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 À force, cette baraque va finir par s'effondrer (pv Ally)

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Raphaël Abbot
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MessageSujet: À force, cette baraque va finir par s'effondrer (pv Ally)   Ven 19 Fév - 9:43

Qui aime bien châtie bien



Prostré sur son fauteuil dans son bureau, Raphaël se massait les tempes. Il venait de revenir du bureau du responsable de l’entreprise d’architecture, Maximilian Littleking, qui lui avait demandé une fois de plus des conseils sur la façon dont il pouvait séduire une jeune femme. La dernière en date semblait être une écrivaine qui vivait enfermée dans son manoir et qui résistait encore et toujours aux nombreux efforts qu’il fournissait pour la faire succomber : Madeline Rosewood. Raphaël ne la connaissait pas particulièrement, il l’avait aperçu une ou deux fois dans son manoir quand il passait devant et qu’il prenait la peine de jeter un œil vers ce sinistre manoir, mais ça n’allait pas plus loin. D’où Littleking connaissait cette jeune femme qui ne sortait jamais de chez elle ? Il n’en savait rien et il ne voulait pas le savoir parce que s’il montrait un semblant d’intérêt pour elle, Maximilian verrait là une opportunité de venir lui poser encore plus de questions que ce qu’il faisait déjà. Et c’était déjà assez pénible comme ça. Tous les jours, il y avait le droit. Parfois une fois, parfois deux fois… parfois il en avait pour des heures. La première fois que Littleking était venu lui poser la question, Raphaël avait répondu en lui offrant une technique de séduction, pensant ainsi qu’il serait tranquille pour plusieurs mois, mais malheureusement pour lui, la jeune femme semblait avoir été insensible à la dite technique et à partir de là, il avait été dans l’obligation de lui répondre à chaque fois. Sauf que les « techniques » de séduction de Raphaël n’étaient pas un puit sans fond. Il en était arrivé au bout depuis un bon moment, mais il continuait de répondre, sortant parfois des énormités sachant pertinemment que son responsable ne chercherait pas beaucoup plus loin et mettrait en pratique ce qu’il avait dit. Le pire, c’était que les premières techniques que Raphaël lui avait donnés fonctionnaient réellement… C’était Maximilian qui ne savait pas les utiliser et qui devait les tourner en ridicule – bien que le mot sembla être trop faible pour définir réellement ce qu’il faisait de ces conseils.

Après avoir poussé un énième soupire, il jeta un coup d’œil à son agenda et y vit inscrit le nom des Brynhild. Ah oui ! C’était vrai ! Il avait rendez-vous avec eux. Quelques jours auparavant, il avait reçu un appel de Madame Brynhild lui annonçant qu’elle avait un nouveau projet en tête et qu’il fallait absolument qu’il vienne afin d’évaluer les possibilités et bien évidemment, avoir un devis pour les travaux à venir. Raphaël n’en pouvait plus de ces travaux. À chaque fois qu’il venait à un bout d’un chantier mis en œuvre par cette femme, un autre surgissait d’on ne sait où. Si ça continuait comme ça, la maison allait finir par s’effondrer, tuant probablement toute une famille… Il voyait déjà les gros titres des journaux « UNE FAMILLE PERD LA VIE SUITE AUX EXCENTRICITÉS DE LA MÈRE DE FAMILLE ». Et bien sur, il serait interviewé parce que c’était lui qui aurait mis en œuvre ces constructions et serait le suspect numéro un parce qu’on pourrait lui reprocher de ne pas avoir bien fait son boulot. Sauf que ce n’était jamais le cas. Quand Raphaël faisait quelque chose, il le faisait toujours bien ! Après tout, il avait à son actif une grande majorité des constructions de cette petite bourgade et toutes tenaient magnifiquement bien sur leur fondation. Et puis, Monsieur Gold avait été son principal client et tout le monde savait que Monsieur Gold n’avait pas pour habitude de faire affaire avec des gens qui n’étaient pas de confiance. Sauf que cette femme là semblait bien déterminée à faire s’effondrer sa demeure… Mais que pouvait-il faire ? Dire non, bien sur. La dernière fois, il lui avait déjà bien fait comprendre que ce serait les derniers travaux qu’il ferait car après, cela serait beaucoup trop dangereux. Mais ses paroles étaient entrées par une oreille et étaient ressorties de l’autre. Ce genre de comportement avait le don d’énerver l’architecte. Enfin… Il allait se rendre à ce rendez-vous, et il verrait bien ce qu’elle avait à lui proposer. Surtout que cette fois-ci, Ally ne semblait pas étrangère à ce projet. Selon Madame Brynhild, sa fille avait fait un dessin – ou croquis, il ne se souvenait plus trop puisque cela remontait à plusieurs jours – qui pourrait grandement l’aider pour la mise en œuvre.

Quand il fut l’heure pour lui de partir et de se rendre à ce rendez-vous, il veilla à ne pas croiser Littleking dans les couloirs de l’entreprise. S’il le croisait, cela allait durer des heures, et il ne serait pas à l’heure. Raphaël détestait être en retard. Il avait la réputation d’être ponctuel et il tenait à l’image qu’il possédait. Assez rapidement, comme s’il avait le diable au trousse, il sortit de l’entreprise et s’engouffra dans sa voiture. Il démarra sans plus attendre et prit la direction de la demeure des Brynhild. Par avance, il était excédé par ce futur rendez-vous car il savait qu’il ne mènerait à rien et que ce serait encore quelque chose d’excentrique. Néanmoins, il était curieux de voir ce qu’Ally avait crée. Il l’aimait bien cette gamine blonde. Il aimait bien aussi l’embêter. C’était plus fort que lui : à chaque fois qu’ils se croisaient, il était obligé de lui balancer une pique quelconque ou quoi que ce soit. Il fallait dire aussi qu’Ally le lui rendait bien. C’était un cercle sans fin entre eux. Enfin, mis à part cela, il fallait reconnaître que la demoiselle semblait avoir un don pour le dessin, mais était-ce pour cette raison que c’était possible de le faire ? Ça, c’était à lui de juger et non à la mère d’Ally qui semblait croire qu’on pouvait faire n’importe quels travaux chez soi sans craindre un seul instant que la demeure pouvait s’effondrer d’un instant à l’autre. Si c’était faisable et que ça ne mettait pas en danger les fondations de la demeure, il verrait ce qu’il pouvait faire. Si ce n’était pas le cas… Et bien elle pourrait toujours encadrer le dessin de sa fille et rêver à ces travaux aussi longtemps que ça lui plaira… Ou… Raser tout et tout refaire en prenant en compte ces nouveaux travaux afin d’avoir les bonnes fondations… Mais au final, ça ne changerait pas grand chose parce qu’après cela, Madame Brynhild aurait encore d’autres idées et il faudrait recommencer des travaux. C’était aussi un cercle sans fin. Comment est-ce que les gens de cette famille faisait pour supporter une telle bonne femme ? Raphaël n’eut pas le temps de trouver la réponse car il venait de se garer devant la dite maison. Il sortit de sa voiture tout en prenant ses papiers habituels et se dirigea vers la porte. Une fois devant, il appuya sur le bouton de la sonnette et attendit tranquillement qu’on vienne lui ouvrir.

 
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Ally Brynhild
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MessageSujet: Re: À force, cette baraque va finir par s'effondrer (pv Ally)   Sam 26 Mar - 1:02

La meilleure défense, c'est l'attaque



Des heures, j'en avais passé sur ce fichu dessin. On aurait difficilement pu dire que je ne m'étais pas investie dans le nouveau projet fantasque de ma mère, qui pourtant n'avait à mes yeux aucun véritable intérêt, excepté peut-être celui qui semblait revêtir tant d'importance à ses yeux : être bien plus élégante que celle des Curtis. Plutôt ironique lorsque l'on savait que celle-ci brillait bien plus par sa simplicité. Mais voilà, elle s'était mis cette idée ridicule en tête, et Loki lui même aurait été incapable de l'en dissuader -alors autant dire que je n'avais pas voulu en faire l'expérience. Alors, malgré mes dossiers à rendre dans la semaine représentant déjà une dose de travail monstre, je m'étais empressée de m'atteler à ma tâche, espérant que ma génitrice me laisserait à mes affaires une fois son croquis réalisé. Autant dire que j'étais loin de deviner que ce qui n'était à la base qu'un simple service forcé se transformerait en de longues heures de tortures ponctuées par ses commentaires incessants et ses demandes de retouches constantes qui me donnaient envie de m'arracher les cheveux.

Un trait était de 3 millimètres trop à gauche ? Recommençons donc ! Le toit représenté sur l'esquisse n'était pas assez haut ? Aller, une autre feuille. Et le schéma se répétait encore et encore, jusqu'à ce que je m'autorise sous ses protestations cinglantes une pause café, afin de m'apaiser l'esprit, même pour quelques minutes seulement. J'en avais besoin pour ne pas craquer mentalement suite à cette épreuve éprouvante. Mais même pendant ce moment de prétendue détente, la harpie était revenue à la charge, m'offrant gracieusement des conseils et recommandations dont je n'avais que faire. Alors, je m'étais efforcée de garder sa voix en fond sonore, me concentrant uniquement sur le gout amer de ma boisson qui coulait le long de ma gorge -la journée allait être longue, très longue. Cela, il ne fallait pas être un génie pour le deviner.

J'avais accordé à ce dessin à l'utilité pouvant facilement être remise en question au moins deux après midi entières, sans compter les nuits blanches qui accompagnaient la mise en œuvre d'un tel exploit, qui était loin d'être dans mes cordes lorsque j'avais appris qu'elle avait fait appel à mes services uniquement pour présenter de manière plus élégante et pratique son projet à notre architecte attitré -le seul parmi tous qui connaissait assez bien ma mère pour partager mon désespoir quant à ses idées infondées et irréalistes concernant notre demeure. Mais si cela signifiait en un sens que le flambeau serait alors reprit par un autre, cela voulait également dire que ce temps que j'avais passé à rendre parfait un simple schéma descriptif n'allait en somme servir à rien d'autre que de dessous de verre à notre futur invité.

De tous les directeurs de chantier disponibles en ville, il avait fallu qu'elle le choisisse lui -celui que j'aurais plus que tout au monde aimé éviter, surtout dans ce genre de circonstances. Premièrement, parce que ma mère me faisait honte au plus haut point, et qu'en tant qu'intermédiaire auprès de son nouvel homme à tout faire, j'allais être l'unique responsable de toutes ses décisions discutables. Deuxièmement, parce qu'il allait à coup sûr profiter de l'occasion de me taquiner une fois de plus sur mes dessins, loin d'atteindre la perfection mathématique et géométrique attendu sur un travail d'architecte. Je ne m'attendais pas à ce qu'il me complimente pour quelque chose qui ne serait vraisemblablement pas utilisable -j'étais une artiste moi, non pas une scientifique ni une professionnelle dans son milieu- , j'espérais néanmoins qu'il saurait reconnaitre le talent mais surtout l'innombrable dose de persévérance dont j'avais fait preuve pour achever cette pièce, dont les détails -certes secondaires et inintéressants pour de futurs travaux- auraient pu faire pâlir d'envie Léonard de Vinci. Malgré cela, je ne me faisais pas beaucoup d'idées -j'avais beau mal le connaitre, je n'ignorais pas qu'il ne m'épargnerait pas un seul instant une fois qu'il verrait mon œuvre. Sans doute si ma mère avait eu le malheur de lui faire part de ce détail préparait-il déjà au préalable son discours offensant dans son bureau. A cette idée, une image du jeune homme assis sur un fauteuil de cuir imitant les mafieux que l'on pouvait apercevoir dans les vieux films, partant dans un rire maléfique à la mode "méchant disney" s'imposa à mon esprit, et je ne pu m'empêcher de me faire la promesse de me mettre directement à dessiner ce que mon imagination fertile avait réussi à pondre malgré moi dès cette affaire terminée.

Mais pour cela, encore fallait-il que notre architecte préféré arrive -le seul point positif se situant dans le fait que ma mère arrêterait enfin de m'importuner pour reporter son enthousiasme sur quelqu'un d'autre. Et puis, après réflexion, quel autre choix me restait-il ? Autant en finir le plus rapidement, me disais-je en jetant un coup d'oeil distrait à la grande horloge du salon indiquant que l'heure de notre rendez vous approchait à grand pas. Préparant mes croquis que je déposais sur la table basse du salon en attendant le jeune homme, je m'étais installée sur le canapé, écouteurs dans les oreilles et livre en main, espérant avoir la chance de profiter de quelques minutes de lecture avant que ma présence ne soit requise -ci cela n'avait tenu qu'à moi, je n'aurais jamais lâché ce roman dans un premier temps.

A peine avais-je retiré mon marque page que la sonnette de la porte retentit, indiquant l'arrivée de la personne que ma génitrice avait choisi d'employer. Ne prenant pas la peine de me lever alors que je n'avais vraisemblablement pas eu mon mot à dire quant à sa visite, j'avais attendu que ma mère m'interpelle une fois notre invité entré afin de témoigner des politesses exigées.

J'avais alors déposé mon livre à contre-coeur pour me diriger vers l'architecte le menton haut et le regard soutenant le sien, afin de lui adresser mes salutations accompagné d'un grand sourire hypocrite -il savait que je ne voulais pas le voir, tout comme je me doutais bien qu'il se ferait un plaisir de profiter de ce fait pour faire de ma vie un véritable enfer du temps de sa présence ici, ce que ma mère ignorerait pour le bien commun, comme elle avait l'habitude de se justifier -les affaires avant tout, bien entendu.

-Bonjour, ça faisait un bail, commentais-je ironiquement en faisant référence aux derniers travaux s'étant achevés il y avait à peine deux ou trois mois. Avec tout le temps qui s'est écoulé depuis votre dernière visite, on croirait même apercevoir quelques cheveux blanc parmi vos mèches laquées.

Ca, c'était gratuit, mais tellement satisfaisant. Il fallait bien que je prévoie mon coup : j'avais déclaré la guerre avant même qu'il n'ait le temps de prononcer le moindre petit mot -mais ce n'était bien entendu que partie remise pour le jeune homme qui ne manquerait pas de me le rendre en pis durant les heures que nous passerions ensemble sur ce nouveau projet de construction. C'était devenu une routine certes, mais cela ne signifiait pas que je pouvais me reposer sur mes lauriers -je devais rester à l’affût si je ne souhaitais pas me faire avoir comme une débutante. J'avais une réputation à tenir, et ce n'était pas un vulgaire gamin de trente cinq ans qui allait la ternir à sa guise.

 
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Raphaël Abbot
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MessageSujet: Re: À force, cette baraque va finir par s'effondrer (pv Ally)   Dim 1 Mai - 22:15

Qui aime bien châtie bien



Raphaël adorait les nouveaux projets. À chaque fois qu’on lui en présentait un, il s’y investissait à fond. Tellement à fond qu’il passait énormément d’heures assis sur son fauteuil de bureau et rentrait tard chez lui. Mais quand il s’agissait de réchauffé, il préférait expédier ça le plus rapidement possible pour pouvoir passer à autre chose. Sauf que même le réchauffé méritait de l’attention parce que si quelque chose était faite de travers, il y avait un grand risque pour que ça lui tombe sur le coin du nez. Le réchauffé actuel était la demeure Brynhild. Il y avait effectué de nombreux changements et c’était sans surprise que la mère de famille l’avait appelé pour en faire de nouveau. Agrandir, changer la disposition, la forme d’une pièce… Absolument tout était bon pour que Madame Brynhild n’appelle l’entreprise et demande de nouveaux travaux. Tant que c’était possible, l’ancien Shérif de Nottingham n’avait eu aucun souci à accepter, même si à la fin, il trouvait ça plus lassant qu’autre chose. Mais plus des travaux étaient faits, plus les possibilités s’amoindrissaient. Du coup, ce dernier appel laissait déjà supposer la réponse que Raphaël allait offrir. Sauf que Madame s’était montrée insistante si bien qu’il avait promis de jeter un œil à ce qu’elle proposait mais ne garantissait rien.

Les femmes, il les pratiquait assez souvent. Mais Madame Brynhild était vraiment un cas à part… Tellement à part que se serait le genre de femmes qu’il fuirait et qu’il trouverait agaçante, même. Enfin tant qu’il ne déclarerait pas que des travaux futurs seraient impossibles chez elle, il se retrouverait avec d’autres appels. Peut-être que le moment était venu de dire « stop ». C’était avec cette idée en tête qu’il avait pris la route de la villa. Une fois que se serait chose faite, il n’aurait plus qu’à espérer qu’elle ne se mette pas en tête d’acheter un nouveau terrain de faire construire… Si c’était le cas, Raphaël s’arrangerait pour refiler le bébé à un autre architecte. Il en avait soupé des Brynhild. À la rigueur, la seule de cette famille qu’il aimait croiser c’était leur fille Ally. C’était plus fort que lui, à chaque fois qu’il la voyait, il ne pouvait pas s’empêcher de l’embêter et de l’asticoter. Il aimait bien voir ses joues devenir rouges dès que l’énervement la gagnait. Enfin, elle lui rendait très bien aussi de son côté. S’il y avait bien une chose que Raphaël lui laissait, c’était son don pour le dessin. Il avait pu en voir quelques uns au cours de ses visites à la villa et son œil d’architecte y avait vu une prédestination dans le domaine. Elle pourrait sans aucun doute en faire son métier si elle intégrait une école d’art.

Garant sa voiture devant la villa, il se dirigea par la suite vers la porte. Dans sa mallette, ses éternels papiers qu’il emmenait toujours avec lui. Il aurait eu tendance à les laisser au boulot puisqu’il s’agissait des Brynhild et qu’il y avait très peu de chance pour qu’il accepte ces nouveaux travaux. Sauf que voilà, très peu de chance ne voulait pas dire aucune chance donc il était bien obligé de les prendre. Une fois devant la porte, il sonna et attendit patiemment qu’on vienne lui ouvrir. Étrangement, il se mit à imaginer Madame Brynhild dégringoler les escaliers afin de venir lui ouvrir afin qu’il puisse voir ses nouvelles excentricités. Mais ce fut un autre visage qui vint lui ouvrir : celui d’Ally avec un magnifique sourire d’hypocrite de dessiner sur ses lèvres. Celui qui vint se dessiner sur les lèvres de Raphaël fut narquois. Il savait pertinemment que la demoiselle ne pouvait pas le souffrir. Il le savait tellement bien qu’il ne pouvait pas s’empêcher de l’embêter avec ça. Il n’avait pas encore franchi le seuil de la porte qu’elle l’attaquait déjà. Il attendit poliment qu’elle l’autorise à pénétrer à l’intérieur de la villa avant de lancer à son tour les hostilités :

- Tellement longtemps que je jurerai que tu as grandi de quelques centimètres depuis la dernière fois.

Machinalement, il réajusta sa cravate correctement, s’attendant à voir Madame Brynhild débarquer pour l’attraper par le bras et commencer son nouveau petit discours comme quoi elle avait eu une idée de génie qu’il fallait absolument mettre en œuvre, etc. Et comme d’habitude, Raphaël l’écouterait d’une oreille. C’était devenu un rituel avec cette femme. En même temps, elle ne le laissait pas spécialement parler non plus donc il fallait bien faire quelque chose en attendant qu’elle se taise, n’est-ce pas ? Sauf que la maîtresse de maison ne semblait pas vouloir apparaître dans l’immédiat. Tant mieux dans un sens, mais c’était fort fâcheux car Raphaël mettrait donc plus de temps à se débarrasser de cette visite. Et dire qu’il avait mieux à faire… S’il n’avait pas un minimum de professionnalisme en lui, il aurait soupiré d’agacement et aurait appelé lui-même cette femme afin qu’elle ramène son derrière pompeux afin d’en finir au plus vite.

- Alors quels sont les nouveaux caprices de ta mère ? demanda-t-il.

Il espérait qu’Ally en sache plus afin de pouvoir savoir où il allait le plus rapidement possible. Et peut-être qu’ainsi, il mettrait fin à cette visite rapidement malgré l’absence de Madame Brynhild dans l’immédiat. D’après ce qu’il avait compris, cette fois-ci, la maîtresse de maison avait eu de l’aide pour mettre au point son idée si bien qu’elle était censée tenir debout. Mais tant que Raphaël n’aurait pas jeté un coup d’œil à ça, il ne saurait dire. De plus, il se jugeait seul juge pour savoir si oui ou non l’idée était faisable. Il espérait réellement que non ainsi, ça irait plus vite.

 
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Ally Brynhild
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MessageSujet: Re: À force, cette baraque va finir par s'effondrer (pv Ally)   Sam 3 Sep - 1:14

La meilleure défense, c'est l'attaque



Les règles de politesse, je ne les connaissais que trop bien. Aussi savais je pertinemment être forcée d’autoriser l’invité de ma mère à entrer, malgré ma reluctance à cette idée – des heures de préparation mentales ne m’avaient pas suffi pour me faire à l’idée que mon après-midi serait gachée par les projets fantasques et irréalisables de ma mère. Par Odin, j’avais même pris un jour de congé pour être en mesure de recevoir l’architecte préféré de celle-ci, qui avait insisté pour que je sois la personne en charge des négociations ! C’est que ma génitrice, à défaut d’être une adulte sensée, n’était pas une idiote. Sans doute savait-elle très bien que Raphaël n’accepterait jamais de l’écouter une énième fois déblitérer ses inepties sans broncher. Non, il lui fallait une personne capable de s’exprimer de manière professionnelle et réfléchie. Une nouvelle voix qui pourrait attiser l’intêret du jeune homme et lui faire oublier les travaux précédents, qui lui avaient déjà coûté une grande partie de son temps. Et c’est là que j’intervenais, avec mon croquis, et mon discours préparé. Aller droit au but, ne pas tourner autour du pot, tel était mon objectif afin d’écourter cette visite, et de retourner à mes affaires. Car bon sang, cette affaire m’importunait déjà au plus haut point.

-Il parait que les personnes âgées se mettent à rapetisser et se tasser avec le temps. Je ne pensais pas que cela vous arriverait si vite, rétorquais-je machinalement suite à sa remarque, en lui faisant signe de passer après moi dans le couloir, le laissant me suivre jusqu’au salon avant de jeter un coup d’œil rapide en cuisine.

-Je serais ravie, commençais-je en insistant ironiquement sur ce dernier terme, de vous expliquer tout cela en détail, mais je pense que nous aurons tout deux besoin d’un café.

Sans attendre de réponse de sa part, je lançais la machine à café pour moi-même, faisant glisser ma capsule préférée en interrogeant du regard mon interlocuteur, attendant qu’il fasse son choix. Tasse en main, je soufflais alors sur le liquide brulant, tout en réfléchissant à la manière d’annoncer les choses à cet homme dont le travail ne serait pas de tout repos.

-Je ne vous apprends certainement rien en vous disant que ma mère a encore fait des siennes, entamais-je la conversation en soupirant d’exaspération. Ces chantiers constants n’étaient pas les distractions les plus agréables que j’aurais pu souhaiter, surtout lorsque celles-ci concernaient le lieu au sein duquel je travaillais chaque jour. Mon atelier, en somme, était inévitablement troublé par les bruits assourdissants des machines qui travaillaient sur notre terrain, sans que je ne puisse rien y faire. Même me plaindre à mon père n’avait pas suffi à ramener Madame à la raison. Mes « loisirs » passaient après les « nécessités » de la maison, évidemment. Qu’aurais-je pu espérer d’autre ? Sans doute même faisait-elle exprès de provoquer ces travaux de manière à me détourner de cette école qu’elle estimait indigne de mon niveau.

-Une nouvelle terrasse, un changement de devanture, et un agrandissement de pièce, énonçais-je dans l’ordre, en comptant machinalement jusqu’à trois sur mes doigts. En quelques mots des mois et des mois de boulot, si ce n’est plus.

En imaginant facilement la réaction que mes propos provoqueraient chez l’architecte, je m’empêchais d’ajouter.

-Sans offense aucune, je pense que ce projet vous agace autant que moi, alors autant s’en débarrasser rapidement, de façon à ce que ma mère ne nous prenne pas la tête avec plus longtemps.

Sur ces mots, je l’invitais à me suivre jusqu’au salon pour s’installer face à moi sur les fauteuils de cuir dont ma génitrice était si fière, qui nous avaient sans doute coûté bien plus cher que mes deux salaires cumulés. Posant pour quelques minutes mon café à distance raisonnables des feuilles de papier sur lesquelles j’avais tant buché –je ne m’en serais certainement pas remise si j’avais du recommencer une fois de plus ces croquis que ma mère avaient finalement trouvé plutôt satisfaisants, après des jours de travail acharné. Non, plutôt mourir que de bosser de nouveau sur ces dessins.

« Pourtant ça te plait de gribouiller », m’avait répété cette dernière chaque fois que j’avais le malheur de me plaindre en sa présence.

Sans doute ne comprendrait-elle jamais la différence qu’il y avait entre travailler pour elle, et dessiner pour moi. J’avais beau être une perfectionniste affirmée, mon esprit resterait sans doute toujours plus ouvert que le sien, qui ne voyait qu’exubérance et fioritures. Voilà pourquoi quoi qu’elle fasse, la maison de ses concurrents directs resterait la plus somptueuse du quartier. Il fallait croire que la simplicité n’était pas sa tasse de thé. Après tout, elle n’était rien de moins qu’une Brynhild, élevée comme une reine mariée à celui qu’elle considérait comme l’équivalent du prince charmant : un businessman au compte en banque bien rempli. Mais même elle ne connaitrait pas sa fin heureuse.

-Malgré tout, nous ne voudrions engager qu’un budget restreint pour ce chantier, fus-je obligée d’énoncer, non pas sous la demande de ma mère, qui était heureusement hors de portée de voix, mais de mon propre chef, après avoir murement réfléchi aux conséquences que son entreprise impliquerait.

-Des accords internationaux qui nécessitent un investissement à l’étranger, pour étendre notre entreprise, justifiais-je immédiatement la situation d’un ton nonchalant, afin de ne pas attirer la suspicion de Raphaël.

Croisant les jambes, je lui présentais un à un les croquis réalisés sous la surveillance de ma génitrice, lui expliquant les quelques détails qui étaient représentés en couleur sur la feuille, afin d’éviter toute méprise. Lorsque j’en vins au dernier du bloc à dessin, un sourire moqueur s’installa sur mon visage alors que je fus forcée de lui présenter la terrasse agrémentée d’une fontaine centrale qui devait bien faire la taille d’un des bassins de la piscine municipale.

-Je vous assure que ce n’est pas une erreur de ma part, me sentis obligée de préciser en riant. Ma mère en a vu une semblable sur internet, et …Vous la connaissez désormais, je pense, impossible de lui sortir l’idée de la tête.

C’était une piètre justification certes, mais suffisante à sa compréhension. Ma mère était un argument à elle toute seule.


 
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Raphaël Abbot
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MessageSujet: Re: À force, cette baraque va finir par s'effondrer (pv Ally)   Jeu 6 Oct - 11:37

Qui aime bien châtie bien



La maison des Brynhild, Raphaël la connaissait par cœur. Il avait l’impression de l’avoir construite de A à Z. Ce qui était faux étant donné que lorsque la famille avait acquis la demeure, il y avait déjà des bases. Mais tous les changements, c’était lui qui les avait faits alors il pouvait presque apposer sa signature sur le marbre d’un des murs extérieurs. Sauf qu’il ne le ferait pas parce que si la dame de maison s’en rendait compte, elle viendrait directement jusqu’à l’entreprise pour le trucider d’avoir déformé sa maison. Par moment, il se demandait presque ce qui la faisait avancer dans la vie cette femme. Elle donnait l’impression que la seule chose qui existait c’était le toit qu’elle avait sur la tête. Sauf que si elle continuait comme ça, elle n’aurait plus vraiment de toit au-dessus de sa tête. Les derniers changements qu’elle avait souhaité faire, Raphaël les avait faites avec la plus grande prudence du monde parce qu’il allait arriver un moment où les changements ne seraient plus possibles. Surtout qu’il y avait des choses faites précédemment qui rendaient les nouvelles choses impossibles. Cependant, ça n’avait pas l’air de déranger la maîtresse de maison.

Il fut surpris que ce soit sa fille qui vienne lui ouvrir. Entre Raphaël et Ally, c’était de bonne guerre. Cependant, il était difficile de dire si par moment ils n’étaient pas sincères dans ce qu’ils se balançaient. L’architecte ne la trouvait pas insupportable, mais à ses yeux elle n’était qu’une gamine qu’il aimait bien embêter. Oui, il prenait un vrai plaisir à la souler. S’il pouvait, il en ferait son métier – si seulement celui-ci était rémunéré ! Et oui, embêter les adolescentes en mal d’amour n’était pas payant. Au départ, il pensait avoir affaire à la mère d’Ally, mais celle-ci semblait être absente et avait laissé place à sa fille. Du coup, discuter du projet serait plus intéressant et surtout beaucoup plus drôle. Mais bizarrement, il ne pouvait pas s’empêcher de se dire que si cette femme laissait sa fille aux commandes c’était parce qu’elle avait peur de se prendre un refus direct, suite à la dernière conversation qu’elle avait eu avec Raphaël. Pourtant, que ce soit Ally ou un autre, si ce n’était pas possible, ce n’était pas possible. Raphaël ne voulait pas tenter le tout pour le tout en se disant « ça passe ou ça casse » et se retrouver avec une famille morte sous les débris – même s’il y avait des assurances.

Ally avait une répartie à tire larigot qui arrachait des sourires en coin à l’ancien Shérif de Nottingham. Habituellement, il n’aurait pas perdu une occasion de répliquer afin que cela tourne à la joute verbale, sauf que là, il n’avait pas vraiment envie de rester plus de temps que de nécessaire dans la demeure Brynhild. De toute manière, si les désirs de la maîtresse de maison n’étaient pas réalisables, il repartirait aussitôt et reprendrait son boulot là où il l’avait laissé. Non parce qu’il avait des projets en cours qui étaient cent fois plus réalisables que les caprices d’une femme riche qui n’était jamais satisfaite de ce qu’elle avait, très longtemps. Raphaël pénétra dans la demeure qu’il connaissait sur le bout des doigts. Rien avait de secret pour lui, ici. Il demanda à Ally quels étaient les nouveaux désirs de sa mère et contre toute attente, elle lui annonça être celle qui se chargerait de tout lui dire. Il hocha machinalement la tête quand elle proposa un café. Pour une fois qu’elle mettait du cœur à l’ouvrage afin d’être un bon hôte, il ne dirait pas non.

Après qu’il ait fait son choix de café et une fois qu’il fut servi, Ally lui annonça enfin ce qu’il désirait entendre. Il avait vraiment hâte d’en finir et surtout, il ne savait plus du tout comment faire comprendre à Madame Brynhild que les futurs travaux étaient inutiles parce qu’irréalisables. Il détestait avoir la sensation de parler dans le vent : que ça rentre dans une oreille et que ça ressorte par l’autre. Ally avait raison : elle ne lui apprenait rien. Ce qu’elle avait à lui apprendre, c’était ce que sa mère allait vouloir comme changement. L’architecte sentait poindre l’exaspération quand la demoiselle lui énonça les nouveaux travaux. Il avala une gorgée de café après avoir légèrement soufflé dessus pour le refroidir un peu et ne pas se brûler la langue. Il prit le temps de « digérer » la nouvelle.

- Comme tu le dis si bien : je ne prends plus réellement de plaisir à effectuer des travaux chez vous. Il y a des limites à ce que peut supporter votre maison, je pense qu’on les a déjà atteintes. Je partage donc ton avis sur la question : autant faire vite pour ne plus en entendre parler.

Il suivit Ally jusqu’au salon et s’installa sur un des fauteuils présents, en face de la demoiselle. Sur la table basse se trouvait des feuilles de dessins surement effectuée par Ally elle-même. C’était curieux comme procédé parce que c’était la première fois que Madame Brynhild faisait appel au savoir faire de sa fille pour un projet. À croire qu’en essayant d’innover cela changerait les choses. À l’instant présent, Ally menait absolument tout à la baguette. Raphaël suivait gentiment le chemin qu’elle lui offrait, les portes qu’elle acceptait d’ouvrir. Il en vint à arquer un sourcil quand elle annonça le budget restreint qu’ils souhaitaient mettre en œuvre pour le chantier. Aussitôt, elle se justifia. Curieux. Depuis quand est-ce qu’Ally avait besoin de se justifier ?

- Il faudrait savoir ce que vous voulez, répondit-il. Certains éléments demandent des matériaux de qualités pour tenir dans le temps. Pourquoi investir pour quelques mois et redépenser de l’argent à tout refaire juste après ?

Enfin, c’était clairement ce que la maîtresse de maison faisait déjà : construire et faire reconstruire par-dessus quelques mois après. Sauf que si Raphaël ne visait pas un minimum sur la qualité, il craignait que le toit ne s’effondre. Et après, ce serait sur lui que ça retomberait. Merci, mais non merci. Après quoi, l’architecte se retrouva avec les dessins d’Ally entre les mains. Il les observa avec attention tout en écoutant ce qu’elle lui disait. Il ne retiendrait surement pas tout étant donné qu’il y avait des informations diverses et variées, mais il serait toujours temps de reparler de ce genre de choses le moment venu. Tout du moins si Raphaël venait à accepter le chantier. De ce qu’il voyait, il trouvait que c’était bien ficelé ; mais bien ficelé ne voulait pas dire réalisable. Ce qui surprit le plus Raphaël dans toute cette histoire, c’était la fontaine que Madame désirait. Une fontaine pareille c’était irréalisable ! Il poussa un profond soupire.

- Même si tout çela est très bien dessiné j’ai des difficultés à imaginer ça faisable. Ça tient la route en dessin mais niveau fondation et tout le tralala, je ne suis pas sûre que ça tienne sans que le toit vous tombe sur la tête.

Il reposa les dessins d’Ally sur la table et jeta un coup d’œil à la pièce où il se trouvait. Il ouvrit sa mallette « diplomatique » et sortit les plans de la fondation de la demeure. Il se permit de les ouvrir et de les disposer sur la table basse. Il les fixa pendant quelques instants avant de demander :

- Quelle pièce ta mère souhaite-t-elle agrandir ?

Les agrandissements n’étaient pas spécialement gênant dans le sens où ils étaient possibles à partir du moment où ils avaient un mur appartenant à l’extérieur. Mais si c’était une pièce déjà centrale, alors là… Ça serait très compliqué. Parce qu’il faudrait retravailler les combles et si c’était le cas, il faudrait tout abattre pour tout refaire. Et l’architecte n’avait aucunement l’intention de le faire. Il avait déjà plusieurs chantiers en cours, il ne pouvait pas en accepter un autre de cette envergures là.

 
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MessageSujet: Re: À force, cette baraque va finir par s'effondrer (pv Ally)   Mer 23 Aoû - 17:30

La meilleure défense, c'est l'attaque



Je ne me serais jamais attendue à quelque forme de coopération de la part de l’architecte après que j’aie énuméré les nombreuses excentricités désirées par ma mère. A dire vrai, je m’étais attendu à ce qu’il m’annonce sans préambule que le contrat ne pourrait être signé. Pourtant, le jeune homme semblait décidé à discuter des possibilités architecturales de la maison – c’était bien ma vaine. Je commençait à piquer du nez, face à mes croquis - toute la caféine du monde ne suffirait à me maintenir éveillée plus longtemps. J’étais parfaitement consciente du fait que j’aurais du m’accorder quelques heures de repos -après tout étais-je encore en vacances, n’en était-ce pas le dit principe ? Cependant, le travail lui n’attendait pas, et j’avais du combiner les deux de manière plus ou moins équivalente de façon à terminer en vitesse ce projet que j’espérais pour moi terminé. Mais non, il avait fallu que ma mère en rajoute comme à son habitude et me demande de jouer l’intermédiaire. Il ne me restait quelques heures encore avant de retourner travailler ; ceci dit, à ce rythme de croisière, le moment viendrait bien trop vite à mon goût. Je me devais de trouver un moyen d’écourter la conversation, rapidement, et sans éveiller les soupçons. Après tout  m’avait-il fait part également de son envie d’en finir au plus vite.

-Vous êtes bien sûr de vous cher ami, lançais-je ironiquement en réponse à ses commentaires. A votre place, je n’y aurais pas accordé plus que quelques secondes avant de refuser. Mais soit, libre à vous de tenter ce projet ridicule.

Je réorganisai rapidement mes dessins par ordre croissant de ce que j’estimais assez réalisable, du plus simple au plus insensé, pour lui tendre finalement une reproduction que je considérais comme assez fidèle de notre cuisine actuelle. A cela, je superposai la vision supposément enjolivée de ma mère, sans accorder à mes deux œuvres plus d’un regard.

-Elle souhaiterait agrandir la cuisine pour y ajouter un bar plus large, pour les invités, commentai-je en songeant malgré moi au fait que cette excuse ne passerait sans doute qu’avec l’architecte. Certes, les convives pouvaient être nombreux, surtout pendant l’été, mais il était suffisamment assez grand pour qu’ils puissent tous s’asseoir sur les tabourets de cuir qui lui faisaient face. La raison officieuse, celle qui ne se disait pas mais que même Papa avait pu deviner, c’était que sa femme voudrait stocker plus de bouteille. Je jetais instinctivement un coup d’oeil à l’évier. S’il avait été vidé et nettoyé avant l’arrivé de son employé favoris, j’aurais juré que les restes de ses tequilas instantanément ingurgitées en jonchaient encore le fond une heure plus tôt. Cela n’aurait pas du m’étonner plus que cela : la pauvre enfant devait se faire du mouron quant à l’issue de ces négociations. Qu’elle imagine un instant que je sois de son côté témoignait de son égocentrique naïveté ; l’alcool devait jouer un rôle conséquent dans cette affaire, mais je préférais me concentrer sur ses réels défauts que de lui trouver des excuses – j’en avais passé l’âge.

-Ceci dit, conclus-je après lui avoir laissé le temps de réfléchir à la situation, je suis persuadée que le bar rentrerait sans aucun soucis en déplaçant quelques meubles. Cela nous simplifierait à tout deux la tache. Qu’en pensez vous ?

Je n’avais pas la moindre idée de si ce que je venais d’affirmer était correct, fixée comme je l’étais sur notre budget restreint. Car là était bien l’une des principales raisons pour lesquelles j’avais à contrecoeur accepté de recevoir l’architecte à la place de ma génitrice qui voyait en mon père une source de revenue inépuisable. J’avais eu l’occasion d’apercevoir l’ampleur des dégâts, et ce n’était pas beau à voir. L’objectif ici était de réduire les dommages occasionnés, ce qui n’aurait pas été possible en présence de la fauteuse de trouble.

-De même, réduire le bar de quelques centimètres n’est pas exclus. Cela lui donnera une impression d’espace, sans qu’elle ne sache jamais rien du morceau restant. Elle m’a laissé la charge du chantier, elle ne posera pas les yeux sur les documents quoi qu’il en soit, affirmais-je finalement en haussant les épaules. Alors je vous laisse carte blanche, je n’ai strictement rien à faire des détails tant que le résultat est satisfaisant.

Voilà ce qui je le pensais, allait le convaincre. Si ma mère était exigeante, j’étais beaucoup moins pointilleuse. Tant que cela promettait économie et sécurité, je n’avais rien à dire. Sur ce dernier point, nous devions encore discuter.

-La priorité est évidemment à mettre sur la qualité des matériaux utilisés. Avec toutes les modifications qui ont été faites, je me demande parfois comme la batisse tient encore debout. Tout ce qui ne rentrera pas dans le budget défini sera tout simplement retiré du projet. Sur ce point, je pense que nous pouvons tous les deux nous mettre d’accord.

Je tirais du fond du tas la fontaine commandée que j’orientais vers la poubelle la plus proche, adjacente au bureau.

-Il serait donc judicieux de supprimer immédiatement cette horreur, n’est-ce pas ?

Le plus simple les travaux resteraient, le plus facile cela serait pour le jeune homme. Quant à Papa, il serait sûrement bien plus rassuré sur l’état de la maison qui ne cessait de changer tous les mois. Le pauvre homme avait à peine le temps de se poser sur son canapé que retentissait déjà le bruit tonitruant d’une autre perceuse. J’étais bien décidée à y mettre fin.

-Le bar ne posera sans doute aucun problème. Quant à la terrasse, à vous seul d’en juger.

Une fois de plus, je jonglais avec les dessins jusqu’à ce que le bon arrive devant lui.

-Quant à la devanture…

Un nouveau dessin apparut face à mon interlocuteur.

-Oublions le marbre voulez vous ? Je ne tiens pas à risquer ma vie chaque fois que je voudrais rentrer chez moi. Ma mère a beau être une vieille pie, je suis encore trop jeune pour mourir.

Cette idée me hantait déjà bien trop souvent. Des accidents étaient si rapidement arrivés -par Odin ma mère jouait constamment avec le feu avec ses travaux, et la viking en moi s’offusquait de n’avoir encore rien vécu dans ce monde. Rien d’autres que ses ridicules fantaisies.

Un jour, me promis-je. Un jour je partirais.


 
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Raphaël Abbot
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MessageSujet: Re: À force, cette baraque va finir par s'effondrer (pv Ally)   Jeu 2 Nov - 10:54

Qui aime bien châtie bien



Cette demeure, Raphaël la connaissait par cœur. Il n’avait pas participé à sa construction, mais il l’avait tellement traficoté dans tous les sens que du coup il en connaissait le squelette. Lors des premiers travaux il avait dû se procurer les plans de construction pour connaître les murs porteurs. La mère d’Ally avait dû faire plusieurs concessions la première fois car elle n’avait pas tenu compte des murs si important au bon maintien des fondations. Mais une fois qu’elle avait eu connaissance des murs porteurs, elle n’avait jamais cessé de vouloir faire des changements. Au plus grand damne de l’architecte qui voyait souvent les projets de Madame Brynhild arriver sur son bureau. Pourquoi ne demandait-elle pas à quelqu’un d’autre de travailler pour elle ? Au départ, Raphaël avait trouvé ça gratifiant d’être autant demandé parce que ça prouvait qu’il faisait du bon travail et il n’en demandait pas moins. Sauf qu’à force, la lassitude s’était installée et surtout des projets de moins en moins réalisable. À un moment donné, il fallait détruire pour pouvoir reconstruire.

Professionnellement, Raphaël était tenu d’analyser les demandes de sa cliente. Il savait très bien que très peu des idées seraient réalisables ; ce qui rendrait la visite assez courte en elle-même. Il aurait très bien pu refuser le contrat et annoncer à Madame Brynhild qu’il était devenu impossible de faire les moindres travaux, mais l’architecte tenait à être professionnel. C’était ce qui faisait sa si bonne réputation. Il comprenait parfaitement l’état d’esprit d’Ally, lui-même aurait réagi de la même manière à sa place.

- Je pourrais, en effet, répondit-il. Sauf que ce serait un sérieux manque de professionnalisme et j’aimerai que ta mère me laisse tranquille quand je lui énoncerai tout ce qui n’est pas possible parce qu’elle insistera en me racontant absolument chaque détail de tous ces croquis. Or, il faudrait que je sache de quoi elle me parle afin de pouvoir lui exposer tous mes arguments et être enfin tranquille.

Une fois l’explication donnée, Raphaël n’avait plus vraiment besoin de se justifier sur les raisons qui le poussaient à toujours regarder les croquis qu’Ally allait lui montrer. D’ailleurs, celle-ci organisa ses dessins afin qu’ils puissent regarder ensemble. Il la laissa organiser afin de pouvoir se pencher dessus. C’était elle qui avait tout dessiné et l’architecte était impressionné par son talent pour le dessin. Cependant, il resta silencieux quant à ça car il ne souhaitait pas qu’Ally prenne la grosse tête. Qui sait ce qu’elle serait capable de lui sortir une fois qu’il l’aurait complimenté sur ses dessins ? Il l’écouta attentivement sur le premier désir de Madame : agrandir la cuisine pour ajouter quelques mètres à son bar. L’excuse pour les invités ne fit pas vraiment son effet chez Raphaël, mais qui était-il pour juger ? Il n’était pas là pour se préoccuper de la consommation d’alcool de sa cliente. Si elle était alcoolique, c’était son affaire, pas la sienne. Personne ne lui avait demandé de se mettre à boire.

Il analysa le dessin d’Ally quand celle-ci suggéra plutôt de changer l’emplacement des meubles plutôt que d’agrandir encore la pièce. Il hocha la tête. La demoiselle avait raison. Agrandir une pièce ce n’était pas bien compliqué en soit, mais s’il se souvenait bien, la cuisine était assez grande pour pouvoir rajouter quelques mètres au bar.

- Je pense pouvoir rajouter quelques mètres sans avoir rien à bouger, annonça-t-il. Mais si ta mère souhaite plus que ce qui est possible, il faudra revoir la disposition de la cuisine, oui. Songeons au plus simple.

Par contre, il ne put s’empêcher de rire légèrement lorsqu’Ally suggéra de réduire la taille du bar afin que sa mère pense qu’il y avait bien eu agrandissement. Pourquoi est-ce que ça ne l’étonnait pas qu’elle pense de cette façon ?

- Peut-être, mais les placards ne sont pas sans fond non plus. Et si le but est de stocker plus, difficile à faire avec quelques mètres en moins, tu ne penses pas ? En revanche, c’est un grand signe de confiance qu’elle te fait en te confiant les travaux sans jeter le moindre coup d’œil sur ce qui sera réalisé ou pas. Comment ça se fait ? Elle qui ne fait techniquement confiance qu’en elle-même ?

Raphaël ne vivait pas avec eux, ni ne les connaissait suffisamment pour affirmer trop de choses, mais Madame Brynhild avait toujours donné l’impression d’être maîtresse des travaux. Après tout, jusqu’à présent, c’était elle qui avait supervisé toutes ses demandes de travaux et ce quasiment d’une main de fer. Heureusement que l’architecte était plus dur en affaire qu’elle. D’ailleurs, on lui avait toujours suggéré d’être avocat à cause de son côté tête de mule. Mais la loi, tout ça, c’était trop compliqué à apprendre et puis l’architecture avait toujours été son domaine à lui. À croire que ça c’était imposé à lui sans qu’il puisse faire autrement. Peut-être y avait-il réellement une force supérieure qui imposait certain choix.

Il l’écouta quant aux matériaux. Et il était d’accord avec elle pour se demander comment est-ce que la maison faisait pour tenir encore debout. Il hocha la tête quant au budget. Ça, il savait faire parfaitement : se plier aux exigences de ses clients dans les limites du possible. Bien évidemment on ne pouvait pas tout avoir : si on voulait quelque chose de qualité, il fallait mettre le prix. Mais on pouvait avoir de bonnes choses sans forcément mettre trop cher.

- Nous pouvons nous mettre d’accord, acquiesça-t-il.

Cependant, elle tira un dessin de son tas en déclarant qu’ils pouvaient supprimer ce projet-là. Avant qu’elle ne le mette à la poubelle, Raphaël attrapa le dessin et jeta un œil dessus. Il s’agissait d’une fontaine. Il haussa les sourcils. Et bien… Madame Brynhild voyait les choses vraiment en grand cette fois-ci. Il laissa celui-ci de côté et se concentra sur le reste de ce qu’Ally avait à lui montrer. C’était des changements vraiment majeurs qu’il avait sous les yeux.

- Le marbre est dangereux en extérieur. Nous verrons pour un autre matériau qui s’y apparente mais qui vous évitera à tous de vous tuer lors des neiges. Et puis, ce sera moins couteux que le marbre.

Raphaël reporta son attention sur la fontaine.

- Il vous faudrait un jardin plus grand pour une fontaine de cette ampleur… Et il faudrait travailler sur une arrivée d’eau, ce qui reviendrait à creuser et à refaire par-dessus, donc des frais en plus.

Il prit une grande inspiration avant de continuer :

- Sur le dessin, ça a l’air totalement réalisable et les mesures sont relativement fidèles à la réalité. Mais il faut voir ce qu’engendrerait les travaux exactement. Pour la fontaine, il faudra trouer le jardin, comme je l’ai dit, et faire venir une arrivée d’eau. Etait-ce prévu dans le budget ? Quant au reste, il faudrait savoir quel genre de matériaux il te faut.

 
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À force, cette baraque va finir par s'effondrer (pv Ally)

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