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L'histoire se déroule en Octobre 2013.

« Tant qu'il y a assez de place pour stocker les guimauves, tout va bien. »
par Valentine Bellamy dans You gave up the fight, you left me behind


Charming ೨ Henry ೨ Ruby ೨ August

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 Peut-on guérir un corps dont le coeur est malade ?

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MessageSujet: Peut-on guérir un corps dont le coeur est malade ?   Mer 24 Sep - 11:14

 


Peut-on guérir un corps dont le coeur est malade ?



Yvain et Elaine



On ne guérit d’une souffrance qu’à condition de l’éprouver pleinement.


L'endroit était parfait. Une haute tour, dressée sur une île au milieu d'un lac. Pour l'instant, cet objectif n'était qu'une silhouette lointaine dans le brouillard matinal. Pourtant, dès l'instant où le regard du chevalier errant s'était posé sur cette bâtisse, il eut la certitude profonde d'atteindre enfin son but.

Voilà plusieurs années qu'il avait erré à travers les royaumes. Pour l'instant, cet objectif n'était qu'une silhouette lointaine dans le brouillard matinal. Voilà plusieurs années qu'Yvain avait disparu sous le chagrin immense d'avoir manqué à sa parole envers son unique amour, ne laissant que Don Quichotte. Un fou qui pensait sa Dulcinée prisonnière d'un affreux sorcier.

L'esprit embrumé du chevalier avait la certitude que sa Dulcinée était prisonnière de cette tour qu'il entrapercevait au centre du lac. Pouvait-il en être autrement ? N'était-ce pas la fonction principale des tours que d'y retenir des princesses captives ?

Le regard de Don Quichotte se fit plus suspicieux tandis qu'il inspectait l'eau paisible du lac. S'il avait raison (et il devait forcément avoir raison), la traversée ne devrait pas être des plus paisible. Il imaginait sans problème le sorcier déverser toutes ses défenses, tous les mauvais tours qu'il gardait en réserve. Et, comme c'est ainsi qu'il s'imaginait son court voyage jusqu'à la tour, c'est ainsi que cela se passa.

La réalité était bien moins chevaleresque. Son embarcation butta sur un rocher qui dépassait à peine de la surface de l'eau. Pour l'esprit embrouillé du chevalier, cela ne pouvait signifier qu'une seule chose : l'attaque d'un serpent des mers... ou plutôt un serpent des lacs mais, sur le moment, il ne s'encombrait pas de ce genre de détails. Sans une seconde d'hésitation, l'ancien chevalier de la table ronde sorti sa fidèle épée de son fourreau et battit farouchement l'air dans ce qu'il pensait être un combat légendaire. Un coup d'estoc lui fit perdre l'équilibre, faisant tomber le vaillant héros à l'eau. Heureusement, le coup porté était venu à bout de son adversaire fictif sinon il aurait été à la merci du reptile !

Celui qui fut un jour appellé Yvain avant d'être emporté par la folie hésita un instant à poursuivre son épopée à la nage. Qui sait quel terrible monstre envahissait les fonds de ce lac ? Il serait trop exposé en ne regagnant pas son embarcation de fortune ! Après quelques gestes maladroits et deux tentatives ratés, il réussit à remonter à bord de sa barque. Le chevalier errant nota mentalement d'omettre volontairement ce passage lorsqu'il racontera à sa belle Dulcinée tous les dangers qu'il avait dus traversés pour venir la secourir.

Le reste de la courte traversée se passa sans encombre.

*Cela ne présage rien de bon.* Pensa le chevalier en posant le pied sur l'île de Shalott.

Et il avait vu juste ! Une armée de soldats miniatures l'attendait au pied de la tour, étincelant dans leurs armures blanches. Don Quichotte s'apprêtait à livrée bataille lorsque la réalité se tordit pour transformer ces ennemis en fleur. Ettoné par ce prodige mais surtout méfiant par rapport à une victoire trop facile, le chevalier tata du bout de sa lame un des lys. Rien. Pas la moindre réaction. Comme avec cette armée d'assassin qui s'était changé soudainement en arbre il y a des années de cela.

Curieux. Est-ce sa Dulcinée qui avait appris des rudiments de magie pour le protéger ? Le cerveau embrouillé d'Yvain se contenta de cette réponse. Il avait grand hâte de gravir cette tour maintenant que toutes les défenses du sorcier maléfique avaient été battues.

Il gravit les marches quatre à quatre, l'idée de revoir l'amour de sa vie lui donnait presque des ailes. Malgré sa joie d'être à deux doigts de formidable retrouvaille, il garda son épée dans sa main au cas où le sombre magicien serait encore dans la bâtisse.

"Dulcinée ! Je viens vous sauver !" Cria-t-il avec ferveur en pénétrant dans une des pièces de la tour.

Cette déclaration faite, il prit enfin le temps d'inspecter la pièce avec plus d'attention. Devant lui, aucune trace de sa Dulcinée. Par contre, la tour abritait bel et bien une dame. Son sourire perdit de l'éclat devant cette dame qu'il pensait être une inconnue alors qu'il s'agissait de sa sœur Elaine. Le destin à parfois un drôle de sens de l'à-propos.





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MessageSujet: Re: Peut-on guérir un corps dont le coeur est malade ?   Jeu 16 Oct - 14:14

 


Peut-on guérir un corps dont le coeur est malade ?



Yvain et Elaine



On ne guérit d’une souffrance qu’à condition de l’éprouver pleinement.


Un temps pour vivre, un temps pour mourir. Un temps pour aimer, un temps pour désespérer. Mais surtout un temps pour la folie et un temps pour la guérison. Elaine ne voyait plus le temps défiler, bloquer dans sa tour et vivre les aventures d'autres en étant invisible. Elle n'espérait plus rien pour elle et ne restait qu'une simple observatrice de la répercussion des choix de certaines personnes. C'est étrange, car pour elle, tout semblait se passer très vite, la malédiction qui parcourait son corps, l'avait rendu différente. Elle pouvait confectionner une tapisserie, qu'en temps normal mettrait des mois à être confectionné, en quelques heures. Elle n'avait plus besoin de dormir, ni de manger. Son miroir lui fournissait tout ce qu'elle avait besoin pour vivre, mais il lui manquait le contact humain, survivre dans sa tour n'était pas vraiment une vie et à présent, elle préférait ne plus y penser, s'étant habituée à son calvaire.

Elle suivait la vie des habitants de la forêt enchantée, tel un fantôme, mais surtout pas un fantôme du passé. Il était trop douloureux pour la Dame de Shalott de voir sa famille évoluer à travers son miroir, surtout après la trahison de son père. D'un certain coter, observer des personnes qu'elle n'avait jamais connues lui laissait penser que ce n'était que des personnages d'une histoire quelconque, loin de la sienne. Donc, oui même si son miroir avait pu lui donner l'occasion de retrouver son frère Yvain, elle n'en avait rien fait. Il l'avait abandonné, tout comme son père et elle ignorait que celui-ci se retrouvait à moitié fou. De toute façon qu'est-ce qu'elle aurait pu faire pour lui ? Il lui était impossible de quitter l'ile de Shalott et elle recevait que très peu de visites, ce n'est certainement pas Morgane qui irait aider un chevalier de la table ronde, un homme qui servait le frère qu'elle voudrait voir disparaitre.

Pour l'heure, comme à son habitude, elle confectionnait une nouvelle tapisserie en observant différentes scènes que lui offrait son miroir, sans vraiment s'y intéresser. Ne former qu'un avec un miroir était un aspect étrange, elle pouvait le sentir en elle et se sentir mille endroits à la fois dès qu'elle le regardait. Ils ne formaient qu'un, il était sa prison et sa liberté, comme elle l'était pour lui. L'esprit ailleurs, elle ignorait qu'une personne avait pénétré dans sa tour et d'un geste délicat, l'un après l'autre, elle représentait le visage d'une princesse rousse du nom de Mérida. Elle adorait suivre les aventures de cette jeune fille qui ne s'attachait pas à son rôle d'héritière du trône du royaume voisin. Jamais, Elaine aurait osé parler ainsi à son père, ni même penser pouvoir avoir une autre vie qu'un mariage et de beaux enfants, et pourtant, elle en était là aussi, sauf qu'elle n'avait pas choisi cette vie. Le destin pouvait jouer de bien vilains tours.

"Dulcinée ! Je viens vous sauver !"

Elle sursauta sur sa chaise, faisant tomber son oeuvre au sol. Cela faisait très longtemps qu'on ne l'avait pas surprise ainsi. Cette voix ne lui était pas étrangère, mais sa première pensée fut de se demander qui était cette Dulcinée. Se levant, elle fit face à une personne qu'elle pensait ne plus jamais revoir. Un mélange de joie et de crainte se formait dans son regard.

- Yvain !

Il tenait une épée dans sa main et semblait différent du frère qu'elle avait connu. Était-il là à cause des rumeurs au sujet de l'ile ? Venait-il la tuée ? Qui se trouvait face à elle, le chevalier ou son frère ? Ce n'est certainement pas à elle qui s'attendait à voir, vu son visage surpris. Elle avança d'un pas en tendant son bras face à elle, comme pour s'approcher d'un animal apeuré.

- Rien de ce que tu as pu entendre n'est vrai, je ne suis pas une sorcière à abattre.





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MessageSujet: Re: Peut-on guérir un corps dont le coeur est malade ?   Mer 22 Oct - 10:46

 


Peut-on guérir un corps dont le coeur est malade ?



Yvain et Elaine



On ne guérit d’une souffrance qu’à condition de l’éprouver pleinement.


Dans toutes les plus hautes salles des plus hautes tours attendaient toujours une demoiselle en détresse qui espérait la venue de son preux chevalier. Même le plus jeune des enfants connaissait ce fait ! Don Quichotte errait depuis des années à la recherche de sa chère Dulcinée. Lorsqu'il avait entrevu la tour au centre du lac, il avait espéré y trouver sa douce captive. Après des années de luttes contre diverses monstres, n'était-il pas en droit d'obtenir sa fin heureuse ? Les épreuves fictives qu'il avait dues affronter pour arriver jusqu'ici résonnaient comme autant de confirmation qu'il avait vue juste. Pourtant, en entrant dans cette pièce, son regard ne se posa pas sur sa tendre Dulcinée, mais sur une inconnue.

Déception et tristesse se disputèrent son cœur alors que la demoiselle se tournait vers lui. Au point que le chevalier ne put s'excuser de son entrée des plus cavalière.

- Yvain !

Le chevalier s'arracha à ses pensées devant ce nom qui paradoxalement ne lui disait rien tout en lui étant familier. L'ancien Yvain fronça les sourcils. Il posa un regard plus attentif bien que toujours voiler par la folie vers la demoiselle qui parlait à présent de sorcière tout en s'avancer d'un pas vers lui.

- Rien de ce que tu as pu entendre n'est vrai, je ne suis pas une sorcière à abattre.

Le chevalier faillit déclarer qu'il était évident que la dame n'était pas une sorcière. On n'enfermait pas les sorcières dans des tours inaccessibles ! C'était là le destin des princesses en détresse. Il se retint de faire une telle remarque pour dissiper au plus vite ce qu'il pensait être un malentendu.

"Il semblerait que la méprise soit des deux côtés, ma dame." Répondit-il avec un mince sourire d'excuse. "Je suis le chevalier Don Quichotte de la Manche." Se présenta-t-il avec une révérence qu'il espérait convenable malgré le manque de pratique. "Et vous, vous n'êtes pas ma Dulcinée." Ajouta-t-il avec une pointe de tristesse dans la voix et le cœur lourd.

Don Quichotte, un nom qu'Yvain utilisait toujours dans ces histoires de dragon et de héros au cœur pur qu'il comptait sans relâche à sa petite sœur avant d'être nommé lui-même chevalier et de poursuivre ces récits en contant ces propres aventures. Inconscient de cette partie de son passé, le chevalier se frotta pensivement sa moustache en contemplant la pièce. Cela ne ressemblait pas vraiment à une prison. Mais il n'était pas vraiment un spécialiste dans ce domaine. Peut-être qu'une sorcière avait jeté un sort d'illusion afin de donner une apparence rassurante à une cellule sordide ?

"Vous me mettez dans une fâcheuse situation, ma dame." Pensa-t-il à voix haute. "En tant que chevalier, il est de me devoir de vous sauver. Cependant, j'ai peur de voler son moment de gloire à votre véritable amour qui est certainement en route pour vous délivrer."

Songer à l'embarras de la situation lui évitait de penser que sa Dulcinée était toujours prisonnière quelque part, à la merci d'un horrible sorcier tandis que lui, son héros, s'était tromper de tour à gravir. Et si le prince de son interlocutrice s'était également trompé et était en ce moment même en train de délivrer sa Dulcinée à sa place ? Quelle horrible perspective !

Avec le trouble qui menaçait d'envahir son esprit, Don Quichotte en oublia de ranger son épée qu'il tenait toujours fermement en main. Pourtant, il avait vaguement conscience qu'il n'était pas de bon ton de garder une arme en présence d'une dame de bonne famille. Toutefois, une autre pensée essayait de trouver le chemin de son esprit troublé. Cela avait un rapport avec les paroles de la dame... Un rapport avec une sorcière à ne pas abattre ?






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MessageSujet: Re: Peut-on guérir un corps dont le coeur est malade ?   Jeu 13 Nov - 18:20

 


Peut-on guérir un corps dont le coeur est malade ?



Yvain et Elaine



On ne guérit d’une souffrance qu’à condition de l’éprouver pleinement.


Le revoir, lui, était comme un grand retour en arrière. Yvain était son frère, celui qui lui racontait des histoires de chevalier et de dragon quand elle était petite, celui qui arrivait à la faire sourire simplement en la regardant. Elle avait longtemps pensé qu'il serait toujours là pour la protéger, qu'elle n'aurait qu'à tendre la main sur le côté et qu'il serait là pour la saisir, jusqu'à la fin des temps, mais ce ne fut pas le cas, il l'avait laissé derrière lui sans aucune explication et alors que son rôle était de la protéger, il l'avait blessé comme le reste de la famille. La dame de Shalott ne s'attendait pas à le voir pénétrer dans sa tour, surtout armer. Venait-il la tuée ? Être parti sans aucune explication, elle pourrait encore lui pardonner, mais s'il osait croire ses rumeurs à son sujet, sans lui laisser le temps de s'expliquer, elle oublierait leur lien fraternel.

Lui faisant face, son coeur battant la chamade, ne se remettant pas de la surprise et tout en s'approchant tout doucement, elle voulait le voir abaisser son épée, lui expliquant que tout ce qu'il avait pu entendre n'était pas vrai et qu'il n'y avait aucune sorcière à abattre, surtout pas elle. Elle avait bien remarqué son froncement de sourcils quand elle avait prononcé son nom, mais l'épée pointer vers elle passait avant cette drôle d'impression.

"Il semblerait que la méprise soit des deux côtés, ma dame. Je suis le chevalier Don Quichotte de la Manche Et vous, vous n'êtes pas ma Dulcinée.

Le visage d'Elaine se décomposa d'incompréhension. Lui jouet-il un mauvais tour ? La pointe de tristesse dans sa voix lui prouvait que non, il était sérieux. La dame de Shalott se figea sur place. Le chevalier Don Quichotte de la Manche était le héros des histoires que lui racontait son frère...un simple personnage inventé. Pourquoi pensait-il être ce chevalier ? Surtout que lui-même en était un, c'était incompréhensible. Elle la laissa observer la pièce en touchant sa moustache, au moins ça lui laissant le temps de réfléchir à la situation bien étrange. Il ne se souvenait même plus d'elle, sa propre soeur, certes elle n'était pas dulcinée, mais tout de même sa soeur.

"Vous me mettez dans une fâcheuse situation, ma dame. En tant que chevalier, il est de me devoir de vous sauver. Cependant, j'ai peur de voler son moment de gloire à votre véritable amour qui est certainement en route pour vous délivrer."

La panique s'afficha sur son visage, il ne fallait surtout pas qu'il essaie de la faire sortir de la tour, les conséquences seraient trop importantes, elle perdrait sa vie, Morgane l'avait mise en garde, un seul regard à l'extérieur et son âme irait rejoindre celle de sa mère. Puis, le voir parler du véritable amour qui viendrait la sauver lui fit se souvenir que Lancelot en aimait une autre et que c'est lui qu'elle voulait et non un soi-disant destiné à elle. Que devait-elle faire pour que son frère revienne ?

- Personne ne viendra me délivrer, si je sors de cette tour, je mourrai certainement.

Sa voix était grave, prouvant qu'elle disait la vérité. Elle pointa ses yeux bleus dans les siens, espérant peut-être qui là reconnaîtrait enfin, mais cela semblait perdue d'avance. Pour le coup, elle s'en voulait de ne pas avoir regardé ce que devenait son frère, peut-être aurait-elle su ce qui lui était arrivé ?. Elle se décida à jouer le jeu du chevalier, balancer à une personne que toute sa réalité n'était pas la bonne, paraissait être un très mauvaise idée.

- Chevalier Don Quichotte de la manche, il n'y a aucun danger de ce lieu, vous pouvez ranger votre épée.

Sa voix était à présent plus apaisante. Elle allait avancer étape par étape, pour mieux comprendre la situation et voir si elle pouvait faire quelque chose, puis qui sait peut-être qu'à la fin, il se souviendrait d'elle. Retournant sur sa chaise près de son miroir, elle lui demanda :

- Dites-moi depuis quand parcourez-vous les routes à la recherche de votre dulcinée ?





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MessageSujet: Re: Peut-on guérir un corps dont le coeur est malade ?   Ven 5 Déc - 19:06

 


Peut-on guérir un corps dont le coeur est malade ?



Yvain et Elaine



On ne guérit d’une souffrance qu’à condition de l’éprouver pleinement.


Pendant un instant, Don Quichotte avait espérer qu'il avait bien retrouvé sa promise, mais qu'un mauvais sort lui avait donné une autre apparence pour qu'il s'imagine faire fausse route. Voilà une ruse qui ressemblerait bien aux agissements d'un sorcier maléfique ! Hélas, cette théorie vola en éclats dès que la belle prit la parole. Non, çà ne pouvait pas être sa Dulcinée. La déception et le chagrin firent rapidement place à l'hésitation concernant sa prochaine action.

Hésitation qu'il ne put s'empêcher d'exprimer à voix haute comme si la solution allait lui tomber du ciel. En tant que chevalier, il était de son devoir de secourir une demoiselle en détresse (ou, du moins, captive puisque la demoiselle ne semblait pas vraiment en détresse en ce moment). Mais Don Quichotte croyait aussi fermement que chaque captive dans une tour avait son prince charmant attitré. Lui-même n'aimerait pas apprendre qu'un inconnu avait sauvé sa Dulcinée et ne disait-on pas de ne pas faire aux autres ce que tu n'aimerais pas qu'on te fasse ?

Le chevalier parut perplexe en voyant que la demoiselle en question ne semblait pas ravie à l'idée d'être sauvée. Il inspecta rapidement la pièce du regard. Se serait-il trompé ? Son interlocutrice n'était pas captive d'une quelconque sorcière ou autre enchantement tout aussi sombre ? Pourtant tout semblait correspondre. Comme si çà ne suffisait pas, les paroles de la demoiselle le plongèrent davantage dans la perplexité.

- Personne ne viendra me délivrer, si je sors de cette tour, je mourrai certainement.

Comment pouvait-on mourir en sortant d'une tour ? Le chevalier ne voyait là qu'une crainte injustifiée qu'il se devait d'effacer de l'esprit de la jeune fille.

"Si se sont la créature du lac et des sentinelles sur la berge qui vous inquiète, je les ai vaincus à mon arrivée." Affirma-t-il avec fierté, tout en renforçant ces paroles avec un sourire rassurant.

Il était triste d'avoir un visage aussi bouleversé et grave à un aussi jeune âge. Étant donné qu'aucun prince charmant ne semblait décidé d'intervenir pour améliorer la situation, Don Quichotte décida qu'il était son devoir de remonter un peu le moral de la princesse captive. Mais pas trop ! Il ne faudrait pas que sa Dulcinée devienne jalousie si cette aventure arrivait jusqu'à ces délicates oreilles !

Plongé dans l'élaboration de sa stratégie (est-ce que le fait de raconter quelques-uns de ces exploits dériderait la dame ?), le chevalier errant en avait oublié qu'il tenait toujours son épée jusqu'au moment où son interlocutrice lui en fit la remarque.

- Chevalier Don Quichotte de la manche, il n'y a aucun danger de ce lieu, vous pouvez ranger votre épée.

Don Quichotte fut un instant vexé. Bien sûr qu'il n'y avait plus aucun danger ici ! Ne venait-il pas de dire qu'il avait vaincu tous les obstacles ? Si un prince charmant passait dans le coin, il pourrait remercier le chevalier de lui avoir facilité la tâche ! Cependant, la douceur dans la voix de la lady écarta bien vite sa mauvaise humeur passagère. Après un acquiescement et une ultime inspection des lieux au cas où une sorcière déciderait de surgir de derrière une tapisserie pour l'attaquer, il rengaina son épée.

La belle étant retournée près de son miroir, le chevalier hésita à exprimer son désir de prendre congé. Il n'y avait plus aucune aventure à vivre ici et sa longue quête l'attendait. Pourtant, quelque chose en lui le poussait à rester. Don Quichotte balaya cette sensation rapidement en la mettant sur le compte de sa réticence à laisser une demoiselle se morfondre dans une tour. Malgré les paroles défaitistes de la lady, le chevalier restait persuadé que le véritable amour de la princesse était en route pour la secourir. Il serait donc embarrassant que le sauveur découvre un autre homme dans la pièce. L'hypothétique prince charmant pourrait en conclure des conclusions hâtives.

Au final, il était resté planté là tandis que la dame de Shalott lui posa une question :

- Dites-moi depuis quand parcourez-vous les routes à la recherche de votre dulcinée ?

Le cœur du chevalier devint immédiatement plus lourd et sa mine plus sombre en pensant à ce triste jour.

"Voilà quatre années que je n'ai plus vu le doux visage de ma Dulcinée." Souffla-t-il en baissant les yeux et en semblant porter toute la tristesse du monde.

Déjà quatre années qu'il parcourait les routes dans l'espoir de délivrer sa Dulcinée des griffes de ce terrible magicien. Il avait certainement parcouru chaque parcelle de tous les royaumes, pourtant le chevalier n'avait toujours pas atteint son but.

Il lança à regard à la dame de Shalott. Il ne pouvait décidément pas perdre l'espoir devant la demoiselle qui attendait son prince dans cette tour depuis il ne savait pas combien de temps. Le désespoir avait tendance à être contagieux.

"Un sorcier maléfique l'a kidnappé alors que je défendais les couleurs de ma promise dans un tournoi et depuis ce gredin ne cesse de m'envoyer ces viles séides pour me ralentir. Votre tour était si bien gardée, que j'ai cru avoir enfin trouver l'antre diabolique de ce lâche."

Malheureusement, il avait encore fait fausse route. Don Quichotte garda cette pointe de tristesse pour lui tandis qu'il serra le poing avec détermination. L'heure était au discours plein d'espoir et non au défaitisme ! Même si certains détails de son récit semblaient flous quand il y repensait, il ne perdait pas de vue l'essentiel :

"Mais je retrouverais ma Dulcinée, foi de chevalier. Même si cette quête doit me prendre mille ans !" Déclara-t-il avec une détermination sans faille. Don Quichotte poursuivit aussitôt avec la clef de voûte de son discours : "Vous non plus, vous ne devez pas perdre espoir."





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MessageSujet: Re: Peut-on guérir un corps dont le coeur est malade ?   Sam 20 Déc - 20:32

 


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Yvain et Elaine



On ne guérit d’une souffrance qu’à condition de l’éprouver pleinement.


La dame de Shalott n'en revenait pas, Son Frère avait perdu l'esprit, il pensait être un personnage qu'il avait lui-même inventé durant sa jeunesse. Qu'est-ce qui avait bien pu se passer ? Le pire, ce fut quand il lui parla de la créature du lac et des sentinelles de la berge, il n'y avait rien de tout cela sur l'île deShalott, son frère aurait-il en plus des hallucinations ? C'était vraiment inquiétant, Elaine venait de retrouver son frère, disparu depuis bien longtemps, et pourtant, ce n'était pas lui. La sensation de perte s'intensifiait au fur et à mesure de la discussion, elle ne reconnaissait même pas la lueur de son regard.

Quand il eut enfin regainé son épée, la tension de son corps retomba, au moins il ne la blesserait pas. Il était tellement imprévisible qu'elle ne savait pas comment réagir, ni même lui dire. Préférant retourner auprès de son miroir, emplacement où elle se sentait en sécurité, elle l'observa avec minutie. C'était bien son frère, mais avec un esprit torturé pour ne pas dire Malade. Pourrait-elle le soigner avec ses pouvoirs ? Enfin surtout pourrait-elle le soigner sans qu'il essaie de la tuer, en la prenant pour la méchante sorcière ? Comment savoir sa réaction ? Après réflexion, elle décida de gagner sa confiance et donc de jouer dans son jeu. Comme, elle l'avait fait pour lui faire baisser l'épée. Elaine lui demanda des renseignements sur sa dulcinée et surtout depuis quand il la recherchait.

"Voilà quatre années que je n'ai plus vu le doux visage de ma Dulcinée."

Il avait baissé les yeux, cela se voyait qu'il était attristé de ne pas la retrouver. Elaine se demanda s'il s'agissait de Laudine, la femme qu'Yvain avait aimée et abandonnée. Est-ce que tout venait de ce jour de tournois qu'il avait quitté sans dire un mot ? La dame deShalott se souvenait de la dernière fois qu'elle l'avait vu, fier sur son destrier, gagnant sa joute. Elle lui en avait beaucoup voulu de l'avoir laissée, mais à présent, elle se demandait si sa disparition ne venait pas du mal qui le frappait. Le chevalier lui lança un regard et elle eut l'impression d'y reconnaitre Yvain durant quelques instants. Ce n'était peut-être pas trop tard pour le ramener à elle.

"Un sorcier maléfique l'a kidnappé alors que je défendais les couleurs de ma promise dans un tournoi et depuis ce gredin ne cesse de m'envoyer ces viles séides pour me ralentir. Votre tour était si bien gardée, que j'ai cru avoir enfin trouver l'antre diabolique de ce lâche."

Ouvrant grand les yeux, son hypothèse semblait juste, il avait surement dû perdre l'esprit durant le tournoi. D'après ses souvenirs, il ne s'était pas pris de coup, alors comment expliquer ce fait ? Et surtout pendant quatre ans, comment avait-il pu ne pas trouver la trace de Laudine ? Était-il à ce point un mauvais chevalier en étant Don Quichotte ?

"Mais je retrouverais ma Dulcinée, foi de chevalier. Même si cette quête doit me prendre mille ans ! Vous non plus, vous ne devez pas perdre espoir."

Lui offrant un sourire sincère, Elaine cherchait un moyen de pouvoir l'atteindre, puis d'un coup, une idée lui vint, elle espérait réellement que ça marche, il serait bien capable de la tuer dans sa folie si cela venait à échouer.

- Je ne perdrais pas espoir, j'attendrais que mon chevalier vienne me délivrer et je serai enfin libre.

Elle n'y croyait pas du tout, mais elle espérait qu'il ne le remarquerait pas. Se levant de sa chaise, elle attrapa un collier qui lui avait offert. S'avançant vers lui tout doucement. Elle ouvrit la main face à lui et voulait qu'il voit le talisman, peut-être celui-ci pourrait l'éclairer. Mais, il ne semblait pas y avoir de changement.

- J'aimerais vous en faire cadeau pour m'avoir rendu l'espoir et d'avoir débarrassé ma tour des créatures et sentinelles.

Elle attrapa sa main et lui glissa le bijou dans sa main, puis sans lui la lâcher, elle commença à chanter la chanson de leur mère, celle-ci ne faisait que fredonner, mais Elaine connaissait les paroles. Elle pouvait sentir le pouvoir la quitter, mais ne savait pas si cela allait véritablement marcher. Terrifiée de voir que son frère ne reviendrait jamais, elle ferma les yeux et quand elle arrêta de chanter, une larme s'écoula sur sa joue.





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MessageSujet: Re: Peut-on guérir un corps dont le coeur est malade ?   Sam 27 Déc - 9:52

 


Peut-on guérir un corps dont le coeur est malade ?



Yvain et Elaine



On ne guérit d’une souffrance qu’à condition de l’éprouver pleinement.


Parler de sa Dulcinée lui procurait toujours de la peine. Cette quête lui semblait interminable et de plus en plus sans espoir à mesure que le temps filait. Quatre ans. Voilà quatre années qui cherchaient à délivrer la dame de ces pensées, sans s'autoriser ne serait-ce qu'une heure de répit. Ces années avaient été remplies d'aventure et pourtant la demeure du félon restait désespérément introuvable. De nombreuses fois, le chevalier errant avait failli céder au désespoir. Ce qui l'effrayait le plus était l'idée de ne pouvoir se rappeler le visage de sa belle. Il lui semblait que le portrait mental qu'il se faisait de sa Dulcinée s'effaçait de sa mémoire. Au point qu'il aurait du mal à clairement la décrire, en dehors du fait de vanter sa beauté.

Malgré cette peur de l'oubli qui le tenaillait, il n'avait jamais abandonné ! Lorsque son moral menaçait de s'enfoncer trop profondément dans la mélancolie, il songea que c'était certainement le but que le sorcier voulait atteindre, ce qui renforçait sa détermination à triompher. Il espérait transmettre cette volonté à la demoiselle dans la tour, elle qui semblait persuadée que personne ne viendra la sauver. En d'autres circonstances, il se serait proposé pour sauver cette princesse en détresse, mais Don Quichotte croyait fermement qu'un héros était en route. Il ne pouvait en être autrement. Le chevalier avait déjà simplifié la tâche du futur héros en tuant toutes les sentinelles, inutiles d'en faire plus. Sinon, il n'y aurait plus aucune gloire dans ce sauvetage.

Il essayait de se concentrer sur la demoiselle près de son miroir mais cela était très difficile, son attention semblait inévitablement vouloir dériver sur d'autres sujets. Comme si cette discussion semblait trop morne pour son imagination qui semblait vouloir pallier au manque d'activité qu'offrait la situation. Heureusement, la dame prit la parole, ce qui évita à ces pensées de prendre des tournures trop fantaisistes.

- Je ne perdrais pas espoir, j'attendrais que mon chevalier vienne me délivrer et je serai enfin libre.

Don Quichotte eut un sourire radieux devant cette promesse. Au moins, il avait accompli une bonne action, sa venue en ces lieux n'avait donc pas été vaine, même s'il restait déçu de ne pas y avoir retrouvé sa Dulcinée.

Le chevalier fut perplexe devant le collier que la dame lui montra. Aux gestes, il aurait pu juger que l'objet devait être important... ou familier... mais il balaya vite cette dernière idée saugrenue. Comme il était question d'espoir, il y a quelques instants, il exprima à voix haute la seule explication censée qui lui venait à l'esprit :

"Est-ce un présent de votre chevalier ?"

Un gage de la venue future du héros de la demoiselle en détresse, très certainement. Une autre raison pour elle de garder l'espoir. Don Quichotte imaginait déjà la scène, mais fut brutalement ramener à la réalité lorsqu'Elaine parla de lui donner ce bijou.

- J'aimerais vous en faire cadeau pour m'avoir rendu l'espoir et d'avoir débarrassé ma tour des créatures et sentinelles.

Le chevalier voulut protester vivement en sentant le contact du bijou dans sa main. Il ne pouvait prendre un tel trésor, même en récompense de ces prouesses. Que penserait l'élu du coeur de la demoiselle en sachant le bijou en possession d'un étranger ? Pire, que penserait sa Dulcinée en lui voyant porter un objet donné par une autre dame ? Ces protestations moururent dans sa gorge alors que le chant commençait.

En d'autres circonstances, il aurait pu jurer être devenu la victime d'une sirène. Lui qui avait tant de mal à concentré ses pensées se surprit à prêter une attention entière à la mélodie dont les paroles lui devenaient de plus en plus familières jusqu'au point ou, vers la fin, il pouvait affirmer sans erreur qu'il en connaissait la suite. C'était comme enfin voir la fin d'un sentier après avoir parcouru un long voyage dans le brouillard. Don Quichotte retrouvait sa place parmi les histoires et Yvain ouvrit les yeux dans un lieu inconnu.

Il n'avait pas fermé les yeux et pourtant, il avait la curieuse impression qu'il venait de les ouvrir. Il prit une grande respiration, comme s'il venait d'enfin regagner la surface après être rester trop longtemps au fond de la mer. Son esprit restait encore confus. Au point que, si on lui demandait de raconter les derniers événements, il n'était pas certain d'arriver à raconter ce qui c'était passer avant le chant.

Yvain vit sa sœur verser une larme et ces instincts de grand frère prirent le pas sur son esprit encore embrouillé. Il tendit la main pour essuyer doucement la larme qui s'écoulait sur la joue.

"Elaine..." Souffla-t-il d'une voix réconfortante, le genre de voix qui était prête à balayer la moindre source de chagrin.

Il s'interrompit, son regard avait parcouru un élément du décor et n'avait reconnu aucune des salles familières du château de Camelot.

"Où... Où sommes-nous ?" Questionna-t-il sur un ton qui montrait tout le déroutement qui l'envahissait. "Ce n'est pas Camelot."

Fort heureusement, ses yeux ne se baissèrent pas sur sa tenue, sinon une autre avalanche de questions auraient envahit sa bouche. Yvain fit quelques pas en arrière en titubant presque. Malgré ce geste d'éloignement, il ne voulut pas lâcher la main de sa sœur, seul élément familier dans ce décor inconnu. Il présentait tous les symptômes de celui qui venait de se réveiller d'un très (trop) long rêve. Derrière ces pensées confuses, une réalité douloureuse attendait la première occasion traîtresse pour se rappeler à son bon souvenir.





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MessageSujet: Re: Peut-on guérir un corps dont le coeur est malade ?   Sam 3 Jan - 18:17

 


Peut-on guérir un corps dont le coeur est malade ?



Yvain et Elaine



On ne guérit d’une souffrance qu’à condition de l’éprouver pleinement.


Bébé, elle avait reçu un don, ses chants pouvaient soigner tous les maux. Son père n'avait jamais accepté cette offrande et l'avait caché aux yeux de tous, quand Elaine apprit ce qu'elle était capable de faire grâce à Morgane, elle en fit de même. Toute son éducation lui poussait à rejeter sa particularité, qui voudrait l'épouser si elle était bizarre ? Personne, se disait-elle. Un jour, elle fut prête à se révéler au grand jour, par amour de Lancelot, mais ce fut à ce moment, alors qu'elle voulait le soigner par sa voix, qu'elle comprit qu'il s'était servi d'elle lors du tournoi et qu'en fait, lui aimait la Reine Genièvre. Jamais, son coeur s'en était remis et voulant le guérir, elle était partie se réfugier sur l'île de Shalott, sans se douter qu'elle ne pourrait plus la quitter.

Tenant la main de son frère, elle chantait la musique de leur mère, espérant vraiment que cela marche, que pour une fois son don serait utile, c'était son dernier espoir de pouvoir retrouver celui qu'elle avait depuis très longtemps perdu. Il devait bien y avoir une raison que l'esprit farfelu de Don Quichotte le conduise dans sa tour, cela ne pouvait pas n'être qu'un simple hasard. La dame de Shalott avait fermé les yeux, continuant à l'enchanter par sa voix, elle pouvait sentir son pouvoir sentir de son corps, mais ignorait si cela avait réellement un impact sur le chevalier, la jeune femme ne connaissant pas les limites de ses pouvoirs et avait peur que pour son frère, cela soit inefficace. Alors, quand les paroles furent terminées, une larme s'écoula sur sa joue et elle n'eut pas le courage d'ouvrir les yeux pour découvrir qu'elle se trouvait toujours en face de Don Quichotte.

D'un coup, elle sentit la main de son frère essuyer sa larme, un élan d'espoir l'envahit, mais elle avait tellement peur de découvrir que ce n'était qu'un leurre. Elle crispa davantage ses yeux pour les garder fermer, souhaitant sans cesse qu'on lui rende son frère. Après tout ce qu'elle avait vécu, pouvait-elle pas simplement avoir un souhait exaucé ? Une petite part de joie dans sa vie maudite.

"Elaine..."

Il avait prononcé son nom, ses yeux s'ouvrirent de surprise et plusieurs larmes vinrent rejoindre la première. Il était là, elle avait réussi à ramener son frère du néant. Elle n'arrivait pas à un croire, était-ce réel ? Où entendait-elle ce qu'elle avait envie d'entendre ? Se souvenait-il réellement qu'elle était sa soeur ?

"Où... Où sommes-nous ? Ce n'est pas Camelot."

Il semblait totalement perdu, c'était si déchirant de le voir ainsi, si désorienter. Il lui tenait toujours sa main, mais fit quelques pas en arrière, Elaine avait réellement peur qu'il tombe ou alors sombre de nouveau dans la folie. Elle se rapprocha de lui cherchant son regard du sien, il fallait qu'il voit que tout allait bien, même si ce n'était pas forcément le cas.

- C'est la tour de L'île de Shalott.

C'était si étrange de le retrouver, il lui avait tellement manqué, depuis la mort de leur mère, il avait été son roc, après son départ, elle avait essayé de combler le vide, mais n'en avait jamais trouvé le moyen. D'un coup, elle lâcha sa main pour le prendre dans ses bras, une sorte d'étreinte qu'elle n'avait pas eue depuis bien longtemps. Ce n'était pas digne de son rang de saisir les gens ainsi, mais elle s'en fichait, revoir son frère lui redonnait un souffle de vie.

- Oh Yvain, tu m'as tellement manqué.

Elle savoura cet instant quelques minutes, avant de relâcher la pression et s'éloigner légèrement. Elle ignorait s'il se souvenait de ses années où il était Don Quichotte, si ce n'était pas le cas, elle pensa que cela devait lui faire bizarre, la dernière fois qu'il l'avait vu, elle n'avait que douze ans à présent, elle ressemblait à une jeune femme.

- De quoi te rappelles-tu ?





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MessageSujet: Re: Peut-on guérir un corps dont le coeur est malade ?   Ven 9 Jan - 10:55

 


Peut-on guérir un corps dont le coeur est malade ?



Yvain et Elaine



On ne guérit d’une souffrance qu’à condition de l’éprouver pleinement.


Au début, il n'y avait qu'un chant mélodieux. Hypnotisant par sa beauté. Ensuite, la mélodie prit des tournures plus familières à mesure que les secondes s'égrainaient. Jusqu'au moment où, il pouvait en deviner la suite... Et enfin reconnaître le chant tout comme la personne qui l'interprétait.

Don Quichotte était parti, ne laissant qu'un Yvain déboussoler. Il aurait aimé dire qu'il regrettait l'assurance naïve du chevalier errant, mais, de ce passage de sa vie, il n'en conservait que des sensations confuses.

La larme coulant sur la joue de sa sœur l'obligeait à mettre de côté ses impressions. Il ne savait pas pourquoi elle pleurait. Tout ce qu'il savait est qu'il devait arrêter le chemin de cette larme, c'est ce qu'il fit en l'essuyant d'un geste tendre. Puis il prononça son prénom.

L'impression que quelque chose n'allait pas se confirma à ce moment-là. Le prénom de sa sœur, un nom qu'il avait prononcé des centaines de fois, au minimum ! Pourtant... Pourtant... En cet instant, il lui semblait que sa voix fut plus rugueuse en le faisant, éraillée, comme s'il avait manqué de pratique, comme si çà faisait une éternité qu'il ne l'avait plus prononcée. Ridicule, il avait vu sa sœur avant d'aller participer au tournoi. Ce n'était qu'une question d'heure... Peut-être, un jour, tout au plus. Pas d'avantage, en tout cas.

Alors qu'il essayait de s'en convaincre, de nombreux éléments le firent douter. Sa sœur qui continuait de pleurer.

"Pourquoi pleures-tu ?" Demanda-t-il d'une voix remplie de confusion.

Puis d'autres indices s'imposèrent à lui. Il fit l'erreur de s'attarder sur le décor et ne reconnut rien. Ce n'était pas Camelot. Ce qui souleva beaucoup trop de questions. Où étaient-ils ? Comment étaient-ils arrivés ici ? La terrible réalité n'avait pas encore fait surface dans son esprit encore embrouillé. Tel un rêveur ayant subit un long sommeil, Yvain avait du mal à rassembler ses pensées et a déterminer les derniers éléments vécut avant de dormir.

Confus était un faible mot pour décrire son état. Il ne pouvait que se cramponner à la main d'Elaine comme un noyé à un morceau de bois flottant dans la tempête. Pourtant, il fit un pas en arrière, chancelant. Peut-être espérait-il voir des éléments familiers dans cette pièce en reculant un peu. Mais recul ou non, ce n'était toujours pas Camelot.

- C'est la tour de L'île de Shalott.

"L'ile de Shalott." Répéta-t-il.

Il voyait bien que sa sœur essayait de le rassurer. Mais si le 'où' avait trouver une réponse, il restait le pourquoi et le comment. Inconsciemment, il se protégeait du passé en se concentrant sur le présent et évitait ainsi de penser à l'avenir. Elaine le prit dans ses bras, ce qui le surprit tout en coupant court ses réflexions. Ce n'était une accolade destiner à faire disparaître un chagrin, mais plutôt celle célébrant des retrouvailles, ce qui augmenta sa confusion bien qu'il ne fît aucun geste pour couper court à cet échange. Peut-être que ce geste était indigne d'une dame, mais Yvain n'était pas du genre à faire des remarques sur le protocole quand il s'agissait de sa famille.

- Oh Yvain, tu m'as tellement manqué.

"Manqué ?" S'étonna-t-il avec un sourire maladroit sur la figure, comme quelqu'un qui savait qu'il devait sourire à une plaisanterie même s'il n'en comprenait pas le sens. "Qu'est-ce que tu racontes, Elaine, on..."

Il interrompit sa phrase. La douloureuse réalité le frappe alors qu'il regardait Elaine s'écarta et qu'il put la regarder avec plus d'attention. Ce n'était plus la jeune fille qu'il connaissait. Sa sœur avait tout d'une lady. Il ne l'avait pas remarqué avant, car Elaine restera toujours sa sœur avant d'être une dame. En plus, il s'était focalisé sur son chagrin.

Une question brûla ses lèvres. Une question qu'il ne put exprimer à voix haute, redoutant la réponse qu'il recevrait. Elaine combla le silence.

- De quoi te rappelles-tu ?

Le chevalier fronça les sourcils dans un effort intense de réflexion. Il passa une main sur sa tempe comme si çà pouvait l'aider alors qu'il essayait d'enfuir profondément la constatation qui venait de s'imposer à lui.

"Je me souviens..." Commença-t-il avec hésitation.

Des événements essayaient de raviver sa mémoire, mais cela lui semblait confus et irréel. Des combats fantasques qui devaient tenir de la rêverie et non de la réalité.

"Je me souviens... Du tournoi." Continua-t-il toujours d'une voix aussi hésitante. "Ensuite... Ensuite..."

Tandis qu'il essayait de rassembler ses pensées, Yvain avait l'impression qu'une petite voix lui soufflait : Non, non, ne te souviens pas. Oublie ce qui s'est passé après. Yvain interrompit ses réflexions, s'il n'était pas prêt à essayer de reconstituer les derniers événements, maintenant, il l'était pour poser la question qui l'avait tiraillé quand sa sœur l'avait pris ses bras.

"Combien de temps s'est-il écoulé ?" Demanda-t-il avec une pointe de chagrin qui anticipait déjà la réponse. "J'ai l'impression qu'il n'y a que quelques heures qui me séparent de la dernière fois où je t'ai vu. Pourtant, ce n'est pas le cas, n'est-ce pas ?"

Il ne savait pas ce qu'il espérait comme réponse : un mensonge pour le rassurer ou bien la vérité aussi triste soit-elle. En cet instant, il n'était plus certain de rien.






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MessageSujet: Re: Peut-on guérir un corps dont le coeur est malade ?   Ven 23 Jan - 12:05

 


Peut-on guérir un corps dont le coeur est malade ?



Yvain et Elaine



On ne guérit d’une souffrance qu’à condition de l’éprouver pleinement.



Retrouver un frère qu'elle avait pensé perdu à jamais, lui ravivait une flamme qu'elle avait longtemps pensé éteinte, celle de l'éclat de la vie. Elle qui n'avait été qu'une pâle image d'elle, qu'une sorte de fantôme, avoir réussi à ramener l'esprit de son frère lui fit comprendre que son don pouvait être utile, et même si celui-ci l'avait mené à sa perte, il y avait des bons côtés. La jeune dame n'avait pas eu le courage de répondre à sa question, puis de toute façon, pas sûr qu'il existe des mots pour exprimer ce qu'elle ressentait, non ses larmes suffisaient. Vivant à travers son miroir et avec son éducation, elle avait appris à ne pas dire ce qu'elle pensait réellement, car tel était la plus d'une dame bien élevée.

Son frère semblait si désorienter, elle voulait l'aider davantage, mais n'en connaissait pas le moyen. D'abord, elle mentionna la tour de l'île de Shalott, lieu où ils se trouvaient. Mais celui-ci ne semblait pas reconnaitre cet endroit, c'était vrai qu'avant son arrivée à elle, cette tour avait été laissée à l'abandon. Elle avait planté des lys tout autour, des fleurs qu'elle n'avait même pu voir pousser et tout l'intérieur était recouvert de ses tapisseries qui contaient les aventures des habitants de la forêt enchantée. Oubliant le protocole et la bonne tenue d'une dame, elle prit son frère dans ses bras, il lui avait tellement manqué, elle avait l'impression de pouvoir respirer à nouveau, de ne plus être une personne maudite, d'être simplement Elaine d'Astolat.

Quand le Chevalier s'écarta en se demandant réellement ce qui se passait, elle put lire dans ses yeux sa stupeur. Oui, en la voyant, il avait remarqué que des années étaient passées, elle ne ressemblait plus à une enfant. Il n'avait pas été près d'elle durant ces longues années, des années autant solitaires que dans sa tour, la solitude et le secret avaient toujours été ses meilleurs amis, comme-ci elle avait toujours été destinée à cette vie. Finalement, elle lui demande de ce qu'il se souvenait, elle se devait de savoir pour mieux l'aiguiller.

"Je me souviens..."

Il avait passé une main sur sa tempe, c'était facile de comprendre à tel point il était déboussolé. Elaine ne le quittait pas du regard, comme pour lui donner toute sa force pour qu'il ait le courage de se souvenir.

"Je me souviens... Du tournoi. Ensuite... Ensuite..."

Le tournoi ?! Elaine n'en revenait pas, son dernier souvenir était donc ce jour fatidique où il était sorti de sa vie, il ne l'avait jamais abandonnée, simplement oublier. Qu'est-ce qui avait pu le pousser dans cet état ? La dame de Shalott s'interrogeait, mais n'osait pas le tourmenter davantage, en tout cas pas pour le moment.

"Combien de temps s'est-il écoulé ? J'ai l'impression qu'il n'y a que quelques heures qui me séparent de la dernière fois où je t'ai vu. Pourtant, ce n'est pas le cas, n'est-ce pas ?"

Elaine lui prit sa main et l'emmena avec elle pour s'installer sur son lit, un lit parfaitement fait, vu qu'elle ne dormait jamais dedans. Son air était plus grave, elle ne voulait pas le tourmenter plus qu'il l'était, mais c'était son rôle de soeur de lui dire la vérité, il se devait de sortir de ce brouillard et revenir le chevalier qu'il avait été.

- Le jour du tournoi, tu es parti sans un revoir...c'est la première fois que je te revois en quatre ans.

Elle repensait à cette journée où tout semblait aller bien, Yvain rayonnait dans son armure et elle était fière de lui, puis d'un coup, son père lui apprit que celui-ci était parti, elle avait attendu son retour, mais jamais il ne revint et son frère devint un sujet à éviter, leur père avait tout fait pour éviter le déshonneur, enfin, c'était lui qui le disait. L'enfant qu'elle était, c'était senti abandonner au fur à mesure que les mois, c'était écoulé et elle avait fini par lui en vouloir, mais à présent, la vérité l'avait éclairé et elle se devait de faire de même pour Yvain.

- Père ne voulait plus qu'on mentionne ton nom, il te voit comme un lâche, mais je sais que ce n'est pas vrai, ce n'est pas de ta faute.

Elle lui fit un sourire rassurant, il n'ignorait pas le caractère difficile de leur père, il fallait se plier en quatre pour lui convenir et surtout coller à l'image de la famille d'Astolat, malheureusement Yvain et elle, représentait une honte pour lui, préférant mentir ou ignorer le sujet que de faire face à la vérité.

- Te souviens-tu de la raison de ton départ ?





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MessageSujet: Re: Peut-on guérir un corps dont le coeur est malade ?   Jeu 5 Fév - 20:12

 


Peut-on guérir un corps dont le coeur est malade ?



Yvain et Elaine



On ne guérit d’une souffrance qu’à condition de l’éprouver pleinement.


La guérison n'apporta aucune délivrance. Venait-il de quitter un rêve pour entrer en plein cauchemar ? Il en avait l'impression. Ce qui touchait au rêve était flou, mais ne reconnaissait rien de ce qui l'entourait. Le chevalier ne pouvait s'accrocher qu'à la présence de sa sœur, seul élément familier des lieux. En dehors de cela, il avait l'impression de se retrouver entre le marteau et l'enclume. Incapable de faire marche arrière et terrifier de ce qui pouvait l'attendre dans les méandres de sa mémoire confuse s'il décidait d'avancer.

L'île de Shalott. Pouvoir mettre un nom à ce lien inconnu n'interrompait pas le flot de ses questions. La plus importante était certainement : mais que faisons-nous là ? Cependant, son trouble l'empêchait d'insister sur cette interrogation. Il ne souvenait pas d'être entré ici. Ce dont il se souvenait avant la chanson ne devait être qu'un rêve. Certainement. Toute cette histoire de... combat dans le vide et contre des fleurs ou d'autres objets inanimés ne pouvait pas s'être réellement passé.

Plus il faisait attention aux détails en quête de réponse et plus il était troublé. En s'écartant de la présence rassurante d'Elaine, il constata qu'elle n'était plus comme dans ces souvenirs. À croire qu'elle avait grandi en quelques minutes. Sa certitude de ne l'avoir quitté que quelques instants s'effrita encore d'avantage. Et, pendant qu'il se demandait ce qu'il s'était passé, une petite voix lui soufflait de ne pas essayer de se rappeler. Que l'ignorance serait plus douce que la vérité. Et, pourquoi pas, de retourner dans le rêve... Çà serait tellement mieux que de se souvenir.

Yvain essaya d'ignorer cette idée pour se concentrer sur le dernier souvenir fiable qu'il possédait. Le tournoi. Oui, le tournoi devait être réel. Mais ensuite ? À partir de quel moment la vie d'Yvain avait disparue pour laisser place à celle de Don Quichotte ? Le chevalier sentit son cœur se penser comme s'il se tenait prêt à être brisé de nouveau. De nouveau ? Pourquoi avait penser à ces deux mots ?

Comme s'il cherchait à fuir cette question, il en exprima une autre. A présent, il ne pouvait plus ignorer que plus de temps qu'il ne l'imaginait s'était écoulé. On ne change pas autant en quelques heures. Elaine prit sa main pour le conduire vers le lit. Le comportement d'usage quand une grave nouvelle est sur le point d'être annoncée. Après son cœur, ce fut au tour de sa gorge de se serrer.

- Le jour du tournoi, tu es parti sans un revoir...c'est la première fois que je te revois en quatre ans.

"Quatre ans ?"
Répéta-t-il sur un ton entre la surprise et l'horreur.

Yvain pouvait remercier le ciel d'être déjà assis en apprenant ce détail puisque le monde semblait s'écrouler sous ses pieds. Quatre années depuis le tournoi ? Il n'était pas au bout de ses surprises puisqu'Elaine continua.

- Père ne voulait plus qu'on mentionne ton nom, il te voit comme un lâche, mais je sais que ce n'est pas vrai, ce n'est pas de ta faute.

"Il a peut-être raison." Commenta-t-il d'un air sombre alors qu'Yvain se faisait lentement et douloureusement à l'idée qu'il avait abandonné tout le monde pendant quatre années.

Leur père n'avait jamais été un homme facile à contenté, au point qu'à partir d'un certain moment, Yvain avait décidé de suivre son cœur plutôt que de chercher à obtenir l'approbation de son géniteur. Pourtant, dans ce cas précis, et ce, malgré le sourire rassurant de sa sœur, il ne pouvait pas donner entièrement tord aux paroles de leur père. Lâche, était-ce le mot qui allait le résumer à présent. Alors qu'il faisait mentalement la liste des personnes qu'il avait laissées derrière lui en disparaissant aussi soudainement, un nom s'imposa bien vite dans la mémoire du chevalier. La question d'Elaine ne fit que renforcer ce souvenir.

- Te souviens-tu de la raison de ton départ ?

C'était vraiment difficile de se rappeler cet instant précis, comme si une part de lui ne voulait pas se souvenir. À mesure qu'il se forçait à se remémorer ce qui s'était passé, Yvain pouvait sentir son cœur se briser une nouvelle fois.

"Laudine." Réussit-il à dire en essayant de masquer au maximum sa peine.

Yvain avait beau dire qu'il avait choisi de suivre son cœur, on ne pouvait balayer l'éducation stricte qu'ils avaient reçu. Un homme doit être fort, un homme ne doit pas pleurer. Dire que cela était dur serait un euphémisme. Seulement, cette fois, il refusait de se réfugier de nouveau dans la folie et le chagrin. Il avait déjà perdu tellement de temps à cause de sa douleur.

"J'ai tout gâché." Expliqua-t-il autant que la douleur le lui permettait. Il se passa la main sur la figure. "Mais quel sombre idiot ! Incapable de tenir une promesse ! Et maintenant... Et maintenant, quatre années se sont écoulées. Qu'est devenue ma Laudine pendant ce temps ?"

Elle devait le haïr à présent, c'était certain. En parlant du devenir des personnes qu'il avait abandonné durant ces années d'errance, il se tourna vers Elaine.

"Et toi ? Que sait-il passer ?" Il détourna le regard pour inspecter de nouveau le décor. "Pourquoi sommes-nous ici ?"

Enfin, il pouvait poser la question qui le tiraillait depuis qu'il avait retrouvé la raison. Certes, maintenant, il savait que quatre ans étaient passés depuis le tournoi, mais cela n'expliquait pas pourquoi ils se trouvaient dans ce lieu inconnu.






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MessageSujet: Re: Peut-on guérir un corps dont le coeur est malade ?   Mer 18 Fév - 15:28

 


Peut-on guérir un corps dont le coeur est malade ?



Yvain et Elaine



On ne guérit d’une souffrance qu’à condition de l’éprouver pleinement.



Il y avait plusieurs façons d'être emprisonné, soit par corps soit par l'esprit, C'était le corps d'Elaine qui était bloquée dans cette tour et L'esprit d'Yvain qui avait été piégée par Don Quichotte. Le frère et la soeur pouvaient se comprendre, ils avaient vécus et vivaient encore le même drame. Jamais, leur père ne pourrait les excuser, car pour lui, ses enfants ont fait honte à son nom, celui qui devait représenter fierté et grandeur et non un nom qui représente un amour familial. Tout n'est que facette, rien n'existe, le beau sourire d'Elaine représente souvent sa plus grande tristesse, du moins ici, elle est libre d'être elle-même. Une lumière de liberté dans sa prison dorée, ornée de Lys.

La dame de Shalott avait soigné son frère et voulait à présent connaître la vérité sur son départ précipité. Cela était rassurant de savoir qu'il ne l'avait pas abandonné, surement que lui se serait battu pour elle, peut-être ne se serait-elle pas retrouvé maudite s'il était resté à Camelot ? Elaine avait besoin de savoir ce qui l'avait poussé à fuir. Installée auprès de lui sur son lit, elle se voulait rassurante, ne souhaitant pas le brusquer, il parlerait quand il serait prêt.

"Laudine."

La jeune dame remarqua à quel point il voulait cacher sa peine. Une preuve de plus que l'amour et le nom d'Astolat n'allaient pas ensemble, son frère avait le coeur brisé tout comme elle. Elle se souvenait du jour où elle avait rencontré Laudine, elle n'était alors qu'une enfant et avait adoré sa belle-soeur, mais sachant à présent qu'elle était responsable de ses malheurs la fit regretter ce sentiment. Tout cela de la faute d'une femme.

"J'ai tout gâché. Mais quel sombre idiot ! Incapable de tenir une promesse ! Et maintenant... Et maintenant, quatre années se sont écoulées. Qu'est devenue ma Laudine pendant ce temps ?"

Elaine ne pouvait pas tout comprendre, elle se souvenait que Laudine recherchait son mari, ignorant même que celui-ci s'était trouvé à Camelot durant un an. Mais elle avait toujours appris qu'une femme devait savoir rester à sa place et attendre le retour de son époux, sans se poser des questions. Les missions du roi devaient passer en premier, était-ce à cause de cette divergence de point de vue que son frère avait perdu l'esprit ?

- Elle est venue au château de Camelot, il y a deux ans, je l'ai rencontré, mais ne l'ai jamais revu.

Ne voulant surtout pas alerter son frère, il n'avait pas besoin de savoir toute l'histoire, que dire de toute façon . Leur père avait coupé court au rendez-vous au jardin, il estimait que Laudine prenait trop de liberté avec le protocole et avait interdit à sa fille de la revoir, ce qu'elle avait fait. Il était de son rôle d'obéir à son tuteur.

"Et toi ? Que sait-il passer ? Pourquoi sommes-nous ici ?"

Son regard devint plus triste, comment lui raconter son histoire sans l'attrister ? Elle se leva et se dirigea vers sa première tapisserie, celle-ci représentait Lancelot, l'homme qu'elle aimait et qui lui avait brisé le coeur. Lui tournant le dos, elle annonça :

- Je suis maudite.

Doucement, elle posa la main sur sa tapisserie, comme pour se souvenir de ce moment de sa vie où elle avait éprouvé de sentiments très forts pour le chevalier. Elle était si naïve à cette époque et surement qu'elle l'était encore. Aspirant un grand coup, elle continua :

- Je ne peux quitter la tour, si j'ose regarder le monde extérieur de mes yeux, je mourrais. Je suis piégé ici, liée à mon miroir qui me montre ce que je veux voir, j'observe les habitants de la forêt enchantée et représente leurs actions avec mes tapisseries.

Elle fit enfin face à son frère, gardant en elle ses démons intérieurs. Il fallait qu'il sache qui était responsable de tout ça, si son père n'avait pas raconté toutes ses histoires à son sujet, surement qu'elle serait moins seule sur l'île de Shalott.

- Nous sommes les deux enfants reniés par Père, il a raconté à Camelot que j'étais mariée et heureuse, dans un royaume lointain et pour que tout le monde évite cette ile et découvre la vérité, que la dame de Shalott est une puissante sorcière maléfique. Lui attrapant les mains, comme pour lui donner de la force. Tu dois prouver ta valeur, montrer que tu es un grand chevalier et revenir glorieux à Camelot, ainsi père ne pourra rien dire et obliger de t'accueillir.






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MessageSujet: Re: Peut-on guérir un corps dont le coeur est malade ?   Jeu 26 Fév - 8:14

 


Peut-on guérir un corps dont le coeur est malade ?



Yvain et Elaine



On ne guérit d’une souffrance qu’à condition de l’éprouver pleinement.


Regrettait-il l'insouciance de Don Quichotte ? Oui et non. La folie l'avait protégé, d'une certaine manière, de la douleur, mais en échange, le prix a payé avait été trop lourd. Tant d'années perdues ! Sans parler de l'honneur des chevaliers de la table ronde qu'il avait salis avec ces actions saugrenues. Non, même si son cœur menaçait de se briser à nouveau lorsqu'il pensait à Laudine, Yvain était bien décidé à regarder la réalité en face. Le temps où il se réfugiait dans un rêve était terminé.

Laudine. Il avait toutes les peines du monde à cacher son chagrin devant sa sœur. Pourtant, même à l'abri des regards, son éducation restait plus forte que la douleur. Quatre années. Qu'était devenue l'élue de son cœur alors qu'il parcourait les royaumes après un quête chimérique ? Tout çà parce qu'il avait été incapable de tenir une promesse ! Le chevalier n'avait personne sur qui rejeter la faute et ne désirait pas le faire. Il était le seul responsable.

Yvain n'avait pu s'empêcher de formuler ces inquiétudes à voix haute.

- Elle est venue au château de Camelot, il y a deux ans, je l'ai rencontré, mais ne l'ai jamais revu.

Mille questions lui traversèrent instantanément l'esprit alors qu'il se redressait sur le lit. Laudine était venu au château ? Pourquoi ? Venait-elle le chercher ? S'inquiétait-elle de ne pas le revoir ? Ou, au contraire, était-elle furieuse ? Est-ce l'amour ou seulement le désir de récupérer la bague qui l'avait faire venir à Camelot ? Mais il tut dans l'œuf ces interrogations, car le chevalier redoutait plus que tout d'entendre la confirmation de sa pire crainte : sa femme devait le détester après une si longue absence. Il ne pouvait en être autrement.

Cependant, il n'était pas certain d'être capable de contenir éternellement les questions qui lui tiraillaient l'esprit, alors, Yvain décida d'orienter la conversation sur un tout autre sujet. Que faisaient-ils dans cet endroit dont le nom ne lui évoquait rien ?

En posant cette question, le chevalier ne savait pas à quelle explication il devait s'attendre. Une chose était certaine : s'il avait su que cela tinterait le regard de sa sœur de tristesse, il se serait abstenu de la pauser. Il regarda Elaine se lever pour se diriger vers une tapisserie qui représentait Lancelot. L'inquiétude typique du grand frère protecteur l'envahissait, lui faisant temporairement oublier la douleur de ces propres tourments.

- Je suis maudite.

Yvain ouvrit grand la bouche comme un poisson hors de l'eau, choqué par cette révélation. Sa sœur ? Maudite ? Comment ? Était-ce indirectement sa faute ? Aurait-il pu y changer quelque chose s'il avait été là ? Pour le savoir, il devait garder le silence et laisser Elaine poursuivre.

- Je ne peux quitter la tour, si j'ose regarder le monde extérieur de mes yeux, je mourrais. Je suis piégé ici, liée à mon miroir qui me montre ce que je veux voir, j'observe les habitants de la forêt enchantée et représente leurs actions avec mes tapisseries.

Le chevalier inspecta la pièce avec un regard neuf grâce à la lumière apportée par ces révélations. Cette bâtisse était donc une cage dorée ? Son regard brûla du désir de détruire cette prison, pierre par pierre s'il le fallait, mais il savait que cela lui était impossible.

- Nous sommes les deux enfants reniés par Père, il a raconté à Camelot que j'étais mariée et heureuse, dans un royaume lointain et pour que tout le monde évite cette ile et découvre la vérité, que la dame de Shalott est une puissante sorcière maléfique.

Yvain acquiesça avec lenteur tandis qu'il assimilait ces derniers éléments qui le mettait en rage contre leur père. Il cherchait désespérément une solution, mais n'en trouvait aucune. Sa sœur lui prit alors les mains avant de déclarer :

- Tu dois prouver ta valeur, montrer que tu es un grand chevalier et revenir glorieux à Camelot, ainsi père ne pourra rien dire et obliger de t'accueillir.

Une idée jaillit alors de ces souvenirs confus. Il se souvenait d'avoir croisé la route de son cousin pendant ces quatre années d'errances et quelques brides de ces paroles lui revinrent en mémoire.

"Le Graal." Murmura-t-il avec une lueur dans les yeux et un sourire songeur.

Le chevalier se leva prestement, comme s'il venait d'être piqué par un insecte.

"Le Graal !" Répéta-t-il avec plus de conviction. Il reporta son attention vers sa sœur qui devait être surprise de cette soudaine saute d'humeur. "Je vais le trouver ! Et je le ramènerais ici."

Il renforça sa prise sur les mains de sa sœur et se pencha pour les embrasser dans un geste affectueux. Demander à Elaine de se servir du don octroyer par la malédiction afin d'obtenir des indices ne lui vint pas à un seul instant à l'esprit. Puisque cela serait de la triche. C'était à lui de retrouver la trace du Graal. Il ne pouvait pas demander de l'aide.

"Il te guérira. Il peut tout guérir !" Assura-t-il avec conviction.

A présent, il débordait d'une énergie nouvelle. L'avenir se remplissait à nouveau d'un espoir, d'une quête accessible. Cela serait difficile mais pas impossible. Il pouvait encore tout arranger ! N'y avait-il pas de plus noble but que la recherche de cet objet enchanté ? Il pourra vaincre la malédiction de sa sœur et surtout...

"Ensuite, nous rentrerons ensemble à Camelot. Père ne pourra plus rien dire." Conclut-il. Un sourire malicieux était apparu. "Il n'osera pas." Imaginer la tête que ferait leur père si jamais ses enfants 'indignes' ramenait l'objet légendaire était assez plaisant.

Et Laudine lui pardonnera tout ! Forcément ! Il reviendrait en héros et sa sœur ne serait plus maudite. Avec une pointe de regret, Yvain desserra doucement sa prise sur les mains d'Elaine. Il espérait ne pas lui avait fait mal à cause de son enthousiasme. Heureusement qu'il ne portait plus son armure !

"Je reviendrais avec le Graal, je le jure." Promit-il avec une conviction qu'aucune parole ne pouvait ébranler.

Sur cette promesse, il se dirigea vers la porte. Mais, avant d'en franchir le seuil, il se tourna une dernière fois vers sa chère sœur.

"Tu verras, Elaine, tout va s'arranger."

Oui, il allait tout arranger, il en faisait le serment en cet instant précis.





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Peut-on guérir un corps dont le coeur est malade ?

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