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par Valentine Bellamy dans You gave up the fight, you left me behind


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 Une rencontre entre flatteries et secrets

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MessageSujet: Une rencontre entre flatteries et secrets   Jeu 13 Sep - 22:58
Conspirations matinales
Il faisait encore frais en ces premières matinées du printemps, mais Lady Radcliffe n'avait pas résister à l'envie de flâner le long des allées du jardin royal. Oui, il était étonnant de penser qu'une femme comme elle puisse aimer ce genre d'occupations, mais pour être tout à fait honnête, elle aimait particulièrement les fleurs. Certes, elle ne les appréciait pas autant que l'or ou les bijoux mais il lui arrivait souvent d'admirer leur beauté et de se délecter de leur parfum. Et, l'avantage des promenades aux premières lueurs de l'aube, c'est que l'endroit était rarement fréquenté. Idéal, si on voulait s'accorder quelques instants de solitude. Et Johanna avait précisément besoin d'être seule. Comme toujours, lorsqu'elle devait réfléchir ou dissimuler sa colère. En cet instant, c'était précisément les deux. Une prétendante ! Ils avaient osé inviter une prétendante à la cour ! Une catin couronnée venue d'un royaume voisin pour vendre ses charmes et sa main. Et cela ne semblait gêner absolument personne en dehors d'elle. Évidemment, il s'agissait d'une vieille coutume, une obligation protocolaire à laquelle chaque souverain devait se plier. Mais tout ce cirque ne serait évidemment pas nécessaire si le souverain en question savait prendre ses responsabilités. Mais il ne semblait pas prêt à une telle chose, au contraire l'idée de rencontrer cette princesse que l'on disait plus charmante qu'aucune autre semblait grandement lui plaire. Et c'était sans doute cela qui mettait Johanna le plus en colère. Elle se laissait mener en bateau depuis bien trop longtemps, et il était temps que cela change.

Des prétendants, elle en avait aussi. Plus qu'aucune autre. Et elle savait les faire languir comme personne, un petit jeu cruel qu'elle appréciait beaucoup, elle devait bien l'avouer. Mais ils finissaient tous par baisser les armes, un moment ou un autre. En tout cas, pour les plus courageux, leur cour devenait simplement beaucoup plus discrète. Johanna savait qu'elle n'y était pour rien dans ces revirements de situations. Le seul coupable était un prince jaloux et possessif qui ne supportait pas qu'on tourne trop près de sa belle. Et une fois de plus, lui se permettait de jouer avec une autre ! Ce n'était pas juste ! Ce n'était pas juste qu'elle soit encore contrainte de cacher leur relation après tant d'années. Ce n'était pas juste qu'elle soit encore une simple dame de la cour alors que le trône n'attendait qu'elle. Sa colère contre Jean semblait sans limites. Et il fallait toujours se méfier de Johanna lorsqu'elle était en colère. Elle était perdue, mais bien consciente qu'elle devrait agir. Comment ? De la façon la plus subtile et efficace qui soit, comme à son habitude. Et surtout, contre qui ? Car les potentielles victimes de son courroux étaient nombreuses en cette douce matinée de printemps. Jean et ses envies d'enfant gâté, le serpent qui lui servait de conseiller et ses idées sournoises ou la blondinette au teint de porcelaine qui avait subitement des envies de grandeur. Oui, elle ne connaissait pas cette petite, mais elle la méprisait déjà. Johanna avait le même âge que cette charmante enfant lors de son mariage, et elle savait donc mieux que personne que les adolescentes n'étaient pas aussi douces et pures qu'on voulait bien le croire. Cette prostituée aux allures de poupée devait rêver de toute autre chose que de prince charmant et de fin heureuse. L'ennemie c'était elle, c'était d'elle dont elle devait se débarrasser en tout premier lieu. Triste Sire, elle devait prendre son temps, elle lui ferait ravaler sa langue de vipère tôt ou tard, mais l'entreprise était plus délicate. Quant à ce prince qu'elle détestait tant «aimer», elle avait avec elle des arguments plutôt convaincants pour le faire plier. Elle deviendrait reine, elle le savait. Jamais elle ne laisserait échapper une telle opportunité, une telle occasion de posséder des richesses inépuisables et le pouvoir absolu.

Perdue dans ses pensées, la lady au cœur de glace tournait le dos au château et admirait les jardins de façon tellement évasive qu'on pouvait se demandait si elle les voyait seulement. Elle ne voyait que des apothicaires qui pourraient l'aider à exécuter son formidable plan. La princesse allait être présentée aujourd'hui même au prince et à la cour, mais elle restait à Nottingham pendant quelques jours. Après le banquet de ce soir, Johanna pourrait profiter du calme de la nuit pour partir à la recherche de quelques drogues médicinales qui feraient son bonheur. Mais tout ceci était encore bien loin, elle devrait garder son calme et sa contenance pendant une journée entière. Elle pouvait le faire, évidemment, elle le faisait tout le temps. Mais c'était parfois un sentiment particulièrement frustrant. Soudain, un bruit de pas derrière elle la sortit de ses pensées macabres. Aussitôt elle se retourna tout en défroissant sa longue robe prune d'un geste de la main. Elle ne mit que quelques secondes à peine pour reconnaître la silhouette longiligne de Marianne, la nièce de Jean et du roi Richard. Une demoiselle que Johanna devait absolument ranger de son côté, une entreprise pour laquelle elle travaillait depuis déjà quelques temps. Malgré le fait qu'en l'absence d'héritier de la part de ses oncles, elle était pour le moment la seule et unique héritière du trône, ce qui en faisait donc elle aussi, une rivale. Mais si Richard se faisait vieillissant et prenait des risques sur le front, Jean avait de son côté de belles années devant lui. Se débarrasser de Marianne n'était donc pas encore à l'ordre du jour, bien au contraire. Mieux valait s'en faire une alliée. Lorsqu'enfin la jeune fille arriva à sa hauteur, Johanna s'inclina avec toute la grâce qu'elle possédait et lui adressa un large sourire tout en se relevant.

« Lady Marianne, vous semblez bien matinale ce matin. Je me demande ce qui a pu vous faire tomber du lit de la sorte, mais cela ne me concerne évidemment pas le moins du monde. C'est néanmoins un véritable plaisir de vous croiser. »

L'usage aurait voulu que Johanna s'éclipse en cet instant, en tout cas qu'elle suggère cette possibilité à la jeune princesse qui voulait peut-être se retrouver seule. Mais, les têtes couronnées avaient rarement droit à des moments de solitude, et la lady était bien décidée à ne pas laisser Marianne profiter de celui-ci. Les enjeux de la journée étaient bien trop importants pour qu'elle puisse laisser passer une chance de l'avoir de son côté.

« Les roses sont encore en bouton, mais je suis certaine qu'elles seront splendides dans quelques temps. Votre mère les aurait beaucoup aimé, on la disait très raffinée. Peut-être les domestiques devrait en couper quelques-unes en l'honneur de l'invitée que nous avons la chance d'accueillir. »

Les derniers mots lui avaient presque brûlé la gorge lorsqu'elle les avait laissés passer de force, mais la meilleure des flatteuses sait toujours garder sa contenance en toutes circonstances. Elle adressa un bref sourire en direction de Marianne avant de retourner à la contemplation des jardins.

« J'imagine que vous allez faire à la cour l'honneur de votre présence dans quelques heures. Nous allons peut-être assister à un moment important de l'histoire de notre royaume. »

Chaque mot était pesé, chaque parole n'était que mensonge. Johanna Radcliffe ne savait que mentir et il n'y avait guère que son amant qui pouvait se vanter de l'avoir déjà vu dire la vérité. Mais en ce jour, elle comptait bien lui faire regretter ce privilège qu'il s'était octroyé sans aucune contre-partie. Et cela devait passer par sa douce nièce vers qui elle adressait un sourire de plus en plus large.
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MessageSujet: Re: Une rencontre entre flatteries et secrets   Sam 15 Sep - 14:41
Les tourments du coeur
Tout n'était que tristesse dans le cœur de la jeune Marianne, Triste Sire avant gagné une grande bataille mais la guerre n'était pas finie, elle allait se battre et rompre ses fiançailles, cela n'avait aucun sens, le shérif ne correspondait pas à une personne de son rang et le pire de tous c'est qu'il était sans pitié, rien qu'en pensant à lui, elle eut des frissons de dégout. Si le Roi Richard l'avait écouté et suivit, tout cela ne se serait pas produit et le peuple se porterait beaucoup mieux, oui elle était en colère contre lui, se sentant totalement abandonnée. Souvent elle enviait les familles unies, car devoir cacher ce qu'elle ressentait et pensait à son oncle Jean, n'était guère facile au début. Mais au fils des mois, elle s'était perfectionnée et avait compris qu'il fallait mieux qu'on croit qu'elle était comme toutes les jeunes nobles qui ne pensaient qu'à leurs bien être avant tout et aux bijoux qu'elles porteraient au prochain banquet ainsi que de prétendre que la gente masculine lui est supérieur, si cela pouvait servir sa cause, ainsi que celle de Robin. Le seul point qu'elle n'arrivait à camoufler était son intelligence, sa grand-mère disait qu'on pouvait le lire dans son regard, la comparant toujours à Richard comme si c'était lui son père. Mais il en était rien et pour l'heure même si elle était le petit double de Richard elle ne voulait pas en entendre parler. Comment pourrait-elle être similaire à cet homme qui préfère faire la guerre que de veiller sur son peuple ?

Le matin même, elle s'était levée alors que tout Nottingham dormait encore à point fermés, elle voulait aller trouver Robin, sauf qu'il n'y avait personne dans son camp secret. Une visite dans la foret pour rien, elle l'avait attendu mais en voyant que le soleil allait bientôt se lever, elle se devait de repartir au château sans pouvoir lui dire que Jean allait annoncer ses fiançailles avec le shérif. Il fallait que ça soit elle qui lui apprenne pour qu'il voit de lui-même que ce mariage n'était pas son souhait, non quand elle pensait au mariage c'était toujours Robin qu'elle voyait près de l'autel, il ne connaissait nullement la vérité sur ses sentiments pour lui, Ce n'était pas aux femmes de faire le premier pas, mais elle avait beau attendre qu'il réagisse bientôt cela serait trop tard elle serait lié à un autre, le pire ennemi du hors la loi. Cette situation avait été bien choisit par Triste sire, il tissait un piège peut être que pour la survie de son Robin et du peuple, elle devait accepter ce mariage, un sacrifice difficile mais surement nécessaire.

Le cœur toujours meurtris, elle tenait sa longue robe bleue sans pouvoir s'arrêter de penser au destin qui l'attendait. Ses longs cheveux brun bougeait avec la légère brise de vent, comment allait réagir Robin s’il apprenait la nouvelle par une autre personne ? Après tout, il ne ressentait peut être pas la même chose pour elle, il fallait vraiment qu'elle se change les idées ou cette journée serait interminable, mais l'image du Shérif belliqueux ne pouvait la quitter, elle ne s'était jamais attendu a un mariage d'amour vu son rang mais pas non plus à épouser un homme qui pourrait être son père. Venant d'arriver dans le jardin du château elle ne pensait pas croiser quelqu’un hormis des domestiques vu l'heure matinale, mais malheureusement elle reconnue Lady Radcliffe...Une jeune femme de la cour qu'on prétendait être la maitresse de son oncle, normalement la jeune femme ne prêtait pas attention à ces commérages, mais cela voulait dire qu'elle devait aussi se méfier d'elle, donc comme avec le reste de la cour, Marianne cachait son jeu. Cela n'empêchait pas de trouver Johanna sympathique quand elles se croisaient. Comme tous les nobles, elle s'inclina devant elle, un geste que Marianne trouvait bien inutile mais c'était le protocole et voilà comment dès le matin cela lui rappelait que si ces oncles n'avaient pas d'enfants ça serait à elle de monter sur le trône. Lui rendant son sourire Marianne s'arrêta à la hauteur de Johanna.

« Lady Marianne, vous semblez bien matinale ce matin. Je me demande ce qui a pu vous faire tomber du lit de la sorte, mais cela ne me concerne évidemment pas le moins du monde. C'est néanmoins un véritable plaisir de vous croiser. »

Toujours cette crainte que quelqu'un découvre son lien avec Robin, certes Triste Sire le connaissait mais même avec son influence sur Jean, elle était pour l'instant meilleur que lui pour le prouver sa fausse loyauté. Qui pourrait douterait de son innocence ?

- J'aime me balader aux premières lueurs du soleil qui nous donne l'impression d'être seule au monde !

Elle ne mentait pas, le moment de la journée qu'elle préférait était le matin et tout le monde savait que la nièce du roi était une personne plutôt solitaire, donc pour l'instant rien qui ne pourrait révéler que c’était elle l'espionne de Robin au château.

« Les roses sont encore en bouton, mais je suis certaine qu'elles seront splendides dans quelques temps. Votre mère les aurait beaucoup aimées, on la disait très raffinée. Peut-être les domestiques devrait en couper quelques-unes en l'honneur de l'invitée que nous avons la chance d'accueillir. »

Très peu lui parlait de sa mère, celle-ci était morte en la mettant au monde, donc Marianne ne l'avait jamais connue et adorait en entendre parler. Que pouvait bien savoir Johanna sur sa mère ? Jean lui en avait peut-être parlé, voilà qu'elle venait de piquer sa curiosité mais ne le fit pas voir !

- Bien que je ne l'ai pas connue, je suis d'accord avec vous et en parlerais aux domestiques dès mon retour au château..

Marianne avait complètement oublié l'invitée, une prétendante de Jean, bien sûr elle devait être charmante, mais alors si les rumeurs étaient vraies sur Johanna. Ça ne devait pas être facile de voir cette jeune femme arrivée ! Marianne ne savait vraiment pas quoi penser d'elle. Comment une personne si adorable pouvait être lié à Jean, le prince enfant comme elle l'appelait souvent, oui car il avait plus souvent des réactions d'enfant gâté qu'autres chose et c'est grâce à son instinct maternel que Marianne arrivait à avoir le dessus sur lui, hormis pour ce mariage qui deviendra officiel en même temps que la présentation de la nouvelle prétendante de Jean.

« J'imagine que vous allez faire à la cour l'honneur de votre présence dans quelques heures. Nous allons peut-être assister à un moment important de l'histoire de notre royaume. »

Si elle savait ce que ce soir réservait, elle n’aurait sans doute pas prononcé ses paroles, son air triste réapparut, le regard dans le vide, essayant tout de même de lui rendre son sourire, mais c'était tellement dur de cacher ses tourments, surtout quand il s'agissait de ceux du cœur.

- C'est un honneur pour moi d'y assister, je suis assez curieuse de voir la princesse !

Qui sait trouverait elle peut être une allié en elle ? Si ça se trouve elle non plus ne s'intéressait pas son oncle et au trône, mais cela elle ne le sera quand la voyant. Elle se sentait souvent très seule au château toujours surveillé par Triste Sire et ne pouvait pas être elle-même, pire qu'une prison, se baissant pour ramasser une Fleur de toute beauté, elle se releva et la tendit a Johanna, un geste commun chez elle vu sa générosité.

- On la prétend très belle et très cultivée, mais après c'est souvent ce qu'on dit de toutes les princesses, je suis sûre qu'on dit la même choses de nous deux !

D'un coup elle se rappela que Lady Radcliffe avait aussi été marié à un homme plus vieux. Elle lui donnerait peut être des conseils pour le Shérif ou alors avec son aide, elle pourrait persuader Jean de mettre un terme à cette idée grotesque.

- Puis-je vous poser une question personnelle ?

D’un air gênée elle fit signe à Johanna de venir s'installer sur un des banc du jardin. Oui cela ferait moins suspect que si elles restaient debout et puis la jeune femme avait vraiment besoin d'en parler même si elle allait devoir mesurer ses propos.
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MessageSujet: Re: Une rencontre entre flatteries et secrets   Jeu 18 Oct - 21:40
L'épaule secourable
En vérité, Johanna connaissait très peu Marianne. La nièce du roi avait été longtemps élevée loin de la cour et n'y était réapparue seulement quelques années auparavant. La réputation de la jeune lady était déjà bien installée, mais heureusement pour elle Marianne faisait partie de ces personnes sincères et fortes qui avaient l'habitude de se faire elles-mêmes une opinion. Ce fut donc avec le sourire qu'elle répondit aux paroles de Johanna. Elle répondit à ses politesses sur le même ton aimable, son sourire rêveur ne la quittant pas un seul instant. La jeune femme se sentit légèrement décontenancée face à cette nouvelle venue au premier abord si calme et sereine qui ne faisait que profiter de la fraîcheur du matin. Elle qui n'était venue ici que pour conspirer à son aise contre son amant et sa potentielle future épouse, se retrouvait subitement coincée face à quelqu'un qui venait ici de façon tout à fait naturelle, sans aucune arrière pensée. Mais Johanna était une excellente observatrice et certains signes ne trompaient jamais. Lady Marianne était pourtant une grande dame, dans le sens où elle faisait son possible pour masquer ses émotions en société, mais cette fois-ci elle semblait troublée, pour ne pas dire chagrine. Intriguée, Johanna trouvait un nouvel intérêt à cette arrivée impromptue. Si elle parvenait à découvrir le tourment de la jeune princesse peut-être parviendrait-elle à devenir l'épaule qui la réconforterait chaque fois qu'elle en éprouverait le besoin. Et ainsi la tenir définitivement dans le creux de sa main. Les deux jeunes femmes se côtoyaient effectivement depuis assez peu de temps et lorsqu'elles se trouvaient dans la même pièce, elles n'échangeait généralement que des banalités. Johanna trouvait cela de plus en plus regrettable. Elle ne savait si cela était dû à l'aube ou à sa colère matinale mais elle se sentait l'esprit étrangement plus clair. Il n'y avait décidément qu'en tant que conspiratrice que Johanna Radcliffe s'épanouissait le mieux.

Marianne lui tendit alors une superbe fleur qu'elle venait de cueillir juste devant elles. La jeune femme l'accepta avec un petit sourire de remerciement et en huma le délicieux parfum. Il s'agissait là d'un présent simple mais le geste restait honorable et la fleur était si belle et délicate que Johanna se surprit à penser que certains Nerys pouvaient être généreux sans aucune arrière-pensée.

- On la prétend très belle et très cultivée, mais après c'est souvent ce qu'on dit de toutes les princesses, je suis sûre qu'on dit la même choses de nous deux !

Le sujet premier de leur conversation ne les avait pas quittées. Cette maudite princesse dont on vantait la beauté sur tous les marchés et dans tous les couloirs du château ! Voilà que même la princesse héritière de Nottingham s'y mettait ! Néanmoins elle avait le mérite d'émettre une réserve sur toutes les rumeurs que l'on pouvait entendre ci et là. Johanna sourit à cette pensée, mais également en pensant que l'on pouvait la décrire elle-même comme étant une belle femme cultivée. Ces deux caractéristiques ressortaient souvent, effectivement, mais il n'était pas rare non plus que certaines jalouses parlent de sa grande vanité. Elle baissa légèrement la tête, un léger sourire sur les lèvres, et tourna distraitement la fleur entre ses doigts.

« Mais vous êtes belle et cultivée Lady Marianne, personne n'oserait dire le contraire. Quant à moi... » elle remonta légèrement la tête afin de capter le regard de son interlocutrice et lui adressa un large sourire, « je n'ai rien d'une princesse, ne l'oublions pas. »

Alors qu'elle relevait la tête, elle s'aperçut que le trouble de Marianne avait grandi encore un peu plus. Son visage naturellement si pâle avait blêmi, et son regard semblait plus songeur que d'ordinaire.

« Ma Dame, êtes vous certaine que tout va bien ? »

Ces derniers mots se perdirent lorsque Marianne prit la parole d'une voix douce et quelque peu gênée. Lui poser une question personnelle ? Par tous les saints, qu'est ce que cette petite pouvait avoir en tête ? Johanna la rejoint tout en lui offrant son bras afin de la mener jusqu'au banc qui se trouvait tout près d'elle et sur lequel Marianne souhaitait s'assoir.

« Bien évidemment, Marianne. Je serais ravie de pouvoir y répondre. »

Elle défroissa légèrement sa robe avant de s'installer et jeta un bref coup d'œil vers le château. Fort heureusement, il semblait encore endormi, en dehors des domestiques qui s'affairaient déjà depuis longtemps. Mais aucun d'eux n'iraient rapporter aux oreilles de Jean ou de son conseiller qu'ils avaient vu la nièce du prince discuter avec sa sournoise amante. Elle préférait qu'il le découvre de lui-même, lorsque Johanna aurait définitivement réussi à attacher Marianne à sa cause. Mais cet objectif était encore loin, et il y avait encore beaucoup d'efforts à fournir.

« Vous pouvez tout me dire. Je vous sens troublée par quelque chose, n'hésitez pas à m'en faire part. Ayez confiance. »

Si elle avait eu une once de conscience elle s'en serait presque voulu de se servir ainsi d'une jeune fille aussi aimable que Marianne. Mais Johanna avait depuis bien longtemps cesser d'écouter cette petite voix qu'on appelait conscience. A tel point que celle-ci avait fini par devenir totalement silencieuse.
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MessageSujet: Re: Une rencontre entre flatteries et secrets   Dim 21 Oct - 15:43
Et si le mariage n'apportait que souffrance..
Marianne était bien loin de sa vie au château du Roi Fergus, souvent il lui arrivait de penser à Mérida se demandant ce qu'elle faisait ? Ce qu'elle lui conseillerait ? Mais elle était à des lieux d'ici, la jeune princesse se retrouvait seule sans personne à qui elle pouvait se confier. Après tout, c'était elle qui avait choisi de partir à la recherche de Richard, une longue aventure pendant laquelle elle avait rencontré des personnes extraordinaires, il fallait le dire ce long voyage l'avait changé, elle n'était plus l'enfant peureuse, mais bien une personne prête à se battre pour son peuple, même si pour cela elle vivait entourer d'ennemis et dans un somptueux château qui lui avait tant manquée et pourtant à présent, il ne représentait que prison, mais elle aimait se dire qu'il prenait soin d'elle, en gardant ses secrets... Il n'y a rien de plus précieux qu'un endroit qui a vu naitre des générations de sa famille, qui représente leur histoire, oui même si des jours elle pouvait haïr ce lieu elle n'oubliait pas que c'était ici que sa mère avait passée sa vie, l'endroit ou elle était née, où elle avait appris à marcher et surtout là où pour la première fois où son regard croisa celui d'un jeune garçon, temps de souvenirs... Pour sûr Jean ne voyait pas comme sa nièce, ils étaient si différents et pourtant le même sang coulait dans leur veine. Marianne restait troubler par rapport à l'annonce qui allait avoir lieu lors du banquet et même Johanna vit qu'une chose la tourmentait, pourtant elle aurait voulu savoir se contrôler, mais très difficile de camoufler une telle souffrance... Alors elle osa lui demander si elle pouvait lui poser une question personnelle et fit soulager de sa réponse.

« Bien évidemment, Marianne. Je serais ravie de pouvoir y répondre. »

Celle-ci lui offrant son bras, Marianne ne put refuser c'était chose courante quand deux femmes se baladaient, mais une telle proximité lui était très rare, son rang effrayait beaucoup de jeunes Lady, alors le geste de Lady Radcliffe la surprit certes, mais la mise en confiance. Avant de s'asseoir sur le banc qu'elle avait choisi elle fit gaffe à sa robe, comme toutes personnes qui prennent soin de leur tenue, oui Marianne se devait d'être impeccable à tout instant, pour son oncle Jean, c'était son seul devoir, ce pavaner dans le château avec les plus beaux bijou et garder le sourire, comme si une femme ne pouvait pas être plus qu'un objet. Elle vit bien que Johanna regarda furtivement le château. Si elle pouvait savoir qui était réellement cette femme, leur échange serait bien plus facile, n'arrivant à savoir si elle pouvait lui faire confiance, après tout elle était liée à son oncle.

« Vous pouvez tout me dire. Je vous sens troublée par quelque chose, n'hésitez pas à m'en faire part. Ayez confiance. »

Son regard se plongea dans celui de Johanna, cette femme était certainement la seule qui pourrait plaider sa cause auprès du prince, alors pourquoi la crainte de se dévoiler, ne quittait pas son coeur ? Plaçant quelques mèches de cheveux derrière une oreille, qui lui donnait un petit air timide.

- Il est tellement difficile pour une personne de mon rang de trouver une oreille attentive, les moindres de mes gestes sont toujours jugés, alors je voudrais vraiment que notre conversation reste entre nous !

Elles n'avaient jamais vraiment discutés ensemble et pourtant sans savoir pourquoi elle se disait que si elle mesurait ses propos elle pourrait avoir une alliée. Bon qu'à certains niveaux, jamais elle n'irait lui parler de Robin et qu'elle est l'espionne du château, car Marianne a beau être une personne généreuse et douce elle n'est pas dupe et si cette femme est vraiment la maitresse de Jean, elle sera toujours pour lui, tel était le prix de l'amour, Marianne serait prête à tout pour son archer... Aspirant un grand coup, elle demanda enfin sa question personnelle.

- Vous étiez heureuse en mariage ? Enfin je veux dire était-ce un mariage arrangé ou alors vous l'aviez choisis ?

Elle savait que l'époux de la jeune femme était un homme assez âgé et Marianne avait du mal à se dire que Johanna l'avait épousé par amour et beaucoup de rumeurs disaient qu'elle l'avait simplement épousé pour son argent, enfin elle se fichait de ses cancans, elle voulait juste savoir s'il était possible de vivre avec un homme qu'on n'aimait pas et pour le cas de Marianne un homme qui ne représentait que dégoûts, elle avait envie de crier haut et fort pour sortir tout ce qu'elle avait au fond du coeur, mais cela lui était interdit à cause de sa condition de femme, si elle pouvait montrer aux yeux du monde entier qui elle était réellement, qu'adviendrait-il ? La seule réponse qui s'imposait était que le peuple ne serait plus en sécurité, car Jean la détruirait. Comme si tout reposait sur elle et la petite troupe de Robin des bois...

- Ce soir, mon oncle va annoncer mes fiançailles avec le shérif !

Voilà c'était dit ! Le regard de la jeune princesse se fit encore plus triste, comme si le dire à haute voix, lui prouvait que ce n'était pas un rêve !Que ça allait arriver ! Elle ne bougeait même plus tétanisée, attendant la réaction de son interlocutrice, ne pouvant la quitter du regard, voir si cette nouvelle allait la surprendre ou pas..
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MessageSujet: Re: Une rencontre entre flatteries et secrets   Dim 18 Nov - 21:56
Le sacrifice du mariage
Johanna la connaissait très peu, mais jamais elle n'avait vu Marianne aussi troublée qu'en cet instant. Elle qui malgré ses airs de poupée possédait un caractère affirmé, semblait à présent plus fragile qu'elle ne l'avait sans doute jamais été. La curiosité de la jeune femme ne faisait que s'accentuer au fil des longues minutes qui défilaient. La princesse s'était soudainement muée dans un silence gêné qui ne pouvait qu'annoncer une révélation capitale. Mais Johanna restait de marbre, elle continuait d'afficher un visage compatissant et le regard qu'elle posait en direction de Marianne ne pouvait qu'inciter celle-ci à se livrer sans inquiétudes. Mais elle restait cependant pendue à ses lèvres, prête à arracher la moindre petite chose qui pourrait sortir de la bouche de la princesse.

- Il est tellement difficile pour une personne de mon rang de trouver une oreille attentive, les moindres de mes gestes sont toujours jugés, alors je voudrais vraiment que notre conversation reste entre nous !

La jeune veuve prit alors son ton le plus doux et le plus compatissant, tout en posant sa main contre le genou de Marianne.

« Lady Marianne, si vous avez besoin d'une oreille, je serais flattée d'endosser ce rôle. Et ce, sans jamais vous juger, je peux vous en assurer. »

Pour une fois, Johanna était presque entièrement sincère. Juger la jeune fille n'était pas sa mission première et elle savait qu'elle serait bien la moins bien placée pour le faire. Tous les pêchés de cette enfant modèle n'étaient certainement pas grand chose en comparaison de ce que Johanna avait pu entreprendre durant toute sa courte vie de débauche et de conspiration. Elle reprit en adressant un sourire rassurant à son interlocutrice.

« Parlez sans craintes, jamais cette conversation ne quittera ces jardins. »

Cette partie de la conversation en revanche n'était pas entièrement vraie, bien évidemment. Disons que cette conversation ne quitterait pas immédiatement les jardins. Johanna se gardait bien le droit de la divulguer dès qu'elle le jugerait nécessaire, bien évidemment en fonction de l'importance de ce que Marianne allait lui révéler. Cette dernière semblait de plus en plus mal-à-l'aise, comme si ce qu'elle avait à dire lui brûlait la gorge mais devait pourtant absolument rester en elle. Elle n'avait sans doute pas encore assez confiance en sa nouvelle "confidente", mais Johanna ne s'affolait pas. Ce rôle était délicat et il lui faudrait certainement du temps avant de gagner entièrement la confiance de Marianne. Après avoir inspiré un grand coup, celle-ci se décida enfin à parler :

- Vous étiez heureuse en mariage ? Enfin je veux dire était-ce un mariage arrangé ou alors vous l'aviez choisis ? 

Johanna resta un instant interdite devant cette question, surprise et décontenancée à l'idée qu'elle puisse subitement devenir le sujet de conversation. Elle avait été à mille lieues d'imaginer un scénario tel que celui-ci. Surtout qu'elle n'aimait pas parler de son mariage, et ce pour plusieurs raisons. Notamment parce qu'elle savait pertinemment ce que les gens pensaient de tout cela, même si on l'avait très bien accueillie à la cour, la noblesse de Nottingham avait mis un certain temps avant d'admettre que Lord Radcliffe ait pu jeter son dévolu sur une simple roturière. Mais surtout, elle avait horreur de parler de son mariage pour tout le dégout que cela lui inspirait. Épouser ce vieil homme avait été un sacrifice auquel elle avait accepté de se plier uniquement pour atteindre ses buts ultimes : la richesse et le pouvoir. Mais jamais elle n'avait éprouvé la moindre once d'amour pour son défunt époux. D'ailleurs, depuis son décès, elle y pensait très peu. Non, parler de son mariage n'était décidément pas une chose agréable. Elle en avait détesté chaque instant. Mais elle devait faire un effort pourtant. Se dévoiler était sans doute le seul moyen de gagner efficacement la confiance de la jeune Marianne.

« Je ne vais pas vous mentir Marianne, je n'ai pas toujours été amoureuse de mon défunt mari. Je l'ai choisi en quelque sorte, car il me promettait des choses qu'aucune femme sensée n'aurait imaginé refuser. C'était un homme bon que j'ai appris à connaître. Avec le temps, j'ai fini par m'attacher à lui. Mon mariage n'était sans doute pas le plus heureux qui fut, mais je n'ai pas eu à me plaindre. »

Elle pensait à cet instant précis aux nombreux à-côtés que son mariage lui avait permis de connaître. La richesse, les banquet au palais, sa place au sein de la noblesse, ses amants. Jean. Non, elle se refusait de penser à Jean. Jean était un idiot qui se jouait d'elle autant qu'elle s'était joué de ce pauvre Radcliffe. Mais il devait savoir depuis longtemps qu'elle n'était pas aussi naïve que le fut son époux.

- Ce soir, mon oncle va annoncer mes fiançailles avec le shérif ! 

Marianne venait de rompre le court silence qui s'était installé par une déclaration qui retenti dans l'esprit de Johanna tel un coup de tonnerre. Elle ne put retenir son regard de surprise, ni l'exclamation qui l'accompagnait.

« Qu'avez-vous dit ? »

Elle s'était toujours considéré comme la pire des conspiratrices que Nottingham ait connu mais elle devait s'avouer vaincue. Son terrible amant avait fait bien pire qu'elle n'aurait jamais osé le faire. Jeter sa nièce dans les bras d'un homme rustre et brutal était sans doute la chose la plus odieuse à laquelle il n'ait jamais pensé. A croire qu'on l'avait aidé. Johanna était partagée entre l'admiration et le dégoût. Le shérif de Nottingham était sans aucun doute l'un des plus mauvais choix qui puisse exister pour un mariage. Il était certes un ami de Jean, mais Johanna ne l'avait jamais trouvé très intéressant. Et il n'avait ni titre ni richesse. Comment pouvait-on liait une princesse à un homme tel que lui ? Jean devait avoir une excellente raison pour cela, et Johanna était curieuse de la connaître.

« Ma Dame, je suis on-ne-peut plus surprise par ce que vous venez de m'annoncer. Le shérif, vous en êtes certaine ? Je ne sais comment votre oncle a pu avoir une telle idée... Mais malheureusement je ne vois pas davantage comment je pourrais vous aider... »

Johanna ne pouvait décemment pas promettre à Marianne de discuter avec son oncle. Elle avouerait alors indirectement la relation qui les lie. Elle préférait continuer à laisser Marianne s'épancher sur ce sort cruel qu'on lui réservait. Elle aviserait ensuite au meilleur comportement à adopter.
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MessageSujet: Re: Une rencontre entre flatteries et secrets   Lun 26 Nov - 19:38
Il faut toujours être méfiant !
[justify]Si Marianne avait suivi les convenances de la cour jamais elle ne l'aurait interrogé sur son mariage, mais elle voulait savoir et n'écoutant jamais les rumeurs elle était loin de se douter que Johanna n'avait pas choisi son mari par amour, mais bien pour ce qui pourrait lui rapporte, aillant appris à l'apprécier en sera-t-il de même pour elle et le shérif ? Arriverait-elle a supporté que cet homme partage sa vie ? Tant de questions sans réponse, pour sûr le Sherif était bien le dernier homme qu'elle voudrait épuiser et le destin lui avait joué un bien vilain tour, enfin le destin poussé par Triste sire. Entendre Johanna parler de son mariage qui ne fut pas forcément heureux, Pouvait-elle la jugée ? Non, être une femme n'était pas chose facile toujours se plier à la volonté des hommes, à vrai dire elle l'admirait d'avoir pris le contrôle de sa vie, après tout elle était peut-être vraiment la maitresse de son oncle, cela ne l'étonnerait même plus, elle aurait pu continuer à parler du défunt mari de lady Radcliffe, mais prenant le courage de parler elle décida de lâcher la grande nouvelle, voir la réaction de celle-ci...

« Qu'avez-vous dit ? »

Donc elle l'ignorait vraiment vu sa réaction, Marianne se sentit légèrement soulager ce n'est pas un lien certain avec Jean qui lui faisait peur, mais bien avec triste sire, il avait vraiment tout manigancé, il connaissait son lien avec Robin heureusement, Jean avait une confiance aveugle en elle, devoir jouer la nièce aimante n'était pas chose facile, après tout il martyrisait le peuple pour son bon plaisir, mais le même sang coulait dans leurs veines et pour Marianne ça restait un élément important, toute façon sans ce serpent elle était persuadée queJean serait différent, ce n'était qu'un grand enfant influençable. Mais Johanna avait-elle aussi de l'influence sur le prince ? Ce doute ne la quittait pas, car elle pourrait faire une excellente alliée, mais son instinct lui disait de se méfier comme si la femme qui lui faisait face pourrait être aussi une ennemie redoutable et pourtant pour l'heure elle avait besoin d'une personne à qui parler et la Lady restait la seule à qui elle voulait se confier. Ne répondant pas à sa question elle ne bougeait plus, devoir le répéter une seconde fois était un vrai supplice, heureusement Johanna reprit la parole.

« Ma Dame, je suis on-ne-peut plus surprise par ce que vous venez de m'annoncer. Le shérif, vous en êtes certaine ? Je ne sais comment votre oncle a pu avoir une telle idée... Mais malheureusement je ne vois pas davantage comment je pourrais vous aider... »

Elle lui adressa un léger sourire, cela en surprendrait sans doute plus d'un de voir la princesse fiancée à un simple roturier. Elle ne pouvait même pas lui dire qui avait eu cette idée cela serait dévoilé Triste sire et rapprocherait Johanna de son plus grand secret, Robin. Elle se devait de le protéger et comme toujours fit voir le visage de la gentille princesse...

- Mon oncle voit le Shérif comme un homme loyal à sa cause qui sera prendre soin de moi ! Jean a tellement d'ennemi qu'il se montre prudent, je n'ai aucun droit d'agir contre sa décision s'il pense que c'est pour mon bien !

Cela faisait des années qu'elle s'était perfectionné à ne pas dévoiler ce qu'elle pensait réellement et hormis Triste Sire personne ne s'en doutait, la plupart devaient penser qu'elle ne servait qu'à être belle comme un objet et puis après elle ne mentait pas forcément son oncle était persuadé que c'était pour le bien de Marianne enfin s'il pouvait vraiment ressentir des sentiments pour autre que lui. Si elle connaissait vraiment Johanna leur conversation en serait plus facile, au château Marianne n'avait personne, hormis les briques.

- Mais je ne perds pas espoir que comme vous les sentiments viennent petit à petit !

Ne pas perdre espoir, elle était complètement au bout du gouffre ne voyant pas comment se sortir de cette situation ? Essayant de se ressaisir, son sourire habituel repris place sur son visage. Oui Marianne fait comme si-tu rêves d'aimer ce gros ours ! De nouveau elle devait rentrer dans le rôle du personnage qu'elle jouait chaque jour, réalisant qu'elle devait comprendre les attentions de la Lady, elle décida de continuer la conversation sur le mariage pour lui prouver que ce n'était pas le shérif qui la rendrait si triste, mais bien le mariage en lui-même.

- J'aurais aimé que ma mère soit là pour me guider, le mariage est une grande étape et j'avoue que le grand jour m'effraie un peu, il y a t'il des choses que je devrais savoir ?

Elle tissait son piège comme une araignée. Mais Marianne espérait vraiment que Johanna était une âme sincère sur qui elle pourrait compter et pas une personne comme son ennemi juré Triste sire.
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MessageSujet: Re: Une rencontre entre flatteries et secrets   Lun 10 Déc - 23:22
Un avenir incertain
Non, vraiment, cette nouvelle l'abasourdissait, jamais elle ne s'était doutée une seule seconde des agissements de Jean à ce propos, et le gredin ne lui avait absolument rien dit. Et l'idée d'être exclue de tels plans ne faisait qu'augmenter la rage qu'elle éprouvait pour son amant depuis ce matin. C'était tout de même vexant tous ces mariages politiques sur lesquels on avait aucune emprise. Le shérif, marier sa propre nièce au shérif ! Où avait-il été pêché une telle idée ? En réalité, l'idée n'aurait pas forcément déplu à Johanna dans un contexte différent. Elle y aurait d'ailleurs accordé une parfaite indifférence. Mais si ce mariage devait se faire, il existerait alors une possibilité que la lady ne supportait même pas imaginer : celle qu'à la mort de ses oncles Marianne reste toujours l'unique héritière du trône. Et donc que le shérif monte sur le trône à ses côtés. Non, vraiment elle pouvait tout imaginer mais pas se faire doubler par un homme à la condition sociale plus basse que la sienne. A moins évidemment que ce cher Jean n'offre un héritier à Nottingham avec sa poule blonde, ou toute autre catin qui aurait un peu de sang noble. Finalement, elle ne savait vraiment pas quelle possibilité serait la pire. Le seul moyen pour qu'elle s'en sorte serait qu'elle tombe elle-même enceinte, mais cette idée était basée sur trop d'inconnues. Premièrement, si leur relation n'était toujours pas dévoilée au grand jour, le Prince pourrait très bien nier sa parenté sur cet enfant. Deuxièmement, la première condition suffisait à refroidir les grands projets de Johanna. Mettre au monde un petit monstre sans être certaine qu'il lui apporte autre chose qu'une mine défaite et ridée ne l'enchantait absolument pas.

Johanna Radcliffe n'avait jamais eu la fibre maternelle, elle ne pouvait le nier, même si une fois de plus elle évitait soigneusement le sujet quand elle le pouvait. Dans cette société, mieux valait pour une femme d'être capable d'enfanter si elle voulait avoir un espoir de se marier. Les hommes n'avaient que cela en tête, perpétuer une lignée qui devrait pourtant s'éteindre sans attendre pour certains. Celle du shérif notamment, non vraiment il était plutôt séduisant, mais tellement rustre que cela vous faisait perdre toute envie de faire des folies. Alors lui donner un enfant ! Johanna avait presque pitié pour cette pauvre Marianne qui pourtant semblait encore chercher des excuses à son oncle et ses choix douteux. Croire qu'un tel mariage était pour son bien dépassait l'entendement, mais on éduquait si bien les jeunes filles qu'elles finissaient toujours dociles et naïves. Au point de croire que Jean fonctionnait encore en pensant au bien des autres. Cette préoccupation lui avait-elle seulement une fois traversé l'esprit ?

« Je serais tout de même curieuse de savoir ce qui a pu passer par la tête de votre oncle pour décider d'une telle chose. Oui, il doit certainement avoir une raison, mais je suis certaine que vous ne devez pas manquer de prétendants fiables. » se contenta simplement de dire Johanna.

- Mais je ne perds pas espoir que comme vous les sentiments viennent petit à petit ! 

Oh si tel devait être le cas, c'était à Johanna de perdre définitivement espoir. Il ne manquerait plus que ça pour rabaisser encore d'un cran sa triste condition. Oh et pourquoi devait-elle se faire du soucis ? Marianne tenait davantage de Richard que de Jean, elle était intelligente. Non pas que la lady trouve le prince idiot, elle n'avait pas pour habitude de se lier aux idiots. Simplement, il avait parfois la fâcheuse habitude d'agir sans réfléchir. Et elle mieux que personne savait que la force de l'esprit était justement de mesurer les conséquences avant d'entreprendre quoi que ce soit. Et puis elle était en colère contre lui, elle ne pouvait décemment pas le considérer comme intelligent en ce jour. Enfin, quoi qu'il en soit, Marianne semblait loin d'être bête, et il paraissait donc totalement inconcevable qu'elle puisse un jour ressentir une once de sentiments pour le shérif. Non, sa vie serait aussi triste et misérable que ces grandes dames du monde qu'on pousse dans les bras de n'importe qui. Mais ça, elle ne pouvait décemment pas le lui assurer. Elle voulait garder cette petite sous sa coupe, pas l'anéantir sous le chagrin.

« On ne sait jamais avec les sentiments. Je n'ai jamais été de celles qui croient aux coups de foudre. En apprenant à le connaître, oui, peut-être découvrirait vous une nouvelle personne qui vous plaira davantage que ce qu'il laisse transparaître à ce jour. L'avenir seul le dira. »

La lady en cet instant espérait simplement que l'avenir ne lui réserve jamais de surprises aussi désagréables que toutes celles qu'elle envisageait depuis le début de la matinée. Soudain, les ennuis de sa jeune compagne d'infortune lui semblèrent bien dérisoires. Elle s'imaginait la soirée qui allait venir plus clairement encore qu'elle ne l'aurait voulu. Deux mariages annoncés pour le prix d'une seule et ô combien merveilleuse soirée. Non, ce n'était que pure fabulation. Des prétendantes, Jean en avait déjà eu et elles étaient toutes reparties aussi pitoyables que lorsqu'elles étaient arrivées. Mais, si cette fois-ci le destin qu'il réservait à sa nièce lui donnait encore davantage d'idées stupides ? Alors, c'en serait fait de la belle Johanna Radcliffe. Triste Sire trouverait forcément un moyen pour faire du shérif et de la future épouse de Jean des alliés redoutables pour mener sa maîtresse jusqu'à l'échafaud. Une si belle tête. Pendue au bout d'une corde. Elle ne pouvait l'admettre. Johanna prit alors conscience qu'elle devrait peut-être quitter Nottingham dès les jours à venir. Elle qui prévoyait de si beaux projets d'assassinat ne savait plus du tout comment se sortir de ce pétrin qu'elle s'imaginait toute seule. « Johanna, sombre folle, tu te poses trop de questions inutiles ! » se gronda-t-elle intérieurement afin de se forcer à revenir au sujet de conversation : Marianne. Mais décidément, elle n'avait pas pour habitude de ne pas être au centre des attentions.

Voilà que justement la princesse posait une nouvelle fois une question piège à la lady. Que devrait-elle savoir sur le mariage ? Oh, tout dépendait si elle voulait déprimer jusqu'à la fin de ses jours ou si elle voulait pour cela attendre le jour de ses noces et tout découvrir d'elle-même. Cela lui laisserait ainsi un peu de répit. Vraiment que devrait-elle savoir sur le mariage que toute jeune fille ignore. Certainement que c'était d'un ennui mortel. Qu'il ne se passait pas un seul jour sans qu'on attende quelque chose d'excitant. Votre prince charmant vous enlever loin de votre vie de misère si vous étiez comme la plupart des jeunes mariées. La mort de l'homme qui vous exaspère le plus au monde si vous étiez comme Johanna Radcliffe qui heureusement pour elle n'avait pas eu à attendre longtemps. Devait-elle pour autant lui dévoiler tous les dessous sordides du mariage ? Pauvre enfant, ce ne serait pas juste. Elle avait déjà bien assez de soucis en tête.

« Chaque mariage a ses propres particularités, Marianne. Et je ne pense pas avoir été mariée suffisamment longtemps pour me placer comme une grande savante en ce domaine. Vous n'avez rien à savoir de particulier tant que vous ne savez pas ce qui peut vous attendre. Ensuite, vous aviserez de vous-même. C'est ainsi que fonctionnent les femmes de notre trempe. Elles improvisent toujours face aux épreuves. Oui, le mariage est une épreuve. Mais vous êtes une femme intelligente Marianne, je suis certaine que vous vous en sortirez haut la main. »

Sans en être vraiment certaine, elle l'espérait tout du moins. Il fallait que cette petite fasse vivre un enfer à l'ours qui allait partager sa vie. Histoire de montrer à Jean qu'on ne peut décemment pas lier une femme à n'importe qui.

« Je sais que votre mère doit beaucoup vous manquer, et elle vous manquera certainement d'autant plus avec ce qui vous attend. Loin de moi la prétention de vouloir la remplacer, mais soyez certaine que je n'hésiterais pas à vous venir en aide jusqu'au grand jour que vous craigniez tant. Quoi de plus naturel, d'ailleurs. Toute femme qui se respecte a appréhendé le jour de son mariage. »

Johanna adressa alors à la jeune princesse un sourire qu'elle voulait rassurant. Oui, elle n'avait jamais eu la fibre maternelle et ne l'aurait sans doute jamais. Mais parfois, il fallait prendre sur soi et tendre la main à une âme en peine qui pouvait vous mener jusqu'au trône si vous jouiez suffisamment finement.
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MessageSujet: Re: Une rencontre entre flatteries et secrets   Ven 14 Déc - 15:27
La famille reste la famille !
Les sentiments sont si difficiles à cerner. Johanna ne croyait pas au coup de foudre et pourtant Marianne elle savait que cela existait, cette sensation de frisson qui vous envahit à la première rencontre, que le regard se pose sur l'être aimé. La princesse avait toujours connu Robin, mais quand elle l'avait revu sur le champ de bataille son coeur avait bondi et tellement troublée par se sentiments si forts en elle, qu'elle s'était montrée plus qu'agaçante avec lui. Mais finalement c'est son amour pour son rebelle qui lui donnait la force de lutter et de continuer sa vie au château, alors qu'elle n'était qu'entourée d'ennemies et si seule. Loin de la liberté qu'elle avait ressentie durant son extraordinaire voyage avec Chrissie et leurs montures, qui lui avait permis d'affronter ses peurs et de grandir. Son oncle voyait en elle, que la princesse qu'elle était avant toutes ses aventures, ne lui ayant jamais parlé de tout ce qu'elle avait traversé et du courage qui était née en elle, ce même courage qui servait à lui mentir et protéger le peuple. Mais en aurait-elle assez pour épouser le shérif ??Johanna avait beau être une femme mystérieuse et certainement intéressée, elle n'en restait pas moins une personne qui pour une fois écoutait Marianne, certes la princesse savait qu'elle ne pourra sans doute jamais lui faire confiance et cherchait surtout un moyen de la démasquer, elle était tellement entourée de personnes prêtes à tout pour les pouvoirs qu'elle ne pouvait laisser tomber les masques sans enquêter. C'était pourquoi elle lui avait demandé des conseils sur le mariage.

« Chaque mariage a ses propres particularités, Marianne. Et je ne pense pas avoir été mariée suffisamment longtemps pour me placer comme une grande savante en ce domaine. Vous n'avez rien à savoir de particulier tant que vous ne savez pas ce qui peut vous attendre. Ensuite, vous aviserez de vous-même. C'est ainsi que fonctionnent les femmes de notre trempe. Elles improvisent toujours face aux épreuves. Oui, le mariage est une épreuve. Mais vous êtes une femme intelligente Marianne, je suis certaine que vous vous en sortirez haut la main. »

Alors qu'elle ne voulait que la tester, les paroles de la Lady la rassurèrent elle ne faisait pas partie de ces femmes qui allaient lui dire qu'il n'y a rien de plus merveilleux que de vivre pour son mari. Qui rêverait d'épouser le shérif ? Rien que d'imaginer qu'elle devrait passer le festin de ce soir avec, lui donnait la nausée.

- J'espère être a la hauteur de vos espérances et être digne de ma mère !

Elle pensait vraiment ce qu'elle venait de dire, très peu lui avaient dit qu'elle était intelligente, hormis sa grand-mère qui la comparait toujours à son Oncle, le fils chéri de la reine mère. Tellement de fois elle aurait voulu entendre qu'elle ressemblait à sa mère, une femme très douce d'après ce qu'elle avait entendu, mais peu de personnes lui parlaient d'elle. Marianne ce l'était donc imaginé. Alors, avoir une personne près d'elle qui était présente et lui parlait telle une mère à sa fille, la submergea et dans ses yeux perlèrent mille éclats de diamant.

« Je sais que votre mère doit beaucoup vous manquer, et elle vous manquera certainement d'autant plus avec ce qui vous attend. Loin de moi la prétention de vouloir la remplacer, mais soyez certaine que je n'hésiterais pas à vous venir en aide jusqu'au grand jour que vous craigniez tant. Quoi de plus naturel, d'ailleurs. Toute femme qui se respecte a appréhendé le jour de son mariage. »

Marianne lui prit la main pour lui montrer sa reconnaissance. Johanna promettait de l'aider à supporter tout cela et ça saurait une grande épreuve pour elle, sa grand-mère ne lui parlait plus depuis sa fuite, elle ne parlait plus à Richard depuis qu'il n'avait pas voulu revenir pour le peuple et Jean était prêt à la mariée au pire homme qui existait. Après tout on ne choisit pas sa famille, non Marianne avait elle-même choisit le peuple et Robin. Mais si Johanna était prête à l'aider la faisait elle par compassion ou simplement pour se rapprocher de la famille royale, oui la princesse ne savait plus quoi vraiment penser. Mais le sourire de celle-ci la fit sourire elle-même.

- Je vous suis gréé de votre soutien et n'en manquerais pas de parler de votre aide à mon oncle. Il aurait plus besoin d'une personne comme vous que la prétendante de ce soir, une personne qui serait le protéger de ses ennemis.

Elle n'avait pas lâchée la main de Johanna, Marianne était une personne très douce de nature, donc pour elle ce geste était habituel le faisant même avec ses servantes. Restant persuadée que cette femme vaudrait mieux que Triste Sire, car pour sûr la pauvre princesse qui serait présentée ce soir à Jean n'a pu être choisis que par le conseiller et elle doutait toujours de ces choix. Bien sûr elle avait cité qu'elle en parlerait à son oncle pour voir la réaction de la Lady, car après tout, elle ne voulait peut-être pas que cela se sache.Enfin elle laissa la main de Johanna libre et comme plongé dans ses pensées elle regarda droit devant elle, avant de dire ses pensées à voix hautes.

- Je n'ai jamais compris pourquoi mes oncles ne se sont jamais mariés, c'est pourtant leur rôle d'engendrer un héritier et pourtant Richard préfère aller guerroyer et Jean, profite de la vie. On dirait qu'ils ne pensent pas à l'avenir...

Il n'y avait certainement pas qu'elle qui pensait cela, en prononçant le nom de Richard son intonation s'était fait plus dure, dû à ne la colère qu'elle ressentait après lui. Lui et sa grand-mère avaient abandonné le peuple en le laissant entre la main de Jean. Et s'ils n'avaient jamais d'héritier ça serait son rôle d'en avoir un, un enfant avec ce monstre, elle n'osait même pas l'imaginer et préféra disperser très vite cette pensée, retournant la tête vers sa voisine du banc, le regard malicieux.

- Imaginions nous que vous deveniez Reine. Que feriez-vous en premier ?

C'était vraiment la question pour lui changer les idées et peut-être aussi pour la tester, mais à présent Marianne voulait plus que tout oublier ce qui l'attendait.
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MessageSujet: Re: Une rencontre entre flatteries et secrets   Mer 23 Jan - 22:15
Si nous étions Reines...
Jamais Johanna n'aurait pensé que ses paroles aient pu être aussi efficaces. Elle s'était attendue à un combat de tous les instants pour gagner la confiance de Marianne. Et pourtant, la jeune princesse venait de lui prendre la main, comme pour la remercier. La remercier de croire en elle et de l'épauler. C'était trop beau. Elle pouvait manipuler son monde comme elle voulait, mais elle avait toujours eu beaucoup plus de mal à gagner la confiance de la gent féminine. Les méchants commérages étaient généralement un fléau pour une réputation. Marianne n'en avait donc cure et croyait les belles paroles de Johanna sans une hésitation ? C'était décidément trop beau. Mais la jeune femme, d'ordinaire si calculatrice, si méfiante, voulait aujourd'hui croire en sa chance. La princesse était déboussolée par la perspective de ce mariage. Elle cherchait n'importe quelle oreille prête à l'écouter et elle venait de la trouver. Il ne fallait pas chercher plus loin. Elle répondit au geste d'affection de Marianne en serrant davantage la main qu'elle venait de lui tendre, comme pour lui assurer une fois de plus qu'elle serait à ses côtés quoi qu'il puisse advenir.

Une fois de plus, l'homme dont elle ne voulait même plus entendre le nom en cette journée refit son apparition dans la conversation. Et cette fois-ci l'esprit calculateur de Johanna se mit en ébullition. Que sous-entendait Marianne ? Évidemment, les rumeurs lui étaient forcément venus jusqu'aux oreilles et elle voulait vérifier jusqu'à quel point elles pouvaient être vraies. A moins qu'elle ne croit dur comme fer à la relation amoureuse entre son oncle et Johanna et lui montrait explicitement qu'elle la soutenait également. Que croire ? Que répondre ?

Le protéger de ses ennemis... Johanna était flattée que la jeune femme puisse penser une telle chose, mais il fallait se rendre à l'évidence. Jean n'écoutait que lui et il était bien difficile de lui faire prendre conscience de certaines choses. Comme l'opportunisme et le machiavélisme de son serpent de conseiller. Avant de protéger le prince de ses ennemis, il fallait songer à le protéger de lui-même et de ses idées parfois démentes. Et en ce jour Johanna prenait conscience que son pouvoir était plus limité qu'elle ne le pensait. Elle sourit pensivement à la fois pour éluder discrètement les sous-entendus de Marianne mais également parce qu'elle se sentait presque vaincue. Jamais elle n'avait ressenti cela auparavant. Depuis près de dix ans elle avait vécu un véritable conte de fées. Elle était devenue plus puissante qu'elle n'aurait jamais osé le rêver. Et pourtant elle en avait toujours voulu plus. Peut-être était-elle arrivée en bout de course finalement. Peut-être ne pourrait-elle plus rien glaner à présent. Si elle se rendait à cette triste évidence, alors pourquoi rester auprès de Marianne ? Pourquoi se forcer encore ? Ce sentiment d'impuissance elle ne le connaissait pas auparavant et elle pouvait à présent assurer qu'elle le détestait.

Marianne lâcha enfin sa main, ce qui ramena Johanna au temps présent. Avait-elle pris son silence pour un aveu ? La jeune femme ne pouvait en être certaine car Marianne paraissait de nouveau plongée dans ses pensées. Décidément, ce matin avait une saveur bien particulière pour elles. La conversation autour des joies du mariage prit un nouveau tournant. A présent Marianne se demandait pourquoi ses oncles n'avaient jamais franchi le pas. La lâcheté ? Un besoin irrépressible de se sentir libre et sans attaches ?

« Effectivement, tout laisse à penser que vos oncles ne se soucient guère de l'avenir. Pourtant, notre roi se bat pour protéger nos vies. Ce sacrifice est louable, sans doute. »

Et ce sacrifice lui avait aussi permis de croire pendant un temps qu'elle pourrait accéder aux pleins pouvoirs. Depuis quelques heures à peine, ses espoirs semblaient s'éloigner de plus en plus. Pourquoi était-elle ainsi ? Pourquoi se monter la tête toute seule, peut-être pour si peu ? Mais, peut-être pour beaucoup. En vérité que craignait-elle ? De tout perdre ? Johanna Radcliffe avait toujours su s'en sortir, il était impensable qu'elle puisse un jour tout perdre.

« Quand au prince, poursuivit-elle simplement, et bien il faut espérer que cette jeune princesse lui convienne enfin. Beaucoup de prétendantes ont déjà fait le déplacement jusqu'à Nottingham, et vous avez raison, il est temps qu'il pense lui aussi à l'avenir. Et je doute que je vaille mieux que cette jeune femme, pour répondre à votre remarque. Après tout, je ne suis qu'une simple fille de villageois. »

Même au plus bas, comment trouvait-elle la force de continuer à jouer son rôle ? Elle-même l'ignorait, elle-même s'étonnait. Elle avait décidément plus de réserves qu'elle ne pouvait le croire.

- Imaginions nous que vous deveniez Reine. Que feriez-vous en premier ?

Marianne venait soudain de poser cette question que depuis toujours Johanna se posait. Le plus profond, le plus envoutant, le plus obsédant de ses désirs. Et si j'étais Reine... Soudain ce destin rêvé qui lui semblait perdu à jamais quelques instants plus tôt revint l'assaillir plus fort encore. Elle serait la plus grande, la plus puissante et la plus belle des reines, à n'en pas douter. Son peuple l'admirerait et la craindrait tout à la fois. Triste Sire et tous ses autres ennemis ne seraient plus. Et l'idée que Marianne puisse être mariée au shérif serait le cadet de ses soucis. Jamais elle ne se laisserait abattre comme elle venait de le faire. Elle bannirait tout sentiment d'impuissance de son esprit. Néanmoins, elle faisait son possible pour que ses pensées et ses rêves ne se lisent pas sur son visage et elle préféra feindre la surprise.

« Moi, reine ? Avez-vous perdu l'esprit Marianne ? » Demanda-t-elle en réprimant un petit rire amusé. « Mais pour répondre à votre question, si j'étais Reine, je ne supporterais pas de faire de la figuration. Le peuple a besoin d'un modèle et je pense qu'il doit l'avoir en son souverain mais également en sa souveraine. Mais restons sérieuses, je n'étais personne autrefois. Une femme comme moi ne peut imaginer monter sur le trône. » termina-t-elle avec un sourire entendu.

Pourtant au fond d'elle-même, cette pensée hantait de nouveau son esprit. Contre toute attente, Marianne venait de lui redonner le courage qui l'avait abandonnée si soudainement. Jamais elle ne laisserait quelqu'un lui prendre la place pour laquelle elle se battait depuis si longtemps. Elle la méritait autant qu'une autre, sinon plus.

« Mais pour le moment Marianne, que vous le vouliez ou non, cette place vous revient de droit. Alors, que feriez-vous, vous si vous deviez monter sur le trône et prendre la place de vos oncles ? »
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MessageSujet: Re: Une rencontre entre flatteries et secrets   Sam 26 Jan - 12:09
Et si l'amour pouvait le sauver !
Quand on est enfant, on s'imagine toujours une vie parfaite loin de tout tracas, ne se doutant pas qu'il y aura des obstacles à parcourir avatd'obtenir le bonheur. Elle se demanda si Johanna avait rêvé de cette vie, étant plus jeune. C'est vrai qu'elle connaissait très peu la Lady, hormis par quelques rumeurs qu'elle avait entendues par-ci par-là. Mais il était si facile de se tromper sur les gens, rien que pour elle personne n'irait imaginer ce qui se cache en fond du coeur de Marianne. C'était surement pour cela qu'elle ne s'arrêtait pas au bruit de couloir et préférait juger par elle-même.

Johanna avait répondu à ces craintes, ses oncles n'en avaient que faire des conséquences de leurs actes, Richard devrait être marié depuis longtemps et surtout il devrait être ici sur son trône, au lieu d'y laisser Jean. Elle avait encore du mal à imaginer que son oncle franchisse enfin le pas avec la princesse qui lui serait présentée ce soir, non c'était impensable, il aimait trop se sentir important et qu'on lui présente des jeunes filles seulement pour les repoussés. Sa compagne devait tout de même avoir de l'importance pour lui, autrement cela ferait longtemps qu'elle n'aurait plus accès à la cour et qu'elle soit fille de villageois, ne la dérangeait pas... Au moins elle pourrait sans doute comprendre le peuple. Marianne n'était pas dupe, mais elle espérait tellement qu'un jour Jean réalise ses erreurs et arrête de se la jouer au prince capricieux. Elle comprenait que ça n'avait pas dû être facile de toujours passer après Richard, mais son comportement n'était pas digne d'un prince. Tout d'un coup, elle en eut simplement marre de penser à ce qui l'attendait auprès du shérif et voulu simplement se changer les idées en demandant à la Lady ce qu'elle ferait si elle devenait Reine.

« Moi, reine ? Avez-vous perdu l'esprit Marianne ? Mais pour répondre à votre question, si j'étais Reine, je ne supporterais pas de faire de la figuration. Le peuple a besoin d'un modèle et je pense qu'il doit l'avoir en son souverain mais également en sa souveraine. Mais restons sérieuses, je n'étais personne autrefois. Une femme comme moi ne peut imaginer monter sur le trône. »

Elle avait bien remarqué qu'avant de poser sa question Johanna avait l'air songeuse, mais l'entendre rire, la fit sourire elle-même. Pensant exactement la même chose qu'elle, une reine avait vraiment sa place et ne devait pas que soutenir son époux, pour Marianne c'était elle qui représentait le coeur du peuple. Puis même si sa grand-mère pouvait l'énerver à souhait, elle restait tout de même une grande matriarche que le peuple aimait et avait aimé autant que Reine, celle-ci avait encore une place importante dans les décisions avant qu'elle parte se réfugier à Royaume de Fergus, en y repensant elle se demandait pourquoi Richard n'avait pas laissé sa mère aux commandes ? Était-ce pour la protéger elle ? Avait-il peur de Jean ? Non elle se montait complètement la tête s'il doutait de son frère jamais il l'aurait laissé au pouvoir. Mais la question restait en suspens Johanna ferait-elle une si bonne Reine que cela ou suivrait elle les trace de Jean ?

« Mais pour le moment Marianne, que vous le vouliez ou non, cette place vous revient de droit. Alors, que feriez-vous, vous si vous deviez monter sur le trône et prendre la place de vos oncles ? »

Assez bizarrement, elle ne s'était pas souvent posé cette question, comme si elle était persuadée que ça ne serait jamais le cas et à présent, elle le souhaitait encore moins surtout si à se coter se tiendrait le shérif, elle voulait éviter cela à son peuple, commençant à tourner ses longues boucles brunes avec ses doigts, son regard se fit plus réfléchi.

- J'avoue que ce n'est pas mon rêve de devenir reine surtout que ça voudra dire que j'aurais perdu mes oncles.

Même si pour l'instant, elle était déçue par la deux, elle était loin d'envisager une vie sans eux. Non les perdre seraient tragiques. Était-ce normal d'aimer une personne qui pourtant représente tout ce qu'on déteste ? Marianne avait beau faire tout son possible pour déjouer les plans de Jean, enfin surtout ceux de Triste Sire, il n'en restait pas moins qu'elle serait capable de tout pour le sauver si une menace arrivait, même s'il l'avait fiancé à un homme répugnant. Après tout en y repensant c'était surement ce qui retenait Richard et Aliénor, l'amour. Qu'est-ce qui se passerait si un jour Robin et Jean se confrontait ? Elle n'osait même pas l'imaginer et frissonna à cette idée. Espérant que Johanna ne remarque pas son trouble, elle se força à sourire comme elle savait si bien le faire.

- Mais si je le devenais, j'aimerais être présente pour mon peuple et ne pas les abandonner.

Oui, c'était ce qui animait son coeur, son but ultime, protéger le peuple, savoir qui sont en sureté. Bien sûr le terme abandonné était adressé à l'acte du Roi, elle n'arrivait à comprendre que pour lui, lesprotègers voulaient dire combattre les ogres au loin, il y avait tellement de commandant qui pourrait le faire à sa place. Pourquoi aller menacer sa vie, alors qu'un combat bien plus important pour elle sévit ici. À la différence de Johanna, elle ne voulait pas être un modèle ou un guide, mais bien une sorte de mère qui veuille sur eux. Ce fut à ce moment-là, qu'elle vue des gardes passer devant elles et saluèrent la princesse avant de repartir. Ils avaient des affichettes ou le visage de son beau Robin était dessiné, d'ailleurs pour le coup elle vit que la récompense pour sa capture avait encore augmenté. Prenant cette occasion pour de nouveau tester sa voisine, elle lui posa une question qui serait vraiment déterminante pour la cerner.

- Le peuple devrait croire à son souverain et non à un hors la loi, vous ne croyiez pas ?

Rien dans sa voix ne laissait signaler qu'elle avait un lien avec Robin, ni aucun mépris d'ailleurs juste une sorte d'inquiétude. Après tout elle ne mentait pas, le peuple devrait croire en eux et ne devrait même pas avoir besoin d'un héros pour survivre, surtout qui s'il n'y avait pas tout cela, l'archer serait à elle.
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MessageSujet: Re: Une rencontre entre flatteries et secrets   Sam 9 Fév - 22:18
Le temps des hors-la-loi
Et si elle devait succéder à ses oncles. Marianne s'était-elle une seule fois posé la question ? Johanna en doutait fortement. Après tout, elle avait fui le royaume alors qu'elle était encore petite fille et sa grand-mère l'avait ainsi éloignée des affaires politiques de Nottingham. Avant son retour ici, jamais la jeune princesse n'avait du songer à une telle perspective. A présent, elle devait croire que le destin lui réserverait une tout autre vie et préférait donc ne pas penser à cela. Lady Radcliffe espérait aussi de tout son cœur que l'avenir de Marianne ne se ferait pas sur le trône. Mais en attendant, elle devait tout faire pour être de son côté.

Et devant sa mine devenue sérieuse et concentrée, la jeune femme compris qu'elle avait touché juste. Marianne ne se posait pas cette question. Peut-être par crainte ? Malgré sa grande force de caractère, ce rôle devait néanmoins l'inquiéter. En vérité, il fallait bien avouer que seules les personnes comme Jean ou sa terrible amante pouvaient trouver un certain plaisir à gouverner. Ne penser qu'à soi et jouir d'un pouvoir sans limites et de toute les richesses qu'on puisse imaginer, cette douce utopie n'était possible qu'en ayant ses nobles fesses sur un trône. Mais pour quelqu'un d'altruiste comme Marianne, l'idée de gouverner ne devait pas ressembler à un long fleuve tranquille. Voilà pourquoi Johanna trouvait la bienveillance totalement ridicule et vide de sens. Cela n'apportait rien de bon en dehors d'affreux maux de tête. Certes, conspirer et mentir n'avait rien d'une activité de tout repos non plus, mais Johanna était née pour cela. Quand elle repensait à tout ce qui avait pu se passer dans son esprit seulement quelques instants auparavant, elle se détestait. Jamais elle ne devait se laisser ainsi aller, elle le savait. Le jeu du mensonge et de la manipulation exigeait toujours une grande prise de risques, il fallait savoir accuser les défaites pour mieux savourer les victoires. Et elle ne comptait pas laisser échapper celle-ci. Elle ne comprenait toujours pas pourquoi elle s'était mise dans cet état.

Ainsi donc, Marianne n'avait jamais rêvé de devenir reine... Johanna en était presque perplexe. Jamais de sa vie entière elle n'aurait imaginé quelqu'un lui dire cela de façon aussi sérieuse. Et l'idée qu'il puisse s'agir d'une des héritières du trône la surprenait encore davantage. Enfin, cela en ferait plus pour elle, Dieu merci. La jeune princesse continua ensuite, acceptant de répondre sincèrement à l'hypothèse que venait de lui poser sa confidente de la matinée.

- Mais si je le devenais, j'aimerais être présente pour mon peuple et ne pas les abandonner. 

Le peuple, toujours le peuple. Cette petite était aussi têtue qu'idéaliste. Pire que Richard. En quoi devait-on se forcer à être présent pour ces sots et ces ignares ? Ne pas les abandonner ? Ils ne l'avaient jamais été. De tout temps, on leur a offert nourriture et protection, n'était-ce pas suffisant ? Richard se battait pour eux, leur roi risquait leur vie et ils se pensaient abandonnés ? Johanna n'aimait jamais l'admettre, mais elle venait du peuple. Elle ne les connaissait que trop bien ces êtres méprisables qui ne faisaient rien à part se geindre à longueur de journée. Ces derniers temps ils se plaignaient du prix des taxes, sans cesse plus élevé. Ils ne supportaient et ne respectaient donc rien, à commencer par l'autorité du Roi. Aux yeux de Johanna, un tel comportement était à vomir. Néanmoins, elle savait que pour de tels propos elle perdrait la confiance de Marianne à jamais. Elle ne vivait et ne respirait que pour ces gueux sans intérêt, il valait donc mieux aller dans son sens une fois de plus. La jeune lady adressa un nouveau sourire à la princesse, feignant l'admiration.

« Vous avez du cœur, Marianne. Nombre d'entre nous devrait prendre exemple sur vous. »

Des gardes passèrent au même moment. De grands hommes à la mine renfrognée qui firent cependant un effort pour saluer Dame Marianne. Lorsqu'ils s'éloignèrent, Johanna aperçut des affiches qu'ils tenaient et qu'ils allaient très certainement placarder en ville. Le visage du hors-la-loi Robin des Bois se trouvait sur chacune d'elle. Un des sujets de conversation préférés de Johanna et de son royal amant, parfois source de conflits d'ailleurs, mais ils trouvaient toujours de quoi s'entendre. Par le passé, jamais l'idée de s'intéresser à ce sujet ne lui avait effleuré l'esprit. Elle trouvait ce Robin assez séduisant, et l'idée qu'il soit le hors-la-loi le plus recherché du royaume n'enlevait rien à son charme. Et elle adorait tourmenter Jean avec cela, elle connaissait sa haine et sa rage et s'en amusait toujours. Mais voilà quelques semaines, Robin des Bois eut la bien mauvaise idée de visiter les appartements de la lady en son absence. Johanna lui était tombée dessus juste avant qu'il s'échappe, mais trop tard. Ce soir-là, il avait mis la moitié de la pièce à sac et avait dérobé un nombre incalculable de richesses. Depuis, Johanna n'hésitait jamais à prêter main forte au roi, le laissant bénéficier de son esprit stratège et calculateur. Si autrefois le sujet l'intéressait peu, Johanna voulait à présent voir Robin des Bois pendu au bout d'une corde.

- Le peuple devrait croire à son souverain et non à un hors la loi, vous ne croyiez pas ? 

Marianne avait donc remarqué les affiches elle aussi. Cela ne faisait aucun doute. Sinon jamais cette question ne lui serait venue. La conversation s'éloignait donc du sujet de départ, ce qui n'était pas plus mal. Johanna était bien mieux taillée pour parler politique que mariage, ce qui en dérangeait plus d'un. Encore une fois, voir une femme se prendre pour une dirigeante n'était pas toujours apprécié.

« Jean ne fait pas toujours de bons choix, vous m'en avez donné une nouvelle preuve tout à l'heure. Mais un souverain fera toujours ce qu'il croit être juste ou ce qu'il croit être nécessaire. Les hors-la-loi ne vivent que dans l'idée de piller et faire du mal. Ils sont la gangrène de notre royaume. Ils parcourent les chemins à la recherche d'or et de sang, sans se soucier de personne d'autre que d'eux-même, et souvent ce sont les pauvres gens qui en sont victimes. »

Les routes en forêt étaient de moins en moins sûres, il fallait l'avouer. Lorsqu'elle devait quitter les remparts protecteurs du château pour un long voyage, Johanna ne le faisait jamais sans plusieurs gardes à ses côtés, même si elle avait déjà du se charger du cas d'un ou deux bandits toute seule. Elle ne faisait aucunement confiance aux hors-la-loi, bien qu'elle ait déjà marchandé les services de quelques-uns et l'idée de leur trancher la gorge elle-même pour sauver sa peau ne lui faisait pas peur.

« Robin des Bois, lui, est persuadé qu'il rendra le monde meilleur en redistribuant les richesses. Une bien noble chimère. Qui me pousse à croire qu'il ne s'agit ni plus ni moins que d'une légende que se forge le peuple. A-t-il seulement reçu la moindre chose de cet homme ? Je n'en suis pas certaine. »

En vérité, Johanna Radcliffe trouvait tellement absurde cette idée de voler aux riches pour redonner aux plus pauvres, qu'elle était véritablement persuadée que le peuple avait lui-même construit une légende autour de Robin des Bois. Jamais un voleur ne volait pour les autres. Ce gredin devait désormais être plus riche que tous les nobles de Nottingham réunis. Ce qui lui hérissait à nouveau le poil. Elle lança alors un regard de colère non feinte et de désolement bien plus feint.

« Je crains que ce héros auquel ils croient ne soit rien de plus qu'un bandit comme les autres. D'ailleurs Dame Marianne si vous deviez voyager ces prochains jours, je vous en prie, montrez-vous prudente. Cet homme fait de plus en plus parler de lui, je ne voudrais pas qu'il s'en prenne directement à vous. En tant que nièce de Jean, cette idée pourrait le tenter.»

Elle prit de nouveau la main de Marianne, pour lui prouver qu'elle ne pensait qu'à son bien, comme elle le faisait depuis le début de la matinée. Puis, une idée lui vint soudainement. Elle élargit son sourire bienveillant et se rapprocha un peu plus de Marianne.

« En parlant de voyage, j'ai l'intention de me rendre dans quelques semaines dans mon manoir à la campagne. Si vous souhaitez échapper un peu à la pression de votre oncle, je serais ravie de vous accueillir. Et je ferais mon possible pour qu'aucun hors-la-loi ne vienne gâcher votre voyage. » ajouta-t-elle avec un regard complice.

Elle se rendait rarement à la campagne, mais lorsqu'elle le faisait c'était toujours pour comploter tranquillement ou pour s'éloigner de Jean lorsqu'elle ne le supportait plus. Mieux valait donc qu'elle soit seule. Mais accueillir Marianne n'était pas un sacrifice trop lourd à assumer.
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MessageSujet: Re: Une rencontre entre flatteries et secrets   Dim 10 Fév - 20:38
Robin est l'espoir du peuple !
Robin des bois, le nom qui provoquait le plus de colère chez son oncle, le nom que le peuple acclamait et surtout le nom d'un homme qu'elle aimait. Beaucoup avaient oublié qu'il avait grandi à Nottingham auprès de la princesse et qu'ils passaient leur journée ensemble à jouer, avant que celle-ci soit envoyée au Royaume de Fergus. Aucun noble ne voulait se dire que l'un d'entre eux, avait choisi le peuple à la richesse, c'était une trahison qu'on avait pu lui pardonner et qu'il eut l'impact de le faire devenir hors la loi. C'était arrivé à leur retour, Marianne avait été trouvé le Roi Richard pour que celui-là agisse, mais la seule chose qu'elle obtenue, une escorte pour le château. Un château qu'elle n'avait pas vu depuis de nombreuses années, il fallait le dire ce ne fut pas tout de suite la grande entente avec Robin. N'appréciant pas que son oncle l'oblige à partager sa route avec des hommes, elle qui avait parcouru de nombreux royaumes pour le retrouver. Mais au fur et à mesure de leur voyage, ils se trouvèrent un même but : le peuple ! Marianne était encore loin d'imaginer qu'à leur arrivée au château, L'archer tira une flèche pour sauver un condamné à mort, qui n'était qu'un simple paysan affamer. Tout avait été très vite et personne n'avait su que la princesse se trouvait là, elle n'avait rejoint le château que quelques jours après, ayant décidé d'être les yeux aux châteaux et surtout savait que son arrivée avait été annoncée.

C'était sans doute ce qu'il y avait de plus dur, connaître Robin et de faire comme-ci il n'en était rien. Ce fut en voyant les affiches qu'elle eut l'idée d'interroger Lady Johanna à ce sujet. Connaitre son avis sur la question, pourrait être déterminant pour la suite des événements, à savoir lui faire confiance ou non.

« Jean ne fait pas toujours de bons choix, vous m'en avez donné une nouvelle preuve tout à l'heure. Mais un souverain fera toujours ce qu'il croit être juste ou ce qu'il croit être nécessaire. Les hors-la-loi ne vivent que dans l'idée de piller et faire du mal. Ils sont la gangrène de notre royaume. Ils parcourent les chemins à la recherche d'or et de sang, sans se soucier de personne d'autre que d'eux-même, et souvent ce sont les pauvres gens qui en sont victimes. »

Marianne avait déjà croisée ce genre de hors-la-loi durant son voyage, d'ailleurs souvent il était crasseux et il leur manquait quelque dent, enfin ceux qui avaient osé s'attaquer à elle, était ainsi en y pensant c'était certainement des brigands malfamé. Mais Robin n'avait rien à voir avec eux, non lui avait une mission qu'il accomplissait avec prouesse.

« Robin des Bois, lui, est persuadé qu'il rendra le monde meilleur en redistribuant les richesses. Une bien noble chimère. Qui me pousse à croire qu'il ne s'agit ni plus ni moins que d'une légende que se forge le peuple. A-t-il seulement reçu la moindre chose de cet homme ? Je n'en suis pas certaine. »

Devant surtout garder son calme, face à ses fausses accusations. C'était devenu une question d'habitude qu'on croit que l'archer gardait l'or pour lui, pourtant elle savait que c'était faux. Pour l'avoir elle-même vu le faire, personne ne pourrait jamais la faire douter de leur combat. Marianne restait attentive et secouait légèrement la tête, pour faire croire qu'elle buvait ses paroles. De toute façon comme disait si bien Jean, ce n'était pas une affaire de femme. S'il pouvait bannir ce sujet de conversation de toutes les femmes de la cour, il en serait plus que ravi et Marianne aussi par la même occasion, elle détestait entendre d'autres Lady parler de celui qui faisait battre son coeur. Surtout qu'elle n'avait pas le choix de dire qu'elle le trouvait tout sauf intéressant. Le regard de Johanna n'était pas aimable, elle le détestait donc vraiment. Ce qui fit comprendre à la princesse qu'elle ne pourrait jamais avoir une totale confiance en elle.

« Je crains que ce héros auquel ils croient ne soit rien de plus qu'un bandit comme les autres. D'ailleurs Dame Marianne si vous deviez voyager ces prochains jours, je vous en prie, montrez-vous prudente. Cet homme fait de plus en plus parler de lui, je ne voudrais pas qu'il s'en prenne directement à vous. En tant que nièce de Jean, cette idée pourrait le tenter.»


Pour le coup, elle avait vraiment envie de rire, c'était sûr que si Robin venait à la capturer ça serait pour la garder dans la forêt, loin du château et certainement pas pour atteindre Jean. Johanna vint lui prendre la main, étrangement elle avait vraiment l'impression que la Lady pensait à sa sécurité, lui souriant elle voulut la rassurer.

- Mon oncle ne veut pas que j'aille dans la forêt, il n'y a aucun risque que je croise le hors-la-loi...

Ce n'était pas facile de devoir mentir, mais elle le faisait si bien à présent. Elle essayait tout de même de rester elle-même en gardant seulement quelques secrets, genre son lien avec Robin qui englobait en fait la plupart de ses mensonges qu'elle pouvait dire. Si un jour, Jean ou le Shérif apprenaient qu'en fait pour certains plans ce n'était nul autre que Marianne qui les divulguaient à Robin, personne ne pourrait savoir leurs réactions. Mais la princesse ne s'inquiétait pas vu que Triste Sire avait déjà mis le prince en garde contre elle et qu'il ne l'avait simplement pas cru, ne voulant pas admettre que sa nièce ne soit peut-être pas de son côté.

« En parlant de voyage, j'ai l'intention de me rendre dans quelques semaines dans mon manoir à la campagne. Si vous souhaitez échapper un peu à la pression de votre oncle, je serais ravie de vous accueillir. Et je ferais mon possible pour qu'aucun hors-la-loi ne vienne gâcher votre voyage. »

Là, elle ne put cacher son étonnement, jamais elle n'aurait pensée que la jeune femme l'invite à aller à la campagne, Marianne ne savait pas quoi répondre, car même après leur longue discussion, le doute sur les intentions de Johanna ne voulaient pas la quitter et pour couronner le tout elle n'aimait pas Robin. Puis est-ce que son oncle la laisserait partir ? Si elle partait avec la lady, il ne faudrait pas se douter que les bruits de couloir augmenteraient, surtout que le soir même ses fiançailles seront annoncés, beaucoup penseront qu'elles complotent ensemble. Se pinçant les lèvres.

- Je serai ravie de vous accompagner !

Vrai problème de la jeune femme, elle avait beaucoup de mal à dire non à une proposition même si elle n'avait pas forcément envie de s'éloigner du château pour aider Robin. Lui qui ignorait toujours le mariage à venir, Si ça se trouve il ne voudrait même plus la voir en l'apprenant. Oui partir quelque temps ne lui ferait sans doute que du bien, pour réfléchir clairement. Sauf que ça sera laissé champs libre à Triste sire. Elle se retrouvait vraiment partager mais bon c'était trop tard elle avait déjà répondu.

- Il faudra seulement avoir l'accord de mon oncle, je lui en parlerais ce matin, j'ai promis de manger avec lui...

Ouvrit grande la bouche, elle se leva d'un bond, replaçant correctement sa robe. Oui, elle ne devait surtout pas arriver en retard pour rejoindre son oncle. Cette discussion lui avait permis de repenser au mariage et savait que ça serait une sacrée étape à franchir. Johanna avait été présente  quand elle en avait besoin et de cela elle lui en était reconnaissante, après tout qu'est-ce qui pourrait se passer en quelques jours ? Oui elle persuaderait son oncle de la laisser partir.

- Je vous suis reconnaissante d'avoir été à mon écoute, j'aurais bien voulu rester plus longtemps, mais je suis attendue. Je vous ferais part de sa décision pour notre séjour !

Inclinant légèrement la tête, en signe de respect. Elle tourna les talons pour rejoindre le château, pensant au bal du soir ou sa vie allait basculait et que son destin sera lié à un homme qu'elle méprisait.
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MessageSujet: Re: Une rencontre entre flatteries et secrets   Mer 20 Fév - 14:20
Reprendre le contrôle
La proposition que Johanna venait de faire avait étonné la princesse, c'était indéniable. Elle s'était retournée vivement et avait eu ce petit sursaut significatif quand on apprenait quelque chose que l'on attendait pas. L'effet était donc réussi, Johanna savait qu'elle tenait sans doute son unique chance de garder Marianne entre ses mains. Pourtant la jeune femme semblait hésiter. Quoi de plus normal en vérité, Marianne était loin d'être naïve, peut-être sentait-elle venir la manœuvre de la lady. Soudain, Johanna se détesta. Elle s'était sentie trop en confiance. Malgré les questions brûlantes et délicates de Marianne elle était persuadée d'avoir réussi l'entretien haut la main, en faisant son possible pour se montrer aimable et sincère malgré les tissus de mensonges qu'elle pouvait présenter. Peut-être avait-elle cru que tout ceci lui était déjà acquis, qu'il ne lui suffirait plus que d'une invitation personnelle pour que la jeune femme vienne lui manger dans la main. Mais elle avait sans doute brûlé trop d'étapes, elle avait voulu aller trop vite et Marianne à présent devait se poser des questions sur les intentions de Johanna. Des intentions qui faisaient pourtant le tour de la Cour, mais elle parvenait toujours à étouffer les rumeurs qui la disaient ambitieuse au point de lorgner sur le trône. Elle espérait à présent que Marianne ne rejoigne pas subitement le camp de ces commères infâmes.

- Je serai ravie de vous accompagner ! 

Victoire ! Le poisson avait mordu à l'hameçon ! Il suffisait à présent de le ferrer avec la plus grande délicatesse, mais pour cela Johanna avait encore quelques semaines devant elle. Mais évidemment, comme venait de le confirmer Marianne, elles devraient obtenir l'accord de son cher oncle pour que ce projet soit mené à bien. Si Johanna partait dans sa maison de campagne en compagnie de Marianne, il était clair que les bécasses continueraient de jaser. Mais cela l'importait peu, à présent son temps était compté. Sa situation sociale stagnait depuis des années, depuis six longues années, lorsqu'à la mort de son époux Jean l'autorisa à vivre de façon permanente au château. Les rumeurs avaient alors commencé et Johanna avait espéré que cela donne des idées à son amant. Mais depuis six ans rien n'avait bougé. On lui attribuait beaucoup d'influence, c'était en partie vrai, mais on exagérait parfois l'emprise qu'elle avait sur Jean. Car, si elle menait la danse comme on voulait bien le penser, elle serait reine depuis bien longtemps. Elle devait reprendre le contrôle et ce séjour à la campagne en compagnie de sa nièce elle l'obtiendrait quoiqu'il arrive. L'appui de Marianne lui devenait vital et elle ne pouvait faire une croix sur un tel projet.

Marianne se leva alors pour prendre congé. Elle était attendue à la table du Roi. Johanna sentit une pointe de jalousie au fond de son cœur, elle n'avait pas déjeuné avec Jean depuis des jours. A présent qu'elle connaissait les projets de Triste Sire, nul doute qu'on avait cherché à l'éloigner le plus possible de son amant. Mais elle n'enviait pas davantage la position de Marianne. La pauvre enfant devait sans doute s'acquitter de cette tâche pour discuter de son prochain mariage. Johanna lui adressa un sourire bref puis inclina la tête en signe de révérence.

« Je vous en prie Marianne, ce fut un véritable plaisir de vous venir en aide. Et j'aimerais que vous sachiez que quoi qu'il puisse arriver dans les semaines à venir, vous n'avez pas à hésité. Je serais toujours ravie d'être à votre écoute. Transmettez mes amitiés à votre oncle. »

Alors qu'elle regardait la jeune princesse s'éloigner, Johanna reprenait ses conspirations où elle les avait laissées. Oui, ses "amitiés", voilà tout ce que Jean aurait. Tant qu'il n'aurait pas clairement dit qu'il ne trouvait pas sa prétendante à son goût, il ne devait pas compter sur autre chose. Johanna n'avait rien d'une catin, du moins elle tentait de s'en convaincre. Oui, elle allait reprendre le contrôle. Si Triste Sire voulait jouer au plus malin, il allait trouver une adversaire de taille. La nièce était déjà toute alliée à sa cause, en tout cas, après leur séjour en tête-à-tête cela serait chose faite. Johanna devenait euphorique à l'idée qu'elle puisse approcher du but. Aucun roi égocentrique, aucune princesse ambitieuse, aucun conseiller manipulateur ne l'en éloigneraient. Jean et le trône étaient à elle.
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