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L'histoire se déroule en Octobre 2013.

« Tant qu'il y a assez de place pour stocker les guimauves, tout va bien. »
par Valentine Bellamy dans You gave up the fight, you left me behind


Charming ೨ Henry ೨ Ruby ೨ August

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 Goûter printannier

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MessageSujet: Goûter printannier   Lun 30 Juin - 0:49









Elaine et Laudine


« La famille ça peut parfois être compliqué mais rien ne la remplace »





Laudine apposa son sceau sur le parchemin. Au terme de trois jours de réunion avec ses conseillers, venus spécialement à Camelot pour faire leur rapport, tout avait été passé en revu et de nombreuses décisions avaient été prises. Il n'était pas simple d'être une souveraine en déplacement, loin de son royaume et de garder tout de même un oeil sur ses terres. En l'absence d'un roi et d'une reine tout pouvait basculer dans le chaos si on y prenait pas garde. Arriva la question qu'elle redoutait.

- Dame, savez-vous quand notre roi sera de retour ?

Le fameux retour du roi ! Laudine aurait bien aimé le savoir elle aussi. Yvain était parti depuis plus d'un an maintenant et elle désespérait de le retrouver un jour. Toutefois il ne pouvait pas être question de formuler une telle réponse.

- Mon époux reviendra lorsqu'il aura achevé sa quête. Quête qu'il mène au nom du Haut Roi Arthur. Barenton s'illustre en montrant que ses hommes ne sont pas des pleutres et contribuent à la grandeur de la Bretagne.

Le regard fier qu'elle afficha acheva de convaincre l'assemblée. Après les salutations de rigueur, les conseillers prirent congé et Laudine se retrouva seule avec Lunette qui fit remarquer.

- Vous jouez votre rôle à la perfection ma Dame

Le rôle de la femme seule devant se débrouiller seule, Laudine avait appris à le jouer effectivement. Est ce que cela correspondait vraiment à ce qu'elle voulait être ? Non bien sur. Mais les devoirs passaient avant tout. Ce n'était pas parce que son Seigneur ne donnait plus signe de vie, qu'il fallait laisser tomber Barenton. Il était même nécessaire qu'elle affiche une solidarité sans faille avec Yvain. Un couple devait resté uni quoiqu'il arrive. C'était les voeux de mariage qu'elle avait prononcé. La jeune femme vit les yeux de Lunette briller un peu. Elle aussi ressentait le manque de Yvain et aussi de son lion qu'elle avait pris en affection. De plus, Laudine lui avait confié une tâche qui n'était pas des plus simples.

- Toi aussi tu joues bien ton rôle. Tu es mes yeux et mes oreilles à présent. Les renseignements que tu me rapportes sont précieux.

Elle adressa un sourire encourageant à sa confidente aussi sage que discrète qui allait bientôt repartir pour Barenton. Lunette devait se sentir bien seule parfois et si elle l'avait pu Laudine l'aurait rejoint. Mais elle devait rester à Camelot et recueillir le plus de pistes possibles pouvant la mener à Yvain et surtout à son anneau : son précieux!

- Ne t'inquiète pas, un jour tu retrouveras ton ami...Les animaux ne trichent pas eux et ils savent revenir vers ceux qui les aiment.

On ne pouvait pas en dire autant pour les hommes...La jeune reine se ressaisit un peu. Elle n'aimait pas trop avoir des pensées aussi négatives. Elle avait peur d'y croire vraiment et de finir aigrie, incapable de faire confiance en qui que ce soit. Ce qui n'aurait pas été justifié. Elle avait été très bien accueillie à Camelot et avait des amis. C'est en amour que les choses clochaient en fait.

-  Ma Dame, la suivante de Elaine d'Astolat m'a fait part du fait que sa maîtresse avait un peu de temps libre aujourd'hui.

Elaine, la jeune soeur d'Yvain! Elle et Laudine ne s'étaient encore jamais rencontrées et c'était un heureux hasard qu'elles soient à Camelot en même temps. La jeune femme se souvint avec tendresse des moments où Yvain parlait d'elle. Il avait énormément d'affection pour la petite Lady si jeune et si fragile d'après ce qu'il en disait. Aussi Laudine avait hâte de rencontrer sa belle soeur. Peut être même qu'elle avait eu trace de son frère assez récemment. Cet espoir étant très mince la Dame de la Fontaine décida de ne pas s'y accrocher trop ardemment.

- Laisse-moi le temps de changer de toilette puis annonce-moi. Et demande à la cuisine de me mettre un clafoutis de côté.

Laudine gagna ses appartements qui étaient ceux que l'intendant du Haut Roi avait attribué à son mari. Il y avait dans la chambre quelques affaires appartenant à son chevalier mais pas son anneau hélas! Celui qui la changeait en cygne et lui permettait de retrouver sa famille. Impossible donc pour elle de retrouver sa vraie nature. D'un autre côté c'était peut être une bonne chose. Cela pouvait signifier que son amour ne l'avait pas oublié. Pourtant dans ses visions Laudine avait bien vu que rien n'empêchait son cher et tendre de revenir en ses terres. Alors que devait-elle comprendre ? En épouse modèle elle avait pris soin de faire laver et plier les vêtement de Yvain et elle avait disposé elle-même de la lavande dans le coffre à linge de son chevalier pour que celui-ci reste frais et sente bon.

Une fois sa robe passée et un petit brin de toilette effectué elle se dirigea vers la sale des Dames où Lady d'Astolat lui avait donné rendez-vous. Elle passa par les cuisines et remercia le maître-queux. Le parfum qui se dégageait sous le torchon était tout simplement alléchant. Elle cueillit même une petite fleur d'oranger que les cuisiniers faisaient pousser certainement pour aromatiser quelques mets. Ses pas la menèrent sans trop d'hésitation dans la salle des Dames. Il avait fallut du temps à la petite reine pour prendre ses marques dans l'enceinte de Camelot et se repérer correctement. C'est que les lieux étaient gigantesques à ses yeux! Elle avait vécu à Avalon et son propre château était nettement plus modeste.

La pièce était vide, elle était la premiére Laudine disposa le gâteau et un couteau sur une table. En attendant sa belle-soeur, la Dame de la fontaine s'accouda à la fenêtre. Ainsi perchée, elle découvrait l'esplanade du château et ses jardins découpés en massifs de fleurs et de rocaille. Il était curieux de voir que Camelot s'ornait de telles parures de l'intérieur. La brune plongea son petit nez dans sa fleur fraîchement cueillie. Chaque saison avait ses attraits mais le printemps était magnifique, presque enivrant.


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MessageSujet: Re: Goûter printannier   Jeu 3 Juil - 17:15









Elaine et Laudine


« La famille ça peut parfois être compliqué mais rien ne la remplace »





Camelot, Elaine adorait ce château, il était en quelque sorte son échappatoire, l'oublie de sa vie parsemée de secret. Au premier regard, les gens de la cour voient la jeune d'Astolat comme une dame convenable et discrète, personne ne peut se douter du don que lui avait offert la dame du lac à sa naissance, ses chants pouvaient soigner tous les maux. Son père n'avait pas accepté ce cadeau, pour lui il fallait être à l'image de son rang, ne surtout pas bafoué le nom de famille d'Astolat, il garda le don de sa fille pour lui, sans jamais lui en toucher un mot, ce fut Morgane, demi-soeur du roi, qui l'appris à Elaine et par peur de décevoir son père, elle garda, elle aussi le secret, s'évertuant à ne pas chanter en public, un sacrifice lourd à porter vu qu'elle adorait le faire, mais c'était le prix à payer pour rester dans les bonnes grâces du Roi, comme elle pouvait souvent entendre dire son père. Si seulement, c'était le seul secret qui lui avait forcé à garder, obligeant l'enfant de neuf ans qu'elle était de mentir sur la mort de sa mère, dire qu'elle était morte dans son sommeil, au lieu de pouvoir se confier. Pourtant, rien qu'en fermant les yeux, elle pouvait encore voir le sourire de sa mère, ses gestes doux envers elle, courir après elle dans une prairie remplie de fleurs, même si l'enfant pouvait la faire sourire, il y avait toujours cette lueur triste dans son regard, une lueur que rien ni personne ne pouvait faire disparaître. Un jour, lors d'une ballade, les premières feuilles de l'automne tombaient, Elaine pouvait entendre cette mélodie qu'elle lui chantait tout le temps, pourtant petite, elle savait qu'il se passait quelque chose... Au loin, elle l'a vu au bord d'une falaise, elle avait beau crier pour que sa mère lui porte de l'attention, mais celle-ci continuait à chanter et alors qu'Elaine arrivait près d'elle, sa mère lui porta un simple regard avant de se laisser tomber dans le vide. L'enfant s'écroula au sol et vit sa mère se faire engloutir par la puissance des vagues qui frappaient la falaise. Voilà, ce qu'elle devait garder pour elle, sans même pouvoir en parler à ses frères, quand la réputation passe avant tout, que reste-t-il ? Une fausse image de soi-même.

Elle avait quitté ses terres depuis quelques jours. Avant de venir vivre à Camelot après la mort de sa mère, elle n'avait connu que la campagne et il est vrai que la vie à la cour était très différente, il faut suivre le protocole à la lettre, la jeune femme s'en sortait réellement très bien, elle était née pour être une grande dame, épousée un chevalier à laquelle elle donnerait des héritiers, elle n'aspirait à rien de plus et son coeur avait déjà choisi l'homme qu'elle aimerait voir la courtiser, Lancelot. Il était beaucoup plus vieux qu'elle, mais l'âge n'avait pas d'importance, sa mère avait le même quand elle s'était mariée à son père, et même si elle ne fut pas heureuse, elle avait tout de même eu quatre beaux-enfants, trois fils et elle, petite dernière de la famille.

Son père était l'un des conseillers du roi et il préparait le planning de sa fille à la lettre, ses occupations étaient diverses et elle se retrouvait avec très peu de temps libre, pourtant pour rencontrer sa belle-soeur, femme de son frère Yvain, elle fit impasse sur sa séance de couture, cela faisait des années qu'elle maîtrisait cet art, elle avait même brodé sur un mouchoir, un cygne sur le lac qui se trouvait devant sa demeure, les détails étaient bien précis, la copie conforme de ce qu'elle avait pu voir, elle s'était promise de l'offrir à Laudine, lui montrer où avait grandi son mari, pour le cygne, ce fut un pur hasard, pour une raison qu'elle ignorait, elle avait pensé à la femme de son frère qu'elle n'avait jamais encore rencontré. Elle avait vraiment ravi qu'Yvain est trouvé son âme soeur, Elaine faisait partie des jeunes dames qui croyaient en l'amour unique, au pouvoir magique de l'élue de son coeur, alors pour elle, il n'y avait aucun doute sur la pureté des sentiments des deux jeunes gens.

Après que sa dame de compagnie l'aide à se mettre une des dernières robes qu'elle avait confectionnée par ses propres soins, elle se dirigea vers la salle où il était convenu qu'elles se rencontrent, Elaine était tout excitée d'enfin pouvoir mettre un visage sur la femme que lui avait décrite son frère, et quand elle entra dans la pièce, elle fut subjuguée par la beauté de Laudine et s'arrêta net. Celle-ci regardait par la fenêtre, observant surement le paysage qu'offrait le jardin du château. Finalement, elle se racla la gorge pour se faire remarquer et fit une révérence, elle avait affaire à une personne qui avait un rang plus élevé que le sien, il était donc coutume d'agir en conséquence.

- Je suis désolée d'être en retard, j'avais oublié mon cadeau.

Elle tenait dans sa main le mouchoir qu'elle avait cousu et tout en s'approchant doucement le tendit vers sa belle-soeur :

- J'espère qu'il vous plaira, ça représente les terres de notre enfance à Yvain et à moi.

Il était facile de distinguer la douceur d'Elaine sur son visage et surtout le côté rêveur qu'elle avait en commun avec son grand frère, pourtant alors qu'Yvain ressemblait physiquement à son père, la jeune rousse était le portrait cracher de sa mère, de totale opposée.


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MessageSujet: Re: Goûter printannier   Mer 9 Juil - 11:31









Elaine et Laudine


« La famille ça peut parfois être compliqué mais rien ne la remplace »





​La fenêtre de la sale des Dames offrait une vue imprenable sur Camelot.  Etre perchée ainsi lui rappelait de manière foudroyante les moments où elle avait été cygne et ses longues envolées. Laudine avait goûté des instants où toutes les choses du monde et de votre vie semblaient enfin à leur place, où le tableau était complet, où vous vous teniez au coeur de l'univers. Des instants limpides. Un miracle tout simple. Une évidence tellement grande qu'elle ne l'avait pas reconnue sur le moment et qui se révélait de manière brutale comme l'explosion d'un manque qui envahissait tout son être. La jeune-femme haleta, cherchant de l'air comme si celui-ci lui manquait. Ses doigts crispés lachèrent la fleur d'oranger qui tournoya dans les airs et sa main vint se poser sur sa gorge blanche. Laudine retrouva son calme et respira à nouveau correctement, un peu inquiète toutefois de ce qui venait de lui arriver. Une voix mélodieuse acheva de balayer toute angoisse en elle. Se retournant la petite reine vit apparaître devant elle une jeune-fille d'une beauté diaphane,  élancée dont chaque geste était empreint de grace. La jeune soeur d'Yvain! Souriante, Laudine répondit à la révérence de la petite Lady.

-Bonjour Dame Elaine !

La gardienne de la fontaine de Barenton tendit les mains à la dame d'Astolat et les lui serra chaleureusement tandis que celle-ci s'excusait de son retard. Laudine fit signe à sa belle soeur qu'il n'y avait pas de retard et posa un baiser sur la joue d'Elaine.

- Pas de protocole entre nous si cela vous agrée. Nous sommes soeurs après tout!

Elaine ne ressemblait peut être pas à Yvain à proprement parlé. Mais il y avait dans son allure et son intonation de voix des traits similaires frappants. Laudine était persuadée que la jeune-fille était aussi romanesque et attentionnée que pouvait l'être son frère. Ces deux-là étaient issus de la même couvée cela ne faisait aucun doute! Touchée et surprise, Laudine reçut le présent de sa belle soeur avec une certaine émotion. Une merveilleuse surprise toutefois. Laudine, étant, comme toutes les femmes de son temps, versée dans la broderie, savait reconnaître la minutie dans chaque détail d'une étoffe. La jeune reine déploya le tissus pour pouvoir le contempler dans son intégralité.

- Quel magnifique ouvrage !! Merci !

Hasard ou non, Elaine avait représenté sur le mouchoir un cygne sur les terres de leur enfance. La jeune reine songea que peut-être cette petite devait posséder le Don. Les hommes ou femmes ayant des sensibilités et des aptitudes particulières à voir au delà des simples apparences étaient assez nombreux mais s'ignoraient. Pire encore, ils prenaient peur et préféraient étouffer ce qu'ils considéraient comme une malédiction. En Avalon on apprenait à accroître et canaliser ses intuitions. Cet apprentissage s'effectuait dés le plus jeune âge. Et les activités telles que la musique, le chant ou la couture favorisaient grandement les ouvertures de portes à l'esprit.

- Je le garderais toujours sur moi, il me portera chance.

D'un geste de la main, Laudine désigna le clafoutis posé sur la table qui attendait tranquillement que l'on s'occupe de lui. Elle regretta en cet instant de n'avoir rien d'autre à offrir à sa belle-soeur. Toutefois, elle espérait ce n'était que partie remise et qu'il y aurait d'autres occasions.

- Que diriez-vous d'un goûter dans les jardins ? Je gage que, comme moi, vous n'avez pas encore eu l'occasion de profiter de leur beauté puisque le soleil vient juste de faire son apparition.

Le regard vert de la Dame de la fontaine se posa sur le mouchoir finement tissé. Ces eaux et ce château qu' Elaine avait fidèlement représenté elle les avait vu au moins une fois elle en était certaine. Il était fort possible qu'elle soit déjà aller nager là bas sous sa forme de volatile.

- J'aimerais tellement que vous me parliez des tout cela et faire votre connaissance! Vous ressemblez énormément à votre frère vous le savez ?

Et d'une certaine façon cette ressemblance lui faisait mal et l'apaisait en même temps. C'était un peu comme si elle le retrouvait. Laudine espérait vraiment que Elaine parviendrait à lui donner quelques indices, même infimes, qui l'aideraient à retrouver Yvain et son anneau. L'autre aspect des choses, beaucoup plus pragmatique, c'était que le temps lui était compté. D'une part, sans roi, elle ne pourrait pas tenir le gouvernail de Barenton indéfiniment. Ne pas avoir d'homme ou ne serait-ce qu'une apparence d'homme à ses côtés pour diriger serait mal perçu. Et il n'était pas question de songer à un autre mariage, Laudine ne voulait plus en entendre parler! Ensuite, en son fort intérieur, elle savait que sans son anneau, et sans pouvoir vivre pleinement ce qu'elle était, sa vie serait écourtée. Ne venait-elle pas d'en recevoir un avertissement ? Et il n'y avait pas d'héritiers pour prendre la relève. Retrouver Yvain était donc urgent.



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MessageSujet: Re: Goûter printannier   Sam 19 Juil - 13:37









Elaine et Laudine


« La famille ça peut parfois être compliqué mais rien ne la remplace »





L'attachement à sa famille était sans failles, Elaine ne vivait que pour faire honneur à son père et chérir ses frères, Yvain plus particulièrement. Depuis son arrivée à Camelot, il avait pris soin d'elle, lui racontant les histoires qui parcouraient la forêt enchantée. Il avait été son repaire, son recueil, son point d'attache après la mort de sa mère, et même si ne pouvoir rien lui révéler sur la mort de celle-ci était difficile, elle aimait passer des moments à ses côtés, ou le voir combattre lors des tournois. Oui, Elaine était fière de son frère quoi qu'en dise son père.

Rencontrer Laudine, la femme d'Yvain, était une grande chance pour elle. Enfin, elle allait pouvoir voir de ses yeux celle qui faisait battre le coeur de son frère. Elle était arrivée un peu en regard dans la salle des dames et s'excusa envers sa belle-soeur, qui était d'une beauté sans limite, elle comprenait que son ainé soit tombé amoureux. Quand Laudine lui demander de ne pas effectuer le protocole entrent-elles, estimant qu'elles étaient soeurs, la jeune d'Astolat lui offrit un beau sourire et acquiesça d'un signe de la tête, après que celle-ci lui ai baisé la joue. Cela faisait si longtemps qu'elle n'avait pas reçu un geste si affectueux, son père et ses autres frères étaient des hommes froids et Yvain, tout simplement absent.

La jeune dame tendit son cadeau à Laudine, une broderie qu'elle avait confectionnée sur un mouchoir, une parfaite représentation des terres de son enfance, un lieu qu'elle avait beaucoup aimée durant son enfance, avant de découvrir Camelot. À présent, elle s'estimait plus à sa place, entourée par d'autres dames de son rang, puis rien de mieux que la cour pour se trouver un prestigieux mari. Elle regarda sa belle-soeur déplier le tissu et avait hâte de voir sa réaction.

- Quel magnifique ouvrage !! Merci ! Je le garderais toujours sur moi, il me portera chance.

Il était toujours gratifiant de recevoir ce genre de compliment, savoir que Laudine garderait son présent près d'elle la fit sourire davantage. La future dame de Shalott, faisait partie de ces jeunes femmes qui savouraient le moindre moment heureux, comme-ci une part d'elle savait qu'un jour tout ce qui l'entourait, lui serait enlevé par une malédiction, cela serait la mort de celle qu'elle était, ne devenant plus qu'une jeune femme destinée à rester dans une tour sans voir le monde extérieur de ses propres yeux, une dame liée à un miroir magique jusqu'à son dernier souffle. Qui pouvait se douter à cet instant précis que c'était son avenir ? Qu'Elaine pourrait avoir accès à tous les secrets des habitants de la forêt enchantée grâce à son miroir qui lui montrait tout et qu'en contrepartie, elle ne pourrait pas accéder à l'amour auquel elle aspirait tant. Oui, ce mouchoir serait sans doute la seule chose qui rattacherait les deux jeunes dames.

- Que diriez-vous d'un goûter dans les jardins ? Je gage que, comme moi, vous n'avez pas encore eu l'occasion de profiter de leur beauté puisque le soleil vient juste de faire son apparition.

Avant de prononcer ses mots, Laudine avait désigné d'un geste de la main, un clafoutis qui paraissait bien appétissant sur la table. Déjeuner dans le jardin était une bonne idée, la jeune soeur d'Yvain, aimait les fleurs particulièrement les lys, fleur qui deviendront un jour son symbole.

- Cela sera merveilleux, on pourra voir si mes lys ont décidé de pousser.

Contre l'avis de son père, qui estimait que cette tâche revenait au serviteur, elle avait planté en secret des fleurs dans le jardin royal et elle espérait réellement que celles-ci fleurissent, prouvant qu'en plus de ses autres talents, elle avait aussi la main verte. Le regard de Laudine s'était posé sur les broderies du mouchoir, tandis qu'Elaine avait pris le clafoutis dans sa main, déjà prête à rejoindre le jardin.

- J'aimerais tellement que vous me parliez des tout cela et faire votre connaissance! Vous ressemblez énormément à votre frère vous le savez ?

Une lueur de tristesse s'empara de son regard, elle baissa les yeux au sol. Bien sûr qu'il s'agissait d'un compliment, mais chaque fois que son père découvrait qu'elle avait fait entorse à ses règles, il lui faisait le même genre de discours, mais pour lui cela était un tort. Yvain et elle, tenaient leurs caractères de leur mère et la jeune femme savait comment cela s'était terminé et les remarques de son père, la faisait souvent douter de son tempérament bien trop gout. Allait-elle finir comme sa mère ?

- Mon père m'en fait souvent le reproche, il estime qu'Yvain est bien trop sentimental et qu'il a fait honte au code d'honneur de la chevalerie.

Relevant le regard tout doucement, elle voyait encore la colère de son père quand Yvain avait disparu de la circulation. Certaines rumeurs couraient à propos de lui, des rumeurs qui déshonoraient le nom d'Astolat, mais Elaine ignorait ce qui s'était réellement passée et même si elle adorait son frère, une part d'elle lui en voulait, de l'avoir abandonné sans un en revoir.

- Mon père ne veut pas me dire ce qui s'est passé. Après un tournoi, mon frère à quitter le château sans prévenir personne... Il ne m'a même pas dit en revoir, ni même donner des nouvelles depuis ce jour.

Cela pouvait se voir que cette situation la rendait triste, qu'est-ce qu'il avait bien pu faire pour que son père le renie ? Commençant à avancer vers le jardin, les yeux pleins d'espoir, elle finit par demander à Laudine la vérité, pour Elaine, il était certain qu'elle savait, elle était sa femme, ils devaient tout partager, cela se passait toujours ainsi.

- Vous êtes sa femme, vous devez savoir où il se trouve ? Et ce qui s'est passé ?


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MessageSujet: Re: Goûter printannier   Jeu 24 Juil - 11:55









Elaine et Laudine


« La famille ça peut parfois être compliqué mais rien ne la remplace »




Laudine avait passé son bras sous celui d’Elaine tandis que les deux femmes et leur panier se dirigeaient vers les jardins. La jeune sœur de son époux paraissait tout ce qu’il y avait de plus doux et aimable. Sans compter qu’elle était d’une grande beauté !  Elle devait faire tourner la tête de nombreux damoiseaux ! Auquel son père allait-il la destiner ? A un homme qui la méritait, elle l’espérait. Avoir des filles à marier dans sa famille était un atout efficace dans le jeu de la diplomatie. Les mariages étaient loin d’être ce que cela semblait : romantisme, amour etc…Il s’agissait  d’arrangements pour que les terres s’étendent ou soient protégées. Et la terre en ce bas monde était ce qu’il y avait de plus important puisque c’était ce qui leur survivrait à tous. Et il semblait que d’une manière détournée Elaine soit de cet avis puisqu’elle plantait des fleurs. Et pas n’importe lesquelles : des lys, symboles de la royauté

-J’ai hâte de voir cela ! Vous appréciez le jardinage alors ?

Une activité saine et essentielle qui aidait à comprendre bien des mécanismes. Une ombre sembla passer sur le petit visage de la lady lorsque la Dame de Barenton exprima le fait qu’elle ressemblait beaucoup à Yvain. Et elle ne tarda pas à comprendre pourquoi. Le père de famille semblait être le genre d’homme inflexible et dur. Et au goût de Laudine il allait un peu loin dans ses propos. La petite reine n’appréciait pas que l’on déprécie son époux. Bien qu’actuellement elle ne l’avait pas en odeur de sainteté Il n’empêchait pas qu’il était un des meilleurs chevaliers qui soit pourvu de grandes valeurs.

-Vraiment ? Pourtant les qualités de pureté, d’hardiesse, de courtoisie et de fidélité qu’exigent ce code, ne prennent-elles pas leur essence  dans les sentiments que l’on éprouve ?

Ce qui comptait c’était de savoir doser. Et c’était bien là que le bas blessait en effet. Néanmoins la Dame de Barenton pouvait comprendre les craintes parentales vis-à-vis de leurs progénitures. Aussi elle eut un sourire rassurant à l’adresse de la petite lady

- Les parents sont souvent plus sévères et plus exigeants avec leurs enfants qu’avec le reste du monde. C’est probablement parce qu’ils sont inquiets.

Elles arrivèrent à destination. Laudine se félicita de ne pas s’être pris les pieds dans sa robe. C’est que les escaliers étaient en nombre important dans le château du roi Arthur et de la reine Guenièvre ! Les oiseaux pépiaient gentiment, aucune ombre ne semblait vouloir gâcher l’entretien des deux belles-sœurs. La petite reine déploya une couverture avec l’aide d’Elaine et prit place afin de pouvoir déguster le clafoutis à son aise. Tandis que la damoiselle d’Astolat s’installait elle lui posa une question qui effaça tout espoir en Laudine. Elle non plus ne savait pas où était Yvain. Et cela faisait bien plus longtemps qu’elle avait perdu sa trace. Décidément son mari était d’une irresponsabilité sans nom ! Pour autant Laudine n’allait pas le descendre en flèche bien qu’elle lui en voulut encore un peu plus à ce moment-là.

-Si votre frère est parti si subitement c’est pour rétablir l’honneur de votre cousin Calogrenant qui venait d’essuyer un terrible affront. Mais il ne pouvait pas savoir où ça l’entrainerait. Sachez en tous cas qu’il a réussi et que c’est de cette façon que nous nous sommes rencontrés.

Laudine s’empara d’un couteau pour séparer le clafoutis en parts. L’histoire était plus complexe que cela et il s’agissait d’un grossier résumé. Mais tout était vrai. Elle n’allait pas assommer sa belle-sœur avec l’intégralité de son récit dès leur première rencontre. Le « vous DEVEZ savoir où il se trouve » la fit légèrement tressaillir. Oui elle aurait dû, bien certainement mais ce n’était pas le cas. Et qu’elle le veuille ou non elle devait s’en accommoder. A moins que…

-Je ne sais pas exactement où il est en ce moment. Cela fait plus d’un an qu’il a quitté Barenton. Mais ce que je peux vous dire, c’est qu’il est parti en quête pour le bien du royaume et qu’il est toujours en vie. Il accomplit son devoir de chevalier.

N’empêche qu’il aurait pu donner des nouvelles le petit margoulin plutôt que de laisser tout le monde s’inquiéter ! Cette insouciance, typique à Yvain et à la gente masculine exaspérait Laudine au plus haut point. Sans parler du fait qu’il lui manquait horriblement ! Elle tendit une part à Elaine.

-Il est rare, vous savez, que des familles soient réunies. Les hommes sont souvent obligés de partir en guerre ou ailleurs et c’est aux femmes que revient la tâche de tout administrer en leur absence. Tel est le rôle de chacun.

Malgré la fureur qu’elle ressentait vis-à-vis de son époux, elle continuait à le défendre. C’était très paradoxal ! Peut-être qu’à travers ses propos elle essayait de faire comprendre à Elaine que l’amour et le mariage ne revêtaient pas la forme dont parlaient les troubadours. C’était beaucoup plus complexe que cela.

-Il n’empêche que j’aime profondément Yvain. Et puis… Vous connaissez son aversion pour tout ce qui est correspondance n’est-ce pas ? J’écrirais donc à votre père pour palier à cela.



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MessageSujet: Re: Goûter printannier   Dim 27 Juil - 17:37









Elaine et Laudine


« La famille ça peut parfois être compliqué mais rien ne la remplace »





La présence de sa belle-soeur avait un effet rassurant sur la jeune Lady. Même si elle fréquentait la cour et des jeunes dames de son âge, Elaine se tenait souvent en retrait, préférant la compagnie de sa servante ou même de Morgane. Les secrets de son enfance et la bonne réputation que son père voulait garder, la faisaient souvent s'isoler. En se rapprochant de personne, elle n'aurait pas peur de vouloir un jour se confier et que tout retombe sur sa famille. C'était le prix à payer pour rester dans les bonnes grâces de son père.

Après lui avoir répondu qu'elle aimait jardiner, Elaine dévoila le caractère du chef de la famille d'Astolat et surtout son avis sur sa ressemblance avec son grand frère. Ce n'était un secret pour aucun noble de Camelot, que son père voyait son fils comme un échec, le seul point qui échappait à Elaine, la raison qui l'avait poussé à penser cela. Le sujet avait été clos, alors qu'elle n'avait même pas eu le temps de l'interroger suffisamment. Elle se trouvait dans le néant total, devant garder sa statue de femme et donc, surtout pas se mêler des affaires de sa famille. Avant ce jour, cela ne l'avait pas gêné, mais se trouver auprès de Laudine, la fit s'interroger et elle se disait qu'en étant sa femme, celle-ci ne pouvait pas ignorer ce qui s'était passé. Oui, la future dame de Shalott pensait enfin obtenir les réponses à ses questions.

Elles étaient arrivées dans le jardin, Elaine en savoura les moindres odeurs de fleur, il n'y avait pas de meilleur endroit pour déguster un gâteau, surtout en si bonne compagnie. L'aidant à déployer une couverture sur laquelle, elles s'installèrent ensuite. La jeune dame vint une nouvelle fois à l'interroger sur le départ précipiter de son frère. Calogrenant ? Un doute parcouru, le regard d'Elaine. Elle avait revu Yvain, depuis cette époque, il était revenu vivre au château, il lui avait parlé de sa merveilleuse femme, puis surtout, il participait sans cesse au tournoi donné par le Roi Arthur. Elle sentit son estomac se nouer, n'avait-il pas dit à sa femme qu'il était revenu à Camelot après leur mariage ? Et surtout qu'est-ce qui l'avait poussé à disparaître cette fois-ci ? Ce n'était certainement pas pour son cousin, cette histoire datait déjà.

-Je ne sais pas exactement où il est en ce moment. Cela fait plus d’un an qu’il a quitté Barenton. Mais ce que je peux vous dire, c’est qu’il est parti en quête pour le bien du royaume et qu’il est toujours en vie. Il accomplit son devoir de chevalier.

Elaine ne savait plus trop quoi dire ! Elle avait appris à tenir sa langue, pourquoi son frère avait laissé sa femme seule pendant un an ? Alors qu'il passait du bon temps à Camelot. Était-ce ce que son père gardait secret ? Qu'Yvain avait abandonné sa bien-aimée. Ils avaient pu se disputer à ce sujet et son frère avait préféré seulement partir, mais pourquoi ne pas rejoindre Laudine ? Lui donner des nouvelles ? Prenant la part de clafoutis, elle la remercia d'un mouvement de tête, sans pour autant se sentir tout à fait à l'aise avec la situation.

-Il est rare, vous savez, que des familles soient réunies. Les hommes sont souvent obligés de partir en guerre ou ailleurs et c’est aux femmes que revient la tâche de tout administrer en leur absence. Tel est le rôle de chacun.

Elle hocha la tête, tout en goûtant un morceau du gâteau, qui était délicieux. Laudine semblait réellement être une femme adorable et son frère l'aimait, enfin, c'est ce qui lui avait dit. Alors, si elle lui disait qu'elle ne parlait pas de sa fuite pour régler les affaires deCalogrenant, mais de celle qui date de quelques semaines, ou était le mal ? Le visage désapprobateur de son père apparut dans son esprit. Non, elle allait devoir garder le silence, si Laudine pensait qu'il accomplissait son devoir, il valait mieux qu'elle le croit, puis c'était peut-être la vérité.

-Il n’empêche que j’aime profondément Yvain. Et puis… Vous connaissez son aversion pour tout ce qui est correspondance n’est-ce pas ? J’écrirais donc à votre père pour palier à cela.

Voir Laudine parler ainsi de son frère et du mariage lui fit réaliser que ce n'était pas aussi merveilleux, qu'elle avait pensé. Et pourtant, elle voulait toujours espérer avoir un beau mariage avec un prestigieux chevalier, elle ne demandait rien de plus qu'être une grande dame épaulant son mari. Mais pour le moment, elle se devait d'épauler son père et d'être de son côté.

- Si cela vous sied, mais il ne vous écoutera pas. Il n'a jamais eu Yvain en haute estime et sa fuite du tournoi... Yvain est simplement devenu le sujet à bannir des conversations familiales.

Elle avait évité de mentionner le nom du tournoi pour n'éveiller aucun soupçon. Une partie d'elle voulait protéger Laudine de la vérité, si celle-ci l'ignorait réellement. Mangeant un nouveau morceau, elle vit au loin ses lys qui avaient poussé et tout en se levant, affirma :

- Je suis sûr qu'il reviendra et que mon père lui pardonnera, surtout si le roi approuve ces prouesses.

S'éloignant seulement pour aller cueillir une de ses fleurs, elle revint très vite pour la tendre à sa belle-soeur. La pauvre, elle venait de débarquer dans une bien drôle de famille et d'un coup, elle se mit à penser à celle de Laudine. S'installant sur la couverture, elle demanda :

- Et votre famille, où se trouve-t-elle ?


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MessageSujet: Re: Goûter printannier   Mer 20 Aoû - 15:56









Elaine et Laudine


« La famille ça peut parfois être compliqué mais rien ne la remplace »





Laudine reposa sa part de gâteau. Quelque chose n’allait pas. A la réflexion Yvain n’avait jamais parlé d’un tournoi à l’instant où il avait décidé de se rendre à Barenton. Il avait raconté à son épouse qu’il était à la cour du roi Arthur à ce moment-là à la veillée des chevaliers. Et la jeune Elaine insistait sur ce tournoi qu’il aurait quitté brusquement sans explications et qui semblait se passer au château familial. Par conséquent, Yvain avait dû repasser par chez ses parents après avoir quitté Laudine.

-Les dates ne concordent pas il me semble. Vous avez dû voir votre frère plus récemment que moi.

La dame de la fontaine sortit le mouchoir que sa belle-sœur lui avait offert quelques minutes auparavant puis le scruta à la recherche d’un indice quelconque puisque les broderies représentaient les Terres de la famille d’Yvain et Elaine. Pour l’instant rien ne lui venait. Ce soir donc, elle essayerait d’en apprendre plus à l’aide d’un rituel.  Si la grande déesse trouvait cela juste, elle lui délivrerait ce qu’elle avait besoin de savoir. Ce mouchoir était un élément précieux. Elle le posa sur ses genoux.

-Vous semblez être proches. Est-ce qu’il ne vous a rien dit de particulier ce jour de tournoi ou la veille ?

Laudine faisait bonne figure mais elle se sentait particulièrement humiliée par l’attitude de son mari. La tenait-il en si piètre estime pour ne pas avoir songé à lui demander de le rejoindre pour le présenter à sa famille ? Ou peut-être qu’il y en avait une autre. Les chevaliers n’avaient-ils pas la réputation d’être volages ? La dame de la Fontaine pensa alors qu’elle connaissait bien peu son époux. Ils s’étaient mariés trop vite c’était évident ! Elle avait cédé aux raisons politiques et à l’amour parant au plus urgent sans chercher plus loin. Et voilà qu’elle payait le prix de sa légèreté. Si il l’avait trahie il le regretterait ! Elaine dit alors que leur père pardonnerait peut être à Yvain si le Haut-Roi le tenait en belle estime.

-Je l’espère.

Parce que elle ne lui pardonnerait pas !  Et plus le temps passait sans nouvelles de lui moins elle était disposée à le faire. D’ailleurs, elle était résolue à laisser un message à Camelot avant son départ pour signifier que tout était terminé entre eux et qu’elle ne voulait plus le voir. L’inconvénient c’est qu’il avait toujours son anneau sur lui ! Et puis jamais les conseillers ne la laisseraient gouverner seule. Eh bien tant pis, elle bousculerait les traditions ! C’était toujours plus souhaitable que de passer sa vie à attendre. Mieux valait laisser le sujet Yvain de côté pour l’instant puisque la moutarde commençait à monter au nez de la fontainière. La belle Elaine fournit à sa belle-sœur une distraction de premier choix en lui offrant une de ses fleurs de lys. Laudine en huma le délicat parfum et la remercia. C’était très agréable. La petite Lady lui demanda ensuite où était sa famille.

-A Avalon. Ma mère est prêtresse et mon père est barde.

Ses parents lui manquaient terriblement d’ailleurs. Ne plus les voir physiquement était vraiment difficile. Et la seule possibilité qu’elle avait de le faire, Yvain la lui avait enlevé sans le savoir. Plus jamais elle ne pourrait se rendre à Avalon. L’amour rendait vraiment stupide, Laudine avait eu une confiance aveugle en son chevalier !

-Il a une voix exceptionnelle. Profonde et grave. Jamais je n’en ai entendu de semblables ! Est-ce que vous aimez la musique Elaine ?

Parler de sa famille procurait à la petite reine un certain réconfort. Elle aimait et admirait ses parents.  Son enfance pourtant n’avait pas toujours été simple. L’exigence de la Dame du lac et de ses acolytes en matière d’éducation était assez élevées…chaque pupille issue du Grand Mariage avait en effet un rôle à jouer. Celui de Laudine était de garder la fontaine de Barenton, l’un des points stratégiques  des arcanes  de ce que l’on appelait grossièrement « la magie ». Quant à la notion de couple ou de famille, elle  prenait un tout autre sens dans ces terres-là. Plus que jamais Avalon lui semblait être un paradis perdu…Mais avoir été affectée sur ce lieu auquel tenait beaucoup la Dame du Lac était une distinction qu’il fallait apprécier à sa juste valeur.



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MessageSujet: Re: Goûter printannier   Dim 24 Aoû - 17:32









Elaine et Laudine


« La famille ça peut parfois être compliqué mais rien ne la remplace »





Les mensonges, était-ce devenu le seul but de sa vie ? Devoir mentir, cacher des informations à ses proches, Elaine ne voulait pas être une mauvaise personne, cela restait un moyen de protéger les siens, car la vérité à deux tranchants, celle de tout savoir et celle d'en souffrir. La jeune dame faisait face à la femme de son frère, la peur en ventre, peur que celle-ci découvre qu'Yvain n'était pas l'homme qu'elle croyait. Qui était-il ? Une question dont même Elaine ne connaissait pas la réponse, il l'avait abandonnée sans lui dire la raison, même pas un en revoir. Les non-dits surement une histoire de famille, de sa famille.

Elle ne préférait pas la regarder dans les yeux, elle ne voulait pas le blesser. Oui, Elaine avait vu son frère plus récemment qu'elle, mais elle garda le silence, qu'est-ce qui avait à dire ? Elle ignorait ce qui avait poussé son frère à fuir Camelot. Laudine sortit le mouchoir qu'elle avait brodé et l'examina, Elaine se demandait bien ce qu'elle cherchait si attentivement. Sa belle-soeur posa le mouchoir sur son genou et lui posa une question à laquelle elle répondit d'un simple mouvement de la tête. Non, il n'y avait rien dit, elle se retrouvait dans la même ignorance que Laudine. Pour ne surtout pas faire de gaffe, se tenant à ce que son père voulait qu'elle fasse, elle se leva pour aller cueillir une des lys qu'elle avait plantées.

S'installant de nouveau sur la couverture auprès de la femme de son frère, elle lui donna le lys, celle-ci l'huma et la remercia. Elle prit l'occasion pour changer de sujet, lui demandant des précisions sur ses parents.

-A Avalon. Ma mère est prêtresse et mon père est barde.

Avalon ?! Elaine n'avait jamais entendu parler de cet endroit, pour la simple raison qu'elle ne s'était jamais intéressée aux restes du monde, tout ce qui comptait était de se trouver un mari et avoir des enfants. Par contre, elle fut étonnée d'entendre dire que sa mère était une prêtresse et son père barde, elle n'était donc pas née noble, comment avait-elle obtenant son rang ? Une dame ne devait pas se poser autant de questions, se devait de rester à sa place, elle décida de garder toutes ses interrogations pour elle.

-Il a une voix exceptionnelle. Profonde et grave. Jamais je n’en ai entendu de semblables ! Est-ce que vous aimez la musique Elaine ?

Elle écarquilla les yeux face à cette demande, la musique était une partie de son âme, l'essence de son pouvoir, celui qu'elle cachait aux yeux de tous. La dame du lac lui avait offert le don de pouvoir changer tous les maux quand elle chantait, son père avait gardé sa capacité cacher jusqu'au jour où Morgane le découvrit avouant la vérité à l'enfant. Elaine avait gardé cela pour elle, ce n'était qu'un secret de plus.

- Oui, j'aurais aimé l'entendre.

Elle était sincère, Elaine adorerait entendre son père chanter, cela arrivait souvent que des barbes apparaissent lors de grandes réceptions et la jeune dame se faisait un plaisir à les écouter, il n'y avait rien de plus beau que les vibrations des intonations d'un chant, elle s'était toujours dit qu'on ne pouvait pas mentir à travers la musique, la seule chose vraiment sincère au monde. Son regard se fit nostalgique, elle se souvint de la personne qui lui avait donné l'amour du chant, sa mère, celle-ci fredonnait toujours le même air, même au moment de sauter d'une falaise pour mettre fin à ses jours.

- Il arrivait souvent à ma mère de fredonner, un air que je n'arriverais jamais oublier. Je chantais pour elle quand j'étais petite, jusqu'au jour...

Ce fut comme un retour à la réalité, encore quelques mots et elle aurait dévoilé un de ses plus grands secrets. Pointant ses beaux yeux bleus dans ceux de Laudine, il pouvait facilement se lire qu'elle était troublée, puis d'un coup elle annonça :

- Et si je chantais pour vous...

Sans lui laisser le choix, elle se mit à chanter une chanson sur les femmes de marin qui attendaient le retour de leurs maris. Sa voix mélodieuse, pure et surtout magique se répercutait dans tout le jardin. Laudine ne semblait pas blesser, pour Elaine, il lui était impossible que celle-ci remarque qu'elle avait le don de guérison.



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MessageSujet: Re: Goûter printannier   Ven 5 Sep - 12:12









Elaine et Laudine


« La famille ça peut parfois être compliqué mais rien ne la remplace »




Au final Laudine en avait appris plus que ce qu’elle ne l’ aurait vraiment voulu. Les silences de la jeune Elaine étaient assez parlants. La curiosité-si légitime soit-elle- menait sur des chemins  tortueux. Et la famille de son époux semblait bien mystérieuse. Trop. La petite reine n’avait pas vraiment d’affinités avec le secret et le mensonge. Elle préférait de loin la limpidité qui était certes moins confortable que la dissimulation mais plus sereine. Aussi elle se promit de ne plus chercher à savoir ce qu’il en était. Elle avait l’impression d’être sur le point d’ouvrir une boîte de pandore. Et il ne pouvait en être question. La fontainière avait assez à faire comme cela ! Aussi elle hocha la tête et répondit à la petite lady.

-  Je vois…

Car oui, elle voyait toutes les pudeurs et toute la retenue dont Elaine faisait preuve. Peut être avait-elle été elevée comme cela. A prendre sur elle, à ne jamais rien laisser paraître. Ce devait être terriblement contraignant ! Etouffant même. Et c’est cette dernière option qui préoccupait le plus Laudine. Pourvu que sa petite belle-sœur n’aie jamais à en souffrir ! Si jeune soit-elle, elle semblait déjà porter un poids énorme sur ses frêles épaules. Avait-elle des possibilités de l’alléger ?

- Il arrivait souvent à ma mère de fredonner, un air que je n'arriverais jamais oublier. Je chantais pour elle quand j'étais petite, jusqu'au jour...

Et hop ! Encore une interruption. A croire qu’elle s’était trop épanchée. Pourtant elles n’étaient pas en conseil stratégique mais simplement entre elles, à converser. Laudine comprit ainsi que la mère d’Elaine était un sujet à éviter…ainsi que tout le reste de sa famille.

-  Je vois…

Bon, bon, bon…Il fallait trouver un terrain moins glissant dans laquelle la petite Lady pourrait être un minimum à l’aise. La broderie peut être ? Elle semblait la magner avec art. Ou encore le jardinage. Quoiqu’il en soit il fallait un sujet léger et badin. Des potins de cour peut être ? Laudine n’avait jamais été friande de cela. Elle ne se voyait pas comme la plupart des dames polémiquer sur le fait que Guenièvre n’était toujours pas enceinte. Les Saxons peut être ? Mais cela relevait de la politique. Non vraiment, il devenait compliqué de s’entretenir avec Elaine. Elle était charmante et intéressante pourtant et Laudine aurait aimé la connaître d’avantage. Mais cela semblait compromis.

- Et si je chantais pour vous...

Laudine hocha la tête pour acquiescer. C’était une idée intéressante.

-  Volontiers !

Elle se retint de rajouter une note d’humour spécifiant qu’elle était d’accord uniquement si la petite lady ne se sentait pas obligée de s’interrompre dans sa chanson. N’avoir que quelques strophes s’avèrerait assez frustrant ! C’est avec une ardeur que Laudine n’attendait plus que la Dame d’Astolat commença à chanter. Elle avait choisi une complainte de femmes de marins attendant le retour de leur mari. Laudine releva ses genoux qu’elle entoura de ses bras et posa sa joue dessus pour écouter à son aise. Mais les paroles pouvant lui rappeler ce que Yvain et elle traversaient, elle préféra ne pas trop s’y attarder et se concentra d’avantage sur la technique de la mignonne ménestrelle. Parfaite, et jolie voix. Douce, apaisante, magique même. Exactement ce que l’on pouvait attendre d’elle. Mais une complainte restait une complainte. Il n’y avait pas vraiment de performance vocale à accomplir, le ton restait constant. Et Laudine se demandait si Elaine savait oser. Si il lui arrivait de chanter autre chose que ce que l’on attendait d’elle et d’oser pousser sa voix…même devant un auditoire. Elle applaudit.

-C’était charmant ! Vous possédez une voix enchanteresse.

Mais trop timide et c’était bien dommage. En Avalon Laudine avait été habituée aux chants entrainants déclamés avec puissance par bardes et bardesses. Elle-même le pratiquait  et se débrouillait. Lorsque l’on chantait on livrait une partie de soit, on se mettait à nu devant un auditoire. Soit on jouait le jeux et on acceptait d’épouser la chanson, soit on restait en dehors. Dans cette discipline aux yeux de Laudine, qui avait été elevé dans ce culte, il n’y avait pas de demi-mesure. Et elle sentait que Elaine pouvait largement le faire. Se rendait-elle compte des capacités qu’elle avait et qu’elle n’exploitait pas ? Un beau gâchis non ? Sentant que le chant était –peut être- la seule manière qu’Elaine avait d’être elle-même, et puisque elle ne risquait pas de commettre d’impairs diplomatiques en le pratiquant, Laudine se décida. Elle se leva, se pencha sur sa petite belle-sœur et piqua affectueusement la fleur de lys dans la chevelure flamboyante de la jeune-fille.

-  Vous voulez bien chanter encore ? Mais cette fois je vais me mettre à l’autre bout du jardin pour mieux vous regarder.

Ainsi Elaine serait obligée de monter le volume et de choisir autre chose qu'une complainte. On allait voir si la demoiselle allait relever le défit…et accepter de s'épanouir telle une fleur s'ouvrant au soleil.



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MessageSujet: Re: Goûter printannier   Jeu 18 Sep - 21:25









Elaine et Laudine


« La famille ça peut parfois être compliqué mais rien ne la remplace »





Chanter était comme une délivrance, plus aucun secret à garder, plus de bonnes conduites à tenir. Elle pouvait être elle-même et parler avec son coeur. La musique était son don et à travers elle, elle pouvait soigner tous les maux de ceux qui l'entouraient, une guérison qui s'effectuait rien qu'en entendant son chant, n'importe lequel, la magie n'était pas dans les paroles, mais bien dans sa voix. Un don offert par la dame du lac, un don qui allait se transformer en malédiction. S'il y a bien une chose dont Elaine ne se doutait pas, c'était son futur tourmenté, couper du monde, un futur où elle subirait la pire des trahisons, celle d'un père, une trahison qui laisserait des traces pour éveiller un coeur durcit dans un autre monde, bien loin de la forêt enchantée.

Pour le moment, Elaine se trouvait dans le jardin auprès de sa belle-soeur, elle chantait pour elle, une chanson des femmes de marin qui attendaient le retour de leurs maris. Elaine avait une voix douce, mélodieuse et ne montait jamais le ton à cause de son don, la dernière fois qu'elle avait chantée dans ce jardin, Morgane qui s'était blessé le doigt avec une rose avait vu sa plaie se refermer en entendant le chant d'Elaine. Et même si elles étaient devenues très proches, Elaine faisait très attention, elle ne voulait pas être un être magique, mais simplement une dame respectable. Quand, elle eut fini, Laudine se mit à applaudir.

-C’était charmant ! Vous possédez une voix enchanteresse.

Elaine la remercia comme il était coutume de faire, quand une dame d'un rang plus élevé faisait un compliment. Au moins, elle avait réussi à changer de sujet et de ne plus parler de sa famille, elle avait tellement peur de décevoir son père, de dire un mot de trop, qu'elle devait se montrer prudente et cela pouvait être difficile de s'y tenir. La jeune dame savait rester à sa place, elle avait été élevée ainsi, mais devoir tenir sa langue sur un sujet qu'elle ne maîtrisait pas, son frère, n'était pas simple. Laudine se leva en plaçant sa fleur de lys dans ses cheveux.

-  Vous voulez bien chanter encore ? Mais cette fois je vais me mettre à l’autre bout du jardin pour mieux vous regarder.

Ses yeux s'arrondir de surprise. Le pouvait-elle vraiment ? Se levant à son tour, elle resta près de la couverture en regardant Laudine s'éloigner. Regardant autour d'elle, il semblait y avoir personne d'autres dans le jardin. C'était la peur qu'on découvre son don qui la retenait, ainsi que les contenances. Il n'appartenait pas aux dames de chanter à tue-tête, tout du moins celle de la cour.

- Je ne pense pas que ça soit approprié...

Elle regarda une nouvelle fois autour d'elle et se résigna. Quel mal pourrait-elle faire ? Se tenant bien droite, elle se mise à chanter une chanson que Morgane lui avait apprise, ignorant que celle-ci venait d'Avalon. Sa voix virevoltait à travers leurs fleurs, dansait avec le vent. Elaine oublia toutes ses retenus pour se laisser envahir par la musique, il était très rare qu'elle chante de cette façon et pourtant quand elle deviendrait la dame de Shalott, elle ne chanterait qu'ainsi, à tel point que sa voix suivrait le cours de la rivière pour accompagner le dur labeur des paysans qui travailleraient face à l'ile de Shalott. Elle vint à oublier tout ce qui l'entourait, fermant même les yeux quelques secondes et ce fut en les rouvrant que les notes moururent dans sa gorge. Son père se trouvait non loin d'elle, la fusillant du regard.

- Père, je chantais pour...

Elle pointa son regard vers Laudine, son père ne la réprimanderait pas à la vue de tous, ce n'était pas respectable. Non, il gardait toujours sa dignité et le spectacle à laquelle il venait d'assister, lui faisait honte, car ce n'était pas la place de sa fille de s'amuser à faire le barde. Il ne dit aucun mot, mais son regard suffisait à donner des frissons à Elaine. Lui faisant une révérence pour lui témoigner son respect, celui-ci continua sa route avec l'homme qui se trouvait près de lui. Elaine se dirigeait vers sa belle-soeur et effectua une nouvelle révérence.

- Je suis désolée, je dois retourner à ma broderie. J'ai été ravi de passer du temps en votre compagnie... Puis décidant d'agir à sa guise, elle prit Laudine dans ses bras et lui murmura à l'oreille. Je vous souhaite de retrouver mon frère.

Elle pouvait encore sentir le regard désapprobateur de son père dans son dos et décida qu'il était temps qu'elle rentre dans ses appartements.




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