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 « Charivari : plus on est de fous, plus on rit ! » ▽ Clopin&Merida

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MessageSujet: « Charivari : plus on est de fous, plus on rit ! » ▽ Clopin&Merida   Lun 11 Mar - 3:54




Clopin & Merida







Charivari : plus on est de fous, plus on rit !

S'il y avait bien une chose qui sautait aux yeux de tout le royaume concernant Merida, c'était le fait qu'elle n'était pas une princesse comme les autres. Malgré tous les efforts que sa mère, la reine Elinor, fournissait au quotidien pour la rendre plus posée et plus sage (à l'image de sa cousine Marianne), la demoiselle restait indomptable et sourde à toute recommandation de bienséance. Ce que la princesse souhaitait c'était être libre... Malheureusement, son statut royal d'héritière était loin de laisser une quelconque place à la liberté ! Malgré tout, Merida refusait de renoncer à ce rêve et s'évertuait jour après jour à faire en sorte que la reine comprenne ce souhait. Peut-être aurait-ce put fonctionner si Elinor ne possédait pas le même caractère entêté. Dans cette bataille perpétuelle, la rouquine avait tout de même réussi à obtenir quelques privilèges, mais devait s'engager à remplir quelques obligations en contrepartie.

Ainsi, ce jour-là était une journée un peu particulière dans sa vie de princesse : il s'agissait de l'un des rares jours où on lui accordait le droit de faire ce qu'elle voulait, vingt-quatre heures survenant de temps à autres et qu'elle ne manquait pour rien au monde. D'ordinaire, elle se ruait aux écuries dès l'aurore et partait dans la forêt avec Angus chercher l'aventure mais, aujourd'hui, elle avait préféré resté dans l'enceinte de la ville. La raison ? Un groupe de gens du voyages avaient débarqué quelques jours plus tôt sur la place publique, à l'intérieur des remparts du fort. Certains royaumes ne faisaient pas confiance aux gitans mais ce n'était pas le cas du Roi Ours, Fergus, qui était somme toute un homme jovial et sympathique, tolérant et toujours prêt à s'amuser. Les sans-papiers avaient donc pu atteindre la place du marché sans encombres et pourraient sans doute rester aussi longtemps qu'ils le souhaitaient tant qu'ils ne faisaient pas trop de vagues parmi les habitants de la cité.

Fascinée par leur mode de vie nomade, libres par définition, Merida ne pouvait donc pas résister à l'envie de découvrir un peu plus leurs univers et coutumes. Il semblait cependant qu'elle n'était pas le seul membre de sa famille à avoir eu cette idée car, déambulant entre les caravanes colorées depuis à peine quelques minutes, elle entendit trois petits rires accompagnés de cris de protestations qu'elle connaissait par cœur : ses frères avaient encore semés leur gouvernante ! Hamish, Harris & Hubert étaient des triplés, trois petits diablotins adorables et malins comme pas possible. Maud, leur nourrice, faisait tout ce qui était en son pouvoir pour les garder à l’œil mais, malheureusement, cela se révélait toujours insuffisant... Ainsi la jeune princesse poussa un soupir amusé en devinant qu'une fois encore ses cadets menaient la vie dure à la pauvre servante.Hésitant quelques secondes, elle décida tout de même de se mettre elle aussi à la recherche des trois petits cyclones roux et sa promenade prit rapidement des allures de cache-cache.

Au final, l'archère trouvait cela amusant, c'était bien plus original qu'une simple balade ! De temps à autres, elle apercevait une petite touffe de cheveux frisés couleur de feu apparaître et disparaître aussi vite, comme si les petits monstres étaient partout et nulle part à la fois, ingénieux et insaisissables comme toujours. La course poursuite continua ainsi de nombreuses minutes, et Maud avait abandonné depuis déjà bien longtemps... Merida, quant à elle, était du genre tenace et elle comptait bien mettre la main sur les trois courants d'air qui lui servaient de frères avant que le soleil n'atteigne son zénith ! Elle finit par les retrouver près d'une demi-heure plus tard, les surprenant en plein méfait...

En effet, parmi les gens du voyage, entre les diseuses de bonne aventure et les magiciens se trouvait un marionnettiste. Ce dernier avait installé son petit théâtre sur la place sans soupçonner l'existence des triplés royaux... Nul doute que, s'il avait su qu'ils existaient, il n'aurait jamais pris ce risque ! À présent, il était assailli de toutes part par le trio infernal qui avait sans doute été attiré par les couleurs chatoyantes de sa roulotte et par les petites figurines à qui il donnait vie pour quelques pièces de monnaie... Mais, à présent que les princes avaient jeté leur dévolu sur son modeste commerce, le spectacle semblait plutôt compromis. Hubert était monté sur le toit du théâtre, Harris tentait d'arracher l'une des marionnettes de la main du gitan et Hamish était carrément passé derrière le petit édifice et apparaissait à l'intérieur de la scène, gênant le pauvre artiste ! Merida grimaça et, aussitôt, se précipita vers le lieu du désastre.

▬ Hubert, descend de là ! Hamish, sors d'ici ! Harris, lâche cette marionnette voyons ! LES GARÇONS !

Comprenant que la fête était finie, les diablotins disparurent à vive allure entre les tentes et les roulottes, ne laissant sur leur passage que des échos de rires enfantins et un théâtre de marionnettes en piteux état... Au loin, on pouvait entendre la voix de Maud reprendre du service, repartant à la chasse aux princes. Restée seule face aux dégâts, Merida se passa une main dans la crinière rousse qui lui servait de tignasse et fronça le nez. Elle était bien tentée de s'enfuir à son tour mais elle n'était pas aussi diabolique que ses frères et, par conséquent, elle fit quelques pas en avant pour arriver à la hauteur du propriétaire du théâtre.

▬ Vous allez bien, monsieur ? Je suis désolée, ce sont mes frères ils... Ils sont jeunes et un peu farceurs... Bien sûr cela n'excuse pas leur comportement ! Mais... Nous vous dédommagerons...

Le truc avec la princesse c'était qu'elle était loin d'être la plus éloquente du royaume et, ainsi, elle était bien incapable de dire si l'homme face à elle accepterait les excuses qu'elle essayait de formuler au nom des triplés ou s'il allait tout simplement déverser sa colère sur elle. Elle qui voulait connaître un peu plus les gens du voyage se retrouvait subitement en immersion totale dans leur monde, face à face avec l'un d'entre eux !



© Méphi.



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MessageSujet: Re: « Charivari : plus on est de fous, plus on rit ! » ▽ Clopin&Merida   Sam 16 Mar - 23:12




« Charivari : plus on est de fous,
plus on rit ! »











Merida ☆ Clopin




Les montagnes verdoyantes, les forêts épaisses de conifères, l’odeur salée des cours d’eau et au loin, ces grands châteaux en pierre grise... Tous ceci étaient sans nul doute un spectacle grandiose ! Clopin pris une grande inspiration du haut de sa monture, adorant ces lieux où la nature cohabitait avec l’homme, gardant son aspect sauvage et indomptable. Il avait entendu parler de la beauté du royaume du roi Fergus, aussi il n’en avait pas fallu plus pour convaincre la troupe de gitans de voyager vers ces contrées encore inexplorées par le sans-papier. Ces courageux voyageurs ne craignaient ni la pluie, ni le froid et même si les rumeurs d’un ours malveillant hantant les bois, cela ne ralentit pas la progression de leurs roulottes. Le marionnettiste fut agréablement surpris du peu de mépris qu’il rencontra aux remparts et les bohémiens purent aisément entrer dans la ville. Ils étendirent leur campement dans la matinée et montèrent leurs stands ainsi que les chapiteaux sans encombre. Certes, leur présence attiraient bon nombre de curieux, mais s’était tout à fait normal, car pour attirer l’attention, rien de mieux que le chef de la Cours des Miracles dans son costume bariolé. Après tout, Clopin n’était pas venu en ennemi, au contraire, il voulait divertir les foules et chasser l’ennui de ce peuple qui se montrait plus curieux que menaçant envers les voyageurs.

Le bohémien se mis à l’ouvrage et sorti ses grandes malles remplies de marionnette de sa caravane. Clopin s’activa et assembla des structures de bois en pièce détachée, qui peu à peu, se mirent à ressembler à un minuscule théâtre surmonté de rideaux multicolores qui attiraient aussitôt le regard. Pendant qu’il s’agitait, le gitan sifflotait gaiement et faisait tinter les grelots de son costume. Il retira son grand chapeau à plume et essuya son front suite à l’effort, puis il plongea la main dans une des poches de son costume. Entre ses doigts apparu un masque coloré qu’il posa sur ses traits brunis par le soleil, prêt à entrer en scène d’ici quelques minutes. Qu’allait-il présenter aujourd’hui ? Une histoire de chevalier qui sauvait la belle princesse ? D’un dragon affamé qui ravageait un village ? Ah non, il ne faudrait pas déjà effrayer son public alors qu’il venait tout juste d’arriver… Avec un déclic sonore, le marionnettiste ouvrit le coffre à ses côtés, faisant prendre l’air à ses créations. Clopin s’arma de son Mini-Clopin pour trouver l’inspiration et sur une improvisation totale, il commença le spectacle, préférant attendre que le publique vienne à lui. Il verrait bien où cela allait le mener… Au bout d’un moment, six pairs de petits yeux globuleux apparurent devant la scène en bois et le regardèrent fixement, préparant sans doute un mauvais tour alors que le marionnettiste interpréta plutôt la chose comme un mélange de timidité et de curiosité enfantines. S’il avait su… Le pauvre artiste déjà condamné se pencha pour saluer ces petites frimousses rousses avec un grand sourire.


« Bonjour mes petits ! On vient écouter les histoires de Clo…pin ? »

Soudain, sans prévenir, les trois crinières de feu filèrent dans tous les sens, semant destruction et ravage sur leur passage. Le sourire de Clopin se figea, surpris de la rapidité de ces catastrophes ambulantes. Il essaya vainement de ramener la paix au sein de son mini-théâtre. Alors qu’il tenta d’en faire descendre un du toit, son frère attrapa Mini-Clopin et ne voulut plus le lâcher. Le suivant vidait les malles du troubadour sur le sol sans ménagement. Le premier se mis à sauter sur les planches du toit, les faisant craquer sinistrement, le deuxième se bagarrait toujours avec le ventriloque qui essaie de ne pas se faire mordre et le troisième, Clopin essayait de l’éloigner de ses affaires du bout du pied, sans grand succès.

« Non, non, non, descends ! Tu pourrais te rompre le cou ! Ce ne sont pas des enfants, ce sont des gnomes chapardeurs ! Lâche ça ! Lâche ça, je te dis ! »

Tout à coup, une voix féminine s’éleva dans l’air, faisant tiquer les garçons et finalement, ils déguerpirent sans demander leur reste. Clopin resta figé un instant dans une drôle de pose dû à son combat contre le trio infernal, choqué par la spontanéité de l’attaque, puis soupira soulagé et ses muscles se détendirent. On venait à son aide, hourra ! Lui qui ne ferait jamais aucun mal à un enfant était bien embêté vu qu’il n’avait visiblement aucun moyen de faire partir ces petites bêtes… Clopin posa ses yeux clairs sur la nouvelle venue, aussi rousse que les trois autres, qui s’excusa maladroitement du comportement de ses petites frères. Le gitan sorti du théâtre et s’approcha de l’inconnue avec un mince sourire. Il n’était pas en colère, seulement très surpris.

« Il n’y a pas eu de blessés, alors ce n’est pas trop grave… Enfin, dédommager, ce ne sera pas nécessaire...» Soudainement, un long craquement se fit entendre et le toit du théâtre miniature tomba au sol en soulevant un nuage de poussière... Clopin se mordit la lèvre, contrarié avant de se retourné vers la nouvelle venue avec un nouveau sourire qui en dit long. « Finalement, une paire de mains supplémentaires pour tenir un marteau et des clous ne seront pas de trop ! Merci de te porter volontaire ! À moins que tu ne veuilles vraiment armer tes diablotins de frères avec des outils pour aider à la reconstruction ?» demanda-t-il, l’air moqueur. « Reste ici, je reviens. »

Ignorant qu’il venait d’affubler la princesse du royaume d’une tache ingrate de menuisier, le gitan se retourna et disparu dans les restants de son kiosque en ruine. Il retrouva une petite trousse avec les outils mentionnés à l’intérieur du sac en toile. Clopin tutoyait tout le monde, car tout être humain était son égal et vice versa, ce n’était pas du tout un manque de respect, bien que certains n’étaient pas de cet avis. La demoiselle n’avait certes pas l’air d’une paysanne, malgré ses manières pas tout à fait royales, mais Clopin restait dans l’idée que de clouer quelque planches avec lui ne lui ferait pas de mal ! Après tout, ce n’était pas la fin du monde ! Lui-même qui aurait pu être dans tous ses états se dit simplement que les piécettes qu’il ne gagnerait pas aujourd’hui, il les aurait demain avec une autre histoire ainsi qu’un théâtre encore plus beau qui sait… Armé de son éternel optimiste et tendant des outils à la princesse sans savoir qu’elle en était une, il retourna faire de l’ordre dans les décombres.

« Si on ne sait pas se débrouiller dans n’importe quelle situation, il vaut mieux rester chez soit ! D’ailleurs, je dois avoir quelques planches supplémentaires ici… Ah ! Les voilà ! Au fait, je suis Clopin le marionnettiste… Vous êtes ? »





« Tout est sens dessus dessous, quelle folie ! »


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MessageSujet: Re: « Charivari : plus on est de fous, plus on rit ! » ▽ Clopin&Merida   Mer 27 Mar - 19:13




Clopin & Merida







Charivari : plus on est de fous, plus on rit !

Merida s'était excusée au nom de ses trois petits démons de frères et avait offert au pauvre gitan malmené de se faire dédommager pour les dégâts que les triplés venaient d'infliger à son modeste théâtre. L'homme semblait avoir été surpris, au premier abord, de voir les trois diablotins filer plus vite que le vent en entendant le son de la voix de leur grande sœur mais, finalement, au grand soulagement de la princesse, il n'avait pas l'air trop offensé ni trop en colère. Il semblait même esquisser un sourire, ce qui détendit l'archère. Elle n'était peut-être pas la meilleure question discours et diplomatie mais elle préférait tout de même avoir à faire face à quelqu'un de calme !

▬ Il n'y a pas eu de blessés, alors ce n'est pas trop grave... Enfin, dédommager, ce ne sera pas nécessaire...

Merida ne put empêcher la curiosité de transparaître dans son regard. Cet homme ne souhaitait pas de compensation après le bazar que ses frères venaient de faire dans son petit théâtre ? La princesse ne s'était certainement pas attendue à cette réponse ! Esquissant un sourire gêné, elle baissa les yeux vers la construction de bois au moment même où cette dernière s'écroula. Aussitôt, son sourire se figea et se transforma en grimace dépitée. Les monstres ! Comment avaient-ils réussi à détruire la cabane en à peine quelques minutes ?! La rouquine sentit le regard du bohémien se poser à nouveau sur elle et, redoutant le pire, elle se tourna très lentement vers lui, devinant qu'il avait du changer d'avis concernant la partie "dédommagement" de son discours.

▬ Finalement, une paire de mains supplémentaires pour tenir un marteau et des clous ne seront pas de trop ! Merci de te porter volontaire ! À moins que tu ne veuilles vraiment armer tes diablotins de frères avec des outils pour aider à la reconstruction ?

La princesse fut tout d'abord surprise par les propos de son interlocuteur. Fronçant les sourcils, il lui fallut quelques secondes pour intégrer le fait qu'il ne voulait toujours pas d'or mais simplement... De la main d’œuvre ! Aussitôt, un petit sourire amusé vint orner les lèvres roses de l'archère. Cette façon de racheter les actes de ses frères n'était pas banale mais, après tout, cela promettait d'être amusant ! Sans oublier le fait qu'elle aurait l'occasion d'en apprendre plus sur la vie des gens du voyage et, surtout, cela changeait de toutes ces autres actions que l'ont attendait d'une princesse... Aujourd'hui, Merida n'était qu'une demoiselle sans couronne, c'était le deal de ces petites journées de liberté, et qui cela pouvait-il offenser de la voir bricoler un théâtre en bois avec un gitan ? Ce n'était certainement pas un crime d'aider quelqu'un !

▬ Je doute de les voir venir rôder par ici avant un certain temps...

Ce fut tout ce qu'elle avait trouvé pour montrer au tzigane qu'elle acceptait ce marché et elle lui sourit à nouveau, plus chaleureusement cette fois. L'homme lui demanda de l'attendre là tandis qu'il s'éloignait pour aller farfouiller dans les décombres du théâtre miniature. Merida, pendant ce temps, restait plantée au beau milieu de la petite place que les caravanes avaient formées, observant le bohémien disparaître entre les planches et les tissus éparpillés au sol. Quelques curieux alentours posaient les yeux sur elle mais, estimant la situation déjà bien assez étrange comme cela et ne souhaitant pas déclencher une quelconque animosité, elle ne parla à personne, esquissant simplement quelques sourires lorsqu'elle croisait le regards des gens. Au final, le propriétaire du théâtre refit surface rapidement avec une trousse en toile dans les mains. Il tendit quelques outils qu'elle contenait à la princesse et retourna aussitôt vers le lieu du sinistre. Comprenant qu'elle devait certainement le suivre si elle devait avoir une quelconque utilité, la rouquine le rejoignit et put voir de plus près l'étendue des dégâts.

▬ Si on ne sait pas se débrouiller dans n'importe quelle situation, il vaut mieux rester chez soi ! D'ailleurs, je dois avoir quelques planches supplémentaires ici... Ah ! Les voilà ! Au fait, je suis Clopin le marionnettiste... Vous êtes ?

Le dénommé Clopin avait d'ores et déjà commencé à trier l'amas de bois et d'étoffes à leurs pieds, et aussitôt Merida posa ses outils sur le côté pour l'aider dans cette besogne. Il semblait tout à fait sympathique, en réalité, et plein de ressources ! Nul doute que cet homme-là avait vécu bon nombre d'aventures pour devenir aussi ingénieux, si seulement la princesse avait pu en dire autant... Elle hocha la tête d'un air entendu quand il parla de se débrouiller seul, combien de fois avait-elle répété à sa mère qu'elle souhaitait plus de liberté pour tracer son propre chemin loin des couronnes et des trônes ? La reine Elinor ne l'avait jamais laissée faire, évidemment... Le gitan lui demandait à présent qui elle était, et la demoiselle déposa une énième planche cassée avant de lui répondre.

▬ Je suis la p... Merida ! Je m'appelle Merida.

Lui adressant un grand sourire innocent, elle avait bien failli se laisser prendre au piège de toutes ces leçons que sa mère lui avait enseignées : présenter son rang avant son nom. Mais la rouquine trouvait cela un peu trop pompeux à son goût et puis, surtout, aujourd'hui elle n'était pas la princesse du royaume ! Elle avait la chance de réellement être comme tout le monde, au milieu de ce peuple qui ne la connaissait pas, pas de traitement de faveur ou de courbettes. De toute manière, elle était persuadée que son titre ne ferait aucune différence pour Clopin, alors à quoi bon passer pour une pimbêche et énoncer à quel point son sang est royal ? Non, Merida préférait de loin jouer aux menuisières, aujourd'hui... Tout en reprenant les travaux, elle changea de conversation, amenant le sujet qui l'intéressait vraiment.

▬ Alors... Vous devez avoir vu beaucoup de royaumes différents ! Vous comptez rester longtemps ?

Bientôt, la petite place fut nettoyée, les décombres triés en tas distincts. Merida laissa le tzigane évaluer ce qu'il jugeait digne d'être gardé ou ce qui était totalement inutilisable. Une fois cette question réglée, elle fut un peu soulagée de constater que, au final, la plupart des matériaux n'avaient pas été trop abîmés par les triplés. La jeune princesse brûlait d'envie de bombarder Clopin de questions concernant le monde et ce qu'il y avait à découvrir dans les divers royaumes, elle voulait savoir ce qu'était la vie d'un gitan en rêvant secrètement de pouvoir en faire l'expérience un jour mais elle ne dit rien ou, du moins, rien en rapport avec toutes les questions qui se bousculaient dans son esprit.

▬ Donc, vous le voulez comment, ce théâtre ?

Disant cela, elle ramassa les outils posés à ses pieds au préalable et lança un regard entendu à Clopin, une petite étincelle de malice éclairant ses grands yeux bleus. Elle était prête et bien décidée à le reconstruire, son théâtre, et prouver qu'elle aussi pouvait mener une vie de débrouille, quoi qu'en pensât sa mère et tout le royaume !



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MessageSujet: Re: « Charivari : plus on est de fous, plus on rit ! » ▽ Clopin&Merida   Sam 20 Avr - 0:47




« Charivari : plus on est de fous,
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Merida ☆ Clopin




Quelque part, Clopin avait de la chance dans son malheur ! Toujours voir le côté positif et coloré des choses, voilà sa devise ! Il était tombé sur une demoiselle qui n’avait pas peur de se salir les mains, voilà le genre d’esprit que le gitan appréciait. Rien de pire qu’une lady qui faisait la grimace devant l’ouvrage ou qui fuyait devant la plus petite des araignées. Comment vivre sa vie pleinement si on ne supporte pas les petites difficultés ? Enfin, ce n’était pas comme s’il avait demandé à une véritable princesse de l’aider ! Clopin avait quand même douté de la jeune fille un instant, alors qu’elle fronça les sourcils, mais le sourire qui prit la relève sur sa première expression le rassura. Et puis, le gitan avait quand même la fâcheuse habitude de faire confiance aux autres dès la première rencontre, enfin, sauf dans le pays où vivait cette peste de Frollo… Le bohémien lui rendit donc son sourire et, une fois armé des bons outils, retourna parmi les décombres de son petit théâtre qui avait, visiblement, connu de meilleur jour et un meilleur public. Bien qu’il adore les gamins, il ne pouvait nier que le fait que les trois monstres roux ne rodent plus autour de sa caravane l’arrangeait bien ! Les planches de bois cassées d’un côté, celles en bon état de l’autre et au travers, le gitan trouva des morceaux de bois pourris. Voilà qui expliquait comment ces lutins avaient pu faire tout tomber ! Les étoffes de couleur furent pliées et entreposées loin de la poussière du sol et Clopin réussit à récupérer quelques clous avec l’arrière du marteau qu'il avait en main.

« Et bien P. Merida, vous n’avez pas l’air sûre de savoir qui vous êtes ! Ce n’est pas grave, le destin se charge assez vite de nous l’apprendre !»

Poète, philosophe, funambule, voleur autrefois et menuisier sur le tas, il n’y avait pas grand-chose dans lequel Clopin ne savait pas se débrouiller un minimum. Une belle qualité que de savoir improviser ! Faisant signe du doigt pour que Merida dépose les planches de bois au bon endroit, il se releva un instant pour épousseter la poussière de sur son costume de scène. S’écartant un peu du chantier, il allait poser son masque violet dans la malle qu’un des frères de la jeune femme avait ouverte, dévoilant ainsi son visage basané de voyageur. Il ramena ses cheveux mi- longs derrière ses oreilles et fixa les travaux de ses yeux clairs et vifs. Ensuite, il ramassa ses autres effets qui traînaient un peu partout.

« Oh oui, j’en ai vu plusieurs des royaumes ! Mais celui-ci est particulièrement joli avec sa nature sauvage… On sent l’aventure à plein nez ! Nous ne planifions jamais vraiment notre départ nous les gitans. On arrive et repart sur un coup de tête, au gré du vent ! Aussi, j’imagine que cela dépendra jusqu’à quand les gens vont nous tolérer... » dit en haussant les épaules, le marteau étant revenu dans sa main.

Pas que les gens du royaume de Fergus était intolérants, au contraire, mais ce n’est pas tout le monde qui supportaient longtemps les roulottes dans le voisinage et les chapiteaux qui prennent de l’espace sur la place publique. Le gitan ne se doutait pas le moins du monde qu’il n’aidait pas la princesse à apprécier sa vie monotone au château en disant ses dernières paroles. Selon lui, tous pouvaient faire ce qu’il voulait, y compris tout lâcher pour partir à l’aventure. C’était un peu ça un gitan, non ? Enfin, à part le fait qu’il n’avait rien d’autre que l’aventure dès leur naissance. Clopin s’accroupit sur le sol, des clous entre les dents et commença à clouer des planches ensembles. Déjà, une structure solide ferait une bonne base. Utilisant ses talents de ventriloque pour répondre à la demoiselle à la chevelure de flamme, il cessa de marteler le bois quelques instants. Sa bonne humeur ne semblait jamais le quitter, même lorsque la tâche était complexe.


« Parfait et imparfait à la fois ! Portatif, de taille moyenne, coloré, brillant, bruyant ! Au centre, un genre de fenêtre avec un rebord qui sert de scène pour les marionnettes. Des rideaux ! Il ne faut pas oublier les rideaux ! Des verts, des rouges, des bleus, des mauves… Les clous doivent être solidement plantés et les planches droites sinon, on me prendra jamais au sérieux ! » dit-il avant d’éclater de rire. « Me prendre au sérieux, la bonne blague ! » rajouta-t-il en faisait un clin d’œil à sa complice de menuiserie, lui faisait comprendre que la tâche ne serait pas aussi complexe que son monologue le prévoyait. Une drôle de farce encore une fois.

Clopin cloua quelques planches de plus en compagnie de la rouquine et recula de quelques pas pour observer la structure encore floue de son prochain théâtre. Les doigts en carré comme pour visualiser la scène, il siffla de satisfaction. C’était un bon début ! Il commençait à faire chaud aux alentours et comme ces frères gitans le voyaient travailler sous le soleil, discrètement, on avait apporté de l’eau au chef de la Cours des Miracles.
« Il doit être imaginaire. Enfin, aussi imaginaire que l’imagination imaginé par l’esprit d’un enfant, mais en était physiquement là ! Tu comprends ? » dit-il très sérieusement cette fois. Probablement pas, mais en bref, le théâtre risquait fort d’être aussi farfelu que son propriétaire dans son costume bariolé. Clopin déposa son marteau une minute et servit à boire à la demoiselle.






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MessageSujet: Re: « Charivari : plus on est de fous, plus on rit ! » ▽ Clopin&Merida   Mer 19 Juin - 23:24




Clopin & Merida









Charivari : plus on est de fous, plus on rit !

Certes, Merida avait un peu bredouillé au moment de livrer son identité au gitan, il n'était pas toujours facile de faire la part des choses entre ce que l'on voulait être et ce que l'on vous faisait devenir. Du coup, en temps normaux, elle aurait du se plier à l'usage que la reine imposait... Mais aujourd'hui était différent, c'était sa journée de liberté, et elle ne voulait pas être la princesse aux yeux de l'étranger !

▬ Eh bien, P. Merida, vous n’avez pas l’air sûre de savoir qui vous êtes ! Ce n’est pas grave, le destin se charge assez vite de nous l’apprendre !

La rouquine fronça légèrement le nez et poussa un petit soupir avant de répliquer sur un petit ton boudeur :

▬ Non, mais... C'est juste "Merida"...

À vrai dire, elle ignorait si Clopin y avait fait attention ou pas car ils s'étaient tous les deux plongés dans les travaux du petit théâtre sans plus attendre. Enfin, Merida avait commencé à dégager les décombres tandis que le bohémien était parti ranger son masque avant de la rejoindre. Elle observa discrètement ses traits basanés tout en vacant à ses occupations et sourit légèrement. Il était plutôt bel homme, bien que trop âgé pour que son esprit rebelle n'envisage quoi que ce soit. De toute manière, la rouquine n'était pas prête pour toutes ces histoires de sentiments et d'amour, cela ne lui effleurait jamais l'esprit et elle était loin de se languir du jour où cette situation changerait ! Elle dévia intentionnellement la conversation sur le sujet des voyages, rêvant du jour où, à son tour, elle pourrait vivre ses propres aventures.

▬ Oh oui, j’en ai vu plusieurs des royaumes ! Mais celui-ci est particulièrement joli avec sa nature sauvage… On sent l’aventure à plein nez ! Nous ne planifions jamais vraiment notre départ nous les gitans. On arrive et repart sur un coup de tête, au gré du vent ! Aussi, j’imagine que cela dépendra jusqu’à quand les gens vont nous tolérer...

La princesse avait arrêté de travailler le temps d'écouter le petit discours du gitan. Ses mots la berçaient, transcendant son être, sa voix l'emportait au-delà des frontières de son royaume avec autant d'aisance que celle de sa mère lui interdisant la liberté... Qu'est-ce qu'elle aurait aimé être une vagabonde ! Ce vœu insouciant, elle le faisait souvent, ne réalisant pas tout à fait ce que cela impliquait réellement, seule l'aventure et les voyages occupaient son esprit.

Clopin en parlait avec tant d'aisance, comme si tout ceci était banal. Sans doute l'était-ce pour lui, d'ailleurs, mais c'était loin d'être le cas pour la princesse. Cette dernière l'observait en silence dans un mélange d'envie et de curiosité. Le bohémien n'avait visiblement pas vu l'effet que ses paroles avaient produites sur la rouquine car il continuait ses travaux tranquillement. Lorsque Merida se rendit finalement compte qu'elle avait cessé toute activité pour se tenir bêtement inerte sur la place, elle s'efforça de chasser ses mille pensées de son esprit pour se consacrer de nouveau à ce pour quoi elle était là : le théâtre de marionnettes. Ignorant tout de la construction de ce genre d'édifice, elle demanda alors au propriétaire du petit stand de bois ce qu'il attendait de son nouveau théâtre.

▬ Parfait et imparfait à la fois ! Portatif, de taille moyenne, coloré, brillant, bruyant ! Au centre, un genre de fenêtre avec un rebord qui sert de scène pour les marionnettes. Des rideaux ! Il ne faut pas oublier les rideaux ! Des verts, des rouges, des bleus, des mauves… Les clous doivent être solidement plantés et les planches droites sinon, on me prendra jamais au sérieux ! Me prendre au sérieux, la bonne blague !

Merida avait ri en entendant le discours désorganisé de Clopin. À coup sûr, cet homme était l'un des plus surprenant qu'il lui avait été donné de rencontrer ! Mais il était surtout très drôle et jovial, ce qui le rendait donc sympathique à la princesse. Elle avait un peu du mal à imaginer, d'ailleurs, comment les autorités des autres royaumes en étaient arrivées à vouloir chasser la petite troupe de gitans de leurs terres, pour elle ils semblaient tous très chaleureux et n'avaient pas l'air menaçants pour deux sous. Bon, peut-être aurait-elle révisé son jugement si elle avait connu le passé de ces gens, ou même certaines activités qu'ils pouvaient pratiquer... Mais le fait était que la rouquine ignorait tout de la face cachée des bohémiens, et l'insouciante qu'elle était n'imaginait même qu'ils puissent en posséder une...

Le propriétaire du théâtre de marionnettes remarqua sans doute l'entrain de son assistante du jour car il lui fit un petit clin d’œil avant de terminer de clouer la structure de son stand et de se reculer un peu pour pouvoir admirer le résultat. Apparemment, il semblait satisfait. La princesse regarda à son tour l'assemblage de planches mais n'arrivait pas pour autant à égaler l'entrain de son comparse. Enfin, elle n'allait certainement pas se plaindre si Clopin était content, étant donné que c'était de la faute de ses frères s'il n'avait plus de théâtre ! Saisissant une étoffe pourpre, elle la roula légèrement entre ses doigts, se demandant si cela pourrait faire un joli rideau.

▬ Il doit être imaginaire. Enfin, aussi imaginaire que l’imagination imaginé par l’esprit d’un enfant, mais en était physiquement là ! Tu comprends ?

Merida fronça les sourcils, l'espace d'un instant, décortiquant l'énoncé du gitan. Décidément, à chaque fois qu'il s'exprimait, Clopin se révélait toujours plus surprenant ! Elle finit par entrevoir vaguement ce qu'il avait tenté de lui expliquer, ou du moins pensa-t-elle y arriver. Entre temps, d'autres gitans étaient venus apporter un peu d'eau aux deux travailleurs et le gitan en proposa à la rouquine. Cette dernière accepta avec plaisir et lui adressa un léger sourire en saisissant le gobelet d'argile qu'il lui tendait.

▬ Merci !

Se désaltérant à l'aide de quelques gorgées, elle reporta son attention sur le chantier qui leur faisait face. Dans son esprit, elle voyait le théâtre habillé de tentures et peint de mille façons différentes, à tel point qu'elle ne savait plus laquelle de ces représentations conviendrait le mieux au bohémien.

▬ Hmmm... Qu'est-ce que tu penses de mettre du vert par là, un peu de bleu de ce côté et du, euh... Du jaune ? Sur le toit ! Après, peut-être que si on trouvait des objets colorés à fixer le long des parois... Et pour les rideaux, ce tissu ?

Merida enchaînait les propositions, prise au jeu. Elle accompagnait chaque suggestion de grands gestes pour que Clopin puisse visualiser ses idées, bien qu'il ne s'agît jamais de choses très compliquées, au final. Elle avait reposé son verre par terre et scrutait les décombres et les affaires rescapées de l'ancien théâtre avec attention.

▬ Est-ce que tu as de quoi teindre les planches, au fait ?

Après tout, cela ne servait pas à grand-chose de faire de grandes propositions sur le résultat escompté si ils ne possédaient pas de quoi parvenir à leurs fins ! Merida essayait de réfléchir, peut-être se trouvait-il au château les teintures qu'ils voulaient... Mais elle se rendit rapidement compte qu'elle ignorait totalement si cette supposition s'avérait fondée ou non. Voilà qui faisait un rebondissement de plus dans l'aventure du théâtre de marionnettes !



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MessageSujet: Re: « Charivari : plus on est de fous, plus on rit ! » ▽ Clopin&Merida   Lun 29 Juil - 4:19





« Charivari : plus on est de fous,
plus on rit ! »












Merida ☆ Clopin




Ce qui se passait dans la tête de Clopin, peu de gens arrivaient à le saisir clairement. C’était un fouillis constant d’idées fantasques et festives mélangées à un humour enfantin et badigeonnées d’une bonne couche de joie de vivre. Imaginer que ce curieux personnage ait un côté sombre alors qu’il nous aveuglait avec toutes ses couleurs relevait de l’impossible ! Pourtant, ce n’était certainement pas avec son manque de sérieux qu’il avait fait de la caverne d’Ali baba un refuge pour tous les siens. Une seconde chance pour un peuple qui avait été maltraité, mais qui avait aussi fait quelques erreurs de parcours, à commencer par lui. Après tout, derrière l’étrange prénom qu’était Clopin se cachait Trouillefou, un des voleurs les plus recherchés du monde de Blanche-Neige. En vérité, à la première impression du gitan et de ses grands discours poétiques, on aurait pu croire que cet être farfelu ressemblait aux ruines bordéliques de son théâtre. Une tornade d’expression légèrement exagérée, mais derrière ses sourires et ses acrobaties se cachait un esprit vif et charismatique. Une base solide comme les morceaux de bois qu’avait bricolé le bohémien et la princesse.

« Merida. C’est noté ! »

Elle aurait pu s’appeler citrouille et cela ne l’aurait pas fait tiquer. Les gens pouvaient bien se nommer comme ils le voulaient, d’ailleurs, lui-même avait oublié depuis longtemps son nom de naissance qui avait rapidement été transformé par un surnom, puis un autre. Ses mains gantées pleine de poussière attrapèrent le verre d’eau qui l’attendait patiemment. Laissant la boisson fraîche couler dans sa gorge, le bohémien vida le récipient d’un seul trait avec un « aaaah ! » sonore quand il eut fini. Ensuite, le funambule écoutait attentivement les propositions de la rouquine avec un sourire aimable. Au moins, avec ses longues tirades, il l’avait fait rire plutôt que de l’effrayer. En vérité, il ne savait pas vraiment ce qu’il voulait. Tout. Il voulait toutes les couleurs, toutes les formes et toutes les dimensions ! Heureusement, il y avait Merida pour modérer ses ardeurs et ajouter un coté plus réaliste à la chose. Il la regardait avec amusement gesticuler dans tous les sens pour illustrer ses propos alors qu’il hochait parfois la tête d’un air songeur.

« Oui, oui et oui ! Mais un peu de violet ne ferait pas de mal non plus ! Sinon… » Il laissa sa phrase en suspend et posa son regard clair sur le visage de la rouquine, ou plutôt, sur sa chevelure. Soudain, la vie revint brusquement réanimer ses traits pour afficher une mine décidée. « Rouge… Rouge ! Les rideaux du théâtre doivent être rouge ! » dit-il comme si une inspiration divine venait de le foudroyer. « Pardon, je me laisse emporter... » dit-il plus timidement.

Déposant son verre vide sur une des malles, le gitan retourna se perdre parmi les décombres et, soulevant quelques nuages de poussière, il dénicha un bout de tissu du rouge foncé plutôt envoûtant. Le genre qu'on apercevait lorsque les gitanes dansaient en faisant virevolter leur jupe. Si le reste du théâtre aurait l’air sortit d’un monde remplit de licorne et d’arc-en-ciel, le rouge de la passion allait représenter le début et la fin de ses histoires ! Lorsque sa compagne de travaux demanda s’il avait quelque chose pour teindre les planches, le bohémien se figea, leva un doigt en l’air pour établir le silence le temps qu’il réfléchisse à ces questions. Voyant que la réponse n’apparaissait pas dans son esprit, il se dirigea vers la plus grosse de ses malle près de la roulotte.

« Je vais voir ce que je peux trouver… »

Le couvercle s’ouvrit et le jeune homme plongea littéralement à l’intérieur. La moitié de son corps disparu à l'intérieur de la valise et il se tenait sur la pointe des pieds pour arriver jusqu’au fond. Le funambule parlait à lui-même, mais de loin on entendait rien hormis des murmures incompréhensibles. Parfois, Clopin balançait des objets par-dessus son épaule pour les enlever du chemin, risquant d’assommer quelqu'un au passage. De plus, cela n'aidait en rien à mettre un peu d’ordre sur le chantier. Un doux tintement de grelot accompagnait chacun de ses mouvements saccadés.

« HA HA ! » cria-t-il triomphalement en se relevant avec sa découverte. « Enfin, ce n’est rien pour teindre, mais pour peindre ! Dis-moi, tu sais dessiner toi ? De jolies arabesques vertes ça serait jolie sur les volets du devant…  » demanda-t-il alors qu’il tenait un pot de peinture et quelques pinceaux dans ses mains.





« Tout est sens dessus dessous, quelle folie ! »


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MessageSujet: Re: « Charivari : plus on est de fous, plus on rit ! » ▽ Clopin&Merida   Mer 9 Oct - 0:19




Clopin & Merida









Charivari : plus on est de fous, plus on rit !

Le fait que Clopin était un homme marginal était indéniable. Merida n'avait pas l'habitude de voir un adulte, ou plutôt une personne de l'âge du gitan, aussi fantasque. Certes, le roi Fergus n'était pas aussi sérieux et strict que son épouse, loin de là, mais il demeurait un souverain capable d'agir en conséquence quand de graves sujets étaient abordés. Ne connaissant en rien le passé du roi de la cour des miracles, Merida ne voyait que le côté enjoué et rêveur du bohémien, ce qui justifiait le fait qu'elle l'imaginait très mal être raisonnable ou concentré sur des questions importantes.

Voir l'homme aux collants bariolés aussi enjoué amena Merida à se demander s'il avait toujours agi aussi gaiement. Cette pensée permit à l'archère de faire le rapprochement avec ses trois monstres de frères... Seraient-ils toujours aussi espiègles avec l'âge ? Ou mes années passantes opèreront-elles un changement sur leur caractère ? Le fait de penser aux triplés focalisa son esprit sur la tâche qu'elle devait accomplir : réparer leurs dégâts. Très impliquée par la restauration de l'outil de travail de Clopin, la princesse avait enchaîné quelques propositions d'aspects potentiels pour le futur théâtre de marionnettes et elle fut ravie de voir que ses suggestions semblaient plaire à l'ancien voleur.

▬ Oui, oui et oui ! Mais un peu de violet ne ferait pas de mal non plus ! Sinon…

L'allusion au violet fit sourire la jeune aventurière. Il était plutôt flagrant, aux yeux de n'importe qui, que le bohémien était épris de cette couleur. Qui d'autre qu'un adepte de la violine pourrait porter de tels collants ?! Le gitan sembla absorbé par ses pensées, fixant l'épaisse tignasse rousse de Merida avec insistance pendant plusieurs secondes. Cela commençait même à en devenir gênant pour l'héritière du trône lorsque le propriétaire du petit théâtre se décida à reprendre la parole.

▬ Rouge... Rouge ! Les rideaux du théâtre doivent être rouge ! Pardon, je me laisse emporter...

La manière dont il avait déclamé la première partie de son discours avait été si spontanée et, en même temps, de façon si forte que la princesse en avait sursauté. C'était le ton autant que la conviction que Clopin avait mis dans ses propos qui avait pris par surprise l'archère... Et sans doute le chef des gitans l'avait-il remarqué car il s'était aussitôt repris en s'excusant de manière plus modérée.

▬ Ce n'est rien, ne t'en fais pas !

Elle avait joint un léger sourire à ses propos puis était passée à autre chose en demandant au bohémien s'il disposait de quoi donner de la couleur à leur future œuvre. Entre temps, le souverain de la Cour des Miracles avait mis la main sur une étoffe rouge qui semblait convenir à ses attentes en fouillant dans l'amas de bois, de tissus et de poussière qui constituait son ancien gagne-pain. Visiblement, la question de la princesse nécessitait encore un peu de réflexion pour le bohémien car il se figea quelques instants dans une position théâtrale avant d'aller fouiner dans un gros coffre situé près d'une roulote qui, sans doute, lui appartenait.

▬ HA HA !

Une fois de plus, Merida ne s'attendait pas à voir Clopin crier si fort et tressaillit. Pourtant, elle aurait du se douter que le gitan surgirait de la sorte de sa malle ! Ce n'était pas tout le monde qui farfouillait dans les coffres en disparaissant à moitié à l'intérieur, en parlant tout seul et en balançant à l'aveugle quelques objets par-dessus son épaule... En fait, si la rouquine avait eu autant peur, c'était parce qu'elle s'était rapprochée de l'ex-voleur, poussée par la curiosité de le voir s'agiter de la sorte, quand ce dernier était plongé dans l'énorme boîte.

▬ Enfin, ce n’est rien pour teindre, mais pour peindre ! Dis-moi, tu sais dessiner toi ? De jolies arabesques vertes ça serait jolie sur les volets du devant…

La princesse fixa son regard sur le pot et les pinceaux que brandissait le bohémien avant de reporter son attention sur le visage exalté de ce dernier. Les yeux bleus de l'archère exprimèrent alors de l'hésitation face à la question que venait de lui poser son employeur du jour. Peindre, comme la plupart des travaux manuels que l'on enseignait aux jeunes filles de noble lignée, n'était pas vraiment son fort... À vrai dire, la dernière fois que la demoiselle éprise de liberté s'était adonnée à cette activité, la toile avait finie dans un piteux état et bon nombre de taches de peinture étaient venues agrémenter les vêtements et les cheveux de l'archère.

▬ Eh bien... C'est-à-dire que... Je peux toujours tenter !

Un faible sourire agrémenta ses propos tandis qu'elle s'emparait du pinceau le plus fin que tenait Clopin. Le problème ne venait pas d'un manque d'imagination de sa part, mais plutôt de la reproduction concrète de ses pensées : visualiser un dessin, c'était autre chose que le réaliser ! Merida tendit la main en direction du pot de peinture mais stoppa son geste à mi-parcours. Sourcils froncés, elle se tapota le bout du nez avec le pinceau avant d'esquisser un léger sourire.

▬ Je crois qu'on va avoir besoin d'autres couleurs pour mener à bien notre projet ! Tu en as d'autres en réserve là-dedans ?

Elle désigna la malle du menton. Clopin avait sans doute saisi le premier pot qui lui était passé sous la main mais, manque de chance, il ne s'agissait pas de celui censé contenir la couleur verte, d'où le manque d'action de la princesse. Il était fort probable que le gitan possédât d'autres couleurs dans son coffre mais, dans l'hypothèse où il ne lui restait plus que ce pot-là, elle commença à réfléchir au moyen de s'en procurer d'autres. Devrait-elle retourner au château pour aller chercher la peinture que sa mère lui faisait utiliser ? Merida n'avait pas vraiment envie de risquer une virée dans la bâtisse de pierres, persuadée que si la reine Elinor croisait son chemin, cette dernière ne la laisserait pas ressortir... Et la rêveuse rouquine avait encore tellement de questions à poser au bohémien !



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MessageSujet: Re: « Charivari : plus on est de fous, plus on rit ! » ▽ Clopin&Merida   Mar 24 Déc - 18:38





« Charivari : plus on est de fous,
plus on rit ! »












Merida ☆ Clopin




En quelque sorte, c’était Noël pour Clopin. Ses yeux brillaient devant l’étendu des possibilités et il s’agitait dans tous les sens pour trouver outils et matériaux. L’arrivée de la ribambelle de roulottes des artistes ambulants avaient amené un air de fête à la place centrale du château du roi Fergus. D’ailleurs l’enthousiasme du chef de la cours des miracles était bien visible alors que le volume de sa voix ne semblait pas prêt de se stabiliser, faisant sursauter la princesse à quelques reprises. Son esprit armé d’un optimisme à toute épreuve ainsi qu’une imagination débordante avait le loisir de pouvoir créer un nouveau théâtre des plus fantastiques. Créer était en soit une chose des plus agréables pour le gitan. Des histoires, des marionnettes, des costumes… C’était un processus indispensable pour gagner sa vie et il adorait ça.

Le bohémien avait mis en sûreté loin du sol le somptueux tissu rouge pour la confection des rideaux. Il adorait la texture de ce doux velours. Avec un peu de chance, s’il y en avait suffisamment pour ses plans, il pourrait demander à une couturière de la troupe de confectionner une nouvelle robe à sa Esméralda. Cette couleur lui irait à ravir à n’en pas douter ! Avec de la chance, cette robe pourrait être un beau cadeau pour la fête des fous dans quelques mois ! Pour le moment, Clopin revenait avec un sourire triomphant et un pot de peinture ainsi que des pinceaux. Il y eut une hésitation chez sa nouvelle amie face à la tâche, mais elle finit par se saisir de se dont elle avait besoin en lui promettant de faire de son mieux. Dans de pareil cas, le résultat importait peu au gitan, si c’était fait avec gentillesse et grâce à de l’entraide, ce ne pouvait être que magnifique !

« Ça c’est l’esprit d’aventure ! Essayer au lieu de reculer !»

Soudain, on lui fit remarquer que la pot de peinture ne contenait pas la couleur voulue. Comme il pouvait être étourdit parfois ! Faisant signe à la princesse de l’attendre une minute, il se dirigea non pas vers une des malles, mais vers l’intérieur de sa roulotte, endroit mystérieux et exergue où il cachait son atelier de confection de marionnette. Théoriquement, il y avait de la peinture là-dedans ! Par la petite fenêtre carrée de la maison-mobile, on aperçut le gitan avec plusieurs pots dans les bras. Il les ouvrait un pars un pour trouver la précieuse teinte qui ornerait le devant du théâtre. Son air contrit parlait de lui-même.

« Hum, j’ai du jaune, du orange, mais pas de vert. C’est fâcheux. » dit l’artiste en costume bariolé. Une de ses mains gantées alla jouer avec l’anneau en or suspendu à son oreille, signe qu’il réfléchissait intensément. Normalement, il aurait mélangé du jaune et du bleu, mais il n'avait pas assez de bleu... Soudain, tout lui parut clair et simple, entraînant un revirement de situation plutôt inattendu. « Bon ! On va faire un tour en forêt alors! »

Une occasion rêvée de découvrir les environs ! Clopin sentait déjà sa curiosité s’échauffer, mais il ne devait pas perdre de vue le pourquoi de sa virer dans les bois. Certains lui disaient parfois que le plaisir et le travail étaient deux choses distinctes. Néanmoins, le bohémien avait sa propre vision des choses et préférait de loin s’amuser en travaillant ! Et oui, la couleur verte, même si ce n’était que pour peinturer des détails, en valait surement le détour !

« Du persil, du nerprun ou du lys azurin… Il doit bien y avoir une plante qu’on peut utiliser pour faire de la peinture dans ce verdoyant royaume ! Cela dit, je vais avoir besoin d’un guide. » rajouta-t-il en faisant un clin d’œil à Merida.

Ensuite, il se mit à regarder autour de lui, à la recherche d’un éventuel moyen de transport. Son regard de saphir tomba sur son fidèle –mais plus très jeune- étalon qu’il avait déjà dételé de la roulotte. Une belle grosse bête qui n’allait pas très vite, mais qui était endurante. Le roi de la cours des miracles, avec un enthousiasme aveuglant, se préparait déjà au départ avant même que Merida ait pu protester. Il attrapa un sac en toile, bu un autre verre d’eau et remis son chapeau sur sa tête. Il valait mieux aller à la recherche de la couleur manquante avant que le soleil ne soit trop bas. Le bohémien ne connaissait pas la région et ses dangers. Il avait simplement foi en sa bonne étoile, c’est tout ! Il s’approcha de sa monture appaloosa dont il caressa l’encolure avec affection.

« Pèlerin, on va aller se dégourdir les pattes  ! »





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MessageSujet: Re: « Charivari : plus on est de fous, plus on rit ! » ▽ Clopin&Merida   Mer 15 Jan - 14:08




Clopin & Merida









Charivari : plus on est de fous, plus on rit !

Merida sourit de toutes ses dents en entendant la remarque de Clopin après qu'elle lui eût promis d'essayer d'exécuter ses directives en matière de peinture. Lui dire qu'elle possédait l'esprit d'aventure était sans doute l'un des meilleurs compliments qu'elle pouvait recevoir, à son sens, même si la reine Elinor opposerait certainement un bon nombre d'objections à cela. Après avoir choisi son pinceau et s'être retournée en direction des pots de peinture, la princesse réalisa soudainement qu'ils manquaient cruellement de couleurs ! Exprimant cette remarque à vois haute, elle observa le chef des gitans lui faire signe d'attendre tandis que, une fois de plus, il s'éloignait. Cette fois, ce fut dans une roulotte qu'il disparut, et l'archère dut se faire violence pour résister à l'envie de venir jeter un coup d’œil à l'intérieur de cette étrange habitation mobile. Elle imaginait un endroit exigu, tapissé de bois, orné de pierreries et de tissus colorés, des objets étranges pendant du plafond, et d'autres encore plus mystérieux sagement alignés sur des rangées d'étagères faites du même bois que les parois de la roulotte... Merida ne le savait pas encore, mais elle aurait l'occasion de vérifier la véracité de ses pensées quelques années plus tard, au cours de ses voyages !

▬ Hum, j’ai du jaune, du orange, mais pas de vert. C’est fâcheux. Bon ! On va faire un tour en forêt alors !

La voix du bohémien parvenait aux oreilles de la rouquine par la petite lucarne de la roulotte. Surprise par la dernière exclamation du chef des gitans, Merida ouvrit de grands yeux ronds tandis que Clopin revenait vers elle, bredouille. Elle pensait passer la journée à reconstruire un théâtre de marionnettes, et voilà que l'homme en costume bariolé décidait de partir en balade ! La demoiselle tenta de cacher de son mieux sa déception, assumant que ce revirement de situation ne l'impliquait pas dans les plans du bohémien. Cependant, ce dernier se tourna vers elle et, agrémentant ses propos d'un clin d’œil, ajouta à son attention :

▬ Du persil, du nerprun ou du lys azurin… Il doit bien y avoir une plante qu’on peut utiliser pour faire de la peinture dans ce verdoyant royaume ! Cela dit, je vais avoir besoin d’un guide.

Le gitan regardait déjà ailleurs alors que le visage de la princesse s'éclaira aussitôt. Super, une sortie dans les bois ! Angus allait être ravi, c'était certain ! Absorbée par ses pensées, Merida ne remarqua même pas que le rois de la cour des miracles préparait ses affaires pour le voyage et qu'il avait de nouveau parlé, même si la phrase en question ne lui avait pas été adressée. Lorsqu'elle revint à elle, le bohémien était auprès d'un cheval et lui caressait l'encolure. Chapeau sur la tête et sac à la main, il semblait prêt à en découdre avec la nature. La jeune rebelle l'observa sans bouger pendant quelques secondes avant de réaliser que, si Clopin était sur le point de démarrer, elle, en revanche, se trouvait loin d'être parée pour la virée sylvestre !

▬ Attends moi ! Je dois aller chercher Angus... Et mon arc ! Retrouvons nous devant les remparts !

L'insouciance caractéristique de la princesse n'en faisait pas moins une demoiselle toujours prête au combat, aussi n'attendit-elle même pas de réponse de la part de Clopin qu'elle s'engouffra en courant dans le dédale des caravanes gitanes pour rejoindre le château. Passant par les cuisines pour minimiser les risques de croiser sa mère, la demoiselle ne ralentit pas la cadence dans les couloirs sombres de sa noble demeure et s'engouffra dans sa chambre telle une tornade rousse. Attrapant son arme favorite ainsi que son carquois qui trônaient tous deux sur un fauteuil non loin de sa cheminée, la furie royale fit le chemin inverse pour finir par atteindre les écuries royales.

▬ ANGUS ! NOUS SORTONS !

Le Clydesdale à robe noire répondit par un hennissement qui mêlait joie et impatience tandis que ses sabots martelaient le sol recouvert de paille de son box. Laissant échapper un petit rire enthousiaste, Merida sauta par-dessus la porte en bois pour rejoindre son meilleur ami équin et saisit la tête du cheval entre ses mains. Fronçant le nez, elle lui sourit avant de poser son front contre le nez d'Angus avant de débloquer le loquet de la porte du box. Elle noua la sangle du carquois autour de son buste et plaça l'arc entre ses dents le temps de grimper sur le dos d'Angus, s'aidant de la longue crinière noire de l'équidé pour parvenir à ses fins. Une fois en place, la princesse prit une profonde inspiration, ravie de retrouver son fidèle ami.

▬ Nous avons rendez-vous près des remparts... Il y a quelqu'un que tu dois absolument rencontrer !

Si la princesse ne masquait pas son enthousiasme, le cheval n'exprima rien de plus que son envie de galoper entre les arbres de cette forêt que tous deux affectionnaient tant et qu'ils connaissaient par cœur. L'idée de partager une aventure avec le chef des gitans enchantait au plus haut point l'archère, elle était en effet persuadée que cette virée dans les bois leur réserverait forcément des surprises, étant donné qu'elle s'y trouverait avec un homme qui avait déjà vu et vécu des tas de choses incroyables ! Il ne fallut qu'une poignée de seconde à la demoiselle et à son fier destrier pour rallier le point de rendez-vous, les deux complices ayant emprunté des raccourcis puisque la place était occupée par les roulottes, mais ils n'avaient visiblement pas été assez rapides pour devancer Clopin et Pèlerin qui patientaient près de la porte principale.

▬ Désolée ! J'espère que vous ne nous avez pas attendus trop longtemps !

Merida adressa un sourire d'excuse au gitan mais les étincelles dans ses yeux trahissaient son impatience relative à leur départ. Aussi ne perdit-elle pas de temps à se confondre en excuses et, arrivée à la hauteur du bohémien, elle ne s'arrêta pas et se contenta de mettre Angus au pas.

▬ On y va ? Il y a une clairière qui abonde d'herbes en tout genre, pas très loin... On devrait pouvoir y trouver ce qu'il faut !

Esquissant un geste pour inviter le roi de la cour des miracles à le suivre, elle laissa Angus s'engouffrer dans la forêt, guidant à peine sa monture entre les arbres. Son esprit demeurait focalisé sur les alentours, à l'affût du moindre bruit suspect : la route jusqu'à la clairière prendrait une bonne demi-heure s'ils conservaient cette allure, peut-être tomberaient-ils sur un feu follet entre temps... Ou sur Mor'Du !



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MessageSujet: Re: « Charivari : plus on est de fous, plus on rit ! » ▽ Clopin&Merida   Dim 23 Mar - 14:57





« Charivari : plus on est de fous,
plus on rit ! »












Merida ☆ Clopin





Clopin avait un cœur d’enfant et une âme de gitan, en gros, il y avait à la fois cette pulsion d’aventure, mais ce petit côté naïf qui voyait du bien en toute chose. Pris sur un élan de curiosité, il abandonnait littéralement le chantier de son petit théâtre de marionnette entre les mains de ses sœurs et frères bohémiens pour parcourir la forêt avec une parfaite étrangère. Même si, aux yeux de Clopin, il s’agissait d’une bonne rencontre et compagnie. Le début fut un peu fracassant à cause des frères de la rouquine, mais la suite serait inévitablement plus joyeuse n’est-ce pas ? Du moins, sa proposition de balade dans la nature semblait lui faire plaisir puisqu’elle s’en fut aussitôt préparer ses affaires. Le roi de la Cours des Miracles ne pensait même pas une seconde qu’elle était partie pour le planter là s’évitant ainsi la tâche ingrate de réparation du théâtre. Non, il lui donnait le bénéfice du doute comme il le faisait toujours pour tout le monde. Même Dam- Triste Sire en avait tiré avantage pendant un temps et, au fond, Clopin espérait qu’il ne soit pas devenue aussi mauvais que le disait sa réputation.  Un si gentil garçon !

« Viel ami, prêt pour une belle aventure ? » dit-il à sa monture.

Ses doigts se perdait dans le pelage épais du cheval, vu le changement de climat et sa vie passé dehors, les poils de Pèlerin étaient devenus longs et abondants. Son maître passait des heures à le brosser avec amour, refusant qu’une si jolie bête soit présentée sous son mauvais jour et puis, il avait même un semblant de costume rappelant celui de son propriétaire quand il était attelé à la carriole. Il avait mis des grelots sur les sangles de cuire pour qu’on l’entende approcher, faisant signe au peuple qu’ils n’étaient pas une menace. L’avantage était que le bruit éloignait les bêtes sauvages, mais attirait les brigands. Ce n’était pas vraiment un danger réel, sachant que la plupart des gitans étaient des voleurs repenties. Enfin, presque. Ils savaient se défendre au moins. Cependant, il avait retiré les sangles en question, ne se doutant pas vraiment que des créatures féroces rodaient autour de l’endroit où il fera sa cueillette. Mérida avait néanmoins parlé de son arc, il ne serait pas idiot de s’armer un peu alors. Clopin avait toujours deux dagues camouflées dans ses bottes, mais mis un petit couteau à sa ceinture pour couper les herbes et éventuellement se défendre.  Il sifflotait alors qu’il mit les tapis de selle sur le dos de Pèlerin, mais eut une paresse au temps de mettre la dite selle et fini par monter à cru. C’est-à-dire, sans rien du tout sur le dos du cheval. Il était né pour le voyage et savait donc monter sans problème avec ou sans équipement. Il passa la bride sans mors sur la tête de son appaloosa et, à l’aide d’une des piles de planche de bois du chantier, il sauta sur son dos pour prendre le chemin des remparts. Il sifflotait toujours en attendant la rouquine au point de rendez-vous.

« Non du tout ! Je viens tout juste d’arriver ! » répondit-il à la princesse lorsqu’elle arriva près de lui. Il lui sourit et replaça son chapeau pour protéger ses yeux du soleil. Il fit signe à la demoiselle de prendre les devants. La clairière semblait une bonne idée. « Dans ce cas ne traînons pas ! Les dames d’abord ! » Puis, il donna un petit coup de talon à sa monture pour la mettre au pas, suivant Angus docilement. Le paysage se mis à changer. Les murs de pierres grises disparurent, remplacés par une luxuriante végétation. La forêt était dense et la température douce. Le gitan pris une bonne inspiration et expira lentement, se laissant envoûter par les alentours. « C’est un vieux royaume pas vrai ? On le sent dans l’air… Et à la taille des arbres ! » Il y en avait même qui devait être centenaire depuis longtemps et cela plaisait à Clopin. Qui dit vieux pays, dit légendes et mythes transmis de génération en génération...

La définition d’aventure était très suggestive, surtout pour Pèlerin qui y voyait surtout une occasion potentielle de se remplir la panse. Alors, le plus très jeune, mais encore énergique cheval se mis à vouloir manger les feuilles des arbres qui descendaient assez bas. Il levait la tête pour mastiquer quelques délices verts avant de relâcher la branche qu’il avait en bouche après l’avoir tiré sur quelques pas. Il ne prenait pas la peine de s’arrêter pour manger, surtout parce que son propriétaire ne le laissait pas faire. Bref, soudainement, Clopin reçu une branche de plein fouet dans le visage. Lâchant une plainte de douleur et de surprise, il ne tomba pas sur le sol, mais fut déstabilisé et s’accrocha tel un koala à l’encolure de son cheval. Il se frotta la joue qui rougissait avant d’éclater de rire.

« Mère-Nature me souhaite la bienvenue on dirait ! »






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MessageSujet: Re: « Charivari : plus on est de fous, plus on rit ! » ▽ Clopin&Merida   Mer 2 Avr - 17:20




Clopin & Merida









Charivari : plus on est de fous, plus on rit !

Ce fut à un Clopin sifflotant monté sur un bon gros cheval à l'air sympathique que Merida eut affaire en ralliant l'entrée principale du fort. Inquiète quant au temps qu'elle avait mis à le rejoindre, elle avait demandé sur un ton anxieux si elle n'avait pas trop fait attendre le gitan mais ce dernier rassura ses craintes grâce au ton chaleureux de sa réponse et à un grand sourire. Prenant la tête du cortège, elle glissa l'idée de la clairière dans la conversation comme étant la destination susceptible de leur fournir les ingrédients demandés par le bohémien même si la jeune princesse ne pouvait pas vraiment l'attester puisqu'elle ne prêtait jamais grande attention aux plantes hormis pour différencier les comestibles des poisons...

▬ Dans ce cas ne traînons pas ! Les dames d’abord !

Le cheval du gitan répondit sans peine à l'ordre de son cavalier et Merida remarqua que l'animal s'adaptait parfaitement à l'allure d'Angus. D'ailleurs, son cher ami équin avait témoigné sa curiosité à l'égard de l'apaloosa car, sans s'arrêter pour autant, il avait tourné la tête pour lancer des regards en arrière, et la rouquine savait bien que ces derniers étaient plus destinés à la monture du bohémien qu'à l'homme au costume bariolé lui-même. Cependant, lorsqu'Angus put constater la voracité de son compagnon de route, son attention s'en détourna pour se concentrer de nouveau sur la route. Cela fit sourire la princesse, elle qui connaissait son cheval par cœur et qui connaissait sa gourmandise naturelle... Alors comme ça le Clydesdale voulait frimer ! Flattant amicalement son encolure, l'archère glissa quelques mots à l'oreille d'Angus pour l'encourager à se montrer un peu plus sociable lorsqu'ils atteindraient leur destination.

▬ C’est un vieux royaume pas vrai ? On le sent dans l’air… Et à la taille des arbres !

Merida poussa un long soupir à l'évocation de l'âge de son royaume, l'ancienneté de ses futures terres et les nombreuses traditions qui leur étaient attachées lui étaient sans cesse rappelées par la reine Elinor dans ses vaines tentatives de sensibiliser la rouquine au poids des responsabilités qui lui incomberaient à l'avenir. Elle avait bien compris que Clopin ne voulait pas exprimer les mêmes choses que sa mère avec ce discours, cependant, et elle tourna la tête vers l'arrière pour pouvoir répondre à son interlocuteur sans paraître grossière et sans avoir besoin de trop crier pour se faire entendre.

▬ Oh oui, ces terres ont un lourd passé... Et cette forêt est réputée pour abriter de nombreux esprits et créatures des temps anciens !

Son enthousiasme s'était fait ressentir dans la seconde partie de son discours car, pour elle qui croyait en toute forme de magie, n'en déplaise à son père, il n'y avait rien de plus merveilleux que de risquer à tout moment de tomber nez-à-nez avec un être fantastique... Elle en avait fait l'expérience alors qu'elle était encore une petite fille en croisant la route d'un feu follet, juste avant que le roi Fergus ne se fasse avaler la jambe par cet grosse brute de Mor'Du ! À y bien réfléchir, d'ailleurs, le gigantesque ours était lui aussi issu des temps anciens, sa légende circulant au château depuis de longues années, mais ses apparitions n'étaient pas aussi fréquentes que la princesse l'aurait souhaité, elle qui nourrissait l'espoir fou de réussir à occire la bête là où son père avait échoué.

▬ Mère-Nature me souhaite la bienvenue on dirait !

Le claquement semblable à celui d'un fouet et le rire du bohémien assortis à cette exclamation de la part du chef des gitans fit sortir Merida de ses pensées, et quelle ne fut pas sa surprise en retrouvant le roi de la cour des miracles pendu à l'encolure de sa monture ! Fixant d'un air hébété la scène pendant quelques secondes, la princesse finit par joindre son rire à celui de son compagnon du jour avant de lui demander ce qu'il s'était passé :

▬ Les farfadets t'auraient-ils joué un mauvais tour ?

Le ton enjoué de la demoiselle attira l'attention d'Angus qui s'arrêta net pour observer la scène. En profitant pour faire demi-tour sur la croupe de son meilleur ami, Merida lui asséna une petite tape sur les fesses avant de reprendre, en riant :

▬ Hé monsieur le curieux, on est encore loin, ne t'arrête pas ! À la clairière, mon gros !

Après avoir poussé un petit hennissement de contestation, le Clydesdale reprit son pas chaloupé et, cette fois, il semblait assez vexé pour ne plus prêter la moindre attention au gitan et à la princesse pendant un long moment. Merida observait la position de voyage pour le moins curieuse du gitan alors qu'elle-même se trouvait assise à l'envers sur son cheval et laissa son regard se promener sur leur environnement boisé. Il faisait vraiment beau et cette promenade était particulièrement agréable.

▬ Donc... Cela fait longtemps que tu fais des spectacles de marionnettes ?

Puisqu'elle allait passer une très grosse partie de la journée avec Clopin, autant en profiter pour en savoir plus sur la vie des gitans, sur ce qu'ils avaient pu voir, ce qu'ils avaient pu vivre, d'où ils venaient, où ils allaient... Tant de questions qui brûlaient les lèvres de la princesse et qui titillaient son imagination : si seulement elle pouvait partir sur les routes, elle aussi, voir leur monde et se libérer des conventions de la royauté ! Elle divaguait tellement, bercée par le mouvement d'Angus, qu'elle ne redescendit sur terre uniquement au moment où son fidèle destrier se stoppa net dans leur procession. Tournant la tête pour regarder dans même direction que son cheval, elle laissa échapper un petit cri de surprise.

▬ Oh, mais ! On est déjà arrivés !

Pivotant encore une fois pour adresser un grand sourire à Clopin, elle sauta à terre et poussa doucement Angus sur le côté pour déboucher la vue. Si le cheval renifla les cheveux en bataille de la rouquine pour exprimer son mécontentement, il ne se borna pas et fit quelques pas sur le côté pour aller brouter dans un coin de la clairière. Baignant dans la lumière éclatante du soleil, la petite plaine regorgeait de couleurs et de parfums grâce aux différentes variétés de fleurs dont les boutons avaient éclos dans la matinée. Le décor était idyllique et, en vue du nombre conséquent de plantes en tout genre, semblait tout à fait capable de fournir au bohémien ce pour quoi il s'était engagé dans la forêt aux côtés de la jeune héritière.



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MessageSujet: Re: « Charivari : plus on est de fous, plus on rit ! » ▽ Clopin&Merida   Ven 4 Avr - 17:26





« Charivari : plus on est de fous,
plus on rit ! »












Merida ☆ Clopin





La balade se déroulait bien au début. Clopin était assis bien droit sur sa monture un peu enrobé dont le pas régulier restait relativement lent. Surtout que le cheval planifiait plus qu’une activité de marche, mais bien un pique-nique à ciel ouvert ! Bref, après une bouchée de succulentes feuilles vertes, une branche flexible et souple vint gifler la joue du pauvre bohémien. Aillant perdu l’équilibre, Clopin pendait au cou de son destrier comme un paresseux à sa branche, mais au lieu de maudire le canasson, il riait plutôt de la situation. Avec son costume bariolé, le jeune homme avait vraiment l’air d’un clown et faire des pitreries était loin de lui attirer de la honte. Pourquoi être gêné de ce qui nous faisait sourire ? Il fut content que Merida se joigne à lui pour rire. L’agile gitan se balança de gauche à droite jusqu’au moment où il eut assez d’élan pour se redresser. Pour faciliter sa tâche, comme si Pèlerin avait lu dans ses pensées, la bête s’était arrêtée pour que son maître remonte sur son dos. S’assurant que son chapeau mauve se trouvait toujours sur sa tête, le marionnettiste repris ensuite les guides entre ses doigts.

« Les farfadets ou l’appétit féroce d’un cheval, je ne sais pas ce qui est mieux ! »

Clopin croyait dur comme fer à la magie et aux créatures légendaires, même s’il n’en avait pas croisé beaucoup au cours de son existence. Il aurait aimé voir un farfadet ! Parfois, il se demandait si les légendes n’étaient pas plus belles dans sa tête, car la réalité se montrait parfois décevante. Bref, ce n’était qu’une raison de plus pour cultiver son imagination à son avis. Tout le monde avait le droit de rêver ! D’ailleurs, l’ambiance de cette forêt avait le don de réveiller en lui sa curiosité d’enfant. Clopin avait laissé son masque au campement, on pouvait donc voir ses yeux s’écarquiller et briller de plaisir devant la hauteur vertigineuse des arbres ainsi que la variété impressionnante de plante qu’il ne connaissait pas. Il sourit à la princesse qui s’était assise à l’envers sur son Clydesdalel pour le regarder.

« Plusieurs années en effet. Je n’ai pas tenu le compte, mais ça doit bien faire…» Le bohémien fit mine de réfléchir et lâcha les rênes de son cheval qui suivait de toute façon son compagnon poilu à l’avant. Il se mit à compter sur ses doigts, les yeux dans le vide en marmonnant des chiffres dans sa barbichette. «  Environ douze ans! J’ai commencé très jeune à divertir les foules. » finit-il par déclarer. Dès que sa profession de voleur fut achevée ainsi que son séjour chez Gepetto le menuisier, la création de la Cours des Miracles ainsi que de sa carrière de marionnettiste s’étaient construites en parallèle. Soudain, les arbres s’espacèrent pour laisser apparaître une magnifique clairière. Le sourire de Clopin devint si grand qu’il en eut mal aux joues. Le parfum des différentes fleurs vint lui chatouiller les narines et le gitan pris une grande inspiration presque théâtrale.

« C’est parfait ! »

Il posa pied à terre et enleva son sac de toile de ses épaules pour le traîner dans ses mains. Il prit les guides et attacha son cheval à l’arbre le plus proche. Il n’avait pas peur que Pèlerin se sauve, mais ne connaissant pas la région, il ne voulait pas prendre le risque. De toute façon, il avait assez de marge pour aller brouter l’herbe sous ses pieds en attendant. Tout en marchant doucement dans la plaine avec le regard rivé vers le sol, il se répéta mentalement la liste des plantes qui pouvaient servir à faire une teinture verte. Du persil, du nerprun ou du lys azurin. Du persil, du nerprun ou du lys azurin. Du persil, du nerprun ou du lys azurin… Mais oh la jolie marguerite ! Le bohémien en cueillit une poignée et ses mains expérimentées se mirent au travail. Il releva la tête vers la jolie rousse pour continuer leur conversation.

« Pendant notre cueillette, parlez-moi des légendes qui hantent ces lieux ! Je meurs d’envie d’en savoir plus ! Des mystères, des secrets, de la magie… J’en frisonne de plaisir juste à l’idée de posséder de nouvelles histoires à raconter ! » dit-il en s’approchant de la jeune femme. Avec un sourire bienveillant, le gitan ouvrit les doigts pour montrer le collier de fleurs qu’il avait fait en quelques minutes. Le beau brun le passa autour du cou de la jeune femme. Il était dur de dire si Clopin était un charmeur ou s’il aimait simplement que les gens se sentent bien autour de lui.

« Un simple regard posé sur une fleur et voilà une journée remplie de bonheur! » cita-t-il avec éloquence.






« Tout est sens dessus dessous, quelle folie ! »


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MessageSujet: Re: « Charivari : plus on est de fous, plus on rit ! » ▽ Clopin&Merida   Jeu 24 Avr - 16:49




Clopin & Merida









Charivari : plus on est de fous, plus on rit !

Tout comme la princesse, Clopin arborait un sourire si grand qu'il aurait pu séparer son visage en deux parties distinctes. La clairière était magnifique à cette époque de l'année, et le temps clément ne faisait que souligner un peu plus l'aspect féérique des lieux.

▬ C’est parfait !

L'approbation du bohémien fut un soulagement pour Merida, il ne leur restait plus qu'à mettre la main sur les plantes désirées... La demoiselle attendit que son compagnon du jour descende de cheval et attache sa monture avant de s'avancer un peu plus dans la clairière. Du coin de l’œil, elle vit Angus rejoindre Pèlerin. Le Clydesdale était d'une nature curieuse et la rouquine n'était pas surprise du tout de voir son ami à quatre pattes profiter de l'éloignement des humains pour se sociabiliser avec le cheval du gitan. Reportant son attention sur ce dernier, l'héritière du royaume se sentait particulièrement fière de son idée de destination en voyant à quel point Clopin avait l'air ravi. Il n'y avait pas de meilleur moyen de démarrer une amitié, même après le désastre que les triplés avaient engendré avec le théâtre de marionnettes ! L'archère plaça ses poings sur sa taille, se donnant un air déterminé, et fit un tour sur elle-même en scrutant la clairière. Elle ne se l'avouait pas, mais elle demeurait secrètement à l'affut d'un quelconque signe de magie...

▬ Pendant notre cueillette, parlez-moi des légendes qui hantent ces lieux ! Je meurs d’envie d’en savoir plus ! Des mystères, des secrets, de la magie… J’en frisonne de plaisir juste à l’idée de posséder de nouvelles histoires à raconter !

Tout en formulant sa requête, le bohémien vint enfiler un collier de marguerites autour du cou de la princesse. La rouquine resta immobile quelques instants, légèrement gênée, mais le sourire bienveillant de son interlocuteur la rassura rapidement et dégagea son épaisse crinière de sa nuque pour laisser plus de liberté au sautoir de fleurs.

▬ Eh bien, le royaume ne manque pas de légendes, c'est vrai... Par exemple, la gouvernante de mes frères m'a dit que cette clairière était autrefois une marre où les lutins s'amusaient à piéger les hommes... Oh, il y a beaucoup de créatures dans ces bois ! Moi-même, il y a quelques années, j'ai vu un véritable feu follet ! Et, évidemment, il y a aussi Mor'Du...

À l'évocation du nom de l'ours, Merida poussa un long soupir. En voilà un qui méritait une bonne leçon, cet ours de malheur ! Il était l'une des raisons qui poussait la princesse à toujours repousser ses limites en matière de tir à l'arc et d'endurance, elle rêvait de se débarrasser elle-même du monstre qui avait délesté le roi de l'un de ses jambes ! Mor'Du était tellement connu et redouté dans le royaume que, pas un instant, la rouquine pensa au fait que le gitan pouvait ne jamais avoir entendu parler de l'animal, preuve que la jeune fille avait cruellement besoin de partir à l'aventure : les frontières de son esprits pouvaient être si étriquées à propos de certains sujets ! La princesse rebelle reporta son attention sur le collier de marguerites et porta une main à l'objet autour de son cou, ses doigts en caressant précautionneusement les doux pétales.

▬ Un simple regard posé sur une fleur et voilà une journée remplie de bonheur !

Merida laissa échapper un rire cristallin à l'écoute de cette citation animée et chassa de son esprit son désir de vengeance. Un essaim d'oiseau passa au dessus de la clairière en piaillant et le soleil diffusait une douce chaleur que les arbres de la forêt ne parvenait pas à étouffer avec leur ombre.

▬ Un de nos villages se situe en bord de mer et, une fois, un marin a dit avoir vu une sirène près des falaises ! J'aimerais bien en rencontrer une... Tu en as déjà vu, toi ?

La princesse ne pouvait pas raconter toutes les légendes et traces de magie qui survenaient dans son royaume, la journée n'était pas assez longue pour ça... En effet, pour le plus grand plaisir de la rouquine, les terres de ses ancêtres étaient parmi les plus marquées de magie de tout le monde des contes ! Il y en avait un, cependant, que cela n'enchantait pas particulièrement : le roi Fergus ne croyait pas à tout cela et Merida avait appris depuis longtemps à ne pas évoquer le sujet en présence de son père. Curieusement, la reine Elinor était beaucoup plus ouverte sur le sujet, elle qui était si rigide en matière de discipline et de règlement... Il n'y avait pas à dire, la famille de l'héritière était bien particulière !

Absorbée par ses pensées, la demoiselle déambulait dans la clairière en gardant les yeux soigneusement rivés au sol. Elle chantonnait la vieille comptine que la reine lui avait apprise dans son enfance et s'interrogeait sur la nature de toutes les plantes vertes qui entraient dans son champs de vision, dérangeant le bohémien toutes les trente secondes pour lui demander si tel ou tel végétal conviendrait pour la confection de sa peinture. Au final, elle demanda à Clopin de lui décrire les trois plantes qu'ils cherchaient et elle put se remettre à une fouille efficace à partir de ce moment. De temps en temps, elle jetait un œil en direction des chevaux. Angus demeurait auprès de Pèlerin, ce qui devait vouloir dire que la monture du roi de la cour des miracles avait accepté sa compagnie... Observant les deux compères brouter, elle écarquilla subitement les yeux.

▬ Hé, mais...

La rouquine se mit à courir à travers la clairière et arriva toute essoufflée au niveau des chevaux. Poussant le derrière d'Angus pour se frayer un passage jusqu'au buisson que ce goulu était en train d'engloutir, elle cassa une petite branche du végétal et l'agita en l'air à la manière d'un drapeau en direction de Clopin pour attirer son attention.

▬ Je crois que j'ai trouvé !

Et dire qu'Angus avait failli faire disparaître l'ingrédient principal de la future peinture ! Une fois confirmation faite qu'il s'agissait bien du précieux nerprun, la princesse entreprit de cueillir les feuilles du buisson pour constituer un petit tas suffisant à la confection de la peinture verte, même si elle ignorait la quantité de nerprun requise pour cette opération, tout en maintenant un Angus apparemment affamé à distance du végétal. Il ne pouvait pas aller brouter un autre buisson, décidément !



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MessageSujet: Re: « Charivari : plus on est de fous, plus on rit ! » ▽ Clopin&Merida   Lun 5 Mai - 19:54





« Charivari : plus on est de fous,
plus on rit ! »












Merida ☆ Clopin





Les rayons du soleil jouaient à travers le feuillage des arbres qui était secoué d’une agréable brise. Le parfum des fleurs et l’odeur de la mousse caractérisant les vieilles forets flottaient dans l’air et le bohémien ferma les yeux de délice un instant. Il levait le visage vers la lumière du jour et un sourire serein gagnait ses lèvres. C’était cela la liberté! Profiter de la beauté du monde sans contrainte et ne pas se soucier d’autres choses que sa capacité à faire des colliers de fleurs, le bonheur quoi ! Il partageait ce moment éphémère de joie avec la jolie rousse à côté de lui et il espérait qu’elle prenait autant plaisir que lui à leur petite escapade. Sans doute était-ce son enthousiaste devant tant de splendeur qui lui avait inspiré sa citation des fleurs. Le rouge de la gifle de Mère Nature commençait à disparaître de sa joue et la douleur n’était plus qu’un lointain souvenir. De toute façon,  Clopin avait connu bien pire comme blessure! Ses cicatrices le prouvaient bien même si elles étaient toutes habillement camouflées sous son habit de scène. D’ailleurs, lorsqu’il se pencha pour se saisir d’autres fleurs - violettes cette fois - un léger tintement de grelot accompagnait ses gestes. Tout en écoutant Merida lui parler de son pays, il se mit à la tâche. Ses doigts habiles entreprirent de tresser une couronne de fleurs et tordant, ondulant et mêlant les tiges des végétaux. Ils reprirent leur quête de la couleur verte en marchant dans les grandes herbes tout en discutant. Clopin se contentait de faire non de la tête si la princesse lui ramenait une plante qui ne convenait pas.

« Des lutins ? Fascinant ! Non, je n’ai jamais vu de sirènes… Sauf peut-être en rêve… » lança-t-il après son récit.

Les yeux du gitan pétillaient de plaisir comme un gamin à qui on racontait la plus fabuleuse des histoires. Les sirènes l’avaient toujours fasciné, mais il n’en avait vu que des images dans les livres. Qui aurait cru que dans une autre vie, il tomberait amoureux d’une créature marine ! Il lançait un regard circulaire à la plaine plein de fleurs et de papillons qui voletaient tranquillement. C’était presque magique comme endroit ! Un lieu parfait pour faire la sieste si on n’avait pas peur que des farfadets viennent vous chatouillez le nez où vous dérobez vos effets personnels.


« Je t’envi beaucoup tu sais ! Voir un feu follet ce n’est pas donné à tout le monde et c’est signe que tu as une grande destinée devant toi ma mignonne ! » dit-il en retirant son chapeau d’une main pour faire une parodie de révérence devant Merida en riant, comme s’il venait de rencontrer la plus grande des héroïnes...

D’un autre côté, il avait fini les deux couronnes de fleurs faites pour Pèlerin et Angus. Ils allaient surement essayer de les manger quelques fois sans comprendre pourquoi ce drôle d’homme mettait de la nourriture sur leurs têtes, mais cela pourrait être drôle à voir… Soudain, il entendit la demoiselle s’élancer au pas de course vers les chevaux et brandir du nerprun vers lui. Le bohémien sourit et confirma qu’elle avait bel et bien trouvé l’ingrédient manquant. Il s’approcha pour arriver à sa hauteur et déposa les couronnes de fleurs sur la tête des deux chevaux d’un air victorieux. Si Pèlerin ne bronchait pas d’un pouce, la monture de la princesse essayait de faire tomber le petit déjeuner qui ornait ses oreilles poilues.


« Bravo ! On en a assez je crois ! De toute façon, on ferait mieux de revenir avant que le soleil ne se couche… »

Doucement,  il prit le monticule de feuilles que la jeune femme avait ramassé pour lui et le mis dans son sac de toile. Le marionnettiste la remercia, puis détacha son appaloosa et grimpa sur son dos. Avec un léger coup de talon, il fit avancer son cheval qui n’en avait visible rien à faire des fleurs sur sa tête. Il laissa la rouquine le guider pour le chemin du retour, même si son sens de l’orientation lui aurait permis de revenir tout seul. Il regardait le décor autour de lui en repensant à ce que la rousse lui avait raconté un peu plus tôt. Par contre, un élément de son récit lui échappait. Mor’du avait l’air d’être une véritable plaie pour que la rouquine semble si découragée à la simple mention de son nom. Ils avaient déjà changé de sujet, mais sa curiosité l’emportait. Légende ou pas légende, s’il y avait une quelconque menace dans le royaume du Roi Fergus, il préférait être au courant. La sécurité des siens dépendait de beaucoup de chose ; s’assurer d’avoir des vivres et un toit pour dormir, mais également de jouer avec les rumeurs et les non-dits de la populace pour savoir si une catastrophe risquait de s’abattre sur les sans-papiers.

« Qui est Mor’du ? »






« Tout est sens dessus dessous, quelle folie ! »


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MessageSujet: Re: « Charivari : plus on est de fous, plus on rit ! » ▽ Clopin&Merida   Mer 25 Juin - 19:34




Clopin & Merida









Charivari : plus on est de fous, plus on rit !

Merida profitait pleinement de cette journée hors du commun. Elle avait toujours été une demoiselle débordante de vie et il semblait que l'existence lui rendait bien cet enthousiasme car rares étaient les fois où ses journées de cavalcades ne lui réservaient pas des surprises et des aventures ! Bien sûr, ce à quoi la princesse aspirait était un tout autre genre d'expédition, quelque chose à plus grande échelle qui lui permettrait de parcourir les royaumes et de rencontrer des tas de gens et de créatures... Mais, pour le moment, la rouquine était bien loin de se douter qu'elle parviendrait à braver l'interdit de sa mère pour réaliser ce rêve ! Non, en cet instant, il ne s'agissait que de souhaits, de fabuleux rêves qu'aucune perspective de mariage forcé ne pouvait concrétiser. Tandis qu'elle échangeait les anecdotes de leurs vies avec Clopin, ils en vinrent à parler de magie, un sujet qui tenait particulièrement à cœur à l'archère, aussi cette dernière se transforma en moulin à paroles et le gitan fut assez patient et gentil pour l'écouter.

▬ Je t’envie beaucoup, tu sais ! Voir un feu follet ce n’est pas donné à tout le monde et c’est signe que tu as une grande destinée devant toi ma mignonne !

Merida rit en chœur avec le bohémien en observant sa révérence mais, au plus profond d'elle-même, elle chérissait cette prophétie, espérant de tout son être que les esprits avaient entendu Clopin et qu'ils exauceraient son vœu de liberté ! L'heure n'était pas à la prière, cependant, et la demoiselle reprit ses recherches végétales jusqu'à ce qu'elle finisse par découvrir l'ingrédient tant désiré entre les dents d'Angus. Fière d'elle, elle observa le roi de la cour des miracles tandis qu'il rejoignait le petit groupe qu'elle formait avec les chevaux et éclata de rire devant la mine de glouton au supplice que tira son fidèle destrier lorsque le gitan posa la couronne de fleurs sur sa tête.

▬ Bravo ! On en a assez je crois ! De toute façon, on ferait mieux de revenir avant que le soleil ne se couche…

Acquiesçant les dires du marionnettiste, la rouquine aida ce dernier à remplir son sac de nerprun et sauta sur le dos d'Angus, ce qui fit hennir le clydesdale. Tandis que Clopin détachait son cheval et montait dessus, la rouquine se pencha sur l'encolure de son meilleur ami et lui parla d'un ton amusé :

▬ Alors, gros glouton, tu veux dévorer ton cadeau ?

C'était, en effet, ce que le cheval avait en tête, et ses mouvements de crinière ne signifiaient qu'une chose : il voulait faire tomber cette couronne à tout prix ! Gloussant discrètement, la princesse poussa un long soupir et, sentant que le cheval n'aurait de répit qu'au moment où les fleurs se trouveraient dans sa bouche, elle décrocha l'ornement de ses oreilles poilues et lui tendit. Elle avait profité du fait que le gitan ne regardait pas pour ce faire, ne souhaitant pas avouer son implication dans la destruction de son œuvre florale, et elle chuchota à Angus de ne rien dire sous peine d'être privé de sucre une fois de retour aux écuries. Le clydesdale se montra irréprochable et reprit les devants sur le chemin du retour comme s'il n'avait pas été en train de se démener pour manger la couronne de fleurs quelques secondes auparavant.

Le début de la route se fit dans le calme, le silence de la forêt uniquement perturbé par le bruit des sabots des chevaux sur le sol. Merida ne se formalisait pas de cette absence de conversation, elle avait l'habitude de parcourir les bois seule avec Angus et, par conséquent, elle ne parlait presque jamais lorsqu'elle se retrouvait dans cette configuration, laissant plutôt libre cours à ses pensées, toute son attention tournée vers ses rêveries diurnes.

▬ Qui est Mor’du ?

Ayant oublié qu'elle avait évoqué le monstre un peu plus tôt, cette question prit la rouquine au dépourvu. Cette évocation du grand ennemi de sa famille et du royaume tout entier lui fit froncer le nez de manière dédaigneuse avant qu'elle ne reprenne contenance, et ce fut pourquoi la demoiselle mit quelques secondes avant de répondre.

▬ Mor'Du ? C'est la pire créature qui puisse exister !

La princesse n'avait pas du tout l'impression d'exagérer la réalité en parlant de la sorte. En effet, malgré le ton mystique qu'elle adoptait, elle ne faisait qu'énoncer la nature de l'ours telle qu'elle la voyait. Elle n'avait rencontré la bête qu'une fois, alors qu'elle n'était qu'une enfant, mais le souvenir de ce jour demeurait intact dans son esprit, sans parler des conséquences que cela avait entraîné pour le roi et le royaume...

▬ Je l'ai rencontré le même jour que le feu follet dont je t'ai parlé tout à l'heure... C'est un ours, en fait. Un ours gigantesque et terrifiant ! Il a bien failli me dévorer, ce jour-là, si mon père n'était pas intervenu...

La princesse poussa un long soupir. Il y avait des jours où elle ne pouvait pas s'empêcher de se sentir responsable pour l'infirmité du roi Fergus. Bien sûr, personne ne lui reprochait l'accident, bien au contraire, si elle exprimait ces remords à quelqu'un, on s'empressait de la décharger de sa culpabilité ! Cependant, son père n'avait pas réussi à tuer l'ours et son ombre planait toujours au-dessus de leur tête ! Inconsciemment, c'était aussi pour se faire pardonner que la princesse tenait tant à terrasser la bête elle-même. Réalisant l'ambiance refroidie que cette conversation engendrait, la demoiselle s'efforça de retrouver sa joie de vivre habituelle et, après avoir ramené une longue mèche de cheveux de son épaisse crinière en arrière, elle afficha un grand sourire avant de reprendre la parole :

▬ C'est une vieille histoire ! En tout cas, cela fait des années que l'on n'a plus recroisé la vieille face amochée de Mor'Du donc nous ne craignons rien aujourd'hui !

Elle accompagna sa déclaration d'un rire cristallin mais n'eut cependant pas le temps de faire bifurquer le sujet de la conversation car, alors qu'elle s'était retournée face à la route, elle remarqua les tours de pierre à distance.

▬ Oh ! On est déjà arrivés !

Le trajet avait semblé beaucoup plus rapide à la princesse qu'à l'aller, mais peut-être était-ce simplement du au fait qu'ils avaient passé un plus long moment à rêvasser plutôt qu'à bavarder en route, ou bien Angus avait-il accéléré le pas pour s'assurer d'obtenir son sucre dans les plus brefs délais... Quoi qu'il en fût, Merida lança un regard emplit de tendresse en direction du château au fur et à mesure qu'ils s'approchaient. Un pincement au cœur se fit ressentir, cependant, lorsqu'elle constata que le jour décroissait rapidement et qu'il serait bientôt temps de dire au revoir à Clopin. Elle ne lui avait toujours pas dit qu'elle était la princesse et qu'elle ne serait certainement pas autorisée à retourner l'aider le lendemain pour le théâtre. Cette pensée lui fit faire une grimace et, tandis que les chevaux passaient les grandes portes de la forteresse, elle se tourna de nouveau vers le bohémien.

▬ Je suis désolée que la virée en forêt ait duré aussi longtemps, ton théâtre...

L'archère n'eut pas le temps d'achever sa phrase que, du haut d'une fenêtre du château, la silhouette de la nourrice des triplés, Maud, se dessina. Cette dernière repéra la chevelure flamboyante de la demoiselle et s'écria du haut de son perchoir :

▬ Vous voilà enfin ! Votre mère vous a fait demander depuis déjà plus d'une heure !

Merida esquissa une grimace encore plus douloureuse que l'évocation de Mor'Du avait provoquée à la pensée du sermon qui l'attendait... Poussant un profond soupir, elle fit un signe de la main à l'attention de Maud pour lui confirmer qu'elle avait bien compris et la nourrice disparut dans l'enceinte des murs de pierre aussi rapidement qu'elle était apparue. Déjà, un palefrenier accourait au-devant de la princesse pour prendre Angus en charge, une tâche que l'archère aurait préféré effectuer elle-même... Mettant pied à terre, elle murmura à l'oreille du cheval qu'elle irait lui rendre visite plus tard dans la soirée et fit promettre au palefrenier de ne pas oublier le sucre que le clydesdale attendait tant. Il ne lui restait plus qu'à souhaiter une bonne soirée au gitan et à s'excuser une fois de plus !

▬ Je dois y aller... Pardon de ne pas pouvoir t'aider d'avantage ! Ma mère ne supporte pas mes retards...

Elle avait prononcé cette denrière phrase sur un ton exaspéré, comme s'il y avait quelque chose d'anormal à voir une mère paniquer lorsqu'elle ignorait où était passé son enfant, d'autant plus quand la demoiselle disparue n'était autre que l'héritière du royaume... Esquissant un sourire navré, elle renouvela ses excuses auprès du roi de la cour des miracles et tous deux se séparèrent dans la cour après une franche poignée de main qui témoignait le plaisir que Merida avait eu à rencontrer Clopin. Elle s'élanca par la suite en direction du château et, après un dernier signe de main sur le pas de la porte, s'engouffra dans les méandres de pierre qui constituaient sa maison.



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MessageSujet: Re: « Charivari : plus on est de fous, plus on rit ! » ▽ Clopin&Merida   Lun 14 Juil - 22:33





« Charivari : plus on est de fous,
plus on rit ! »












Merida ☆ Clopin





La journée tirait à sa fin comme le démontrait la lumière du soleil qui s’éclipsait doucement derrière la cime des arbres. Le bohémien pris une profonde inspiration de cet air pure remplit des odeurs d’une végétation riche et luxuriante. Il essayait de garder cet instant gravé dans sa mémoire, histoire de ne pas oublier de sitôt cette petite aventure où des petits diables avaient mis en pièce son théâtre ainsi que l’apparition d’une jeune femme venue à sa rescousse. Alors qu’il appréciait les derniers rayons du soleil qui dansaient dans la chevelure de flamme de sa compagne de promenade, Clopin souriait devant la simplicité sous laquelle le bonheur pouvait prendre forme. Cette fois, sur le chemin du retour, le marionnettiste pris bien garde aux branches basses des arbres et surveilla sa monture qui ne pensait encore qu’à se remplir la panse. Pèlerin avançait gaiement, se doutant surement qu’au bout du chemin se trouvait son souper. La couronne de fleurs violettes se dandinait à chaque mouvement de la tête du cheval. Il avait fier allure avec les tresses que lui avaient fait les enfants sur la place du marché. De toute façon, en échange d’une carotte, l’appaloosa était prêt à tout.

La curiosité de Clopin était plus forte que son admiration pour le décor et il finit par poser la question fatidique : Qui était Mor’du ? Tout excité devant la possibilité d’allonger la longue liste de conte qu’il connaissait, le voyageur tendit l’oreille et s’abandonna au récit que lui racontait la rouquine. On aurait dit le début d’un conte d’épouvante, le genre qu’on raconte autour d’un bon feu et durant lequel on attend d’avoir l’attention du public pour faire signe à notre complice de sortir de sa cachette en hurlant pour terroriser la foule. La bête en question, un grand ours défiant les lois de la nature de par sa taille, semblait très agressif et pouvait facilement arracher les membres d’un homme adulte. De quoi faire trembler le commun des mortels et inquiéter le roi de la Cours des Miracles en ce qui concerne la sécurité des siens. Cependant, Merida précisa que personne n’avait aperçu le monstre depuis des années et le brun soupira de soulagement.


« Il vaut mieux en effet que nous ne tombions pas sur cet ours ! J’ai beau adorer les légendes, certaines sont mieux de rester où elles sont, c’est-à-dire, dans les livres ou dans la tête des vieillards nostalgiques. »

Les remparts de la forteresse de pierre apparurent rapidement à l’horizon. Si la balade dans les bois tirait à sa fin, il restait bien du travail au bohémien qui n’avait que la structure de son théâtre de mise en place. Maintenant qu’il était en possession du nerprun, il allait pouvoir les écraser et ajouter quelques ingrédients pour en faire une pâte. Dans une autre vie, on pourrait dire que les gitans étaient très écologiques, mais ce mot n’avait aucun sens ici alors que l’environnement n’était pas en danger. Ce peuple libre ne gaspillait jamais rien et fabriquait la plupart de leur possession qu’ils avaient rarement en trop. Le marionnettiste regardait le château sans comprendre l’attrait des riches de toujours en construisent des plus gros. Selon lui, ce genre de demeure avait trop de courant d’air qui n’apportait rien d’autres que la poussière. Aucun effluve venant de la terre, aucune odeur salée de la mer, seulement du vide et des vases remplis de néant pour faire joli. À quoi bon s’encombrer de plusieurs vases si on ne mettait rien dedans ? Pffff ! Et après c’est Clopin qu’on traitait de fou et d’excentrique… C’est alors qu’une silhouette potelée apparue à l’une des fenêtres du palais royal, interpellant son amie. Ça et le palefrenier qui accouru pour prendre en charge la monture de la jeune femme fini par mettre la puce à l’oreille du gitan. P-Merida prenait tout son sens !

« Ne t’en fais pas, tu m’as été très utile aujourd’hui ! Je te remercie de ton aide… Princesse Merida. » rajouta-t-il avec un grand sourire et un clin d’œil malicieux. Il ne lui en voulait pas d’être de sang noble ou de lui avoir caché, les hommes étaient tous égaux pour Clopin et puis, il ne lui avait pas posé la question alors pourquoi se serait-elle embarrassée d’un titre royale lors de leur présentation ? Non, le bohémien appréciait Merida. Tout simplement Merida.

« Reviens me voir aussi souvent que tu le souhaites, mon théâtre est aussi un peu le tien depuis que tu as mis de l’effort dans sa reconstruction. » rajouta-t-il en soulevant son chapeau de sa tête en signe de salutation. Il donna des petits coups de talon et son cheval et pris la direction du campement des gitans. Quand il posa pied à terre et qu’il libéra sa monture pour la soirée, il eut la bonne surprise de voir que ses frères et sœurs avaient terminé son théâtre en son absence hormis la peinture évidement. En souriant, le bohémien monta dans sa roulotte, attrapa une feuille de papier, et se mis à dessiner ce qui deviendrait une marionnette d’une jolie cavalière rousse avec un collier de fleur autour du cou…






« Tout est sens dessus dessous, quelle folie ! »


© Méphi.


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