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L'histoire se déroule en Octobre 2013.

« Tant qu'il y a assez de place pour stocker les guimauves, tout va bien. »
par Valentine Bellamy dans You gave up the fight, you left me behind


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 Qu'importe que le vent hurle...

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MessageSujet: Qu'importe que le vent hurle...   Lun 28 Avr - 12:29

 


Qu'importe que le vent hurle...



Shan-Yu et Ting-Ting



Nous aurons le destin que nous aurons mérité.


Shan-Yu ne croyait pas au destin. Pour obtenir quelque chose, il fallait se battre pour l'obtenir. Cette leçon, il l'avait durement apprise. La moindre de ses possessions actuelles, il ne les avait pas obtenu parce que c'était sa destinée de l'avoir mais parce qu'il avait arraché la chose convoité à son ancien propriétaire. C'est ainsi qu'il avait lentement commencé à obtenir des terres, en envahissant les domaines de son ancien souverain. Même pour avoir son armée, il avait fallut qu'il tue le précédent chef des Huns. Le guerrier refusait donc de croire qu'il n'était que le jouet d'une force qui le dépassait. Pourtant, c'était sans nul doute le destin qui conduisait sa route pour la seconde fois vers la Vallée de la paix.

Parce qu'il avait déjà parcourut cette route, des années plus tôt, Shan-Yu savait que les terres abritaient de puissant maîtres du kung-fu. Bien que, jusqu'à présent, il n'avait rencontré aucune résistance dans sa conquête, le guerrier n'était pas naïf. Il savait que son 'armée' n'était composé actuellement que de barbare. Des années d'entraînements ne changeraient pas se fait. Son atout dans cette guerre était que, en tant qu'ancien soldat servant l'empereur, il connaissait toute les tactiques... il savait comment pensait l'ennemi. Cet avantage durera-t-il éternellement ?

Shan-Yu avait besoin d'alliés de valeurs et, parce qu'orgueilleusement il se croyait dans son droit, il ne doutait pas d'en trouver ici. Pour l'heure son regard ne se posa que sur des paysans curieux de voir plusieurs soldats entrés au gallot dans leur contrée si paisible jusqu'alors.  Il n'avait prit que quelques hommes avec lui, refusant de sacrifier son avancée dans les terres de l'empereur en venant si loin du champ de bataille. Venir escorter, même avec un groupe réduit, suffisait pour faire comprendre aux personnes qu'il était venu chercher qu'un refus n'était pas acceptable.

"Habitants de la Vallée de la paix, je suis Shan-Yu, chef des Huns." Se présenta-t-il d'une voix forte. Le chef des Huns vit que sa réputation le précédait dans le regard de certains habitants. "Vous n'avez rien à craindre de moi, car je ne suis pas venu jusqu'ici pour vous apportez la peur mais bien au nom de la justice."

Le guerrier avait l'habitude des discours encourageant pour en avoir fait de nombreuses fois avant une bataille. Certes, il ne savait peut-être pas manié les mots aussi bien qu'un grand orateur mais il pouvait mettre toute sa conviction dans ces paroles. Shan-Yu pensait chaque mots qu'il prononçait, même s'il se mentait autant à lui-même qu'aux autres.

"L'occasion de servir une juste cause plutôt que de suivre les ordres de ce lâche qui nous sert d'empereur." Continua-t-il en montrant tout le mépris qu'il ressentait pour son ancien souverain. "N'avez craindre, je ne vous demande pas de quittez vos champs pour vous battre. Je sais que vous n'êtes pas des guerriers... du moins, pas tous." Son regard passa rapidement sur la foule avant de poursuivre. "Donnez-moi se que je veux et mes hommes ne causeront aucun dégât." Un nouveau silence pour laisser le peuple réfléchir. Finalement sa patience se fissura pour laisser place à la colère et c'est d'une voix plus forte qu'il ordonna :
"Où sont les cinq cyclones ?!"

Les moments de paix promis ne durèrent pas longtemps dans ses pensées. S'il devait réduire se village à feux et à sang comme il l'avait fait avec tous ceux qui s'était opposés à son invasion, il le ferait avec plaisir. D'ailleurs, il sentait bien que ces hommes n'attendaient que cela. Un mouvement dans la foule lui indiqua qu'on laissait quelqu'un arriver jusqu'à lui. Pensant atteindre déjà son but, il se permit d'afficher un sourire... qui disparut bien vite en voyant celle qui lui avait prédit il y a des années qu'il trahirait l'empereur.

"Toi... toujours en vie." Marmonna-t-il entre ces dents.

Lui-même, il y a cela des années, avait menacer de tuer Ting-Ting pour trahison devant sa prophétie, le chef des Huns fut surpris de voir que personne n'avait eu la même idée que lui et d'aller jusqu'au bout de son geste inachevé afin de faire taire cet oiseau de mauvais augure. D'ailleurs, il était tentant de donner un coup de bride pour que son cheval écrase la divinatrice. Au lieu de cela, Shan-Yu descendu de sa monture après avoir fait un geste de la main à l'intention de ces hommes dans un ordre silencieux pour qu'ils se tiennent tranquille.

"Es-tu venu me conduire à eux ou bien essayes-tu de les protéger ?" Questionna-t-il.






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MessageSujet: Re: Qu'importe que le vent hurle...   Mar 29 Avr - 21:00



Qu'importe que le vent hurle...



Shan-Yu et Ting-Ting



Nous aurons le destin que nous aurons mérité.


La journée était belle et tout était paisible dans le village où j'étais venue vivre depuis le drame qui avait eu lieu avec le jeune Shen. Bien sûr, en tant que divinatrice, je n'avais pas une minute à moi : la rumeur de mon don avait dépassé les frontières des royaumes et beaucoup d'étrangers venaient me demander conseil... Ainsi, ma présence au village avait permis l'ouverture d'une modeste auberge, car les visiteurs étaient rapidement devenus trop nombreux pour séjourner chez moi ou chez les habitants, et il était hors de question de laisser ces gens repartir directement après avoir entendu mes prophéties, leurs voyages étaient si longs ! Grâce à tout ceci, les villageois avaient fait de moi la personnes la plus respectée et la plus suivie de leur bourgade : en plus de mettre à leur disposition mon don, je leur permettais de développer leurs activités en dehors des cultures et des élevages. Je faisais figure d'autorité, et cette responsabilité n'était pas toujours de tout repos, l'après-midi qui s'annonçait illustrait ce fait à la perfection. La nuit précédente, j'avais rêvé du retour d'une ombre de mon passé, une personne qui contenait en elle beaucoup trop de rancœur pour s'aventurer jusqu'ici sans arrière pensée. J'étais occupée à cultiver mon petit bout de jardin, ma maison se trouvant dans un coin un peu isolé du village, lorsque le vent porta l'écho d'une voix jusqu'à moi.

« Habitants de la Vallée de la paix, je suis Shan-Yu, chef des Huns. Vous n'avez rien à craindre de moi, car je ne suis pas venu jusqu'ici pour vous apportez la peur mais bien au nom de la justice. L'occasion de servir une juste cause plutôt que de suivre les ordres de ce lâche qui nous sert d'empereur. N'ayez crainte, je ne vous demande pas de quittez vos champs pour vous battre. Je sais que vous n'êtes pas des guerriers... du moins, pas tous. »

Je profitai de la longueur du discours de l'homme pour rallier la place, devinant que le rassemblement y avait lieu. Tout le monde avait arrêté ses activités pour aller voir le nouveau venu. La foule se composait ainsi d'hommes, de femmes et d'enfants... Voir tous les miens encerclés par un petit groupe de soldats me fit froncer les sourcils. Si Shan-Yu voulait la paix, pourquoi amener ses sbires avec lui ? Les habitants de la majorité des villages de la Vallée de la Paix étaient inoffensifs, il l'avait dit lui-même. Un silence pesant accablait l'assemblée, à présent, tandis que le regard de l'orateur sondait la foule.

« Donnez-moi ce que je veux et mes hommes ne causeront aucun dégât. »

Je m'en doutais... Posant doucement la main sur l'épaule du villageois le plus proche, je poussai un léger soupir. La tension et la peur étaient palpables, les mères serraient leurs enfants conte elles, les hommes affichaient une expression à mi-chemin entre la crainte et la colère. Je ne pouvais laisser les habitants du bourg livrés à eux-mêmes, sachant que la situation ne pouvait que dégénérer si personne n'intervenait... En effet, le nouveau venu sembla irrité par l'absence de paroles dans l’assistance car ce fut d'une voix beaucoup plus dure et transpirante de rage qu'il renchérit.

« Où sont les cinq cyclones ?! »

Il était temps pour moi de prendre les choses en main, de protéger les miens. « Laisse-moi passer, je te prie. » murmurai-je à l'attention du jeune homme dont j'avais touché l'épaule précédemment. Me lançant un regard où je pouvais lire respect et hésitation, il s'écarta de deux pas, en silence. Il s'inquiétait pour moi, je le voyais bien, et je lui adressai un sourire paisible pour taire ses craintes. Je n'eus pas besoin de demander aux autres de s'écarter, cependant, car les villageois autour de moi m'avaient vue parler au garçon et frayèrent d'eux-même le chemin qui me mena au centre de la place. Je me tenais droite et fière, le sourire bienveillant toujours accroché aux lèvres. Shan-Yu, de son côté, sembla déçu de me voir, mais cela ne me surprit pas. Je n'entendis pas ses propos, cependant je devinai qu'il exprimait simplement sa surprise : il ne devait sûrement pas s'attendre à me revoir.

Le chef de guerre mit pied-à-terre et je me retins alors de faire de l'esprit sur le sujet, alors que j'avais envie de comparer cette descente de cheval à un retour à la réalité, à un niveau plus modeste qu'il devrait conserver plus souvent... « Es-tu venu me conduire à eux ou bien essayes-tu de les protéger ? » Je continuai ma marche jusqu'à lui et posai ma main sur le naseau de son cheval. L'animal ne broncha pas, son sixième sens lui indiquant que je n'étais pas hostile. « Ils n'ont nullement besoin de ma protection. » J'avais prononcé cette phrase sur un ton neutre et calme, après tout je ne faisais qu'énoncer la réalité. Laissant le cheval tranquille, je reportai toute mon attention sur Shan-Yu. Il portait bel et bien une armure, mais elle ne ressemblait en rien à celles que les soldats de l'empereur arboraient. « Je vois que tu as changé d'allégeance... » Le but de mon intervention n'était pas d'énerver encore plus mon interlocuteur et de provoquer un nouveau massacre, aussi ma phrase se termina ainsi, sans le "comme je l'avais prédit" qu'il aurait fallut ajouter.

« Pourquoi ne pas dire à tes hommes d'aller se reposer à l'auberge pendant que nous discutons ? » dis-je sur un ton qui se voulait respectueux pour ne pas froisser le soldat. « Les récoltes ont été bonnes, cette année, mais le village ne peut laisser passer une journée comme celle-ci sans travailler la terre si l'on veut en faire de même l'année prochaine. » Shan-Yu était intelligent, il avait du comprendre que j'étais la seule à pouvoir l'aider dans cette petite bourgade. Je ne le provoquais pas, par conséquent il n'avait aucune raison de refuser d'accéder à cette simple requête. De plus, cela se montrerait bénéfique pour ses soldats comme pour mes pairs, et quel besoin aurait-il d'emporter des hommes avec lui jusque ma demeure ? Je semblais parfaitement inoffensive, en particulier aux yeux d'un seigneur de la guerre tel que lui.







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MessageSujet: Re: Qu'importe que le vent hurle...   Jeu 15 Mai - 20:12



Qu'importe que le vent hurle...



Shan-Yu et Ting-Ting



Nous aurons le destin que nous aurons mérité.



A une autre époque, Shan-Yu aurait été plus patient. Ce trait de caractère datait d'un temps où il était persuadé que tout viendrait en récompense à celui qui faisait suffisamment d'effort pour le mériter. Ensuite il y avait eu cette promotion qu'il avait attendue pendant des années qui avait été attribué à quelqu'un d'autre. Depuis, le guerrier avait apprit que s'il voulait vraiment quelque chose, il fallait le prendre le force. Évidement, ce genre d'initiative avait un prix. Ce qui était prit par la force, il faudra sans doute le protéger des convoitises le reste de sa vie. Il en serait sans doute ainsi pour les territoires qu'il avait arraché jusqu’ici aux mains de l'empereur.

Depuis qu'il en était arrivé à cette conclusion... disons qu'il acceptait difficilement qu'on lui dise non. Vouloir préserver les chances d'obtenir une alliance avec les cinq cyclones était la seule chose qui l'empêchait de mettre un peu plus d'animation dans ce village pour faire sortir les guerriers de leur cachette. Dans ces conditions, la présence de la divinatrice devant lui n'était pas une bonne nouvelle.

Bien qu'il avait mit pied-à-terre pour parler avec Ting-Ting, il pouvait toujours regarder cette dernière de haut grâce à leur différence de stature. Chose qu'il ne se priva pas de faire. Shan-Yu ne prit pas de gants et demanda directement si la divinatrice serait un obstacle ou une aide dans sa recherche. Au lieu de lui répondre, son interlocutrice préféra toucher le naseau de son cheval. Le guerrier retint la colère qui menaçait de gronder en lui lors qu’enfin il reçut une réponse.

« Ils n'ont nullement besoin de ma protection. »

La divinatrice semblait avoir la désagréable habitude de donner des réponses insatisfaisantes. Le chef des Huns allait répondre que dans se cas, elle devait s'ôter de son chemin mais une nouvelle remarque tua sa tentative de menace dans l'œuf.

« Je vois que tu as changé d'allégeance... »

Cette remarque, qui faisant écho à la prédiction qu'il avait reçut, le blessa dans son orgueil bien plus qu'il ne s'autorisait à le montrer. Le guerrier s'était débarrassé de son armure aux couleurs de l'empereur dès les premiers instants de son exil. La seule chose qu'il avait conservée était son épée car il tenait à prendre la tête de son ancien dirigeant avec l'arme qu'il avait reçu dès ces premiers jours au service de l'armée impériale.

"Comme vous l'aviez prédit ? Est-ce cette remarque perfide qui allait franchir vos lèvres ?" Répliqua-t-il avec humeur. "Navré de vous décevoir mais c'est l'empereur qui m'a trahi et non l'inverse. Il ne me laisse d'autre choix qui de le défier. Croyez bien que j'aurais préféré continuer de le servir mais je ne peux fermer les yeux devant les offenses qu'il commet chaque jour envers son peuple."

Il pensait chaque mots qu'il disait pourtant il aurait été facile de croire que ce beau discours était destinés aux oreilles attentives des villageois toujours présent. Shan-Yu croyait fermement se révolter au nom de la justice et service une juste cause, aussi égoïste que celle-ci pouvait sembler être puisque c'était son honneur bafoué qu'il défendait et non celui du peuple. Un joli mensonge qui l'aveuglait presque autant que la colère qui bouillonnait dans ses veines.

« Pourquoi ne pas dire à tes hommes d'aller se reposer à l'auberge pendant que nous discutons ? Les récoltes ont été bonnes, cette année, mais le village ne peut laisser passer une journée comme celle-ci sans travailler la terre si l'on veut en faire de même l'année prochaine. »

Shan-Yu ne lança aucun regard à ces hommes pour voir si l'idée les tentait. Il n'avait pas besoin de les regarder pour sentir le besoin de liberté qui animait les barbares dont il s'était proclamé le chef.

"Mes hommes sont comme des chiens, divinatrice." Commenta-t-il avec rigueur. "Je ne garantis pas la sécurité de ce village si je lâchais leurs laisses."

Aussi peu respectueuses que pouvait sembler ces paroles envers ces soldats, il ne disait que la vérité. Il daigna tout de même donner sa permission avec un simple 'Allez-y', donnant l'impression qu'il leur accordait là une faveur exceptionnelle, ce qui était sans doute le cas. Nul besoin de menace, Shan-Yu avait acquis sa position de chef des Huns par un règne de terreur. Ceux qui feront des ravages dans ce village avant qu'il n'en ait donné l'ordre subira une mort lente et douloureuse. Chacun des Huns qui l’avaient accompagné le savait.

Parce qu'il ne voulait pas admettre que l'invitation qui se cachait derrière cette proposition l'intriguait, le chef des Huns attendit que ces hommes se soient tous engouffrés dans l'auberge pour faire un geste afin que la divinatrice la guide vers l'endroit qui lui semblerait le plus propice pour poursuivre cette conversation.










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MessageSujet: Re: Qu'importe que le vent hurle...   Mer 25 Juin - 16:48



Qu'importe que le vent hurle...



Shan-Yu et Ting-Ting



Nous aurons le destin que nous aurons mérité.

Comme il fallait s'y attendre, Shan-Yu ne semblait pas heureux de me voir et, bien que mon calme apparent ne le laissait pas voir, il en allait de même de mon côté. Ce n'était pas contre l'homme en lui-même que mon appréhension se dirigeait mais plutôt vers ce qu'il représentait, ses idéaux et la rage quasi-palpable qui l'entourait... Mon village, si petit fut-il, représentait beaucoup pour moi et je refusais tout simplement de le voir risquer les flammes et la désolation de la main de l'ancien soldat de l'empereur. Ainsi, lorsque je constatai l'effet que ma remarque produisit sur le chef de guerre, je me rendis compte qu'il faudrait faire preuve de patience et de tact pour éviter la catastrophe. Sa réponse suffit à confirmer cette résolution, le ton sarcastique employé par Shan-Yu au début de sa réplique ne pouvait être plus clair. La suite de son discours, en revanche, me fit froncer les sourcils. Les talents d'orateur de mon interlocuteur s'étaient améliorées avec le temps mais, si une oreille de villageois pouvait se laisser séduire par un tel phrasé, je demeurais apte à déceler les failles de son langage. Ainsi, l'emploi de mots tels que "trahi", "défier", "offenses" ou l'indémodable "il ne me laisse pas le choix" me faisait ressentir toute la dangerosité de son discours. La mission qu'il croyait devoir remplir ne pouvait aboutir sur rien de bon...

Mieux valait limiter les dégâts autant que faire ce peut, et ce fut la raison qui me poussa à proposer à Shan-Yu un entretien privé. « Mes hommes sont comme des chiens, divinatrice. Je ne garantis pas la sécurité de ce village si je lâchais leurs laisses. » Je pouvais sentir la justesse de telles paroles, au même titre que je sentais une pointe d'indignation chez les dits "chiens" à l'écoute de cette réponse. Retenant mon sourire, il était clair à présent pour moi que le chef de guerre ne pourrait arriver à rien de bon s'il ne parvenait pas à se constituer une armée digne de ce nom. Certes, les mercenaires pouvaient se battre pour vous, mais le motif de leur allégeance n'était pas à prendre à la légère si on voulait parvenir à ses fins. Après tout, un homme à la dignité bafouée par son supérieur, aussi barbare fut-il, n'accepterait jamais de soulever des montagnes pour ce chef-là, du moins ses efforts connaitraient tôt ou tard une limite.

Shan-Yu permit néanmoins à ses sbires de suivre ma recommandation et, peu à peu, la place se vida. Je sentis les regards inquiets de quelques villageois se poser sur moi au moment où ils se détournaient de la scène pour reprendre leurs travaux, aussi me devais-je d'arborer un masque serein pour les rassurer. Le seigneur de guerre semblait lui aussi attendre que le public soit dispersé pour reprendre la conversation car ce fut bien après que le dernier de ses hommes soit rentré dans l'auberge qu'il esquissa un geste à mon attention, sa façon de me donner la permission de le guider. Sa suffisance avait un côté pathétique que je me gardais bien de mettre en relief... Comment pouvait-il se croire si supérieur au reste du monde, et ce en particulier en ma présence, moi qui entretenais ce lien si spécial avec le Monde de par mon don ? « Par ici. » dis-je sobrement alors que j'ouvrais la marche.

Il ne nous fallut que quelques minutes pour atteindre ma modeste habitation et, sans surprise, ce trajet s'effectua en silence. Je poussai le vieux portillon qui donnait accès à l'étroit chemin de terre aboutissant à ma maisonnette puis nous pénétrâmes chez moi. « Assieds-toi. » prononçais-je en désignant une chaise à Shan-Yu. La décoration intérieure devait sans doute le décevoir, comme c'était le cas pour bien des gens pénétrant dans l'antre d'une divinatrice. Beaucoup m'avaient avoué s'être attendus à une ambiance feutrée, mystique, teintée de vitraux colorés et parsemée de tissus veloutés mais mon habitation ne possédait rien de tout cela. On ne pouvait vivre plus simplement, et cette sobriété absolue faisait mon bonheur car elle me permettait de vivre confortablement sans pour autant perdre de vue mon but en ce bas monde.

« Curieuse décision du destin que d'à nouveau croiser nos chemins. » énonçais-je sans détour. J'étais comme cela, passant du coq à l'âne sans prévenir, reprenant une conversation arrêtée sans aucun besoin d'introduire de nouveau le sujet. Je posai une assiette en poterie garnie de gâteaux secs au centre de la modeste table en bois qui trônait dans la pièce et disposai deux bols de terre cuite tout à côté. Sans demander son avis à Shan-Yu, je remplis ces derniers de thé fumant ; mon instinct m'ayant dicté que j'aurais à recevoir quelqu'un en ce jour, j'avais consciencieusement préparé de quoi recevoir et m'étais arrangée pour que tout soit prêt à être servi à n'importe quelle heure de la journée. Une fois satisfaite, je vins m'asseoir en face de mon visiteur et relevai les yeux vers lui. « Découvrons pourquoi tes pas t'ont mené à moi, veux-tu ? »









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MessageSujet: Re: Qu'importe que le vent hurle...   Ven 4 Juil - 19:55



Qu'importe que le vent hurle...



Shan-Yu et Ting-Ting



Nous aurons le destin que nous aurons mérité.


Des chiens. Voilà qui résumait toute l'estime que le chef avait envers ses hommes. Malgré l'orgueil qui se dégageait de lui, Shan-Yu n'était pas aveuglé par la soi-disant légitimité de sa cause pour autant. Jusqu'à présent, ces victoires reposaient sur ces connaissances des stratégies de l'ennemi. Le guerrier avait formé la plupart des soldats de l'empereur qu'il avait dû affronter durant sa révolte. Leur nombre était aussi un atout. Pour l'instant. Même entraîné, des barbares restaient des barbares. Un jour la chance tournera. C'est pour cela que le chef des Huns était venu jusqu'ici. Shan-Yu avait besoin de combattants de valeur qui ferait penché la balance de cette guerre de son côté. Des guerriers qui partageaient ses convictions et qu'il ne devrait pas maintenir sous ces ordres par le règne de la terreur.

Hélas, arriver à la Vallée de la Paix, aucune trace de ces fameuses légendes vivantes du kung-fu. Quelle déception. Seraient-ils des lâches ? Devait-il laisser ces hommes semer un peu de carnage dans ce village pour les faire sortir de leurs trous ? A la place, il se retrouvait face à une personne qu'il aurait espérer ne jamais avoir à recroiser. La divinatrice qui avait prédit qu'il trahirait l'empereur à une époque où il ne pensait qu'à le servir. Le don que prétendait avoir son interlocutrice, le guerrier n'y croyait pas. Comme il l'avait déclaré, le chef des Huns estimait  que c'était l'empereur qui avait trahi les années qu'il avait passé à le servir et non l'inverse. C'était les hommes qui forgeaient leurs futurs de part leur décision et non un destin aussi capricieux qu'immuable.

Pourtant, il avait suivit la divinatrice jusqu'à sa modeste habitation. Shan-Yu s'attendrait à voir la demeure d'une personne profitant de la crédulité des gens, couverte de signes et d'objets soi-disant mystiques. Il fut surpris de tomber sur une maisonnée en aucun point différente de celle des voisons et l'intérieur était aussi modeste que si la divinatrice travaillait dans les champs. Il s'assit sur la chaise que lui indiqua son interlocutrice. Alors qu'il allait montrer les limites de sa patiente en sommant la femme de lui dire les raisons qui l'avait poussé à le conduire jusqu'ici, Ting-Ting le devança en prenant la parole.

« Curieuse décision du destin que d'à nouveau croiser nos chemins. »

"Il me semble vous avoir déjà dit se que je pensais de votre soi-disant destin lors de notre première rencontre." Répliqua-t-il sans détour alors qu'il observait son hôtesse servit gâteaux et thé sur la modeste table en bois.

La première fois qu'il était venu voir la divinatrice, ce n'était pour connaître réellement se que lui réservait l'avenir. Le soldat de l'empereur s'imaginait à l'poque ne recevoir que de bons présages tels que les prodiguaient les charlatans. Une manière de se rassurer avant de se lancer dans une bataille difficile contre envahisseur. Ce qu'il reçut à la place ne lui plut pas.

Même si sa route avait déjà croisé celle de Ting-Ting à une époque où il était bien différent du chef de guerre qu'il était aujourd'hui, Shan-Yu croyait plus que jamais en cet instant que chaque personne traçait sa route, chaque pas représentant une décision. Il n'y avait pas de chemin préétabli. Pour lui, seuls les faibles prétendaient qu'il en était autrement pour justifier leurs revers de fortune. Sans cette conviction qui l'aveuglait, sans doute le guerrier aurait trouvé étrange que Ting-Ting avait déjà tout préparé pour recevoir un visiteur.

« Découvrons pourquoi tes pas t'ont mené à moi, veux-tu ? »

Shan-Yu dût se faire violence pour maintenir son calme. L'insistance de son interlocutrice à démontrer que cette rencontre était pré-écrite mettait à mal sa patience. Lui y voyait un simple hasard et non un signe quelconque du destin.

"Ce n'est pas vous que je suis venu voir mais les Cinq Cyclones. Cela aussi je vous l'ai déjà dit." Répéta-t-il avec la patience qui caractérisait l'œil du cyclone. "Votre regard est-il trop porté vers l'avenir pour faire attention au présent ?"

Malgré son cynisme et son manque de foi sur des sujets qui le dépassaient, il ne pouvait nier le fait qu'il aurait aimé savoir ce que l'avenir lui réserve tout en refusant de croire un tel prodige possible. Shan-Yu voyait très clairement son avenir, pas besoin d'être devin pour se voir tranchant la tête de son ancien dirigeant. Même si la présence de guerrier de valeurs dans son armée augmenterait ses chances, il ne doutait pas de la justesse de son but et de sa victoire finale.

"Moi je ne vois que du hasard là où vous me parler de destin. Pour quel autre raison que la guerre serais-je venir jusqu'ici ?" Déclara-t-il avec un ton de défi, comme s'il voulait mettre Ting-Ting à l'épreuve. "Pour votre thé, peut-être ?"








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MessageSujet: Re: Qu'importe que le vent hurle...   Dim 6 Juil - 13:30



Qu'importe que le vent hurle...



Shan-Yu et Ting-Ting



Nous aurons le destin que nous aurons mérité.

J'avais évoqué le destin et ses tours dans le but d'amener la conversation dans la bonne direction, celle que je connaissais comme étant celle qu'emprunterait notre échange verbal, mais, visiblement, mon hôte s'offusqua à l'écoute de mes paroles. Sa réplique fut cinglante mais j'y répondis par un silence accompagné d'un sourire énigmatique. Bien sûr, lorsque les prédictions tant espérées se révélaient bien loin des espoirs nourris par ceux qui venaient me les demander, il n'était pas rare de voir de fervents serviteurs du Destin répudier immédiatement cette force immuable ! Ainsi, Shan-Yu faisait partie de ces gens qui ne pouvaient accepter la vérité si cette dernière différait trop de leur vision des choses... Lui qui s'était montré si avide de mon pouvoir lors de notre première rencontre.

« Ce n'est pas vous que je suis venu voir mais les Cinq Cyclones. Cela aussi je vous l'ai déjà dit. Votre regard est-il trop porté vers l'avenir pour faire attention au présent ? » fut la réponse calme qu'il m'opposa lorsque je l'invitai à découvrir son avenir. Bien sûr, je pouvais tout aussi bien attendre que la curiosité du chef des Huns le mène seul à me demander une prédiction, puisque je savais que cet entretien ne se terminerait pas sans une lecture de l'avenir, mais je ne pouvais résister à l'envie de le relancer de la sorte. « Quant à moi, je t'ai déjà répondu que les Cinq Cyclones n'étaient pas dans ce village. Et pourtant tu m'as suivie jusqu'ici. » Il ne s'en rendait peut-être pas compte, mais Shan-Yu était un homme qui transpirait de contradictions. Peut-être était-ce mon don qui me permettait de m'en rendre compte, mais on ne pouvait nier un tel fait : un homme ne croyant pas au Destin qui suivait une Divinatrice, un homme convaincu qu'une cause dévastatrice et immorale était juste et vouée au triomphe.

Je saisis ma tasse de thé et pris une gorgée du liquide encore fumant. Mon but n'était pas d'énerver mon hôte, s'il se trouvait dans cet état c'était bien malgré moi : il semblait être perpétuellement fou de rage, une colère contenue mais bel et bien présente. Cependant, il n'était pas dans mes habitudes de mentir ou d'enrober la vérité dans des paroles mielleuses, aussi ne pouvais-je faire autrement que lui opposer des réponses tout aussi déplaisantes à ses oreilles que ses insultes à peine dissimulées à l'égard du monde entier l'étaient aux miennes.

« Moi je ne vois que du hasard là où vous me parler de destin. Pour quelle autre raison que la guerre serais-je venir jusqu'ici ? Pour votre thé, peut-être ? » Une fois de plus, un sourire vint éclairer mon visage. « Qui sait. » opposais-je avec malice au ton de défi dont Shan-Yu m'avait gratifié. Croire au hasard était un bon présage, pour moi. En effet, si les gens étaient capable d'accorder foi à cette force mystique, ils n'avaient plus qu'un pas à faire pour qu'ils se mettent à croire au destin. Et puis, concernant le chef des Huns en particulier, je savais pertinemment qu'il y avait déjà cru par le passé, sinon il ne serait jamais venu me trouver la première fois.

« La guerre, comme tu le sais, est un objectif à double tranchant. » repris-je après quelques instants de réflexion sur les propos que Shan-Yu venait de tenir. Il avait tellement d'expérience dans le domaine du combat que, à n'en pas douter, il balayerait ce conseil du revers de la main en me répondant quelque chose du genre qu'il n'avait pas besoin de moi pour savoir ce genre de choses... Et pourtant, s'il le savait réellement, il ne semblait pas en prendre pleinement la mesure. Je ne pouvais pas prendre de camp dans une telle entreprise : que Shan-Yu ou que l'Empereur l'emporte, même si je savais déjà comment cela se terminerait, avait peu d'importance pour moi. Aussi la neutralité qui m'était caractéristique me permettait de m'inquiéter à la fois pour l'un et pour l'autre. Il s'agissait des êtres dont je me souciais, pas de leurs causes, et, croyez le ou non, le chef des Huns ne faisait pas exception à cette règle : si je savais son entreprise vouée à l'échec, je ne pouvais qu'en ressentir plus de peine pour l'homme qui portait un tel projet sur ses épaules.

Poussant un léger soupir gonflé de compassion, je poussai l'assiette remplie de gâteaux en direction de mon invité. « C'est une route bien périlleuse que tu empruntes, et les œillères de la colère et de la justice qui semblent te motiver t'empêchent de voir. » Et voilà, c'était plus fort que moi, presque naturellement, j'arpentais le chemin de la prédiction et, si pour le moment je me contentais d'énoncer des faits présents, l'avenir ne tarderait pas à surgir. « Ta cause serait tellement mieux desservie si tu pouvais te libérer de ces ressentiments. »

Je savais que ce que je lui disais ne devait pas plaire à mon interlocuteur, et pourtant... S'il prêtait une oreille vraiment attentive à mes dires, il pourrait y déceler un moyen de triompher de toute cette rage et de trouver la paix. En effet, une chose qu'il fallait savoir c'était que le destin, tant qu'il n'était pas prononcé à haute voix, avait toujours une chance d'être altéré. Ainsi, tant que Shan-Yu ne connaissait pas son avenir, et s'il se rendait compte que je ne positionnais pas en ennemie mais plutôt que j'essayais de l'aider en lui disant tout ceci, alors peut-être aurait-il une chance de réussir ; de vaincre l'Empereur... Si seulement il entreprenait cette guerre sous une toute autre optique.






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MessageSujet: Re: Qu'importe que le vent hurle...   Dim 13 Juil - 21:46



Qu'importe que le vent hurle...



Shan-Yu et Ting-Ting



Nous aurons le destin que nous aurons mérité.



Shan-Yu se demandait pourquoi il avait accepté de suivre la divinatrice. Un doute qui se raviva lorsque son interlocutrice souligna tout le paradoxe de cette décision. Lui qui avait crut que la prophétesse voulait s'entretenir de choses importantes se retrouvait à subir un discours sur le destin accompagné de thé et de gâteau. Ting-Ting parlait avec un calme déstabilisant et une pointe de mystère, ne sembla pas craindre le moins du monde la possibilité que son interlocuteur puisse répondre par la violence. A croire qu'elle savait d'avance comment cette conversation allait se dérouler. Une autre constatation dérangeante.

Le guerrier avait pendant cru à la nécessité de recevoir de bons présages, de voir des signes qui vous renforçaient dans vos décisions comme si l'univers pouvait approuver vos actes. Cette période là était finie depuis longtemps. Ironiquement, il avait cessé de croire en tout cela précisément avec l'événement qui aurait du renforcer cette croyance : la première prédiction qu'il avait reçu de la divinatrice. Depuis, Shan-Yu pouvait tolérer le hasard mais pas davantage. Ces hommes par contre étaient des plus superstitieux, comme pouvait l'être des barbares. Voilà la seule chose qui le retenait de ne pas menacer la divinatrice de sa lame. Même si ces hommes n'étaient pas ici, un geste violent à l'encontre d'une personne aussi 'mystique' que Ting-Ting parviendrait certainement jusqu'à leurs oreilles. Le chef des Huns ne voulait pas se retrouver obligé à imposer de nouveau son autorité à ces soldats. Il savait qu'à trop battre une bête, elle finissait par vous mordre. Même à la tête de sa propre armée, le guerrier se retrouvait enchaîné à certaines règles. Prouvant que la liberté était quelque chose de bien illusoire.

Pour s'obliger à desserrer sa prise sur la garde de son épée, il prit la tasse de thé. Il lança un regard méfiant à son interlocutrice comme s'il essayait de déterminer si Ting-Ting avait des projets d'empoisonnement à son encontre.

« La guerre, comme tu le sais, est un objectif à double tranchant. »

Shan-Yu retint un sourire et préféra boire une gorgée de son thé plutôt que de faire un commentaire cynique sur ce qu'il pensait des objectifs qu’offrait la guerre. Lui savait de quoi il parlait. Son interlocutrice pouvait-elle également le prétendre alors qu'elle séjournait dans une région qui se nommait 'vallée de la paix' ? Le guerrier en doutait. Sa main se crispa légèrement devant le soupir compatissant de la divinatrice. A nouveau, il eut l'impression aussi dérangeante que déroutante que Ting-Ting avait connaissance d'information qui lui échappait.

« C'est une route bien périlleuse que tu empruntes, et les œillères de la colère et de la justice qui semblent te motiver t'empêchent de voir. Ta cause serait tellement mieux desservie si tu pouvais te libérer de ces ressentiments. »

Le guerrier ignora intentionnellement l'assiette poussée dans sa direction. Il préféra se concentrer sur les paroles énigmatiques de la divinatrice. Il but une nouvelle gorgée de sa tasse avant de la reposer sur la table dans un bruit sec. Le regard qu'il porta à son interlocutrice était brûlant, ne laissant aucune possibilité de refus.

"Garder vos tournures de phrases mystérieuses pour les crédules vous servant de clientèle." Répondit-il avec sévérité. "Si vous avez à votre disposition des informations qui pourraient m'être utile, dites-les  sans attendre."

Le chef des Huns insista en employant une technique qu'il était devenu presque une seconde nature chez lui depuis qu'il avait quitté l'armée de l'empereur : la menace. Il se détendit légèrement comme quelqu'un qui maîtrisait une situation qui, en réalité, dépendait d'éléments qui lui échappait.

"Vous dites que les Cinq Cyclones ne sont pas dans ce village, cela veut dire que personne ne vous protégera en cas d'attaque." Annonça-t-il sur un ton lourd de sous-entendu sans pour autant clairement menacer son interlocutrice.

Sans doute aurait-il obtenu la réponse tant convoité en demandant clairement à Ting-Ting de lui lire son avenir mais cela reviendrait à porter un coup beaucoup trop sévère à son orgueil.










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MessageSujet: Re: Qu'importe que le vent hurle...   Lun 14 Juil - 18:42



Qu'importe que le vent hurle...



Shan-Yu et Ting-Ting



Nous aurons le destin que nous aurons mérité.

Shan-Yu était, décidément, un client réticent. Il ne se voyait certainement pas comme tel, mais moi je savais bien qu'il ne pouvait pas en être autrement. Le chef de guerre se trouvait dans ce village, dans ma maison, pour une raison précise : l'avenir. Le fait qu'il n'en soit pas conscient n'était qu'une bagatelle pour moi. La prédiction aurait lieu, le Destin l'avait décidé. Mon visiteur avait pris quelques gorgées du thé que je lui avais servi, non sans m'avoir lancé au préalable lancé un regard lourd de sens. Pensait-il que j'allais l'empoisonner ? C'était bien là une autre preuve de sa chute imminente. Il voyait tellement d'ennemis autour de lui qu'il en devenait paranoïaque... Et aveugle. En effet, s'il avait observé avec attention, il aurait vu que je m'étais moi-même servie une tasse du même thé qui remplissait le récipient face à lui. Enfin, une telle observation n'aurait même pas été nécessaire s'il s'était montré un minimum capable d'éprouver de la confiance. « Gardez vos tournures de phrases mystérieuses pour les crédules vous servant de clientèle. Si vous avez à votre disposition des informations qui pourraient m'être utiles, dites-les sans attendre. » prononça-t-il sur un ton impérieux, tout en posant brutalement la tasse sur la table. « Attention avec cette tasse, je te prie. J'y tiens. » Comment cet homme qui ne respectait rien pensait-il obtenir le mien ? Par la force ? Non, visiblement, c'était une autre tactique tout aussi sournoise qu'il employait.

« Vous dites que les Cinq Cyclones ne sont pas dans ce village, cela veut dire que personne ne vous protégera en cas d'attaque. » ajouta-t-il en ignorant mon intervention à propos de la vaisselle. La menace, voilà donc sur quoi se basait toute son autorité... Je soupirai en secouant lentement la tête de gauche à droite. Le chemin que l'ancien soldat de l'empereur s'était choisi était décidément bien périlleux. Il me donnait l'impression de régner depuis la plus haute tour d'un château, incapable de se connecter avec les autres, en contrebas, mais aussi incapable de voir que les fondations de son château n'étaient que sable, là où il y aurait du se trouver de la pierre. « Nul besoin de verser le sang, je te dirai ce que tu veux entendre.  » répondis-je en éludant sa menace. Lorsque je parlais de ce qu'il voulait entendre, il ne s'agissait pas de ce qu'il pensait vouloir entendre. La nuance était fine, et pourtant bien là. Mes prédictions étaient ce qu'il était venu chercher, il venait plus ou moins de l'avouer en me demandant de lui révéler des informations. Je voyais bien que lui-même commençait à se rendre compte de ce fait mais préférai ne pas le souligner d'avantage.

Je poussai l'assiette de gâteaux sur le côté, ainsi que ma tasse, dans le but d'y voir plus clair, au sens propre comme au figuré. Oui, dans les moments où l'avenir se révélait à moi, j'avais besoin d'accomplir des petits rituels dans le genre. Si j'arrivais toujours à énoncer une prédiction, il fallait savoir que l'avenir ne se manifestait pas toujours à moi de la même manière. Parfois, une intuition me prenait, elle se changeait alors progressivement en certitude, et ce savoir acquis naturellement devenait ma prédiction. D'autres fois, en revanche, je voyais des images. J'entrais alors dans un état de transe et décrivais ce que je voyais. Il m'arrivait aussi de faire des rêves prémonitoires, ce qui était beaucoup moins rare que les transes.

Posant les mains bien à plat sur la table, je pris une profonde inspiration, tandis qu'un flash de lumière brouilla ma vue. « Un champ de bataille... Il pleut. » murmurai-je au fur et à mesure que la scène défilait devant moi. « Tu es là, monté sur un cheval gris. Il y a eu beaucoup de pertes, dans les deux camps... Tu te tiens debout, entre les morts, face à ton adversaire. Le combat final s'engage. Il dure longtemps... Et il s'achève. » L'image s'évanouit aussi subitement qu'elle était apparue. Face à moi, plus de morts ni de bataille, mais Shan-Yu, assis à ma table. Je posai sur lui un regard grave. Désormais, il n'y avait plus d'alternative possible, je connaissais son futur. Pour autant, je gardai le silence, consciente qu'il refuserait de m'écouter si ce que j'avais à lui dire ne concordait pas avec ses plans. Et pourtant... Je n'avais aucune emprise sur l'avenir, je ne faisais que témoigner. Cette lourde tâche qu'était la mienne pesait, de temps à autre, un poids dont je me serais bien passé.






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MessageSujet: Re: Qu'importe que le vent hurle...   Sam 19 Juil - 15:56



Qu'importe que le vent hurle...



Shan-Yu et Ting-Ting



Nous aurons le destin que nous aurons mérité.


Shan-Yu avait bien changé depuis qu'il s'était révolté ouvertement contre l'empereur. La colère dirigeait maintenant sa vie, le genre de caractère qui ne pouvait surgir que d'un orgueil blessé. Ce trait de caractère était un feu qui demandait d'être continuellement nourri. Ici, loin du champ de bataille, ce feu peinait à trouver de quoi grandir. L'obstination qu'avait son interlocutrice à employer des paroles mystérieuses était cependant un bon départ pour un futur brasier. Son obstination à ne pas vouloir croire au destin l'aveuglait quant à la présence des indices glissés autant dans le décor que dans le comportement de Ting-Ting. Sa méfiance face à des choses sur lequel il n'avait aucune emprise le poussa à voir un danger potentiel dans une simple tasse de thé alors qu'un peu d'attention lui aurait apprit que Ting-Ting s'était servi la même boisson. Quant à son impatience, il le poussa à demander rudement à la divinatrice d'arrêter ces mystères. Le chef des Huns dirigeait ses troupes en jonglant sur leurs envies de carnage, leurs convoitises des biens des autres et enfin leurs peurs de subir la colère de leur chef, il n'y avait donc rien d'étonnant à se qu'il en passe par la menace afin de 'motiver' la divinatrice dans sa réponse.

« Nul besoin de verser le sang, je te dirai ce que tu veux entendre.  »

Le guerrier acquiesça comme il le faisait toujours lorsqu'il obtenait satisfaction. Il préféra garder le silence plutôt que d'offrir une occasion à son interlocutrice de confirmer un fait dérangeant : malgré l'emploi de la menace pour camouflé ces propos, il venait de demander indirectement une prédiction. Soit la chose qu'il s'était juré de ne pas faire dès que la divinatrice s'était présentée devant lui. Shan-Yu croisa les bras tandis que la dame dégageait la table. Une attitude qui trahissait le fait qu'il restait sur la défensive. Le silence n'eut pas le temps de devenir pesant que Ting-Ting reprit la parole.

« Un champ de bataille... Il pleut. Tu es là, monté sur un cheval gris. Il y a eu beaucoup de pertes, dans les deux camps... Tu te tiens debout, entre les morts, face à ton adversaire. Le combat final s'engage. Il dure longtemps... Et il s'achève. »

Ce n'est que lorsque les derniers mots furent prononcés que Shan-Yu réalisa qu'il était suspendu aux lèvres de la divinatrice, le souffle coupé dans l'attente de la suite. Ironique pour quelqu'un prétendant ne pas être venu pour recevoir une prédiction. Les Cinq Cyclones ne semblaient plus dans les préoccupations imminentes du guerrier pour se concentrer sur les informations qu'il venait de recevoir. Son regard resta pensif et baissé sur la table, comme si lui aussi pouvait voir la scène décrite par Ting-Ting s'il se concentrait suffisamment. Bien sûr, il ne possédait pas un tel don.

"Qui est cet adversaire ?" Questionna-t-il avec empressement. "Est-ce l'empereur ? Ce couard osera-t-il se déplacer sur un champ de bataille ?"

S'il s'agissait de l'empereur, Shan-Yu se moquait bien de devoir marcher sur les cadavres de ces soldats. En fait, il les sacrifierait même volontiers contre une occasion de prendre la tête de son ancien dirigeant. Ce n'était pas les pertes prédit par Ting-Ting qui l'inquiétait mais plutôt le fait de savoir si ce mystérieux adversaire était celui dont il voulait la mort. D'un autre côté, qui cela pouvait être d'autre ? Mulan était banni et Shan-Yu, draper dans son orgueil comme il l'était, avait du mal à imaginer un autre guerrier faire autant de dégât. Le chef des Huns passa une main pensive sur son menton pour caresser un sourire satisfait. Si le destin lui assurait un combat contre l'ennemi qu'il s'était fixé, il n'allait rien faire pour le perturber. Même si ce chemin serait parsemé autant des corps de ces soldats, il aurait la satisfaction d'en causé autant au rang adverse. Soudainement, il semblait prompt à vouloir croire aux prédictions. Pourtant, relevant enfin son regard vers Ting-Ting, sa détermination naissante s'en retrouva malmenée.

"Vous ne me dites pas tout..." Constata-t-il sur un ton sévère aussitôt que le chef des Huns prit conscience du regard grave que lui lançait la divinatrice.

A croire que la divinatrice gardait pour elle certains détails de l'histoire dont elle venait d'être témoin. Le guerrier n'eut pas à réfléchir longtemps pour deviner quel pouvait être l'élément gardé sous silence. Contrairement à ces précédentes questions, le chef des Huns posa cette dernière avec moins d'empressement :

"Comment ce combat se termine-t-il ?"

Malgré cette interrogation, Shan-Yu ne doutait pas un seul instant de sa possible victoire dans le combat prédit. Il ne pouvait en être autrement !







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MessageSujet: Re: Qu'importe que le vent hurle...   Sam 19 Juil - 17:39



Qu'importe que le vent hurle...



Shan-Yu et Ting-Ting



Nous aurons le destin que nous aurons mérité.

Mes paroles avaient fini par toucher leur cible : je pouvais ainsi voir un Shan-Yu pensif, ou plutôt concentré, tandis qu'il s'imprégnait de ma prédiction. Pour le moment, je ne pouvais pas savoir quel effet les mots que j'avais prononcés avaient sur mon visiteur mais, lorsqu'il apprendrait l'issue de l'affrontement que je venais de lui décrire, nul doute qu'il me gratifierait d'une scène de rejet semblable à celle qu'il m'avait offerte lors de notre première rencontre, après que je lui ait annoncé sa désertion de l'armée de l'empereur... Enfin, pour le moment, le chef de guerre semblait bien plus intéressé par les détails de mes révélations que par la partie que j'avais tue.

« Qui est cet adversaire ? Est-ce l'empereur ? Ce couard osera-t-il se déplacer sur un champ de bataille ? » me demanda-t-il avec avidité. Si la situation s'y était prêtée, sans doute ce revirement de comportement m'aurait fait sourire, mais le temps n'était plus aux moqueries ni à la démonstration du fait que j'avais raison quand je disais que, finalement, il était bel et bien venu pour recevoir une prophétie. « Je l'ignore. » répondis-je sur un ton détaché. « Je n'ai pas vu son visage. » Ce que j'avais vu, en revanche, c'était que l'adversaire de Shan-Yu ce jour-là serait bel et bien son dernier... Mais je ne pouvais pas lui annoncer cela de cette façon. Poussant un léger soupir, je laissai plutôt mon interlocuteur s'absorber dans ses pensées. Il ne s'agissait certainement plus que d'une affaire de secondes avant qu'il en vienne au fait... Une fois de plus, j'avais vu juste, car le soldat releva les yeux vers moi et, se heurtant à ma mine grave, aborda le sujet le plus délicat de cette prédiction.

« Vous ne me dites pas tout... Comment ce combat se termine-t-il ? » questionna-t-il alors sur un ton étrangement calme. Je devinai à sa manière de me dévisager que, quelque part en lui, le doute subsistait, tandis que ses manières transpiraient l'assurance et semblaient dire "je vais gagner, c'est sûr !". Il n'était plus question pour moi de retarder l'inévitable, à présent. Aussi, lorsque je lui répondis, mes traits étaient toujours figé dans la même expression sérieuse, histoire de lui assurer que je ne mentais pas en lui annonçant ce que son égo aurait préféré ignorer. « Tu ne remporteras pas cette guerre, Shan-Yu. »

Mes mots avaient fendu le silence à la manière d'un coup de fouet. Déjà, j'imaginais les conséquences désastreuses que cette annonce pouvait avoir sur le village. L'homme plein d'orgueil qui se tenait face à moi était capable du pire... Mais il pouvait aussi se montrer doué de raison. Ce fut à cet espoir que je me raccrochais quand, dans le but d'apaiser la tension qui régnait entre nous, je repris la parole. « Continuer dans cette voie te mènera tout droit à ta perte. Le chemin de la vengeance ne connaissent jamais d'autre issue que la fin tragique de celui qui l'emprunte. » Prenant une profonde inspiration, je ne lui laissai pas le temps de répliquer. « Je devine les sentiments qui t'animent en cet instant. Tu renies mes paroles, tout comme la première fois où nos routes se sont croisées... » Mon regard se fit moins dur au fur et à mesure que mon cœur se faisait compatissant. Une fois de plus, l'avenir se révéla à moi. Il n'y eut pas de vision, cependant, mais j'eus soudainement la certitude que mon village se sortirait indemne de cette entrevue avec Shan-Yu. Ce n'était pas un simple souhait que mon âme formulait, il s'agissait bel et bien d'une prédiction : cela faisait déjà longtemps que j'avais appris à faire la différence entre mes souhaits et ce qui allait réellement se passer.

Je reprenais alors confiance en moi, tant que mes protégés ne risquaient rien, je me sentais plus à l'aise. Ce n'était pas pour autant que j'allais recommencer à défier le chef de guerre qui me faisait face, cependant, je n'étais pas cruelle. Non, au contraire, je me positionnais plutôt en tant que soutien : il n'était jamais facile de voir tous nos plans s'écrouler en un instant, à la manière d'un château de cartes... Et, si je ne pouvais rien faire pour changer le destin, je ne nourrissait aucune rancune personnelle envers Shan-Yu qui aurait pu me pousser à agir autrement. Gardant le silence, je n'avais rien de plus à dire pour le moment, parler à ce moment aurait été bien imprudent de ma part et j'étais pleinement consciente de ce fait.






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MessageSujet: Re: Qu'importe que le vent hurle...   Mar 22 Juil - 20:27



Qu'importe que le vent hurle...



Shan-Yu et Ting-Ting



Nous aurons le destin que nous aurons mérité.


Nul besoin d'avoir un don de voyance pour s'imaginer la scène que décrivait Ting-Ting. Shan-Yu avait parcourut tellement de champ de bataille qu'il n'avait même pas besoin de fermer les yeux pour visualiser le combat prédit. Il imaginait sans peine les corps jonchés le sol. Le guerrier n'était pas aveugle sur certaines choses. Dès l'instant où il s'était lancé dans sa révolte, il s'était douté que la mort toucherait également ces soldats. Qu'importe de sacrifier la vie de ces chiens du moment que ce chemin le menait à l'empereur.

Reflétant cette motivation, les premières questions qui franchirent ses lèvres eurent pour sujet l'identité de l'adversaire. Le chef des Huns avait du mal à imaginer l'empereur se déplacer jusqu'à la guerre. Allait-il réussir à atteindre le palais impérial ? Dans ce cas, il marcherait sur le cadavre de ces compagnons de batailles avec le plus grand plaisir. Il était même prêt à croire en ces stupides prophéties si cela lui ouvrait un chemin vers la richissime demeure où se terrait son ancien dirigeant.

« Je l'ignore. Je n'ai pas vu son visage. »

Shan-Yu parut contrarié par cette réponse insatisfaisante. Depuis quand un visage était-il indispensable pour reconnaître une personne ? Surtout sur un champ de bataille !

"Avait-il une armure ?" Insista-t-il.

Le regard grave de la divinatrice coupa le flot de questions et autres demandes de précisions. Pendant un bref instant l'issue du combat prédit lui parut incertaine. Juste le temps de poser la question. Ensuite, son orgueil reprit le dessus. Il ne se voyait pas perdre un combat. Surtout pas face au vieillard qui les dirigeait. Qu'était l'empereur sans ces soldats ? Face à un guerrier confirmé ? La défaite était impossible.

« Tu ne remporteras pas cette guerre, Shan-Yu. »

Les traits du guerrier se crispèrent devant cette mauvaise nouvelle. Ce n'était donc pas seulement un combat qu'il perdrait mais tout son projet d'invasion qui serait compromis ? Du moins, à en croire les paroles de la divinatrice. Le chef des Huns semblait soudainement moins prompt à prendre les informations de Ting-Ting comme une source fiable.

"Impossible !" Siffla-t-il de rage.

Il dut serrer le poing pour s'empêcher d'aller chercher le contact rassurant de l'amulette troqué au sorcier qui lui garantissait soi-disant une invulnérabilité en combat. Shan-Yu n'avait jamais cru au pouvoir de cette breloque. Ne la portant que pour rassurer ces hommes superstitieux et semer la terreur chez ses adversaires. Voilà pourquoi il la cachait sous son armure. Une protection bien plus réaliste. Tout d'un coup, le cadeau du sorcier sonnait comme un argument contre la prédiction de Ting-Ting. Comme si une superstition pouvait en contrecarrer une autre. La colère qu'il éprouvait contre cette pensée emplie de faiblesse ne fit qu'agrandir celle qu'il portait sur la divinatrice.

« Continuer dans cette voie te mènera tout droit à ta perte. Le chemin de la vengeance ne connaissent jamais d'autre issue que la fin tragique de celui qui l'emprunte. Je devine les sentiments qui t'animent en cet instant. Tu renies mes paroles, tout comme la première fois où nos routes se sont croisées... »

Le regard compatissant de son interlocutrice n'arrangeait pas la rage qui bouillonnait en lui. Il avait l'impression d'être un enfant qu'on essayait de faire revenir à la raison.

"Croyez-vous que je l'ignore ?" Demanda-t-il avec un calme trompeur. "Qu'importe ma vie si avant mon dernier souffle j'arrive à prendre celle de l'empereur."

En dehors de la mort de son ancien souverain, Shan-Yu n'avait jamais prit le temps de penser à son avenir. Deux visions imaginaires de l'avenir s’opposaient alors dans son esprit. D'un côté, il s'imaginait prendre la tête du pays, s'asseyant sur le siège à présent vacant de son dirigeant. En opposition, une part de lui savait qu'il était un guerrier qui mourrait en combat. En cet instant, le guerrier ignorait qu'une certaine méchante reine préparait une malédiction qui le priverait de cette dernière volonté. Loin de réaliser l'ironie que lui réservait encore le destin, il préférait se concentrer sur ce qu'il pourrait bien faire à l'oiseau de mauvais augure qui se tenait devant lui.

"J'aurais dû te tuer lors de ma dernière visite." Commenta-t-il avec amertume.

Maintenant, il regrettait d'avoir suivit Ting-Ting jusqu'ici. Pourquoi ne s'était-il pas contenter de raser ce village et poursuivre sa recherche des Cinq Cyclones ? Le calme de la divinatrice l'agaçait. L'impression qu'elle avait vu la manière dont se terminait cette conversation était aussi forte que dérangeante. D'un geste rapide et expérimenté, Shan-Yu dégaina son épée pour la planter dans la table. Sa main serrait la garde de l'arme, prête à la dégager s'il lui prenait l'envie de planter sa lame dans son interlocutrice.

"Je me demande si une divinatrice peut lire son propre avenir." Dit-il sur un ton aussi tranchant que son épée. "As-tu vu que tu mourrais aujourd'hui ?"

Par cette menace, il mettait au défi les talents de son interlocutrice. Mais ce geste lui servait aussi de défouloir. Après tout, on venait d'oser lui prédire que la défaite l'attendait, quelque soit les efforts qu'il fournirait, quelque soit les alliés qu'il rassemblerait.







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MessageSujet: Re: Qu'importe que le vent hurle...   Mer 23 Juil - 19:44



Qu'importe que le vent hurle...



Shan-Yu et Ting-Ting



Nous aurons le destin que nous aurons mérité.

Lorsque j'avais annoncé à Shan-Yu qu'il ne pourrait pas gagner cette guerre qu'il voulait tant mener, il avait poussé une exclamation de colère. C'était exactement comme lorsque l'on disait à un enfant que, non, son idée n'était pas bonne, que ce serait voué à l'échec. Le chef de guerre ne raisonnait guerre plus qu'un gosse, lorsque cela concernait certains domaines. Ainsi, sa petite vengeance n'avait eu, dans son esprit borné, qu'une seule issue possible. Mais la vérité était toute autre, il ne pouvait plus gagner à présent que l'avenir s'était révélé à moi. Il demeurait cependant tout aussi aveugle, croyant que je ne parlais que de sa vie et non de son projet tout entier lorsque j'avais mentionné une fin tragique. Il irradiait de haine et me faisait subir son caprice, exactement comme cela s'était passé lors de notre première rencontre, ce qui prouvait qu'il s'était montré incapable de tirer les leçons de notre précédente entrevue.

« J'aurais dû te tuer lors de ma dernière visite. » L'amertume dans sa voix laissa deviner qu'il n'avait pas l'intention d'en rester là... Et il le prouva quelques secondes plus tard, dégainant son épée pour la planter rageusement dans la table. Une grimace se peignit sur mon visage mais s'effaça bien vite au profit d'une expression plus neutre. Je poussai un long soupir. Cette démonstration de force supposée m'intimider n'avait pas eu l'effet escompté. En effet, j'avais décidé de dédier ma vie à mon don depuis de nombreuses années, et j'avais appris bien longtemps auparavant ce que cela pouvait impliquer. La mort ne m'effrayait pas. Ma grimace n'était que le résultat du déplaisir que je ressentais à imaginer mon mobilier abîmé de la sorte. La petite menace de Shan-Yu avait, de plus, un aspect un peu ridicule que je me retins de signaler... En effet, l'épée était tellement longue que, plantée dans la table, elle semblait démesurée et se balançait mollement : il y avait plus de quoi rire que pleurer. Mais, une fois de plus, je ne laissai rien voir de mes sentiments à ce sujet, il était inutile de vexer le soldat pour si peu.

« Je me demande si une divinatrice peut lire son propre avenir. As-tu vu que tu mourrais aujourd'hui ? » me demanda-t-il alors sur un ton particulièrement cruel. « Non. » répliquai-je simplement sans préciser à laquelle de ces interrogations cette réponse s'adressait. Il s'agissait de sa première question, cependant : non, il ne m'était encore jamais arrivé de lire mon propre avenir, aussi supposai-je que les autres personnes possédant ce don en ce monde n'en étaient pas capables non plus. Par conséquent, il m'était impossible de savoir si ce jour était le dernier qui me restait à vivre mais, quand bien même cela avait été le cas, à quoi cela m'aurait-il servi de le savoir à l'avance ? J'étais une divinatrice, je ne fuyais pas devant mon destin. SI j'avais vu ma mort, je n'aurais pas tenté de l'éviter ni de la précipiter : j'aurais accompli mon devoir jusqu'au bout en réalisant l'intégralité de ma prédiction. Dans le cas présent, cela signifiait annoncer au chef des Huns que son entreprise était fichue d'avance... Je n'aurais manqué cet instant pour rien au monde.

Soudainement, notre conversation fut interrompue par l'arrivée de l'un des soldats de Shan-Yu, suivi de près par un habitant du village qui lui avait montré où trouver son chef. « Mon seigneur, pardonnez mon intrusion mais... Il semblerait qu'il y ait du nouveau concernant les Cinq Cyclones. » s'exclama le barbare sur un ton des plus sérieux. Il lança un regard peu assuré en ma direction avant de reprendre. « Je ne vous aurais pas interrompus si cela n'avait pas été urgent, messire. » De mon côté, j'observai le visage de l'ancien soldat de l'empereur, les traits de mon visage figés dans une expression des plus neutres. Je savais déjà ce que le soldat avait à lui dire, cela avait fait partie de ma seconde prédiction de la journée : le tavernier, après avoir sympathisé avec les barbares et avoir partagé quelques verres de saké avec eux, leur avait appris que les guerriers Kung-Fu ne résidaient pas très loin et qu'une rumeur courrait selon laquelle ils se trouvaient actuellement en mission dans un village de la Vallée situé à peine à une demi-journée de marche d'ici, ou du moins y étaient-ils attendus sous peu. C'était une occasion en or pour Shan-Yu qui tentait si désespérément de les aborder ! Une fois qu'il se serait entretenu avec le soldat et aurait appris la nouvelle, il quitterait le village sans plus tarder. C'était ce qui allait se passer.

« Le devoir t'appelle, semble-t-il. » remarquai-je à l'attention de mon rustre invité. Prendrait-il le temps de me tuer avant de quitter les lieux ? Ce n'était pas à moi de le dire.









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MessageSujet: Re: Qu'importe que le vent hurle...   Sam 26 Juil - 14:54



Qu'importe que le vent hurle...



Shan-Yu et Ting-Ting



Nous aurons le destin que nous aurons mérité.


Shan-Yu se retrouvait à nouveau devant une vision de l'avenir qui lui déplaisait et, à nouveau, il réfutait les vérités qu'on venait de lui confier. Si ce fameux destin avait été une personne physique, le guerrier lui aurait déjà passé sa lame à travers le corps. Hélas, des notions aussi abstraite que le destin et le futur semblaient impossible à battre. Ne restait que leur messagère, la divinatrice sur qu'il pouvait déverser toute sa colère. Le chef des Huns regrettait de ne pas avoir tué Ting-Ting lors de leur dernière rencontre. Lorsque cette dernière lui avait annoncé qu'il trahirait l'empereur, le guerrier l'avait menacé de la tuer pour ces paroles qui pouvait être aisément interpréter comme un geste de rébellion envers leur souverain. Une remarque qui ne manquait pas d'ironie. Pourtant, il n'était pas allé jusqu'au bout de sa menace, trop troubler par les paroles de la divinatrice. Serait-ce encore le cas aujourd'hui ?

Pour l'instant, ce fut surtout la table qui subit la rage du chef des Huns. A croire que Shan-Yu voulait faire un geste insensé, juste pour prouver que son interlocutrice n'avait aucun contrôle sur la conversation en cours. Le calme apparent de Ting-Ting l'irritait. En demandant si une divinatrice pouvait lire son propre avenir, le guerrier mettait le prétendu talent de Ting-Ting à l'épreuve. Devant cette menace, changera-t-elle ces paroles pour sauver sa vie ou bien maintiendra-t-elle la vision de défaite prédite au risque de subir son courroux ? Shan-Yu aurait été moins aveuglé par sa colère, il aurait sans doute admiré son interlocutrice. Peu de personnes étaient capables de conserver un tel calme devant lui.

« Non. »

Le guerrier fronça les sourcils devant cette réponse évasive, ne sachant à laquelle de ses deux interrogations ce mot était destiné. Il resserra sa prise sur la garde de son épée et se leva pour la dégager du bois de la table. Sa colère le poussait à croire que le 'non' était destiné à sa dernière question. Etait-ce pour cela que Ting-Ting se montrait si confiante ? Parce qu'elle était convaincu d'avoir vu la fin de leur discussion et persuadé d'y survivre malgré les mauvaises nouvelles qu'elle avait apporté.

"Dans ce cas, vous tuez sera la meilleure preuve que mon destin n'est pas tracé par vos augures." Annonça-t-il sur un ton qui ne laissait plus aucun doute sur ces intentions.

Alors qu'il allait lever son arme, il fut interrompu. Le chef des Huns rengaina prestement son épée devant la mine confuse d'un de ses soldats qui venait d'entrer. Shan-Yu ne voulait pas être averti de sottises dans le genre que de maltraiter une divinatrice portait malheur ou une autre idiotie superstitieuse dans le genre. Pour tuer dans l'œuf ce genre de commentaire et pour montrer aussi a quel point il était agacer d'être interrompu, il foudroya le soldat du regard.

« Mon seigneur, pardonnez mon intrusion mais... Il semblerait qu'il y ait du nouveau concernant les Cinq Cyclones. Je ne vous aurais pas interrompus si cela n'avait pas été urgent, messire. »

Son attitude se détendit en entendant le nom des Cinq Cyclones. Sa motivation de compter ces vaillants combattants parmi ces alliés se retrouvait renforcer par la vision de l'avenir que lui avait raconté Ting-Ting. En plus de sa vengeance se rajoutait la détermination farouche de prouver que la divinatrice s'était trompé, que c'était lui qui traçait sa route et non la destinée. La divinatrice interrompit ses réflexions.

« Le devoir t'appelle, semble-t-il. »

Un sourire suffisant se traça sur les lèvres du chef des Huns, semblant vouloir signifier que la divinatrice l'avait échappé belle. Il s'inclina comme s'il voulait saluer Ting-Ting avait de partir mais il ne fit ce geste que pour pouvoir souffler quelque chose sans que ces mots ne parviennent aux oreilles des nouveaux arrivants. Pour la deuxième fois, la divinatrice lui avait fait voir un avenir déplaisant, elle ne méritait aucun égard aux yeux du Huns qui cessa de la vouvoyer.

"J'espère que tu garderas ton venin pour toi." Menaça-t-il.

Si jamais la rumeur d'une future défaite se répandait et arrivait jusqu'à ces armées, Shan-Yu savait que l'allégeance de ces guerriers déjà bien fragile volerait en éclat. Il n'avait pas besoin de déclarer qu'il reviendrait tuer la divinatrice si cette dernière se montrait trop bavarde concernant la prédiction qu'elle lui avait faite, le ton sur lequel il avait parlé de venin le sous-entendait assez pour se passer de ce genre de précision. Se redressant, il lança une dernière phrase à l'attention de Ting-Ting :

"Après ma victoire, je reviendrais ici t'apporter la tête de l'empereur." Promit-il avec toute la détermination et l'orgueil qui l'habitait.

Ensuite, il se tourna vers son soldat et l'intima d'un geste à sortir. Le guerrier ne voulait avoir aucun témoin pour les nouvelles qu'il allait recevoir. Shan-Yu sorti à la suite du soldat et du villageois sans accordé un dernier regard à la divinatrice. Pourtant, il aurait été facile de se montrer ironique en remerciant son hôte pour le thé. Mais il estimait s'être bien trop attardé dans cette maison à son goût.










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