Comme les autres !

Michael serra la mâchoire et baissa la tête faussement touché, il bafouilla chose qui ne lui ressemblait pas. Il restait là, silencieux et perdu, tandis que l'ancienne ombre avançait vers lui. Les deux monstres semblaient s'être calmés à la grande joie des enfants qui continuaient de les observer sans en perdre une miette.

-Reste ! Souffla la jeune femme à l'égard de son allier. Reste avec moi dans les ténèbres. Personne ne s'occupe plus de nous. Ensemble, nous pourrions leur montrer... leur faire payer de nous avoir oubliés.

Elle souleva sa manche et frôla le tatouage qui les liaient l'un à l'autre. Pour une fois elle ne fit pas jouer la marque, pour une fois elle se montra douce et presque sensible, le plan fonctionnait. Une faille, petite mais existante, venait d'apparaître au regard du loup qui intérieurement jubilait. Pour ne rien laisser paraître Michael garda le visage abaissé, il se concentra et fit monter le liquide lacrymal à son paroxysme pour que les premières larmes déferlent sur ses joues.

-Je...je ne sais pas, je ne sais plus, je suis perdu Pitch. Je n'ai jamais ressenti ça... Il me faut y réfléchir. Laisse-moi du temps, c'est tout ce que je te demande.

Il se redressa, s'approcha et combla la distance qui les séparaient l'un de l'autre, il l'a regarda droit dans les yeux et lui caressa la joue tout en esquissant un léger sourire.
-Laisse-moi un jour tout entier à la surface. Je viendrai t'apporter ma réponse lorsque dans le ciel la lune sera pleine.
Son regard luisait d'intensité et ses mots semblaient sincères. Sans l'ombre d'un remord il préparait « son évasion » et se fichait de mentir ou même de jouer avec les sentiments des autres. La liberté était sa seule priorité, se débarrasser de Pitch Black un objectif qu'il était en bonne voie d'accomplir. « Alea jacta est » comme disaient les érudits, le destin de Pitch Black était présentement scellé, mais ça, elle l'ignorait encore.



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MessageSujet: Re: They scream, and they cry.   Mer 22 Jan - 21:25





They scream, and they cry.








Le croque-mitaineLe grand méchant loup

Le croquemitaine se retrouva devant une situation inédite : la révolte de son monstre de compagnie. Une rébellion qu'elle aurait pu étouffer dans l’œuf rapidement grâce à la marque qui les liait l'un à l'autre. Pourtant cette pensée ne lui était pas venu à l'esprit. Pitch Black pouvait se montrer orgueilleuse lorsque la peur des enfants se faisait trop grande. Sentir se pouvoir couler dans ses veines avait ce genre d'effet. Et les nuits du loup, comme elle les appelait, était les nuits les plus effrayantes pour ces sales marmots enfermés dans leurs cages. L'ancienne ombre ne doutait pas de venir à bout de ce petit loup rebelle. Du moins tant que le jeu consistait à se battre contre des crocs et des griffes comme au début de leur combat.

Ce genre d'attaque, elle pouvait aisément les esquiver en se fondant dans les ombres et apparaissant plus loin. Par contre, les paroles acérées de son loup eurent un effet bien plus blessant dans son cœur noir que la blessure qu'aurait pu faire la lame du poignard la plus aiguisée. L'esprit de Pitch s'en retrouva dérouté. Comment le loup avait-il pu obtenir ces informations datant de plusieurs années avant sa naissance ? Le grand méchant loup porta son attention sur la marque sur son bras.

Michael lui crachait ses faiblesses au visage. Au début atteinte par ses paroles, l'ancienne ombre tenta bien vite de reprendre l'avantage dans cette joute verbale inattendue. Les enfants avaient besoin d'avoir peur. C'était la pensée qui régissait son être depuis qu'elle était revenue à la vie en tant que croquemitaine. De son point de vue tordu, elle protégeait les enfants à sa manière. En l'occurrence, dans le scénario qu'elle avait inventé, elle protégeait les enfants du 'grand méchant loup'. Une remarque qu'elle ne put s'empêcher de déclarer à voix haute avec un sourire carnassier.

Son beau discours obtenu un fou rire de la part de son monstre de compagnie. Elle sentait la peur des prisonniers se renforcer avec de l'incertitude et se fut cette sensation qui empêcha le croquemitaine d'écraser se rire dans la gorge de son propriétaire jusqu'à se qu'il s'étrangle avec.

-Toi, la gentille ? ! C'est l'hospice qui se moque de la charité ! Tu es incapable d'aimer alors comment pourrais-tu être gentille ? Tu en deviendrais presque naïve très chère. D'ailleurs, je ne te pensais pas aussi préoccupé par les apparences. Laisse-moi te dire le fond de ma pensée. Tu es pathétique et si je pouvais t'arracher le cœur, tu verrais qu'il est aussi sombre et inexistant que le mien. On ne naît pas mauvais on le devient, mais une fois que les ténèbres nous ont dévoré il n'y a plus rien à faire pour s'en sortir. Mais bon, si jouer la comédie te fais plaisir, Vas-y ! Néanmoins, je ne cesse de me demander ce que dirait ta progéniture si elle te voyait ainsi !

"Tu oublies un petit détail, mon cher..." Répondit-elle sur un ton faussement détaché pour masquer le fait que les dernières paroles du loup l'avait atteinte. "Je ne suis pas humaine. Tu peux essayer de m'arracher le cœur, çà ne me fera rien. Quel dommage que ton beau projet tombe à l'eau." Continua-t-elle avec une compassion aussi exagérée que feinte.

Elle n'était pas naïve. Pitch savait qu'elle ne pouvait obtenir qu'un amour illusoire auprès de ses captifs comme elle ne puisse obtenir qu'une compagnie forcée de la part de son loup. Elle s'en moquait. L'important était l'illusion d'avoir et de ne pas être oubliée, de ne plus être seule. Elle avait eu sa chance d'obtenir sa fin heureuse et, par crainte de l'inconnu, elle s'était enfuie. Maintenant, elle ne pouvait obtenir que des miettes. Un ersatz d'happy ending, une copie sans saveur. Çà aussi, çà lui était égal.

"Et au sujet de ma progéniture dont tu te soucies tant... il est mort." Déclara-t-elle. "Pourquoi se soucier de quelque chose qui n'arrivera jamais ?"

Oui, sans doute était-il mort. Comme Sam. Cela faisait tellement longtemps qu'elle n'était plus humaine. Mort de vieillesse ou de chagrin, quelle différence ? Ils n'étaient plus là. Cet idiot d'érudit non plus, certainement. Quoi que ce dernier ne lui manquerait sans doute pas. Bien sûr, le croquemitaine ignorait qu'elle se trompait. Que son amour était devenu son pire ennemi, que son enfant avait survécu au Pays Imaginaire, que son ancien propriétaire vivait encore parce que l'ombre et le maître resterait toujours liés.

S'étant séparer de son apparence la plus agressive, elle passa à son tour à l'attaque. Michael était tout aussi abandonné qu'elle. Personne ne s'inquiétait de sa disparition, personne n'était venu le chercher. Le monde avait ignoré son existence tout comme elle. Son attaque verbale porta ses fruits, elle le sentait. Dommage qu'elle n'en sache pas plus sur son monstre de compagnie pour lui rendre coup sur coup. Elle ne l'avait toujours vu que comme quelque chose lui appartenant et non comme une personne à part entière.

-Arrête ! Je ne vis pour personne, ce que tu dis n'a pas de sens. Personne ne m'a abandonné

"On vit tous pour quelqu'un." Répondit-elle d'une voix songeuse. Elle baissa son regard vers les captifs grelottant de peur. "Je ne vis que pour eux maintenant."

Elle continua en déclarant qu'elle avait aimé avant mais ce n'était qu'un argument pour placer sa prochaine attaque : sa déclaration que si une personne tenait à son loup, elle la renierait automatiquement en voyant se qu'il était devenu : un monstre. Un sourire apparut sur son visage balafré alors qu'elle crut avoir touché son loup en plein cœur. Organe dont il était pourtant dépourvu. Pitch Black profita de la confusion pour s'avancer vers lui. L'ancienne ombre lui parla de vengeance. Mais pas contre elle, contre le reste du monde qui les avait laissé croupir ici dans l'oubli. Le croquemitaine frôla le tatouage, faisant bien comprendre par ce geste qu'elle aurait pu infliger une grande douleur à son allié sans pour autant le faire.

-Je...je ne sais pas, je ne sais plus, je suis perdu Pitch. Je n'ai jamais ressenti ça... Il me faut y réfléchir. Laisse-moi du temps, c'est tout ce que je te demande.

Il leva la tête, le croquemitaine vit quelques larmes dans les yeux de son monstre. Etait-ce possible que se soit si facile ? Qu'elle avait eu raison ? Que leur douleur serait la même ? Lorsqu'il fit un mouvement pour lui caresser la joue, elle ne fit aucun mouvement pour esquiver ce geste. Un geste tendre qu'elle n'avait plus ressenti depuis... depuis Sam. Intérieurement, elle brûlait de faire jouer la marque pour bien lui faire comprendre qu'ils n'étaient pas égaux. Pour rire de la naïveté du loup d'avoir cru qu'un plan aussi simple pourrait fonctionner avec elle. Toutefois, elle n'en fit rien. Elle s'en moquait que se ne soit pas réel. Que tout çà était un mensonge savamment orchestré.

-Laisse-moi un jour tout entier à la surface. Je viendrai t'apporter ma réponse lorsque dans le ciel la lune sera pleine.

L'amertume se manifesta, lui fit faire une moue boudeuse. Elle s'écarta tout en détachant son regard de son loup.

"Une journée..." Répéta-t-elle pensivement.

Pitch croisa les bras pour compléter sa réticence à voir sa créature partir au loin. Elle laissa croire pendant un long instant qu'elle allait refusée. Tout le monde avait besoin de croire en quelque chose. Particulièrement de créatures issues de ces croyances comme le croquemitaine. L'ancienne ombre croyait en la marque qui les liait. Quelque soit les envies de liberté de son monstre, elle pourrait toujours la rappeler quand elle le désirait... le croquemitaine croyait que son règne approchait, qu'elle deviendrait bien plus forte que ces stupides gardiens. Sa victoire lui semblait tellement proche que les tentatives d'évasion de son allié étaient sans importance. Du moins, le pensait-elle.

"Bien... j'aurais de nouveaux enfants pour toi à ton retour." Conclut-elle finalement en regardant ces captifs d'un air soudainement devenu dédaigneux.

Elle ne pouvait pas laisser ces enfants-là en vie, aussi difficile qu'avait été leur capture un par un. Ils l'avaient vu faible. Ils l'avaient vu discuter avec le monstre. Ils devaient mourir. C'était aussi simple que cela.


La peur... Une arme primitive mais efficace.



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MessageSujet: Re: They scream, and they cry.   Mer 7 Jan - 23:26






They scream, and they cry.









Le CroquemitaineLe Loup



Les dés semblent avoir été jetés pour la prêtresse de ces lieux obscurs.

-« Laisse-moi un jour tout entier à la surface. Je viendrai t'apporter ma réponse lorsque dans le ciel la lune sera pleine.

-Une journée... »


Je suis né quelque part, mais où ? Quand ? Pourquoi ces informations qui semblent, d'ordinaires, si rudimentaires pour le commun des mortels, restent des énigmes insondables pour moi ? J'ai parfois l'impression de n'être qu'une page blanche sur laquelle il reste encore tant de choses à écrire. Ma vie entière est une histoire sans fin, rien n'a de sens. Dorénavant, je ne peux plus faire demi-tour, je dois avancer sans jamais me retourner, je dois courir sans jamais m'arrêter, je dois vivre sans jamais penser à mourir, je dois être libre pour enfin me soustraire à la captivité imposée par ma tortionnaire. Le Passé est passé, seul le présent compte…


Une fumée grisâtre laissa apparaître, une fois dissipée, la silhouette massive du Grand Méchant Loup qui venait de quitter le monde souterrain. Il faisait encore nuit, mais au loin dans l'horizon, les premières lueurs du jour chassaient les dernières noirceurs de la nuit. Une nuée d'oiseaux s'envola sur le passage de Michael, un léger brouillard enveloppait l'obscure forêt encore sous les bras de Morphée. La créature ferma les yeux et se laissa guider par ses sens en éveil. Il pouvait sentir la terre fraîche et humide à ses pieds, voir les gouttelettes apportées par la brume, rafraichir quelques fougères et sentir l'odeur du gibier non loin de là.

-« Alors, c'est ça la liberté ?! » se disait-il intimement. Depuis qu'il était devenu « Michael » jamais encore, il n'avait joui de cette liberté qui était jusqu'alors propre à Pierre. Il n'était que la chose, le fruit d'un marché passait entre deux créatures sans vergogne. D'abord, prisonnier, il est ensuite devenu le monstre de compagnie, le jouet du Croquemitaine et de ce fait, il n'avait plus aucune existence. Il n'était rien jusqu'à ce que Pitch Black forge sa légende dans le sang d'êtres sans défense. En s'en prenant à des enfants, des êtres purs et innocents (pour la plupart), il avait enfreint bien des interdits et plus le sang coulé, plus son cœur s'empourprait. Même si l'organe ne bâtait plus dans la poitrine de son propriétaire, il continuait de vivre et les affres de ses crimes détruisaient à petit feu Pierre pour laisser de plus en plus de place l'abominable bête sauvage nommée Michael. Pitch Black avait donc forgé la légende du Grand Méchant Loup, mais Rumpelstilskin avait engendré l'être abominable qui jamais ne cesserait de terroriser les enfants lorsque les dernières lueurs du jour laisseraient entrevoir les premières ombres de la nuit. Ainsi, le Ténébreux, observateur émérite de la décadence de Pierre, jouissait de la transformation de Michael et pouvait ainsi ajouter un monstre à sa petite collection.
Michael marcha tranquillement dans la forêt, il se sentait bien, libre et enfin maître de sa vie...enfin presque. Il observa avec dédain la marque sur son avant-bras. S'il voulait s'en sortir, il devait trouver une solution pour échapper au Croquemitaine et à son contrôle.

-« Aller réfléchis », réfléchis ! dit-il en se prenant la tête.

L'espoir s'était vite envolé, car il savait que la fuite ne lui permettrait pas de vivre libre. Dans un excès de colère, il se prit l'avant-bras et le mordit jusqu'au sang. Les premières gouttes dévalèrent son membre à présent mutilé, mais rien n'y faisait, même dans l'amas rougeâtre l'on pouvait encore distinguer la marque qui liait la bête à « sa maîtresse ». Michael hurla de désespoir et se laissa glisser contre le tronc d'un arbre. Il était pris au piège, enfermé dans une cage invisible, engagé sur une voie sans issue. Que faut-il faire lorsque nous sommes rattrapés par la Fatalité ?
-« Rien » se dit intérieurement la bête souffrante. Le temps lui était compté et aucune solution ne venait à lui.

-Les méchants ne gagnent jamais...»

Après cette hypothétique constatation, il se mit à fouiller dans ses poches pour trouver de quoi stopper le sang émanant de la blessure qu'il venait de s'infliger inutilement. Maigre entreprise, car les poches de l'homme étaient pratiquement vides, mais en farfouillant un peu plus, il trouva au fond de sa poche gauche une pierre blanche. De prime abord, il fut surpris de découvrir cet objet qu'il n'avait encore jamais vu. Mais en l'observant un peu plus en détail, la bête fut instantanément frapper d'une persistante impression de déjà vu. Il pouvait le sentir, quelque chose émanait de l'objet sans vie. Il ferma les yeux, plusieurs flashs ponctuèrent ses pensées. Les images étaient trop floues pour qu'il ne puisse les identifier clairement. Mais un sentiment de plénitude l'envahit peu à peu et sans comprendre pourquoi il se mit à sourire en frôlant du bout des doigts ce petit caillou blanc. Bien décidé à comprendre le loup tenta de faire parler sa mémoire, mais rien n'y faisait, il ne parvenait à définir l'origine de cet objet. L'avait-il volé ? Étais-ce un présent ? Il n'en avait pas la moindre idée, mais il ne fallait pas être pourvu d'une grande intelligence pour comprendre que ledit objet qui se trouvait jusqu'alors dans l'une des poches du monstre, était à n'en pas douter une pièce du puzzle. A présent, il fallait creuser et vite, car sous peu, le délai accordé par Pitch Black arriverait à son terme et inexorablement le Grand Méchant Loup retournerait dans sa niche. Après plusieurs secondes, l'objet glissa des mains de Michael sans qu'il ne puisse le rattraper.




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