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L'histoire se déroule en Octobre 2013.

« Tant qu'il y a assez de place pour stocker les guimauves, tout va bien. »
par Valentine Bellamy dans You gave up the fight, you left me behind


Charming ೨ Henry ೨ Ruby ೨ August

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 Captivité ... [Crochet & Lyana]

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MessageSujet: Captivité ... [Crochet & Lyana]   Sam 1 Sep - 0:14
Crochet & Lyana



Les jambes repliées contre sa poitrine et ses bras enserrant ses genoux, Lyana observait les planches de bois qui constituaient le sol, le regard vide. Les fins heureuses ne semblaient pas lui être destinées. Elle qui s'était jugée si chanceuse d'avoir enfin trouver l'amour, elle qui avait vécu quelques temps les meilleurs jours de sa vie dans un somptueux château près de son merveilleux épou, elle se trouvait à présent dans la cale d'un bateau entourée d'un bande d'horribles pirates malodorants qui enchaînaient les pillages sous les ordres du Capitaine Crochet. Lyana n'avait jamais entendu parlé du Capitaine jusqu'à ce que les membres de son équipage l'arrache à sa vie douillette et l'emmènent sur ce bateau. A l'instant où elle avait croisé son regard, elle avait compris la raison de son enlèvement : sa bouche en or d'où sortaient perles et diamants à chacune de ses paroles. Naïvement, Lyana n'avait jamais songé que le pouvoir que lui avait accordé une fée bienveillante lui attirerait autant d'ennuis. Elle ignorait comment Crochet avait entendu parler d'elle mais l'air de convoitise qui s'était affiché sur son visage avait suffit à Lyana pour comprendre ses intentions. Au départ, le capitaine avait pris des airs sympathiques avec elle afin de lui soutirer quelques trésors mais la jeune femme était bien décidée à ne pas lui accorder ce qu'il désirait. Il lui avait volé sa vie heureuse, il était hors de question qu'elle soit la seule à avoir perdu quelque chose. Et c'était en grande partie à cause de son absence totale de coopération que Lyana se trouvait dans la cale du navire, attendant la visite quotidienne du capitaine qui, elle le sentait, perdait de plus en plus patience.

Poussant un petit gémissement de douleur, Lyana releva un pan de sa robe pour observer son pied droit. Une large menotte lui encerclait la cheville et le frottement avait déchiré sa peau. La plaie ne cessait de saigner et le frottement du fer contre sa chair à vif était un véritable supplice. Bien qu'elle su parfaitement qu'elle était vide et dans le but de soulager son pied, Lyana attira vers elle un bol qui n'avait pas vu une goutte d'eau depuis un certain temps. L'assoiffer était un des stratagèmes du capitaine pour la forcer à parler. Mais, malgré la soif, malgré la douleur de son pied, Lyana ne cédait pas et supportait courageusement sa situation. Cependant, elle savait que cela ne durerait pas. Tôt ou tard, le capitaine n'aurait plus une once de patience et emploierait la manière forte avec elle, et cette pensée angoissait terriblement la princesse captive. Poussant un soupir las, la jeune femme repoussa le bol et déchira un morceau de sa robe dont la richesse du tissu paraissait déplacée dans un tel lieu. Serrant la dents, elle tâcha de faire glisse le tissu entre sa peau et le fer. La douleur persisterait mais cela serait peut-être un peu plus supportable. Alors qu'elle essuyait ses doigts teintés de sangs sur sa robe, elle entendit des bruits de pas qui se rapprochaient. Avec appréhension, Lyana ramena de nouveau ses jambes contre elle en attendant l'entrée du Capitaine Crochet.


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MessageSujet: Re: Captivité ... [Crochet & Lyana]   Sam 1 Sep - 15:50


    « Si la cage rend l'animal fou que ne fait-elle pas à l'homme ? »


    Le ciel était clair et de minute en minute, on voyait la lagune des sirènes se rapprocher. Probablement que l’équipage y passerait la nuit, voir même, quelques jours. Peter Pan ne semblait pas roder dans le secteur pour l’instant, Crochet aurait donc la paix. C’est après que la vigie en haut du mat ait lancé son traditionnel « Terre à l’horizon !» que l’on vit le capitaine arriver sur le pont. Son entrer fut suivit d’un silence lourd et pesant, les hommes s’activèrent à la tâche, mais peu de parole furent prononcées. On entendit même les talons des bottes du capitaine cogner sur le bois à chacun de ses pas. Personne n’osait demander au chef ce qui les tracassaient tous depuis un moment. Très rare étaient les membres de l’équipage qui savaient ce qui se tramait sous les planches du navire. Il avait tous entendu parler du kidnapping, certains y avait même participé, mais ce que l’on ignorait était pourquoi retenait-on la jeune femme captive. Ce n’était pas dans les habitudes de Crochet de s’embarrasser de prisonnier, du moins, jamais très longtemps, car la mort finissait toujours par frapper tôt ou tard… Là, c’était différent. Tous les jours, à peu près aux mêmes heures, le capitaine sortait de l’ombre de sa cabine pour s’engouffrer dans les tréfonds de la cale rejoindre la demoiselle. Personne d’autre ne pouvait entrer dans la cellule de la prisonnière sous peine de devoir affronter la colère légendaire du Capitaine Crochet.

    Le navire tanguait doucement au grès des vagues et les voiles se gonflaient au bon vouloir des vents. Cette sensation de mouvement était si naturelle pour le capitaine que c’est sur terre qu’il sentait le sol bouger. Le pirate n’aimait pas être loin de l’eau, mais parfois il le fallait bien. Que ce soit pour faire des provisions ou revoir de vielles connaissances, à peine accostait-il quelques jours que la mer finissait par manquer à James. Quoique sa dernière escale avait été des plus divertissantes… Il n’avait parlé à personne des raisons de l’enlèvement de la princesse, sauf à Mouche. Certains se doutaient qu’il y aurait une récompense, mais surement pas de la façon qu’ils l’entendaient. James n’était pas un idiot et il savait que la loyauté d’un pirate était fragile. Ce serait trop risquer de dévoiler le don de Lyana à son équipage. Il ne manquerait plus que l’un deux se décide à mettre les voiles avec son trésor... Son trésor… Voilà le surnom qu’il donnait à Lyana puisque cette dernière ne voulait pas lui dire son nom... D’ailleurs, elle ne lui avait jamais rien dit malgré ses efforts et Crochet voyait sa patience diminuer d’heures en heures. Le pirate replaça son grand chapeau rouge sur sa chevelure d’encre. Son regard myosotis quitta enfin la lagune et alla se poser sur le crochet qui lui servait dorénavant de main. Elle finirait pars lui parler. C’était une évidence.

    Soudain, James pris le chemin qui mena vers la cale. Ils sentaient le regard des autres marins sur son dos, mais ne s’en souciait guère. Arrivé devant la porte derrière laquelle il cachait la captive, Crochet attrapa la petite clé qui pendait à son cou et ouvrit le cadenas qui fermait la pièce. Lorsqu’il ouvrit la porte, cela éclaira immédiatement l’endroit plongé dans un légère obscurité. Il vit la prisonnière plisser les yeux, importunée par la lumière trop vive. Ainsi accroupit dans son coin, elle lui faisait penser à un petit animal blessé et apeuré. Un mince sourire passa sur les lèvres du pirate, tout comme un prédateur, l’attente de la chasse commençait à lui ouvrir l’appétit. Tout cet or à porter de main… Combien de temps encore garderait-elle le silence ? Combien de minute encore le séparait de son butin amplement mérité ? Quant à lui, après avoir refermé la porte, il alla allumer l’unique chandelle déposée sur une table dans l’angle de la pièce et s’assit à la seule chaise. Les meubles étaient trop loin de Lyana pour qu’elle y ait accès. En fait, c’était toujours au même endroit que James s’assoyait comme pour la narguer de loin. Quelques minutes s’écoulèrent, aucun des deux ne parla. Le pirate se contentait de fixer la jeune femme avec un air de rapace, sa main valide lissant sa moustache. Puis, il sortit sa flasque d’alcool d’une des poches de son long manteau bourgogne. Il en dévissa le bouchon puis la tendit vers la princesse kidnappée.

    « Tu en veux ? »

    Seul le silence ainsi que le couinement des rats de fond de cale lui répondit. Crochet haussa les épaules, cela valait la peine d’avoir essayé. Il porta la flasque à ses lèvres et laissa l’alcool fort lui réchauffer l’intérieur. C’est que l’humidité de cette partie du bateau n’était pas très confortable après tout... Depuis un moment, Crochet s’était mis à tutoyer la princesse. Inutile d’employer la politesse quand son inviter est enchainée aux murs.

    « Il suffit de demander Trésor… » dit-il avec un sourire qui se voulait encourageant.

    Il rangea la flasque. La demoiselle devait commencer à avoir soif depuis le temps, mais bien entendu, le capitaine n’irait pas jusqu’à la laisser mourir de déshydratation. D’ailleurs, Crochet soupçonnait Mouche de venir porter des vivres à la captive durant son absence. C’était aussi bien, car James n’avait pas cette gentillesse lors de ces visites. Encore une fois, le manque de réaction de la prisonnière fit soupirer le pirate. Il serra les points, sentant déjà la frustration montée. Il devait tenir encore un peu, ne pas laisser la colère le submerger trop vite.

    « Tu sais, je suis probablement le seul à qui tu peux faire confiance sur ce bateau… Imagine ces types là-haut, cela doit faire des mois qu’ils n’ont pas touchés ou même entrevus une femme... Tu es à l’abri ici, mais… »

    Il laissa sa menace en suspens. Comme une lame dont on commencerait à sentir la fraicheur sur notre peau. Oui, il pourrait la livrer aux bandits, aux salauds et aux mercenaires qui lui servaient d’équipage. Une bande de loups affamés réclamant de la chair fraîche… James n’en aurait aucun remord. Le pirate regardait les lueurs de la flamme de la chandelle qui ondulait sur l’acier de son crochet. Parfois, il faisait passer celui-ci dans la chaleur du feu jusqu’à ce que le métal devienne rouge.

    « J’attends toujours… »

    C’était bien ça le problème, il n’aimait pas attendre. Il avait l’impression de perdre son temps et cela, le faisait atrocement douter. Cette femme qui se disait la mère de la jeune princesse lui avait-elle mentit dans l’unique but de faire disparaitre son enfant ? Peut-être était-elle vraiment muette et qu’on s’était joué de lui ? Cette idée insupportable le fit sortir de ses gonds. Le pirate se releva tellement vite de son siège que le meuble tomba à la renverse. Il lui fallait une preuve que tout ceci n’était pas une mauvaise plaisanterie. Brisant la distance qui le séparait de Lyana en quelques pas, James la souleva de terre par son vêtement et la plaqua au mur. Son membre de métal encore chaud comme de la braise se plaça sous la gorge de la princesse. Un sourire cruel s’installa sur les lèvres du capitaine. De sa voix puissante et lourde de sens, Crochet lui fit part de toute son impatience…

    « Sache une chose mon Trésor… Si je ne peux pas te faire parler, te faire hurler, ça je peux ! »

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MessageSujet: Re: Captivité ... [Crochet & Lyana]   Sam 1 Sep - 15:52
Crochet & Lyana



A chaque bruit de pas qui se rapprochait de la porte de la cale, l'angoisse de Lyana grandissait, l'oppressant de plus en plus. Lorsque les pas cessèrent et qu'un tintement de clé jouant dans la serrure se fit entendre, la jeune femme déglutit avec difficulté, son cœur tambourinant désagréablement dans sa poitrine. Cette visite quotidienne, elle la redoutait plus que tout. Chaque jour, le Capitaine Crochet venait la voir, lui parler, alternant tons doux et agacés tandis que Lyana restait murée dans son silence, refusant de céder au redoutable capitaine. Elle jouait avec le feu, elle en avait bien conscience : rares devaient être ceux qui osaient tenir tête au capitaine et demeurer en vie pour s'en vante. Mais, si elle devait mourir dans cette cale obscure, de soif ou par un autre moyen, elle aurait la fierté de se dire qu'elle n'avait pas cédé aux demandes de Crochet et qu'elle emporterait avec elle son don précieux sans lui avoir donné la moindre petite perle. C'était une promesse qu'elle s'était faite et, dans la mesure du possible, elle comptait bien la tenir. Vivre sous le même toit que sa mère qui l'exploitait lui avait appris une chose : elle avait un moral d'acier, et ce n'étaient pas les privations, ni les menaces, ni les regards flamboyants du capitaine qui allaient lui faire prononcer le moindre mot.

La porte s'ouvrit soudain dans un grincement de bois et la cale fut inondée de soleil. Aveuglée par cette luminosité soudaine, Lyana plissa les yeux et observa la haute silhouette du capitaine pénétrer dans la cale. A peine fut-il entré qu'il referma la porte, ce qui attrista la princesse. La lumière du jour lui manquait ; cela faisait des jours qu'elle n'avait pas senti la chaude caresse du soleil sur son visage et qu'elle n'avait aperçu ses rayons illuminant l'horizon. La seule source de lumière à laquelle elle eu droit fut la bougie que la capitaine alluma. Bien que vacillante, la douce lueur qu'elle créa réchauffa le cœur de Lyana qui était la plupart du temps plongée dans l'obscurité. Cependant, son apaisement ne fut que de courte durée et cessa lorsqu'elle croisa le regard du capitaine qui prenait place sur une chaise en face d'elle. Refusant de lire l'expression envieuse dans les yeux du pirate, Lyana fixa résolument le sol, souhaitant de toutes ses forces que cette visite serait de courte durée. La douleur de sa cheville désormais oubliée, elle tentait de maîtriser l'angoisse qui lui nouait la gorge. Elle tâchait d'adopter une attitude désinvolte, contrastant avec la crainte que lui inspirait le capitaine. Elle s'était jurée de ne pas prononcer la moindre syllabe, mais elle ne pouvait s'empêcher de redouter ce que Crochet allait lui faire pour l'obliger à parler.

Lyana ne put s'empêcher de redresser la tête lorsqu'elle entendit le bruit d'un liquide ricocher contre les parois de la flasque que le capitaine sortit de la poche de son manteau. Lorsqu'il la lui proposa un souriant, la jeune femme eut toute les peines du monde à paraître indifférente. Elle n'aimait pas l'alcool mais, au bruit du contenu de la flasque, elle avait soudain pris conscience à quel point sa gorge était desséchée et sa langue terriblement pâteuse, et l'idée d'un liquide franchissant ses lèvres lui fut si difficile qu'elle dû se forcer pour détourner le regard. Ses lèvres gercées bien scellées, elle essaya de ne pas prêter attention au capitaine qui but une gorgée d'alcool, ni d'imaginer le bonheur qu'elle ressentirait si c'était elle qui était en train de boire. Avec un peu de chance, elle pourrait bientôt s'hydrater : un des pirates du bateau lui avait amené de quoi boire et se nourrir à quatre reprises depuis son kidnapping. Au début, elle s'était montrée soupçonneuse, mais le visage bienveillant du pirate l'avait convaincu d'accepter ces vivres, se demandant si elles venaient du capitaine ou de sa propre initiative. Cet homme intriguait beaucoup Lyana, il paraissait presque... gentil. Rien à voir avec les brutes épaisses qui avaient arraché la princesse à son époux.

Le regard toujours tourné vers le sol, Lyana écouta le capitaine essayait de lui faire croire qu'il était le seul homme de confiance sur le bateau. Cette remarque sonna ironiquement aux oreilles de la jeune femme : il l'avait arraché à sa vie heureuse, l'avait enfermé dans une cale obscure et l'avait privé d'eau et elle devait lui faire confiance ? Lorsqu'il évoqua ses hommes, ses paroles résonnant de façon menaçante dans la pièce, un frisson d'horreur parcourut le corps de Lyana. Ces brutes, qui ne méritaient pas le nom d'homme selon elle, la princesse les avait vu lors de son arrivée sur le bateau ; leurs visages répugnants et leurs regards envieux lorsqu'ils l'avaient aperçu avait emplie Lyana de dégoût. A l'idée d'être laissée entre les mains de ces monstres, la jeune femme sentit la terreur l'envahir et se força à résister à ce sentiment paralysant, les poings serrés pour masquer les tremblements qui la parcouraient.

Lorsqu'il témoigna son impatience, la voix du capitaine se grondante. Il perdait patience, Lyana le voyait bien, et elle savait que son silence la mettait de plus en plus en danger. Néanmoins, elle ne bougea pas d'un pouce, sa détermination toujours bien présente. Soudain, la capitaine se leva d'un bond et le fracas de la chaise qui tomba fit brusquement sursauter Lyana. Elle n'eut pas le temps de réagir lorsque Crochet l'empoigna ferment par le devant de sa robe et la souleva du sol aussi facilement que si elle avait été une poupée de chiffon. Sa tête heurta le mur lorsqu'il la plaqua contre lui et elle sentit la chaleur brûlante de son crochet tout près de sa gorge. Il dégageait une telle chaleur que Lyana sentit la peau fine de son cou commencer à lui brûler. Elle dû se retenir de pousser un cri, ne voulant pas produire la moindre richesse, et, pour se retenir, elle se mordit la lèvre si fort qu'une goutte de sang jaillit de la plaie qu'elle venait d'ouvrir. Baissant les yeux sur le capitaine donc le visage était crispé par la colère, Lyana put voir la haine qui habitait ses yeux. Ce regard froid et furieux terrifiait et fascinait la jeune femme qui n'avait jamais vue pareille fureur habiter un homme. Celui-ci prononça alors sa menace comme une sentence. Ainsi, on y arrivait, c'était la goutte qui avait fait déborder le vase. Le capitaine était à bout de patience et Lyana allait en payer les fruits... à moins qu'elle ne parle. Il suffisait qu'elle prononce un mot, et elle n'aurait pas à souffrir, une parole et elle ne hurlerait pas de douleur sous la torture du capitaine. Mais la jeune femme s'était faite une promesse : elle ne parlerait pas. Décidée, elle plongea son regard océan dans celui myosotis du capitaine : on pouvait y lire la peur de ce qui allait suivre, mais également une solide détermination à ne pas se plier aux volontés du capitaine. Une lueur de défi s'alluma dans son regard ; elle était sans doute folle de tenter ainsi le diable mais, dorénavant, elle n'avait rien à perdre.



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MessageSujet: Re: Captivité ... [Crochet & Lyana]   Dim 2 Sep - 3:59


    « Toujours gardez le cap dans la tempête
    et tenir fermement la barre... »

    James laissa ses paroles coulées dans l’air, une promesse de souffrance qui s’imprégnait dans les murs à mesure que le temps filait. Leurs regards se croisèrent longuement, le bourreau et la captive se jugeait à quelques centimètres du visage de l’autre. Qui remporterait la manche de ce jeu malsain ? L’un farouche comme l’orage et l’autre aussi imperturbable que la mer, la tempête était sur le point d’éclater. Crochet le sentait dans chaque parcelle de son corps, sa soif de richesse le poussait à bout. Son Trésor le poussait à bout. Il suffisait qu’elle entrouvre ses lèvres et puis de quelques syllabes… Un butin si proche et pourtant si loin. S’en était insupportable. Lyana n’était plus femme aux yeux du pirate, tout au plus la serrure rouillée et résistante qui le séparait d’un amas de pierres précieuses...

    Les silences s’enchainaient entre eux et les tensions se multipliaient. Pourtant, le capitaine restait immobile, laissant volontairement la situation s’intensifier… Il aurait aimé la sentir trembler sous ses doigts et l’entendre gémir de peur. N’avait-il donc aucun effet sur la demoiselle ? Elle était si frêle et si délicieusement fragile dans cette belle grande robe aux accents de noblesse. Cela lui rappelait vaguement une fleur cueillis trop tôt de son jardin et qui semblait déjà s’effriter au toucher de l’homme, mais que voulez-vous, le capitaine avait été trop gentil avec elle, même pas une petite émeraude pour le remercier ! Hélas, ils auraient pu bien s’entendre. Cette fois, James s’était décidé à arracher un à un les pétales de cette jolie plante et en extirper jusqu’à la moindre parole.

    Le métal brulant s’éloigna de la peau d’albâtre de sa gorge et alla plutôt replacer une mèche de cheveux rebelle qui couvrait le visage de la princesse. Le bout du crochet effleurant à peine les traits juvéniles, mais il le faisait avec lenteur… C’était au tour de Hook de prendre son temps, d’en faire ce qu’il voulait et de l’éterniser selon son bon vouloir. Le pirate la regarda longuement, il l’étudiait, cherchant la fissure à travers ce masque d’innocence. Du cri que l’on étouffe, il vit la goutte de sang qui perla sur sa bouche et qui s’égara le long de son menton avant de mourir sur le tissu de la robe. James s’approcha doucement de l’oreille de la jeune femme, un rictus cruel semblait avoir pris racine sur le visage du marin.

    « Si mignonne mon Trésor… Il serait dommage d’abimer ce beau visage…» lui susurra-t-il de manière étrangement chaleureuse.

    Il la lâcha soudainement, la lassant choir sur le sol violemment comme un vulgaire objet. Lui recula d’un pas, mais continua de la dominer de toute sa hauteur. De sa main valide, il obligea ce joli minois à lui faire face à nouveau, l’attrapant pars son menton. James n’avait plu envie de sourire, car, mis à part le silence, il restait encore une chose qui irritait profondément le pirate. Si dans ses yeux à lui brulait la fureur, dans ceux de la demoiselle, il y voyait encore une étincelle de défi. Une lueur de trop qu’il fallait effacer.

    « Un regard de biche aussi profond que l’océan…»

    C'était presque courageux, mais s'était profondément stupide d'espérer de meilleurs jours à présent. Avec force, Crochet asséna à sa prisonnière une gifle monumentale qui la ramena drastiquement vers le sol. Tel un fauve en cage, le capitaine faisait les cents pas autour de la demoiselle et d’une voix mielleuse, il continua sa litanie en attendant qu’elle se redresse juste un peu.

    « …Une bouche en cœur qui malheureusement reste scellée…»

    Une deuxième gifle s’abattit sur l’autre joue de la captive. Là, il avait frappé pour lui, car personne n'a le droit de résister au capitaine Crochet aussi longtemps. Cela n'était rien d'autre qu’un petit avant-goût de ce qui s’en venait si le mutisme de la captive perdurait. Le secret d’une bonne torture ? Savoir doser les coups comme on prépare le meilleur des cocktails.

    « … Une peau si pâle… dommage qu’elle soit si facile à marquer ! »

    James eut un petit rire moqueur, après tout, quelles chances une princesse pouvait-elle bien avoir contre le plus grand pirate de tous les temps ? Le capitaine s’éloigna de Lyana un instant et retira son grand chapeau rouge ainsi que son manteau de la même couleur. Après avoir redressé la chaise, il posa ses accessoires sur le dossier du meuble. S’il la laissait respirer quelques secondes, il n’attendit pourtant pas qu’elle reprenne totalement ses esprits et reviens bien vite à la charge. Avec une expression sournoise sur le visage, James posa délibérément le bout de sa botte sur les doigts fins de la jeune femme. Puis, au fur et à mesure qu’il prononçait les mots, la pression de son pied s’alourdissait sur la main délicate.

    « On va commencer par quelque chose de facile : ton prénom… Comment t’appels-tu jolie Trésor ? »

    Était-ce son imagination ? Il entendait si bien le clapotis de l’eau et le vrombissement des vagues qui venaient se briser sur la coque du bateau, la voix du contremaitre qui donnait des ordres sur le pont, les goélands qui chantaient la bienvenue aux marins, mais aussi, un léger et bref craquement sous ses bottes.

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MessageSujet: Re: Captivité ... [Crochet & Lyana]   Dim 2 Sep - 10:26
Crochet & Lyana


Le cœur de Lyana martelait sa poitrine tandis que Crochet et elle semblaient livrer un duel visuel, chacun observant l'autre dans le blanc de l’œil. La respiration de la jeune femme était accélérée et légèrement saccadée par la peur qui dominait peu à peu chaque parcelle de son être. Son visage ne laissait paraître qu'un dixième de la crainte qu'elle éprouvait et qui lui tordait douloureusement l'estomac. Ne pas laisser paraître ses vrais sentiments devant le capitaine était son objectif et, au vue de la fureur qui semblait grandir chez son kidnappeur à la même vitesse que sa propre frayeur, Lyana y parvenait parfaitement bien. Néanmoins, elle sentait la menace qui pesait sur sa tête et une voix affolée lui soufflait à l'oreille qu'elle était complètement folle de tenir ainsi tête à un pirate qui l'aurait sans doute égorgé depuis longtemps si elle n'avait pas possédé ce don si précieux. Ce don... En cet instant, ce pouvoir accordé par une fée lui paraissait être une véritable malédiction. Il était curieux de voir combien cette magie s'était retournée contre elle ; sans ce don, elle n'aurait jamais été chassé de chez sa mère et n'aurait jamais connu l'amour... Mais sans ce don, elle n'aurait également jamais été enlevée de chez elle et séquestrée par cet homme à la main de métal.

La sueur perlait sur le front de Lyana tandis qu'elle suivait du regard, les yeux écarquillés, le crochet du capitaine qui quittait lentement sa gorge délicate pour remonter jusqu'à une de ses mèches de cheveux qui lui recouvrait l’œil. Le contact du métal sur sa peau claire fit tressaillir la jeune princesse qui ferma un bref instant les yeux pour se ressaisir. Les ré-ouvrant, elle fixa le visage du capitaine. Les premiers jours de sa séquestration, il s'était efforcé de paraître amical et un air presque sympathique avait habité ses traits, de temps en temps tordus par l'impatience de Crochet face à son mutisme. Mais à présent, le masque était bien tombé et la fureur déformait son visage, un rictus cruel se dessinait sur sa bouche et une lueur semblable à de la folie illuminait ses yeux froids. Comment un être pouvait-il contenir une telle haine en lui ? Lyana n'avait jamais vu un personnage pareil. Certes, elle avait connu des êtres méprisables tels que sa mère et sa sœur, mais ce n'était que du mépris qu'elles montraient à son égard ; tandis que Crochet... C'était de la haine pure. La bonté avait-elle un jour habité ce cœur ? Que lui était-il donc arrivé pour céder si facilement à la colère ? Ces questions, la jeune femme ne pouvait s'empêcher de se les poser alors même qu'elle allait probablement souffrir terriblement d'ici quelques minutes à cause de cet homme qui lui inspirait... Quoi au juste ? De la pitié ? Non. Plutôt de la compassion. Ce sentiment naquit brièvement sur le doux visage de Lyana, tandis que le capitaine, semblant savourer chaque instant qu'il lui faisait subir, penchait la tête vers elle pour lui murmurer quelques mots à l'oreille. Sa voix était chaleureuse mais la menace ne la désertait pas pour autant. Quelle étrange personne était le Capitaine Crochet !

Soudain, la pression que Crochet exerçait sur sa poitrine en la maintenant contre le mur cessa et la jeune femme tomba lourdement sur le sol. A quatre pattes sur le sol, ses cheveux défaits tombant de part et d'autre de son visage, Lyana toussa brusquement, le souffle coupé. N'ayant guère le temps de reprendre son souffle, elle sentit la main valide du capitaine lui saisir le menton et le relever brusquement pour l'obliger à le regarder. Tout aussi soudainement, Lyana sentit une douleur cuisante sur sa joue, semblable à un coup de fouet. Sous le choc, elle retomba sur le sol, face contre terre, en plaquant sa main sur sa joue endolorie. Les mots que Crochet prononça, c'est à peine si elle les comprit car une autre gifle vint faire douloureusement chauffer son autre joue.

Malgré la douleur, Lyana ne poussa pas un cri, ne prononça pas une seule supplique. Les gifles, bien que celles-ci furent très violentes, elle y était habituée. Sa mère l'avait tant de fois battue lorsqu'elle était enfant que la jeune femme savait bien encaisser ce genre de coup. Ce n'était pas deux vulgaires gifles qui allaient la faire supplier le capitaine de l'épargner et le satisfaire en lui offrant mille trésors.

En revanche, ce qui suivit, elle n'y était guère préparée. C'est avec horreur que Lyana vit la bout de la botte du Capitaine se lever doucement pour venir se poser sur ses doigts fins. Les yeux ouverts de terreur, la jeune femme leva les yeux vers Crochet qui lui demanda son prénom. Si elle ne répondait pas, elle savait parfaitement ce qui allait se passer. Mais Lyana ne pouvait se résoudre à rendre les armes. Elle aurait voulu lui hurler qu'il n'obtiendrait jamais rien d'elle, qu'elle préférait souffrir mille tortures plutôt que de rendre service à ce bandit des mers. Mais elle en était incapable. Sa propre bouche l'entravait, elle était prisonnière de ses mots. Quel supplice que de ne pouvoir s'exprimer alors que l'on voudrait crier haut et fort !

Secouant la tête en signe de négation, Lyana ne prononça pas une parole et c'est en se dominant de toutes ses forces que la jeune femme vit Crochet appuyer de tout son poids sur ses doigts. Un craquement sinistre retentit dans la cale, mais ce ne fut rien à côté de ce que la jeune femme ressentit. La douleur lui transperça la main tandis que des larmes commençaient à couler à flots sur son visage. Un cri muet lui déforma la bouche tandis qu'elle essayait de dégager sa main, entreprise vaine, le capitaine ne paraissant pas près à retirer son pied. Le corps de Lyana fut agité de tremblements violents, la douleur semblait s'intensifier d'instant en instant.

Enfin, le capitaine retira sa botte et la jeune femme serra contre elle sa main meurtrie. Elle eut un haut-le-cœur en voyant ses doigts former d'étranges angles, en rien naturels. Pleurant et se mordant fermement les lèvres pour ne pas gémir, Lyana sentit le capitaine lui redresser la tête et lui poser une autre question. Certes, cet homme lui inspirait de la compassion mais il restait un pirate, et la détermination de la jeune femme demeurait intacte malgré sa main qui la faisait horriblement souffrir. C'est pour ça que, dans une impulsion qu'elle savait pure folie, Lyana inspira et cracha brusquement à la figure du capitaine.
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MessageSujet: Re: Captivité ... [Crochet & Lyana]   Dim 2 Sep - 15:04


    « Le silence est un refus d'appartenir... »


    Ce silence… Ce si perturbant et si agaçant silence… Crochet avait l’impression de devenir fou. Depuis des jours et des jours qu’il se heurtait à un mur et, aujourd’hui encore, ce mutisme lui pourrissait la vie. Le pirate ne tenait plus en place et bien qu’il se fût résolu à devoir utiliser un autre genre de méthode pour faire parler sa captive, la patience n’avait jamais été son point fort. Aussi, la voyant le défier à nouveau avec un simple signe de tête en guise de réponse, le pirate n’hésita plus. Avec toute la pression dont il fut capable, James écrasa cette main délicate sous sa botte comme s’il ne s’agissait que d’un répugnant insecte. Mauvaise réponse. Un refus de plus. Toujours et encore un refus. Tous auraient été mieux que ce manque de bruit ! Une plainte, un son, une supplique, n’importe quoi ! Ne comprenait-elle pas ? Était-elle si idiote pour ainsi se sacrifier pour l’honneur ? Pour l’égo surtout, non ? Car personne ne pourrait jamais témoigner de cet exploit, si exploit il y aurait. La demoiselle désirait peut-être une mort digne ? Hélas Crochet ne lui donnerait pas cette chance de s’éclipser vers un monde meilleur. Non, James ne saisissait pas pourquoi elle s’entêtait. Après tout, les notions de valeurs n’ont pas le même poids sur un bateau pirate…

    Sans la moindre expression, il regardait ce visage angélique se tordre de douleur et les larmes amères qui coulaient le long de ces joues pâles, indifférent ou presque. Au fond, le capitaine espérait que chacune de ces gouttes d’eau nées de la souffrance soient un pas de plus vers une victoire ou plutôt, vers un trésor… En mémoire, le pirate se rappelait les visages de tous ceux qui avaient essayé de leur tenir tête. Ils n’étaient pas nombreux, du moins, en comptant les vivants. La princesse n’était pourtant pas mieux que tous les autres, pas plus forte, ni plus déterminée seulement, si Crochet voulait atteindre son objectif, il ne pouvait pas tout simplement la jeter par-dessus bord. Bien entendu, suite à ses diverses pensées qui défilaient dans la tête de Crochet, un nom revenait sans cesse. Le nom de celui qui avait fait enraciner une haine indélébile dans le cœur de James. Pas que le pirate était bon auparavant, mais disons que cette rencontre avec cette peste de Peter Pan n’avait fait qu’empirer son mauvais caractère… Oui, Peter et ses acolytes étaient les rares ennemis de Hook qui respiraient encore malgré l’obsession de vengeance du renégat.

    Avec lenteur, le pirate retira son pied de sur le membre brisé de la jeune femme. Il ne prêta pas plus d’attention à l’état de cette main. Le mal était fait et il n’y avait plus rien à en tirer. En fait, il devinait bien quel genre de douleur s’insinuait à travers la chair de la demoiselle et à voir ses tremblements, ce ne devait pas être des plus agréable... Il avait lui-même perdu l’usage d’une main, en quelque sorte, cela faisait maintenant un point commun entre l’otage et le bourreau. James attrapa le visage de son Trésor, la força à nouveau à lui faire face. Si la douleur du présent n’était pas assez intense, autant puiser dans celle d’un passé pas si lointain…


    « Ou peut-être que le prénom de ton prince te reviendra plus facilement en mémoire ? »

    Il s’attendait à bien des choses, sauf à cela. Ce crachas, il n’y était pas préparé, du coup, sa réaction releva du réflexe. Bref, tout se passa très vite. De sa main valide, après lui avoir lâché subitement le menton, James emprisonna la gorge de Lyana entre ses doigts et serra, laissant de moins en moins d’air circuler vers les poumons de la belle. Sa prise était si ferme qu’il l’obligea à se relever tout en continuant de maintenir son étreinte. Oh il pourrait bien la tuer ! Comme le pirate en avait envie maintenant, là, dans la seconde… James en était au point où la faire taire éternellement était presque aussi tentant que de la faire hurler pour une rivière de diamant. Il le pouvait certainement, il avait la rage et la force suffisante pour la broyer entre ses mains. L’étrangler ou même lui casser la nuque…Seulement, c’était une fin trop facile à son goût. Une fin dans laquelle plus rien ne lui resterai… Le sadisme du capitaine s’éveillait de minute en minute, mais les blessures physiques ne le satisfaisaient plus autant à présent. Du moins, il la laissa tout de même suffoquer un peu…

    « Si rebelle, je vois bien comment ton prince chéri a pu tomber sous ton charme… Quel dommage... »

    Soudainement, en lui faisait un sourire à glacer le sang, Crochet envoya valser la demoiselle contre le mur le plus près. Tant pis si elle se cognait la tête ! Tant pis si la chaine de sa cheville la ramena trop vite vers le sol ! Et surtout, tant pis s’il fallait inventer toute une histoire pour la faire parler ! Le pirate resta immobile une seconde. De son regard de glace, il cherchait un signe de vie de la part de son Trésor. À ce rythme, elle pouvait tout aussi bien perdre connaissance, mais peut-être que la princesse n’était pas aussi faible qu’elle le laissait paraitre...

    Le pirate tourna le dos à sa victime un instant et alla empoigner son manteau rouge de sur la chaise. Farfouillant dans ses poches avec empressement, le capitaine en retira un mouchoir et se nettoya le visage tout en jurant dans sa barbe. Il ne remarqua pas le léger cliquetis de son trousseau de clé qui venait de tomber sur le sol. Une injure d’ainsi oser lui cracher dessus, voilà ce que c’était ! Dissimuler sous la chaise, les clés échappaient au regard meurtrier de James qui rageant beaucoup trop contre sa captive, ne remarqua pas leur absence. Le capitaine remis son mouchoir à sa place et se pris un cigare au passage. Il l’alluma grâce à la flamme vacillante de la chandelle.
    Telle un reptile, la démarche silencieuse, il se rapprocha de la jeune femme avec son cigare entre les lèvres. Une autre petite lumière de braise dans cette pièce si sombre qui éclairait de manière étrange le visage de Crochet. L’odeur du tabac commençait peu à peu à cacher cette odeur d’humidité que portaient si bien les fonds de cale des navires.


    « Oh, oui, quel dommage qu’il ne soit plus qu’un corps gisant dans les escaliers à notre départ !»

    Suite à cette dernière parole, le capitaine rit sinistrement. Quelques soubresauts de joie dans ce visage de cruauté. Ceci n’était qu’un mensonge, un cruel et répugnant mensonge, mais bon, comment la captive pouvait-elle vraiment savoir ? Lui guettai encore et toujours cette fine bouche, priant intérieurement qu’elle s’ouvre enfin pour autre chose que lui cracher au visage
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MessageSujet: Re: Captivité ... [Crochet & Lyana]   Dim 2 Sep - 15:28
Crochet & Lyana


La douleur... Après des jours et des jours emprisonnée dans une cale sombre, dont l'air était chargé d'une humidité pesante, et avec pour seuls compagnons l'obscurité, le silence et les allées-venues de cet effroyable pirate, voilà que la douleur rejoignait le triste équipage qui, semblait-il, composait à présent la vie de Lyana. Les coups marquant la peau pendant des jours, les gifles laissant le visage rouge et brûlant, les cheveux douloureusement tirés et les saignements de nez dus à de mauvais coups... Tout cela, la jeune femme y était habituée. Des années durant, sa mère lui avait infligé toutes sortes de blessures et Lyana avait fini par s'y habitué, résistant mieux à chaque nouveau coup qui surgissait. Mais les os brisés... Cela constituait une grande nouveauté, une nouveauté dont elle se serait bien passé. Bien qu'elle en ait souvent eu l'envie, Lyana en était persuadée, sa mère ne l'avait jamais battu au point de lui briser les os – qui aurait fait les corvées alors ? - mais le Capitaine Crochet, lui, n'en avait que faire que de lui briser les membres. Visiblement, peu lui importait qu'elle ne soit plus que douleur du moment que sa bouche restait accessible pour lui soutirer quelques richesses. Le visage déformé par la douleur et les sanglots qu'elle tâchait de réprimer, la jeune princesse maintenait sa main brisée et ses doigts complètement tordus contre sa poitrine. Chaque mouvement était un supplice, le moindre tremblement se transformait en une dizaine d'épingles qui venaient sauvagement se planter dans sa chair meurtrie. A côté de sa main, sa cheville qui saignait par le frottement des fers semblait presque agréable. Les larmes ruisselaient abondamment sur son visage pâle, voilant son regard mais n'atténuant en rien la douleur lancinante qui la parcourait dans tout le bras.

Pour ne rien arranger, Lyana savait parfaitement que son supplice était loin d'être terminé. La fureur qui se lisait dans les yeux glacés du Capitaine Crochet avait suffit à lui faire comprendre qu'il n'hésiterait pas à lui casser autre chose si jamais elle ne daignait pas desserrer les lèvres. Mais qu'espérait-elle exactement ? Tout serait tellement plus facile si elle acceptait de coopérer ! Un petit mot, un seul, il suffisait qu'elle prononce une seule syllabe, un seul son pour que son bourreau obtienne ce qu'il souhaitait et mette fin à son supplice. Dès lors, il ne lui ferait pas non plus de cadeaux, il ne la laisserait jamais repartir chez elle, elle en avait pleinement conscience, mais sa vie sur ce maudit navire serait sans doute plus simple, moins douloureuse. Ces effroyables séances de tortures prendraient fins. Cette perspective apparaissait comme délicieusement tentante aux yeux de Lyana qui regardait craintivement sa main délicate en réprimant des haut-le-cœur. Desserrant peu à peu les lèvres, la jeune femme était sur le point d'oublier la promesse qu'elle s'était faite de ne jamais céder, sur le point de laisser tomber sa détermination et de définitivement capituler... Jusqu'à ce que la Capitaine Crochet ose mentionner son prince. A l'évocation de son mari, la fureur embrasa Lyana. Jack, son tendre amour... Elle avait été arrachée à une vie heureuse avec son prince à cause de la cupidité de ce pirate. Elle ne pourrait plus jamais revoir celui qui avait changé sa vie, celui qui l'avait arraché à sa pitoyable existence pour en faire sa femme, et tout ça à cause de cet ignoble personnage qui se trouvait devant elle. Toute sa détermination retrouvée, Lyana lança un crachas à la figure de son bourreau.

Ce qui suivit fut si rapide que Lyana ne comprit pas tout de suite ce qui était en train de se passer. La poigne de fer du Capitaine Crochet se referma brutalement sur sa gorge, lui coupant le souffle net. L'étau se resserra douloureusement autour de son cou, si bien que la jeune femme sentit l'oxygène déserter ses poumons. Rapidement, Lyana se mit à suffoquer, elle n'avait aucune possibilité d'absorber une goulée d'air et la panique la gagna rapidement lorsqu'elle sentit ses pieds décoller du sol au fur et à mesure que le pirate la soulevait. Le teint pâle de la jeune princesse, commença à prendre une teinte violacée et ses lèvres commencèrent à s'ouvrir et à se refermer, comme une poisson hors de son aquarium qui cherche désespérément un peu d'oxygène. Voilà à quoi menait son obstination et son impertinence face au pirate le plus redouté des mers. Elle l'avait bien cherché mais Lyana commençait à percevoir une bonne perspective dans son étouffement. A l'évidence, le capitaine avait réagit à l'instinct et la colère noir qui habitait son regard laissa penser à la jeune femme qu'il était bien décidé à l'achever. Une possibilité de liberté se dessina sous les yeux de Lyana dont la tête commençait à tourner et dont l'esprit s'enveloppait peu à peu d'une nappe de brouillard.

Malheureusement pour elle, son bourreau sembla se ressaisir. L'étau sur sa gorge disparut soudain et Lyana se sentit projetée contre l'un des murs de la cale. Sa tête heurta violemment ce dernier avant que la jeune femme ne s'écroula complètement sur le sol. A demie assommée, Lyana prit soudain conscience qu'elle pouvait à nouveau respirer et prit une profonde inspiration, un peu douloureuse, qui emplit ses poumons d'un air revigorant. Elle avala plusieurs goulées d'air frais tout en luttant contre l'évanouissement. Ramenant sa main qui la faisait encore plus souffrir contre elle, elle sentit un liquide chaud sur son front. Avec sa main valide, Lyana palpa la zone douloureuse de sa tête et, en retirant ses doigts, constata qu'ils étaient recouverts de sang. La tête lui tourna horriblement et une forte migraine commença à se manifester. Plaquant son visage contre les planches fraîches du sol, la jeune princesse tentait de lutter contre la nausée, tout en se demandant combien de temps elle allait encore tenir ainsi. A la voir, dans sa robe de princesse sale et déchirée, la main brisée, les cheveux emmêlés et le sang qui ruisselait sur son visage en se mêlant à ses larmes, Lyana offrait un spectacle assez misérable. Les paupières à demi-closes, et à travers un voile, la jeune femme observa le capitaine qui s'approchait d'un pas rageur de son long manteau rouge. N'y tenant plus, Lyana ferma les paupières et se prépara à se laisser submerger par les voiles de l'inconscience.

Cling ! Lyana ouvrit brusquement les yeux au son de ce tintement de clés. Ses yeux s’accommodant peu à peu, elle aperçut un petit trousseau près des bottes du Capitaine Crochet. En l'observant, elle constata que ce dernier ne manifestait aucune intention de les ramasser. Se pourrait-il qu'il n'est rien entendu ? Avec la colère qui le submergeait, il était fort possible qu'il n'est rien remarqué. Mais elle, comment avait-elle pu l'entendre alors qu'elle se trouvait à trois mètres du trousseau ? Il faut dire que, depuis qu'elle était dans cette cale sombre et silencieuse, son ouïe s'était remarquablement affinée, si bien qu'elle percevait à présent d'infimes bruits. Une minuscule lueur d'espoir naquit dans les yeux bleus de Lyana : se pourrait-il que ce trousseau contienne la clé pouvant la libérer de ses chaînes ? C'était fort probable. Mais... Comment les atteindre ? La chaîne qui emprisonnait ses pieds était trop courte pour qu'elle puisse les atteindre, même en s'étirant et, à supposé que le Capitaine ne finisse pas par les voir, elle n'avait aucun objet à portée de main dont elle pourrait se servir pour rapprocher le trousseau. Alors, que faire ?

Lyana n'eut guère plus de temps pour réfléchir à son problème car le Capitaine revint près d'elle, un cigare dans la bouche. Faisant bien attention à ne pas regarder vers l'endroit où se trouvait le trousseau, la jeune femme fixa son bourreau en lui lançant un regard assassin. Ce dernier, un sourire cruel sur le visage, prononça alors des paroles qui glacèrent instantanément le cœur de la jeune princesse. La colère quitta le visage de la jeune femme dont les lèvres se mirent à trembler. Jack... Son mari... Etait-il vraiment... ? C'était impossible ! S'il était... Elle le saurait, elle l'aurait senti ! Mais le visage sadique et cruel du Capitaine Crochet semait le doute en elle. Il n'aurait pas hésité à tuer Jack, elle le savait... Son bourreau était un habile manipulateur, le doute persistait en Lyana dont les yeux affolés fixaient le Capitaine qui semblait heureux de l'effet qu'il provoquait. Non. Non ! Il n'était pas mort. Il n'était pas mort !!! De sa main valide, Lyana envoya voler le cigare du Capitaine à l'autre bout de la cale puis braqua son regard dans celui, glacé, de ce dernier.

« MENTEUR !!!! » Hurla-t-elle de toute la puissance de ses poumons.

Se rendant compte de son erreur, Lyana se plaqua la main sur la bouche. Mais il était trop tard... A son hurlement, une rose rouge sang avait jaillit de sa bouche et reposait à présent sur le plancher entre son bourreau et elle. Une infime satisfaction l'envahit lorsqu'elle constata qu'il ne s'agissait pas d'un diamant ou d'une perle mais d'une simple fleur. Cependant, son contentement ne fut que de courte durée lorsqu'elle croisa le regard, débordant d'envie, du Capitaine Crochet.

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MessageSujet: Re: Captivité ... [Crochet & Lyana]   Dim 2 Sep - 15:35


« L'équilibre se trouve entre un flingue et des roses. »

    La fumée de son cigare montait doucement vers ce ciel invisible à la vermine de fond de cale. D’un discret mouvement du doigt, le pirate tapota l’objet pour en faire tomber les cendres sur le sol humide, ses yeux myosotis ne quittant jamais la jeune femme. Ce spectacle devenait intéressant pour Crochet. Son trésor était un peu comme une marionnette qu’il manipulait dans tous les sens, espérant obtenir la chorégraphie parfaite. Cependant, la demoiselle se tortillait sans cesse dans ses files, se refusant à parler, à jouer ce petit jeu si facile pourtant. Mais leur joute du jour s’éternisait au même rythme que s’amenuisait la patience du pirate et au final, la jolie marionnette pourrait bien fini par s’étrangler dans son filage… Et là voilà cette délicate poupée dans cette robe à la fois trop belle et trop sale, pleurnichant sur son sort ! Le passage de Crochet dans la cellule de la princesse serait encore visible quelques temps ne serait-ce que par la contorsion des os brisés, le violet des ecchymoses et la rougeur du sang. Le capitaine la regarda se relever péniblement, douloureusement même, et l’éclat farouche du regard bleuté de la jeune femme le fit sourire, ironiquement bien sûr. Il restait encore une flamme, un espoir perdu, qui animait sa captive et James se ferait un plaisir de lui montrer qu’elle ne pourrait jamais avoir le dessus sur lui.

    Le pirate laissa son mensonge faire son effet, tel un poison se rependant dans l’air jusqu’au tréfonds de l’âme de son trésor. James vit le comportement de sa prisonnière changer radicalement. Il avait visé le cœur avec ses mots et il avait visé juste. La princesse n’avait plus aussi l’air confiante soudainement et bien que toujours muette, ses lèvres s’agitèrent quelque peu sous l’émotion. Crochet se félicita d’avoir eu l’idée d’inclure le prince dans son monologue, même si cela lui avait valu un crachas au visage, ce n’était qu’une autre preuve que son trésor avait encore des sentiments pour son maris bien qu’ils soient séparés par tout un monde. Le cœur de la demoiselle battait toujours, pas comme le sien. Et puis, elle s’agita. Faisant faire un vol plané au cigare du capitaine et avec tout le courage dont elle était capable, la jeune femme lui tenu tête encore une fois.

    « MENTEUR !!!! »

    Le pirate se figea littéralement, surpris à la fois par la perte de son cigare et ces mots que ses oreilles avaient cru comprendre. Avait-il rêvé ou cette voix furieuse et féminine s’était-elle bien fait entendre ? Et pourtant, près de ses pieds reposa maintenant une belle rose rouge… Le capitaine fut tout de même déçu que l’insulte ne lui valait pas un seul joyau, mais cette impression s’évapora très vite de sur ses traits. Il repensa à cette femme avait laquelle il avait fait un marché, aussi indigne que puisse être cette mère, au moins, avait-elle été honnête avec le pirate. Un coup de chance… Enfin, ses efforts avaient un sens! Le capitaine Hook avait au moins la certitude de ne plus courir après de simples ragots de bonne femme, mais bel et bien, après un trésor empli de richesse… et de fleurs apparemment. L’attitude du briguant des mers changea, la colère s’évanouissait peu à peu pour laisser naitre un sentiment tout aussi fort dans l’esprit de James : le désir de posséder. Son regard était toujours aussi troublant, soudain illuminé par autre chose que la fureur. Son sinistre sourire sembla s’étirer encore d’avantage. Le pirate se pencha avec lenteur et ramassa la fleur de sa main valide et en huma le parfum.

    « Ah l’amour… La meilleure façon de se noyer en ce bas monde ! Si ce n’est pas sa douceur qui nous étouffe, c’est son absence qui nous tue… ou presque. » Dit-il d’une voix qui se voulait faussement compatissante.

    Cela faisait longtemps que le pirate n’avait ressenti l’allégresse de l’amour. Il avait oublié ce que s’était en réalité, James avait seulement le souvenir d’un vide aussi glacial que brulant au travers le cœur. La dernière fois, il était jeune et insouciant, mais déjà assez rebelle pour voler le navire marchand de son père et mettre les voiles vers l’aventure… Pour lui, être amoureux ne pouvait rendre heureux de toute façon. Le pirate chassa bien vite ses pensées qui l’embrouillaient et reposa toute son attention vers la prisonnière. Levant à nouveau son terrible crochet entre leurs deux visages, histoire de lui faire comprendre qu’elle y avait échappé de peu cette fois. James regarda un instant le sang qui coulait entre la chevelure en bataille de sa captive, ses petites perles de grenat qui allaient mourir sur une peau si pâle… Oui, James aurait pu faire bien pire.

    « C’est un début… Tu as pris ton temps, mais comme on dit : pas de roses sans épines, pas vrai ? »

    Le rouge lui allait bien, tout comme à lui, mais pas pour les mêmes raisons. Suivant cette réflexion, à l’aide de son membre de métal, le renégat écarta les cheveux de son trésor avec une délicatesse insoupçonnée. Avec son autre main, James plaça la rose au-dessus de l’oreille de la demoiselle, essayant d’égailler ce visage tellement triste. Pour sa part, c’était le jour et la nuit, le capitaine qui s’était montrer si détestable sembla soudain de bien meilleure humeur. Tout au fond, il sentait encore cette frustration qui grondait, mais l’apparition du végétal le réjouissait assez pour mettre son impatience de côté. Après tout, il y aura d’autres occasions pour s’emporter contre son Trésor, il le savait.

    « Bonne fille. »

    Le capitaine allait ajouter quelque chose, mais soudain des cris se firent entendre sur le pont. Des voix roques, probablement un peu éméchées, qui riait et hurlait beaucoup trop fort. Des bruits de choses que l’on casse et des gens que l’on bouscule... Bref, une bagarre! Le capitaine Crochet leva les yeux au ciel et soupira bruyamment. Même pas capable de laisser cette bande d’abrutis de pirate d’eau douce seuls quelques heures !? La colère du pirate fit brutalement surface. Il s’éloigna de la captive et avec rage, se rapprochant de la table et de la chaise. Il remit son majestueux chapeau de capitaine ainsi que son manteau rouge, exaspéré que son équipage ne lui donne pas la chance de savourer plus longtemps cette victoire.

    « On reprendra un autre jour si tu le veux bien ? Je n’ai plus le temps de faire mumuse avec toi ma jolie…»

    Il remit la chaise à sa place sous la table, déplaçant pas la même occasion les clés de quelques centimètres sans le faire exprès, par chance leur tintement n’était pas assez fort pour surplomber les loups de mer mal dégrossit au-dessus. Le pirate n’y prêta pas du tout attention, à la fois trop furieux contre ses hommes et content de la séance de torture. D’un pas rapide, le capitaine alla écraser avec le bout de sa botte le cigare encore allumer que lui avait arraché Lyana, il tenait trop à son bateau pour le voir brûler de manière si stupide. Soudain, un coup de feu retentit au-dessus de leur tête et Crochet s’enflamma.

    « AH NON ! UNE SEULE TACHE DE SANG SUR LE PONT DE MON NAVIRE ET JE VOUS LE FAIT NETTOYER AVEC VOTRE LANGUE ESPÈCE DE BANDE D’IDIOTS !»


    Et en un éclair, James avait pris la direction de la sortie, délaissant la jeune femme dans le noir. Il claqua la porte derrière lui avec assez de puissance pour faire s’éteindre la chandelle grâce à une brise d’air. Avec empressement, le capitaine tenta de refermer le cadenas qui séparait son trésor du reste du monde, mais lorsqu’un second coup de feu retendis, ses mains se firent moins sûres et croyant avoir entendu le ‘’clic’’ distinctif du cadenas verrouiller, le capitaine remonta les escaliers, ne se doutant pas une seconde qu’une erreur s’était glisser dans la manœuvre. Faisant claquer les talons de ses bottes sur les planches du navire pour que l’on entende son arrivé, Crochet dégaina le pistolet accrocher à sa taille. Un attroupement s’était fait pas très loin du mat, les plus malins s’écartèrent rapidement du chemin du capitaine et les autres reçurent un coup de cross derrière la nuque comme avertissement. Très vite, les spectateurs se calmèrent un à un de comme si la présence de Crochet les rendait soudainement muet et les paralysait sur place. Les paris avait été ouvert semblait-il car le capitaine vit des bourses changées de main discrètement. Au centre de cette arène improviser, deux de ses matelots luttait couteau entre les dents et fusil en main, tous les coups bat était permis. Les deux lutteurs n’étaient que masse de muscle et de tatouage de toute sorte, mais l’aura de fureur que dégageait James Hook les dépassait de loin en force. Malgré tout, les deux énergumènes ne remarqua pas l’arrivé de Crochet, trop occuper à faire crier grâce leur adversaire, sauf que le renégat n’aimait pas tellement qu’on l’ignore de la sorte. Il chargea son arme et tira dans les airs. La détonation fit éco dans les alentours puisque tous avait cessé leur raffut et les deux combattants se regardaient mutuellement de manière médusé, cherchant à comprendre lesquels des deux avaient tiré, mais le silence de leur compagnon leur fit très vite comprendre que quelque chose n’allait pas. Et puis, la voix du capitaine s’éleva.

    « Je vous demande d’accoster le navire dans un endroit sûr, de faire ça discrètement, car nous devons passer inaperçu… ET VOUS TRIPPLE BUSE VOUS VOUS CROYEZ AU CARNAVAL !? »

    Un cliquetis inquiétant se fit entendre. Le pistolet de Crochet était de nouveau près à tirer. Les deux filous n’osaient regarder le capitaine dans les yeux et avalèrent leur salive difficilement. La tension était palpable dans l’air. Tant pis pour la discrétion, c’était déjà foutu à cause de tous ces incompétents qu’il avait comme équipage ! Ils ne méritaient même pas que James gaspille une balle… La journée était décidément très longue.

    « Vous deux, corvée de cuisine jusqu’à notre prochaine destination, compris ?»

    Les deux hommes hochèrent vigoureusement la tête en baragouinant des excuses, trop heureux d’échapper de justesse à une mort prématurée. Ils avaient de la chance après tous, il semblerait que le capitaine soit dans un bon jour pour être aussi… disons… moins sadique. L’attroupement de pirate se dispersa, les discussions reprenaient, tous étaient désireux de s’écarter le plus vite possible de James. Malheureusement, le plus hardi d’entre eux, l’un des premiers à s’éclipser, se permis une réflexion à voix base qui ne rata pas de capter toute l’attention du Capitaine Hook.

    « Rabat-joie de poisson pourris…»

    BANG! Et une balle entre les deux yeux, une ! Le coup avait éclaboussé de sang les matelots autour du corps. Ce dernier tomba au sol dans avec un craquement sinistre. Le capitaine s’était retourné si vite pour tirer que personne n’avait vu le coup venir, pourtant, les plus anciens membres de l’équipage ne furent pas impressionner du spectacle, cela arrivait régulièrement.

    « Hum. Ça défoule… Maintenant, jeter moi ça par-dessus bord !» dit-il avec froideur.

    James rangea son arme. Il regarda ses hommes s’exécuter sans sourciller puis laissa son regard perçant scruter l’horizon et soupira. À ce stade, seule l’océan savait le calmer… Le soleil se couchait déjà donnant ainsi au ciel des teintes fantastiques de rose et de bleu. Ces couleurs semblaient même se rependre jusqu’à la mer dont les quelques vagues faisait à peine tanguer The Jolly Roger. Il aimait profondément l’eau, elle au moins n’était jamais muette et ne le faisait pas tourner en bourrique… Le capitaine connaissait très peu ses hommes, du moins, ceux en qui il n’avait pas confiance. Celui qui venait de passer dans les portes de l’enfer n’avait qu’un nom et une fonction dans la mémoire de Hook. Steve ou Stewart… Bref quelque chose du genre… Pfff, même pas un vrai nom de pirate !

    « Alors… QU’EST-CE QUE VOUS REGARDEZ COMME ÇA ?! RETOURNEZ AU BOULOT ! »

    Lorsqu’un des matelots passa près de lui, Crochet lui fit l’honneur de lui dérober sa bouteille de rhum et lui donna un bon coup de pied pour qu’il s’active un peu à la tâche. Arrachant le bouchon de liège avec ses dents, le capitaine ne se fit pas prier pour en prendre une longue gorgée de la liqueur. Ça aussi ça l’aiderait surement à lui changer les idées… D’un pas plus léger, James se dirigea vers sa cabine en sifflotant puis disparu à nouveau dans les entrailles du navire, laissant ses hommes se charger à savoir qui ferai les premières rondes cette nuit. Pour sa part, le capitaine se doutait qu’il n’arriverait probablement pas à dormir. La bête l’avait surement entendu hurler contre ses hommes. La bête savait qu’il était là et avec la chair fraiche qu’il venait de lui offrir, ce satané crocodile ne manquerait probablement pas l’occasion de venir le hanter…
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MessageSujet: Re: Captivité ... [Crochet & Lyana]   Dim 2 Sep - 15:37
Crochet & Lyana


Comment avait-elle pu commettre une telle erreur ? Après des jours et des jours murée derrière le silence, après de longues heures à résister aux menaces du Capitaine et à demeurer de marbre face aux tortures qu'il lui infligeait, Lyana avait brisé sa promesse de ne jamais satisfaire son kidnappeur. Si bêtement ! Ce n'étaient ni les coups, ni les cris qui étaient venus à bout d'elle, mais de simples mots, prononcés de façon anodine. En même temps, jusqu'à présent, il ne s'en était pris qu'à elle et seulement à elle et n'avait jamais mentionné une personne de son entourage. Mais l'évocation de son mari qui, elle en était certaine, ne pouvait être mort, avait suffit à la faire sortir de ses gonds. Lyana était furieuse contre elle-même d'avoir ainsi faibli et la lueur de désir qui s'était affichée dans le regard du Capitaine à la vue de cette maudite rose ne faisait qu'accroître sa colère. Crochet avait trouvé son point faible et l'utiliserait sans doute contre elle à chaque fois qu'il voudrait lui tirer quelques richesses. Lyana ne pouvait concevoir que son mari était mort, elle en était quasiment certaine, mais elle ne pouvait s'empêcher de douter. Le Capitaine avait-il menti ? Oui était-ce simplement une ruse pour la forcer à parler ? Elle serait bien incapable de le dire.

Le Capitaine ne semblait pas énervé de n'avoir récolté qu'une simple rose, au contraire, la colère avait quitté son visage. Une grande satisfaction s'affichait maintenant sur ses traits et, tout en humant la rose rouge sang qu'il avait ramassé, il paraissait perdu dans ses pensées. Soudain, faisant tressaillir Lyana, il leva son redoutable crochet entre eux. Louchant sur le membre de fer, la jeune femme n'eut pas besoin d'explications : elle aurait pu être encore plus amochée si elle n'avait pas daigné desserrer les lèvres. Toujours revêche, elle lança tout de même un regard assassin au Capitaine qui avait reprit son ton faussement aimable. Lorsque ce dernier approcha son crochet de son visage, Lyana ferma craintivement les yeux et de légers tremblements lui parcoururent le corps lorsqu'elle sentit le métal frôler son visage. Soudain, surprenant Lyana au point de lui faire ouvrir les yeux, elle sentit Crochet glisser la rose derrière son oreille. Les larmes qui avaient quelques instants cessé, se manifestèrent à nouveau, faisant briller les yeux bleu de la jeune femme. Se moquait-il d'elle ? Elle avait l'impression d'être une poupée, un jouet offert aux mains de ce pirate pour lui permettre de passer le temps. Elle ne parvenait à saisir son caractère : tantôt il faisait preuve de brutalité et de violence à son regard, et la seconde d'après il semblait presque courtois et délicat. Comment pouvait-il faire volte-face aussi aisément ? C'était incompréhensible mais aussi effrayant.

Coupant net le fil de ses pensées, des cris retentirent au-dessus de leurs têtes. Lyana leva les yeux vers le plafond, se demandant ce qu'il pouvait encore bien se passer sur ce navire de fous. Le Capitaine, visiblement exaspéré, se leva et alla remettre son long manteau et son chapeau, tout en lui disant qu'il prenait congés d'elle. Observant les moindres faits et gestes de Crochet, son regard finit par se poser sur le trousseau de clés qu'il avait tombé quelques minutes plus tôt. Elle l'avait complètement oublié. Levant doucement les yeux vers le Capitaine, elle regarda s'il s'était rendu compte de la perte de ses clés. Visiblement non, il semblait trop pressé de remonter sur le pont pour aller dire deux mots à son équipage. Le mince espoir qui avait naquit en elle s'intensifia quelque peu, surtout lorsque le pirate fit bouger les clés de quelques centimètres dans sa direction, sans même s'en rendre compte. Tâchant de paraître aussi naturelle que possible et de ne pas montrer la lueur d'espoir qui brillait dans ses yeux, Lyana attendit patiemment que le Capitaine quitte la pièce. Elle sursauta brusquement lorsqu'un coup de feu retentit sur le pont et que Crochet se mit à hurler : il n'y avait pas que contre elle qu'il s'emportait visiblement. Prenant la sortie, il fit s'éteindre la chandelle, replongeant une nouvelle fois Lyana dans le noir absolu mais elle ne s'en offusqua pas, tant elle était impatiente de se retrouver totalement seule. La chance sembla jouer encore en sa faveur lorsque ses oreilles à l'ouïe affinée ne perçurent pas le petit « clic » caractéristique du cadenas fermé. Regardant vers la porte par où était parti le Capitaine, elle entendit les bruits de pas de ce dernier s'éloigner. Se pouvait-il qu'il n'est pas fermé le cadenas ?! Avec tous les cris et coups de feu sur le pont, il était fort possible qu'il ne se soit pas rendu compte de son erreur... Une erreur qui était favorable à Lyana.

Les yeux de Lyana se réhabituèrent rapidement à l'obscurité de la cale et, dès qu'elle fut certaine que Crochet se soit éloigné pour de bon, elle fixa le trousseau de clé. Il fallait à tout prix qu'elle trouve un moyen de l'attraper. Des chances comme celles-là, elle n'en aurait pas deux, elle ne pouvait donc pas se permettre d'échouer. D'un geste, elle retira la rose derrière son oreille et la lança à l'autre bout de la cale puis, serrant étroitement sa main brisée contre elle – elle l'avait oublié sur le moment mais la douleur était revenue au galop – elle s'allongea sur le sol et rampa vers le trousseau. En s'étirant au maximum, sa cheville emprisonnée hurlant de douleur et le bras tendu au point de lui faire mal, il y avait toujours deux bons mètres qui la séparaient des clés. S'asseyant sur le sol, Lyana réfléchit à toute vitesse. Au-dessus d'elle, elle entendit le rugissement du Capitaine, suivit quelques instants après d'un coup de feu... La jeune femme se demanda un instant de quelle longueur pouvait bien être la durée de vie d'un pirate sur ce navire. Compte tenu des sautes d'humeur de Crochet, cela ne devait pas être plus de quelques semaines !

Respirant à fond, Lyana regarda autour d'elle pour trouver quelque chose dont elle pourrait se servir. Il avait bien des meubles et des caisses dans cette cale, mais bien trop éloignés d'elle pour qu'elle puisse même les effleurer. Tout ce qu'elle avait, c'était cette chaîne qui lui entravait la cheville et la robe qu'elle portait. La robe... La princesse serra un bout de sa robe entre ses doigts valides. C'était du tissu utilisé par les couturières royales, donc épais avec plusieurs broderies, donnant un peu de poids à cette tenue. Les sourcils froncés, Lyana tenta le tout pour le tout. Empoignant du mieux qu'elle put le tissu, elle tira dessus avec force, faisant sauter coutures, perles et broderies. Elle réussit à déchirer un large morceau puis, à l'une des extrémités, elle fit un nœud de taille importante. Le soupesant, elle jugea que cela devrait faire l'affaire. Priant pour que le Capitaine n'ait pas l'idée de venir lui faire une nouvelle visite surprise, la jeune femme fixa le trousseau de clés et lança sa bande de tissu qui atterris juste derrière l'objet. Concentrée, Lyana serra l'extrémité de tissu qu'elle avait dans la main et tira fort vers elle. Poussé par le nœud qu'elle avait fait, le trousseau bougea de quelques centimètres vers elle. « Ça marche ! » Pensa-t-elle, un large sourire se dessinant sur ses lèvres. Répétant son geste à plusieurs reprises, Lyana fit peu à peu avancer le trousseau vers elle.

Au bout de quelques minutes, les doigts de Lyana se refermèrent sur le trousseau. Tremblante, elle observa toutes les clés accrochées. « Pitié, faites que la bonne clé y soit ! » . Jugeant la taille de la serrure des fers qui l'enchaînaient, la jeune femme glissa différentes clés dans la serrure, son cœur accélérant chaque fois un peu plus. La chance continua à lui sourire car, avec sept tentatives, une petite clé se glissa parfaitement dans la serrure et, avec un « Clic » les fers s'ouvrirent, libérant sa cheville. Pleurant presque de joie, Lyana repoussa les fers et toucha sa cheville. Elle grimaça de douleur et espéra qu'elle pourrait tenir debout. Avant de se redresser, elle arracha un autre morceau de sa robe et improvisa une écharpe qu'elle passa autour de son cou pour maintenir sa main brisée. Elle ne pouvait faire mieux mais elle s'en contenterait. S'appuyant au mur, Lyana se releva doucement sur une jambe, le dos raidit d'être si longtemps restée assise. Puis, doucement, elle posa son pied blessé au sol. Sa cheville n'apprécia guère d'être sollicitée et cela se traduisit par une douleur qui lui remonta dans une partie de la jambe. Cependant, bien décidée à quitter ce maudit navire, Lyana surmonta la douleur et avança en claudiquant vers la porte. Plaquant son oreille contre la porte, elle s'assura que personne ne se trouvait derrière puis, hésitant, elle posa sa main sur la poignée et l'actionna doucement. Miraculeusement, son ouïe ne l'avait pas trompé, le Capitaine avait mal fermé le cadenas car, à la pression de la poignée, la porte s'ouvrit. Respirant profondément pour se calmer, Lyana jeta un coup d’œil prudent dehors et ses yeux tombèrent sur un escalier qui semblait mener sur le pont. Au vue des faibles lueurs qui lui en parvenait, le soleil était en train de se coucher. Parfait ! Elle allait attendre une petite heure que la nuit soit complètement tombée puis, elle tâcherait de quitter ce navire.

Plus tard, lorsqu'elle fut certaine que la nuit était tombée, Lyana décida de se risquer à l'extérieur de sa cellule. Elle s'était débarrassé du reste du tissu en lambeau qui constituait sa robe, si bien qu'elle se trouvait à présent seulement vêtue de son corsage et de son jupon. Elle devait ressembler à une véritable sauvage avec ses vêtements en lambeaux, ces cheveux en bataille et le sang qui maculait sa figure, mais ce n'était guère le moment de jouer les délicates. La jeune femme comptait bien quitter ce navire cette nuit-là, alors qu'importe sa tenue. Bien que douloureuse, sa cheville se montrait un peu plus coopératrice et elle pouvait ainsi marcher plus facilement.
Posant sa main valide sur le poignée, Lyana ouvrit la porte. Elle vérifia que la voix était libre puis quitta la cale en refermant la porte derrière elle. A pas de loup, ses pieds nus frôlant silencieusement le plancher, elle progressa jusqu'à l'escalier qui menait au pont. Elle savait qu'il y aurait plusieurs pirates sur sa route, faisant leur ronde ou autres activités, aussi se tenait-elle prête à se cacher, l'oreille bien tendue. Lyana grimaça lorsque les marches de bois craquèrent sous son poids mais personne ne vint, aussi continua-t-elle son ascension. Lorsqu'elle fut presque en haut des escaliers, elle risqua un œil sur le pont et sentit son cœur manquer un battement : une bonne dizaine de pirates se trouvaient sur le pont, certains endormis, d'autres longeant le navire. Tournant la tête de l'autre côté, Lyana aperçut une barque sans aucun pirates aux alentours. Elle allait devoir la voler, c'était le seul moyen pour elle de s'évader ; sa main cassé et sa cheville en lambeaux lui interdisaient de s’élancer à la nage. Ne se demandant pas comment elle allait pouvoir mettre l'embarcation à la l'eau, elle attendit que les pirates regardent ailleurs et s'élança silencieusement hors des escaliers.

Silencieuse comme la nuit et rapide comme l'éclair, Lyana progressait sur le pont, bondissant derrière une caisse ou un tonneau si un pirate venait à passer près d'elle ou regardait dans sa direction. Son cœur battait la chamade et son souffle était rapide alors qu'elle atteignait enfin la barque. Celle-ci se trouvait sur une partie du bateau qui n'était apparemment pas très surveillée par l'équipage, ce dernier se trouvant sur l'autre côté du navire, ce qui arrangeait grandement la jeune femme. Cependant, son enthousiasme diminua quelque peu lorsqu'elle se retrouva devant l'embarcation : comment allait-elle pouvoir la mettre à l'eau ? Elle n'avait aucune idée de comment il fallait s'y prendre et son bras en écharpe n'arrangeait rien. Alors que faire ? Tournant sur elle-même en quête d'idées, Lyana se mordillait la lèvre en priant pour qu'un pirate ne vienne pas vers elle. Maintenant qu'elle se trouvait là, il était hors de question qu'elle se fasse prendre ! « Réfléchis, réfléchis! Si tu ne peux pas prendre la barque, trouve autre chose !! » S'ordonna-t-elle. Soudain, une main se posa sur l'épaule de la jeune femme. Retenant un hurlement, Lyana fit volte-face, terrorisée. Elle se retrouva nez à nez avec un membre de l'équipage, mais pas n'importe lequel : c'était le pirate qui l'avait nourri lorsqu'elle se trouvait dans la cale. Celui-ci avait les sourcils froncés et Lyana crut voir une lueur d'hésitation dans ses yeux. Elle s'attendait à le voir crier que la prisonnière s'était échappée mais il n'en fit rien. Voyant un espoir de s'échapper, la jeune femme le fixa avec des yeux implorants et articula silencieusement « Pitié ! ». Le pirate sembla indécis encore quelques instants puis, à la grande surprise de la princesse, il s'approcha de la barque et commença à la faire descendre sur l'eau. N'en croyant pas ses yeux, elle regarda l'homme qui, d'un signe de tête, lui fit signe de monter dans la barque. Obéissant, Lyana grimpa à bord de l'embarcation et, avant que le pirate continue de la faire descendre, elle murmura sincèrement :

-Merci.

Un diamant sorti alors de sa bouche et c'est sans hésitation qu'elle le glissa dans la main du pirate. Semblant surpris, ce dernier se ressaisit vite et fit descendre la barque. Lorsque qu'elle toucha l'eau silencieusement, Lyana défit les cordages qui la retenait au bateau puis, empoignant les rames, elle commença à s'éloigner du bateau. Sa main cassée la freinait dans ses mouvements mais elle serra les dents pour surmonter la douleur et rama de toutes ses forces.

Alors qu'elle s'était éloignée de quelques mètres, un bruit curieux retentit aux oreilles de Lyana. Tic, tac. Tic, tac. Cela ressemblait au bruit d'un réveil. Un réveil dans l'eau ? S'arrêtant de ramer, la jeune femme scruta les eaux noires de la nuit, et poussa un cri terrible lorsqu'elle vit un immense crocodile nager droit vers elle.
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MessageSujet: Re: Captivité ... [Crochet & Lyana]   Dim 14 Oct - 17:58


    « Tick – Tock, goes the clock…»


    Une lampe à l’huile était suspendue au plafond, se balançant au grès des mouvements du Jolly Roger sur l’eau. Elle diffusait une lumière tamisée, voir terne dans la grande cabine du capitaine Hook. Il n’avait pas eu envie d’allumer les autres lampes ou bougies, les ténèbres lui allaient très bien comme cela. En contraste avec les mercenaires qu’il engageait, le capitaine avait été élevé dans la richesse et la volupté. Même si le foyer familial s’était vite révélé être une prison aux barreaux dorés, James avait gardé un penchant pour les jolies choses. Sa cabine en était un bon exemple, à la fois simple et élégante. Les meubles ne s’harmonisaient pas parfaitement. Restant de ses nombreux pillages, les différentes essences de bois se complétaient plus qu’elles ne se ressemblaient, mais les dorures, la beauté des accessoires et la finesse des motifs étaient un fil conducteur dans la pièce. Une masse détonnait cependant, la silhouette d’un mobilier imposant recouvert d’un drap trainait dans un coin, un autre fantôme du passé de Crochet qui prenait la poussière. Derrière son grand bureau en chêne, le pirate contemplait les innombrables cartes qui s’étalaient devant ses yeux. Certaines d’entre elles montrait le Neverland sous toute ses coutures et faisaient partie des rares exemplaires que James avait dessiné lui-même lors de ses temps perdus. Peu importe ce que les gens disaient, le capitaine était attaché au pays imaginaire et le fait de ne plus pouvoir y naviguer tranquille, l’exaspérait au plus haut point.

    Le capitaine était nerveux, chaque grincement du vieux rafiot le faisait sursauter. James redoutait plus que tout le jour où le reptile se déciderait à faire une entrée fracassante au travers de la coque du navire, y faisant un trou béant avant de venir le cueillir avec ses crocs… Bref, Crochet se faisait tout un scénario, ignorant même si le crocodile avait véritablement la force d’un tel exploit. Il soupira et pris sa tête entre ses mains. Il devait se calmer, ne serait-ce que pour avoir les idées claires et espérer que le sommeil veuille bien l’emporter d’ici les prochaines heures. L’agitation était tel que le pirate se releva pour la millième fois de son fauteuil et fit les cents pas dans la cabine. Au moins, il avait passé une bonne journée, non ? Il avait fait avancer The Jolly Roger sur ses étranges océans qui dépassaient le Neverland sans encombre. Sa prisonnière lui avait enfin adressé une parole et, même s’il s’agissait d’une insulte probablement bien mérité, le pirate ne pouvait s’empêcher de penser que s’était là un signe avant-coureur d’une fortune prochaine… Aaaah il devait se détendre, peut-être qu’il n’y avait même pas de raison de se tourmenter comme ça… Il n’y avait encore aucun Tic-Tac qui se faisait entendre… Fumer ! Oui, fumer le détendrait surement, après tout, il avait déjà finie la bouteille du matelot…


    Le pirate s’approcha de son grand manteau rouge qu’il avait accroché sur une patère et il plongea la main dans sa poche à la recherche d’un cigare, frôlant le papier désiré, il ne s’en saisit pas tout de suite. Quelque chose clochait, soudainement soucieux, le pirate décrocha son habit de sur le porte-manteau et le secoua doucement. James fronça les sourcils, s’était trop léger et de plus, il y manquait un tintement familier. Une vague de panique monta en Crochet qui retourna ses poches avec empressement. Mouchoirs, cigares, allumettes et cartouches de balle se retrouvèrent sur le sol. C’était inutile, elles n’y étaient pas… Ses clés avaient disparues ! Avec sa rage habituelle, Crochet jeta son manteau sur le sol et sortie de la cabine en trompe tout en maudissant tous les saints du ciel. Il n’y avait que très peu de pièces où pouvaient se trouver ses clés et l’une d’entre elles pourrait être catastrophique, du moins, pour ses plans. Le capitaine remonta sur le pont à toute vitesse, traversa celui-ci tout en scrutant le sol, mais rien. La brise fraiche du soir ne le gênait pas vraiment, malgré qu’il ne portait qu’une chemise entre ouverte, un pantalon de toile, ses bottes et ses armes. Les vigiles le regardèrent passé, mais vue la mauvaise humeur du pirate, ils n’osèrent pas lui demander quoique ce soit. Il piqua vers les escaliers menant à la cale, mais dû s’arrêter brusquement.

    « Tu fais quoi là ? » lança-t-il sèchement.

    Mouche et lui était nez à nez, l’un sortant de la cellule et l’autre voulant y entrer. Dans le meilleur des cas, son second était allé porter des vivres à la princesse comme le soupçonnait le capitaine, autrement… Il fallait qu’il en ait le cœur net ! James fit un pas pour contourner Mouche, mais celui-ci s’obstina à lui barrer le chemin. Soudain, l’escalier parut très étroit aux pirates. Le capitaine fronça les sourcils, la dernière chose dont il avait besoin en ce moment s’était son second qui se décidait enfin à le défier. James ne demandait jamais à son collègue d’approuver ses actions, tant et aussi longtemps qu’il ne se mettait pas au travers de sa route. Bref, si ce n’avait pas été Mouche devant lui, n’importe qui aurait reçu un poignard dans le dos depuis longtemps…

    « Mouche, écarte-toi de mon chemin. »

    Sa voix était sifflante et emplie de menace, mais cela ne fit même pas broncher son interlocuteur. Ce manque d’intérêt énerva Crochet encore plus et voulant répliquer à ce silence, ses lèvres s’entrouvrir pour exprimer toute sa rage, mais quelque chose l’en empêcha. Tic… tac…. Tic…. Tac… Un son inquiétant semblait sortir des murs, un son trop souvent entendu et tant redouté. Crochet écarquilla les yeux et Mouche perdit de son assurance quand soudain, un cri fendit l’air. C’était celui d’une femme. C’était celui son Trésor. Montant les marches quatre à quatre, Crochet couru jusqu’à la rambarde et scruta les eaux à la recherche de l’origine du cri. Une éclaircie dans le ciel nuageux permis à la lune d’éclairer la surface changeante de l’eau et soudain, Crochet l’aperçu. Son trésor, si petite dans une barque instable, fixant quelque chose qui d’un seul regard, glaça le sang du pirate. La bête était aussi énorme que dans ses souvenirs et bien plus terrifiante que dans ses cauchemars. Et ce si désagréable bruit d’horloge empli soudainement l’air, se rapprochant toujours. Derrière lui, le capitaine entendit Mouche qui réveillait l’équipage et leurs pas rapides sur les planches du navire. Ils attendaient des ordres, car pour la plupart, de sauver une demoiselle en détresse n’était pas leur premier réflexe. Cependant, James n’avait rien à leur dire. Il réfléchit à toute vitesse et pourtant, pendant quelques secondes, son corps était bel et bien figé. Le pirate était face à un beau dilemme, devait-il prendre le risque d’affronter une fois de plus le sinistre reptile qui hantait ses nuits d’angoisses ou le laisser dévorer un trésor inestimable ? L’idée de lancer un matelot par-dessus bord pour distraire l’animal lui avait bien traversé l’esprit, mais encore une fois, ce n’était que temporaire, la jeune femme n’aurait jamais la chance de revenir au bateau à temps. Bref, il fallait faire quelque chose, sinon s’était foutu. Au loin, on voyait la bête écailleuse ouvrir sa grande gueule dentée pour fracasser la barque. James serra le poing pour s’empêcher de trembler et son regard glacé scruta les alentours en quête d’une idée quand soudain, il remarqua la poulie et les cordes près de lui.
    Oh il sentait que ça n’allait pas lui plaire…


    « Mouche… Essai de ne pas me laisser tomber, d’accord ? »

    Tout se passa très vite, avant même de laisser le temps à son second de comprendre ses mots, le capitaine monta sur le rebord du navire, attrapa une des cordes épaisses qui maintenaient les voiles fermées et la coupa brusquement avec le tranchant de son crochet, puis sauta dans le vide. Les voiles blanches du navire s’ouvrir brusquement, se gonflèrent à cause de la brise marine, mais grâce à l’encre bien au fond de l’eau, le navire ne bougea pas d’un pouce. Mouche attrapa assez rapidement le reste du cordage pour empêcher le capitaine de faire un petit plongeon forcé dans la lagune. Le mouvement de balancier permis à James de s’approcher rapidement du reptile et de lui asséner un bon coup de pied sur le museau, histoire qu’il ne prenne pas une bouchée de la petite embarcation. Tel Tarzan dans les lianes, le pirate profita du rebond pour revenir se poser plus ou moins en douceur dans la chaloupe de son Trésor, les faisant tanguer dangereusement. Il lança un regard qui en disait long sur ce qu’il pensait de la situation à la demoiselle, mais ne lui dit rien. Le moment n’était pas venu de parler. La bête écailleuse se mis alors à faire des ronds autour de l’embarcation, trop heureuse de retrouver son met préféré. Elle se préparait à un second assaut et Crochet, tant qu’à lui, avait un problème. Il n’avait pas réfléchis du tout apparemment. C’était du suicide cette histoire et James commençait à s’en rendre compte. N’importe quel prince charmant aurait pu faire l’affaire, prendre la princesse dans ses bras et se faire remorquer jusqu’au navire, mais Crochet n’était pas un héros. La vérité était qu’avec un seul bras, il n’aurait pas la force de se tenir pour tous les deux sur la corde. De plus, l’inverse était aussi vrai. Crochet soupira et rassemblant tout le courage qu’il n’avait pas, il se tourna vers la jeune femme, lui tendant le cordage.

    « Attache ça autour de ta taille, mes hommes vont te ramener à bord… Ne t’inquiète pas, c’est moi que cette sale bête veut et personne d’autre… Allez hop !»

    Avant que le crocodile ne revienne trop près d’eux, ou que la princesse ne le questionne d’avantage, James lança la prisonnière en fuite hors de l’embarcation de fortune. Dégainant son pistolet, le pirate se prépara à faire diversion. Il tira, une puis deux fois, mais au troisième coup, un cliquetis inquiétant lui indiqua que son chargeur était vide. Les balles ne blessaient pas l’animal, tout juste effleuraient-elles ses écailles, mais voulant protéger ses yeux, la bête n’osait fondre directement sur lui. Ses douilles encore fumantes jonchaient le sol, le pirate tirait mal, sa peur commençait à prendre le dessus. La princesse avait peut-être eu le temps de s’éloigner du danger et, tirée hors de l’eau par son équipage, elle avait toute ses chances de s’en sortir. Pas comme lui qui s’étonnait encore de la folie qui l’avait pris. James tapota sa ceinture, mais se rappela brusquement que ses autres balles étaient toutes éparpillées sur le plancher de la cabine. Il jura à mainte reprise et se traita d’idiot.

    Brusquement, Hook fit un bon sur le côté pour éviter que la queue du gigantesque crocodile ne l’envoi valser parmi les flots. La rustique petite chaloupe commençait à être très déséquilibré, surtout lorsque le pirate atterrie à l’autre bout de celle-ci. Sa chute le fit apercevoir quelque chose qui brillait sous un des bancs de l’embarcation et, tendant sa main valide, le pirate attrapa ce qui lui semblait être l’un des plus gros diamants qu’il n’avait jamais vu. Un grondement féroce lui fit comprendre que le crocodile revenait à la charge, furieux de perdre une proie, mais excité par la présence de son pirate favori. Crochet ferma les yeux quelques secondes, il savait qu’il allait regretter son geste. Se relevant brusquement, le pirate attendit que le reptile ouvre une fois de plus sa grande bouche et quand ce fut le cas, il lança la pierre précieuse dans le fond de la gorge du monstre. Un bruit roque lui confirma que l’animal aurait du mal à digérer. Pendant que son ennemi au sang-froid avala péniblement le diamant, Crochet s’arma d’une des rames et la bloqua de travers dans la mâchoire du reptile. S’il n’était pas aussi désespéré, le pirate aurait gémis de se retrouver aussi près des dents ivoires du crocodile. Son plan semblait fonctionner, le reptile s’ébrouait dans l’eau, se secouait la tête et s’éloignant de la barque paniqué, car en plus de s’étouffer, il avalait de l’eau à grande gorgé étant incapable de refermer sa bouche. Un crocodile qui se noie, cela aurait été une première et Crochet se serait fait un plaisir de sortir une de ses phrases cinglantes pour l’occasion, mais il avait mieux à faire du mince moment de répit qui lui était imparti. Priant pour que la rame reste en place, James se décidait enfin à plonger vers le bateau, nageant de toute ses forces malgré son infirmité les quelques mètres qui le séparaient de son bateau adoré. Devant lui, une corde lancée par ses hommes lui apparue et, au même moment, un son de bois que l’on fracasse se fit entendre derrière lui. Le stress et tous ses efforts faisaient en sorte que la respiration de Crochet était difficile, même après sa remontée sur le pont sain et sauf. Il était temps, un peu plus et le capitaine allait devenir fou avec tous ses tic-tacs…


    On l’aida à se relever, par orgueil, il cacha le mieux possible ses tremblements à la fois dû au froid, mais aussi à la peur. Ses vêtements lui collaient à la peau et son premier réflexe fut de vérifié s’il avait toute ses armes avec lui. Discrètement, Mouche lui proposa de lui amener du thé pour se réchauffer dans sa cabine et le félicita de ce sauvetage qui aurait pu virer au drame, bref, tout sauf des excuses. Le capitaine l’écoutait à peine et éternua bruyamment. Au loin, on vit le crocodile furieux se venger sur les restes de la sommaire barque en bois qui sombra tout doucement, puis l’animal disparut avec l’épave dans les profondeurs de la lagune. Crochet sourit nerveusement. Pour une rencontre avec son pire cauchemar, la fin était satisfaisante. D’ailleurs parlant de fin qui justifiait les moyens, James scruta le pont à la recherche de la demoiselle à l’origine de tout cela. Il la vit un peu plus loin, entourée par une horde de pirates. Malgré toute sa cruauté, Hook devait admettre qu’elle avait bien assez souffert pour aujourd’hui et écartant ses hommes violement, il empoigna la jeune femme par le bras et la soutira des regards des autres en s’engouffrant dans sa cabine, la tirant de force derrière lui. Le capitaine aurait dû être en colère contre sa prisonnière qu’elle se soit évadée de sa cellule, qu’elle lui est volée une barque et pour finir, qu’elle l’oblige à affronter cet affreux crocodile. Pourtant, il se sentait si lasse que même sa rage ne l’atteignait plus. Crochet referma la porte derrière eux et lâcha le bras de la princesse, lui donnant le temps de souffler un peu. Il se dirigea vers une armoire plutôt massive et en ressorti de quoi les réchauffer.

    « Tient, je n’ai que des habits d’homme, il va falloir t’en contenter. Là- bas, il y a un grand bol et une cruche d’eau pour te nettoyer… » dit-il simplement en pointant une commode surmontée d’un miroir un peu floue pas très loin de son bureau en chêne.

    Le capitaine éternua à nouveau et réprima un frisson. Manquerait plus qu’il tombe malade en plus de tout ça… Il tendit les vêtements secs à la princesse et s’en pris également pour lui avant de refermer la porte de l’armoire. Ensuite, James s’agita pour faire passer son énervement. Il alla ramasser son manteau rouge et le contenu de ses poches sur le sol, les remettant sur la patère. Puis, sortant un mouchoir, il essuya son crochet et son épée pour éviter la rouille ainsi que son visage. Il agissait vite et ne pris pas la peine de savoir si la jeune femme avait quoique ce soit à lui dire entre temps, après tout, le silence lui allait si bien !

    « Derrière le rideau dans le coin, c’est ma chambre. Tu y dormiras aussi, ne t’affole pas trop vite, il y a un canapé et un lit. Ce soir, tu peux prendre le lit, je ne pense pas m’endormir avec toute cette agitation. Au fait, quand bien même tu sortirais de la pièce, sache que cette sale bête dehors ne nous lâchera pas avant un bon moment au cas où une seconde tentative d’évasion te tentera. Tu resteras dans ma cabine, c’est mieux que de te frotter à l’équipage et comme ça, au moins, je t’aurai à l’œil. Essai de ne pas faire trop de bêtise, ne m’oblige pas à te rattacher au mur… »

    Voilà, tous avait été dit pour le moment. De façon rapide et sèche, preuve de son cœur qui battait toujours de frayeur dans sa poitrine. Crochet ne pouvait prendre le risque de laisser la jeune femme seule pendant ne serait-ce qu’un instant. La probabilité qu’elle trouve une arme ou se donne la mort était trop grande maintenant qu’elle se savait bel et bien prise au piège. James était un solitaire, la présence de la jeune femme dans sa cabine l’embêtait un peu, mais il n’avait pas tellement le choix. Il n’avait pas eu le temps d’aller vérifier si son trousseau de clés était encore dans la cellule et maintenant que la curiosité de l’équipage avait été piquée au vif, James ne pouvait se permettre de laisser sa captive sans surveillance. Et après ce qui s’était passé, demander une telle tâche à Mouche était inconcevable... Crochet soupira, il commençait tout juste à se détendre, mais dans quoi diable s’était-il embarqué ? Sans ses clés et sans confiance, il ne pouvait que se fier à lui.

    Le capitaine posa les yeux sur la princesse en haillons, il la détailla longuement, peut-être plus que le voudrait la décence. Il remarqua son peu de vêtement, ses blessures et sa fatigue. Cette nuit n’avait pas dû être de tout repos pour elle non plus et il est vrai qu’il ne l’avait pas ménagé durant le jour. James remarqua à quel point la faim et la soif se lisait dans cette silhouette frêle et quelque peu tremblotante... Crochet se retourna de ce spectacle, ne préférant pas s’embarrasser de pensées inutiles. D’une seule main, le pirate tenta de déboutonner sa propre chemise détrempée, il était frigorifié par son exploit et des vêtements secs n’étaient pas un luxe. Cependant, le processus était long et ardu pour cause de son membre de métal, mais il en avait l’habitude maintenant… Soudain, sans se retourner pour laisser une chance à la demoiselle de se changer sans gêne, il lui lança quelques mots qui le surprirent lui-même…


    «… est-ce que ça va ? »



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MessageSujet: Re: Captivité ... [Crochet & Lyana]   Sam 20 Oct - 18:09

Crochet & Lyana

C
auchemar. C'est le seul mot qui vint à l'esprit de Lyana lorsqu'elle aperçut cette immense bête nager tout droit vers elle. Tout, ce jour-là, avait pris des allures de cauchemars. Après ce qu'elle avait vécu dans cette cale sombre, après avoir été frappée par le Capitaine Crochet, après avoir été torturée autant physiquement que psychologiquement, Lyana pensait que les choses ne pourraient pas aller plus mal. Lorsqu'elle avait vu ce petit trousseau de clés sur le sol et lorsqu'elle n'avait pas entendu le bruit du cadenas qui se refermait sur la porte de sa cellule, elle avait imaginé que le pire était loin derrière elle. La jeune femme avait eu le soudain espoir que la chance qui lui avait permis de quitter sa vie misérable chez sa mère et qui l'avait amené à croiser le chemin de Jack, lui souriait à nouveau. Enfin, elle avait eu l'opportunité de sortir de sa cellule obscure dans laquelle elle était cloîtrée depuis des jours et de prendre une barque pour quitter à tout jamais ce maudit navire ! Lorsqu'elle avait empoigné les rames et s'était mise à pagayer de toutes ses forces pour mettre le plus de distance entre le bateau pirate et elle, Lyana avait senti la joie la submerger, au point qu'elle avait eu envie de rire afin de faire exploser son bonheur : elle était libre ! Enfin elle revoyait le ciel, l'air lui caressait à nouveau le visage ! Enfin, elle allait pouvoir rentrer chez elle et retrouver son mari, peu importe le temps que cela lui devait lui prendre, tant qu'elle ne revoyait plus jamais le visage du Capitaine Crochet.
Malheureusement, cette euphorie qui l'avait habitée s'était évanouie à l'instant où elle avait vu les écailles de la bête briller à la lueur de la lune, ronde et scintillante. Jamais Lyana n'avait vu de crocodile ; avant de quitter la maison de sa mère, elle ne savait même pas que cela existait. Ce savoir, elle l'avait acquis dans la bibliothèque du château, dans les livres qui parlaient de la faune et de la flore. Ce reptile, elle l'avait vu en dessin dans un ouvrage et rien que cette petite esquisse l'avait faite frissonner. A présent qu'elle en voyait un en grandeur nature et bien qu'elle sût à quoi cela ressemblait la jeune femme n'en croyait pas ses yeux : jamais elle n'aurait pu imaginer qu'un animal pouvait être aussi immense. Mais ce qui l'inquiétait le plus, au-delà de la taille impressionnante de la bête, ce fut sa longue gueule qui devait abriter un nombre de crocs largement suffisant pour la déchiqueter en quelques secondes.

Tétanisée, Lyana observait l'animal nager vers elle, sans se presser. Bizarrement, ce Tic, tac. Tic, tac semblait émaner de lui, et le bruit s'intensifiait au fur et à mesure qu'il se rapprochait d'elle. La jeune femme réalisa qu'elle avait cessé de pagayer et elle ordonna aussitôt à ses bras de recommencer à ramer. Malheureusement, ses membres refusèrent de lui obéir. Chacun de ses muscles s'était figé à la vue du crocodile et, bien qu'elle se fit violence pour se remettre un mouvement, aucun de ses membres ne bougea d'un centimètre. Les yeux écarquillés de terreur, le visage mortellement pâle et la bouche légèrement entre-ouverte, Lyana ne pouvait détacher son regard de ce qui n'allait pas tarder à la dévorer. Ainsi, c'était ainsi qu'elle allait finir : elle allait servir de repas à la bête la plus effroyable qui lui avait été donné de voir. Depuis qu'elle se trouvait enfermée dans cette cale sombre, la jeune femme avait eu le temps d'imaginer comment elle allait finir ses jours : mourir de faim ou de soif, succomber sous les coups du Capitaine Crochet ou même mettre fin à ses jours elle-même en s'étranglant avec un bout de sa robe. Mais finir dans le ventre d'un crocodile... C'était bien la dernière chose à laquelle elle pouvait s'attendre.

Inexorablement, la bête se rapprochait, visiblement ravie d'avoir quelque chose à se mettre sous la dent. Avalant sa salive avec difficulté, Lyana se mit à trembler de tout ses membres, au point de faire vibrer la barque qui paraissait soudain bien petite et fragile à côté du crocodile. Soudain, par-dessus le Tic, tac que produisait la bête, des bruits lointains résonnèrent aux oreilles de la jeune femme, comme des échos. Tournant très légèrement la tête, Lyana regarda en direction du navire dont elle s'était éloignée de quelques mètres : plusieurs pirates s'amassaient sur le pont et en regardant vers elle. Parmi eux, elle aperçut également son bourreau, sans manteau ni chapeau, qui avait les yeux braqués sur elle et sur la bête. Même de loin, elle vit la colère dans son regard. En cet instant, elle ne savait pas ce qui était le pire : savoir qu'elle allait se faire dévorer par un monstre marin ou bien que son évasion avait été découverte. Supposant que le Capitaine Crochet réussissent à la ramener sur son navire, Lyana imagina quelle allait être la fureur de ce dernier, et finit par se dire qu'être mangée par le crocodile n'était peut-être pas si mal comme option. Au moins, la bête en aurait vite terminé avec elle alors que le pirate pourrait la torturer des jours et des jours. Oui, valait mieux le monstre marin plutôt que le bourreau au crochet !Tout en espérant faiblement pouvoir s'en sortir vivante de cette expédition, Lyana se mit à prier de toutes ces forces pour que la crocodile l'avale avant que les pirates trouvent un moyen de la récupérer. La jeune femme se demanda un instant ce qu'ils pouvaient bien faire pour elle ; il y avait très peu de chances pour que Crochet accepte de risquer sa peau pour une prisonnière et elle doutait que les membres de l'équipage se portent volontaire pour aller affronter un animal trois fois plus gros qu'eux.

Ce qui se passa ensuite, Lyana eut bien du mal à le croire : elle aperçut le Capitaine grimper sur le rebord du navire, se saisir d'un des cordages et se mettre à voler dans les airs, suspendu à sa corde. Elle ouvrit un peu plus la bouche, stupéfaite devant ce spectacle insolite : ce genre de cascade, elle n'en avait vu que dans des livres. Trop occupée à regarder le Capitaine se livrer à un exercice digne d'un singe, Lyana ne s'était pas rendue compte que le crocodile était à présent juste à côté de la barque. A moins d'un mètre d'elle, la bête ouvrit une gueule immense, dévoilant une rangée de dents impressionnantes. La jeune femme recula un peu plus dans la barque. Il allait détruite l'embarcation, cela ne faisait aucun doute. Un cri de terreur monta dans la gorge de Lyana mais se bloqua lorsque la gueule du crocodile se referma brutalement sous le coup que lui administra le Capitaine Crochet qui avait terminé son vol plané. Celui-ci atterrit dans la barque qui tangua dangereusement. S'agrippant à un des bords de l'embarcation, Lyana croisa le regard furieux du Capitaine et déglutit avec difficulté. Elle était formelle : le crocodile aurait sans doute été une fin plus douce. A présent qu'ils se trouvaient tous les deux dans la barque avec le crocodile qui semblait frétiller d'avoir un nouveau met à déguster, Lyana se demanda ce que Crochet comptait faire. Elle sursauta lorsqu'il se tourna soudain vers elle et ce qu'il lui dit la surpris : ses hommes allaient la ramener à bord. Et lui alors ? Qu'est-ce qu'il avait l'intention de faire ? Il ne comptait tout de même pas rester là ? Le temps qu'elle soit sur le navire, elle aurait tôt fait de se faire engloutir ! Un éclair rebelle refit surface chez la jeune femme qui eut envie de refuser d'écouter le Capitaine, préférant affronter cette mort-là, mais avant qu'elle puisse émettre le moindre son, Crochet lui mit le cordage dans la main et la jeta littéralement dans l'eau.

Remontant rapidement à la surface, Lyana se cramponna à la corde sa main valide. Incapable de l'attacher autour de sa taille, la princesse s'accrocha comme elle put tandis que les pirates à bords étaient déjà en train de la tirer. Tournant la tête, elle s'assura que le crocodile ne s'intéressait plus à elle. Elle vit Crochet dégainer son pistolet et tirer sur les écailles luisantes du crocodile qui ne sembla même pas les sentir. Lyana n'en vit pas plus, elle essayait de se tenir à la corde, battant vainement de ses jambes. S'il n'y avait pas eu la corde et si le Capitaine l'avait simplement jeté à l'eau comme ça, il y a longtemps qu'elle serait morte : elle ne savait pas nager et la pensée de devoir sa vie à un simple cordage tiré par une troupe de pirates ne lui plaisait guère.

Enfin, les pirates la hissèrent sur le pont et Lyana lâcha aussitôt le cordage. Ses dents se mirent à claquer de façon incontrôlable : l'eau dans laquelle elle avait été plongée était gelée. Tous ces membres étaient frigorifiés, ses chevaux trempés retombaient mollement sur ses épaules et sur son front, le peu de vêtements qu'elle portait lui collaient à la peau, épousant toutes formes et les dévoilant par endroits à cause de leur transparence. Croisant ses bras sur sa poitrine, sa main blessée lui faisant toujours aussi mal, la jeune femme redressa la tête et s'aperçut que tous les membres de l'équipage avaient les yeux braqués sur elle... ou plutôt sur son corps à moitié dévoilé. La peur s'empara de Lyana lorsqu'elle vit la même lueur de désir dans leur regard. Reculant à petit pas, elle observa l'équipage s'avancer vers elle, formant un cercle autour d'elle. Regardant de tout côtés, la jeune femme chercha un endroit par où s'échapper mais tout les pirates autour d'elle ne laissaient aucune ouverture. Tremblant à présent autour de froid que de peur, Lyana sentit les larmes lui monter aux yeux : allait-on un jour la laisser tranquille ?

Au moment où elle allait fondre en larmes, Lyana aperçut le Capitaine Crochet, tout aussi trempé qu'elle, qui se faisait remonter par ses hommes. Bizarrement, la jeune femme fut heureuse de le voir : elle avait eu le mince espoir qu'il se fasse dévorer par la bête mais, à présent qu'elle se trouvait encerclée par son équipage, elle ne désirait qu'une seule chose, qu'il la prenne avec lui et la remette dans sa cellule. Lui, au moins, malgré les coups et les menaces, n'avait jamais été indécent avec elle. Il restait correct par certains côtés. Comme répondant à son appel à l'aide, Crochet s'approcha en bousculant et la prit par le bras pour l'entraîner loin de l'équipage. Lyana s'attendait à ce qu'ils descendent les marches vers la cale mais, à sa grande surprise, ils passèrent une porte qui abritait, la jeune femme le comprit en un coup d’œil, la cabine du capitaine. Une fois qu'il lui eu lâché le bras, elle jeta un regard circulaire dans la pièce. Elle trouva la cabine assez harmonieuse et élégante ce qui ne l'étonna pas : rien qu'à son style vestimentaire, elle avait deviné que le Capitaine était quelqu'un qui avait du goût et appréciait l'élégance. Parmi tous les meubles, Lyana en vit un recouvert d'un grand draps blanc, et se demanda vaguement ce qu'il pouvait abriter.

La faisant sortir de ses pensées, Crochet lui tendit des vêtements secs et lui indiqua également une cruche d'eau où elle pouvait se nettoyer. Lyana suivit du regard l'indication du pirate et prit les habits dans ses bras, déboussolée. Pourquoi ne l'avait-il pas ramener à sa cabine ? Et pourquoi lui donner des vêtements ? Certes, elle était dans un bien triste état mais, n'était-elle pas une prisonnière ? Après tout ce qu'il lui avait fait subir, elle ne s'attendait pas à ce type – pouvait-on employer ce termine?- d'attention. Le Capitaine éternua soudain et Lyana vit que ses vêtements lui collaient autant qu'à elle et qu'il devait aussi être gelé. La princesse était toujours étonnée qu'il se soit lancé lui-même à sa rescousse. Oh, elle ne se faisait pas d'illusions, elle savait que c'était uniquement pour son pouvoir qu'il était venu la sauver mais elle ne pensait pas qu'il irait jusqu'à effectuer le sauvetage lui-même, surtout qu'il n'avait pas eu l'air plus rassuré qu'elle face au crocodile.

Le Capitaine lui indiqua alors où se trouvait sa chambre. Lyana se braqua aussitôt et le regarde d'un air horrifié mais elle se détendit lorsqu'il précisa qu'il dormirait sur le sofa tandis qu'elle prendrait le lit. La jeune femme était dans l'incompréhension totale et adressa à Crochet un regard interrogatif : pourquoi lui offrir le luxe de dormir dans un vrai lit ? Il n'avait pas été si prévenant lorsqu'il l'avait enchaîné dans une cale sombre où elle n'avait rien à boire ni à manger et où elle devait se contenter du plancher pour se reposer. De toute façon, elle n'avait pas l'intention de dormir dans le lit du pirate qui l'avait séquestré. Sa fierté le lui interdisait. Apparemment, c'était pour qu'il l'ai à l’œil... Évidemment, après la tentative d'évasion qu'elle venait de faire, il ne risquait pas de la lâcher. D'autant plus que, sans la bête, elle aurait réussi. La jeune femme eut alors une pensée pour le pirate qui l'avait aidé à s'échapper : elle espérait que le Capitaine n'en avait rien su. Crochet précisa alors que le crocodile était toujours dans les parages ; Lyana baissa la tête, désespérée. Certes, dans la barque, elle choisissait le crocodile plutôt que Crochet, mais maintenant qu'elle était de nouveau à bord, elle n'avait aucune envie de côtoyer à nouveau les crocs de l'animal.

La jeune femme fini par s'apercevoir que Crochet la détaillait mais elle se sentait si faible qu'elle n'eut même pas la force de se détourner. Elle n'avait qu'une envie : dormir, dormir et oublier cette horrible journée. Avec un peu de chance, elle se réveillerait dans son vrai lit, près de son mari, et elle se rendrait alors compte que tout ceci n'avait été qu'un horrible cauchemar. Le Capitaine se détourna alors et commença à déboutonner sa chemise. Lyana, elle, resta immobile au milieu de la cabine du capitaine. Ses vêtements en loques pendaient sur elle et l'eau qui les avait imprégné s'écoulait lentement à ses pieds nus, formant peu à peu une flaque d'eau autour d'elle. Elle monta lentement une main à sa visage et se rendit compte qu'elle avait toujours son visage maculé de sang séché. Elle jeta un coup d’œil à la carafe d'eau et à la cuvette sur le petit meuble. Peut-être se sentirait-elle un peu mieux après s'être lavée le visage, histoire d'effacer quelques marques de cette journée monstrueuse. Elle fit un pas vers le miroir lorsque Crochet, toujours de dos, lui posa une question qui la surpris : est-ce qu'elle allait bien ?

Par réflexe, Lyana faillit répondre « oui » mais le mot resta coincé dans sa gorge, refusant de franchir ses lèvres. Sans qu'elle puisse se retenir, les larmes coulèrent à flot sur ses joues. Elle pleurait tant que sa vue se brouilla, l'empêchant de voir distinctement la pièce. La voix tremblante et chargée de sanglots, elle murmura :

« Non... »

Une perle sortit de sa bouche et ricocha sur le sol mais elle ne s'en préoccupa pas. Lorsqu'elle avait été remontée sur le navire, elle avait ressentit la déception de ne pas avoir réussi à s'échapper mais elle avait quand même tenu le coup. Mais à la question du Capitaine Crochet, quelque chose avait cédé en elle. C'était la chose en trop qui avait ouvert les vannes. Non. Bien sûr que non ça n'allait pas ! Elle était loin de chez elle, loin de son mari, le premier être qui lui avait offert de l'amour ; elle avait été enfermé des jours dans une cale sombre, la cheville entravée par une chaîne qui lui avait lacéré la peau ; elle avait souffert de la faim et de la soif ; elle avait souffert des menaces du Capitaine ; elle avait enduré tout les coups qu'il lui avait porté... Et là, alors qu'enfin elle avait eu une opportunité de mettre fin à tout cela, de quitter le navire pour de ne plus jamais y retourner... Elle avait échoué... Ce genre d'occasion qui n'arrivait pas deux fois, elle l'avait laissé filé. Elle se sentait vide. Il n'y avait plus rien en elle, toute la volonté, le courage et la détermination qui l'avaient habité durant sa séquestration, tout cela, ça avait disparu. Il ne ressentait désormais que le désespoir. Elle avait déjà souffert toute son enfance, après la mort de son père, elle avait été traitée comme une esclave par sa mère et sa sœur n'ayant jamais droit à une marque d'affection. Pendant près de vingt ans, elle avait enduré cela et là, alors qu'enfin elle trouvait le bonheur, qu'enfin la chance tournait en sa faveur, on le lui arrachait. Purement et simplement. Elle n'en pouvait plus de tout cela. Lentement, Lyana se laissa glisser sur le sol, à genoux, ne sentant plus la moindre force en elle.

« Pourquoi m'avez-vous sauvé ? Pourquoi vous ne m'avez pas laissé mourir ?! Qu'est-ce que vous voulez de moi ? Des diamants, des trésors ?! Je vous les donnerai si vous voulez ! Je vous donnerai tout ce que vous voulez, mais, par pitié, laissez-moi partir ! Je vous en supplie ! Même, tuez-moi si vous préférez mais ne me forcez pas à rester sur ce navire ! Laissez-moi...Pitié...  »

Un flot de diamants, de perles et de fleurs jaillirent à chaque suppliques de Lyana, se déversant sur le sol de la cabine. Elle n'avait plus aucune volonté. Désormais, elle se moquait que le Capitaine obtienne ce qu'il voulait d'elle, tant qu'elle avait une possibilité de quitte ce navire, que cela soit vivante ou morte.

code by biscotte
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MessageSujet: Re: Captivité ... [Crochet & Lyana]   Mer 24 Oct - 3:38






James + Lyana


« Le sommeil n’est pas un lieu sûr. » ☠

Il retira sa chemise détrempée et la jeta négligemment sur le son bureau, faisant virevolter quelques parchemins à l’atterrissage. Il frissonna au contact de l’air sur sa peau, la cabine n’était pas tellement plus chaude qu’à l’extérieure, il devait bien y avoir un moyen de les réchauffer... James était toujours de dos, exposant ses quelques cicatrices dû à sa vie de mercenaire. Le capitaine avait vue pire et ce qui lui restait de son bras gauche le lui rappelait bien. D’un pas lent, il alla ouvrir l’un des tiroirs de son grand bureau à la recherche d’allumette, il n’eut pas à en chercher très longtemps. L’obscurité quitta peu à peu la pièce au même rythme que Crochet allumait un chandelier et quelques vieilles lampes à l’huile. La lumière avait quelque chose de chaude et de réconfortante qui éloignait même les images de crocodile de sa tête. Inutile de dire qu’il faisait bien attention à ne pas mettre le feu. La pile de vêtement qu’il s’était sorti préalablement attendait tout près. Il enfila difficilement la chemise, car son crochet bien aiguisé menaçait constamment de trouer le tissus, malgré tout, le capitaine claquait encore des dents. Pour le reste, la boutonner et le pantalon, il s’en changerait plus tard…

« Non…»

Un murmure tremblant lui répondit, un mot plein d’émotion et de brisures. Le capitaine ne s’attendait plus à une réponse de sa captive, il se figea, une expression de surprise sur ses traits. Il s’était fait à l’idée que ses richesses seraient dures à atteindre, qu’il devrait trouver maintes stratégies pour soutirer quoique ce soit à la délicate princesse. Il avait joué au chat et à la souris dans cette cale si sombre pendant des jours et des jours… Mais ses oreilles ne le trompaient pas et ses yeux encore moins. Une conversation s’entamait-elle ? Il avait du mal à y croire. Pourtant, une perle roula jusqu’à ses bottes, il l’attrapa entre ses doigts, la faisant briller à la lumière. Il touchait au but, finalement, mais cela, il l’avait déjà compris depuis son corps à corps avec le monstre qui le hantait. Dès l’instant où sa main s’était refermée sur la pierre précieuse dans la chaloupe, il avait compris qu’il n’avait pas fait tous ces efforts pour rien. Un diamant pour un cri et une perle pour un sanglot... Il ne put s’empêcher de songer que tous cela avaient un quelque chose de poétique.

La suite pourtant, il ne sut trop quoi en penser. James glissa la perle dans une de ses poches et se retourna vers la jeune femme, la retrouvant sur le sol, à genoux, plus désespérée que jamais. Tant de pourquoi pour si peu de réponses à lui donner. Il ne savait pas lui-même les raison pour lesquelles il avait sauté comme ça de la rambarde, ni même pourquoi il lui avait donné la corde au lieu de la laisser à son sort et pour sauver sa propre peau. Le pirate était bien assez cruel pour laisser une princesse crevée de faim et de soif dans la cale alors, pourquoi pas dans une barque au beau milieu des eaux ? James aurait pu simplement profiter de la chance qu’il avait de ne pas être à sa place entre les dents du crocodile, pourtant, ce n’était pas ce qui s’était passé. Mais est-ce que ça avait vraiment de l’importance dorénavant ? Non, autre que d’avoir bien servit l’objectif qu’il s’était donné, Crochet ne voyait aucune autre explication possible alors il ne s’embarrassait pas de tel questionnement. Il avait agi sur un coup de tête et il avait failli le regretter amèrement, point final. C’était un peu ça être un pirate, non ?

Sortant de ses réflexions, le capitaine ne put réprimer un sourire triomphal à la vue de l’amas de pierres, de fleurs et de perles qui s’amassait sur le sol de la cabine. Il avait gagné leur petit jeu malsain finalement. Lui donner tous ce qu'il voulait ? C’était un bon début, bon d’accord, ça lui avait quand même valu un petit sauvetage improvisé, mais au moins, il en avait fini avec ses joutes de silence. La laisser partir ? La tuer ? Après son vol plané direct sur un reptile géant, s’était un peu du gaspillage d’énergie, non ? Crochet détacha enfin son regard azuré des petits trésors sur le plancher et le reposa sur la prisonnière. Son sourire s’effaça à moitié, pendant quelques secondes, lui aussi se demandait ce qu’il allait bien pouvoir faire de sa captive…


« De la pitié ? Tu en demandes à la mauvaise personne jolie cœur…»

Certes, il avait déjà vue – et fait - pleurer des femmes, mais contrairement à toutes ces autres fois, il n’avait pas à se soucier d’elles par la suite. Là, c’était différent. Tous étaient différents, car il n’était plus seul désormais à vivre dans l’ombre de sa cabine. Crochet toussa bruyamment. Son trésor, secouée par les sanglots, implorant pour que son enfer cesse, était bien réelle et il ne s’en débarrasserait pas si facilement, enfin, pas tout de suite. Il désirait encore d’avantage de jolies choses à porter de la main et les aurait. De plus, avec un peu de chance, il n’aurait plus à la faire pleurer pour les avoir…

« Allons, inutile de pleurnicher, cela ne t’apporteras rien. Ni la paix, ni la mort. Tu ne fais que te rendre ridicule. »

Et lui, mal à l’aise, car il se savait d’un piètre réconfort, pas qu’il cherchait sincèrement à la consoler, mais en ce moment, elle lui rappelait une gamine qui viendrait de faire un mauvais rêve et ça ne lui plaisait pas plus que cela. Crochet soupira, il était trop fatigué pour continuer de jouer au méchant pirate et c’était inutile. Ses cheveux mouillés lui collèrent au visage lorsque James se pencha au niveau de sa prisonnière, d’une main, il attrapa l’un des diamants qui étaient apparus – il ne pouvait s’en empêcher -, puis plongea son regard dans celui humide de sa captive. Le capitaine n’aurait su dire lesquels des deux brillaient le plus… Il lâcha la pierre.

« Ça m’apprendra à poser des questions idiotes…» dit-il en levant les yeux au ciel. « Viens, c’est l’heure de dormir maintenant, que tu le veuilles ou non. Tu en as besoins. »

C’était évident, elle n’avait probablement plus la force de se lever vue son état. Le sang et ses quelques tremblements le lui prouvaient bien. Crochet repris alors les vêtements qu’il lui avait tendus de ses mains glacées, les posant sur son épaule pour les transporter plus facilement. D’une voix étrangement douce, le pirate lui souffla de ne pas bouger avant de se rapprocher d’elle. Il passa son membre de métal sous les jambes délicates sans effleurer sa peau d’albâtre de son crochet. Son autre main alla prendre appuis dans le dos de la jeune femme, la plaquant contre son torse sans violence. Puis, James la souleva dans ses bras comme la jeune mariée qu’elle était, une situation un peu ironique au sens du pirate. Ils prirent la direction de la chambre à coucher et du mouvement d’épaule, le pirate écarta le rideau qui séparait les deux pièces. La chambre était décorée beaucoup plus simplement, un lit aux contours ouvragés, une énorme armoire, un sofa agencé aux papiers peints et une petite table de nuit sur lequel reposait une boite de fer forgée. Le capitaine déposa sa jolie poupée sur le lit avec précaution, sans un mot, il s’assit à ses côtés se disant qu’une prisonnière endormie serait bien plus facile à surveiller. Ensuite, il attrapa la boite de fer forgée sur la table de nuit et l’ouvrit. À l’intérieur, on y voyait la silhouette exacte du crochet de Hook imprimé dans du velours, mais il y avait bien plus, soulevant le compartiment de rangement, une multitude de bandages médicaux apparurent. Après tout, avant d’être une arme, le membre de métal du sinistre capitaine était aussi une blessure… Il déposa le coffret sur le lit. Sans se pressé, le pirate défit l’enroulage de tissus précaire autour du cou et du poignet cassée de sa victime en sectionnant le pansement du bout de son crochet et lui expliqua comment faire un support adéquat avec l’un des bandages. La prisonnière ne résista pas, comme démunie de toute vitalité. Sa main à lui n’était pas suffisante et de plus, il tremblait pour aucune raison. Une autre toux lui échappa… La fatigue probablement.

« … Cela diminuera la douleur et t’aidera à t’endormir. » termina-t-il simplement. « C’est décevant… Moi qui croyais que tu allais me divertir encore quelques temps… Au final, tu es comme toutes les autres, pas plus résistantes qu’un poisson hors de l’eau : vigoureuse au début, mais sur le dos rapidement. »

Il ne savait pas trop ce qu’il cherchait à faire en disant cela. Provoquer probablement, essayer d’animer un peu les traits de la jeune femme pendant quelques secondes tout du moins. Elle avait quand même réussi a l'impressionné, tout se temps à s'emmurer dans son propre silence, le poussant à bout... Non, ses autres prisonniers n'avait jamais survécus aussi longtemps. La comparaison avec un poisson n’était pas très flatteuse et il en savait quelque chose… Oh, détrompez-vous, le capitaine était plutôt satisfait de la tournure des évènements, seulement, il détestait l’ennui qui le tiraillait constamment après la victoire. Maintenant qu’il détenait la jeune femme, qu’elle ne pouvait plus s’enfuir aussi aisément, le pirate ne prévoyait pas baisser sa garde pour autant.

« Déjà, tu vas te changer avant de tomber malade, j’ai déjà bien assez de soucis comme ça... Et puis, si tu ne t’en charge pas, je trouverai bien un moyen de te mettre ces vêtements sur le dos moi-même… »

Soudain, sa voix repris des teintes plus menaçantes. Si ses mots ne la faisaient pas réagir, autre chose le ferait peut-être... Il aurait fallu être aveugle pour ne pas le remarquer, même ses hommes s’étaient fait ce petit plaisir de constater à quel point la jeune femme était désirable dans sa misère. Ses vêtements en lambeaux qui ne cachaient déjà pas grand-chose n’avait été que plus révélateurs avec l’eau de la mer, soulignant la gracieuse silhouette de la jeune femme et donnant des envies de possession à la plupart des hommes… Mais James n’était pas comme tous les autres, préférant l’or et le rhum à bien des choses, il n’était pas insensible pour autant. Qui sait, autan l’obstination de la jeune femme l’avait fait enrager quelques heures plus tôt, autan James s’amusait à en tester les limites même après avoir atteint une récompense… Un mince sourire se dessina sur ses lèvres, un sourire bien moqueur. Le pirate referma le couvercle du coffret, perdu dans ses pensées, il lassa sa main glisser sur le satin des draps, frôler le pied de la jeune femme une, puis deux fois, avant de remonter avec une infinie douceur vers la cheville de sa captive du bout des doigts. Dans une caresse furtive, le capitaine lassa sa main baladeuse continuer son ascension jusqu’au genou de la belle, soulevant un peu les lambeaux de la robe au passage...

« La chaine t’as laissé des marques elle aussi on dirait…» dit-il d’une voix mielleuse en parlant de la cheville blessée de son Trésor.

Il n’avait pas d’idée précise en tête, seulement une envie de palper les limites de la princesse, lui donner tout ce qu’il voulait ? Ce serait trop facile, même-ci, s’était terriblement tentant... James se demandait s’il avait réellement réussi à éteindre toute volonté de sa prisonnière si rebelle. Deviendrait-elle aussi banale que les filles du port en manque d’affection ? Au fond, il espérait autre chose... Il ne lui promettait rien, ni de partir, ni de vivre, mais le capitaine avait d’autre envie. Le pirate voulait encore jouer…

© Macha





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MessageSujet: Re: Captivité ... [Crochet & Lyana]   Sam 27 Oct - 0:00

Crochet & Lyana

U
n mouvement du Capitaine fit légèrement lever la tête de Lyana. Son visage était humide à cause des nombreuses larmes qui dégoulinaient sur ses joues et disparaissaient dans ses cheveux et son cou. Les vêtements de Crochet qu'elle tenait dans ses bras étaient à présent légèrement humides et froissés par ses mains crispées. Il devait être satisfait : enfin il avait ce qu'il désirait. Lyana avait totalement cédé et répandait milles richesses sur le plancher, au fur et à mesure qu'elle lançait des prières au Capitaine. Comme pour approuver ses pensées, un souvenir triomphant illumina les traits du pirate. Lorsque Crochet dit qu'elle n'avait pas intérêt à attendre de la pitié de sa part, Lyana se sentit encore plus accablée et réprima un sanglot qui lui montait dans la gorge. Comment avait-elle pu se monter si naïve ? Il était évident qu'un pirate comme lui, qui l'avait torturé des jours et des jours afin d'obtenir un seul diamant, avait une pierre à la place du cœur. Pourquoi se laisserait-il attendrir par les pleurs d'une vulgaire prisonnière qu'il ne gardait en vie que pour satisfaire ses désirs de richesses ?

Le Capitaine Crochet déclara ensuite qu'elle était ridicule d'agir ainsi, la jeune femme inspira bruyamment et baissa la tête, les paupières étroitement closes. Ces mots, dis de façon si froide et dépourvue de compassion, Lyana avait l'impression que ce n'était pas la première fois qu'elle les entendait : sa mère s'adressait à elle exactement de cette façon lorsqu'elle vivait sous son courroux. Combien de fois s'était-elle fait critiquée lorsque sa mère la battait pour une quelconque raison et que la jeune femme la suppliait d'arrêter ? Depuis qu'elle avait quitté cette maison maudite, Lyana pensait avoir dépassé tout cela, convaincue que ce type de remarques ne pouvaient plus l'attendre. Visiblement, elle se trompait. Ces paroles la touchaient toujours autant et elle se sentit alors pitoyable. Elle n'avait donc pas évolué. Comment ne pas se sentir minable de toujours se laisser anéantir par de simples mots, sans être capable de répliquer et être seulement apte à supplier. La jeune femme avait conscience d'être ridicule, elle devait offrir un spectacle minable. Mais elle ne savait comment réagir. Très égoïstement, telle une enfant, elle voulait rentrer chez elle et pleurait pour obtenir ce qu'elle voulait. Envolée sa détermination, il ne restait d'elle qu'un immense vide.

Lyana leva craintivement les yeux en voyant le Capitaine se pencher vers elle. Il ramassa l'une des pierre qui étaient sorties de sa bouche et l'observa quelques instants, semblant fasciné par l'éclat du diamant. Puis, chose qui surpris la jeune femme, il lâcha la pierre et planta son regard dans le sien. Crochet déclara qu'il était temps pour elle d'aller dormir. La jeune femme fit une moue contrariée : elle s'était comportée comme une enfant, il réagissait en conséquence. Il faisait comme s'il adressait à une gamine et cela déplaisait fortement à Lyana. Elle n'était pas être traitée de la sorte. Elle ne voulait plus avoir affaire à une personne qui agissait exactement comme sa mère en sa présence. Inspirant profondément, la princesse tâcha de retrouver la détermination qu'elle avait quelques heures plus tôt. Il fallait qu'elle se ressaisisse. Elle avait eu un moment de faiblesse, mais les paroles du Capitaine avait eu l'effet d'une décharge, comme pour lui signifier de redevenir la prisonnière farouche qu'elle avait été pendant plusieurs jours. Une légère lueur de volonté s'alluma dans ses yeux bleus. Oui, elle allait arrêter de se comporter comme une gamine et redevenir la femme qui avait la ferme intention de ne pas faciliter les choses au pirate qui lui avait volé sa vie.

Le Capitaine se redressa et Lyana comprit qu'elle devait se lever. Cependant, toute force avait déserté son corps et, à présent qu'elle était au sol, elle ne désirait plus le quitter. Soudain, Crochet lui prit les vêtements qu'elle tenait toujours dans ses mains puis, après lui avoir murmuré de ne pas bouger, il la prit délicatement dans ses bras et la souleva du sol. La jeune femme frissonna au contact du crochet qui effleura ses jambes mais elle fut soulagée qu'il ne laisse aucune marque sur sa peau. Lyana se retrouva plaquée contre le torse à moitié nu du pirate. Gênée et déstabilisée par ce contact, elle s'immobilisa et se raidit entre les bras de Crochet, essayant de ne pas être trop collée à lui. Malgré ce désagréable contact, la princesse fut heureuse de ne pas avoir à se lever d'elle-même : ses membres ne l'auraient sans doute pas soutenu plus de quelques secondes. Portée par le Capitaine, Lyana découvrit alors sa chambre qui était décorée de façon aussi élégante que le reste de la cabine, quoique plus simplement. Avec une douceur qu'elle ne lui soupçonnait pas, la jeune femme fut déposée sur le lit du pirate. Elle le regarda fixement, une vague lueur d'interrogation dans le regard : il la critiquait, lui assurait qu'elle allait encore devoir vivre – ou survivre – sur ce navire de l'enfer, et ensuite il se faisait preuve de délicatesse avec elle, allant jusqu'à lui épargner quelques souffrances. Suivant les moindres de ses gestes, la princesse observa Crochet s'asseoir près d'elle – elle s'éloigna aussitôt de quelques centimètres – et prendre une petite boîte. Lyana constata alors qu'elle contenait des bandages. Elle se demanda pourquoi le Capitaine en avait une si grande quantité sur sa table de chevet, puis ses yeux se posèrent sur le crochet de métal. La jeune femme avait supposé qu'il avait perdu une de ses mains dans un combat ou quelque chose comme cela, mais elle n'avait jamais réellement pensé que cela pouvait être douloureux, même entièrement cicatrisé. La jeune femme fixa le crochet jusqu'à ce qu'un geste du pirate dans sa direction la fasse tressaillir. Lentement, il retira la bande de tissu qu'elle s'était fabriquée tant bien que mal pour soutenir sa main brisée. Crochet lui expliqua comment se faire un bandage plus solide et Lyana exécuta ses directives, trop épuisée pour faire la forte tête. Elle se demanda vaguement pourquoi il lui soignait les blessures qu'il lui avait lui-même infligé mais sa main lui faisait si mal qu'elle préféra ne pas se poser trop de question et faire son bandage avant qu'il ne change d'avis et la laisse dans son état. Lyana parvint tant bien que mal à faire un bon support pour sa main, ce qui la soulagea immédiatement. Néanmoins, ses doigts tordus l'inquiétait et elle se demanda s'ils parviendraient à reprendre leur forme initiale.

La voix du Capitaine Crochet brisa le court silence qui s'était établit dans la cabine. Ce qu'il fit ranima la colère dans le cœur de Lyana qui le regarda en fronçant les sourcils. Un poisson ? Il la comparait à un poisson ? Elle qui s'était murée dans le silence pendant des jours et lui avait même tenue tête, il osait l'associer à un animal sans vie ? De plus, il parlait de distraction. C'était vraiment tout ce qu'elle était à ses yeux : un objet de distraction, un vulgaire pantin destiné à lui faire passer le temps et qu'il pouvait manipuler dans tous les sens. Lyana serra les dents, sentant la fureur monter en elle. Un pantin... Il allait voir. Le pantin n'allait pas se faire plus facile à vivre quoiqu'il en pense. Ce n'était pas parce qu'il l'aurait toujours sous les yeux qu'elle ne ferait plus la forte-tête. La jeune femme n'était pas un vulgaire jouet, et elle le lui montrer à la première occasion qui se présenterait !

Le capitaine se pencha vers elle en lui ordonnant de changer de vêtements et lui fit un sous-entendu qui agaça Lyana plus qu'il ne l'effraya. Ses yeux étaient toujours brillants des larmes qui avaient coulé à flots mais elle se tenait à présent bien droite et ne fuyait pas le regard du pirate. Après la douceur, le retour des menaces. C'était donc comme ça qu'il fonctionnait : tantôt il s'adressait à elle d'un ton doux et mielleux pour l'amadouer, puis il prenait un ton agressif et affichait un regard menaçant pour se faire obéir et l'effrayer. Lyana se dit, qu'avec le temps, elle parviendrait à bien saisir sa personnalité et, avec un peu de chance, savoir comment en jouer et comment y réagir.

Soudain, un sourire moqueur se dessina sur le visage du capitaine. Un sourire qui, pour le coup, commença à inquiéter Lyana. Surprenant son mouvement, la princesse suivit du regard la main du capitaine et caressa doucement la draps avant de s'approcher dangereusement de sa cheville blessée par les fers. Au frôlement de ses doigts contre sa peau, la jeune femme rabattit du mieux qu'elle pu ses jambes contre elle et lança un regard à la fois effrayé et ébahit au capitaine. Elle qui croyait qu'elle avait échappé aux pulsions pleines de désirs des membres de l'équipage, voilà qu'elle se retrouvait enfermée dans la cabine du seul homme sur le bateau dont elle pensait qu'il n'agirait jamais de la sorte. Lyana venait une nouvelle fois de prouver sa naïveté pour la nature humaine. Enfin, surtout la nature de l'homme. Ne semblant pas réagir au recul de la jeune femme, Crochet promena à nouveau ses doigts vers sa cheville qu'il frôla une seconde fois. Dépassant le léger contact, le pirate vint alors poser ses doigts sur la peau de la jeune femme, déclenchant un frisson chez cette dernière. Pas un frisson de plaisir, loin de là, mais un frisson d'horreur. La main légère comme un papillon, Crochet la fit lentement remonter le long de la jambe de la jeune femme. Celle-ci, suivant du regard ascension, frissonna de dégoût. Ce contact la révulsait. Elle ne sait si c'est le fait que le Capitaine commença à faire remonter les lambeaux de son jupon, ou si c'est la phrase qu'il prononça qui l'a fit réagir, mais le sang de Lyana ne fit qu'un tour. Levant sa main valide, la jeune femme frappa violemment la joue du capitaine. Elle fut elle-même surprise par son geste, elle avait agit sous une pulsion de colère et n'avait pas réfléchi. Sa gifle fut si violente que le bruit retentit dans la cabine du capitaine. Lyana sentit sa main chauffer sous la dureté du coup, mais elle ressentit une satisfaction en voyant la marque distincte de sa main sur le visage du pirate. Son coup avait été aussi violent que sa colère.

« Ne commettez plus jamais l'erreur de me confondre avec l'une de vos filles de joies ! » S'écria-t-elle avec fureur.

Ces mots, elle les cracha presque au visage de Crochet. Son cri projeta une multitude de roses sur le capitaine et, par la violence de son exclamation, les fleurs heurtèrent le visage du pirate en l'égratignant au passage de leurs épines. Quelques gouttes de sangs apparurent et Lyana en ressentit une satisfaction : même à faible dose, elle avait été capable de l'atteindre et de le blesser. La jeune femme se doutait que cette gifle ne serait pas sans conséquences. Aussi, avant de perdre le courage qui lui était soudainement apparu, elle attira vers elle les vêtements que Crochet avait déposé sur les draps puis se tourna vers lui, les sourcils froncés et sa voix trahissant toujours sa colère. :

« A présent, si vous pouviez sortir, ça m'arrangerai : je voudrais pouvoir me changer loin de vos mains baladeuses !»

Lyana doutait fort que Crochet lui obéisse. Il était dans sa propre cabine et il ne devait sûrement pas apprécié de se faire donner des ordres par une prisonnière, d'autant plus qu'il avait risqué sa vie pour venir à son secours. Néanmoins, Lyana était prête à subir les conséquences de ses actes. Elle ne regrettait en rien ce qu'elle venait de faire : elle préférait subir la colère de Crochet plus que d'être traitée de la sorte.
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MessageSujet: Re: Captivité ... [Crochet & Lyana]   Mar 15 Jan - 6:33






James + Lyana



Si douce était la peau laiteuse de sa captive, comme de la soie peut-être ? Non, quelque chose d’encore plus froid et fragile, plus comme de la porcelaine… Si ses gestes étaient loin d’être aussi brusques que ses coups, ils n’en restaient pas moins menaçants. Après tout, même la morsure de la plus petite des araignées contenait du venin, non ? James restait un individu qui mêlait souvent impulsions et stratèges, il était déroutant pour certain et complètement fou pour d’autres. La jeune femme retira ses jambes de son contact, se tenant le plus loin possible comme on recule devant le fer chaud. Il n’en fit aucun cas, mais élargit son sourire. Voilà ce qu’il voulait, une réaction, de peur ou de détresse, peu importait, tant qu’il n’avait pas la sensation d’avoir brisé sa marionnette trop vite. La princesse serait sur son chemin un bon moment, jusqu’au jour inévitable où le capitaine ne se lasserait de ce joli minois et d’une rivière de diamants trop agaçante. D’ici là, il était dans l’intérêt de la jeune femme de ne pas devenir aussi ennuyante que le vulgaire poisson que sous entendait le pirate… Et il ne serait pas déçu. Hook faisait mine d’observer la blessure à sa cheville, comme-ci cela le préoccupait vraiment, d’un autre côté son petit manège se poursuivait. Il la senti frissonner, intéressant… Il ne vit pourtant pas la jeune femme lever la main, mais percevant le mouvement du coup de l’œil, James retourna son attention sur la captive pour recevoir de plein fouet la gifle qu’il méritait tant. Le coup fut si violent qu’il lui semblait entendre un écho dans la pièce… Ou était-ce sa mâchoire qui digérait mal l’assaut ? Une douleur cuisante irradia sa joue. La rougeur se fit presque immédiate et laissa une belle emprunte de main. Des doigts si fins qui pouvaient faire si mal, Crochet aimait bien ce genre de paradoxe…

« Ne commettez plus jamais l'erreur de me confondre avec l'une de vos filles de joies ! »

Une pluie de fleur vint heurter son visage encore marqué par la surprise. Il ne s’était pas trompé, jamais de roses sans épines, le touché de plusieurs aiguilles qui fit rougir quelques gouttes de sang sur sa peau. Quand l’étonnement fut passé, les traits du pirate changèrent enfin d’expression. Ils s’assombrirent, mais dans son regard s’allumait une lueur de malice. Elle n’avait pas cédé et allez savoir pourquoi, cela avait quelque chose de merveilleux ! Mais piqué sur le vif, le capitaine s’était relevé bien droit devant le lit, fixant sa captive avec un tout nouvel intérêt. Elle attrapa les vêtements qu’il lui avait préparé, osant un ton hautain qu’on lui avait surement appris à la cour pour lui dire de sortir de sa propre chambre. Hook fronça les sourcils, pas encore convaincu d’aimer totalement cette nouvelle attitude. Soudain, James éclata de rire.

« Mains baladeuses ? Tu as mal compté mon Trésor. » Dit-il en lançant un regard à son membre d’acier. « Qu’importe, je ne voulais que t’aider à te défaire de ces lambeaux, la prochaine fois, je ne te le demanderai pas deux fois !»

Le capitaine fit mine d’essuyer une larme dû à ses éclats de rire, attrapant avec son crochet un autre bout de tissu sur la commode pour éponger les minces coupures sur son visage. Il les sentait à peine, car la gifle lui avait engourdit la peau d’un côté du visage. Hook s’approcha du mur, où un miroir sale était accroché, examinant les minces sillons et cette nouvelle marque. Sa peau était encore froide de son plongeon dans la lagune, le reste serait guérir probablement très vite. Il lança le bout de tissu derrière son épaule et se retourna vers sa prisonnière, un rictus toujours amusé sur les lèvres. Où en était-il déjà ? Ah oui, donner des ordres au capitaine… Reprenant sa place sur le lit, le pirate se fit plus rapide, attrapant la cheville blessée de sa captive entre ses doigts, il tira la jeune femme vers lui brutalement. La douleur et sa force eurent pour effet de faire passer la princesse de la position assise à couchée sur le dos. Le capitaine se mis alors au-dessus d’elle, l’écrasant de tout son poids pour limiter ses mouvements. Sa main valide pris possession des poignets de son joli fardeau. Comme dernier moyen de persuasion, le capitaine posa le bout de son crochet froid comme la mort sur la jugulaire de son trésor… Une habitude qui revenait souvent ces temps-ci.

« T-t-t, les ordres, ici, c’est moi qui les donnent… et les coups aussi…»

À cet instant, mille idées passèrent dans la tête du capitaine alors que son regard croisa celui de Lyana, mais ces idées le rabaissaient toutes au rang du moussaillon en chaleur donc, il n’en fit rien. Non, la chair, il savait sans passé. Quand elle se fut calmée sous lui et qu’il ne craignait plus de se faire mordre ou cracher au visage, le pirate arrêta de faire pression, mais resta un moment au-dessus d’elle, les coudes posés sur le lit, gardant les poignets de la belle toujours sous contrôle et ses jambes sur les siennes pour éviter des coups de pied. Reprenant sa voix suave, il ne pouvait que la félicité de ne pas être une proie décevante… James se pencha vers son oreille pour lui susurrer la suite.

« La colombe se transforme en lionne et le poisson en requin… Tu craches aussi bien la rage que des joyaux, majesté. Mais ici, il n’y a aucune couronne dorée pour te distinguer des autres, plus de gardes pour te protéger, plus de prince pour te consoler… Il n’y a que moi. Alors, tes airs de grande dame, tu peux te les gardé.»

Tant d’emphase sur ce mot, un mélange de sarcasme et de mépris pour ces gens qui ont toujours obtenu satisfaction trop facilement. À croire que, parfois, le pirate oubliait ses origines. Cependant, ici, c’était son navire, ses lois et ses décisions. Le message semblait être passé. Un silence se fit entre les deux, on pouvait entendre les sinistres grincements du navire et la respiration étrangement calme de James. La journée avait été éprouvante, mais productive. Un beau tas de pierres précieuses l’attendait de l’autre côté du mur, mais les lèvres roses de sa princesse, il n’était pas sûr de les apprécier autant lorsqu’elles se crispaient ainsi. Son crochet remonta le long de la gorge de la demoiselle jusqu’au menton et effleura cette bouche si difficilement prévisible. Puis, le membre de métal s’éloigna du visage de la belle, histoire de faire diminuer la tension qui les habitait.

« Je ne crois toujours pas savoir ton nom ma jolie ? » demanda le pirate avec un sourire trop aimable pour être vrai.

Malgré toutes les répliques, toutes les tonalités qu’il avait entendu de sa captive, voilà bien un mot qu’il n’avait pas encore obtenu et cela l’agaçait. Le pirate scruta le visage de la jeune femme, cherchant à y lire un semblant d’émotion, évaluer ses réactions, connaitre ses expressions par cœur, bref, savoir avec quel genre d’épreuve l’attendrait dans les prochains jours de cohabitation. Les réponses ne venaient toujours pas cependant et cela fit vite soupirer le capitaine. Les revoilà au même point que tout à l’heure... Soudain, des coups se firent entendre dans la cabine. On frappait à la porte. C’était probablement Mouche venu pour… pour vérifier qu’il n’avait pas encore étriper son invité peut-être ? Se rappelant la traîtrise de son homme de main, Crochet senti que la fureur remontait tranquillement. Il se retira de sur sa captive lentement et la libéra de son emprise avec prudence. Une deuxième gifle l’attendait peut-être…

« Oh… Sauvée par le gong encore une fois ! Je te laisse te changer, mais je reviendrai… Je reviendrai toujours. »

Une menace de plus, sa spécialité. Le pirate ne s’en allait pas tout de suite pourtant. Il s’accroupit plutôt et souleva le bout du matelas, plongeant la main sous celui-ci, le capitaine retira une dague de sa cachette, démontrant ainsi toute la confiance qu’il donnait à ses hommes même lorsqu’il dormait. Une nouvelle idée germa dans son esprit lorsqu’il reposa son regard azuré sur la belle dans les draps froissés, mais il n’eut que moquerie qui s’échappa d’entre ses lèvres charnues.

« Au cas où tu aurais d’aussi mauvaise idée que d’aller taquiner le crocodile…»

Laisser la lame en possession de la demoiselle était un risque qu’elle lui place sous la gorge trop facilement. Si le capitaine se faisait un plaisir de la remettre à sa place, il ne fera pas l’erreur de la sous-estimer davantage, un vrai paranoïaque en somme. Crochet se dirigea vers la porte alors que d’autres coups plus rapides, probablement plus nerveux, furent frapper à l’extérieur.

« Dit moi, ton cher allier, tu crois qu’il préférait que je plonge la lame dans son cou ou dans son cœur si tendre pour les demoiselles en détresse ? » lança-t-il à sa prisonnière pendant qu’il s’éloignait du lit en ricanant.

Dans l’embrasure de la porte, le pirate fit un clin d’œil suspect à sa captive avant de passer dans la pièce d’à côté. Il jouait avec la dague, la lança dans les airs d’une main et la rattrapant ensuite après quelques tours sur elle-même. Ce nouveau stratagème ferait-il son effet ? Il hurlant d’entrer à son second, il l’attendait devant le bureau en chêne. James leva le bras, prêt à lancer l’arme sur le premier venu et compta mentalement... 3…2…1…

© Méphi.




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MessageSujet: Re: Captivité ... [Crochet & Lyana]   Ven 18 Jan - 21:06

Crochet & Lyana

Si la situation n'était pas si dangereuse pour la jeune femme, Lyana aurait été tentée de rire devant l'expression de totale surprise qui se peignit sur les traits du pirate. Dans son petit jeu sordide, le Capitaine Crochet ne s'était sans doute pas attendu à une réaction aussi vive de sa prisonnière. Cependant, le « poisson » avait bien plus d'énergie que ne le sous-entendait le geôlier de la princesse ; malgré toute la fatigue et la peine qu'elle pouvait ressentir, Lyana avait bien assez de forces pour prouver qu'elle n'était pas une vulgaire marionnette manipulable à sa guise. Depuis qu'elle avait été kidnappée, la jeune femme n'avait jamais manifesté beaucoup de vie face aux menaces et aux coups du Capitaine. Cependant, ce genre d'attouchement et de sous-entendus était une chose qu'elle ne laisserait jamais passer; plutôt mourir que de se soumettre totalement à un pirate ! Les gouttes de sangs qui perlèrent sur le visage de Crochet accentuèrent le petit sentiment de victoire que Lyana ressentait : pas si inerte et inoffensif que ça le poisson ! Malheureusement, ce sentiment déserta vite la princesse lorsque l'expression du pirate changea brusquement. La surprise passée, le voile sombre, désormais si familier, revint durcir ses traits. La mâchoire de la jeune femme se crispa; elle sentait les ennuis arriver au grand galop ! Cependant, lorsqu'il se redressa brusquement, Lyana n'eut aucun mouvement de recul. Elle avait réussit à adopter un ton quelque peu autoritaire, qui était loin de lui être habituel, et elle voulait essayer de conserver cette expression, aussi bien dans sa voix que dans sa posture. Menace, provocation ou défi, le Capitaine a la main baladeuse l'avait cherché, et bien il l'avait trouvé !

Pourtant, la réaction de Crochet, la jeune femme ne l'avait absolument pas prévu. Lorsqu'il éclata de rire, Lyana haussa un sourcil, sans comprendre. Cet homme n'allait vraiment pas bien dans sa tête ! Lorsque le pirate corrigea sa phrase sur les mains baladeuses, la jeune femme leva les yeux au ciel. Si cela se voulait être de l'humour, c'était plutôt particulier. L'aider à se dévêtir ? Vraiment ? Il pouvait bien essayer une nouvelle fois de "l'aider" mais Lyana n'avait aucune intention de le laisser faire. Elle avait sa dignité et elle refusait catégoriquement que Crochet repose ses mains - de chair ou de métal - sur elle de cette façon. Le souvenir de sa main se promenant sur sa jambe lui donnait suffisamment la nausée pour ne pas avoir envie de revivre cela un jour. Lorsque Crochet se leva pour se diriger vers le miroir, la jeune femme en profita pour rabattre ses lambeaux de robes sur ses jambes nues, tâchant de dissimuler autant qu'elle le pouvait son corps.

Le capitaine se retourna soudain et Lyana redressa la tête, ne le quittant pas des yeux. Que pouvait bien signifier ce sourire figé sur son visage ? Rien de bon, c'était certain. Sa théorie fut vite justifier lorsque Crochet revint s'assoir sur le lit. La jeune femme recula encore un peu mais son dos heurta la tête de lit, l'empêchant de s'éloigner un peu plus du pirate. Ce dernier, si vif que Lyana ne vit rien venir, saisit sa cheville blessée, arrachant à la fois un cri de surprise et de douleur à la jeune femme. Un diamant s'échappa aussitôt de ses lèvres et tomba sur les draps. Avant qu'elle n'ai pu réalisé ce qui lui arrivait, Lyana se retrouva allongée sur le lit et le Capitaine Crochet profita de sa surprise pour se mettre au-dessus d'elle. La princesse se mit aussitôt à se débattre sous lui, donnant des coups de jambes et frappant le torse du pirate avec sa main valide. Cependant, rapidement, le poids du Capitaine l'empêcha de le frapper et, en quelques instants, ses jambes et ses mains furent immobilisées. Lyana tenta tout de même de se dégager mais le peu de forces qu'elle avait l'empêchèrent de se débattre longtemps et le crochet que le Capitaine brandit acheva de la convaincre de se tenir tranquille.
Son impertinence, elle le payait à présent et Lyana craignait ce que Crochet comptait faire d'elle. Respirant avec force, elle regarda dans les yeux son geôlier, tentant de deviner les pensées qui traversaient son esprit. Cette proximité l’écœurait et l'effrayait, tout comme son ton de voix, et ceci ne s'arrangea pas lorsque le pirate se pencha vers elle, ses lèvres chatouillant l'oreille de la princesse. Les paroles du capitaine ainsi que l'ironie dans sa prononciation du mot « majesté » firent froncer les sourcils de la jeune femme et sa mâchoire se crispa. A l'entendre, Lyana faisait partie de ces jeunes femmes à qui la vie était facile, à qui l'on obéissait au doigt et à l’œil et qui obtenait tout ce qu'elle voulait en un claquement de doigt. Cependant, tout cela ne concernait pas Lyana. Cette dernière n'avait que peu vécu cette vie royale ; la plus grande partie de sa vie, elle n'avait été qu'une moins que rien à la botte de sa mère et de sa sœur. Alors, il n'y avait personne pour lui tendre la main lorsqu'elle accomplissait des tâches de servante dans son propre foyer, personne pour la réconforter lorsque sa mère la battait et personne pour la protéger contre ses coups. Et par la suite, lorsque sa mère l'avait chassé, elle avait dû se protéger toute seule. Quelques fois elle avait craint pour sa vie lorsqu'elle avait été attaquée sur les routes par des brigands avides de son pouvoir. Lorsqu'elle était devenue princesse, il aurait été logique qu'elle profite de ses nouveaux avantages, de la protection et de la sécurité qu'on lui assurait. Pourtant, Lyana était toujours restée fidèle à ses principes : elle n'avait jamais fait preuve de méchanceté ou de mépris envers les plus pauvres, ne les avait jamais regardé de haut. Au contraire, elle s'était toujours conduite avec eux comme elle aurait aimé que l'on se comporte avec elle du temps de sa vie misérable. Et voilà qu'à présent, le Capitaine Crochet la critiquait sans avoir aucune idée de qui elle était vraiment. Cela la mettait hors d'elle. Néanmoins, la jeune femme serra les dents et ravala sa réplique. Protester n'aurait servi à rien de toute façon.

La caresse du métal sur sa peau fit revenir Lyana à la réalité. Elle ne put retenir un frisson lorsque le crochet du pirate remonta son menton jusqu'à ses lèvres. La jeune femme croisa la regard du capitaine, les sourcils toujours froncés. Soudain, il lui demanda une nouvelle fois son nom. Les lèvres de la princesse restèrent closes, sans intention de laisser échapper un mot. Elle n'avait nullement l'intention de le satisfaire. Elle se contenta donc de fixer Crochet, une lueur de colère et de défi dans les yeux. Cette partie-là, elle ne la perdrait pas.

Des coups frappés à la porte poussèrent Lyana à détacher son regard du Capitaine pour se tourner vers l'origine du bruit. Elle ramena ensuite son regard sur le pirate qui bougea. Une expression de colère habitait à présent ses traits et la jeune femme se demanda vaguement pourquoi. Crochet se retira de sur elle et, aussitôt qu'il eut retirer ses jambes de sur celles de la jeune femme, cette dernière donna un coup de genoux rageur dans le ventre du pirate. Ce coup ne devait pas être bien fort au vue du peu de forces qu'il lui restait, mais ce geste procura une légère satisfaction à Lyana. Le Capitaine quitta la lit et adressa une nouvelle menace qui fit soupirer la jeune femme de lassitude. Elle commençait à y être habituée. Elle suivit le pirate du regard lorsqu'il se pencha pour retirer une dague de sous le matelas. La jeune femme se mordit la lèvre, dépitée : si elle avait su qu'il y avait une arme dissimulée, il aurait fait en sorte de s'en saisir. Mais, bien sûr, il était trop tard pour y songer.

De nouveaux coups se firent entendre et le Capitaine s'apprêta à quitter la chambre, lorsqu'il se retourna pour poser une question à la princesse, une question qui fit frémir Lyana : c'était sans aucun doute du pirate qui lui était venu en aide dont Crochet parlait. Elle baissa les yeux sur les draps tandis que le pirate quittait enfin la chambre. Après tout, ce n'était qu'un pirate, il ne valait sans doute pas mieux que les autres... Essayant de ne pas penser à ce qui allait se passer dans la pièce d'à côté, Lyana se débarrassa vivement des lambeaux de son jupon pour enfiler le pantalon – trop grand bien sûr - que lui avait fournit le pirate. Elle fit cela en quelques gestes rapides, de peur que Crochet revienne dans la chambre. Tandis qu'elle ôtait son corsage bon à jeter pour enfiler la chemise propre, Lyana sentit l’inquiétude au sujet du pirate qui l'avait sauvé revenir au galop : c'était un pirate, certes, mais il l'avait tout de même aidé à s'échapper... Et puis, sans lui, elle serait sans doute morte de faim depuis le temps... Et Crochet allait sans doute le tuer pour avoir oser défier son autorité... Et elle ne pouvait pas laisser mourir un homme – aussi pirate soit-il – par sa faute... Mais, son intervention changerait-elle quelque chose au sort de cet homme ? Le hurlement du Capitaine fit sursauter Lyana ; elle n'avait plus le temps de réfléchir. Balançant ses jambes par-dessus le lit, la jeune femme se leva, sentant à peine la douleur de sa cheville devant l'urgence de la situation. Les pieds nus, elle passa la tête par le rideau qui séparait la chambre du reste de la cabine et vit simultanément la porte commencer à s'ouvrir et Crochet levant la dague, prêt à la lancer.

« NON ! »

Sa douleur à la cheville complètement oubliée, Lyana traversa avec précipitation la cabine et se jeta presque sur le Capitaine en le bousculant. De sa main valide, elle saisit celle de Crochet qui était prête à lancer la dague, et l'abaissa violemment. Par la brusquerie de son geste, la lame s'échappa des mains du pirate et alla se planter dans le sol, à quelques mètres d'eux. Craignant qu'il aille récupérer son arme, Lyana se précipita sur celle-ci, l'arracha du plancher et alla la jeter par une des fenêtres de la cabine. Geste peut-être stupide – le Capitaine avait sans doute d'autres armes dans sa cabine – mais c'est tout ce qui vint à l'esprit de la jeune femme. Se retournant face au Capitaine, Lyana déglutit avec difficulté, la respiration bruyante. Sa fureur se ranimant, la jeune femme se mise à crier, crachant ses paroles avec dégoût :

« Vous osez me juger et me critiquer... A vous entendre, on dirait que je me sens supérieure aux autres... Mais moi, contrairement à vous, je n'ai jamais user de mon pouvoir pour nuire aux autres ! Vous vous pensez peut-être plus noble que les autres pirates avec vos airs maniérés et vos belles paroles, Capitaine, mais vous ne valez pas plus que tout votre équipage réunis ! Je suis même surprise que des gens acceptent de se faire diriger par un homme aussi misérable que vous ! »

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MessageSujet: Re: Captivité ... [Crochet & Lyana]   Lun 21 Jan - 6:55






James + Lyana



3… 2… 1… La lame attendait dans sa paume, prête à frapper au moment fatidique. Le pommeau se réchauffait doucement sous l’emprise des doigts du pirate. Pendant une seconde, James en oublia son membre de métal et le posa sur son ventre où le genou de la demoiselle avait frappé, la sensation froide du crochet ne lui apporta pas vraiment de réconfort. Ce n’était encore une fois rien de douloureux, mais le petit élancement que cela avait créé lui déplaisait. Le capitaine lança un regard perplexe vers la chambre derrière le grand rideau, c’est qu’elle en mettait du temps à réagir ! Peut-être que ses blessures la ralentissaient dans ses mouvements ? C’était à envisager... Les vêtements trop larges n’étaient pas ce qui améliorerait sa vitesse également… James se mordilla la lèvre, contrarié. Il cherchait une raison, car Crochet avait du mal à croire qu’il avait pu faire une erreur... Avait-il mal jaugé le cœur de sa princesse ? Pouvait-elle être si détachée face au sort du seul individu qui lui avait montré un peu de pitié ? N’appréciait-elle pas qu’un de ses hommes se rebelle contre lui, le faisant tourner en bourrique encore plus ? Hum. Il l’avait peut-être trop énervé dans la pièce d’à côté… Trop de frustrations pour se laisser embobiner par ses caprices… Crochet haussa les épaules, ça n’avait pas vraiment d’importance au fond, car tout ceci n’était rien de plus qu’une autre machination de l’esprit tordu du capitaine. Dommage, cela ne semblait pas fonctionner…

Hook changea alors la direction de la lame de quelques centimètres, visant le cadre de la porte d’entrée et non la tête de son second. Il lancerait tout de même la dague en guise d’avertissement, après tout, il en voulait toujours à son confrère. Mouche apparaissait derrière le battant en bois épais, un plateau argenté dans les mains sur lequel reposait ce qu’il avait promis au capitaine lors de sa remonté héroïque sur le navire : une théière et deux tasses en fine porcelaine blanche. Il n’y avait bien que son second pour penser à prendre de la coutellerie lors des pillages, n’empêche ce petit ensemble de vaisselle était utile. Une odeur d’herbe ébouillantée emplie la cabine peu à peu, réchauffant déjà Hook rien qu’à l’idée d’avoir la boisson chaude au bord des lèvres… Comment se passer de ce cher Mouche ?


« NON ! »

Du coin de l’œil, il vit le rideau qui se souleva en vitesse et le cri de la jeune femme le fit sursauter légèrement. Un petit rictus gagne ses lèvres, il n’était tellement dans l’erreur que cela finalement… Sa prisonnière, pour la première depuis qu’ils se connaissaient, n’eut aucune peur d’approcher vers lui, le brusquant maladroitement jusqu’à lui faire lâcher prise sur larme qui aurait pu si facilement se retourner contre elle. Au final, son Trésor savait également quelque chose sur le capitaine du Jolly Roger : Il n’allait pas la tuer. Enfin, pas tout de suite... La lame se planta dans le sol un peu plus loin, mais lorsque James tenta de s’en rapprocher, la princesse captive le devança et le geste qui suivit fit relever un sourcil de surprise aux deux pirates dans la pièce. Elle jeta la dague par une des fenêtres de la cabine. Lorsque la princesse s’activait à se débarrasser de l’arme, Crochet se retourna vers Mouche avant de lever les yeux au ciel, comme quoi la prisonnière faisait encore une crise ou un truc du genre… Après tout, elle aurait pu faire tant de chose avec une seule lame comme tenter, oui, probablement sans succès, de s’attaquer au capitaine avec… Prendre Mouche comme otage… Menacer de s’enlever la vie ou carrément le faire, mais non… La fatigue sans doute. À vrai dire, James se retient de rire, car en recroisant le regard de la belle, il voyait bien que tout ce drame n’était pas encore terminé. Cependant, devant le monologue de son Trésor, ses traits durcirent. Toujours dans l’entrebâille de la porte, son second dégluti, soudainement inquiet pour la survie de la jeune femme. Il y avait une différente entre insulter Crochet et insulter Crochet en présence de ses hommes. D’ailleurs, le dernier type qui s’y était risqué reçu une balle entre les deux yeux…

Juger, critiquer… Oui, il y était plutôt doué même ! Si seulement elle réalisait à quel point le capitaine aimait étudier chaque expression sur les traits de sa captive, elle le détesterait probablement encore plus. User de son pouvoir pour nuire aux autres et leur être supérieur ? N’était-ce pas la meilleure utilisation du pouvoir ? C’était une évidence pourtant... Plus noble que la sale vermine qui lui sert d’équipage, James fronça les sourcils, oui il pensait avoir le droit d’y prétendre, rien de moins ! N’est-ce pas lui qui les avais sorti de leur coin sombre des tavernes pour leur offrir une meilleure vie ? Pas une existence charitable, certes, mais c’était tout de même mieux que de vivre dans le noir comme des cafards… Crochet n’était pas misérable, tant et aussi longtemps qu’il ne se percevait pas lui-même comme tel, mais devant l’état de fureur dans lequel se trouvait la jeune femme, le chef des pirates n’eut qu’une réponse à peine réfléchit…


« Tu as fini ? » lâcha-t-il froidement avec un coup d’œil qui était, sans doute, le meilleur des avertissements.

Avant que sa prisonnière effrontée n’ouvre à nouveau son clapet. Le capitaine leva une main et d’un simple mouvement de doigt, il fit signe à Mouche d’approcher. Le geste aurait pu passer pour une tentative de gifle vers la princesse, mais le pirate changea d’idée au dernier moment. Le jeu de la violence ce soir commençait à être répétitif… Quant au pauvre bougre qui ne comprenait probablement pas grand-chose à la situation, il se contenta d’obéir. Ce dernier loucha quelque peu sur le tas de pierreries qui s’accumulait après le petit discourt de la prisonnière… Pirate un jour, pirate toujours, mais le capitaine ramena vers lui les joyaux avec le bout de son pied en signe de possession. Mouche compris vite le message et s’activa. La jeune femme n’avait pas tout à fait tort…

« Tu as raison sur au moins une chose mon Trésor, mes hommes ne m’obéissent pas toujours comme ils le devraient…» Prenant bien soin de fixer sévèrement le concerner, Crochet poursuivit. « Pose le plateau sur le bureau Mouche, tu n’es pas très utile ce soir décidément… »

Il laissa son second se mettre à l’ouvrage, installer le plateau et réorganiser les cartes pêle-mêle sur le bureau de James jusqu’au moment où ce dernier, d’un geste dédaigneux de la main, lui fit signe qu’il était temps de disparaitre de sa vue. Près des tasses, un bout de tissu avait une forme bizarre et le soulevant à l’aide de son Crochet, le capitaine trouva son trousseau de clés sous la serviette de table. Étrangement, il n’eut aucune réaction, même lorsqu’il senti le regard de son second dans son dos. Mais préférant ne pas se le faire dire deux fois, Mouche s’éclipsa rapidement. Le pirate attendit que la porte se soit complètement refermée pour se décider à bouger. Il glissa les clés dans une de ses poches, puis contourna le grand bureau en chêne, il alla fermer la fenêtre que sa compagne de cabine avait laissée ouverte. De sa main valide, il remplit les deux tasses de thé fumant pour enfin briser cet étrange silence qui entourait la captive et son tortionnaire.

« Je nous souhaite que le croco’ s’étouffe avec ce joli cadeau que tu viens de lui envoyer… Comme-ci j’allais risquer d’éclabousser mes meubles avec du sang de toute façon ! Ça n’a pas été facile d’en avoir une si belle collection tu sais ! »

Il ricana doucement, banalisant le fait qu’il venait de prétendre vouloir assassiner un homme. James était calme, peut-être trop, car n’importe qui s’attendrait au pire après avoir ouvertement fait des reproches au brigand des mers, mais Lyana avait déjà gouté au pire justement. Était-ce alors vraiment utile d’en rajouter une couche ? Le pirate préférait encore se sauver cette énergie. Il lança un regard à la pièce, se disant qu’il devrait ramasser les pierres précieuses et les perles un peu partout avant que ses hommes ne les aperçoivent, on ne sait jamais… Il s’assit sur le coin du bureau, dos à la princesse, et regarda par la fenêtre pour réfléchir. La mer était calme, insouciante de l’agitation qu’il y avait sur le navire et ses vagues se fracassaient paresseusement sur la coque. Si sa prisonnière lui adressait encore la parole, le pirate ne l’écoutait qu’à moitié, perdu dans la contemplation de l’horizon. Au bout d’un moment, James tourna la tête en direction de son Trésor.

« Une tasse de thé ma chère… ? » Crochet fit une petite pause théâtrale, en attente d’un nom, un sourit polit aux lèvres, mais devant l’air buté de la jeune femme, le sourire disparu. « Bah, j’aurai essayé ! »

Le capitaine lui indiqua son fauteuil, peut-être voulait-elle s’asseoir après toutes ses émotions, sa cheville blessée la ferait surement trembler très bientôt. Il porta la boisson chaude à ses lèvres, souffla pour refroidir le liquide avant d’en boire une petite gorgée avec précaution. L’envie d’y ajouter du rhum lui traversa vaguement l’esprit, mais réprimant un bâillement, il se dit que ce ne serait pas raisonnable s’il devait surveiller la demoiselle pour encore quelques heures. D’ailleurs, il eut une idée pour passer le temps…

« Nous allons jouer à un jeu mon Trésor… Entre deux jeunes personnes civilisées que nous sommes, qui refusent de se tenir tranquille et de dormir apparemment, nous allons discuter. Pas de coups bas… pas de coups tout court en fait… Et en parfaite honnêteté ! Je te pose une question, tu y réponds et tu m’en poses une, je réponds…Ainsi de suite… C’est simple, non ? »

Que signifiait ce changement soudain d’attitude, peu de choses l’expliquaient vraiment hormis la fatigue, le fait que les propos de la belle effleuraient à peine son cœur de pierre et surtout, que l’ennui n’était pas loin. Il y avait probablement mieux à faire, mais le pirate ne s’y attardait pas. La cruche et le bol rempli d’eau était toujours là près du meuble caché sous un drap poussiéreux. Aucun tic-tac à l’horizon, seulement la lueur des chandeliers qui se réfléchissaient sur son membre de métal. Le capitaine ajouta quelques conditions au jeu cependant, histoire de pimenter la chose. Il n’avait rien à cacher vraiment et si oui, le mot ''honnêteté'' se mêlait très mal à celui de ''pirate''. Néanmoins, Crochet ferait des efforts.

« En signe de bonne volonté, tu commenceras en premier. Tu peux m’interroger sur n’importe quel sujet. Tu peux refuser de répondre à une question, mais alors, je t’en poserai une autre et la deuxième ne pourra pas être évitée. Enfin, tu peux sans doute, mais ce ne serait pas aussi marrant, du coup, je me plis à la même règle. Quand tu en auras assez, nous irons dormir, tu n’as qu’à le dire. À moins que tu n’es déjà sommeil ? »



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MessageSujet: Re: Captivité ... [Crochet & Lyana]   Mer 23 Jan - 22:11

Crochet & Lyana

Après sa tirade, Lyana finit par s'interrompre, non pas à cause du ton glacial que Crochet employa pour la faire taire, mais plutôt à cause du regard qu'il lui lança : la jeune femme commençait à comprendre la signification des différents regards qu'adoptait le pirate selon les circonstances, et celui-ci l'avait vivement conseillé de se taire. La princesse n'aurait su dire si c'était le contenu de son discours ou le simple fait qu'elle avait osé tenir tête au Capitaine de la sorte, qui avait poussé ce dernier à la couper ; Lyana aurait aimé croire que c'était la première option qui était la bonne. Elle avait pensé chacun de ses mots. A ses yeux, Crochet ne valait pas mieux que les vulgaires brigands de chemin qu'elle avait pu croiser après avoir été chassée de chez sa mère. Lyana n'avait aucun doute sur le fait qu'elle avait rendu Crochet en colère mais elle aurait bien aimé... Quoi au juste ? Le vexer ? Oui, sans doute. Elle avait envie de le toucher, de blesser son amour-propre comme elle avait été blessée à plusieurs reprises depuis son enlèvement. Mais comment toucher un homme qui ne semblait pas avoir de cœur ? Un jour où l'autre, la princesse arriverait sans doute à en trouver le moyen.

Le Capitaine Crochet leva soudainement la main et Lyana, croyant qu'une nouvelle gifle allait fuser, eut un mouvement de recul craintif. Cependant, aucun coup ne vint ; le pirate faisait juste un signe à son second. La princesse vit ce dernier jeter un coup d’œil insistant sur la petite fortune qui s'était accumulée aux pieds de Lyana. Un pirate restait un pirate, même s'il lui arrivait de faire preuve d'humanité. Devant le mouvement possessif de Crochet, la jeune femme sourit intérieurement : le Capitaine ignorait que son second avait en sa possession un joli diamant que Lyana lui avait offert pour son aide. Crochet n'avait pas l'exclusivité de son don ; elle avait réussit à en faire bénéficier une bonne personne et cela la ravissait. Comment un homme comme lui avait pu finir sur ce bateau, sous les ordres d'un être aussi cruel que Crochet ? La jeune femme se posa cette question en observant le second déposer le service à thé sur la table. Puis, l'homme quitta la pièce, laissant à nouveau Lyana et son geôlier seuls ; la princesse aurait bien voulu que le second reste un peu plus dans la cabine. Se retrouver à nouveau coincer avec ce fou de pirate n'avait absolument rien de séduisant.

Crochet s'approcha alors de la fenêtre pour la ferme et la princesse, ne voulant pas être trop proche de lui, fit aussitôt un écart sur le côté. Ce mouvement lui rappela la blessure à sa cheville qui se manifestait à nouveau. Tout en versant le thé dans les tasses, Crochet fit une remarque qui poussa Lyana à lever les yeux au ciel : le pirate commençait à la fatiguer avec son humour. Le stress accumulé toute la journée, sa tentative d'évasion ratée, les nombreuses blessures qu'elle avait reçu et la fatigue la rendaient de moins en moins patiente. Néanmoins, Lyana devait admettre qu'il avait raison sur un point : toutes les meubles de la cabine du pirate étaient très beaux mais, étant donné qu'ils avaient sans aucun doute été obtenus par des pillages, ils perdaient beaucoup de leur charme... Le pirate lui tourna le dos et Lyana en profita pour s'appuyer sur un meuble. La tête commençait à lui tourner : la fatigue lui donnait la migraine. Elle porta sa main à son visage et ses doigts rencontrèrent le sang séché qui maculait une partie de son front ; elle se sentait vraiment sale et ce contact mina encore plus son moral qui était déjà bien bas.

La voix de Crochet fit tourner la tête à la jeune femme : elle ne s'était pas rendu compte que la pirate s'était détourné de la fenêtre pour lui parler. Une nouvelle fois, le Capitaine tenta de connaître le non de sa prisonnière mais cette dernière fronça les sourcils, se murant derrière son silence. Heureusement, le pirate n'insista pas ; sans doute reviendrait-il à la charge plus tard. Il lui indiqua alors un fauteuil et Lyana hésita quelques instants à accepter cette invitation à s'asseoir. : elle n'avait pas envie de le satisfaire mais, en même temps, sa cheville n'allait pas la porter plus longtemps. C'est un peu à contre-coeur que la jeune femme se dirigea en boitillant vers le fauteuil et s'y assit. Elle poussa aussitôt un soupir de soulagement : cela faisait bien longtemps qu'elle n'avait pas été assise sur quelque chose d'aussi confortable. Là, la princesse du faire face à un nouveau dilemme : le thé. Devant ses yeux, Lyana voyait la fumée s'échapper doucement de la tasse, signe que le breuvage devait être bien chaud. Dans la cale du navire, elle n'avait eu que de l'eau, jamais rien de chaud bien sûr, et cela lui manquait beaucoup. En plus de cela, ses cheveux étaient encore bien humides à cause de son bain forcé dans la mer, ce qui la faisait légèrement grelotter. Lyana jeta un bref coup d’œil à Crochet : après tout, il lui avait bien proposé une tasse de thé... D'une main faible, la jeune femme prit délicatement la tasse entre ses mains, comme s'il s'agissait d'un trésor. La chaleur qu'elle diffusait lui réchauffa agréablement les mains. Lyana porta la tasse à ses lèvres et but une gorgée du délicieux breuvage. Le liquide coula dans sa gorge, réchauffant aussi bien son corps que son cœur. Elle ferma les yeux, savourant pleinement le goût du thé. Il était incroyable de voir combien un si petit plaisir pouvait faire du bien au moral !

Le charme de ce moment se brisa lorsque Crochet prit la parole. Ré-ouvrant les yeux, Lyana écouta la proposition du pirate et plissa légèrement les yeux : y avait-il un piège ? Venant d'un homme comme lui, la jeune femme présentait un coup tordu. A coup sûr, les questions qu'il allait lui poser n'allaient pas lui plaire. Et puis, qu'est-ce qui lui garantissait que Crochet répondrait sincèrement à ses questions ? On ne pouvait se fier à un pirate, elle en avait eu la preuve à de multiples reprises. Mais, en même temps, si elle refusait, qu'allaient-ils bien pouvaient faire tous les deux ? Malgré sa fatigue, Lyana n'avait aucune intention de dormir avec ce vautour près d'elle et, si elle devait rester éveillée, il valait mieux qu'elle s'occupe l'esprit. Crochet ajouta quelques mots et, au mot « sommeil », elle réprima un bâillement. Elle devait lutter contre sa fatigue.

« Je ne ressens aucune fatigue. » Répliqua-t-elle aussitôt. « Je suis d'accord pour votre jeu. N'importe quel sujet vous dites ? Très bien. »

Quelques perles s'échappèrent de sa bouche, roulèrent sur sa chemise et allèrent ricocher sur le sol. Prenant une nouvelle gorgée de thé, Lyana réfléchit à ce qu'elle pourrait demander à son geôlier. C'était une bien curieuse situation que de jouer aux questions-réponses avec celui qui l'avait kidnappé, autour d'une tasse de thé. Oui, c'était vraiment très bizarre ! Les yeux de la jeune femme parcoururent la pièce puis, ils vinrent se poser sur le membre de métal du pirate. Crochet... Finalement, Lyana ignorait totalement comment le pirate en était venu à porter le membre de métal et le nom qui allait avec. Brisant le silence établie, la jeune femme commença le jeu :

« Votre main... » Lyana accompagna ces mots par un signe de tête vers le crochet du pirate. « Comment l'avez-vous perdu ? »

La jeune femme était réellement intéressée par ce qu'allait lui répondre le Capitaine. Apprendre à le connaître n'était peut-être pas un si mauvaise : s'il lui répondait sincèrement, peut-être découvrirait-elle quelques-unes de ses faiblesses. Tout homme en avait, pourquoi ferait-il exception à la règle ?
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MessageSujet: Re: Captivité ... [Crochet & Lyana]   Jeu 31 Jan - 3:07






James + Lyana



Le capitaine souffla doucement sur la surface du liquide bien chaud, faisant onduler le thé dans la tasse en porcelaine, puis en pris une autre gorgée. Il savoura quelques secondes la sensation de chaleur qui se répandit au travers de sa gorge avant d’étendre ce sentiment de bien être un peu partout dans son corps. Il laissa sa proposition faire son petit effet, se préparant mentalement à devoir s’enfermer dans la chambre à surveiller la jeune femme durant son sommeil en cas de refus. Cette situation lui plaisait probablement autant qu’à la princesse, si James aimait bien jouer au rapace la plupart du temps, comme toute créature vivante, il allait devoir prendre du repos un jour ou l’autre. Surtout qu’une séance de torture et une danse macabre avec un reptile géant ce n’étaient pas les activités les plus paisibles qui soient. Par chance, il était du genre résistant en générale… Après toutes les heures du jour et de la nuit à la recherche de la tanière de Peter Pan, James était plutôt un ennemi coriace. La jeune femme se décida enfin à coopérer un minimum en acceptant sa proposition de s’installer dans son fauteuil et de boire un peu. Le capitaine se dit que son Trésor était plus ouverte à ses propos quand il s’agissait de possibilités et non d’ordres froids comme il avait l’habitude de donner. C’était bon à savoir... Crochet la regardait à la dérober derrière sa tasse, lisant le soulagement sur ses traits et l’écoutant soupirer doucement les yeux fermés. Une expression si authentique qu’il l’aurait presque prit en pitié s’il n’était pas depuis le début ce vil tortionnaire qui la retenait contre son gré.

Le pirate étira ses lèvres en un mince sourire lorsqu’elle le toisa, soupçonneuse, elle cherchait le piège ? Il n’y en avait pas vraiment plus que ce qu’il n’avait d’expliquer… Pour un observateur extérieur qui ne saisissait pas les tensions qu’il y avait entre les deux jeunes gens, le fait de se lancer des questions et d’y répondre ressemblait vaguement à une simple conversation, mais non, entre Crochet et Lyana, un vulgaire échange de politesses n’était pas le terme exact. Morphée ne voulait pas de sa prisonnière apparemment, car celle-ci se disait encore bien réveillée, certes, sa méfiance était encore vive, mais sa prudence était-elle encore aussi active ? Crochet regarda les perles roulées jusqu’au sol. Il allait jouer, parfait.

« Très bien. » répétât-il à son tour en acquiesçant de la tête, délimitant ainsi une sorte d’accord verbal entre les deux.

La première question tomba, il s’y attendait. Une interrogation qui revenait très souvent lors de nouvelles rencontres, après tout, un surnom comme le sien s’inventait très mal sans raison ! Ses règles, il allait les suivre dans la mesure du possible, après tout, qu’avait-il à perdre si ce n’était que des heures de sommeil ? Le capitaine fit signe de patienter une minute à son Trésor. Toujours assit sur le coin du bureau, le pirate vida sa tasse d’un trait et reposa la porcelaine sur le plateau argenté, faisant tinter délicatement le métal. Puis, Crochet alla ouvrit un des tiroirs du meuble et en ressorti un paquet de cigare à peine entamé, inutile de dire que le capitaine était un franc amateur de tabac en générale… Il en prit un, trancha le bout rond avec son membre d’acier et l’alluma à la flamme d’une des bougies posées près du plateau. James en tira une bonne bouffé et laissa sa tête retomber vers l’arrière avant d’expirer lentement un nuage de fumé vers le plafond. Voilà, maintenant il était prêt à répondre.

« Ah ça, c’est une vieille histoire… Enfin, au Pays Imaginaire, rien ne prend vraiment d’âge…»

Était-elle au courant de l’immortalité touchant le Neverland ? Mais surtout, savait-elle que même la vieillesse ne l’emporterait pas loin du pirate ? Le pirate n’osa pas préciser, après tout, il ne fallait pas qu’elle soit à court de question tout de suite... Le pirate fit tomber les cendres pour ensuite déposer son cigare dans un cendrier à ses côtés. Il attrapa un rouleau de parchemin et déroula une carte de la région sous le regard intrigué de la belle princesse. Le capitaine se prépara pour son monologue. Pour que sa réponse soit la plus sincère possible, il se devait de donner un minimum de détails.

« Cette île n’est pas qu’un repaire de pirates ma chère, beaucoup de dangers nous guettent en quittant les planches du navire. Et je ne parle pas que de reptiles géants… Il y a des indiens, très sauvages avec les étrangers… Des sirènes qui ont la fâcheuse habitude de noyer les marins pour leur bon plaisir… Mais aussi, il y a les enfants perdus. »

Bon d’accord, il en rajoutait tout de même un petit peu, histoire d’ancrer la conviction dans la tête de sa prisonnière qu’elle était mieux ici que nulle part ailleurs sur l’île. Manquerait plus que Crochet clame haut et fort qu’il s’était fait battre par un simple gamin en plus... Quelques marques avaient été faites à l’encre sur la carte, de nombreux petits x dévoilant où le pirate avait cherché sans relâche pour retrouver ses ennemis jurées qui se tapissaient dans les bois. Depuis, l’aventure avec Wendy, la tanière avait changé d’endroit… mais où ? Il n’y avait que dans les rêves les plus fous du pirate qu’il semblait pouvoir mettre la main dessus.

« Avec un nom pareil, on aurait tendance à les prendre en pitié et pourtant, ces petites pestes sont aussi cruelles, sinon plus, que je ne le suis. Ils se contentent de faire ce dont ils ont envie et d’idolâtrer une espèce de farfadet débile en collant vert. » dit-il avec tout le mépris dont il était capable. « Peter Pan… »Lâcha-t-il enfin avec haine.

Il porta à nouveau son cigare à ses lèvres crispées de colère, laissant paresseusement les petits nuages de boucane s’envoler. Son regard se fit lointain, emporté par des souvenirs pas si heureux que cela. Il se rappelait tout, comment oublier un affront, mais surtout une douleur pareille ? Le métal réchauffé au soleil qui fend la peau, ouvre les veines et tranche les os… Il se souvenait d’absolument tout et se faisait un plaisir malsain dorénavant à faire ressentir ce même mal aux pauvres âmes qui croisaient sa route… James se consolait en se disant qu’un jour ce serait le rouquin qu’il aurait au bout de son crochet, attendant patiemment que la mort veuille bien frapper. Quelques secondes passèrent avant que le pirate ne refit surface et desserra les dents.

« C’était un duel tout simple, épée contre épée, le lâche c’est envolé dans les airs déloyalement et m'a tranché la main avant de la jeter dans la gueule de notre ami le crocodile. »

Il ne parla pas de la pendule, ce pouvait toujours servir en cas de question épineuse de ne pas tout dévoiler d’un seul coup. Il écrasa le reste de son cigare dans le cendrier avec force, puis sa main valide vint masser le poignet qui portait son membre de métal depuis trop longtemps… La rancœur, James savait l’entretenir alors que le pardon, il ignorait profondément ce que s’était. Soudain, le capitaine frappa violement du poing sur son bureau, évacuant ainsi un soubresaut d’amertume.

« Oh oui, un jour j’écraserai ce moucheron, lui ainsi que sa luciole, et leur fera regretter de ne pas être resté dans les jupons de leurs mères ! » se promit-il plus qu’il ne s’adressait à quiconque. « Pardon, je m’emporte, ce ne fait pas parti du jeu… Où en étions-nous… Ah oui ! Mon tour…» dit-il se radoucissant subitement. « Ce don que tu as de transformer tes mots en véritable trésor, comment l’as-tu obtenu ? »

Le capitaine se retourna vers la belle, plantant son regard azuré dans celui de saphir de sa prisonnière, véritablement intéressé de ce qu’elle dirait. En même temps, c’était une question logique pour commencer en douceur. Ce don... était-ce possible de l’obtenir lui aussi ? Ou de l’imposer à quelqu’un qui lui serait plus coopératif ? Le but de tout ce cirque naturellement étant de faire parler la jeune femme le plus possible…




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MessageSujet: Re: Captivité ... [Crochet & Lyana]   Lun 4 Fév - 16:00

Crochet & Lyana

En posant la première question, Lyana s'était engagée dans un jeu qui allait sans doute durer une bonne partie de la nuit, si ce n'est sa totalité. Cela dépendrait entièrement du temps que les ennemis tiendraient éveillés. La jeune femme ne doutait pas que le pirate pouvait encore tenir des heures sans sommeil mais, Lyana, qui accumulait déjà beaucoup de fatigue de ses nombreuses nuits insomnie, n'était pas certaine de relever le défi. Néanmoins, l'idée d'en connaître un peu plus sur le Capitaine avait réveillé son attention; discuter serait moins épuisant que de se donner des coups toutes les cinq minutes ! Crochet ne manifesta aucune surprise lorsqu'elle formula sa première question ; en même temps, elle était assez prévisible. C'était une question inévitable dans le petit jeu dans lequel l'avait entraîné le pirate. Ce dernier, d'un signe de la main, la pria de patienter. Tandis qu'il se levait pour aller chercher un cigare, Lyana en profita pour boire une nouvelle gorgée du délicieux breuvage que contenait sa tasse en porcelaine. Le thé, elle n'avait découvert cela qu'en devenant princesse et depuis, elle considérait cela comme un trésor de sa nouvelle vie. Lorsque l'on était né dans la richesse, une tasse de thé fumant était très banal. Mais pour quelqu'un qui avait toujours dû se contenter d'eau froide tirée d'une fontaine, c'était un véritable luxe qui se savourait ! Tout en ôtant la tasse de ses lèvres, la princesse suivit du regard les moindres faits et gestes du Capitaine Crochet, des fois qu'il aurait une idée pas nette derrière la tête. Depuis le début de sa séquestration, Lyana avait pris cette habitude de suivre continuellement son ennemi du regard, tâchant de s'imprégner de toutes ses habitudes, sa gestuelle et ses expressions faciales, histoire de mieux saisir le caractère de cet homme, ce qui était loin d'être chose facile ! Contrairement à certaines personnes, l'expression « lire en quelqu'un comme dans un livre ouvert » ne s'appliquait nullement au Capitaine Crochet. Il était bien trop complexe et lunatique avec ses sautes d'humeurs pour le définir par un simple trait de personnalité.

Lorsque quelques nuages de fumée s'échappèrent du cigare, le pirate parut disposé à débuter son récit. Se redressant dans le fauteuil, la tasse toujours entre les mains, Lyana fixa le Capitaine, attendant le début de son récit. A peine eut-il prononcé quelques mots que la princesse se figea sur le fauteuil. Avait-elle bien entendu ? « Rien ne prend vraiment d'âge » au Pays Imaginaire... S'agissait-il d'une simple image employée par le Capitaine ou devait-elle prendre cette remarque au pied de la lettre ? Hélas, elle devrait attendre son tour pour poser cette question, aussi la jeune femme mit cette information dans un coin de sa tête avant de se pencher sur la carte que Crochet avait déroulé devant elle. Elle n'était pas très douée pour lire les cartes mais elle saisissait tout de même quelques éléments qui y figuraient. Le Pays Imaginaire était bien plus vaste qu'elle ne le pensait. Concentrée sur la carte, Lyana écoutait chaque mot du Capitaine avec beaucoup d'attention, ses yeux se promenant sur les différents lieux de l'île, comme la réserve des indiens et la lagune aux sirènes. Jusqu'alors, la jeune femme ignorait jusqu'à l'existence de ce lieu et elle était à présent extrêmement surprise de voir qu'elle était habitée par autre chose que des pirates assoiffés de richesses.

A la mention des « enfants perdus », Lyana releva soudain la tête pour regarder le Capitaine Crochet. Des enfants ? Il y avait des enfants tout seuls sur cette île ? C'était absolument incroyable ! Comment avaient-ils bien pu finir au Pays Imaginaire ? Lyana ignorait même comment on pouvait accéder à cet endroit : entre son château et l'île, la jeune femme avait été enfermée dans le navire, les yeux bandés, si bien qu'elle n'avait aucune idée de par où elle était passée pour se retrouver là. Crochet capta son regard car il fit aussitôt en portrait dégradant de ces enfants. La princesse arqua un sourcil, peu convaincue par les paroles du pirate. Plus cruels que lui, vraiment ? Elle n'était pas prête d'avaler une chose pareille. Crochet avait beau avoir assuré qu'il serait sincère dans ses réponses, Lyana était certaine qu'il profitait de son ignorance pour tourner les choses de son point de vue. Elle devait être vraiment vigilante à chaque paroles qu'il prononcerait.
Lorsque le pirate parla du « farfadet débile », Lyana se mordilla la lèvre ; si ces mots étaient sortis de la bouche d'une autre personne que celle de Crochet, elle aurait sans doute éclaté de rire. Peter Pan... Si c'était le chef des enfants perdus, il y avait des chances pour que cela soit également un enfant. Le Capitaine éprouvait donc tant de haine envers un enfant ? Pour le moment, la princesse ne voyait pas trop où il voulait en venir mais elle patienta : étant donné l'expression de fureur qui crispait les traits de Crochet, ce n'était guère le moment de faire de l'esprit.

Un petit silence s'établit durant lequel Lyana s'appuya contre le dossier du fauteuil en observant le pirate qui semblait perdu dans ses souvenirs. Alors, succinctement, Crochet lui expliqua comment il avait perdu sa main. La jeune femme haussa les sourcils ; elle ne s'était pas du tout attendue à cela. C'était ce Peter Pan qui avait tranché la main du pirate, sans vraiment de raisons apparemment... Lyana n'eut pas l'idée de rejeter le blâme sur ce Peter Pan ; elle connaissait suffisamment Crochet pour savoir qu'il n'était sans doute pas innocent dans tout cela. Néanmoins, la jeune femme se surprise à avoir de la compassion pour son ennemi, sentiment qui la dérangeait. Posant ses yeux sur le membre de métal qui l'avait menacé pendant des jours, Lyana ne pouvait s'imaginer ce qu'avait ressentit le pirate en perdant sa main. La princesse, en cet instant, avait une main cassée, des blessures sur le visage et une cheville dans un sale état mais les os se répareraient, les bleus s'atténueraient, la peau se reformerait et redeviendrait lisse. Crochet lui, sa main ne reviendrait jamais.

« Vous avez dû terriblement souffrir... »

Se rendant soudain compte à qui elle était en train de parler, la jeune femme plongea dans sa tasse de thé pour dissimuler son embarras. Voilà qu'elle se mettait à plaindre celui qui l'avait emprisonné et frappé ! Soudain, Crochet abattit son poing sur son bureau, faisant sursauter Lyana qui renversa manqua de renverser sa tasse. Surprise par cette soudain saute d'humeur – qui était pourtant prévisible – la jeune femme fixa le pirate en haussant les sourcils. Le pirate se radoucit soudain et la jeune femme réalisa que ça allait être à son tour de parler. Tout comme sa question à elle, celle de Crochet était tout à fait prévisible. La princesse se redressa sur le fauteuil et fit une légère grimace.

« Un don... ? De mon point de vue, cela ressemble plutôt à une malédiction. »

Poussant un bref soupir, Lyana déposa sa tasse presque vide sur la table et, se regard dans celui du pirate, elle début son récit :

« Contrairement à votre histoire, la mienne ne remonte qu'à un ou deux ans. Lorsque je vivais encore avec ma mère et ma sœur, je devais accomplir plusieurs choses dans la maison. L'une de mes tâches quotidiennes consistait à me rendre deux fois par jour à une lointaine fontaine afin de remplir une grande cruche d'eau. Un jour, alors que j'arrivais près de la fontaine, je vis une vieille femme aux lèvres déséchées. La pauvre femme avait terriblement soif et elle me demanda d'une voix rauque de lui offrir un peu d'eau de ma cruche. Naturellement, j'ai accepté. »

Lyana marqua une pause. Elle avait prononcé le mot "naturellement" mais il y avait fort à parier que Crochet n'aurait pas agit comme elle. Sans doute aurait-il écarté sans ménagements la vieille femme s'il avait à sa place. Sans doute aurait-il eu droit à la même malédiction que sa sœur aînée qui était vouée à cracher des serpents des crapauds pour le restant de sa vie, à moins de rester muette. A chaque de ses paroles, roses, perles et diamants avaient roulé sur ses lèvres et ricochaient et roulaient ça et là dans la cabine du capitaine. La jeune femme n'avait pas pensé que ce petit jeu la pousserait à tant parler. La princesse reprit le court de son récit avant que Crochet ne manifeste un signe d'impatience.

« Après lui avoir offert de l'eau fraîche, la vieille femme m'appris qu'elle n'était pas du tout une mendiante. En vérité, je venais de faire don d'un peu d'eau à une fée qui s'était dissimulée sous les traits d'une pauvre femme. Pour me remercier de ma gentillesse à son égard, la fée me fit don de ce pouvoir que vous chérissez tant et qui, au final, vous est bien plus bénéfique à vous qu'à moi. »

Cette dernière phrase, la jeune femme l'avait prononcé avec ironie. Puis, supposant que le Capitaine voudrait un peu plus de précision – après tout, il lui avait offert beaucoup de détails dans sa réponse - Lyana ajouta :

« Je ne l'ai jamais revu. Après qu'elle m'ait offert ce pouvoir, elle s'est volatilisée. Peut-être l'ai-je recroiser par la suite mais, certainement a-t-elle dû prendre une autre apparence. Libre à vous de la chercher à présent. »

La princesse s'était tout de suite doutée que, au-delà de son récit, ce que désirait le Capitaine, c'était des informations sur la possibilité d'obtenir ce don. Lyana doutait qu'il y parvienne un jour et cela n'arrangeait pas du tout les affaires de la princesse. Si elle avait eu la possibilité de lui offrir son don dans la seconde, elle l'aurait fait.

« Bien, c'est mon tour à présent. Voyons... »

Si Lyana n'avait pas énormément de questions en tête au commencement du jeu, après le récit du Capitaine Crochet, elles se bousculaient à présent dans sa tête. Mais, l'une des ses questions initiales se faisait pressante dans son esprit, elle se devait de la poser. La gorge nouée, la jeune femme demanda :

« Avant que je ne m'échappe... Vous m'avez dis que mon époux était mort. Est-ce vrai...? »

Cette question, elle se devait de la poser puisqu'elle en avait la possibilité. A présent, il fallait espérer que le Capitaine Crochet ne décide pas d'utiliser son « joker » et demande une autre question, refusant de répondre à celle-ci. Lyana savait qu'il n'hésiterait pas à faire cela.
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MessageSujet: Re: Captivité ... [Crochet & Lyana]   Mer 13 Fév - 6:28






James + Lyana



Le pirate fit tomber les cendres de son cigare en le tapotant du bout de son doigt au-dessus du cendrier. Sur un chandelier plus loin, une des chandelles s’éteignit soudainement, ayant épuisé toute la cire et forma une étrange flaque autour de son piédestal d’or. Le temps s’écoulait bien plus vite quand il ne se remplissait pas du silence pesant des menaces et du tic-tac de la mort... La discussion aurait presque pu être agréable si le capitaine arrivait à en oublier le gout amer des souvenirs lointains, chose quasi impossible. Son récit avait-il fait son petit effet ? Peut-être, rien n’était sûr, mais au moins, sa réponse semblait convenir. C’était la vérité, quoique détournée par bout, mais le fait était qu’il avait été honnête. Après tout, à quoi bon mentir à cette question ? Tous les membres de son équipage auraient pu raconter la même chose à quelques détails près… Cependant, la réaction de la princesse l’étonna au point où James ne sut quoi dire. Il ne réalisa les paroles de sa captive que bien plus tard, après avoir fini de parler. Sur le coup, il resta simplement là, clignant des paupières avec une légère expression de surprise sur son visage, avait-il bien entendu ? La malice sembla, pendant un quart de seconde, s’être envolée de ses traits. Une vraie émotion qu’il n’avait pu filtrer ou empoissonner par sa haine... Voilà qui était bien singulier, de la pitié, voire de la compassion, il n’arrivait pas à se souvenir de la dernière fois qu’on lui en avait témoigné. Normalement, cela l’aurait horripilé, mais de la bouche de son Trésor, Crochet ne décela pourtant aucune pointe de sarcasme ou de mépris. Un écho de sincérité qui ricochait brutalement sur la pierre qui lui servait de cœur…

Oui, il avait souffert et c’était pour cette raison que le bloc de glace dans sa poitrine tenait bon. Contre vent et marée, jamais le pirate ne s’était permit qu'un élan de gentillesse ne le touche, ne serait-ce qu'une infime influence. Alors pourquoi ne disait-il rien ? James n’avait jamais fait le deuil de sa main et cela même si Mouche s’était bien occupé de lui. Il pensait que son second ne le faisait que par obligation face à son capitaine, d’ailleurs, c’était probablement la même chose pour tout le monde. Ça et une balle dans la tête. Bien sûr, il y avait son vieil ami Barnabas qui avait compati, mais si cette lointaine connaissance avait ne serait-ce que la moitié d’humanité que possédait le pirate, autant dire que ce ne valait pas grand-chose au fond… Le capitaine n’aimait pas se perdre comme cela dans ses réflexions et tira une longue bouffée de son cigare pour reprendre son sérieux.

Il la regarda à la dérober avec une nouvelle méfiance, déterminé à ne pas se laisser avoir à son propre jeu. De plus, sa question ne semblait pas tellement réjouit sa compagne de chambre plus que nécessaire. Elle compara sa transformation de paroles en perles, en fleurs et en diamants comme un sortilège malveillant, bon d’accord, cela avait contribué à sa chute entre les griffes de Crochet... La jeune femme se lança alors dans un récit au prologue ennuyeux avec des tâches ménagères et des vieilles dames assoiffées. Le capitaine, quant à lui, regardait cette rivière de pierres précieuses qui scintillait dans la lumière au fur et à mesure que la belle prisonnière s’exprimait. Voyant qu’elle faisait une pause dans le récit, le pirate posa son cigare et se resservit un peu de thé avant que ce dernier ne refroidisse. Il remplit même la tasse de son invitée au passage.

Ah… La mendiante était en fait une fée, cela compliquait les choses. Crochet n’aimait pas vraiment les fées. Elles étaient toujours en train d’essayer de faire voir le bon côté des gens. Bref, c’était des êtres incompréhensibles pour le pirate, enfin, dans une certaine mesure, car elles étaient plutôt faciles à manipuler… ou à enfermer dans des lampes… Le capitaine cacha son sourire derrière sa tasse alors que la boisson chaude coula dans sa gorge...

En reposa l’objet en porcelaine, le sourire du pirate se fit aussi ironique que la réplique suivante de sa princesse. C’était décevant qu’elle n’est jamais revue la fée en question. Il pourrait toujours lui demander de quoi elle avait l’air, mais parmi la multitude de lucioles agaçantes qui peuplait les mondes, Crochet avait très peu de chance de retomber sur celle-ci. Et puis, quand bien même d’autres seraient capable de lui offrir ce don, ses connaissances en magie étant limitées, il ne prendrait pas le risque de se faire duper.


« Quel dommage, on dirait que je ne vais pas pouvoir me passer de toi alors… » répondit-il avec son humour si particulier.

Bon d’accord, il avait dit que la conversation se ferait sans coup bas ou du moins, c’était une mauvaise idée d’énerver sa prisonnière ainsi. Elle pouvait se refermer sur elle-même tout aussi sec. Il ne dit plus rien pour ne pas aggraver la situation, après tout, il avait encore des choses à lui demander. D’ailleurs, la question lui étant destinée ne tarda pas à tomber. Son époux… Il l’avait presque oublié celui-là ! Un petit mensonge qui lui avait bien servit tout à l’heure, devait-il s’en séparer maintenant ? Cela pouvait servir à nouveau, mais hélas, utiliser son droit à une autre question risquait fort de créer un doute assez important. Comme il avait promis de ne pas mentir, si sa majesté était bien morte, théoriquement, James n’aurait pas hésité à l’affirmer une fois de plus... Une belle impasse dans laquelle la princesse venait de le pousser ! Soudain, Crochet ne put s’empêcher de penser que s’était vraiment bien joué de la part de son Trésor, mais que ce ne serait pas suffisant pour le déstabiliser...

« Je l’ignore. Il y avait bien un corps dans les escaliers, mais je n’y ai pas porté assez d’attention pour le distinguer d’un prince ou d’un valet. »

Encore une fois, c’était la vérité. Sa vérité, naturellement, jamais avec des détails superflus. Qui sait si ses hommes n’avaient pas trucidé le prince lors du kidnapping ? En tout cas, lui s’était chargé de ramener la princesse au navire, point final. Son attention n’était alors pas du tout porté sur les dommages collatéraux… Leur petite joute verbale n’était peut-être plus à sens unique, mais elle n’en restait pas moins bourrée de pièges apparemment. James réfléchissait à ce qu’il pouvait bien demander à la jeune femme, les possibilités étaient infinies, mais laquelle était la plus profitable ? Perdu dans ses pensées, son mégot de cigare lui brûla le bout des doigts, le pirate sursauta légèrement avant de l’écraser dans le cendrier.

« Ton époux… Quel genre de personne est-il ? »

La question était trop vague, aussi le capitaine repris vite la parole pour ajuster le tire. Il valait mieux que son Trésor utilise plus d’un mot dans sa réponse, sinon, sa question se révélerait inutile, car dans l’optique où le prince était toujours en vie, des représailles étaient à envisager. Quoique Crochet doute fort que sa majesté trouve un moyen de venir au Neverland, ou de savoir que sa belle se trouvait dans les parages, mais tout de même, avec quelques indices, le capitaine arriverait surement à se faire une idée globale de son très probable et futur ennemi. Du coup, James se mis à inventer des nouvelles règles temporaires, après tout, rien ne le lui interdisait à la base !

« Il faut me nommer au moins trois de ses qualités pour que j’accepte la réponse. J’imagine que tu n’es pas du genre à me dévoiler ses défauts, je me trompe ? »



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MessageSujet: Re: Captivité ... [Crochet & Lyana]   Dim 17 Fév - 15:42

Crochet & Lyana

P
longée dans sa tasse de thé, la princesse captive ne vit pas le léger trouble qu'elle créa chez son ennemi. Ces mots - de compassion plus que de pitié - étaient sortis de sa bouche de façon très naturelle, elle n'avait pas pu les retenir, oubliant totalement qu'elle venait de faire preuve de gentillesse envers celui qui l'avait séquestré, brisé les os et frappé le visage ! Sa fatigue devait être importante qu'elle le pensait ou bien était-ce son cœur trop généreux qui l'avait poussé à parler ainsi ? Elle était trop lasse pour y réfléchir. Néanmoins, même si elle ne s'attendait certainement pas à une réaction positive de la part de Crochet, elle ne pensait pas qu'il resterait muet. Une remarque ironique de sa part allait sans doute fuser... Mais non. Il conserva le silence et c'est cela qui surprit la jeune femme. Elle ne prit pas la peine de lever les yeux pour observer l'expression du capitaine.

Ce fut ensuite au tour de Lyana de répondre à la question du capitaine. Ce dernier devait être bien fier d'avoir lancé l'idée de ce jeu : il pouvait ainsi obtenir toutes les informations qu'il le désirait sur sa captive. L'obtention de son don devait être une question qui lui brûlait les lèvres depuis le jour où la princesse avait été enfermée dans la cale du navire. Jusqu'alors, les lèvres étroitement serrées, Lyana ne s'était à aucun moment montrée coopérative. Mais ce jour-là, c'était différent. En s'engageant à suivre les règles établis par Crochet, la jeune femme ne devait pas mentir, être le plus sincère possible. Et, tant que le pirate ne poserait pas de question trop déstabilisante, ses mots demeureraient aussi purs et sincères que son cœur. La jeune femme fit donc le récit de ce fameux jour qui changea sa vie à jamais. Lorsqu'elle conclut en disant qu'elle n'avait jamais revu cette fameuse fée, Lyana tendit sa main fatiguée pour prendre la tasse que le Capitaine avait remplie durant son histoire. Elle en but une petite gorgée et fit une légère grimace à la remarque de Crochet. Oui, quel dommage... Songea-t-elle. Seule source assurée de richesses, elle n'était pas prête de quitter ce navire maudit. Cette remarque censée était drôle ne fit pas plus réagir que cela Lyana. A force, sans doute serait-elle immunisée contre cet humour si particulier du Capitaine Crochet.

Enfin, la princesse posa la question qui lui tenait réellement à cœur. Depuis que le pirate lui avait dit que son mari était mort dans l'attaque du château par les pirates, le doute demeurait dans l'esprit de Lyana. Des personnes avaient perdu la vie ce jour-là, son mari aurait très bien pu faire partie de ces malheureux. Cependant, comment croire un pirate au cœur aussi noir et glacé que les profondeurs de l'océan ? Ce petit jeu n'était pas une mauvaise idée finalement. Si Crochet demeurait, dans la limite du possible, sincère avec elle et qu'il n'éludait pas sa question, elle saurait enfin la vérité. La réponse tomba et c'est à ce moment-là que Lyana se rendit qu'elle avait retenu son souffle, dans l'attente des mots qu'allait prononcer le Capitaine Crochet. Poussant un léger soupir, la princesse laissa reposer sa tête contre le dossier du fauteuil. Bizarrement, elle se sentait soulagée. Elle n'avait aucune certitude que son mari était vivant finalement mais, à présent, elle savait qu'il n'était pas qu'un "cadavre gisant sur le sol" pour reprendre les mots qu'avaient employé le pirate. En parlant de ça... Lyana fronça soudain les sourcils : si elle avait faillit à sa promesse de ne prononcer aucun mot en la présence de Crochet, c'était parce qu'il lui avait dit que son époux était mort. C'était un pur mensonge. Elle s'était faite avoir en beauté par le pirate et cette pensée fit crisper sa mâchoire de colère. Cependant, la jeune femme ravala sa rancune; accuser la pirate maintenant serait inutile. Le mal était fait, elle ne pourrait pas remonter le temps. Dire qu'il fallait qu'ils soient tout deux exténués et qu'ils acceptent de faire un jeu pour les maintenir éveillés, pour que le pirate se montre un minimum sincère... Quelle ironie...

Maintenant qu'elle avait obtenu la réponse qu'elle espérait tant, c'est comme si la fatigue resurgissait soudain, tout d'un bloc. Lyana sentit soudain son attention vaciller et ses paupières s'alourdirent. Secouant brièvement la tête, la jeune femme tâcha de se maintenir éveillée mais sa vue qui se brouilla légèrement lui indiqua qu'elle ne tiendrait pas encore longtemps les yeux ouverts. La princesse reposa sa tasse plein sur la table : inutile de renverser la porcelaine si elle venait à s'endormir. La question de Crochet l'éveilla quelque peu et la fit légèrement hausser les sourcils. Elle ne s'attendait vraiment pas à cette question de sa part; quel intérêt pouvait-il trouver à son mari ? L'esprit embrouillé de Lyana ne parvenait pas à saisir le pourquoi de cette question. Le Capitaine s'empêcher d'apporter une précision à sa question. Sans doute pensait-il que la jeune femme risquait de ne répondre que par deux ou trois mots. Il n'aurait pas eu tort car la jeune femme n'avait plus envie de parler. Cependant, elle songea qu'elle devait au moins répondre à sa question sous peine d'agacer son ennemi. Son mari... Des défauts, bien sûr il en avait mais comme le disait Crochet, Lyana n'était pas du genre à parler des aspects négatifs du personne qui lui était chère et, de toute façon, quelle que soit l'idée qu'avait le pirate en tête, la princesse n'allait certainement pas dire les faiblesses de son époux. La voix soudain adoucit, Lyana répondit à la fameuse question :

« C'est quelqu'un de généreux et de juste... Il a toujours fait passé le bien de son peuple avant le sien. Riches ou mendiants, qu'importe. A ses yeux, chaque personne a de la valeur et il est toujours prêt à leur venir en aide. »

De nombreuses fois, Lyana avait pu voir l'amour et la bonté de son mari à l'égard des habitants de son Royaume, mais pas seulement. Ses gestes et ses paroles à l'égard de la jeune femme n'avaient toujours été que tendresse. La générosité devait être une valeur inconnue aux yeux de Crochet. La pierre qui lui servait de cœur semblait le priver de tout bons sentiments.

« Il est courageux. Il ne recule devant rien, qu'importe la grandeur du danger. Si cela en vaut la peine, il fera tout pour atteindre son objectif sans jamais faire marche arrière. »

Toujours sur le pied de guerre, le prince ne faisait jamais marche arrière devant un incendie qu'il fallait éteindre; lorsqu'il y avait eu des assassinats dans le Royaume, il traquait le meurtrier sans relâche, jour et nuit, ne laissant jamais ses hommes faire le travail.

« Et, malgré le fait qu'il soit de sang royal, c'est une personne très humble. Il ne prend personne de haut, il considère les autres comme ses égaux... Et c'est en cela qu'il sera un grand roi ! »

Cette humilité, Lyana l'avait perçu dès leur rencontre : peu lui importait que la jeune femme soit une simple paysanne à l'allure misérable. Il l'avait protégé et l'avait traité comme si elle était comme lui.
La fatigue se faisait de plus en plus sentir, la jeune femme sentait que son organisme avait besoin d'un long repos. Mais Lyana ne voulait pas être la première à céder et c'est pour cela qu'elle demanda d'une voix qui, malgré ses efforts, montrait sa grande fatigue :

« Vous avez dis quelque chose... A propos du Pays Imaginaire... Que... Que rien ne prenait de l'âge ici ? Que vouliez-vous dire ? »

Tâchant de garder les yeux ouverts, Lyana fixa le Capitaine Crochet, attendant la réponse à sa question. Cette partie du discours du pirate l'avait beaucoup intrigué et, si elle parvenait à rester éveillée, elle y verrait plus clair.
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MessageSujet: Re: Captivité ... [Crochet & Lyana]   Sam 23 Fév - 4:16






James + Lyana



La lune perçait doucement à travers les nuages, touchant de ses humbles rayons les fenêtres de la cabine, faisant pâlir leurs peaux, mais grandir leurs ombres dans la pièce. Les heures de la nuit n’étaient plus aussi nombreuses et bien que la noirceur n’eut pas été l’allier de Crochet lors du sauvetage, elle n’en restait pas moins utile pour créer l’ambiance plus intime de ce jeu à double tranchant. Les filets de mensonges qu’avait préparé le pirate se défaisaient doucement, brin par brin, ses prises retombaient à l’eau et pourtant, la princesse n’avait jamais été aussi bavarde. Cela lui donnait ainsi une jolie montagne de trésors en retour, mais le capitaine était perplexe… Oui, les faits étaient bien agréables au fond, pourtant, Crochet n’aimait pas sentir que la situation, même s’il ne s’agissait que d’une conversation, lui échappait. Le tournant lui était favorable certes, cependant, que ce soit grâce à sa sincérité était quelque chose de très inhabituel, voire de nouveau. La vérité était dite ou plutôt, le doute concernant la vérité avait éclaté au grand jour. Quelque part, dans ce monde froid et cruel, un mari recherchait peut-être la demoiselle à qui il avait demandé la main. Un homme riche, à cheval, dans une armure éclatante sous le soleil, un prince charmant quoi. Aussi, le pirate se doutait déjà du genre de réponse que lui dira la belle….

Le thé refroidissait dans sa tasse, le liquide était tiède au contact de ses lèvres charnues. Le capitaine analysait, comme toujours, chacune des réactions de sa captive. Ce soulagement intense dans son soupir et son affaissement dans le fauteuil était une réaction normale pour une femme mariée… Il trouva cela ridicule. L’amour… Ah l’amour ! Les gens passent, mais les objets restent, seul les joyaux comptaient encore suffisamment à ses yeux pour prendre des risques, ça et la vengeance bien sûr. Les gens étaient égoïstes selon James. D’ailleurs, le prince avait peut-être épousé la jeune paysanne en détresse que pour son don et elle, parce que s’était un prince ! Ses jolis yeux de biche y étaient peut-être aussi pour quelque chose… Quoique, jusqu’à présent, son Trésor s’était révélé un cœur si tendre, cela lui avait bien servit en réalité... Malgré tout, Crochet ne pouvait concevoir qu’une personne soit aussi vertueuse et innocente, cela l’agaçait, n’était-il pas le mieux placé pour lui avoir prouvé que l’existence n’était que souffrance ? Bref, de la voir si soulagée, le rendit amer, lui rappelant vaguement ses propres sentiments heureux qui avaient été bafoué autrefois. Le pirate vida alors sa tasse d’un trait, regrettant une fois de plus de ne pas y avoir ajouté du rhum… La prisonnière décrit alors son époux sans argumenter sur la nouvelle règle du pirate. Généreux et juste… Courageux, voir déterminé… Il ne venait pas de la sauver d’une mort certaine si ? Humble, vraiment ? S’était possible un fils à papa plein aux as qui soit humble ? Un bon comédien rien de plus… Pfff ce jeu, ne l’amusait plus du tout ! Ô un grand roi ! Il ne fallait pas exagérer, son château avait été si facile à attaquer, les grands rois avaient des gens pour les protéger, non ? Allez, qu’elle crache un magnifique diamant et qu’ils en restent là pour cette nuit !

Le capitaine l’avait perçu furtivement, ces signaux de fatigue qui se dessinaient peu à peu dans le non verbal de sa princesse. Les mouvements lents et imprécis, la voix peu expressive et les paupières lourdes. C’était une occasion à ne pas rater de mettre fin à ce jeu de questions et réponses. Le pirate n’aurait même pas à succomber au sommeil le premier, simplement à utiliser sa ruse comme il le faisait toujours, c’est-à-dire, pour son propre intérêt. James déposa sa tasse vide sur le plateau près de celle de sa prisonnière, puis se leva de son coin du bureau et fit quelques pas dans la cabine, écoutant la dernière question qui lui était posée, n’aillant aucune réticence à répondre avec honnêteté. Son petit manège pouvait ne pas fonctionner, mais au moins, il aurait essayé de se délivrer de cette joute verbale pour le temps d’une sieste bien méritée. Le pirate alla jusqu’à la patère près de la porte et vida les poches de son grand manteau rouge tout en laissant sa voix grave et caverneuse, excessivement lente avec une prononciation impeccable, voire machinale et sans émotion, s’élever dans la pièce...

« Disons qu’ici, la roue des saisons tournent, l’hiver, le printemps, l’été, l’automne… Les jours et les nuits tombent, les heures coulent, les minutes passent et les secondes suivent… Les fleurs poussent et meurent, les arbres fleurissent et donnent leurs fruits, les oiseaux chantent et migrent… Mais personne ne vieillit. » raconta-t-il sa berceuse sans musique.

Crochet arrêta son monologue juste à temps pour ne pas dépasser l’effet théâtral et frôler l’agacement de sa captive. Le pirate était sans nul doute un curieux personnage, cette nouvelle excentricité viendrait-elle faire son petit effet ? Son manteau sous le bras, le pirate alla s’accouder au dossier du fauteuil de son Trésor, évitant sa présence menaçante à son regard de saphir et tel l’oiseau de malheur qu’il était, il continua sur sa lancée, ajoutant de la confusion à ses propos en espérant embrouiller, mais surtout, endormir l’esprit de la belle. Lorsque les signes de fatigue furent encore plus présents sur sa compagne de jeu, avec une extrême douceur, le capitaine abrilla de son vêtement épais et rouge la jeune femme pour la garder au chaud.


« La mort peut frapper par les armes, la maladie, les bêtes sauvages, les blessures qui cicatrisent mal… et tous les petits accidents de parcours bien entendu… Cependant, autres ces quelques facteurs, on peut dire que les habitants du Pays Imaginaires sont immortels. » déclara-t-il enfin. « Lorsque j’ai rencontré Peter Pan la première fois, il n’était qu’un gamin encore... Dix-sept ans je crois... D’ailleurs, il a toujours dix-sept ans. »

Sa réponse se précisait drôlement, mais son ton de voix très égal à chaque mot banalisait le coté extraordinaire de son immunité contre l’horloge qui tourne. En vérité, Crochet ne se souvenait plus de son âge, car terriblement dure à compter avec ses allées et venues entre les mondes. Le chiffre variait lentement, le pirate prenait une ride tous les cinq à dix ans environ. Quoique la notion d’année elle-même se perdait dans les méandres de ses souvenirs, seuls les saisons lui donnaient un indice, mais il n’en avait que faire de les compter. Le mercenaire se remis à marcher dans la pièce, enjambant les trésor et en faisant le tour, ses pas toujours au même rythme. Du bout des doigts, il éteignait une à une les chandelles de la pièce, les plongeant toujours un peu plus dans les ténèbres...

« La mort est un mystère qui nous échappent… ou une belle aventure comme il dirait... La destination nous étant totalement inconnue jusqu’au dernier moment. »

En vérité, la mort le terrorisait plus qu’autre chose, mais il n’allait tout de même pas l’avouer devant son Trésor… Pour l’instant, le capitaine tentait de faire taire la princesse, mais avec plus de facilité qu’il n’en avait eut pour la faire parler. Suite à sa ronde, il ne restait dans la cabine que le chandelier sur son bureau dont les flammes se balançaient encore. James se tut, ne prononça plus un mot pendant de longues minutes, feignant de chercher une prochaine question. Le bruit de ses bottes sur le sol s’était aussi muré dans le silence, seules les vagues qui se fracassaient contre la coque se faisant entendre. Crochet écoutait la respiration de sa prisonnière et espérait qu’elle ne lui demande plus rien… Enfin, pour le moment.


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MessageSujet: Re: Captivité ... [Crochet & Lyana]   Lun 25 Fév - 1:18

Crochet & Lyana

L
orsque l'on cherche à s'endormir sans que notre corps ait réellement besoin de repos, le sommeil nous échappe, nous obligeant à nous tourner et à nous retourner dans notre lit en quête de repos. Au contraire, c'est lorsque l'on cherche à repousser la fatigue qu'elle devient plus insistance, plus lourde et écrasante et qu'elle nous entraîne dans les bras de Morphée bien plus tôt que nous le souhaiterions. Lyana était en train de vivre cela. Comme dans une lutte acharnée, elle tentait de repousser les voiles du sommeil, d'ignorer ses paupières lourdes qui souhaitaient se refermer, de réprimer ses bâillements de plus en plus récurrents et de refouler son désir de se laisser complètement aller dans ce fauteuil confortable pour s'endormir. Comme un signal d'alarme lui indiquant que son corps ne parvenait à soutenir le rythme que la princesse lui imposait, Lyana sentit sa tête devenir très lourde et douloureuse. Une forte migraine commençait à lui saisir la tête et ses tempes étaient comme prises dans un étau extrêmement désagréable. La vision de la jeune femme commença même à se brouiller. De sa main valide, elle se frotta vigoureusement les yeux dans l'espoir de chasser le sommeil qui alourdissait ses paupières. Cela l'éveilla, un peu. Afin de ne pas céder à l'appel de l'oreille, Lyana se concentra sur les mouvements du Capitaine Crochet. Si elle gardait son esprit en éveil, elle tiendrait peut-être le coup encore un petit peu.

Après avoir péniblement formulée sa question, Lyana observa les allées et venues du pirate dans la cabine. Elle devait au moins rester éveillée le temps de sa réponse; les mots qu'avait prononcé Crochet sur le Pays Imaginaire l'avaient intrigué et il fallait qu'elle en comprenne la signification. Écouter, juste pour cela. Après, elle cesserait cette bataille contre le sommeil. La voix du Capitaine s'éleva alors dans la cabine. Au-delà des mots qu'elle n'entendait plus que d'une oreille, Lyana fut heurtée par le ton qu'il employa. Si... neutre et monocorde. Les mots semblaient prendre une nouvelle sonorité de la bouche de Crochet. Les sons étaient répétitifs, comme dans une poésie, ou bien dans une berceuse... Était-ce cela qu'il cherchait à faire en parlant ainsi ? L'endormir de sa voix douce et dépourvue de toute émotion ? Cette sorte de tactique agaça Lyana; ses sonorités répétées endormaient encore plus son esprit. Or, elle voulait rester éveiller, au moins jusqu'à ce qu'il soit clair dans ses paroles. Enfin, Crochet formula les mots que la jeune femme voulait entendre, avec beaucoup de crainte cependant. Personne ne vieillit au Pays Imaginaire...

Levant sa tête lourde pour regarder le Capitaine, on pouvait lire une vague lueur d'interrogation dans les yeux de la jeune femme. Soudain, Crochet bougea et alla se placer derrière le fauteuil de la demoiselle. Ceci déplut à cette dernière, d'une part parce qu'elle n'aimait pas sentir la présence du pirate dans son dos alors qu'elle était si vulnérable, et d'autre part parce qu'elle ne pouvait plus le suivre des yeux à présent. Sa tactique pour rester un minimum éveillée ne pouvait plus être appliquée... Résignée, Lyana fixa le plateau qui contenait les tasses de thé et la théière, le regard vide. La jeune femme sentit alors un poids se déposer sur elle. Baissant les yeux, elle perçut la couleur rouge du manteau du pirate. N'ayant guère de force pour le repousser, elle ne bougea pas, se sentant merveilleusement bien sous ce vêtement chaud.

Lyana entendit plus qu'elle n'écouta les mots suivants que prononça le Capitaine Crochet, toujours d'une voix neutre. Elle entendit vaguement que, outre certains facteurs, l'immortalité habitait les habitants du Pays Imaginaire. Elle crut également entendre le prénom de Peter Pan. Encore lui... Une véritable obsession chez le pirate. Au vue de cette temporalité suspendue, depuis combien de temps le pourchassait-il ? Dix, vingt ans ? Peut-être moins, peut-être un peu plus. Toute une vie immortelle à tenter de vaincre son ennemi. Lyana trouvait cela bien triste...
L'obscurité se fit plus dense dans la cabine et c'est en relevant la tête que Lyana comprit que Crochet était en train d'éteindre les bougies. Les deux dernières phrases qu'il prononça, la princesse captive les entendit clairement. Tandis que ses paupières se fermaient peu à peu, la jeune femme dit dans un murmure qui, dans ce parfait silence, fut tout à faire audible :

« La mort est douce et paisible... Elle nous libère de nos maux... C'est une séduisante issue... A laquelle je.... Je n'aurai jamais droit... Ici... »

Le dernier mot mourut sur les lèvres de la jeune femme dont les yeux se fermèrent complètement. Resserrant le grand manteau contre elle, Lyana laissa sa tête reposer sur son épaule et s'abandonna enfin aux voiles du sommeil qui n'avaient cessé de l'attirer. Sa respiration se fit lente, régulière, paisible. Son visage tout entier se détendit. Une expression de sérénité qui ne l'avait plus habité depuis des jours se peignit sur ses traits. Enfin, la jeune femme se sentit basculer et s'enfonça dans les abysses du sommeil.
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Captivité ... [Crochet & Lyana]

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