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L'histoire se déroule en Octobre 2013.

« Tant qu'il y a assez de place pour stocker les guimauves, tout va bien. »
par Valentine Bellamy dans You gave up the fight, you left me behind


Charming ೨ Henry ೨ Ruby ೨ August

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 Dans le théâtre de la vie, nous jouons plusieurs rôles.

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MessageSujet: Dans le théâtre de la vie, nous jouons plusieurs rôles.   Mar 15 Juil - 13:35




Dans le théâtre de la vie, nous jouons plusieurs rôles.

La vie est une pièce de théâtre : ce qui compte, ce n'est pas qu'elle dure longtemps, mais qu'elle soit bien jouée.



Plusieurs jours s'étaient écoulés depuis le bal durant lequel les fiançailles entre la princesse Marianne et le shérif de Nottingham avaient été officiellement annoncé. Mais il ne s'agissait pas là du seul événement important pour le jeu de pouvoir de la cour. La nouvelle prétendante pour le prince Jean avait fait des débuts également prometteurs. Il avait suffit à Triste Sire de jeter un regard à l'expression de lady Radcliffe pour obtenir la certitude qu'il avait bien joué son coup. Lady Prudence avait fait des merveilles en un temps record avec cette fausse princesse. La suite de la partie s'annonçait très intéressante et le conseiller avait hâte de voir les mouvements de ces adversaires devant ce double-coup porté à leur encontre.

Maintenant que les nouvelles avaient dû atteindre le niveau le plus bas de la populace du royaume, il était tant pour lui de prendre connaissance des nouveaux ragots circulant dans les ruelles. Le natif d'HalloweenTown ne se lassait pas de voir à quel point les nouvelles pouvaient être déformé par des langues trop bavardes tout en cachant souvent des détails très intéressant pour une oreille attentive. On aurait pu penser que Triste Sire répugne à se mêler de nouveau à la foule après tout le mal qu'il s'était donné pour se hisser à la place de conseiller royal. Il est vrai qu'il méprisait ce peuple qui s'était montré si décevant. Cependant, il était aussi le premier à reconnaître l'utilité d'une foule anonyme, surtout en matière d'informations.

Tout en finissant de boutonné sa chemise, Triste Sire se demandait s'il trouvera son meilleur informateur présent entre les murs de Nottingham ce soir. Les histoires de Clopin étaient une véritable porte ouverte aux aventures ayant lieu à l'extérieur de ce royaume. Pour partir à la rencontre du gitan, Triste Sire ne tombait pas dans le piège facile de porter simplement cape et capuchon au-dessus de ces vêtements. Rien n'éveillait plus les soupçons qu'une personne habillé de la sorte. A la place, le conseiller reportait ces habits abîmés qui avait été les siens lorsqu'il avait fait ces premiers pas dans le monde coloré. Des vêtements modestes qui avaient connu des jours meilleurs. Parfait pour se fondre dans la masse. Pourtant, alors qu'il contemplait le résultat dans le miroir, Triste Sire ne put s'empêcher d'afficher une mine désapprobatrice alors qu'il se décoiffait légèrement afin de parfaire son déguisement. Il n'aimait pas revêtir cette tenue qui lui rappelait trop une ancienne vie qu'il s'efforçait d'oublier mais il s'agissait d'un mal nécessaire pour obtenir se qu'il voulait. Les regards les plus perspicaces des inconnus lui trouveront une ressemblance avec le conseiller mais personne n'imaginerait Triste Sire capable de se revêtir de pauvreté ni même que quelqu'un du château descendrait pour marcher au côté du peuple.

Le jeune homme quitta le château en attendant les prémisses de la nuit. Il dut traverser quelques ruelles avant de trouver le décor familier du théâtre de Clopin. Le spectacle avait déjà commencé et comptait un public nombreux de paysans cherchant à oublier leurs problèmes le temps de quelques contes. Triste Sire resta en retrait, ce qui ne l'empêchait pas d'être particulièrement attentif au spectacle. Inconsciemment, il attendait une certaine aventure... celle d'une jeune fille qui chassait des monstres... mais n'obtenu pas satisfaction.

Clopin était un conteur exceptionnel. Si Damien avait été d'humeur nostalgique, il aurait sans doute comparé le gitan à Jack le roi de la parade de son monde d'origine. Ils avaient tout les deux ce don, cette manière de parler qui les plaçaient facilement en tant que modèle. Sans doute aurait-ce été le cas si Damien avait rencontré le chef des gitans plus tôt. Au lieu de çà, leur route s'était croisé alors que le natif d'HalloweenTown avait déjà gouté à l'obscurité. Les gitans lui avaient permis d'atteindre Nottingham sans encombre alors qu'il venait d'échapper de justesse à une mort horrible entre les mains des ogres. Clopin lui avait donné assez de renseignements pour qu'il puisse retenter sa chance en tant que conseiller de la noblesse. En échange, les gitans étaient toujours bien accueillis dans ce royaume. Triste Sire y veillait tout comme il veillait à conserver cette amitié si précieuse.

Le spectacle finit, la foule se dispersa. Certaines personnes, surtout les enfants, s'attardèrent encore un peu comme s'il espérait qu'une nouvelle histoire allait être contée s'ils restaient suffisamment longtemps. Triste Sire attendit de voir les gitans s'affairaient à commencer de démonter le décor pour s'approcher de celui qui était officieusement leur chef.

"Clopin !" Appela-t-il d’une voix qui se voulait chaleureusement, comme celle qu’emploieraient deux vieux amis qui se retrouvait. "Je craignais d'apprendre que ta troupe avait quitté la ville avant que je n'ai eu le temps de vous rendre visite."

Une crainte bien réelle car Clopin et sa troupe avait la bougeotte. Impossible de savoir à l'avance s'ils se retrouveront entre les murs de Nottingham quand le conseiller avait le plus besoin de renseignements. Aujourd'hui, de toute évidence, Triste Sire était chanceux.

"Mes félicitations pour le spectacle de ce soir." Complimenta-t-il avec un sourire sincère. "J'ai cru voir de nouvelles marionnettes..."

Triste Sire était patient. Il laisserait volontiers à Clopin tout le temps qu'il désirait pour parler des nouvelles modifications que ce dernier avait apportées au spectacle avant d'aborder le motif de sa visite.


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MessageSujet: Re: Dans le théâtre de la vie, nous jouons plusieurs rôles.   Mar 22 Juil - 3:34




Dans le théâtre de la vie, nous jouons plusieurs rôles.

La vie est une pièce de théâtre : ce qui compte, ce n'est pas qu'elle dure longtemps, mais qu'elle soit bien jouée.


Depuis quelques semaines, le paysage de Nottingham s'était peuplé de caravanes multicolores et de visiteurs tout aussi farfelus que leurs habitations. Les bâtiments mobiles faisaient un peu tâche dans ce décor poussiéreux et gris de pauvreté extrême. Les gitans, au contraire des rumeurs qui circulaient à leur sujet, ne suivaient pas le son de l'or dans les bourses comme tout le monde semblait le croire. Les artistes ambulants ne possédaient certes pas grand-chose, mais suffisamment pour vivre confortablement puisque le luxe ne leur était d’aucun réconfort. De plus, ils détestaient par-dessus tout suivre un itinéraire ! Les sans-papiers allaient simplement où le vent les conduisait tout en distribuant des rires ainsi que du divertissement à toutes les classes de la société… Autrement, ils n'auraient sans doute jamais mis les pieds dans ce royaume qui croulait sous les taxes et les dettes.

Clopin somnolait couché sur le dos sur le toit de sa roulotte. Il profitait de l'heure la plus chaude de la journée pour ne faire absolument rien. Le roi de la Cours des Miracles pouvait se reconnaître entre mille avec son costume bariolé, son chapeau à plume ainsi que ses souliers en serpentin à grelot qui tintèrent lorsqu'il croisa les jambes. Il écoutait les bruits de la ville en bas, les chariots qui avançaient dans les rues, les conversations entre ménagères et les aboiements d’un chien errant. Aucun secret et aucune rumeur n’échappaient aux oreilles de Clopin ! Il était si flamboyant comme personnage qu’on finissait pas ne plus s’en méfier. Un être si peu subtil ne pouvait surement pas être suffisamment discret pour entendre les lourds secrets qui se disaient au bas de la chaîne alimentaire, pas vrai ? Pourtant, sous une tonne de paillettes et de couleurs, se cachait un ancien voleur aussi rusé qu’un renard. De plus, il était assez charismatique et bon de cœur pour s’attirer les faveurs de n’importe qui. Après tout, il s’était même glissé dans le lit de certaines dames de la cour à quelques reprises... Enfin, une dame en particulier ! Car malgré quelques défauts, on ne pouvait pas décrire le bohémien comme très volage… Non, il était bien trop paternel avec sa pupille et son peuple pour penser à autre chose !

Une petite voix fini par l’interpeller, car c'était l'heure d'entrer en scène. En poussant uniquement sur ses mains avec les paumes au sol, l'acrobate se remis debout et atterrit sur ses deux pieds. Toujours avec souplesse, il descendit du toit et posa pied à terre puis se dirigea vers son petit théâtre miniature. Doucement, les enfants comme les adultes s'approchèrent de l'étrange kiosque coloré alors que les rideaux de velours rouge se soulevèrent pour laisser apparaître le visage masqué du marionnettiste ainsi que sa version miniature qui débutait un long et riche monologue.

L'histoire du jour était celle que lui avait raconté la princesse Merida à propos du légendaire ours qui terrorisait autre fois les terre de son peuple. De nouveaux pantins sculptés dans du bois apparurent sous les regards brillants des enfants. Mor'du et son sanglant périple fascinait et terrorisa les plus jeunes, mais la morale de l'histoire dont le fait qu'il fallait se méfier du prix de la magie fit hocher la tête des plus vieux avec assentiment. La foule applaudit alors que le gitan tira sa révérence. Une jeune femme mieux vêtue que les autres déposa quelques pièces sur la scène et la main gantée de Clopin s'en saisit. Cependant, lorsqu’on démontait le décor, le brun alla déposer l'argent dans la gamelle d'un vieux mendiant aveugle assit au coin de la ruelle. Il fit un tour d’horizon à la recherche d’un garde qui aurait pu l’en empêcher, mais n’en trouva aucun. Le gitan espérait de tout cœur que les sbires du sheriff ne viendraient pas dérober le vieillard avec un faux prétexte comme une nouvelle taxe sur des chaussures que le pauvre homme ne possédait visiblement même pas. C'est donc avec joie, mais également avec une pointe d'inquiétude quant même que le bohémien accueillit alors une vieille connaissance...

« Damien ! En bien en voilà une bonne surprise ! Merci du compliment et, en effet, il y a eu des ajouts à ma collection depuis notre dernière rencontre... »

Le bohémien n’avait pas oublié le visage du jeune homme qu’il avait recueilli quelques temps, partageant une roulotte et ainsi que plusieurs informations croustillantes. Clopin était bien conscient d’avoir contribué dans l’ascension au pouvoir de Damien, mais ne parvenait toujours pas à l’appeler par son nouveau titre qui était probablement aussi déprimant que l’ambiance qui régnait à Nottingham ! En silence, il espérait surtout que la tentation de poste en puissance ne finirait pas par gruger la raison de son ami et qu’il devienne aussi peu respectable qu’un certain juge… Enfin, il avait quand même des avantages à avoir le conseiller dans sa poche comme celui de ne pas se faire embêter par les autorités locales ! Le brun passa son bras autour des épaules de son ami, geste surement beaucoup trop chaleureux aux goûts de Triste Sire, hélas, on ne demande pas au marionnettiste de changer ses habitudes facilement !

« Comment vas-tu ? Non, attend, on va aller discuter dans ma caravane !» rajouta-t-il en entraînant le visiteur vers une roulotte à l’écart.

Il y avait bien une chose qui était claire, on pouvait difficilement duper l’ancien voleur qui, voyant Damien débarquer dans ses vieux habits au lieu de vêtement digne de son nouveau rang, compris rapidement que cette visite avait peut-être d’autres motifs que celle de leur retrouvaille. Il ne voulait pas être reconnu par les gens du peuple ? C’était décevant si on se mettait en tête que le vagabond que Clopin avait pris sous son aile avait en fait honte d’être vu en sa compagnie… Malgré tout, le gitan savait aussi que le caractère de son interlocuteur était beaucoup plus calculateur que le sien. Sans doute que de fraterniser avec les sans-papier n’était pas bon pour son image, mais ce qui le blessait vraiment était de voir que le jeune homme accordait justement beaucoup plus d'importance à la dites image plutôt qu’à leur amitié. Enfin, il lui donnait quand même une chance de s’expliquer ! Il invita son ancien compagnon de route à entrer dans sa modeste demeure dont le sol était recouvert de coussins moelleux et où des pantins à fil pendaient du plafond. Il y avait quand même certains meubles dont un petit atelier de confection de marionnette ainsi qu’une bonne quantité de malle contenant toutes la vie de Clopin derrière leurs gonds. C’était petit, mais plein de vie ! Le marionnettiste retira alors son masque de spectacle ainsi que son chapeau avant de se laisser tomber mollement dans un tas de coussin, invitant Damien à faire de même.  Sur le dos, il sourit à la vue des étoiles que lui et Esméralda avaient peint sur le plafond alors que la danseuse n’avait encore qu’une dizaine d’année… Finalement, il choisit l’option la plus directe.

« On ne sait pas que tu es ici n'est-ce pas ? »  lacha-t-il finalement.


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MessageSujet: Re: Dans le théâtre de la vie, nous jouons plusieurs rôles.   Sam 26 Juil - 22:05




Dans le théâtre de la vie, nous jouons plusieurs rôles.

La vie est une pièce de théâtre : ce qui compte, ce n'est pas qu'elle dure longtemps, mais qu'elle soit bien jouée.



A la fin du spectacle, le natif d'HalloweenTown applaudit comme les autres bien qu'avec un peu moins d'enthousiasme que ces voisins. Triste Sire aurait pu jurer que la morale de l'histoire contée à travers des marionnettes lui était destinée. Impossible. Clopin ignorait certainement sa présence dans le public tout comme le gitan ne savait rien à propos de la dette impayée qui continuait de peser sur les épaules du conseiller. Le comportement du chef des gitans le tira de ses pensées. Ce dernier prit l'argent déposé par une dame et s'éclipsa. Bien que sa curiosité le démange, il ne songea pas à suivre discrètement son ami, sachant que ce petit jeu là était perdu d'avance. A la place, il attendit que le roi de la cour des miracles revienne aidé à la désinstallation du décor pour aller le saluer. L'œil exercé à remarquer ce genre de chose du conseiller remarqua tout de suite la légère inquiétude dans l'accueil qu'il reçut ce qui réveilla à nouveau sa curiosité. Au lieu de faire une remarque pour souligner ce fait, il préféra féliciter Clopin pour son spectacle.

Triste Sire n'était plus habitué à entendre son ancien nom. Lorsqu'il entendait le nom 'Damien' il avait l'impression qu'on parlait d'une autre personne. En quelque sorte, c'était le cas puisqu'il n'avait plus rien avoir avec le jeune homme naïf qu'il était avant de se trouver son nouveau titre. En tant normal, il aurait sans doute rappelé à Clopin qu'il ne s'appelait plus ainsi mais dans le cas présent, il ne voulait pas qu'on le reconnaisse. Alors finalement, c'était une bonne chose de se faire appeler autrement, le temps de cette visite. Si on le reconnaissait dans de tels habits, il n'osait imaginer les conséquences.

Le conseiller savait à quoi s'attendre en venant abordé le gitan. Clopin était quelqu'un de jovial et chaleureux. Aussi se laissa-t-il passer un bras autour des épaules sans chercher à éviter ce geste affectif ni une parole de prestation. Avant qu'il ne puisse répondre à la simple question demandant de ces nouvelles, il fut entraîné dans la roulette du chef des gitans.

Se retrouver dans un décor aussi familier que l'intérieur de la roulotte dans ces anciens habits lui donna l'impression d'avoir fait un bon en arrière dans le temps. Son regard se concentra sur le plafond envahit par les différentes marionnettes. Certaines lui étaient familières, il aussi certains modèles qui n’étaient encore qu'en cours d'élaboration quand Clopin l'avait accueillit dans la troupe et bien sûr, il en vit des nouvelles. Mais son regard fut attiré par une certaine création qui méritait plutôt le qualificatif de 'bout de bois' que celui de 'pantin'.

"Je n'arrive pas à croire que tu l'ai encore." Commenta-t-il en levant la main pour examiner l'ersatz de marionnette.

Ce qu'il tenait dans sa main était la première et la dernière tentative de conception de pantin de Damien. Le résultat était si maladroit et confus, qu'on ne pouvait dire s'il s'agissait d'un personnage masculin ou féminin. Triste Sire fronça les sourcils devant ce souvenir du passé comme s'il creusait dans sa mémoire. Voir cet échec entouré des magnifiques créations du chef des gitans était étrange.

"Je ne me souviens même plus qui j'avais essayé de représenter." Avoua-t-il en lâchant sa création qui se balança un moment à ces ficelles avant de se figer.

Il se souvenait d'avoir été déçu du résultat à cette époque mais il avait tiré de cette expérience une confirmation que sa voie ne se trouvait pas dans un métier manuel. Mettant fin à une éventuelle scène pleine de nostalgie qui ne l'intéressait guère, il s'installa à son tour parmi les coussins. Triste Sire ne montra aucune surprise face à la question de Clopin. Il savait que venir trouver son ami ainsi soulèverait des questions.

"Non." Répondit-il avec franchise. "Et pour être honnête, je préfère que cela reste dure le plus longtemps possible. Ainsi je peux venir voir tes spectacles en toute tranquillité, sans m'encombrer d'une escorte."

Avec certaines personnes, le conseiller ne prenait pas le risque de mentir. Clopin figurait sur cette liste. Il savait que le roi de la cour des miracles avait un esprit aussi aiguisé que le sien. Cependant, il y avait mille façons de dire la vérité. Triste Sire disposait d'une vingtaine d'argument pour justifier sa tenue et toute seraient vraies. Il devait juste choisir la plus pertinente, ne voulant pas que son ami pense qu'il avait honte de lui ou quelque chose dans le genre.

"Mais j'avoue que ce n'est pas la principale raison qui ait motivé cet accoutrement." Avoua-t-il en baissant les yeux. "J'ai quelques ennemis redoutables à la cour royale. Ces personnes cherchent désespérément une faille dans ma cuirasse pour me faire tomber en disgrâce. Afficher clairement une amitié avec quelqu'un reviendrait à leur désigner cette personne comme une cible pour leur manigance. Je m'en voudrais si tu finissais en prison… voire pire… à cause de moi."

Il releva les yeux vers le gitan en prononçant sa dernière phrase, mettant une pointe d'inquiétude dans son regard. Là encore il ne mentait pas vraiment. Il serait ennuyant que Clopin tombe entre les mains de ses ennemis. Si le conseiller savait que la torture n'était pas dans les habitudes de la princesse Marianne, il ne pouvait en dire autant de Lady Radcliffe qui serait prêt à tout pour le faire tomber.

"Même si je sais que tu as plus d'un tour dans ton sac." Continua-t-il avec un mince sourire. "Je préfère être prudent et t'éviter autant d'ennuis que possible."


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MessageSujet: Re: Dans le théâtre de la vie, nous jouons plusieurs rôles.   Sam 20 Sep - 1:46




Dans le théâtre de la vie, nous jouons plusieurs rôles.

La vie est une pièce de théâtre : ce qui compte, ce n'est pas qu'elle dure longtemps, mais qu'elle soit bien jouée.


Aux yeux du chef de la Cours des Miracles, devoir dire au revoir à un ami est l’une des choses les plus difficiles qu’il avait eut à faire dans sa vie. Les gitans ne se disaient jamais adieux, bien qu’ils puissent vivre des années sans croiser la route de leurs proches. On fond, ils faisaient toujours confiance au destin pour les ramener dans les bras des gens qu'ils aimaient. Si l’histoire ne finissait pas bien alors, ce n’était pas la fin ! De ce fait, le jour des retrouvailles devenait alors mémorable ainsi qu’une raison indéniable pour célébrer et danser jusqu’aux petites heures du matin. Clopin ne comprenait pas l’expression ''loin des yeux, loin du cœur'' puisque c’est en l’absence d’une personne que son importance prend alors tout son sens. Cet individu nous manque et on peut seulement espérer qu’on lui manque aussi, c’est aussi simple que cela... Le départ de son ami avait laissé un vide, temporaire certes, mais qui n’en avait pas moins existé. C’était dans leur culture de laisser partir les autres, mais contrairement aux habitudes, voir revenir Damien amenait toujours un lot de questions. Et certaines questions étaient plus délicates que d’autres, voilà pourquoi il amena le jeune homme discuter dans sa caravane.

La roulotte était encombrée du sol au plafond par divers objets insolites ; bricoles pour son spectacle, souvenirs de voyage, vêtements, etc. C’était pourtant un fouillis plein de charme et de confort où l’ancien voleur profitait de ses rares moments de solitude. Affalé sur d’énormes coussins multicolores, son index passé par l’un des trous pour les yeux de son accessoire, il fit tournoyer son masque dans les airs en examinant les étoiles peintes au plafond. Il se perdit quelques secondes dans cette vague de nostalgie. Dans sa tête, sa Esméralda dansait aussi gracieuse qu’un cygne et son rire d’enfant faisait écho à des souvenirs heureux. Au bout d’un moment, il releva son visage pour poser ses yeux bleus sur son invité. Ce dernier reconnu un des objets qui pendaient du plafond et un sourire amical étira les lèvres du gitan. Il examina l’expression de sa vielle connaissance, partagé entre l’étonnement et la réalisation de la laideur de l’objet.

« Je suis un sentimental, tu le sais. Je n’ai pas pu me résoudre à le jeter. »

Pourquoi se serait-il débarrassé de l’une des rares preuves que Damien ait réellement passé quelques temps ici ? De plus, rien que parce que cela avait été taillé par la main d’un ami, la marionnette avait une certaine beauté aux yeux du conteur d’histoire. Quand sa jeunesse se sera envolée, Clopin savait qu’il aurait fait le bon choix lorsqu’il n’y aurait plus que les souvenirs pour lui tenir compagnie. La vieillesse les rattraperait tous un jour, mais les objets eux resteraient !

« Ce qui compte, ce n'est pas que tu es réussi à représenter quelque chose ou non. L'important c’est que tu as au moins essayé de le faire. » rajouta-t-il avec le même ton énigmatique qu’il prenait lorsqu’il expliquait la morale d’un récit. « Si tu étais resté plus longtemps, j’aurais pu t’enseigner quelques trucs. »

Ce n’était pas un reproche, loin de là. Juste une allusion au fait qu’il serait toujours la bienvenue dans leur rand. Ensuite, la conversation pris un tournant plus sérieux. Triste Sire s’installa dans les coussins et osa répondre à la question du bohémien sur sa présence ainsi que sur son choix d’habits. Ses arguments étaient logiques tout d’abord. Il attirait moins l’attention ainsi et on ne le reconnaîtrait pas. Ses ennemis avaient peut-être des informateurs qui prendraient un malin plaisir à associer le conseiller aux sans-papiers. Cela pourrait nuire à la troupe, rajoutant ainsi d’autres noms à la liste noire de Clopin. Des gens à éviter ou à éliminer dans des cas plus extrêmes. Damien essayait de les préserver de tout cela et le marionnettiste hochait de la tête à mesure que le jeune homme s’expliquait.

« Oh je vois ! Les risques du métier je suppose. Ils ne seraient pas les premiers à vouloir ma tête sur une pique et surement pas les derniers, mais ton intérêt pour notre sécurité fait chaud au cœur. »

En réalité, le bohémien se demandait surtout dans quel pétrin Damien s’était encore fourré. Il était en mauvaise état lorsque leur chemin s’était croisé et il espérait que ce genre de situation ne se répéterait pas.  L’artiste ambulant n’osait pas directement demander ce que Triste Sire trafiquait réellement à Nottingham. Il valait surement mieux qu’il ignore certains détails, mais de toute façon, il n’était pas convaincu que son ami lui déballerait tout aussi facilement. Hélas, sa propre inquiétude pris le dessus. Dans un geste presque paternel, l’amuseur public se pencha pour poser sa paume sur l’épaule de son invité.

« J’espère seulement qu’un jour je ne serais pas accueilli aux remparts de Nottingham par ta dépouille qui pend au bout d’une corde. Tu peux me promettre que cela n’arrivera pas ? » Il se contenterait d’un simple signe de tête en signe d'assentiment, mais marqua néanmoins une pause pour examiner l’impact de cette image sur le conseiller. Quand il fut rassuré, le bohémien se redressa en s’éclaircissant la gorge, preuve qu’il pouvait désormais changer de sujet de conversation. « Ne va-t-on pas remarquer ton absence au château ? » Clopin se releva agilement et alla chercher une cruche d’eau ainsi que deux gobelets posés sur sa malle. Un rafraîchissement toujours disponible pour chaque artiste après leur représentation. Un genre de tradition parmi la troupe de gitans. « Tu veux quelque chose à boire ? »


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MessageSujet: Re: Dans le théâtre de la vie, nous jouons plusieurs rôles.   Dim 28 Sep - 9:19




Dans le théâtre de la vie, nous jouons plusieurs rôles.

La vie est une pièce de théâtre : ce qui compte, ce n'est pas qu'elle dure longtemps, mais qu'elle soit bien jouée.



La vie n'était qu'un entrelacement de chemin. Chaque action, la moindre rencontre pouvait en créer une multitude. La curiosité sans fin de Damien le poussait à prévoir, spéculer sur les directions différentes que pouvaient prendre autant ses propres décisions que celle de ses adversaires. Il visualisait cela comme un échiquier, mais cette image ne rendait pas justice au 'jeu'. Parfois, la vie vous mettait devant un croisement décisif et vous ne serez plus jamais le même selon l'embranchement que vous décidiez de suivre.

Sa rencontre avec Clopin était le meilleur exemple d'embranchement que pouvait prendre le destin. Leurs routes s'étaient croisées alors que Damien avaient fui d'urgence le royaume du roi Maurice, il avait été capturé par une guerrière nommée Mulan et faillit être tué par des ogres. Sans l'aide du chef de la Cours des Miracles, il n'aurait sans doute jamais su atteindre Nottingham (pas en un seul morceau en tout cas) et sans ces précieux renseignements, le natif d'HalloweenTown n'aurait sans doute jamais renter sa chance d'atteindre une place au palais. Que serait-il devenu s'il avait décidé de rester définitivement avec les gitans ? Celui qui se faisait désormais appeler 'Triste Sire' n'avait qu'à regarder la caravane de Clopin pour essayer de s'en faire une idée. Sans doute aurait-il été heureux. Il aurait voyagé, exploré, peut-être aurait-il pu recroiser Coraline de temps en temps pour des rencontres moins houleuses que celles qu'ils avaient ces derniers temps. Peut-être aurait-il obtenu cette fin heureuse qui restait toujours un mystère pour lui. Il aurait vécu une vie qui lui rappellerait celle qu'il avait laissée dans son monde sans couleur. Les spectacles des sans-papiers n'étaient pas si différents des grands préparatifs pour le grand spectacle d'Halloween et Clopin avait de nombreux points communs avec Jack. Voilà pourquoi Damien n'avait pu se décider à rester plus longtemps. Le jeune homme n'avait pas pris tout ses risques pour ressasser sans cesse ce qu'il avait perdu ou laisser derrière lui.

Le fil de ses pensées fut interrompu par la contemplation d'un objet qu'il ne pensait plus revoir. Le mot 'objet' était un bien grand mot pour qualifier sa tentative de marionnette. Le terme 'chose' semblait plus approprié. Le conseiller irait même jusqu'à dire 'chose informe ', car il ne savait plus ce qu'il avait essayé de représenter à l'époque et il n'y avait rien dans le morceau de bois qui pouvait constituer ne serait-ce que l'ombre d'un indice pour résoudre cette énigme.

Triste Sire lâcha sa prise sur sa tentative de marionnette qui retourna pendre au bout de ses ficelles en compagnie de pantins bien plus beaux. Il ne comprenait pas pourquoi Clopin n'avait pu le jeter, mais se garda d'en faire un commentaire.

"Je voulais faire des marionnettes aussi belles que les tiennes et je pensais y arriver du premier coup." Commenta-t-il lorsque le chef des gitans lui assura que le plus important était qu'il avait essayé et non le résultat final. "Tu m'as appris beaucoup de choses, Clopin." Assura-t-il ensuite. "La patience pour commencer."

Il était difficile d'imaginer pour les personnes le connaissant que le conseiller avait été un jour beaucoup plus impatient et impulsif, pourtant, c'était le cas. Pourquoi aurait-il brûlé les étapes dès son arrivée dans cet autre monde s'il avait possédé cette qualité dès le départ ? Certains traits de caractère se forgent après de nombreuses erreurs et épreuves.

La minute nostalgie était finie. Le conseiller se décida à s'installer près de son interlocuteur pour répondre à la question inévitable sur sa tenue. Beaucoup de réponses s'offraient à Triste Sire et la plupart contenaient un fond de vérité. Il choisit les arguments les plus logiques en prétextant ne pas vouloir attirer d'ennui à son ami. Le conseiller afficha un sourire désolé tandis que Clopin sembla comprendre ses motivations.

Le chef des gitans semblait avoir une question sur le bout de ses lèvres qui ne vint jamais. À la place, Clopin se pencha pour lui poser la main sur l'épaule. Ce geste et les paroles l'étonnèrent autant qu'ils le firent réfléchir. Le conseiller avait déjà imaginé l'éventualité d'une défaite, il fallait être inconscient pour se croire imbattable et il était trop prudent pour nourrir ce genre de tare qui avait déjà failli causé sa perte par le passé. Sa mort aussi, il y avait pensé. Sa rencontre avec des ogres lui avait montré que la vie était fragile. La pendaison ne faisait pas partie des scénarios qu'il avait pensés. La fuite de Nottingham si les choses tournaient mal non plus. Ce royaume était trop parfait pour ces projets.

"Ne t'inquiète pas pour moi. J'ai tendance à noircir un peu trop le tableau par excès de prudence." Répondit-il sur un ton qui se voulait rassurant tandis qu'il essayait de s'imaginer la scène décrite par le gitan. C'était étrange d'imaginer que quelqu'un serait attristé par son éventuelle exécution, surtout à Nottingham ! "Je sais encore sentir quand le vent tourne. Cela n'arrivera pas, je te le promets."

Triste Sire ne savait pas si les mots qu'il avait choisi de prononcer avaient rassurer Clopin, mais en tout cas, ce dernier finit par lâcher son épaule et se redresser. Le raclement de gorge qui suivit lui indiqua que le sujet était clos.

"Un autre jour, peut-être." Répondit-il lorsque Clopin parla de son absence du château qui pourrait être remarqué. "Etant donné que le dernier bal du Prince Jean s'est clôturer sur l'annonce d'un mariage, l'attention des habitants du château est entièrement concentrer sur ce sujet et les futurs préparatifs qui en découlent. Alors, ils pourront se passer de moi, le temps que je rende visite à un ami."

Tandis qu'il donnait un ton désintéressé à son récit, il suivit du regard son interlocuteur qui s'était levé pour chercher de l'eau. S'il avait été question de vin, le conseiller aurait dû refuser le plus poliment possible, mais il n'avait aucune raison de refuser un gobelet d'eau.

Maintenant qu'il avait vaguement évoqué le sujet qui l'intéressait, Triste Sire désirait changer de sujet pour en minimiser l'importance.

"Je n'ai pas vu Esméralda. Ai-je raté sa partie du spectacle ?" Demanda-t-il juste après avoir accepter le gobelet d'eau. Quelque chose lui dit qu'il venait involontairement de mettre le doigt sur un sujet délicat, aussi ajouta-t-il sur un ton inquiet : "Elle va bien ?"


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MessageSujet: Re: Dans le théâtre de la vie, nous jouons plusieurs rôles.   Jeu 30 Oct - 22:33




Dans le théâtre de la vie, nous jouons plusieurs rôles.

La vie est une pièce de théâtre : ce qui compte, ce n'est pas qu'elle dure longtemps, mais qu'elle soit bien jouée.


En soi, avoir des secrets n’était pas une mauvaise chose. Chacun avait déjà eut, un jour ou l’autre, des pensées ou des gestes déplacés qui ne valaient pas la peine de se rappeler, mais certains mystères étaient plus importants que d’autres. Pour des gens comme Clopin ou Triste Sire, il fallait avoir l’intelligence de jouer avec les non-dits des gens autour d’eux pour assurer leur survie. Ils avaient tant d’ennemis dans ce monde qui n’était pas fait pour leur esprit libre, quoique plus sombre dans le cas de Damien, qu’ il fallait absolument protéger leurs arrières pour s’assurer de la marge en avant… Néanmoins, un humain n’est pas comme une machine. Il n’est pas guidé par des faits indéniables, mais par des sensations, des émotions et des besoins. Le bohémien était mal placé pour juger le conseiller et il affectionnait encore trop le vagabond qu’il avait pris sous son aile pour tenter de le convaincre de faire autre chose de sa vie. En vérité, dans la philosophie du marionnettiste, même le pire chemin était pavé de bonnes intentions à la base. Sans doute voyait-il son ancien camarade plus repentie qu’il ne l’était vraiment.

« Si tu le dis… » répondit le jeune artiste lorsque Damien tenta de le rassurer, mais son sourire montra qu'il était peu convaincu.

Si son ancien compagnon de voyage courrait après la fortune, le pouvoir ou quelque chose d’aussi futile, il espérait que la compétition ne soit pas trop féroce à Nottingham, car il était facile de se brûler lorsqu’on courait après le soleil.  L’acrobate s’était approché de la table qui lui servait d’atelier pour s’emparer de la cruche d’eau fraîche et de deux gobelets.  Dos à son invité, il écouta le brun lui raconter les dernières nouvelles du château en prétextant que l’excitation pour le mariage prochain couvrirait son absence. Aaah c’est si beau un bal ! Voilà bien longtemps que les gitans n’avaient pas été invités à venir se produire durant un de ses événements. Bien sûr, comparé aux festivals qu’organisait le roi de la Cours des Miracles, ce n’était pas si exceptionnel, mais comme tout bon bohémien, Clopin raffolait des couleurs vives et de la musique. Il versa l’eau dans les verres et un sourire narquois étira ses lèvres, voyant la perche que lui tendait le conseiller.

« Oh tu veux parler du plus grand mariage de toute l’année ? » demanda-t-il sur un ton plein d’ironie tout en jeta un coup d’œil à son invité par-dessus son épaule.

Clopin laissa sous-entendre qu’il en avait entendu parler sans nécessairement entrer dans les détails. En même temps, le faire tourner un peu autour du pot étirerait la conversation et lui assurait de passé un plus long moment en compagnie du conseiller. Nombreux étaient les nobles qui venaient à la pêche aux informations dans le campement des sans-papiers, mais seul Damien avait une véritable importance aux yeux du marionnettiste. Ce dernier revient vers les coussins et tendit une coupe au jeune homme, puis pris une gorgée d’eau avant de se rasseoir à ses côtés. À la mention de sa protégée, le visage du gitan s’assombrit. En silence, il fit doucement tournoyer le liquide dans sa coupe et soupira.

« Ma Esméralda est en exile. Enfin, nous le sommes nous les gitans, mais elle ne peut plus revenir dans le royaume qui l’a vu naître. As-tu déjà entendu parler du juge Claude Frollo ? Il nous méprise. Ils nous éradiquerait tous s’il le pouvait, mais il a aussi une fascination malsaine pour notre Esméralda… Elle a dû fuir pour ne pas qu’il lui fasse du mal ou pire encore. »

Cette situation était terrible pour Clopin qui se sentait impuissant. Il n’osait pas demander une aide quelconque à son ancien compagnon de route, car il avait de noirs desseins concernant le juge et moins Damien en savait, mieux le conseiller se porterait. Après que sa carrière de voleur fut enterrée, le roi de la Cours des Miracles s’était juré de ne plus faire le mal autour de lui, mais ce sordide représentant de la loi faisait ressortir ses instincts les plus bas. Pendant une minute, l’artiste sembla perdu dans ses pensées. Son regard fini par recroiser celui du jeune homme, mais dans les yeux de Clopin, cette petite étincelle de joie qu’il portait quotidiennement s’était éteinte.

« Tu sais Damien, les hommes sont faibles... Tu te penses fort jusqu’au jour où quelque chose ou quelqu’un vient remuer la mince partie de ton cœur qui n’était pas totalement recouverte d’une armure. Parfois, tu ignorais même que tu avais cette faiblesse en toi. Dès lors, tu peux être le plus honnête des hommes et devenir un horrible criminel... »

Son ton de voix était lent et neutre. Le marionnettiste n’était pas triste, car il assumait son passé même si personne ne pouvait se vanter de se rappeler du voleur qu'on appelait Trouillefou. Il repensait à cette étrange caverne que lui et ses semblables avaient trouvé pour cacher leur butin, des richesses comme personne n’en avait vu auparavant et qui venait de tous les royaumes. Sauf que l’avarice fut la faiblesse d’un des leurs qui les trahit et entraîna ainsi la mort de cette époque glorieuse des quarante voleurs. Les souvenirs s’effacèrent peu à peu et l’attention du gitan revint vers son interlocuteur.

« La famille est une belle motivation, l’amour aussi, mais plus fondamentalement encore, la faim est très persuasive car elle n’épargne personne. Et ici, à Nottingham, j’entends leurs estomacs gronder à des kilomètres à la ronde… Mais quelque chose a changé depuis la dernière fois. »  

Pause théâtrale. Le gitan vida sa coupe d’eau en prenant des petites gorgées, puis essuya ses lèvres avec sa manche. Malgré son cœur généreux, le jeune homme avait lui aussi un certain gout pour les intrigues et sa bonne humeur revint alors qu’il flairait là une potentielle nouvelle histoire. Il en connaissait déjà les grandes lignes, mais il avait besoin que Triste Sire l’aide à mieux cerner certain personnage.

« Parles-moi un peu de ce Robin des Bois s’il te plait. »

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MessageSujet: Re: Dans le théâtre de la vie, nous jouons plusieurs rôles.   Mer 19 Nov - 12:13




Dans le théâtre de la vie, nous jouons plusieurs rôles.

La vie est une pièce de théâtre : ce qui compte, ce n'est pas qu'elle dure longtemps, mais qu'elle soit bien jouée.


Damien avait rapidement compris qu'il n'avait pas la même façon de penser que les autres. Rien d'étonnant puisqu'il venait d'un autre monde. À partir de cette conclusion, deux choix s'étaient offerts à lui : essayer malgré tout de s'intégrer ou profiter de ce statut d'observateur extérieur que ces origines lui octroyaient. En restant avec Clopin et sa cour des miracles, le natif d'HalloweenTown aurait certainement trouver sa place dans ce monde coloré et aurait sans doute vécut une existence bien plus joyeuse que celle qu'il menait actuellement. Mais, au fond, il lui serait resté la sensation d'avoir gâché sa chance. Cette sensation qui vous pousse à vous demander : j'ai fait tout çà pour ce résultat ? Alors il avait emprunté un chemin plus sombre, plus risqué, mais plus satisfaisant pour sa curiosité sans fin.

Pour cette raison, il gardait ses motivations secrètes, jonglant avec des demi-vérités. Bien qu'il ne doutait pas que Clopin arrive à comprendre son point de vue, le chef des gitans avait prouvé à de nombreuses occasions qu'il avait l'esprit bien plus ouvert que celui des autres habitants de la forêt enchanté, c'était plutôt le fait de préféré ignorer quelle serait la réaction qui poussait le conseiller à garder le silence. C'était également pour cela que Damien n'avait jamais essayé d'écrire à sa famille ou ses amis restés à HalloweenTown. Parfois, un ton paternel pouvait se montrer plus blessant qu'une personne qui affichait clairement sa colère ou éprouvait une haine farouche à votre encontre. Et c'était ironiquement cette première réaction que Triste Sire redoutait le plus.

Heureusement, il n'avait jamais eu à expliquer trop en profondeur ces desseins au marionnettiste. Ces paroles ne semblaient pas avoir entièrement convaincu son interlocuteur. Triste Sire préféra accepter la proposition d'un verre d'eau plutôt que d'insister.

Dans un autre lieu que la roulotte du gitan, le conseiller n'aurait jamais bu une gorgée provenant d'une personne lui ayant tourné le dos pour le servir. Même s'il n'y avait pas recours lui-même, Triste Sire savait que le poison était une arme comme une autre sur son terrain de jeux et pouvait être inutilement méfiant, sur ce, sujet entre les murs du château. Mais pas ici. Mine de rien, ce simple 'oui' montrait toute la confiance qu'il accordait au roi des gitans.

Loin de cette pensée suspicieuse, le natif d'HalloweenTown préféra faire une allusion au prochain mariage qui avait été annoncé lors du dernier bal. Clopin le qualifia de plus grand mariage de toute l'année. Le ton ironique n'avait pas échappé au conseiller et, même sa curiosité fut piquée de savoir que le gitan avait bien l'information qu'il désirait, il répliqua sur un ton détaché :

"Seulement de toute l'année ?"

Il aurait préféré un terme comme l'évènement du siècle. Après tout, ce n'était pas tous les jours qu'un cœur de lion se mariait et ce complot avait été un véritable défi à organiser. Sans doute était-il trop tôt pour donner à ce mariage le titre qu'il méritait. Cette partie-là ne venait que de commencer.

Damien jugea prudent de ne pas creuser d'avantage, il n'était pas pressé. Tandis qu'il prit la coupe d'eau en remerciant Clopin d'un signe de tête, il parla d'Esmeralda. Lui qui croyait diriger la conversation vers un sujet plus léger fut surprit de constater que ce n'était pas le cas. En fait, toute bonne humeur semblait disparaître de la conversation tandis que le roi de la cour des miracles annonçait l'exil de la danseuse.

"Je connais ce juge, ou plutôt sa vision de la justice pour l'avoir subit moi-même avant de te rencontrer." Avoua-t-il.

Le conseiller était toujours resté vague sur sa vie avant d'avoir croisé celle des gitans. Cet aveu était une grande première et un geste nécessaire pour la suite de la conversation. Si Damien devait mettre un nom sur chaque marche qui l'avait conduit vers l'obscurité celui de Claude Frollo figurerait parmi les premiers. Comme toujours, il gardait certain point dans l'ombre. Quoi que dans ce cas précis, on pouvait difficilement lui en vouloir de ne pas désirer s'attarder sur de mauvais souvenirs.

"Tu ne me demandes pas d'aide." Nota le conseiller sur un ton neutre. "Je suppose que tu as tes propres projets concernant cette histoire."

Ainsi, il montrait qu'il respectait cette décision tout en signalant qu'il laissa la porte ouverte si Clopin changeait d'avis concernant une aide éventuelle. Faisait-il cela par amitié ou parce que le gitan était un informateur trop utile pour risquer de se brouiller avec lui ? Peut-être un peu des deux. Tout n'était pas noir ou blanc. Méchant ou gentil. Triste Sire aimait particulièrement les possibilités qu'offraient les zones grises.

Le conseiller garda un silence pensif alors que Clopin fit un discours sur la faiblesse des hommes et les motivations de ceux-ci. Il n'y a pas si longtemps, Damien n'aurait pas prit ce discours au sérieux. Mais lui qui était tellement persuadé d'avoir changé avait eut de nombreuses occasions de constater que le jeune homme qu'il était avant n'avait pas totalement disparu, pour son plus grand agacement.

Par contre, il garda poliment pour lui le fait que leurs avis divergeait concernant la deuxième partie du discours. Pour le conseiller, famille et amour n'étaient que des faiblesses exploitable pour un adversaire. Damien avait prétendu que Coraline était sa sœur parce qu'il était trop dangereux pour quelqu'un de donner l'impression de venir de nulle part et pour gagner la confiance du roi Richard qui donnait une grande importance à la famille. Si la faim était une motivation, le peuple de Nottingham se serait rebeller depuis longtemps et le conseiller aurait certainement agi autrement.

Pendant tout le discours, le regard de Triste Sire n'avait pas quitter la coupe d'eau qu'il n'avait toujours pas vidée. Il leva les yeux lorsque Clopin opéra une pause théâtrale. Combien de fois avait-il vu le conteur d'histoire utiliser se procéder ? Et combien de fois n'avait-il pas utilisé cette ruse lui-même ? Le chef des gitans savait capter l'attention de ses interlocuteurs et son talent fit mouche une fois de plus.

"Robin des bois ?" Répéta Triste Sire comme s'il jugeait ce sujet indigne du moindre intérêt. Sachant que les silences pouvaient être aussi révélateurs que les mots, il poursuivait avec un mince sourire. "Il est... une jolie histoire, rien de plus. On dit qu'il vole aux riches pour donner aux pauvres. Dans les faits, il ruine le royaume avec des actions irréfléchies. Le peuple aime voir en lui un héros, comme si la situation était aussi simple. Le méchant Prince Jean et le courageux Robin des bois."

Après ce résumé, le conseiller se décida enfin à boire une gorgée de son verre. Il supposait que Clopin savait déjà les grandes lignes concernant le hors-la-loi connu sous le nom de Robin des bois et se demandait où le gitan voulait en venir.

"Que veux-tu savoir d'autre ?"


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MessageSujet: Re: Dans le théâtre de la vie, nous jouons plusieurs rôles.   Mar 23 Déc - 0:42




Dans le théâtre de la vie, nous jouons plusieurs rôles.

La vie est une pièce de théâtre : ce qui compte, ce n'est pas qu'elle dure longtemps, mais qu'elle soit bien jouée.



L’eau fit beaucoup de bien sur la bouche sèche du gitan. Il aimait raconter ses histoires à longueur de journée ainsi que de parler de toutes ces choses merveilleuses qui feraient s’émerveiller n’importe quel enfant ou adulte. Le jour où on empêcherait le gitan de parler sera un bien triste jour, car la voix du bohémien avait bercé beaucoup de rêves et d’espoirs, mais parfois aussi, des complots. Néanmoins, Clopin gardait normalement ses murmures sinistres et ses idées plus horribles pour lui, refusant de croire que sur son cœur il y avait toujours cette petite tache noire causée par son passé de miséreux.

Le mariage, le juge et le renégat appelé Robin, c'étaient tous des sujets bien intéressants qui piquaient l’amusement, la rancœur et la curiosité du bohémien. L’acrobate s’installa confortablement dans les coussins de sa roulotte, l’aire détendue avec son éternel sourire bienveillant sur les lèvres. Il vida sa coupe en écoutant son interlocuteur avec attention, essayant de ne pas se distraire par sa haine contre Frollo qui devenait de plus en plus pesante. Dans quelques jours, lorsque la bande d’artiste retournerait à la Cours des Miracles, le marionnettiste allait devoir prendre des mesures drastiques pour empêcher les espions du juge de les atteindre. Bientôt, l’obsession du grisonnant personnage allait devenir une question de vie ou de mort…

Robin des bois. Une autre histoire. Cela allait sans doute alléger l’humeur de l’ancien voleur, même si Triste Sire ne semblait pas aussi excité devant un pareil récit. C’était sans doute plus enthousiasment pour quelqu’un de l’extérieur qui n’avait pas à se questionner sur les agissements de tout le monde, mais pouvait simplement profiter du spectacle. Il était toujours plus facile d’être spectateur qu’être acteur en réalité…

« Il vole aux riches pour donner aux pauvres. Slogan accrocheur en effet ! Et Lady Marianne, quel rôle a-t-elle à jouer dans cette histoire ? »

Ce n’est pas une mauvaise idée de redorer l’image du Sheriff en lui faisait épouser la douce Marianne, mais… Comment Triste Sire réagirait-il s’il apprenait que la demoiselle s’était mise à rassembler les pièces du casse-tête ? Peut-être le savait-il déjà, mais Marianne enquêtait sur les sources d’information du conseiller, sources dont Clopin faisait partie. Il avait rencontré la jeune femme par hasard lorsqu’elle était en route vers le campement du Roi Richard. Elle avait voulu défendre des gitans en difficulté, mais il l’avait empêché de se joindre au combat, un acte qui lui avait sans doute sauvé la vie. Il l’avait ensuite questionné comme il le faisait avec Damien à cet instant, sans nommer le conseiller. Elle n’avait pas compris que le marionnettiste faisait partie des amis du perfide individu, mais ce n’était plus qu’une question de temps… Toutefois, son mariage devrait l’occuper encore pour un moment. Il garda pour lui son opinion sur Robin des bois, car la cause qu’il défendait était semblable à celle qui avait créé le bandit qu’avait été Trouillefou. Pour minimiser l’effet de sa question, sachant que le sujet ennuyait son invité, l’acrobate revint sur le cas de Claude Frollo.

« Pour revenir au juge, Damien. Je dirais que ça dépend, mes plans ne sont pas fixés. Ta main était-elle assez longue pour l’atteindre ? »

Même si son interlocuteur lui proposerait son aide, il ne lui demanderait rien. La question était déjà réglée dans son esprit, mais il était curieux de voir ce que Damien pourrait lui suggérer. Ce combat se finirait dans du sang et pas seulement avec un quiproquo politique entre un conseiller et un juge. Non, ce que Clopin désirait par-dessus tout n’était pas juste que Frollo chute de son poste de pouvoir, mais qu’il soit six pieds sous terre également.

« Il ne sera pas invité au plus beau mariage de toute l’année quand même ? Oui de l’année, car vois-tu, les feux d’artifices, la bonne nourriture, c’est plutôt ennuyeux à la longue… » rajouta-t-il sur un ton plein de plaisanterie, puis fit un clin d’œil à son ami. « ... mais si vous avez besoin de divertissements pour la célébration, quelques-uns de mes frères et sœurs ne refuseront pas une occasion de travailler, j’en suis sûr. »


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MessageSujet: Re: Dans le théâtre de la vie, nous jouons plusieurs rôles.   Sam 3 Jan - 23:34




Dans le théâtre de la vie, nous jouons plusieurs rôles.

La vie est une pièce de théâtre : ce qui compte, ce n'est pas qu'elle dure longtemps, mais qu'elle soit bien jouée.


Quels que soient les sujets, que se soit concernant un échange d'opinion, d'histoires ou concernant des renseignements, toutes les conversations avec Clopin étaient toujours très intéressantes. Même s'il venait toujours avec une idée derrière la tête et non dans le seul motif de prendre des nouvelles du gitan, Damien ne se lassait pas de faire ou de laisser tourner la conversation autour du pot.

Pour l'instant, il avait obtenu un échantillon de ce qu'il désirait entendre : savoir ce qu'on pensait du mariage à l'extérieur des murs du château. Le mariage de l'année. Damien ne pouvait pas s'empêcher de penser : seulement ? Sans doute parce qu'il y voyait bien plus qu'une simple union ou un prétexte de plus pour que la noblesse fasse la fête à Nottingham en ignorant le peuple mourant de faim. Il s'agissait d'une escarmouche qui avait demandé beaucoup de temps à être officialisé et encore plus de préparation en attendant que l'heureux jour arrive. Mariage de l'année ? Il se contentera de cette miette pour l'instant puisque la conversation partit sur d'autres sujets. Passant du sujet moins désinvolte que prévu concernant l'absence d'Esméralda pour aborder le sujet plus épineux de Robin des bois.

Une belle histoire. Voilà comment il décrit le hors-la-loi. Trop belle pour être entièrement véridique. Un héros que le peuple avait choisi pour camoufler leurs lâchetés. C'était si pratique de se réfugier derrière un pseudo-justicier au lieu d'agir par soi-même. Tellement plus rassurant, aussi. Peut-être qu'il y a des années, il aurait autant apprécié ce 'personnage' que son interlocuteur. Damien avait perdu la capacité de rêver en découvrant la noirceur du monde coloré.

"Je savais que tu aimerais." Commenta-t-il avec un sourire alors que Clopin émit son opinion sur le slogan du bandit. "J'ai l'impression que ton spectacle va bientôt compter une nouvelle marionnette."

L'idée ne le dérangeait pas, comme il l'avait déclaré : ce hors-la-loi n'était rien d'autre qu'une belle histoire. Et, même si le bandit se montrait prompt à déjouer certains de ces projets, Triste Sire devait aussi admettre que l'apparition de Robin des Bois avait mis un peu de piquant dans une partie qui s'annonçait bien monotone sans adversaire.

"Quant à Lady Marianne..." Commença-t-il avant de marquer une pause comme s'il hésitait sur la suite. Beaucoup, pour ne pas dire quasiment tout le monde, voyant en Marianne que la princesse innocente qu'elle prétendait être. Le Prince Jean était toujours resté sourd à ces mises en garde concernant sa nièce et le Shérif était trop aveugler par ces sentiments pour la belle. Le conseiller savait que Clopin serait plus ouvert d'esprit devant la vérité, Triste Sire n'avait hésité que par habitude, comme toutes personnes ayant reçu trop de fois l'incompréhension face à son opinion. "Elle est l'une des personnes qui rêverait de me voir tomber dont je t'ai parlé plus tôt." Finit-il par déclarer en buvant ensuite une nouvelle gorgée d'eau. "Elle joue les espionnes pour ce Robin des bois dont elle s'est entichée. Elle est... très douée."

Il ne put cacher totalement une nuance de respect dans ses derniers mots. Il serait exagéré de dire que le conseiller admirait la princesse. Le mot était un peu trop fort pour résumer ce qu'il pensait de Marianne. Cette cœur de lion qu'il rêvait de pouvoir noircir. La demoiselle avait tellement de potentiel et elle le gâchait en se revendiquait défenseur d'une populace qui ne le méritait pas. Sans le retour de Marianne à Nottingham, les projets de Triste Sire n'auraient pas été les mêmes. Sa curiosité concernant les cœurs de lion se serait ternie en même temps que le départ du Roi Richard pour sa croisade.

"Je te l'avais dit. C'est une jolie histoire." Conclut-il pour tenter de dédramatiser ces paroles et surtout ce que ces mots laissaient entendre.

Le natif d'HalloweenTown ne s'attendait pas à ce que la discussion dérive à nouveau au sujet du juge, mais il acceptait cette digression avec plaisir pour éviter d'avoir trop à en dire au sujet de Robin et Marianne. Le chef des gitans n'était pas un idiot, avait-il déjà entraperçu une autre conséquence à propos du fameux mariage à partir de ces dernières informations ?

Il baissa les yeux sur son verre alors que Clopin lui demanda s'il avait le bras assez long pour atteindre Frollo. Le conseiller réfléchissait aux différentes possibilités. Bien qu'il entretînt des liens diplomatiques avec son ancien bourreau, il n'hésiterait pas devant une possibilité de le faire tomber. L'alliance avec le gitan était précieuse au point de se permettre quelques sacrifices dans ce genre.

"Les royaumes sont assez proches pour que ce ne soit pas du domaine de l'inimaginable." Répondit-il sur un ton pensif alors que Clopin lui demanda si le juge pouvait faire partie des invités. "Mais j'ai cru comprendre que le juge n'était pas friand de ce genre d'évènement."

Il finit sa phrase en lançant un regard interrogateur au gitan, comme s'il cherchait à obtenir la confirmation d'une rumeur. Concernant la plaisanterie de son ami concernant une nouvelle allusion au fait que le futur mariage ne sera que l'évènement de l'année en disant que les festivités finissaient par devenir ennuyeux à la longue.

"A moi de le rendre inoubliable dans ce cas." Plaisanta-t-il, avant d'assurer plus sérieusement : "Et je ne manquerais pas de glisser quelques suggestions si je peux trouver du travail aux membres de la troupe."

Il était sincère, même s'il voyait plus cela comme une stratégie que dans le but de rendre service. Le plan concernant le mariage avait encore quelques points d'ombres qu'il cherchait à combler à chaque instant. Il eut d'ailleurs une idée.

"Je sais qui te seras plus utile que moi dans ton affaire avec le juge." Expliqua-t-il en semblant suivre une inspiration soudaine. "Ma sœur : Coraline."

Voilà qui était exceptionnelle. Même s'il espérait toujours obtenir quelques informations concernant les aventures de Coraline a chaque fois qu'il rendait visite à Clopin, il n'évoquait jamais le sujet de sa prétendue sœur ouvertement.

"Si tu arrives à la retrouver... Elle est très forte pour chasser les monstres."

Il avait de plus en plus de mal à comprendre le comportement de Coraline, mais de çà, il en était encore certain.

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MessageSujet: Re: Dans le théâtre de la vie, nous jouons plusieurs rôles.   Sam 28 Fév - 16:31




Dans le théâtre de la vie, nous jouons plusieurs rôles.

La vie est une pièce de théâtre : ce qui compte, ce n'est pas qu'elle dure longtemps, mais qu'elle soit bien jouée.


Du bois. Il aurait besoin de trouver du bois avant son retour à la Cours des Miracles. Il avait cette idée qui lui trottait dans la tête, non pas celle de faire une marionnette, mais autre chose concernant les espions de Frollo… Ce serait grand, ce serait haut, mais certainement pas très beau. Enfin, il n’avait pas tellement envie d’y penser en réalité. Le gitan avait cette vague expression de retourner dans le temps et de rejouer à un jeu qu’il pensait avoir gagné depuis longtemps. Une nouvelle partie avait commencé à son insu et sa reine blanche était menacée. Sa Esméralda ne devait pas tomber ! Au final, l’acrobate n’était sûr que d’une chose, pour ne pas porter le noir du deuil, il s’habillerait de rouge de la tête au pied. Et pourtant, ses yeux rieurs et son sourire d’ange ne laissaient pas percevoir ce point de noirceur sur son âme. Il n’était pour Damien et pour le reste de monde qu’un saltimbanque aux contes farfelus et aux costumes colorés. Peut-être que Clopin essayait aussi de se persuader qu’il n’était que ça. Comme la vie serait plus facile s’il n’avait que des histoires et des confettis dans la tête ! Le conseiller parlait de cette potentielle marionnette qu’il pourrait faire à l’effigie du renégat. Robin des Bois était certes fascinant, mais son histoire n’avait pas encore de fin et donc, ne pouvait pas être raconté par Clopin.

Au compte-goutte, le bohémien avait réussit à avoir ses réponses sur les personnages de cette épopée encore jeune. Peut-être parce qu’il était plus facile de vivre dans le déni, le chef de la Cours des Miracles n’osait évoquer le fait que son compagnon n’était certainement pas du côté des héros. Si l’ancien voleur l’acceptait ce n’était pas à cause d’une folle conviction qu’il pouvait changer les choses. Non, il acceptait les faits car, justement, il ne pourrait pas les changer. Tout ce qu'il pouvait faire, c'était d'essayer de guider son ami sur un chemin moins périlleux. On peut jouer avec les ombres autant qu’on le souhaite, c’est même normal dans un cas de survie, mais en devenir une, c’est là que demeure la véritable tragédie.
Le marionnettiste assimila en silence les informations et détaillait son interlocuteur du regard avec une certaine curiosité. Il devait bien avouer qu’en tant que spectateur, il pouvait bien étudier les protagonistes évoluer dans leur environnement. Ce qui était aussi très intéressant. Était-ce pour cela qu’il ne décourageait pas plus Damien dans ses actions ? Était-ce pour le voir aller où lui-même n’irait jamais ? Assez. Il n’avait pas envie d’explorer ce côté de son esprit, celui tout aussi calculateur et dérangé que le conseiller. De plus, l’artiste ambulant se dit qu’il y avait une conversation qu’il était grand temps de terminer. À commencer par le juge Claude Frollo puisque les vrais monstres sont ceux qui ont l’apparence des hommes.

« Je m’en voudrais d’impliquer des membres de ta famille dans les problèmes qui ne concernent que la mienne, Damien. Mais je vais y penser. Elle aurait peut-être quelques suggestions à me donner. » Sur un soudain élan d’inspiration, Clopin se releva d’entre les coussins multicolores et attrapa un carnet de croquis, un encrier ainsi qu’une plume qui traînaient sur sa table de travail. Il se rassit devant son ami et ouvrit le carnet sur ses genoux, dévoilant les étapes de confection de ses marionnettes. Des gribouillis tantôt illisibles et d’autres d’une étonnante précision. L’esprit de bohémien était une caverne d’Ali Baba à lui tout seul, remplie d’excentricité, mais aussi d'une bonne dose de génie.  « Coraline… Ta sœur te ressemble-t-elle physiquement ? » dit-il alors que ses mains agiles trouvèrent enfin une page vierge. Sa question était surtout une invitation à décrire la jeune femme recherchée comme le prouvait le bout de la plume, trempée dans l’encre noire, qui attendait patiemment qu’on lui dise quoi faire au-dessus du cahier.

Au fur et à mesure que les minutes passèrent, le dessin pris en détail et, avec les indications du conseiller, un visage fini par se former sur la feuille. Tout en s’activant, le gita songea qu’il était grand temps de donner son opinion sur ce mariage qui se préparait. Damien l’avait mérité en proposant d’obtenir du travail pour les siens et un moyen de se débarrasser du juge. Bref, le bohémien n’avait plus cette impression d’être un pion, mais d’avoir lui aussi réussit à mettre la main sur quelque chose d’utile. Sans quitter son ouvrage des yeux, il demanda à son compagnon d’allumer le bougeoir tout près pour lui faire un peu de lumière alors qu’il dessinait, puis il desserra les lèvres à nouveau.

« Tu savais qu’un mariage est la conclusion la plus rependue pour les histoires ? Ils vécurent heureux et eurent beaucoup d’enfants… Cela explique peut-être l’agitation en ville, avec l’annonce de ce mariage, ils sentent que quelque chose va se terminer. Si tout est organisé correctement, ce pourrait être la fin, oui… » Sur la page voisine du dessin de la chasseuse de monstre, le marionnettiste traça des lettres lentement tout en poursuivant son monologue. « Après tout, le dernier mariage royal dont j’ai entendu parler a été interrompu par un invité surprise. J’espère que Marianne n’a pas de méchante belle-mère qui veut sa peau… Pour le sheriff, disons que je lui souhaite une garde avisée, il n’a pas beaucoup d’admirateurs. » Une fois son œuvre terminée, le gitan releva son visage vers le conseiller et retourna le livret pour que Triste Sire puisse admirer son travail. « Comment tu l’as trouve ? » Sous la lumière vacillante d’une bougie, un portrait apporta un peu de vie dans les yeux de son acolyte. Sur l’autre page, le mot ''piège ?'' instaura un autre genre d’ambiance…  

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MessageSujet: Re: Dans le théâtre de la vie, nous jouons plusieurs rôles.   Mer 4 Mar - 12:11




Dans le théâtre de la vie, nous jouons plusieurs rôles.

La vie est une pièce de théâtre : ce qui compte, ce n'est pas qu'elle dure longtemps, mais qu'elle soit bien jouée.


Puisqu'il était originaire d'un autre monde, Triste Sire estimait avoir un regard neutre sur la situation de Nottingham. Un point de vue unique qui lui permettait d'agir sans s'inquiéter des conséquences de ces actions sur des habitants qui ne formaient, à ses yeux, qu'une foule anonyme. Mais il avait aussi conscience que parfois, à force de regarder une partie, on s'y impliquait trop et on ratait peut-être une possibilité évidente pour un spectateur extérieur. Parfois, il était nécessaire d'avoir un regard neuf sur une intrigue. C'est pour cela que l'avis de Clopin était si important pour lui. Le chef des gitans connaissaient également beaucoup d'histoires.

Alors, il répondit patiemment à toutes les questions concernant les divers protagonistes de cette histoire-là. Le conseiller attendit une question concernant son propre rôle dans tout cela, mais cela ne vint jamais. Pourtant, si son interlocuteur l'avait posée, Triste Sire avait déjà une réponse toute prête en tête : il aurait répondu que la situation n'était pas aussi simple que dans les histoires que Clopin racontait. Ou encore, qu'il cherchait à contenir du mieux qu'il pouvait les caprices du Prince Jean en attendant le retour du roi Richard. Une manière détournée de dire la vérité. Du moins, une certaine forme de vérité qui resterait plausible. C'était certainement mieux, finalement, que cette question ne soit jamais évoquée. Damien évitait de mentir à Clopin, ce qui équivalait pour le natif d'HalloweenTown à exprimer une forme de respect envers le marionnettiste.

Ensuite, la conversation dériva sur le juge Claude Frollo qui semblait obsédé par Esméralda, au point que cette dernière s'était retrouvée exiler loin des siens. Si Damien devait choisir entre son alliance avec Clopin et ses contacts avec le juge, son choix serait vite fait. Surtout qu'il n'avait pas oublié les traitements qu'il avait reçu de la part de Frollo pour avoir soi-disant volé un livre. Après avoir évoqué différentes possibilités d'aide, le conseiller évoqua sa sœur comme dernier atout.

"Ridicule ! Esméralda et toi faites aussi partie de la famille." Coupa-t-il sur un ton catégorique lorsque Clopin déclara de ne pas vouloir impliquer des membres de sa famille pour une histoire qui ne concernait que la sienne. "Qui plus est, Coraline ne dit jamais non à une aventure alors n'hésite pas si tu as besoin d'aide."

C'était à cause de l'endroit. Si le natif d'HalloweenTown devait citer un seul lieu qui lui rappelait la vie qu'il avait quitté, c'était bien celui-ci. Clopin avait des airs de ressemblance avec Jack et les spectacles des gitans lui rappelait la parade d'octobre ainsi que l'ambiance et les préparatifs qui en découlaient. C'était un petit bout d'HallowwenTown, les couleurs en plus et le lugubre en moins. La roulotte de Clopin cristallisait toutes ces impressions en un point. Cela le rendait nostalgique. Lui faisait dire des choses que le conseiller n'aurait jamais dites entre les murs du château. Cela lui donnait aussi l'impression dérangeante qu'il n'avait pas autant changé qu'il essayait de le croire, qu'un pas en arrière était toujours possible. Pire, qu'il serait toujours le bienvenu s'il se décidait à le faire. C'était ces impressions qui le poussaient toujours à ne pas rester en compagnie du chef des gitans plus que nécessaire.

Avant qu'il n'en dise d'avantage, Clopin se leva pour prendre carnet de croquis, encrier et plume avant de se rasseoir en face de lui. Damien ne put s'empêcher de jeter un coup d’œil curieux devant les croquis de conception des marionnettes.

"Avant oui... En grandissant, cette ressemblance s'est effacée. Sans doute parce que nous avons choisi des rythmes de vies opposés." Répondit-il devant la question de la ressemblance avec sa soeur.

Il avait employé le ton traînant de celui qui n'était pas certain d'où voulait en venir son interlocuteur avec cette question. Le conseiller avait cru tout d'abord que le gitan allait écrire une lettre et ne voyait donc pas à quoi pouvait lui servir la description physique de sa prétendue sœur. Ce ne fut qu'en voyant la plume suspendue au-dessus de la page vide qu'il comprit où voulait en venir Clopin.

La plume s'activait sur la feuille tandis que Triste Sire se plia à cet exercice. Connaissant l'importance des mots, il essaya de rester le plus neutre possible dans sa description, même s'il obligea de placer quelques comparaisons pour rendre ces paroles plus précises. La partie la plus précise fut concernant les cicatrices de la demoiselle puisqu'il en avait soigné la plupart, il pouvait même dire comment elle avait obtenu chacune d'entre elles ! À une ou deux reprises, il parut hésitant ou se corrigea. Ce n'était pas qu'il oubliait le visage de Coraline à cause de ses visites terriblement espacées, mais plutôt que quand il y repensait, c'était le visage de la jeune fille à l'époque où il l'hébergeait dans ce monde sans couleurs qui lui venait spontanément à l'esprit. Or, comme il l'avait dit, le temps et sa vie sur les routes à chasser toutes sortes de monstres avaient changé ses traits.

Le conseiller obéit lorsque le chef des gitans lui demanda d'allumer le bougeoir pour éclairer son travail puis le laissa à sa concentration. Se faisant, Triste Sire renonça à essayer d'obtenir des renseignements au sujet d'éventuel exploit de sa sœur qui aurait pu parvenir jusqu'aux oreilles du marionnettiste. Son instinct lui disait qu'il avait manqué l'occasion de le faire sans que cela n'éveille les soupçons. Damien ne voulait pas trahir le fait qu'il s'inquiétait au sujet de la vie aventureuse de Coraline parce que, dans sa vie à lui, mettre en évidence une faiblesse pouvait être fatale.

Finalement, le silence fut rompu pour revenir sur le mariage. Le conseiller fit un auditeur des plus attentifs devant les paroles du gitan avant d'émettre un commentaire à son tour.

"J'ai toujours trouvé les fins frustrantes." Avoua-t-il, l'air songeur, comme s'il réfléchissait encore aux dernières paroles de Clopin. "J'ai toujours l'impression qu'il y a un élément de l'histoire qui a été laissé de côté sans être véritablement exploité jusqu'au bout de ces possibilités."

Les fins des histoires étaient très différentes dans son monde d'origine. Au mieux, les héros finissaient fou. Damien ignorait tous des mots 'ils vécurent heureux et eurent beaucoup d'enfants' avant d'arriver dans la Forêt Enchantée. Même maintenant, le concept des fins heureuses était quelque chose qui lui échappait.

Le mariage de la princesse Marianne était un point important de son histoire et, comme toujours dans ce genre de situation, il y avait de nombreuses possibilités. En effet, cela pouvait être une fin ou le début de quelque chose d'encore plus intéressant. Robin des bois pouvait venir tenter de délivrer sa belle ou non, le Shérif pouvait réussir à arrêter le bandit ou non. Quelle issue serait la meilleure ? Le conseiller n'en était pas certain. Parfois, il aimait laisser aller le cours des choses après avoir mis toutes les pièces du jeu en place, car une partie dont l'issue était connue d'avance n'était pas amusante à observer, encore moins à jouer.

Le conseiller nota mentalement le détail concernant l'autre mariage royal. Ces derniers temps, son entière attention était consacrée à Nottingham et au mariage, au point qu'il avait négligé les nouvelles provenant des autres royaumes. Les paroles du gitan avaient piqué assez sa curiosité pour qu'il corrige cette erreur au plus vite.

Triste Sire avait gardé le silence, se contentant d'acquiescer lorsque son interlocuteur aborda le sujet de la protection du Shérif. La garde était un des points qui rendait la partie incertaine puisque les meilleurs guerriers étaient partis en même temps que le roi Richard pour sa croisade contre les ogres.

Puis le dessin fut fini. Lorsque Clopin montra son œuvre, le regard du conseiller quitta à contre-cœur le portrait de Coraline pour se concentrer sur les lettres tracées sur la page a coté. Un sourire apparut sur le visage de Triste Sire.

"Criant de vérité." Commenta-t-il sur un ton impressionné.

Sa réponse vague ne laissait pas deviner si cette remarque était destinée au portait ou au mot écrit à côté, ou encore aux deux à la fois. Il se frotta un instant les mains, signe qu'il hésitait entre deux tournures à faire prendre la conversation. À Nottingham, les oreilles indiscrètes étaient nombreuses. Le campement des gitans était-il une exception ? La curiosité le poussa à savoir, mais la prudence l'aida à choisir ses mots avec soin.

"Était-ce si évident ?" Demanda-t-il finalement avec une certaine crainte de recevoir une réponse positive.

Si ces adversaires avaient l'esprit aussi affûté que celui de Clopin alors, cela pouvait changer tous ses calculs, car les meilleures fins que le conseiller avait imaginé pour cette histoire impliqué la venue de Robin des bois à la cérémonie.

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Dans le théâtre de la vie, nous jouons plusieurs rôles.

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