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L'histoire se déroule en Octobre 2013.

« Tant qu'il y a assez de place pour stocker les guimauves, tout va bien. »
par Valentine Bellamy dans You gave up the fight, you left me behind


Charming ೨ Henry ೨ Ruby ೨ August

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 La liberté consiste à choisir entre l'égoïsme et la conscience

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MessageSujet: La liberté consiste à choisir entre l'égoïsme et la conscience   Jeu 11 Sep - 15:07





La liberté consiste à choisir entre deux esclavages : l'égoïsme et la conscience.

Edward Hyde trouvait la Forêt Enchanté merveilleuse. Des guerres partout. De l'argent facilement gagner du moment qu'on trouvait le bon filon à exploiter. De l'alcool à foison. La seule fausse note est que, malheureusement, aussi barbare que lui semblait ce monde, le meurtre était toujours un crime. La solution d'Edward était simple : ramener ce cher Jekyll afin de continuer leur petit tour comme au bon vieux temps.

Un plan plus complexe que prévu puisque c'était la personnalité nommée Jekyll qui avait les connaissances scientifiques nécessaires. Ce petit malin avait brûlé toutes ces recherches avant de disparaître. Tsss, ce n'était pas très fair-play. Tout çà parce que le docteur était un mauvais perdant qui ne supportait pas que la seconde personnalité qu'il avait créée soit devenue la personnalité dominante.

Qu'à cela ne tienne, Edward Hyde n'avait pas dit son dernier mot. Il y avait forcément des ingrédients intéressants dans ce monde où les créatures magiques pullulaient. Cerise sur le gâteau : il était payé pour çà. Il n'y avait rien de mieux que d'être payé pour une chose qu'on comptait faire de toute façon. Dans ce cas précis, ce monde regorgeait de nobles qui désiraient obtenir quelques trophées de dangereuses ou exotiques créatures sur les murs de leurs châteaux tout en ne voulant pas prendre le risque de se faire tuer en les chassant. C'est là qu'il intervenait dans l'équation. Tout le monde était gagnant dans cette histoire. Eux obtenaient une tête pas trop amochée d'un animal étrange et lui empochait une jolie somme tout en ayant prélevé les bouts du monstre qu'il pensait utile pour ses recherches. Au pire, il les revendait.

Sur le papier, cela semblait être un joli plan on ne peut plus simple. Sauf que cela faisait plusieurs années (des dizaines d'années, même) qu'il avait commencé cette nouvelle vie en tant que John Clayton et pas le moindre résultat en vue...

Avec de la chance, la chasse du jour sera différente. Cette fois, ce n'était pour ramener sa proie à un quelconque noble. Cette fois, il s'agissait d'une chasse personnelle. Tant pis si cela signifiait bosser gratuitement, l'aubaine était trop belle pour que Clayton lui tourne le dos.

Un criquet parlant qui se prétendait être une conscience. Lorsque le chasseur en avait entendu parler, il avait d'abord cru que son interlocuteur avait un peu trop forcé sur l'alcool. Pourtant, ce Jiminy existait bel et bien. Mettre la main dessus s’avérait être un sacré défi. Clayton n'avait jamais traqué un gibier aussi petit. Les créatures de cette taille n'avaient jamais présenté un quelconque intérêt à ses yeux même s'il avait eu déjà quelques commanditaires qui aurait rêver d'avoir une petite fée en guise de lampe de chevet.

Clayton posa ses bagages au royaume de Blanche-Neige en attendant ce qu'on appelait communément la fenêtre d'ouverture propice pour sa capture. Il essayer d'établir les habitudes de sa proie (le terme essayer venait de la difficulté de traquer quelque chose d'aussi petit) et en trouva une potentiellement intéressante. Ce Jiminy semblait faire souvent des aller-retour entre le château et une certaine maison. Voilà sa chance !

Cette information et le parcours habituel du criquet confirmer. Le chasseur quitta sa phase d'observation pour passer à la pratique. Préparer la plus petite cage qu'il avait jamais dû construire. S'assurer que les minces barreaux ne laissaient pas assez d'espace pour que l'insecte se faufile. Pas de porte pour une aussi petite cage. Clayton avait prévu une séparation au bas de la prison miniature. De sorte qu'il n'avait qu'à refermer les deux parties de la cage sur sa proie pour l'y enfermer.

La subtilité ou la discrétion n'avait jamais été les points forts de John Clayton. Comme il avait l'habitude d'affronter du plus gros gibier, le chasseur avait toujours employé la stratégie de 'foncer dans le tas et que le meilleur survive'. Devoir suivre le criquet sans se faire repérer lui faisait grincer des dents.

Il avait décidé d'agir en pleine journée où ses déplacements pourront facilement passer inaperçu dans la foule venue pour le marché. Clayton perdit deux ou trois fois le criquet de vue avant de le revoir voler quelques mètres plus loin.

Finalement, sa cible obliqua à un croisement et le chasseur estima tenir là une bonne occasion. Clayton prit le risque d'accéléré le pas tout en refermant sa prise sur la petite cage. À l'embranchement, il referma violemment le minuscule piège sur le criquet.

"Je te tiens l'insecte !" Jubila-t-il en inspectant l'intérieur de la prison miniature. "J'espère pour toi que tu es le criquet que je cherche."



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MessageSujet: Re: La liberté consiste à choisir entre l'égoïsme et la conscience   Ven 12 Sep - 11:20





La liberté consiste à choisir entre deux esclavages : l'égoïsme et la conscience.

Après avoir parcouru le monde pour aider les gens, ces derniers mois, j’avais besoin de me poser un peu et de passer du temps avec ma famille, Geppetto et Pinocchio. Ça me faisait du bien d’être de nouveau chez moi, au royaume de Blanche-neige, ma chère amie. Notre maison était à une vingtaine de minutes seulement du château aussi, j’allais tous les jours au château afin d’apporter comme je le pouvais mes conseils. J’avais la chance de faire partie de la table ronde de Blanche-neige et Charmant et de pouvoir donner mon avis sur ce qui se passait dans le royaume. Je pouvais aussi rapporter des nouvelles de ce que j’avais vu dans les autres royaumes. C’était en partie pour ça que j’aimais ce « métier » de conscience. Je voyageais beaucoup et cela me faisait rencontrer beaucoup de personnes différentes avec des buts et des intentions aussi divers que variés.

Cependant il m’arrivait d’avoir la nostalgie de mon royaume d’origine celui de ma bien-aimée reine. Sans parler de Geppetto qui avait peur qu’il m’arrive quelque chose. Il disait que parce que j’allais voir des personnes qui faisaient de mauvaises choses pour les remettre dans le droit chemin, un jour j’allais tomber sur quelqu’un que je ne pourrais raisonner et qui m’écraserai sans doute comme...un criquet. Mais bon pour l’instant je n’avais à mon actif que quelques échecs sur de nombreux cas et je devais avouer en être plutôt fier.

Ce jour-ci lors de mon trajet pour aller au château, je voletais au-dessus du marché, c’était agréable dès le matin de voir des gens se parler et partager, certes il y avait quelques disputes par-ci par là, mais rien n’était parfait. Je passais la matinée avec mes souverains à parler de la situation actuelle du royaume. Lorsqu’arriva le déjeuner, je décidais de rentrer chez moi. Cette fois, je volais au niveau des rues, évitant les quelques femmes qui avaient peur des insectes. Je me sentais étrangement observé et pourtant, je ne voyais personne. Surement un peu de paranoïa. Je pensais que j’étais fatigué, si seulement j’avais plus été sur mes gardes. J’aurais peut-être évité à ce croisement la cage qui se referma sur moi.

La surprise fut sans doute ma première réaction, je ne m’attendais pas du tout à cela. Je regardais autour de moi qui m’avais fait cela et je vis la personne qui tenait la cage. Un homme entre 30 et 40 ans qui ne semblait pas vraiment amical. En tout cas il avait fait du bon travail et je n’avais pas été attrapé au hasard car les barreaux ne me laissaient même pas la place à moi de passer. Il exulta apparemment heureux de sa prise :

"Je te tiens l'insecte ! J'espère pour toi que tu es le criquet que je cherche."

Réfléchissant rapidement à un moyen de m’en sortir, je fus tenté de faire semblant d’être un criquet ordinaire mais mes vêtements et mon porte-bonheur trahissaient mon humanité. Je ne devais pas perdre mon calme, je pouvais essayer pour sortir de faire ce que je faisais le mieux, être une conscience.

« Il y a de fortes chances que ce soit le cas puisque je ne vois pas l’intérêt de capturer un criquet ordinaire à moins que vous ne soyez une sorcière, ce dont je doute. »


Je devais la jouer très finement car cette homme était bien loin d’être stupide et je n’aurais pas deux tentatives de me sortir de ce pétrin. Après tout, tout homme pouvait trouver sa rédemption et c’était mon travail d’aider à atteindre ce but.

« Je m’appelle Jiminy Cricket et vous êtes ? Qui sait, j’ai peut-être entendu parler de vous par réputation. »

Je devais rester calme, faire abstractions des barreaux. Ce n’était qu’une simple conversation et je n’étais pas enfermé. Je ne laissais rien paraître de mon inquiétude, je restais neutre, avec peut-être un léger sourire amical afin de mettre en confiance le chasseur. Après tout, il devait avoir du bon en lui et c’était cette partie que je devais faire ressortir si je voulais m’en sortir. Surtout que je n’avais aucune idée de ce que l’inconnu voulait faire avec moi. Je voyais difficilement demander une rançon pour un criquet, j’ai beau être conseiller, je suis remplaçable dans le conseil. Cependant le roi et la reine sont des amis proches, mon ravisseur savait-il cela ou bien avait-il besoin de moi pour aider quelqu’un ? La deuxième solution était plus dans mes cordes et celle que je préférais.




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MessageSujet: Re: La liberté consiste à choisir entre l'égoïsme et la conscience   Mer 17 Sep - 10:55





La liberté consiste à choisir entre deux esclavages : l'égoïsme et la conscience.

Il y avait deux risques évidents lorsqu'on chassait une si petite proie. La première était de sous-estimer la rapidité de sa cible. Pour éviter ce genre de désagrément, l'élément de surprise était essentiel. Et, en parlant de surprise, le deuxième pépin dans une telle chasse était de capturer la mauvaise proie.

Le chasseur put constater en inspectant le contenu de sa cage que ce n'était pas le cas. Même son doute initial d'avoir capturer le bon criquet disparu très vite en détaillant du regard l'insecte. Etait-ce vraiment des vêtements version taille minus qu'il voyait sur son prisonnier ? Bah, peu importe. La satisfaction d'avoir réussi disparue bien vite pour se teinter d'une légère touche de déception. Clayton chassait les bêtes curieuses pour le frisson d'un combat risqué. La coquette somme d'argent qu'il recevait en échange était également un plus non-négligeable dans ses motivations. La chasse du jour ne lui avait procuré ni l'un ni l'autre.

Alors qu'il ruminait cette pensée, la conscience sur patte prit la parole.

« Il y a de fortes chances que ce soit le cas puisque je ne vois pas l'intérêt de capturer un criquet ordinaire à moins que vous ne soyez une sorcière, ce dont je doute. »

"Mais c'est qu'il a de l'humour, mon prisonnier." Commenta-t-il avec un sourire ironique.

Il tourna un peu la cage entre ses mains. Le chasseur devait admettre que, pour un insecte, son captif était assez courageux. Lui qui s'attendait à voir le criquet tourner en rond dans sa petite cage. Non seulement le captif savait conserver son calme, mais son nouveau statut de prisonnier ne lui faisait pas perdre l'usage de sa langue comme la suite le prouva rapidement.

« Je m'appelle Jiminy Cricket et vous êtes ? Qui sait, j'ai peut-être entendu parler de vous par réputation. »

"Tout dépend le nom que je te donne." Répondit-il tout d'abord de façon mystérieuse.

Voilà des dizaines d'années qu'il n'avait plus utilisé le nom d'Edward Hyde. Le chasseur se demandait si ce nom avait conservé toute sa réputation meurtrière de l'époque. Il était tentant de le réutiliser le temps d'une conversation pour s'en assurer, mais se contenta de dire celui qu'il avait choisi de porter depuis que le nom de Hyde était devenu le synonyme d'un meurtrier que la justice recherchait un peu trop activement.

"John Clayton." Se présenta-t-il finalement.

Ce nom n'était pas exempt de réputation. Tous les nobles qui voulaient mettre la main sur un bon gibier savaient qui il était, mais est-ce que cette réputation particulière était parvenue jusqu'aux oreilles de ce Jiminy ? En attendant, il regarda avec plus d'attention son captif. Si l'insecte se demandait ce que le chasseur lui voulût, Clayton allait éclairer bien vite à ce mystère.

"Hum... Je me demande quelle partie de toi, je vais arracher en premier. Les ailes ? Les pattes ? La tête ? Ou peut-être devrais-je essayer d'extirper ce qui te sert de langue ?" Commenta-t-il à voix haute comme s'il parlait tout seul. Il se frotta un instant son menton mal rasé dans un instant d’intense réflexion. "Çà demande réflexion... Quelque chose me dit que je n'aurais pas le droit à un deuxième essai. Un avis sur la question, le criquet ?"

Même si le chasseur prenait çà à la plaisanterie, il n'en demeurait pas moins sérieux concernant la situation et ce qu'il comptait faire à Jiminy. Quel meilleur ingrédient qu'une conscience pour essayer de ramener ce lâche de Jekyll ? Comme il était novice dans le domaine des potions malgré des années de tentatives, il devait être prudent pour ne pas rater cette chance.

"Finalement, tu n'étais peut-être pas si loin de la vérité lorsque tu parlais de sorcière." Conclut-il avec un humour noir et un sourire mauvais.

Sur cette parole, il était curieux de voir la réaction de Jiminy. La prétendue conscience allait-elle toujours rester aussi calme ou tenter d'appeler à l'aide ? À moins que l'insecte n'ait un plan en tête. Clayton n'était pas contre un peu de piment dans une capture qui avait été trop facile à son goût.




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MessageSujet: Re: La liberté consiste à choisir entre l'égoïsme et la conscience   Lun 22 Sep - 9:52





La liberté consiste à choisir entre deux esclavages : l'égoïsme et la conscience.

Dans mes pensées, je ne m'attendais pas à ce qu'une cage se referme sur moi. Bien que surpris et un peu tendu, j'essayais de me concentrer sur les détails importants comme, qui était mon ravisseur ? Et pourquoi moi ? L'homme qui m'avait attrapé avait clairement prémédité cela puisque les barreaux de la cage étaient assez serrés pour que je ne puisse pas passer au travers alors que me voulait-il ? Je n'avais vraiment pas de chance, j'étais tombé soit sur un collectionneur d'insectes, ce qui signifiait que j'allais vite me retrouver épingler sur un mur, soit le chasseur me voulait pour un autre motif qui m'était inconnu: argent...expériences. De toute manière aucune des deux possibilités ne me convenait. Sortant de mes macabres pensées, j'écoutais attentivement mon ravisseur. Il se demandait s'il avait eu le bon criquet. Etant donné que j'étais à ma connaissance, le seul criquet spécial, je me doutais qu'il ne s'était pas trompé. Je pensais un moment à jouer un criquet banal cependant mes habits révélaient ma vraie nature. Tant pis, je devais jouer l'autre carte dans ma main, celle de la conscience avec un peu de chance, j'allais réussir à le raisonner.

J'essayais d'utiliser un peu d'ironie afin de détendre l'atmosphère et créer une proximité avec le chasseur. Ce n'était qu'un début mais s'il me voyait comme une personne sympathique plutôt qu'un prisonnier alors j'aurais presque gagné. La réplique de l'inconnu ne se fit pas attendre:

"Mais c'est qu'il a de l'humour, mon prisonnier."


Bon, un bon point pour moi, il ne s'attendait pas à cela de la part d'un criquet même si j'étais toujours « son prisonnier », je l'avais intrigué. Il tourna ma prison dans tous les sens, m'observa sous toutes mes coutures. Je gardais mon calme, me concentrant sur mon geôlier plutôt que sur ma geôle. Certes, je n'étais pas rassuré d'être enfermé mais si je paniquais, je n'aurais plus aucune chance de sortir alors je devais rester calme et concentré, ne pas montrer mes failles à l'adversaire. Mon interlocuteur étant loin d'être stupide, je devais être très prudent. Tout d'abord, je devais nouer des liens, faire connaissance, aussi je me présentais et demandais son identité à mon interlocuteur, comme si c'était une conversation normale. Cachant cette recherche d'informations sous l'excuse de peut-être le connaître de nom. Il me répondit rapidement que sa réputation n'était pas la même selon le nom qu'il donnait. Intéressant, mystérieux mais intéressant. Cela me donnait déjà un indice, il avait plusieurs noms, simple caprice ou bien nécessité de fugitif ? Je penchais plutôt pour le deuxième puisque mon ravisseur, ne semblait pas être tout blanc, encore plus si on ajoutait à mon impression, le fait qu'il venait de me faire prisonnier.

Le chasseur laissa un temps, surement pour réfléchir à quel nom il allait me donner. Je ne pus m'empêcher de me demander si je connaissais son vrai nom de réputation. Après quelques secondes de réflexion, j'appris que mon geôlier n'était nul autre que John Clayton. En effet, je connaissais ce nom, c'était un chasseur très réputé pour ne rater que très rarement sa cible, autant dire une valeur sûre pour tous ceux qui voulaient se procurer différents gibiers, légalement ou non. De façon illogique cette réponse souleva d'autres questions. Je n'étais pas vraiment le gibier dont Clayton devait avoir l'habitude. J'étais déjà extrêmement petit comparé aux monstres que la chasseur avait, d'après les rumeurs, déjà abattu. Et puis qui voudrait le payer pour m'avoir capturer moi. Je n'avais rien de spécial. Mon ravisseur répondit plus ou moins à ma question, il souhaitait m'arracher des membres. D'autant plus que je ne savais toujours pas pourquoi. Le malaise que je ressentais grandit en moi, je ne voulais pas tester cet était inconfortable. Je n'en montrais rien, gardant ce visage neutre et calme qui m'empêchait de paniquer. Il semblait se parler à lui-même, mais il était pourtant clair que ces mots m'étaient adressés. Il souhaitait surement me faire peur, tout en m'expliquant les raisons de ma capture. Il continua:

"Ça demande réflexion... Quelque chose me dit que je n'aurais pas le droit à un deuxième essai. Un avis sur la question, le criquet ?"

Je ne pouvais pas lui donner tort sur ce point. Cependant, je n'étais pas d'accord pour tout ce qui était écartèlement, étrangement. Je repensais au ton de Clayton, malgré un humour noir et sadique, je le sentais parfaitement sincère dans ses propos, il n'hésiterait pas un seconde à me faire subir ce qu'il venait de dire. Contenant la peur qui s'emparait petit à petit de moi, je réfléchis à ce que je pouvais répondre au chasseur. Après tout, il m'avait demandé mon avis, il allait l'avoir:

« Ne sachant pas pour quelle raison, vous souhaitez me démembrer, je ne saurais vous conseiller quelle partie choisir. Cependant puisque vous requérez mon avis, j'aurais une certaine préférence pour rester en entier. »


Toujours sur le ton de l'humour, j'avais et placé une demander afin de savoir ce qu'il allait faire de moi et laisser entendre que je tenais à ma vie. J'essayais de jouer sur la subtilité et la franchise car mon adversaire était intelligent et n'allait certainement pas accepté de ma libérer simplement lui demandant directement. D'une certaine façon il répondit à ma demande:

"Finalement, tu n'étais peut-être pas si loin de la vérité lorsque tu parlais de sorcière."

Assemblant les pièces du puzzle dans mon esprit: le fait de me couper en morceaux, pourquoi une conscience et pas un criquet banal. Le chasseur voulait un ingrédient pour une potion. En effet en parlant de sorcière, j'étais près du but. Cependant, je ne pus m'empêcher de me demander si Clayton était un sorcier. C'était possible et cela expliquait pourquoi mon ravisseur était chasseur, afin de récolter des ingrédients. Mais je ne l'imaginais pas faire de la magie sinon, il l'aurait utilisé sur moi, plutôt que de construire une cage. Je pensais ensuite que c'était peut-être pour un client mais dans ce cas pourquoi parlait-il de me démembrer lui-même. Je n'arrivais pas à savoir pourquoi il voulait faire une potion. Je réfléchis un peu avant de dire:

« On peut dire qu'un chasseur de votre trempe qui pratique l'art des potions, ce n'est pas courant. Vous avez appris avec un sorcier ou par vous-même ? »


Tout en continuant la conversation, mon cerveau tournait à fond afin de trouver un moyen de me sortir de là. Lui parler permettait d'en savoir plus, sur lui afin de le comprendre et peut-être de l'aider et si cela ne marchait pas, j'aurais gagner du temps afin de m'enfuir. Cela me gênait de manipuler le chasseur de cette façon mais c'était un cas exceptionnel, une question de vie ou de mort.




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MessageSujet: Re: La liberté consiste à choisir entre l'égoïsme et la conscience   Sam 4 Oct - 20:19





La liberté consiste à choisir entre deux esclavages : l'égoïsme et la conscience.


Clayton avait réussi du premier coup. Il aurait pu en être fier, après tout, c'était la première fois qu'il capturait une proie aussi petite. Sauf que le chasseur ne pouvait s'empêcher d'être déçu. Question d'orgueil ou à cause du manque de challenge. Il fallait dire que c'était la première fois qu'il chassait pour son propre compte. D'ordinaire, quand il visait un animal magique ou un monstre quelconque susceptible de l'intéresser pour ces essais de potions, il s'arrangeait pour se faire engager par un noble du coin. Pourquoi faire un travail gratuitement alors qu'il suffisait de trouver le bon commanditaire pour faire ce qui était prévu tout en se faisant payer ?

Hélas, il ne pouvait pas appliquer cette méthode avec le criquet. Clayton sentait qu'il ne trouverait personne d'intéresser par un trophée si petit. Les nobles pour qui il travaillait d'ordinaire était plutôt partisan du gibier imposant et rare. Un criquet qui parle, c'était rare mais pas très imposant. Faire un boulot gratuitement, la personne qui lui aurait annoncé qu'il aurait fait çà un jour se serait ramasser un bon coup de poing ! Et pourtant, le chasseur n'avait pas le choix. Il fallait être stupide pour rater une occasion pareille. Quoi de mieux qu'une conscience comme ingrédient pour ramener ce niais de Jekyll ? Il tenait enfin une bonne piste.

Maintenant, il avait accompli la partie la plus 'simple' du travail : la capture. Clayton tourna un peu la cage, histoire de s'assurer de ne pas s'être trompé d'insecte. Les vêtements étaient un bon indice mais le peu de doute qu'il eût disparu lorsque ce Jiminy prit la parole. Et en plus, son captif avait assez de matières grises pour se permettre de formuler un trait d'humour. De mieux en mieux !

Lorsque l'heure des présentations arriva, Clayton marqua un temps de réflexion. Il faisait partie des rares personnes de ce monde qui avait le luxe de pouvoir choisir entre deux noms différents. Trois, si on comptait celui du docteur, mais celui-là n'avait jamais vraiment été le sien. Le chasseur était soudain curieux de savoir s'il restait quelque chose de la sordide réputation d'Edward Hyde. Finalement, il renonça à l'idée pour se présenter en tant que John Clayton, un nom qui avait un autre genre de réputation. De toute façon, les crimes de l'ancien Mister Hyde remontaient à une dizaine d'années (Surement plus... il n'avait jamais tenu le compte des dates), il ignorait combien de temps vivait un criquet magique, mais il était peu probable pour le chasseur que la conscience sur patte ait entendu parler d'une réputation meurtrière qui commençait à dater.

"Oh, même les insectes me connaissent, je suis flatté." Commenta-t-il en observant la réaction de son prisonnier. "Faut dire que tu fréquentes des gens de la haute société donc çà ne devrait pas m'étonner."

Par cette remarque anodine, Clayton révélait qu'il suivait l'insecte depuis un certain temps. Assez pour savoir ces habitudes. Le chasseur ne voyait pas pourquoi il cacherait ce détail, surtout qu'il avait réussi son coup.

D'ailleurs, en parlant de réussite, qu'allait-il faire de sa proie maintenant ? La question méritait d'être posée puisque Clayton avait le sentiment qu'il n'avait pas le droit à l'erreur. Il devait bien admettre que même après ces années, il restait un novice en matière de potions. Jekyll avait toujours été la tête pensante des deux personnalités et ce petit malin avait brûler toutes ses notes concernant ces recherches avant de disparaître.

Il exposa ces premières idées à voix haute, allant même jusqu'à conclure en demandant son avis à la future victime. C'était dans sa nature d'être ainsi.

« Ne sachant pas pour quelle raison, vous souhaitez me démembrer, je ne saurais vous conseiller quelle partie choisir. Cependant puisque vous requérez mon avis, j'aurais une certaine préférence pour rester en entier. »

Clayton devait admettre que l'insecte savait garder son sang-froid, un bon point pour lui.

"Tu as raison. Alors on va papoter tous les deux, le temps que je me décide." Commenta-t-il en ignorant délibérément la remarque de Jiminy signalant qu'il préférait rester en un seul morceau.

De toute façon, son captif ne pouvait pas s'échapper, alors autant prendre son temps pour ne pas rater son coup. Ensuite, il ne put s'empêcher de faire une remarque ironique concernant les sorcières.

Le chasseur laissa son prisonnier cogiter un peu. Il trouvait ce spectacle plutôt amusant. Clayton aimait avoir l'avantage dans une situation et n'hésitait pas à en profiter. Que pouvait faire un criquet contre lui ? Lui qui avait vaincu des monstres bien plus dangereux ?

« On peut dire qu'un chasseur de votre trempe qui pratique l'art des potions, ce n'est pas courant. Vous avez appris avec un sorcier ou par vous-même ? »

"Je débute, alors j'espère que tu seras indulgent avec moi si je dois te couper en morceaux." Répondit-il, toujours avec son sourire. Puis il trouva une réponse bien plus appropriée. "Non, disons plutôt, que j'ai toujours eu ce talent en moi." Son sourire grandit d'un cran. "Oui, c'est çà." Conclut-il avec un léger rire.

Techniquement, lui et Jekyll n'avaient été qu'une seule personne donc il était proche de la vérité en affirmant ces deux phrases pourtant contradictoires. Son regard se détourna enfin de la cage pour inspecter la ruelle. Le chasseur ne se voyait pas rester planter là indéfiniment. Maintenant qu'il avait réussi, il devait se pencher sur ces notes pour éviter un nouvel échec. La question était : où ? Sa mine songeuse refit place à son sourire lorsqu'il eut une idée.

"Tu sais quoi ?" Demanda-t-il en regardant de nouveau son prisonnier. "Je vais te montrer que je suis un homme d'honneur en t'accordant un dernier verre." Il posa une main sur le cœur pour accentuer de manière ironique le terme 'homme d'honneur' qui lui correspondait très peu. Son air aimable disparu le temps de formuler une menace : "Et n'essaye pas d'appeler à l'aide ou je t'écrase." Il pointa un doigt accusateur vers Jiminy. "N'oublie pas que je n'ai peut-être pas besoin de toi vivant. Alors, si tu veux vivre plus longtemps, soit sage, d'accord ?"

Cette mise en garde effectué, Clayton accrocha la cage à sa ceinture et se mit en marche vers la taverne la plus proche.



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MessageSujet: Re: La liberté consiste à choisir entre l'égoïsme et la conscience   Lun 6 Oct - 9:51





La liberté consiste à choisir entre deux esclavages : l'égoïsme et la conscience.

Lorsque le chasseur me donna son nom, je compris un pue mieux ce qu'il se passait car, je connaissais bel et bien mon geôlier de nom: John Clayton, surement le chasseur le plus connu du royaume enchanté. On pouvait dire que je ne n'avais pas été attrapé par n'importe qui mais je ne comprenais pas pourquoi il m'avait choisi comme proie. Je n'avais rien de particulier, enfin je n'étais pas très imposant, pas très compliqué à combattre, il n'en tirait donc aucune gloire. Ma seule particularité était que je parlais et pour les rares qui le savaient que j'avais été humain auparavant.  Mais même en sachant cela, je n'étais pas dans les proies habituelles de Clayton. A ma réaction, le chasseur répondit qu'il était flatté que j'ai entendu parlé de lui, tant mieux si j'arrivais à gonfler son go, cela était peut-être pour moi, un moyen de m'enfuir. Je ne partais pas tout de suite, sur cette hypothèse prenant le temps de mieux le connaître afin de définir la faiblesse qui me donnerait une occasion de m'échapper. Pour l'instant je penchais pour une trop grande confiance en soi mais cela ne faisait que quelques minutes que je l'avais rencontré.

Mon interlocuteur continua en exposant le fait que je côtoyais des personnes haut placées, le roi et la reine, rien que ça. Je ne savais pas s'il en avait simplement entendu parler ou bien s'il m'avait suivi. Je penchais pour la seconde option, il était plus du genre à analyser ses cibles qu'à croire à une rumeur. Je me demandais combien de temps il m'avait suivi. Je m'inquiétais soudain de la sécurité des personnes que j'aimais, même si en théorie il n'y avait pas de raison que Clayton s'en prenne à eux.  Je me demandais d'ailleurs ce qu'il voulait faire de moi. Il me répondit plus ou moins en se demandant à haute voix quelle partie de mon corps il allait arracher en premier.

Je retiens un mouvement de recul devant ce futur peu réjouissant. Je devais rester calme et ne pas montrer ma peur au chasseur, c'était important. Presque enjoué, ce dernier me demanda même mon avis, bien qu'un peu surpris, je vis là une occasion de montrer à mon adversaire que ses menaces ne me faisaient pas peur bien que je tenais plutôt à la vie. J'ai sans doute été assez subtile car je réussi à mener le chasseur exactement là ou je voulais. Je lui avais donné envie de parler un peu, reportant ainsi mon éventuel décès. Bon ce n'était que le temps qu'il prenne sa décision mais c'était déjà bien et chaque seconde de gagnée était précieuse. Mon ravisseur ne releva pas ma remarque sur mon envie de rester entier mais je ne pouvais pas tout avoir et pour l'instant, j'arrivais à gagner du temps.

Puis après quelques secondes, Clayton lâcha une remarque étrange sur les sorcières. Je n'étais loin du but, qu'est-ce que ça voulait dire ? Qu'il était un sorcier ? Qu'il avait été engagé par l'un d'entre eux ? Le premier qui me vint en tête fut évidemment Rumpelstiltskin mais je ne voyais ce que lui non plus pouvait faire de moi. Et puis si Clayton n'était vraiment qu'un intermédiaire pourquoi choisir de me lui-même me démembrer ? J'en déduis qu'il pratiquait l'art des potions lui-même bien que je ne comprenais pas pourquoi aussi, je lui posais la question, tout en essayant de garder un peu de subtilité.

Sa réponse fut des plus mystérieuses car s'il m'affirma en premier lieu que sa pratique des potions était récente et même nouvelle, il admit peu à près, avec un sourire grandissant que ce talent avait toujours sommeillé en lui. Les engrenages de mon esprit tournait à toute vitesse pour essayer de comprendre ce que le chasseur voulait dire. La réponse la plus logique était qu'il venait de découvrir récemment cette activité mais qu'il avait déjà un talent certain pour cela. Cependant cela paraissait trop simple et j'étais en effet bien loin de la vérité.

Lorsque Clayton détourna le regard pour inspecter le rue, j'en profitais pour observer plus attentivement la cage et en particulier le mécanisme d'ouverture. Après tout, j'avais vécu avec un menuisier pendant plus de 40 ans et il devait me rester quelques notions dans ma mémoire. Mon regard se reporta vite sur le chasseur avant qu'il ne retourne vers moi . Ainsi il ne pu pas se rendre compte que je pensais à m'évader. Son air réfléchi laissa place au sourire sadique auquel je commençais à m'habituer:

"Tu sais quoi ? Je vais te montrer que je suis un homme d'honneur en t'accordant un dernier verre."

La main sur le cœur et l'air amical sur le visage du chasseur ne me convinrent absolument de sa formulation d' « homme d'honneur ». Il était clairement ironique et ce faux masque se brisa d'ailleurs lorsqu'il continua sur un ton qui me fit passer des frissons dans le dos:

"Et n'essaye pas d'appeler à l'aide ou je t'écrase. N'oublie pas que je n'ai peut-être pas besoin de toi vivant. Alors, si tu veux vivre plus longtemps, soit sage, d'accord ?"

« J'avais bien compris »

Sa voix menaçante et son doigt pointé vers moi, réussirent sans peine à m'effrayer cependant je n'en montrais rien, essayant de réguler ma respiration, les battements de mon cœur. Heureusement pour moi, ma voix ne trahissait pas ma frayeur. Je ne devais pas avoir peur de lui. Je devais le voir comme quelqu'un que je devais aider. Je réussis à m'auto-persuader, mais les mots du chasseur ne quittèrent pas mon esprit, je devais être extrêmement prudent. Malgré le fait que s'il m'écrasait, « l'ingrédient » ne serait pas en très bon état, le message était là et il était très bien passé. Lorsque Clayton fut certain que j'avais compris, il accrocha la cage à sa ceinture ce qui ne manqua pas de me remuer...littéralement. Je devais me concentrer pour ne pas tomber, ma prison étant secouée au rythme des pas de mon ravisseur.

N'y-avait-il donc personne dans cette rue pour voir le criquet prisonnier à la ceinture de cet homme à l'allure menaçante ? Apparemment non et puis qui trouverait étrange qu'un insecte soit prisonnier d'une cage ? Je ne pouvais signaler que je parlais sous peine de me faire tuer par la chasseur. Les gens autour n'étant peut-être pas la solution de ma libération. Je réfléchis un moment et si à la taverne on nous voyait discuter, peut-être que l'on pourrait me venir en aide ? Non, Clayton était surement armé et je ne voulais pas mettre la vie d'innocents en danger. Je ne savais pas comment j'allais m'en sortir, j'étais seul. Il y a des jours comme cela où l'on regrette d'être un criquet.




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MessageSujet: Re: La liberté consiste à choisir entre l'égoïsme et la conscience   Lun 13 Oct - 20:44





La liberté consiste à choisir entre deux esclavages : l'égoïsme et la conscience.


Il était toujours satisfaisait de voir ces préparatifs aboutir, même si Clayton n'était jamais contre une petite difficulté de dernière minute. Çà mettait du piquant à la chasse. Pour cette chasse en particulier, la satisfaction se teinta d'une pointe de déception. Mais... a quoi s'attendait-il ? Dès le départ, le chasseur savait que ce ne serait pas une des chasses excitantes auxquelles il était habitué. Le seul défi était celui de la taille, car Clayton ne s'était jamais intéresser à la capture d'insecte ou de fée par exemple. Au lieu d'être déçu, il devrait plutôt être heureux que sa cage ne se soit pas refermée sur le mauvais criquet ! Ou encore se réjouir du fait qu'il avait bien calculé l'espace entre les barreaux. Ou encore, il pouvait se concentrer sur sa motivation principale : Cette conscience de poche représentait sa meilleure chance de faire revenir Jekyll.

Raison de plus pour ne pas agir dans la précipitation. S'il ratait cette nouvelle tentative de potion, il n'était pas prêt de remettre la main sur un autre criquet parlant ! D'ailleurs, Clayton ignorait pourquoi cet insecte-là, en particulier, était doué de la parole et s'amusait à jouer les consciences ni pourquoi ce dernier se baladait avec des vêtements humains à sa taille et il s'en moquait. Le chasseur avait déjà vu suffisamment de choses étranges dans la vie (on pouvait même dire qu'il était une de ces choses étranges lorsqu'on connaissait toute son histoire) pour ne pas poser de questions.

D'ordinaire, Clayton n'était pas du genre à parler avec son butin. Il n'avait plus fait cela depuis l'époque lointaine où il s'en prenait encore à des humains. À cette époque, il adorait jouer au chat et la souris avec ces victimes (surtout les féminines). S'il manœuvrait bien sa barque avec sa capture du jour, cette époque bénie allait revenir. Chasser les créatures rares ou enchantées étaient amusant, cependant mettre fin à une vie innocente avait une saveur particulière qu'une créature ne pouvait égaler.

Ses tentatives de potion étaient une sorte de secret honteux qu'il n'abordait avec personne, surtout qu'il n'était pas très bon dans ce domaine. Alors il profita de cette occasion unique d'aborder le sujet avec son futur ingrédient clef, s'amusant à brouiller les pistes pour tester l'intelligence du criquet.

Bien qu'il fût amusant de faire travailler les méninges de son prisonnier, Clayton ne se voyait pas rester planter là toute la journée. Alors il proposa un dernier verre à l'insecte. Il ne savait pas vraiment ce que buvaient les criquets, mais lui n'était pas contre un verre dans la taverne la plus proche. Bien sûr, il ne manqua pas de signaler le sort qui attendait l'insecte si celui-ci tentait d'appeler à l'aide.

« J'avais bien compris »

"Parfait !" Commenta-t-il avant d'accrocher la petite cage à sa ceinture.

Clayton se dirigea vers une rue plus animée et se fraya un chemin parmi la foule jusqu'à l'auberge où il séjournait temporairement. Il avait hésité avec une taverne quelconque, mais ne voulait pas être pris pour un fou s'il conversait avec un insecte en cage.

Il prit une bouteille du meilleur alcool du coin au comptoir, paya puis monta vers sa chambre. Sa première priorité fut de poser la précieuse bouteille d'alcool sur la table et ensuite, il posa la petite cage à côté.

"Voilà permission de parler." Annonça-t-il en faisant glisser une chaise jusqu'à la table pour s'y installer. "Désolé, je n'ai pas de dé à coudre sous la main." Ironisa-t-il en cherchant un verre parmi les bouteilles vides qui jonchait le sol.

Pourtant, il ne se servit pas tout de suite, préférant sortir d'une de ses sacoches le carnet où il mettait par écrit toutes ces tentatives (ou plutôt ses échecs) de potions. Le chasseur parcourut ces notes avec une mine sérieuse qui ne lui allait guère.

"Le temps que je cogite, si tu as un dernier discours émouvant, une pensée à dire pour tes proches ou des dernières volontés... c'est le moment." Déclara-t-il en restant concentrer sur ces notes.



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MessageSujet: Re: La liberté consiste à choisir entre l'égoïsme et la conscience   Mar 14 Oct - 15:06





La liberté consiste à choisir entre deux esclavages : l'égoïsme et la conscience.

Mon geôlier et moi parlions tranquillement du fait qu’il allait littéralement me mettre e pièces comme si c’était une conversation normale. Mais malgré mon air assuré, je n’étais pas très à l’aise, j’avais peu de temps pour me sortir de ce pétrin et je ne savais pas encore comment faire. Le chasseur ne releva pas lorsque je laissais entendre que je préférais rester en un seul morceau, mais j’avais réussi à lancer le sujet du pourquoi il vouait me démembrer. En plus, d’en apprendre plus sur ses motivations, je gagnais du temps pour préparer ma prochaine évasion. L’important étant que je devais garder mon calme sans tenir compte du fait que je risquais si j’échouais de mourir. Je fus content de constater que j’avais réussi à amener Clayton à discuter plus longtemps avec moi.

Lorsque mon ravisseur relança l’hypothèse des sorcières, j’eus un moment de réflexion sur la possibilité que mon geôlier soit un sorcier. Après tout, il avait aussi pu être engagé par l’un d’eux, notamment Rumpelstiltskin avec qui j’avais eu un passé plutôt compliqué et que je préférais oublier. Mais le fait que Clayton comptait me démembrer lui-même balaya l’hypothèse de l’intermédiaire. Non c‘était bel et bien le chasseur qui voulait faire une potion avec comme ingrédient, nul autre que moi. Aussi, un peu curieux, je cherchais à comprendre comment, pourquoi un homme comme lui préférant l’action à toute autre chose, voulait utiliser l’art ancien des potions. Je lui demandais et sa réponse fut aussi mystérieuse qu’instructive. Tout d’abord, il me confirma que c’était lui qui utiliser les potions et pour autant, son explication ne fut pas très clair. Insinuant qu’il débutait mais qu’il avait toujours eu un don pour cela. Je réfléchis rapidement à ce que cela voulait dire mais ne trouvait pas de réponse.

Quand le chasseur détourna le regard pour inspecter la rue, j’en profitais pour détailler le mécanisme d’ouverture de la cage. J’avais passé plus de la moitié de ma vie avec Geppetto, je devais bien avoir quelques restes, quelques souvenirs des mécanismes. Il était menuisier et je l’avais vu des centaines de fois réparer des objets. J’eus une petite idée de quoi faire mais je devais observer plus longtemps la serrure pour pouvoir m’en sortir. Or mon ravisseur se reconcentra sur moi, m’empêchant une observation plus approfondie de la cage qui me retenait. Clayton proposa de m’offrir un dernier verre avant de ma menacer voulant être certain que je n’essayerais pas de m’échapper.

Je lui confirmais que c’était bien clair; il sembla être satisfait de ma réponse. Aussi, il accrocha la cage à sa ceinture avant de quitter la ruelle où nous trouvions. J’étais secoué au rythme des pas de mon ravisseur. Durant le trajet, je réfléchis aux différents moyens de m’en sortir. Je comptais notamment sur l’aide des passants avant de me dire que ce ne serait que les mettre en danger. Il semblait que je devais me débrouiller tout seul, toutes mes capacités cognitives étant mises à contributions. Je devais faire croire au chasseur que tout allait bien tout en réfléchissant au moyen de m’échapper et cela sans que ce dernier s’en rende compte. C’était faisable, difficile mais faisable, je ne devais en plus pas oublier que mon temps était limité, si je mettais trop de temps, j’étais mort.

On entra dans une auberge, je me demandais comment il allait expliquer le fait qu’il donnait à boire à un criquet mais le chasseur avait prévu le coup. Il commanda une bouteille de très bon alcool et bien que touché par cette attention je n’oubliais pas que c’était pour le dernier verre avant ma mort.  Il monta ensuite dans ce qui semblait être sa chambre, c’était bien pensé et je constatais une fois de plus que mon adversaire était bien aussi intelligent que je le pensais que je n’aurais qu’une occasion de m’enfuir et pas deux. Il posa ma cage sur la table, empêchant en mettant l’ouverture en dessous, mon évasion ; puis il me dit :

"Voilà permission de parler. Désolé, je n'ai pas de dé à coudre sous la main."

Il s’installa sur une chaise qu’il mit assez proche de la table. Je souris à sa tentative d’humour, mais je ne pouvais empêcher la peur d’aller grandissante en moi. Heureusement j’arrivais à sauver les apparences mais je ne savais pas encore pour combien de temps. Je remarquais le nombre de bouteilles présents sur le sol, on pouvait dire que mon ravisseur appréciait l’alcool, peut-être que je pouvais en tirer avantage. Je crus qu’il allait nous servir tout de suite mais il sortit simplement un carnet qu’il parcourut. Je profitais de ce moment d’inattention pour mieux regarder le système d’ouverture à mes pieds. Je pouvais l’ouvrir avec mon parapluie, mais je n’aurais qu’une seule chance, si j’échouais, je n’aurais pas de seconde chance. Je m’approchais lentement du bord de la cage opposé au bord de la table. Mon geôlier me dit :

"Le temps que je cogite, si tu as un dernier discours émouvant, une pensée à dire pour tes proches ou des dernières volontés... c'est le moment."

Son regard n’avait pas lâché son carnet, c’était le bon moment. Je respirais profondément, avant de répondre :

« Je veux mes amis sachent que je les aime, que je n’ai jamais abandonné, qu’ils sont tout pour moi…Non laissez tomber, je leur dirai moi-même ! »

Sur ma dernière phrase, je m’étais envolé dans l’espace que m’avait laissé ma cage et j’avais foncé sur le côté de ma prison. Et mon plan réussit, la cage bascula de la table et tomba sur le côté. Mon épaule était douloureuse mais cela n’importait, je devais faire très vite, ej n’avais que quelques secondes. Mon parapluie en main, je mis le manche dans la serrure avant de la forcer. J’eus peur à un moment que cela ne marche pas, mais le temps passé à observer Geppetto travailler n’avait pas été gâché. La cage s’ouvra, je sortis le plus rapidement que je  pouvais, m’envolant. Le chasseur essaya de m’attraper mais j’avais plus années de vol derrière moi et réussi de peu à esquiver ses mains. La fenêtre était heureusement ouverte, je sortis mais m’arrêtait à quelques mètre de l’ouverture. J’étais en sûreté si Clayton voulait m’attraper, il ne réussirait pas, il me suffirait de reculer un peu. La seule chose qu’il réussirait à accomplir serait son suicide.

« Écoutez, je suis prêt à oublier le fait que vous avez essayez de me tuer si vous me laissez-vous aider. Il doit y avoir un autre moyen de créer cette potion qu’en prenant vos ingrédients sur des êtres vivants. Si ça se trouve, vous n’avez peut-être même pas besoin de cela. Je pense que je peux vous aider. Et n’essayez même pas de me capturer à nouveau, vous n’aurez pas deux fois cette chance. »

Mon ton était assuré et déterminé comme à chaque fois que j’étais vraiment décidé à aider quelqu’un. S’il refusait alors tant pis pour lui, j’irais le dénoncer aux souverains et il allait avoir beaucoup plus de mal à me retrouver. Je ne lâchais pas mon interlocuteur du regard, même si je voulais voir dans quel état était mon épaule. Avec un peu de chance, j’allais en sortir avec un bleu, mais elle pouvait très bien être déboîtée ou sur le point de saigner.





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MessageSujet: Re: La liberté consiste à choisir entre l'égoïsme et la conscience   Mar 21 Oct - 19:23





La liberté consiste à choisir entre deux esclavages : l'égoïsme et la conscience.



Clayton avait beaucoup de défauts. Plus de défauts que de qualités, en réalité. À commencer par l'orgueil suivit, dans le cas présent, d'une fâcheuse tendance à sous-estimer sa proie. Maintenant que le criquet était dans sa cage et qu'ils avaient regagné la chambre qu'il louait temporairement à l'auberge, le chasseur pensait l'affaire dans le sac. Il se concentrait donc sur ces notes sans penser à tenir son minuscule prisonnier à l'œil. Que pouvait faire un criquet face à lui ? Lui qui avait combattu des monstres bien plus impressionnant que cet insecte ! Le seul risque qu'il voyait était que la conscience sur patte arrive à l'embobiner, car Clayton avait rarement (voir quasiment jamais) affaire à des proies possédant le don de la parole. Mais il était prêt à écrabouiller l'insecte à la moindre parole suspecte comme il l'en avait averti.

De son point de vue, il n'avait donc aucune raison de se concentrer sur son captif. Surtout qu'il avait un problème bien plus épineux qui requérait toute son attention. C'était bien beau d'avoir capturer Jiminy, mais cela ne l'avançait pas beaucoup dans ces préparatifs. Son carnet était rempli de ces précédents échecs de potion. Aucune n'avait sembler plus prometteuse que les autres essais infructueux. Aucune base sur laquelle s'appuyer pour commencer. Les ingrédients que Clayton pouvait retirer d'un être si petit étaient limiter. Raison de plus pour ne pas pour y réfléchir à deux fois avant d'entamer la découpe... À moins qu'il soit plus efficace de le faire bouillir tout entier dans la future mixture ? S'il n'était pas si imbu de lui-même, il aurait sans doute déjà demander des conseils à des personnes plus qualifiés que lui dans ce domaine. Cependant, le chasseur restait persuadé que son problème ne pouvait être résolu que grâce à la science et non par la magie.

Absorbé dans ses pensées, il ne se servit pas un verre tout de suite malgré le fait qu'il prit la peine de poser un verre sur la table. Au bout d'un court moment, le silence l'agaça et il décida de prendre la parole pour offrir une occasion à son invité forcé de dire un dernier mot.

« Je veux que mes amis sachent que je les aime, que je n'ai jamais abandonné, qu'ils sont tout pour moi...Non laissez tomber, je leur dirai moi-même ! »

Le chasseur eu un sourire suffisant devant le début du discours de l'insecte. Il ne se donna même pas la peine de relever le regard de ces notes. Les derniers discours se ressemblaient tous. Mes amis, ma famille, blablabla... Quels amis pouvaient avoir un criquet ?

Cependant, le sourire s'effaça brusquement à la fin du discours. Il se tourna vers la cage en fronçant les sourcils, mais il était trop tard ! La minuscule prison avait déjà basculé sur la table. D'un geste vif, la main de Clayton s'abattit sur la cage, en vain, son prisonnier était déjà libre. Le chasseur jura en essayant de saisir l'insecte comme quelqu'un cherchait à aplatir un moustique encombrant. Il fut un instant tenter de prendre son arme avant de réaliser que tout l'arsenal qu'il possédait (et qui faisait sa fierté) était taillé pour du plus gros gibier que sa cible actuelle.

Clayton perdait son énergie vainement, la colère ne l'aidait pas vraiment à retrouver son sang-froid. Sa meilleure chance de ramener Jekyll venait de lui filer entre les doigts ? Hors de question ! Jiminy fila vers la fenêtre puis s'arrêta à une distance de sécurité. Le chasseur y vit une provocation, mais n'était pas suffisamment fou de rage pour tenter de faire un vol plané par la fenêtre.

« Écoutez, je suis prêt à oublier le fait que vous avez essayez de me tuer si vous me laissez-vous aider. Il doit y avoir un autre moyen de créer cette potion qu'en prenant vos ingrédients sur des êtres vivants. Si ça se trouve, vous n'avez peut-être même pas besoin de cela. Je pense que je peux vous aider. Et n'essayez même pas de me capturer à nouveau, vous n'aurez pas deux fois cette chance. »

Le discours de la conscience était risible aux yeux du chasseur. Sa proie lui proposer de l'aider ? C'était vraiment une première !

"Tu es aussi agaçant que lui... j'ai l'impression que si je ferme les yeux, c'est sa voix que j'entends." Il prêta à sa voix un ton plus aigu comme s'il cherchait à imiter quelqu'un. "Ne fais pas çà, Edward, tu n'es pas obligé de tuer des gens." Il mit fin à son imitation pour poursuivre en fusillant le criquet du regard accompagné d'un sourire mauvais. "Ah ! J'ai vraiment vu juste en te choisissant." Commenta-t-il en se forçant à se calmer.

Clayton remit des mèches de cheveux rebelles en place. Concentrer sur sa fureur d'être incapable de remettre la main sur sa proie du jour, il ne s'était pas aperçu qu'il avait utilisé son vrai prénom durant sa petite imitation. Après un instant d'hésitation, comme s'il jugeait ses chances d'attraper le criquet ou si çà valait le risque de faire un joli saut dans le vide,

"Des êtres vivants, ah ! Au mieux, vous êtes des excentricités, mais, la plupart du temps, vous êtes jugé comme des abominations." Marmonna-t-il en se dirigeant vers la table pour se remplir un verre. Même énervé, il n'allait pas gaspiller une bonne bouteille et il n'y avait rien de mieux que l'alcool pour lui calmer les nerfs.

Le chasseur aurait adoré ajouter un paragraphe sur le fait qu'on le traitait de héros dans la plupart des villages où il se faisait payer pour ces chasses aux monstres, mais il préféra s'asseoir négligemment sur sa chaise tout en revenant au nœud du problème.

"Tu veux m'aider ?" Répéta-t-il entre amusement et curiosité. "Fort bien... par quoi on commence, conscience ?"




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MessageSujet: Re: La liberté consiste à choisir entre l'égoïsme et la conscience   Mar 4 Nov - 10:09





La liberté consiste à choisir entre deux esclavages : l'égoïsme et la conscience.

J’étais dans la chambre de mon ravisseur, dans une cage. Quelques minutes seulement me séparant d’une mort particulièrement douloureuse. Je devais avouer que j’avais peur, peur de mourir, peur de ne pas réussir, l’un impliquant l’autre. J’avais une ébauche de plan, mais je ne savais pas encore si j’allais réussir. Après tout mon évasion se basait sur des souvenirs que je n’étais même pas sure d’avoir. Heureusement pour moi, le chasseur ne pensait pas utile de me surveiller et je pus mieux juger de la complexité de la serrure me retenant prisonnier. Le mécanisme ne semblait pas si compliqué et Clayton ne regardait pas. Alors que je finissais la mise au point de mon plan d’évasion, mon geôlier me proposa de lui confier mes dernières pensées, mes derniers mots, qui je l’espérais ne seraient pas les derniers. Tout en parlant, je prenais de l’élan et sur ma dernière, je fonçais en volant de toutes mes forces contre le côté de la cage. Comme je l’avais prévu, celle-ci tomba de la table où le chasseur l’avait posée, aussi je mis mon parapluie dans la serrure afin de la forcer.

A l’instant même où je réussis cet exploit, je m’envolais évitant la main de mon ravisseur qui s’était abattue sur ma prison. Ce dernier chercha à m’attraper, enfin plutôt à m’écraser comme si j’étais une simple mouche. Heureusement j’avais de l’expérience derrière moi et je réussis, de justesse, à éviter les assauts de mon agresseur. Profitant du fait que la fenêtre était ouverte, je sortis de l’auberge, mais ne m’enfuis pas totalement. En effet, je restais à une distance raisonnable de l’ouverture. A l’abri d’une quelconque tentative de capture, je pus faire calmement ma proposition au chasseur. La surprise pouvait se lire sur le visage de Clayton, il est vrai que l’on s’imaginait difficilement que je pouvais avoir envie de l’aider alors qu’il avait menacé de me tuer quelques secondes auparavant mais c’était dans ma nature de vouloir aider les gens. Pour moi, il y a toujours un espoir de rédemption. Lorsque mon ex-ravisseur me répondit, sa voix suintait la colère :

"Tu es aussi agaçant que lui... j'ai l'impression que si je ferme les yeux, c'est sa voix que j'entends."

Je me demandais immédiatement qui était ce « lui », cherchant des indices, même minimes dans les propos du chasseur, mais il semblait que j’étais sur une bonne piste. Cela se confirma lorsqu’il imita le fameux « Lui », en disant des mots qui aurait tout à fait pu être les miens. Un détail retint mon attention, il venait de s’appeler lui-même Edward ? Je n’étais pas certain mais je déduis que Clayton était un faux nom puisqu’il m’avait confié qu’il en avait plusieurs. Et sous le coup de la colère, le chasseur aurait très bien pu relâcher son attention et révéler sa véritable identité. Le regard qu’il me lança après cela me fit passer des frissons dans le dos, sans parler de ce sourire malsain, ce rictus qui ne présageait rien de bon. Je vis qu’il essayait de se calmer, mais son ton était toujours acide quand il ajouta qu’il avait bien fait de me choisir.

Je compris presque immédiatement, la potion avait un rapport avec « lui ». Je ne savais pas qui c’était, ni quel était le lien avec une potion requérant comme ingrédient un criquet parlant ou plutôt une conscience, mais le mystère s’éclaircissait. Je reportais mon attention sur mon interlocuteur qui essayait d’apaiser sa colère. Il regarda un instant la fenêtre, semblant hésitant. Je me dis qu’il devait juger de la dangerosité du saut qui permettrait une nouvelle capture, mais j’avais bien prévu mon coup et j’étais en sécurité pour le moment. Résigné, le chasseur se dirigea vers la table afin de se servir un verre tandis qu’il marmonna quelques mots, considérant les créatures comme moi comme des monstres, des abominations. Je ne pus m’empêcher de penser que le monstre ici, ce n’était pas moi.

Il s’installa sur la chaise qu’il occupait précédemment, avant de me demander ce par quoi on allait débuter. Je passais sur le « conscience », qui sonnait presque comme une insulte dans la bouche de mon ancien ravisseur pour me concentrer sur ma tâche. Je devais avoir plus d’éléments et pour cela, j’allais devoir pousser Edward à se confier :

« Bien, commençons par la potion. Quelle est-elle ? Ses effets ? Les ingrédients que vous devez réunir normalement ? »

Je laissais pour l’instant de côté le lien entre la potion et le fameux « lui », je considérais déjà content s’il acceptait de réponse à mes questions sur la potion. Et peut-être que dans ses réponses se trouvait la clé du mystère autour de ce « lui ».

« Je me doute que vous n’êtes pas très enclin à vous confier, mais j’en ai besoin pour vous aider. »






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MessageSujet: Re: La liberté consiste à choisir entre l'égoïsme et la conscience   Jeu 20 Nov - 18:26





La liberté consiste à choisir entre deux esclavages : l'égoïsme et la conscience.


Personne n'était infaillible. Clayton n'était pas aussi invincible qu'il prétendait l'être même s'il se trouvait parmi le haut de panier en ce qui concernait la chasse de créature... exotique. Il avait connu quelques défaites dans sa vie, de celle qui demandait du temps pour que son orgueil s'en remette et un bon coup de poing dans la figure des personnes osant évoquer ces passages de sa carrière. Ce n'était pas pourtant qu'il admettait facilement sa défaite.

La ruse du criquet et son évasion lui restaient clairement au travers de la gorge. Pas au point de tenter un saut suicidaire à travers la fenêtre dans une ultime tentative pour récupérer l'insecte, mais pas loin. Sa meilleure chance depuis des années pour réussir sa potion lui filait entre les doigts ? Il refusait d'y croire. La colère l'empêchait d'avoir les idées claires. Pour lui, l'insecte restait pour le narguer. Chaque mots prononcés par la conscience miniature lui confirmait qu'il avait bien choisi sa cible. On aurait dit un Jekyll de poche.

Le plus rageant dans tout cela, plus encore que de voir sa proie rester sous son nez, mais juste hors de portée, est qu'il ne voyait pas où son plan avait déraillé. Manque d'attention envers son prisonnier ? À la réflexion, il aurait certainement dû confisquer le parapluie de la bestiole, mais comment se douter qu'un objet aussi insignifiant joue un rôle dans une évasion ? Ruminer sa défaite ne l'aidait pas vraiment à se calmer. L'alcool semblait une bonne alternative. Tout en marmonna sur le statut de 'monstre', il balaya le reste de la cage devenu inutile d'un revers de main et se servit un verre.

La frustration fit place à une résignation teinter d'une détermination féroce. S'il pouvait obtenir un indice de cette conversation, la journée ne serait pas perdue. Ne disait-on pas que deux têtes valaient mieux qu'une ? Et si le criquet parlant se montrerait vital pour la potion, il retenterait sa chance. Pas tout de suite, mais un autre jour. L'avenir en décidera. Plus ou moins calmé, Clayton prit place sur la chaise puis demanda à Jiminy comment il comptait s'y prendre pour l'aider et surtout par quoi il allait commencer.

Le chasseur fit la moue devant les questions qui suivirent. Il n'avait jamais aimé admettre son ignorance. S'il échouait dans ce domaine, c'est parce que Jekyll était l'homme de science et non lui. Edward Hyde n'avait prit le temps de s'intéresser aux recherches du docteur, ni aux ingrédients. Il avait toujours considéré ces choses comme immuable. Jusqu'à ce que Jekyll lui joue un sale tour.

La conscience de poche dut prendre son silence pour une hésitation à se confier, ce qui arrangeait bien l'orgueil du chasseur. Il prit le temps de vider la moitié de son verre, histoire de jouer le jeu, avant de répondre.

"D'accord." Céda-t-il. Il donnait l'impression de vouloir faire un aveu à contrecœur alors qu'il cherchait simplement comment répondre sans avouer ces lacunes. "La potion est pour... ramener quelqu'un."

Clayton réalisa assez vite qu'il ne pouvait pas continuer longtemps à ce rythme.

"Je sais ! çà sera plus simple de te raconter toute l'histoire." Conclut-il avec le sourire de celui qui s'apprêtait à raconter une bonne blague. Raconter son passé à un criquet ? Il avait déjà eu des idées plus stupides et, honnêtement, avait-il le choix ? Chasser la conscience équivalait à laisser filer sa chance. "Il était une fois... une personne qui se croyait très intelligente." Il mit toute l'ironie possible en parlant de cette 'personne'. "Qui pensait pouvoir changer le monde. Le rendre meilleur. Il voulait le débarrasser du mal, rien de moins ! Sauf qu'il s'est vite retrouvé débordé par la tâche qu'il s'était fixée et en vint à travailler avec quelqu'un d'autre. Au début, le partenariat allait très bien. Lui s'occupait de la matière grise et l'autre des parties... disons... plus brutal. Monsieur le Saint avait beau prétendre le contraire, çà l'amusait de savoir qu'il pouvait obtenir des vengeances indirectes en claquant des doigts. Au fil du temps, les choses se corsèrent. Et au lieu d'assumer sa part de responsabilité, il s'enfuit comme le lâche qu'il était. Laissant son partenaire assumer seul les conséquences de leurs actes."

C'était une version très personnelle de son histoire. Le mauvais rôle revenait entièrement au docteur Jekyll. Colère et frustration était doucement revenu au fil d'un récit dont il avait édulcoré des parties trop techniques.

"Il doit forcément être quelque part et je vais remettre la main dessus." Marmonna-t-il entre ces dents en remplissant de nouveau son aide.

Si seulement la potion qu'il devait faire était aussi simple que la potion de localisation dont il avait entendu parler. Mais Jekyll ne se cachait pas dans un royaume, si des restes du docteur avait survécu, c'était dans la tête de son double. Clayton ne voulait pas croire que son autre personnalité avait totalement disparu.

Il releva enfin la tête vers le criquet après être resté un moment dans ses pensées.

"Et toi, l'insecte, tu es un donneur de leçons exactement comme lui." Dit-il en pointant du doigt son ex-prisonnier. "Je refuse de croire que tu ne joueras pas un rôle dans mes recherches, d'une manière ou d'une autre."



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MessageSujet: Re: La liberté consiste à choisir entre l'égoïsme et la conscience   Lun 8 Déc - 10:11





La liberté consiste à choisir entre deux esclavages : l'égoïsme et la conscience.


Grâce à l’orgueil de mon ravisseur, j’avais réussi à m’échapper non sans difficultés puisque mon épaule me faisait souffrir mais à quelques mètres de cette fenêtre, j’étais en sécurité et c’était le principal. Si le chasseur tentait à nouveau de me capturer, il réussirait simplement à faire un magnifique plongeon se terminant par un arrêt brutal. Désormais, je pouvais discuter avec lui et l’aider, s’il acceptait cette chance de rédemption, je renonçais à le faire poursuivre par la garde. On commença donc à discuter de la potion, comme j’avais besoin d’éléments concrets pour l’aider, il fallait que j’en sache plus sur l’effet de cette potion et ses ingrédients. J’avais déjà eu quelques indices mais séparées les pièces du puzzle ne signifiaient pas grand-chose.

Bien qu’énervé par le fait de m’avoir laissé m’échapper, du moins était-ce ce que j’imaginais, Clayton ou plutôt Edward semblait prêt à se confier. Evidemment cela devait sembler pour lui un échec de m’avouer tous ces secrets alors qu’un minute plus tôt, il avait ma vie entre ses mains. Mais avec un peu de chance, j’allais pouvoir l’aider et il ne serait pas vraiment perdant dans cet échange. Il hésita quelques instants avant d’avaler la moitié du contenu de son verre et je ne savais pas si je préférais le savoir sobre ou saoul. Enfin il accepta de se confier, ça allait grandement me faciliter la tâche en espérant qu’il ne me dise pas de mensonges.

Mon ancien geôlier expliqua que la potion était pour ramener quelqu’un. Le brouillard se levait un peu, j’étais prêt à parier que la potion était pour faire revenir le fameux « Lui » qui me ressemblait tellement. Je ne savais pas encore qui était cette personne mais je devais avouer que s’il me ressemblait tellement, une potion pour le ramener pouvait possiblement nécessiter mon concours. Après un instant d’hésitation, il décida de tout me raconter afin que ce soit plus clair. Son sourire ne m’inspirait pas du tout confiance mais je n’en restais pas moins attentif.

Edward commença par parler de « Lui », étant donné toute l’ironie et le mépris possible pour parler de cette personne. Le chasseur continua raconter son histoire à « l’autre » et lui. J’avais deviné que c’était Clayton qui s’occupait de la partie « brutale » et que ce « lui » était la matière grise. Je considérais mon interlocuteur comme quelqu’un d’intelligent, mais apparemment pour ce dernier l’homme qu’il voulait ramener était plus brillant que lui. Je compris aussi que l’inconnu était quelqu’un de bon mais qui s’était laissé dépasser par les évènements et même si mon ravisseur faisait passer « l’autre » pour le mauvais de l’histoire. Je ne pouvais croire que ce dernier n’avait pas de bonnes raisons de fuir quelqu’un qui kidnappe des êtres vivants afin de les écarteler sans aucun remords.

En tout cas, on pouvait dire qu’Edward en voulait à cet inconnu et je me demandais si ramener cet homme ne revenait pas à lui attirer des très gros problèmes voire une douloureuse vengeance. Clayton marmonna qu’il allait retrouver l’inconnu tout en se réservant de l’alcool, je restais sur mes gardes, mon interlocuteur semblait plus énervé qu’au début de son récit, plus alcoolisé aussi. Je jetais un rapide coup d’œil à mon épaule pendant que le chasseur ne prêtait pas attention, j’avais un bel hématome et avec surement une commotion ou peut- être une fracture. Ma physiologie de criquet étant légèrement moins solide que mon ancienne condition d’humain. Je me reconcentrais sur mon ancien ravisseur, ignorant pour le moment ce désagrément. Mon interlocuteur releva la tête  et me dit tout en pointant un doigt accusateur vers moi :

"Et toi, l'insecte, tu es un donneur de leçons exactement comme lui. Je refuse de croire que tu ne joueras pas un rôle dans mes recherches, d'une manière ou d'une autre."


Pour une fois, j’étais d’accord avec lui à mon grand désarroi. Si je ne l’aidais pas à faire la potion sans l’ingrédient que je suis, le chasseur n’avait aucune raison de me laisser partir…en vie. Encore une fois, je jouais ma vie sur mes mots et ma capacité à aider les gens. Et bien que j’aie une certaine estime de moi, je devais avouer que mes connaissances en potions étaient limitées. Je réfléchis un moment à ce que je savais sur cet art mystique et malheureusement je ne trouvais pas grand-chose.

« Et bien comme je vous l’ai dit, je suis prêt à vous aider à trouver une solution à ce problème n’impliquant pas la mort d’êtres vivants et je ferais mon possible. »

Je mettais bien les choses au clair afin de faire comprendre à mon ancien ravisseur qu’il n’en serait plus un et que mon échec était envisageable. Je n’étais pas un maître des potions et je ne pouvais rien y faire. Après, je ne voulais pas non plus qu’il aille voir un sorcier plus expérimenté comme Rumpelstiltskin, cela risquait de poser un problème encore plus important. Je continuais gardant ce ton calme mais pas aussi amical que d’habitude :

« Donc d’après ce que vous m’avez dit, la potion que vous essayez de créer est un potion de localisation. Je crois que la principale chose dont vous avez besoin est un objet quoi que ce soit appartenant à la personne recherchée. Pour la potion en elle-même, il me semble, je crois que l’on peut la faire avec des cheveux de la personne et d’autres ingrédients que vous trouverez je suis sûre sans difficultés. Et ce sans devoir tuer quiconque. »

Je ne savais pas que le problème était plus psychologique, d’après son récit on pouvait penser que l’inconnu était vraiment une personne à part entière sans vrais liens avec Edward. Je ne connaissais pas tous les ingrédients de cette potion mais déjà cela allait le mettre sur une autre piste que mon écartèlement, du moins je l’imaginais.




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MessageSujet: Re: La liberté consiste à choisir entre l'égoïsme et la conscience   Mar 16 Déc - 18:58





La liberté consiste à choisir entre deux esclavages : l'égoïsme et la conscience.


Ce n'était pas vraiment son genre de se montrer coopératif. Malgré sa réticence initiale à tout déballer, celui qui s'était un jour appelé Edward Hyde ne se priva pas de donner le mauvais rôle à son double dans son récit. Pourquoi ne le ferait-il pas ? C'était la première fois qu'il avait l'occasion de donner sa version des faits. De son point de vue, ce n'était pas de l'hypocrisie, mais la plus pure des vérités. Qu'importe la manière dont il tourna cette histoire, les faits restaient les mêmes : le docteur l'avait lâchement abandonné après avoir perdu le contrôle de la situation. Il se moquait bien du point de vue du criquet sur la question.

Même si Clayton était disposé à donner un maximum d'informations pour obtenir une piste n'impliquant pas un vol planer dans une tentative pour récupérer sa proie initiale, il garda tout de même pour lui certains détails. Comme le fait que lui et Jekyll n'avaient été qu'une seule et même personne pendant longtemps. Il aurait dû se douter qu'il fût impossible de garder cette partie de son histoire secrète très longtemps. Mais, pour l'instant, il semblait plus préoccupé par le fait de maintenir son verre rempli. L'alcool l'aidait à se calmer, à oublier le fait que, il y à peine quelques instants, c'était lui qui menait la danse. Il préférait concentrer sa colère contre "l'autre" qui représentait un plus gros coup porté à son orgueil qu'une évasion d'insecte. Ce qui représentait un autre point en commun entre Jiminy et le docteur, en dehors de leur passion pour les grands discours moralisateurs.

« Et bien comme je vous l'ai dit, je suis prêt à vous aider à trouver une solution à ce problème n'impliquant pas la mort d'êtres vivants et je ferais mon possible. »

Clayton leva son verre, mais s'arrêta à mi-chemin comme si une idée le tracassait.

"C'est parce que je sais que c'est impossible..." Commença-t-il sur un ton songeur. "Sinon j'aurais pu soupçonner qu'il a réussi à fuir en se changeant en criquet. Vous vous ressemblez beaucoup trop."

Il rigola devant cette idée stupide. Comme si un humain pouvait être changé en insecte parlant ! Clayton ne croyait pas en ce genre de tour de passe-passe, même s'il avait déjà vu des choses incroyables en chassant des créatures magiques. Le chasseur reprit son sérieux lorsque la conscience sur patte reprit la parole.

« Donc d'après ce que vous m'avez dit, la potion que vous essayez de créer est une potion de localisation. Je crois que la principale chose dont vous avez besoin est un objet quoi que ce soit appartenant à la personne recherchée. Pour la potion en elle-même, il me semble, je crois que l'on peut la faire avec des cheveux de la personne et d'autres ingrédients que vous trouverez, je suis sûre sans difficultés. Et ce sans devoir tuer quiconque. »

Clayton hésita entre hilarité et colère. Au final, ce fut un mélange d'amertume et d'irritation qui dominait dans sa réponse :

"Ce n'est pas aussi simple qu'une bête potion de localisation." Le ton laissait à penser qu'il avait déjà essayé, sans succès. "Parce que, tu vois, ce lâche à trouver une sacrée bonne cachette où se terrer."

Comme pour compléter sa réponse, Clayton se tapota la tempe avec sa main libre. Puis il poussa un soupir, il ne voulait pas être prit pour un fou ou pour quelqu'un a qui se retrouvait avec déjà un esprit embrouillé par l'alcool après seulement deux verres.

"Je suppose qu'il va falloir que je dise cette partie-là aussi. Sinon, tu ne comprendras rien." Bougonna-t-il avec encore plus de mauvaises grâce qu'avant. Nouveau soupir et nouvelle gorgée d'alcool avant de reprendre.

"Monsieur je-sais-tout croyait que chaque personne possédait un part de bien et de mal en lui. Il s'imaginait qu'en arrivant à gommer cette mauvaise conscience, le monde deviendrait meilleur. Contre toute attente, il réussit à séparer son mauvais côté." Il fit une pause le temps de se désigner dans un geste rapide accompagné d'un sourire suffisant. "C'était censé être la première étape." Continua-t-il en imitant des guillemets avec ces doigts pour marquer les mots 'première étape' et toute l'ironie qui résumait son opinion au sujet du projet. "Pour le reste, çà rejoint ma première version de l'histoire."

Clayton s'arrêta, guettant une réaction chez son interlocuteur si particulier. Il savait que ce qu'il venait de dire était une histoire de dingue, même pour un monde où la magie était courante. Le pire est qu'il ne pouvait même pas ce dire que personne ne croirait un criquet si ce dernier venait à vendre la mèche. Clayton savait que l'insecte en question avait des relations.



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MessageSujet: Re: La liberté consiste à choisir entre l'égoïsme et la conscience   Mar 6 Jan - 11:00





La liberté consiste à choisir entre deux esclavages : l'égoïsme et la conscience.


Après m’avoir raconté son histoire, le chasseur confirma la ressemblance psychique qu’il y avait entre moi et « L’autre » que Clayton détestait tant. Il souligna aussi le fait que je lui serais utile d’une façon ou d’une autre, même si l’une des deux m’était plus favorable. Cependant mes connaissances en potions n’étaient pas extrêmement poussées, tout ce que je pouvais faire, c’était essayé de dissuader mon ex-ravisseur de faire cette potion. J’exposais donc mon intention de faire cela sans provoquer la mort de quelqu’un, mais « Edward » ne semblait pas de cet avis. Il resta quelques secondes perplexe, avant de dire que c en ’était pas possible et il émit une théorie qui même pour lui semblait improbable impliquant que ce « Lui » se soit changé en criquet. Il riait de cette idée sans savoir que j’avais moi-même été humain auparavant, un passé que j’essayais d’oublier. Le chasseur ne cessait d’appuyer le fait que nous étions semblables « L’autre » et moi et je comprenais de plus en plus pourquoi, il avait choisi une conscience pour essayer de ramener son « traître ».

Bref, je me reconcentrais sur la potion cherchant dans mes souvenirs, ce qui pourrait permettre à Clayton d’accomplir son but, bien que je m’inquiétais de la santé future de la personne qu’il tentait de ramener. Je devais rester prudent avec mon ancien geôlier, je ne devais pas oublier que c’était un potentiel meurtrier et je ne voulais pas que quiconque, même la personne ayant abandonné le chasseur, ne perde la vie ou même souffre à cause de mes faiblesses. Je m’étais juré que plus jamais ce ne serait le cas. Je parlais à mon interlocuteur d’une potion de localisation dont j’avais entendu parler par le tristement célèbre Rumpelstiltskin mais apparemment ma réponse ne lui convint pas. En effet, je lus sur son visage, un certain agacement qui n’annonçait rien de bon.

D’un ton sec, il me répondit que c’était plus compliqué, laissant sous-entendre qu’il avait échoué en essayant ma solution. Il ajouta que « l’autre » était très bien caché et que la potion de localisation n’était pas suffisante. Le plus surprenant fut surement le mouvement qu’il esquissa tapotant sa tempe avec la main qui ne tenait pas le verre. La personne que cherchait Clayton était dans sa tête, cela devenait aussi fascinant qu’effrayant. Et j’avais du mal à dire si mon interlocuteur avait vraiment toute sa tête. Etait-ce parce qu’il avait déjà trop bu ? Ou bien était-il complétement fou ? Mais vivant dans un monde où la magie était partout, je me contentais d’un hochement de tête et n’écartait pas la possibilité qu’il dise la vérité.

Afin de confirmer qu’il était sobre et que ses idées étaient parfaitement clair, il entreprit de m’expliquer plus en détails cette étrange histoire. Il but une gorgée d’alcool et d’une certaine façon continua le récit qu’il avait commencé plus tôt. La théorie de l’alter-ego d’Edward était fascinante et j’avoue que l’idée d’effacer la mauvaise conscience de chacun était tentante mais cela fait on empêcherait une certaine forme de libre-arbitre et on briserait l’équilibre de chacun. Et c’était apparemment ce qui s’était passé. Le bon côté du chasseur avait réussi à les séparer créant ainsi une autre personnalité, mauvaise et dénuée de conscience. Durant un instant je ne pus m’empêcher de me demander si ayant les moyens de cet homme, je n’aurais pas fait la même chose, essayer de faire disparaître toute trace de mauvais en moi. C’est ce que j’essayais de faire en aidant les autres à trouver la bonne voie, me racheter.

Mon ancien ravisseur précisa que ce n’était que la première étape et je sentis immédiatement que Clayton n’approuvait pas du tout ce projet à juste titre. La suite, je la connaissais. Bien le mystère disparaissait petit à petit mais, je ne savais plus vraiment ce que je devais faire. Aider Clayton et ramener sa conscience permettant ainsi de réguler un peu le monstre caché en lui ? Ou bien refuser afin de protéger le bon côté d’Edward en prenant le risque que le monstre se débrouille tout seul et s’en prenne à d’autres pour avoir ce qu’il veut ? J’étais tiraillé ne sachant quelle décision prendre. Une dernière solution aurait été possible, celle d’emprisonner ledit criminel mais si j’allais au château, chercher la garde, il n’y aurait plus personne à mon retour.

Mon visage resta neutre, malgré le tourment intérieur que je ressentais. Mon choix plus ou moins arrêté, je décidais de faire part de mes conclusions et de mes interrogations au criminel :

« Si j’ai bien compris, votre bonne conscience s’est enfui parce qu’elle ne supportait plus la violence que vous semiez autour de vous. Et vous cherchez à le retrouver, pourquoi ? Pour avoir un bon alibi ? Pour ne pas être qu’une demi-personne ? Normalement vous devriez être content que votre côté « moralisateur » ne soit plus là ? »


Je me sentais vraiment proche de ce bon côté du chasseur, après tout, il avait l’air d’être quelqu’un de bien mais comme tout être humain, il faisait des erreurs. Il avait un peu le même rôle que moi et comme moi il avait créé sa partie sombre et s’était laissé dépasser par les évènements. Je commençais à ressentir de la compassion pour cet homme qui avait dû fuir ses problèmes. Mais une chose était sure, il devait du mieux qu’il pouvait réparer ses erreurs. Je continuais, toujours calme et posé :

« Si je vous aide, que va-t-il arriver à cette bonne conscience ? »

Je n’avais pas tous les éléments en main aussi, je ne pouvais pas prendre ma décision, je préférais attendre que l’adversaire dévoile son jeu afin de faire le meilleur choix.





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MessageSujet: Re: La liberté consiste à choisir entre l'égoïsme et la conscience   Lun 12 Jan - 15:35





La liberté consiste à choisir entre deux esclavages : l'égoïsme et la conscience.


Pas facile de traquer quelqu'un qui se planquait dans un coin de votre esprit. Existait-il encore quelque chose du docteur Jekyll ? La dernière lettre écrite par son double le faisait penser, mais Edward refusait d'en venir à cette conclusion. Il connaissait le docteur (bien sûr puisqu'il avait été une partie de lui pendant toute sa vie) et n'imaginait pas ce lâche accepter de totalement disparaître. Il devait bien rester une trace, une piste quelque part et le chasseur allait la trouver.

Malheureusement, cet imbécile avait bien brouillé les pistes en détruisant toutes ces recherches. Ce n'était pas un problème qu'on pouvait résoudre avec une simple potion de localisation. Mais çà, son ancien captif ne pouvait le comprendre tant qu'il n'aurait pas toute l'histoire.

Personne n'avait entendu le récit qu'il s'apprêtait à dire. Même dans son monde d'origine, les responsables de la loi n'avaient jamais su que le criminel Edward Hyde et l'innocent docteur Henry Jekyll avait été la même personne. Le chasseur craignait que la conscience sur patte ne le croie fou ou trop ivre pour être capable de tenir une discussion censée et de voir sa cible filer à tire d'aile. Déjà que le criquet se tienne hors de portée pendant toute cette discussion lui usait les nerfs en même temps que de rouvrir la blessure faite à son orgueil d'avoir échoué dans cette capture.

Pourtant, il décida de jouer la carte de la patience car ce Jiminy ressemblait trop à la piste la plus probable pour ramener son autre-lui. Clayton comptait sur l'abondance de magie dans ce monde pour rendre plausible les éléments qu'il ajouta dans la première version de son histoire. Le chasseur se concentrait plus sur le fait d'être cru que par l'effet qu'aurait pu avoir son récit sur son interlocuteur. Pourtant, il aurait été facile de le prévoir puisqu'il avouait une grosse ressemblance entre la conscience et le docteur porté disparu.

« Si j’ai bien compris, votre bonne conscience s’est enfui parce qu’elle ne supportait plus la violence que vous semiez autour de vous. Et vous cherchez à le retrouver, pourquoi ? Pour avoir un bon alibi ? Pour ne pas être qu’une demi-personne ? Normalement vous devriez être content que votre côté « moralisateur » ne soit plus là ? »

"Oh non !"
Répondit-il avec humeur. "Il a eu la trouille d'assumer sa part de responsabilité. Ce n'est qu'un mauvais perdant qui n'a pas supporté de constater que c'est moi qui prenais le dessus. Je refuse que ce lâche ait le beau rôle dans cette histoire ! Çà l'arrangeait bien quand je donnais une leçon à quelqu'un qui lui avait manqué de respect, que j'aille parler aux filles que monsieur le timide n'osait aborder, d'être de nouveau jeune, apprécier et de participer aux fêtes du gratin au lieu de rester dans son coin à fixer son verre de champagne. Notre vie était parfaite avant qu'il ne veuille jouer au plus fort avec moi et ne s'y casse les dents ! Mauvais perdant ! Lâche ! Me faire çà ! A moi !"

Il tapa du poing sur la table avec rage. Il faillit casser son verre, mais jugea préférable d'en vider le contenu.

"Tsssss.... demi-personne." Répéta-t-il, toujours de mauvaise humeur mais plus bouillant de colère comme il l'était il y a quelques minutes.

Edward Hyde ne se définirait certainement pas avec ces termes, même si le criquet avait raison. Il n'émit aucun commentaire lorsque le criquet parla de se servir de Jekyll comme d'un alibi. Merde, cet insecte était beaucoup trop malin à son goût. A la place, il passa directement à la dernière question.

"C'est vrai que j'en ai bien profité."
Commenta-t-il avec un sourire rêveur et un regard plongé dans les souvenirs de ses premiers pas d'homme libre dans la Forêt Enchanté. "Mais..." Sa voix se fit songeuse alors qu'il tournait son verre à présent vide entre ses mains. "C'est comme s'il manquait quelque chose."

C'est vrai, çà, pourquoi il se plaindrait de l'absence de la voix de la raison ? Parce qu'ennuyer le bon docteur lui manquait ? Cela avait un rapport avec cette lettre qui l'avait mit en colère. Il avait aussi marre de devoir faire attention à ne pas aller trop loin, que de stupides lois bridaient sa liberté. La question de Jiminy le tira de sa tentative d'introspection.

« Si je vous aide, que va-t-il arriver à cette bonne conscience ? »


"Tu t'attends à une réponse honnête de ma part ? Alors que tu sais ce que je suis ?" Ironisa-t-il avec un sourire en reposant son verre sur la table.

Clayton quitta la contemplation de son verre pour se concentrer sur l'insecte. Le chasseur était un menteur. Pas un très bon menteur car il s'était toujours moqué d'être découvert ou non. Parfois, ce genre de mensonge éhonté fonctionnait. Quelque chose lui disait qu'il avait intérêt à sacrément bien mentir concernant sa réponse à cette question. Ou alors se montrer honnête pour la première fois de sa vie. Les deux options qui semblaient impossibles.

"Très bien. Jouons cartes sur table."
Conclut-il en s'installant plus confortablement sur la chaise. "Je ne sais pas. Tout dépend du contexte des retrouvailles, je suppose. Exigé des excuses me semble approprié." il serra les dents en repensant à la fameuse lettre. Le chasseur eut un sourire mauvais. "M'assurer qu'il n'essaye pas de me jouer à nouveau un sale tour est sur ma liste de priorité, c'est certain."

Il regarda de nouveau Jiminy. C'était vraiment rageant de ne pouvoir rien faire pour que la balance se penche en sa faveur. De devoir attendre le bon vouloir de la conscience.

"Alors ? Tu acceptes de m'aider ou non ?"
Demanda-t-il abruptement, n'aimant pas l'idée que son ancien captif détenait peut-être la solution alors qu'il y a quelques instants, c'était Clayton qui avait tenu la vie de l'insecte entre ses mains.



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MessageSujet: Re: La liberté consiste à choisir entre l'égoïsme et la conscience   Mer 11 Fév - 11:23





La liberté consiste à choisir entre deux esclavages : l'égoïsme et la conscience.


Lorsque Clayton eut fini de me raconter son histoire de double-personnalité, je ne pus m’empêcher de me mettre du coté de « l’autre ». Il me ressemblait tellement que je ne pouvais ressentir que de la compassion et je me doutais bien que même s’il était responsable de sa situation, c’était simplement parce qu’il avait fait une erreur et ne savait pas comment la réparer. Mon ex-ravisseur avait beau le faire passer pour le « méchant » de l’histoire, je n’étais pas convaincu. Aussi le cas d’Edward était plus compliqué que prévu, certes mon but était d’aider tout le monde mais à quel prix ? Le chasseur faisait-il partie des personnes méritant la rédemption ? Ce n’était pas vraiment à moi de juger de cela, mais malgré que je lui aie proposé mon aide, je me rendis compte que l’alter-ego de Clayton était peut-être la victime, peut-être était-ce lui que je devais aider ?

J’étais en proie à un dilemme cornélien et ne savais pas trop comment m’en sortir. Je décidais d’en apprendre plus, comprendre pour ensuite avec tous les éléments récoltés, agir. Je cherchais à savoir les raisons du départ de l’autre, même si j’avais déjà une petite idée, je voulais la confirmer, mais aussi connaître pourquoi le chasseur tenait tellement à le ramener ce « traître ». Edward réagit immédiatement, la colère déformant ses traits, sa voix emplie de rage. A ce moment précis, je fus bien heureux de me trouver hors de portée du monstre déchainé, qui hurlait sa rage. Il « lui » en voulait pour avoir fait le sale boulot à sa place, de s’être enfui, d’avoir voulu le défier. La main de Clayton se referma autour de son verre avec force, mais se fut simplement pour le vider d’une traite.

Laissant transparaître son agacement dans un sifflement, il répéta l’appellation de « demi-personne » que j’avais utilisée plus tôt. Il n’avait pas relevé l’histoire de l’alibi, avais-je vu juste sur ce point-ci ? Il s’était calmé mais je préférais ne pas raviver la flamme brulante de la colère en abordant un sujet qui ne lui plairait pas. Au lieu de cela, je préférais me taire, l’écoutant répondre à ma dernière question.

"C'est vrai que j'en ai bien profité. Mais... C'est comme s'il manquait quelque chose."

Comme je l’avais supposé, apparemment il était difficile de vivre avec seulement une partie de son esprit. Pour qu’il se sente lui, il faudrait qu’il récupère « l’autre ». On ne peut pas vivre sans conscience, et on ne peut pas vivre sans cette noirceur dans notre cœur, qu’elle soit plus ou moins importante. Tout le monde possède deux côtés, comme une pièce. Pile, le côté sombre qui attend de trouver une faiblesse pour prendre notre place et face, la personne que l’on essaye d’être. Nous vivons tous sur la tranche, roulant, menaçant de tomber sur pile ou face, essayant de garder un équilibre. Mais si la pièce reste sur pile, alors elle ne peut plus avancer. Au fond Edward ressentait ce besoin d’être complet, même sans s’en rendre compte, il lui manquait sa « face ». La question était, mais que se passerait-il si on réunissait les deux ? Ce fut celle que je posais au chasseur qui me répondit avec un sourire :

"Tu t'attends à une réponse honnête de ma part ? Alors que tu sais ce que je suis ?"

D’un regard, je lui fis comprendre que oui, c’était ce que j’attendais. Depuis le début il avait été honnête avec moi, (ce qui devait surement le changer), alors pourquoi ne pas continuer ? Il regarda son verre, cherchant surement comment tourner sa réponse. Pile ou face ? Mensonge ou vérité ? Vas-tu abattre toutes cartes ou en garder quelques-unes dans tes manches ? Le chasseur tourna son attention vers moi mais je ne baissais pas les yeux à force de côtoyer les gens, j’avais appris à reconnaitre un mensonge, de la vérité ; il ne pourrait pas me duper. Mon ex-ravisseur décida de me dire la vérité, le plus possible. Et la réponse était clair, il ne savait pas, cela pouvait dépendre, de son humeur, du contexte.  Je voyais clairement qu’il essayait de contenir sa rancœur, effort inutile puisqu’un sourire sadique apparut sur son visage lorsqu’il parla de s’occuper du cas de « l’autre ».

Je réfléchis un instant, pesant le pour et le contre. Sa question me demanda de choisir et vite, d’après son ton dur et agacé. J’étais partagé : l’alter-ego d’Edward serait-il assez fort pour atténuer les coups d’éclats du chasseur ? Si je n’arrivais pas à aider Clayton qu’allait-il arriver ? La vengeance du monstre allait-elle être aussi violente que je l’imaginais ? Mes connaissances en potions étant tout de même assez limitées, si j’acceptais comment pourrais-je aider mon ex-ravisseur. Ses quelques secondes durèrent surement longtemps pour Edward, mais je ne pouvais prendre ma décision à la légère, la vie de « l’autre » était peut-être entre mes mains. Finalement, après d’interminables débats intérieurs, mon choix fut fait. Je devais avoir confiance en la personne qui me ressemblait :

« J’accepte de vous aider, mais pas forcément de la façon dont vous l’entendez. J’ai certes beaucoup voyagé, mais mes connaissances en potion ne sont pas extraordinaires. Cependant j’ai une alternative à vous proposer.»


Je laissais un petit temps de silence, pas pour mettre du suspense ou quoi que ce soit d’autre, mais surtout parce que j’appréhendais la réaction de Clayton. Après tout ma réponse n’était surement pas celle qu’il s’était imaginé.

« Votre alter-ego étant, si j’ai bien compris, votre bon côté. La solution la plus logique pour le faire revenir serait de faire des bonnes actions. Cela peut paraître insensé, mais il est logique que si vous arrêtez de faire le mal, votre bonne conscience réapparaisse. »

Voilà, je l’avais dit, maintenant, il n’y avait plus beaucoup d’options. Soit il trouverait cela stupide et se jetterait sur moi pour avoir proposé cette solution ou bien il se moquerait de mon idée et allait me confirmer qu’il ne cesserait jamais de faire le mal et dans ce cas, je ne pourrais plus grand-chose pour lui.





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MessageSujet: Re: La liberté consiste à choisir entre l'égoïsme et la conscience   Mar 24 Fév - 9:19





La liberté consiste à choisir entre deux esclavages : l'égoïsme et la conscience.


Clayton était bien trop orgueilleux pour admettre la véracité des paroles du criquet. Lui ? Une demi-personne ? Jamais ! Déjà, dans un passé pas si lointain, il avait été très difficile pour lui d'admettre qu'il avait besoin du retour du docteur Jekyll. Le sujet était quelque peu sensible et la colère avait refit rapidement surface. Sans la lettre, peut-être aurait-il parlé du départ du docteur de manière beaucoup plus sereine. Sauf que son double lui avait laissé ce stupide mot qui sonnait comme une victoire à titre posthume, comme si ce crétin naïf le narguait depuis l'endroit où il s'était réfugié. Bien, s'il voulait jouer au plus malin, ils allaient jouer !

Dans un premier temps, Edward avait cru s'en sortir sans sa bonne conscience pour lui casser les pieds. Il avait vraiment cru que tout ce qui allait lui manquer chez le docteur se résumait au fait de ne plus pouvoir le taquiner. Il avait vite déchanté. La liberté n'était pas totale sans son double pour le couvrir.

Maintenant, le chasseur n'aspirait plus qu'au retour d'une vie qu'il jugeait parfaite. Il voyait cela comme un échange de bon procédé entre deux gentlemen : Jekyll n'avait qu'à lui laisser faire ce qu'il voulait, en échange, il exaucerait quelques désirs secrets du docteur. Tout ce qu'il demandait en retour est que le bon docteur le couvre en lui servant d'alibi. Un plan plus difficile que prévu sans les notes de son bon côté. Pour le coup, Edward Hyde avait sérieusement regretté de ne pas avoir prêté attention aux recherches du docteur.

Après des années, il avait enfin mis la main sur un ingrédient prometteur et voilà que le dit ingrédient avait réussi à s'évader et se trouvait maintenant à une distance respectable de lui. Assez près pour lui parler, mais trop loin pour que le chasseur puisse retenter sa chance. Son interlocuteur était bien trop malin à son goût. La conscience avait rapidement compris cette histoire d'alibi.

Puis la question piège arriva : que ferait-il s'ils arrivaient à ramener son bon côté ? Çà, c'était une sacrée bonne question ! Clayton aurait peut-être pu y répondre, il y a des années, mais maintenant ? Avec ces recherches infructueuses, faire revenir Jekyll tenait presque de l'utopie. Au point qu'il avait perdu de vue ce qu'il ferrait au docteur si ce dernier revenait dans sa tête. Afin de gagner du temps, le chasseur bluffa en sous-entendant qu'il n'allait peut-être pas répondre honnêtement. Surtout que l'aide du criquet allait dépendre de sa réponse.

Il regarda son verre, comme s'il se demandait s'il n'allait pas le remplir à nouveau, avant d'enfin se décider à avouer son ignorance. Cela dépendait des conditions de ces retrouvailles. Cela dépendait de tellement de choses. Jekyll paiera d'une façon ou d'une autre sa fuite, çà, c'était certain. La manière demeurait encore mystérieuse. Des excuses seraient un bon début. En même temps, il pouvait faire difficilement plus puisque les retrouvailles se passeraient dans sa tête. Si Jekyll apparaissait devant lui en chair et en os, son sort aurait été plus simple à décider. Mais alors, le docteur perdrait son utilité.

"En tout cas, je ne serais plus le second couteau." Marmonna-t-il.

Une autre maigre certitude. S'il atteignait son objectif, çà serait le corps d'Hyde qui deviendrait la personnalité principale. Les rôles seraient inversés et l'ironie de la chose lui plaisait assez. Mais serait-ce au goût de son interlocuteur qui ressemblait tellement à la personne que le chasseur cherchait à faire revenir ? Clayton s'attendait à un refus. Sans doute est-ce pour cela qu'il se montra si pressant dans sa demande.

À sa grande surprise, Jiminy prit le temps de réfléchir. Et, si ce fait fut déjà surprenant, la suite le fut plus encore.

« J'accepte de vous aider, mais pas forcément de la façon dont vous l'entendez. J'ai certes beaucoup voyagé, mais mes connaissances en potion ne sont pas extraordinaires. Cependant j'ai une alternative à vous proposer.»

La surprise de recevoir un oui passa vite pour laisser place à un sourire. Il fit un geste de la main pour inviter le criquet à poursuivre dans son discours. La curiosité le tiraillait, heureusement, l'insecte lui révéla son plan après avoir marqué une pause.

« Votre alter-ego étant, si j'ai bien compris, votre bon côté. La solution la plus logique pour le faire revenir serait de faire des bonnes actions. Cela peut paraître insensé, mais il est logique que si vous arrêtez de faire le mal, votre bonne conscience réapparaisse. »

Clayton fit une moue d'un air peu convaincu et porta son attention sur sa bouteille. Cela lui semblait une solution assez... enfantine. Il était tentant d'envoyer cette bouteille en direction de l'insecte en lui criant de ne pas se moquer de lui. La seule chose qui retenu son geste et sa fureur fut une question assez simple : Avait-il le choix ? Edward s'était lancé à corps perdu dans cette histoire potion sans résultat. Qu'avait-il à perdre d'essayer une autre solution.

"Je ne fais pas le mal." Précisa-t-il en tournant en dérision le dernier mot. "Je fais simplement tout ce que j'ai envie de faire. C'est çà que Jekyll voulait être et c'est çà ce que je suis : la liberté absolue."

Dans sa précipitation, il avait lâché le nom de 'l'autre', exactement de la même manière qu'il avait donné son vrai prénom plus tôt dans la conversation. Cette précision apportée, la moue qui s'affichait sur son visage s'accentuait comme pour trahir une intense réflexion. Avec une lenteur calculée, Clayton se leva.

"Je tente le coup." Répondit-il finalement.

Le chasseur espérait que cela ne sonne pas comme la réponse de quelqu'un qui avait tout essayé et semblait désespérer au point d'accepter les solutions les plus risibles. Il s'approcha un peu de la fenêtre, les mains dans les poches.

"Alors ? En quoi va consister ton plan ? Tu vas me suivre partout pour me dicter quoi faire ? Ou bien, j'aurais droit à des cours particuliers de bonnes conduites ?" Si la première question était dite avec sérieux, l'ironie ne manqua pas de se glisser dans la suite de ses paroles.

Non, il ne croyait pas que cela pouvait fonctionner, mais comme il n'avait rien à perdre, il pouvait faire un essai. Et puis, s'il pouvait garder l'insecte à portée de main en acceptant ce projet...



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La liberté consiste à choisir entre l'égoïsme et la conscience

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