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L'histoire se déroule en Octobre 2013.

« Tant qu'il y a assez de place pour stocker les guimauves, tout va bien. »
par Valentine Bellamy dans You gave up the fight, you left me behind


Charming ೨ Henry ೨ Ruby ೨ August

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 « Ô nuits d'Arabie au parfum de velours... » ☠ Pitch&Sam&Erik.

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MessageSujet: « Ô nuits d'Arabie au parfum de velours... » ☠ Pitch&Sam&Erik.   Mar 1 Avr - 0:08








Pour le fou qui se perd au cœur du désert...
✣ quand le vent vient de l'est, le soleil est à l'ouest  








✣ Pitch & Sam & Erik

Erik avait quitté les gitans auprès desquels il avait grandi depuis déjà de nombreuses semaines. Sous la protection de Sinbad, il menait une existence agréable dans la fournaise d'Agrabah. Ce royaume était si étrange à ses yeux, si dangereux... Et c'était bien cela qui l'avait attiré et l'avait décidé à faire ses adieux à la troupe de bohémiens avec laquelle il venait pourtant de passer dix longues années. Le jeune homme au physique ingrat avait ressenti le besoin de s'émanciper, de devenir indépendant. Pourtant, s'il ne dépendait plus du peuple nomade, il demeurait irrémédiablement l'obligé de Sinbad, une situation qui ne tarderait pas à changer. En effet, Erik avait beau être reconnaissant à cet ami des sables, il ne concevait pas son futur autrement qu'en tant qu'homme libre et il savait exactement comment s'y prendre, il avait d'ores et déjà commencé à œuvrer sur ce point en profitant des nombreuses connexions de son hôte, jouant de son charisme et de ses divers dons de prestidigitateur.

Déambulant dans les rues très animées de la capitale, Erik s'imprégnait de l'effervescence ambiante, des odeurs d'épices, des harangues des marchands et des cris des enfants courant entre les étales du marché. Il se sentait invincible, intouchable, invisible. Bien sûr, il n'était aucun des trois. Le masque qui lui dissimulait le visage attirait bien plus de regards qu'il ne le pensait, lui qui avait fini par ne plus prêter d'attention aux yeux hagards qui se fixaient sur lui, comme si ce manège était tout à fait normal... Et, après tout, il s'agissait bel et bien de la seule norme que le jeune homme avait connu depuis sa venue au monde, ces regards. Toutefois, son sentiment de solitude au beau milieu de la foule, cette sensation qui le grisait tant, venait elle aussi du masque : si les gens le fixaient, aucun n'osait vraiment l'approcher. Attisant la curiosité et repoussant ces curieux en même temps, tel était le double emploi du masque d'Erik.

Le jeune homme décida de s'éloigner un peu de la place du marché et gagna la pénombre des ruelles annexes. Bien que dotées d'ombre, elles n'en étaient pas pour autant plus fraîches, mais au moins avaient-elles le mérite d'être un peu plus calmes, un peu moins bruyantes et moins fréquentées que le centre de la cité. Promenant son regard sur les façades alentour, il repéra une boutique discrètement établie à quelques pas de l'endroit où il se tenait. Curieux de découvrir quel genre de produit pouvait être vendu ici, il en poussa la porte et franchit le seuil. Une clochette tinta discrètement mais Erik n'y prêta pas attention, observant plutôt le contenu des étagères autour de lui.

Il n'entendit pas l'homme sortir de l'arrière-boutique et, lorsque ce dernier manifesta sa présence, Erik sursauta. Il fut tant et si bien surpris que, en se retournant précipitamment, il bouscula une caisse qui était entreposée en haut d'une étagère. La boîte en question devait manifestement tenir en équilibre car la secousse la fit dangereusement basculer dans le vide. Autant par réflexe que par sa position très proche du lieu de l'accident, Erik parvint à rattraper le récipient avant que l'objet ne finisse sa course sur le sol.

▬ Veuillez excuser ma maladresse, j'espère que son contenu n'est pas cassé...

Il posa délicatement la caisse sur le comptoir, face à l'homme, et fit deux pas en arrière. S'il avait détérioré les biens du marchand, nul doute que ce dernier lui demanderait de repayer en intégralité les dommages... Erik ne pouvait qu'espérer que le peu d'argent qu'il avait emmené avec lui suffirait à réparer le préjudice causé et il attendait, tendu et mal à l'aise, le verdict du propriétaire de la boutique. En cet instant précis, le regard que pouvait porter son interlocuteur sur le masque lui importait peu, et il trouvait même un avantage considérable au fait d'avoir son visage dissimulé : l'autre ne pouvait mesurer le degré d'agitation qu'il ressentait.






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MessageSujet: Re: « Ô nuits d'Arabie au parfum de velours... » ☠ Pitch&Sam&Erik.   Mer 2 Avr - 19:01








Pour le fou qui se perd au cœur du désert...
✣ quand le vent vient de l'est, le soleil est à l'ouest  








✣ Pitch & Sam & Erik

Plus jeune, ce marchand de jouets avait fui son château, sa richesse et surtout son frère, il ne pouvait pas supporter de voir que l'obscurité l'entourait sans qu'il puisse agir contre. Le meurtre de Lucian, lui avait prouvé qu'il ne pourrait faire marche arrière et qu'il était temps pour lui de refaire sa vie au loin. Sa route le mena à Agrabah, un désert où la chaleur lui semblait invivable avant de s'y habituer, épuisant ses économies, il s'acheta une petite boutique et une petite maison qui se trouvait non loin, il avait choisi une ruelle tranquille pour exercer et après quelques mois de misère à fabriquer ses jouets, un homme riche vint lui acheter toute une collection pour sa fille et de bouche à oreille, ses jouets devinrent renommer dans tout Agrabah. Tout lui souriait, il avait même trouvé la femme de sa vie, l'ayant sauvé dans le désert, depuis ce jour ne l'avait pas quitté, elle était son inspiration et aussi celle qui se devait de le ramener à la réalité quand il se dispersait un peu trop. Sam avait trouvé sa voie, sa générosité était sans limite, souvent des enfants des rues venaient traîner dans son magasin et il l'est laissé jouer avec les jouets, leur offrant à l'occasion. Comme pour les personnes qui n'avaient pas assez d'argent, souvent pour ne pas blesser leur fierté, il réduisait le prix au minimum ou faisait du troc contre une babiole qui n'aurait sans doute jamais besoin, mais il s'en fichait, tant qu'il pouvait voir une lumière éclatante dans leurs regards, il était heureux et cela lui suffisait.

Pour ne pas changer ses habitudes, ce jour-là des orphelins avaient décidé de lui porter compagnie, le suivant à la trace dans la boutique. Ils avaient partagé son repas de midi et les avaient laissé joué dans l'arrière-boutique, tout l'après-midi. Avoir des enfants était son plus beau rêve, mais il ne voulait surtout pas forcer la main de sa bien-aimée. Il y avait tant d'enfants sans parent qui avait besoin d'amour, des enfants à qui il ne fermerait jamais sa porte et épaulerait juste à son dernier souffle. Aujourd'hui, cela avait été très calme, surement à cause du marché, mais cela ne le chagrinait pas, une journée tranquille faisait du bien, puis il pouvait raconter ses histoires sans se soucier des clients, l'arrière-boutique était comme une sorte de refuge, un lieu ou lui et les enfants pouvaient combattre des dragons, voler parmi les montagnes et imaginer que leur plus grand rêve pouvait se réaliser.

Rêver était la clé de l'espoir et il s'était toujours dit que l'espoir faisait fuir l'obscurité. Agir ainsi lui servait à se racheter, jamais il ne pourrait oublier qu'il avait perdu son frère et il ne voulait surtout pas voir la noirceur gagnée le coeur des orphelins, il se devait de les protéger, une tâche surement bien grande pour un simple marchand de jouet, mais il s'évertuait d'en être à la hauteur. Alors qu'il racontait, une histoire sur esprit de la forêt fan de toupie, il entendit la clochette de son magasin, signe qu'une personne venait de rentrer. Laissant les enfants dans l'arrière-boutique, il arriva derrière son client et exclama un bonjour de ton enjoué. Il dut le surprendre, vu que l'homme sursauta et tout en se retournant, bouscula une étagère et fit tomber une boîte qu'il rattrapa en vol.

▬ Veuillez excuser ma maladresse, j'espère que son contenu n'est pas cassé...

L'homme posa la caisse sur le comptoir et s'éloigna légèrement. Sam égale à lui-même afficha un grand sourire et ne broncha même pas face un masque de l'homme. Sa gentillesse faisait qu'il ne jugeait jamais personne. S'approchant dans la caisse, il l'ouvrit et découvrit les jouets que Merlin avait enchantés, des jouets qui bougeaient, un réel art.

-Oh, vous en êtes faites pas, ça arrive à tout le monde.

Sortant un des jouets, il le posa sur le comptoir, un cerf en bois marchait sur le comptoir, au même moment une orpheline sortit de l'arrière-boutique pour se coller aux jambes de Sam, tout en observant le client. Attrapant le cerf, il se baissa à l'auteur de l'enfant pour lui donner.

-Regarde, c'est un sorcier qui lui a donné vie, un des tout premiers jouet que j'ai fabriqué, je l'avais égaré. Tournant la tête vers le client. Remercie cet homme qui vient de lui sauver la vie et tu pourras aller le montrer à tes amis en leur disant de se préparer, je vais bientôt fermer la boutique.

L'enfant attrapa le jouet et tout en secouant sa tête pour dire merci fila vers l'arrière-boutique. Sam se releva à la hauteur de son sauveur, le marchand était tellement tête en l'air qu'il ne savait plus où il avait posé cette caisse, ce genre de jouet ferait fureur et il pourrait ramener plus d'argent pour le plaisir de Pitchounette ou alors il le donnerait aux orphelins, il n'avait pas encore pris sa décision.

- Mon arrière-boutique sert de salle de jeu pour les enfants des rues. Prenant un jouet animé, il le tendit vers l'homme masqué. Comment puis-je vous remercier de les avoir retrouvés ?







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MessageSujet: Re: « Ô nuits d'Arabie au parfum de velours... » ☠ Pitch&Sam&Erik.   Mar 22 Avr - 18:26








Pour le fou qui se perd au cœur du désert...
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✣ Pitch & Sam & Erik

La chance voulut que l'interlocuteur d'Erik ne sembla nullement fâché après l'incident du carton. Le propriétaire du magasin n'avait même pas tiqué face au masque du nouveau venu et ne se sépara pas de son sourire bienveillant, celui qui devait se trouver accroché sur ses lèvres depuis bien longtemps, du moins était-ce ce qu'avait laissé supposer le ton enjoué qu'il avait employé pour saluer le potentiel client... Tandis qu'Erik s'éloignait du comptoir, le maître des lieux fit un pas en avant et ouvrit le couvercle de la caisse de jouets qui avait failli tomber. Il jeta un regard à l'intérieur du récipient tout en adressant une remarque visant à rassurer Erik quant à sa maladresse. Visiblement, le contenu du coffret bâti en planches de bois était intact, à en croire la mine radieuse du vendeur. Comme pour prouver la véracité des pensées d'Erik, le gérant du magasin plongea une main dans le contenant pour en sortir un cerf animé. Le jeune homme masqué était tellement fasciné par l'objet qu'il ne remarqua pas la fillette qui venait de surgir de l'arrière boutique pour lui lancer de grands coups d’œils apeurés. Erik ne voyait que le cerf en bois et cherchait à percer les secrets du mécanisme de l'animal miniature.

▬ Mais, comment...

Il avait murmuré ces mots si bas qu'aucune des deux autres personnes présentes dans la pièce ne l'avait entendu. S'il y avait bien une chose qui fascinait l'horrible jeune homme c'était l'inconnu et la nouveauté, et le jouet de bois offrait une énigme merveilleuse à déchiffrer ! Tandis qu'il tentait de repérer une trace de rouages sur le cerf, le propriétaire du magasin s'agenouilla près de la fillette et saisit le petit jouet animé. L'objet de toutes ses attentions se dérobant à sa vue, Erik fut ramené à la réalité et observa l'homme souriant expliquer les secrets de l'animal miniature à l'orpheline, répondant en même temps aux nombreuses interrogations du garçon masqué.

▬ Regarde, c'est un sorcier qui lui a donné vie, un des tous premiers jouets que j'ai fabriqué, je l'avais égaré. Remercie cet homme qui vient de lui sauver la vie et tu pourras aller le montrer à tes amis en leur disant de se préparer, je vais bientôt fermer la boutique.

Sans grande surprise, l'enfant se montra distante avec Erik en exécutant les ordres du marchand de jouets avant de prendre la fuite dans la direction opposée. L'étranger n'en avait que faire, il était habitué au rejet des enfants et des adultes depuis de nombreuses années, déjà, et cela ne lui faisait plus ni chaud ni froid à présent. Lorsque la fillette disparut derrière le comptoir, le propriétaire de la boutique se redressa et considéra de nouveau Erik, toujours armé du même sourire bienveillant.

▬ Mon arrière-boutique sert de salle de jeu pour les enfants des rues.

▬ Un bien noble geste...

Mal à l'aise, ce fut tout ce qu'Erik parvint à répondre à cette annonce. Imaginer l'enfance qu'il aurait vécue auprès d'un homme tel que le marchand de jouer était futile et plus douloureux qu'autre chose, connaissant son passé. Ainsi, faire face à un homme qui paraissait si bon et tolérant était une grande première et, si l'absence de réaction du maître des lieux devant le masque du jeune homme l'avait surpris, la suite de son discours l'abasourdit totalement.

▬ Comment puis-je vous remercier de les avoir retrouvés ?

Le marchand de jouets tendait l'une des petites figurines en bois dans ses mains et l'avait tendu à Erik en même temps qu'il lui avait posé cette question. Si le jeune homme ne savait pas exactement comment réagir face à cette attitude inédite qui s'opposait à lui, il ne put résister à l'envie d'observer de plus près l'objet magique et, d'un geste assuré mais délicat, saisit le jouet. Sa peau étant de nature froide et anormalement pâle, il portait des gants et même la chaleur d'Agrabah n'était pas suffisante pour les lui faire retirer. Du coup, lorsqu'il prit le jouet entre ses doigts, il n'y eut pas de réel contact avec la main du propriétaire de la boutique. Erik lui adressa un bref signe de tête pour le remercier de le laisser tenir dans ses mains l'objet magique mais ne détacha pas son regard de la figurine lorsqu'il lui répondit.

▬ Ce n'était rien, juste un accident qui s'est transformé en heureux hasard.

Entre son pouce et son index ronronnait un jaguar en bois qui cherchait à se blottir au creux de son gant. La sculpture ne présentait aucun défaut, l'animal formait un bloc unique dans le bois et Erik comprenait mieux, à présent, que seule la magie pouvait être capable de faire bouger cette pièce de la sorte, ce qui l'amena à s'interroger sur l'identité de son interlocuteur. Combien de sorciers connaissait le vendeur de jouets ? En était-il un lui-même ? L'étranger garda ses questions pour lui-même et poussa un léger soupir avant de rendre, à contrecœur, le jaguar à son propriétaire.

▬ C'est une pièce magnifique... Tous les enfants du royaume doivent s'arracher vos jouets !

Un bref silence s'installa dans la boutique et, comme s'ils n'avaient attendu que cet instant pour sortir, une ribambelle d'enfants en haillons arrivèrent de l'arrière-boutique et coururent derechef vers la sortie, criant de joyaux "au revoir !" au marchand de jouets au passage. En un instant, ils avaient disparu dans les rues étouffantes de la capitale de ce royaume désertique. Erik, qui avait suivi le troupeau du regard, se retrouvait désormais face à la vitrine et remarqua le soleil couchant. Aussitôt, son organisme lui envoya une alarme : il n'avait rien avalé depuis la veille et la faim tiraillait son estomac. Le jeune homme masqué se retourna alors vers le marchand de jouets :

▬ Par hasard, sauriez-vous dans quel coin de la ville je pourrais trouver un bon couscous ? J'ai entendu dire que c'était la spécialité locale...

Qui ne tente rien n'a rien ! Erik savait que Sinbad ne l'attendrait pas pour souper ce soir, habitué aux errances du jeune homme qu'il hébergeait, aussi ce dernier devrait-il se débrouiller seul pour se remplir l'estomac et quoi de mieux que de demander conseil à un local pour parvenir à ses fins ?






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MessageSujet: Re: « Ô nuits d'Arabie au parfum de velours... » ☠ Pitch&Sam&Erik.   Mar 3 Juin - 22:21








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Il suffisait d'un regard pour lire la simplicité du marchand de jouets, pour lui rien ne servait de juger les autres, même de se montrer supérieur. Chaque être humain avait le droit de vivre sa vie comme il l'entendait sans avoir besoin d'avoir l'accord de son voisin. La seule personne que Sam avait jugée sévèrement, n'était nul autre que son frère, et il avait payé le prix cher. Une preuve de plus que pour être heureux, il faut distribuer la joie de vivre autour de soi et non le mépris.

Pour le moment, il se trouvait face à un homme masqué et bien camouflé derrière ses vêtements, portant même des gants sous cette chaleur, C'était à peine si Sam avait fait attention à ses détails qui en auraient fait fuir plus d'un, pour lui l'homme semblait tout à fait normal et il l'accueillait comme tous ses autres clients, les yeux remplis de lumière et de générosité. Donnant un des jouets magiques à une petite orpheline, il lui demanda de remercier le client et de prévenir les autres qu'il allait bientôt fermer la boutique, l'enfant, elle fut effrayée par l'aspect de l'homme qui venait de rentrer dans la boutique et d'un simple baissement de tête, fila à toute vitesse dans l'arrière-boutique, pour surement plus parler du client que du jouet magique qu'elle tenait dans sa main.

Il affichait un merveilleux sourire qu'on ne voit souvent que sur les visages d'enfants respirant l'innocence. Tendant un jaguar en bois qui s'animait, vers le client, il cherchait un moyen de le remercier, celui-ci avait fait preuve d'une grande rapidité pour ne pas laisser tomber au sol, le fait que ça soit lui qui est bousculé l'armoire, provoquant la chute de la caisse lui était sorti de la tête, Sam ne retenait que le bon côté. Ses jouets magiques étaient saufs et grâce à cette maladresse, il les avait retrouvés. L'homme prit le jouet délicatement dans sa main en le remerciant d'un signe de la tête. Sam sourit de plus belle face à ce qu'il voyait, un regard plein de curiosité put se lire sur le visage de l'homme. En quelques secondes, il l'aimait déjà.

▬ Ce n'était rien, juste un accident qui s'est transformé en heureux hasard.

Ce n'était pas un accident, mais le destin. Sam s'était toujours dit que tout le monde avait son rôle à jouer sur cette terre, en bien ou en mal, même s'il préférait que tous répondent à l'appel de la lumière au lieu de l'obscurité. L'homme tenait le jouet et Sam sentit tout de suite qu'une certaine alchimie s'était installée entre eux son oeuvre et le client. Il était persuadé que ces confections étaient destinées à un maître, ces jouets apportaient de la joie dans les coeurs les plus sombres et il s'en servait comme arme contre les ombres, une arme qu'il aurait aimé utiliser sur son frère avant qu'il le perd au profit de la noirceur de son âme. Après quelques instants, le client lui rendit le jouet.

▬ C'est une pièce magnifique... Tous les enfants du royaume doivent s'arracher vos jouets !

Le jeune homme hocha la tête pour affirmer ses paroles, il était vrai que ses jouets étaient réputés à Agrabah parmi les plus riches ainsi que les plus pauvres. Le silence s'installa, mais ne dura qu'un bref instant, les jeunes orphelins quittèrent l'arrière-boutique en lui disant un "en revoir" Il adorait les voir filer ainsi, souriant et plein d'énergie. Il savait qu'il les retrouverait le lendemain à sa porte avant l'ouverture. Alors qu'il regardait autour de lui, il se disait qu'il avait peu de courage pour ranger son magasin, cela pouvait bien attendre de toute façon.

▬ Par hasard, sauriez-vous dans quel coin de la ville je pourrais trouver un bon couscous ? J'ai entendu dire que c'était la spécialité locale...

Tenant toujours le jaguar dans sa main, il vit ses dernières paroles comme une façon de remercier le jeune homme. Il n'allait tout de même pas l'envoyer manger seul, alors que lui n'aspirait qu'à la convivialité. Se passant sa main libre dans ses cheveux aux boucles brunes, il haussa légèrement les épaules, avant de lui annoncer :

- Justement, ma femme m'a dit ce midi qu'elle préparerait son excellent couscous, pour vous remercier pour la caisse, je vous invite à notre table. Nous sommes de très bonne compagnie...

Enfin lui l'était, sa femme s'était une autre affaire, Pitchounette était très différente de son mari et si l'inconnu acceptait son invitation, il le verrait de ses propres yeux. Au moins pour une fois, ce n'était pas une tonne d'orphelins qu'il invitait à leur table, elle devrait se montrer ravie de recevoir un invité de cette qualité, pensait le marchand de jouets. Porter par l'excitation de faire découvrir le couscous de sa femme, il regarda quelques instants le jouet qui se trouvait dans sa main, avant de le mettre dans celle de son sauveur.

- Tenez, je, vous l'offre, ce jouet est fait pour vous, on ne sort pas les mains vides de ma boutique.

Cette gentillesse était si naturelle chez lui. Rangeant la caisse sous le comptoir, il fit signe à l'homme masquer de le suivre vers la sortie. Rien qu'en passant la porte de sa boutique, la chaleur de l'extérieur fut plus intense, moins d'ombre pour se protéger, Sam avait encore du mal à s'y faire. Fermant à clé, il ajouta :

- En fait, je m'appelle Sam.








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MessageSujet: Re: « Ô nuits d'Arabie au parfum de velours... » ☠ Pitch&Sam&Erik.   Sam 28 Juin - 16:33








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✣ Pitch & Sam & Erik

Erik avait beau apprécier la solitude, il était néanmoins capable de se montrer sociable. Enfin, cela n'était possible que dans une certaine mesure : son enfance passée en tant que paria n'avait pas permis au jeune homme de pleinement développer ses talents dans ce domaine. Et pourtant... Aussi vrai qu'il était laid, Erik cachait en lui de véritables talents d'orateur, un charisme inné et un on-ne-savait-quoi de captivant qui, déjà, commençaient à s'épanouir et à le hisser vers les hautes sphères de la société d'Agrabah. L'étranger était pourtant encore loin de l'époque où il arriverait à l'apogée de ses talents mais, cela, personne ne pouvait le savoir à l'avance. Non, pour le moment, le peu de sociabilité que possédait Erik l'avait poussé à demander au commerçant l'adresse d'une auberge, histoire d'en découvrir d'avantage sur la culture de ce royaume si différent de ceux qu'il avait vus auparavant.

▬ Justement, ma femme m'a dit ce midi qu'elle préparerait son excellent couscous ! Pour vous remercier pour la caisse, je vous invite à notre table. Nous sommes de très bonne compagnie...

Cette invitation inattendue surprit grandement Erik. Le marchant de jouets venait à peine de le rencontrer et il l'invitait à manger chez lui ?! En présence de sa femme, qui plus est ! Un instant, le jeune homme masqué resta silencieux, examinant avec suspicion la physionomie de son interlocuteur : était-il fou ou avait-il plutôt une foi débordante en l'humanité pour accorder sa confiance aussi rapidement ? L'examen des traits du commerçant révéla à l'étranger qu'il semblait tout à fait sincère et, par dessus le marché, heureux de le recevoir à souper. C'était plutôt rare pour Erik de se retrouver dans une telle situation, lui qui était plus accoutumé aux regards curieux, voire méprisants, à la méfiance... Mais certainement pas à une pleine confiance comme celle que lui offrait le propriétaire de la boutique de jouets ! De plus, ce dernier reprit la parole avant que le nouveau venu en ville puisse répondre à son invitation, et ce qu'il dit renforça l'étonnement d'Erik :

▬ Tenez, je vous l'offre, ce jouet est fait pour vous. On ne sort pas les mains vides de ma boutique.

Non seulement l'étranger se faisait inviter à manger mais en plus il se voyait offrir un cadeau par le marchand de jouets ! C'était à n'y plus rien comprendre.

▬ Voyons, je veux bien dîner avec vous, c'est d'ailleurs très aimable à vous d'inviter un étranger à votre table... Mais je n'ai rien fait pour mériter une pièce aussi rare que ce jouet ! Laissez moi au moins vous le payer.

Il fallut de la persuasion à Erik pour parvenir à faire comprendre au marchand de jouet qu'il ne repartirait pas avec le jaguar sans l'avoir payé. Au final, le commerçant ayant déjà rangé la caisse d'où provenait le présent, il finit par accepter l'argent de l'étranger, ayant sans doute compris que ce dernier n'aurait de cesse de l'importuner avec cette histoire s'il ne cédait pas. Il fallait dire qu'Erik était un jeune homme honnête, du moins l'était-il encore à cette époque de sa vie, et il ne pouvait supporter l'idée d'être redevable à qui que ce fut. Après, sa bourse se trouvant peu fournie ce soir-là, il savait bien qu'il payait un maigre prix l'animal de bois aux propriétés magiques, qu'un tel objet devrait être vendu au moins le triple de ce à quoi le propriétaire de la boutique lui avait cédé... Le jouet était payé, néanmoins, et Erik pourrait désormais observer l'artefact dans le but de comprendre le mystère de sa conception et de ses mouvements à loisir. Il n'était pas du genre à croire que la magie était dépourvue de règles et que, par conséquent, on ne pouvait pas s'en approprier les secrets avec beaucoup de travail !

Après cela, son hôte lui fit signe de sortir et l'étranger lui emboîta le pas en direction de l'étroite ruelle. La chaleur était toujours aussi oppressante, en dépit du soleil couchant, et Erik se demandait s'il parviendrait à s'habituer à cette atmosphère un jour ou s'il serait soumis à cette même sensation d'étouffement à chaque fois qu'il sortirait, aussi longtemps qu'il vivrait dans ce royaume de sable. Le vendeur de jouets ferma boutique puis, relevant les yeux vers son invité, se présenta :

▬ Au fait, je m'appelle Sam.

Le jeune homme inclina légèrement la tête vers le dénommé Sam, réalisant par l'occasion que l'idée de demander le nom de son hôte ne lui avait même pas effleuré l'esprit.

▬ Quant à moi, je suis Erik.

Maintenant que les deux hommes étaient proprement introduits, ils se mirent en route. Erik se tenait un peu en retrait par rapport à Sam, en raison de l'étroitesse des rues mais aussi car il ne connaissait nullement le chemin menant à la maison du marchand et qu'il ne pouvait faire autrement que de le suivre jusqu'à destination. L'étranger fut soulagé de constater que le commerçant l'emmener dans une partie de la ville encore plus calme que la ruelle où se situait le magasin, lui qui avait bien espéré éviter la traversée de la place du marché. Il était persuadé que même la nuit ne pourrait suffire à arrêter l'effervescence des stands, sans doute l'atténuait-elle à peine, et il n'osait même pas imaginer l'atmosphère qui pouvait régner à l'intérieur des habitations surplombant les lieux !

▬ Êtes-vous un natif de cette ville ?

Erik avait bien remarqué que Sam n'avait pas le teint aussi mat que la plupart des habitants d'Agrabah mais qui pouvait connaître la vie d'un homme et ses origines en se basant simplement sur son apparence ? Lui, en tout cas, savait pertinemment qu'une telle chose était impossible : il en était la preuve vivante. En effet, quelle origine pourrait-on donner à une personne d'apparence si monstrueuse ? Qui pourrait deviner que ses géniteurs n'étaient que de modestes fermiers, issus d'un petit village insignifiant d'un royaume sans histoire ? Il faudrait bien du courage et de la persévérance pour percer les secrets et les origines d'Erik, le jeune n'étant en aucun cas disposé à s'épancher sur le sujet.

Le trajet dura encore quelques minutes dans le calme de ce quartier sombre de la ville et, finalement, Sam ralentit le pas. Ils s'arrêtèrent alors devant la porte d'une habitation qui semblait en tout point identique à ses voisines, du moins était-ce l'impression qu'elle donnait à un étranger peu habitué à l'architecture du royaume comme Erik. La différence qui frappait aux yeux du jeune homme, cependant, fut le fait que, contrairement à la maison qui se trouvait immédiatement à sa gauche, les fenêtres de l'habitat de Sam étaient éclairées, signe que la maison n'était pas vide.






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MessageSujet: Re: « Ô nuits d'Arabie au parfum de velours... » ☠ Pitch&Sam&Erik.   Jeu 3 Juil - 12:12








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✣ Pitch & Sam & Erik


Le marchand de jouets d'Agrabah, se retrouvait être une personne très ou trop généreuse, tout dépend des différents points de vue. Pour lui, ce n'est pas l'argent qui compte, mais le partage et la survie du bien. Il n'est pas un des chevaliers à se battre contre les pures crapules, non lui préférait préserver les coeurs purs, les protéger dès l'enfance, Sam avait appris de ses erreurs, il savait qu'en faisant rien l'obscurité gagnerait comme cela était arrivé avec son frère. Jamais, il n'avait parlé de cet épisode de sa vie, le jour où il avait tourné le dos à son frère du lac Nostos, il avait décidé de tout laisser derrière lui. En revoir la vie de château, en revoir, le jeune Sam qui pensait que la noirceur était incapable de persévérer, oui Sam avait erré durant des mois à travers les royaumes et pour finir s'était installé à Agrabah, lieu où beaucoup d'enfants avaient besoin de lui.

C'était sans doute ce qui le rendait spécial, cette façon de s'occuper des jeunes enfants, de donner ses jouets sans forcément réclamer de l'argent en échange, ainsi que son attitude accueillante et sans aucune trace de jugement dans son regard. Qui pouvait imaginer l'enfance qu'il avait eue ? Qui pouvait imaginer qu'il deviendrait ce qu'il était à présent ? Il y a tellement de chemin à emprunter, menant à un destin bien différent. Le marchand de jouets aimait sa vie simple, sans histoire, il était marié, pensait qu'un jour, ils pourraient fonder une famille. Il ne lui fallait rien de plus.

Après avoir invité le client à manger chez lui, il voulut lui offrit le jaguar en bois. Ce jouet avait été façonner pour lui, Sam en avait la certitude. Et alors qu'il rangeait la caisse, il était hors de question pour l'homme masquer de ne pas payer le jouet. Sam connaissait ce genre de personne, pour en côtoyer assez souvent à sa boutique, ce n'était pas la peine qu'il assiste, il accepta donc l'argent qu'il lui donna, sans même regarder la somme, il versa le tout dans sa poche. Pour finir, il l'invita à sortir de la boutique pour pouvoir la fermer derrière lui et une fois fait, se présenta à son invité, celui-ci inclina légèrement la tête avant de se présenter :


▬ Quant à moi, je suis Erik.

La chaleur était réellement oppressante, même si cela faisait quelques années qu'il vivait ici, il avait encore dû mal à s'y faire. Prenant la route pour chez lui, il guida Erik vers des chemins bien étroits, sa femme et lui vivaient dans un petit coin calme, bien loin de la rue du marché, Sam aimait pouvoir vivre tranquille.

▬ Êtes-vous un natif de cette ville ?

Il fut obligé de jeter un regard derrière lui pour pouvoir regarder le jeune homme, oui la rue n'était pas assez grande pour qu'ils puissent marcher l'un près de l'autre. Cette question qui pouvait passer pour trop personnelle, ne gêna pas Sam le moins de monde, il avait l'habitude qu'on lui posa, rien que par la blancheur de son visage, il ne ressemblait en rien aux habitants d'Agrabah.

- Non, je viens d'un royaume bien lointain, où la forêt est maître des lieux et non le sable.

Repenser à sa forêt lui rappela son ancienne vie, une lueur de nostalgie s'afficha dans son regard, c'était à la fois agréable et triste, de se souvenir de son chez lui. Qu'était devenu Barnabas ? Est-ce qu'il possédait toujours l'hache de leur famille ? Les fleurs qu'avait plantées leur mère, poussaient-elles encore ? Il avait eu une enfance heureuse et si Barnabas n'avait pas tué Lucian, sans doute qu'il serait répondre à toutes ses questions. Finalement, il regarda droit devant lui et en poussant un léger soupir, ajouta :

- Agrahah fut un nouveau départ, j'en avais besoin.

Pour une fois, cela pouvait s'entendre dans le ton de sa voix, qu'il ne dirait rien de plus sur son ancienne vie, qu'il voulait tourner la page et ne plus forcément y repenser. Sam aussi généreux qu'il pouvait l'être, restait une personne avec beaucoup de secrets. Au loin, il aperçut sa maison, identique à celle de son voisin, l'architecte du coin n'avait eu guère d'imagination, mais Sam s'en fichait, son intérieur était unique, dès qu'il ouvrit la porte pour laisser rentrer son invité, il pouvait apercevoir tous les jouets en bois exposer, ainsi que la fraicheur de la maison. Le jeune homme avait toujours aimé fabriquer des objets pour se faciliter la vie, poser près l'un des murs, se trouvait une maquette de moulin. Cela pouvait se voir qu'avant de s'installer à Agrabah, le marchand de jouets avait voyagé vu les décorations variées de la maison. Arrivant dans la cuisine, il ne vit pas sa femme.

- Pitchounette, je suis là !

Dès qu'elle arriva dans la même pièce qu'eux, il lui fit un grand sourire avant d'aller l'embrasser, l'amour qu'il portait à sa femme pouvait se voir dans son regard. Le jeune homme l'avait sauvé du désert, alors qu'il était parti se promener, après l'avoir reconduit chez lui, il l'avait soigné et ils ne s'étaient plus quittés. Montrant l'homme de la main :

- J'ai invité Erik à manger, il voulait goûter un excellent couscous.







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MessageSujet: Re: « Ô nuits d'Arabie au parfum de velours... » ☠ Pitch&Sam&Erik.   Lun 7 Juil - 23:34








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✣ Pitch & Sam & Erik



Pitch Black. Un nom que lui avait donné Livesey. L’appeler ainsi parce qu’elle avait été son ombre, né de l’obscurité, devenue humaine grâce à un pacte. L’homme devait être très fier de sa trouvaille sans se soucier que son ancienne ombre allait devoir vivre avec un tel nom. Non, elle imaginait mal l’esprit de l’érudit se concentrer sur ce genre de détail. Sans doute était-il plus important pour lui de l’envoyer à l’aventure avec la promesse de tout lui raconter. D’ailleurs… A quand remontait sa dernière lettre ? Depuis qu’elle était arrivée à Agrabah, elle n’avait plus prise la plume pour informer son ancien propriétaire des derniers événements qui avait marqué sa vie.

Ce n’était pas l’inspiration qui manquait, pourtant. Elle avait marché vers Agrabah en quête de lumière. Ce désir avait failli causer sa mort. Ignorante qu’elle était des principes fondamentaux des humains, Pitch avait traversé le désert en ne tenant pas compte des avertissements que son nouveau corps lui avait envoyé. La gorge qui se séchait, les jambes qui devenaient douloureuse, la chaleur qui lui brûlait la peau, sa vision qui lui jouait des tours jusqu’à ce que tout devienne noir alors qu’elle se sentait tomber sur le sable.

Elle s’était réveillée dans la maison d’un marchand de jouet et ce fut le début d’une histoire auquel on ne l’avait pas préparé. Un sentiment auquel son ancien propriétaire (aussi érudit qu’il se prétendait être) n’aurait pu la mettre en garde. Non, ce n’était pas le syndrome de la page blanche qui l’empêchait d’écrire à l’érudit qui fut un jour son maître. Le désir d’oublier était la raison qui la poussait à garder le silence. Pitch voulait oublier qu’elle n’avait pas toujours été la femme qu’elle était à présent. Agrabah avait été un nouveau départ pour elle et elle tenait à effacer de sa mémoire les événements qui avaient précédé son réveil chez la personne qui était à présent son mari. De toute façon, l’ancienne ombre aurait eu beaucoup de mal à expliquer par lettres interposées ce simple fait : elle s’était mariée.

Loin d’éprouver des remords ou de la gratitude pour son ancien propriétaire qui était à l’origine (en quelques sortes) de tout cela, l’ancienne ombre n’avait plus qu’un objectif : vivre sa vie. Pour l’instant, sa seule préoccupation était de cuisiner un bon repas. Comme elle n’était pas née humaine, la notion de saveur était une chose aussi abstraite pour elle que de comprendre la nécessité de manger. Pitch avait vraiment beaucoup de chance (une formule qui revenait souvent quand elle pensait à Sam) d’être tombé sur quelqu’un d’aussi patient que son mari qui avait du supporter ces premiers essais culinaires.
Maintenant, elle savait cuisiner. L’ancienne ombre était assez fière de cet exploit. Même si elle avait encore un problème avec les quantités. Pitch cuisinait toujours de trop. Une erreur qu’elle n’avait jamais eue besoin de corriger puisque le marchand de jouet ramenait toujours de nombreuses bouches affamées en rentrant du travail.

Au début, l’ancienne ombre avait été rétissante devant ces invités surprises mais, avec le temps, elle s’était fait une raison et accepté le fait qu’ils ne seraient jamais seuls tout les deux quand venait l’heure de manger. Du moins, elle pensait s’être fait à cette idée… la surprise d’aujourd’hui allait lui prouver le contraire.

Pitch prit le risque de quitter sa préparation du regard pour aller chercher les assiettes. Pour combien de personne devait-elle mettre le couvert ? Deux ? Trois ? Une voix familière interrompit sa réflexion.

- Pitchounette, je suis là !

Un sourire apparut sur ces lèvres en entendant son mari rentrer. Il n’y avait que lui pour accomplir un tel miracle. Tout comme il n’y avait que lui qui avait le don de transformer un mauvais souvenir (comme le nom dont l’avait affublé son ancien propriétaire) pour en faire quelque chose de tendre. Pressé de retrouver Sam, l’ancienne ombre se dépêcha de prendre cinq assiettes (par sécurité) avant de le rejoindre.

Elle manqua de lâcher se qu’elle tenait en main lorsqu’elle vit que leur invité n’était pas une ribambelle d’orphelins mais un étranger. Pitch n’eut pas le temps d’inspecter d’avantage son visiteur puisque Sam s’approcha d’elle pour l’embrasser. L’ancienne ombre ferma les yeux pour savourer cet instant, comme elle le faisait toujours. Mais cette fois, elle voulait aussi chasser aussi la vision de cette silhouette inquiétante dans leur maison. Peine perdue puisque lorsqu’elle ouvrit les yeux, l’inconnu était toujours là et bien réel.

- J'ai invité Erik à manger, il voulait goûter un excellent couscous.

« Un Excellent couscous ? Je ne suis pas certain qu’il soit au bon endroit pour cela. » Plaisanta-t-elle avec un sourire timide.

Pitch s’était libérer une main pour pouvoir la poser sur l’épaule de Sam dans un geste à la fois tendre et protecteur.

« Mon cœur, tu pourrais aller vérifier où en est le repas ? Le temps que je prépare la table pour notre invité ? » Demanda-t-elle à son mari.

Elle aurait pu se servir du plat encore occupé à cuir comme prétexte pour s’éloigner de la vue de leur étrange invité mais se serait laisser Sam seul avec cet Erik. Hors de question ! Pour qui savait lire entre les lignes le message était très clair et si l’étranger n’avait pas comprit que la remarque soi-disant modeste concernant sa cuisine était une incitation polie pour l’inviter à partir, le regard de l’ancienne ombre montrait très clairement la méfiance qu’elle éprouvait à l’égard d’Erik. Rien de personnel, elle avait ce genre d’attitude avec tout se qui était nouveau. Cependant, on pouvait dire que son instinct lui soufflait d’être doublement méfiante avec leur visiteur, sans doute parce que la bizarrerie qui semblait émané de cette homme la renvoyait comme un miroir à sa propre étrangeté.







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MessageSujet: Re: « Ô nuits d'Arabie au parfum de velours... » ☠ Pitch&Sam&Erik.   Mer 9 Juil - 16:21








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Sur la route, Erik avait posé quelques questions au marchand de jouets, histoire d'alimenter la conversation mais aussi par curiosité à l'égard de cet homme qui semblait si jovial et qui, contrairement à la majorité des gens auxquels il s'était confronté, semblait déterminé à se montrer bon envers l'étranger, à ne porter aucun jugement sur son visage masqué. Ainsi, Sam révéla à son invité du jour qu'il ne venait pas de ce royaume de sable, tout comme lui. À l'évocation des forêts, Erik se remémora la fraîcheur et le calme qui régnait dans les bois. Une odeur de sève emplit ses narines et, pendant une seconde, il se croyait revenu dans les sous-bois bordant son village natal, attroupement végétal à la faveur duquel il avait passé la plupart de ses journées lorsque ses parents l'autorisaient à sortir. Il avait, par la suite, voyagé à travers de nombreuses contrées boisées mais il n'aimait jamais autant les forêts que lorsqu'il s'y trouvait seul.

▬ Agrabah fut un nouveau départ, j'en avais besoin.

Le ton calme mais décidé qu'avait employé le guide pour prononcer ces paroles en disait long sur le genre de souvenirs que son royaume natal pouvait éveiller. Erik choisit de respecter le silence qu'imposait cette réplique, même si cela n'avait pas vraiment fait taire sa curiosité, et les deux jeunes gens finirent par atteindre l'habitation de Sam sans avoir abordé le passé de nouveau dans leur conversation.

▬ Pitchounette, je suis là !

Tandis que Sam alla rejoindre son épouse pour l'embrasser, Erik détourna le regard, à la fois dans le but de laisser un peu d'intimité au couple mais aussi pour mieux admirer la décoration de l'entrée. Nul doute que cette demeure appartenait au marchand de jouets : les étagères étaient remplies de petites sculptures de bois. Cela donnait à la pièce une atmosphère tout à fait particulière et, si Erik n'avait pas vu le regard peu avenant que la femme du commerçant lui avait lancé à son arrivée, peut-être même qu'il se serait senti bien dans ces lieux.

▬ J'ai invité Erik à manger, il voulait goûter un excellent couscous.

L'étranger reposa ses yeux sur la dénommée Pitchounette mais demeura immobile. Il ne lui en voulait pas pour le réaction spontanée de surprise et de méfiance qu'elle avait eue ; il y était habitué. Aussi, sachant pertinemment qu'il ne fallait pas se positionner en menace pour détendre l'atmosphère, il laissa à la jeune femme le soin de choisir comment le reste de la soirée allait se dérouler.

▬ Un Excellent couscous ? Je ne suis pas certain qu’il soit au bon endroit pour cela.

Le sourire peu assuré et le ton un peu hésitant qu'elle avait employé ne laissait aucun doute à Erik quant au genre de pensées que la vue d'un étranger masqué devait inspirer à l'épouse du marchand de jouets. De même, son attitude envers son mari était semblable à celui de certains animaux visant à protéger les leurs : croyait-elle qu'Erik allait les attaquer ?

▬ Mon cœur, tu pourrais aller vérifier où en est le repas ? Le temps que je prépare la table pour notre invité ?

Elle fixait Erik sans détour, le regard rempli de méfiance. Si elle ne se montrait pas aussi amicale que son mari, au moins avait-elle le mérite de ne pas cacher ses sentiments sous des remarques et des attitudes mielleuses. Comment ces deux-là avaient-ils pu finir ensemble ?! Sam, si gentil et avenant, et sa femme, aussi farouche qu'un petit animal effrayé. L'étranger se trouvait, une fois de plus, face à une curiosité du destin... Mais il ne pouvait décemment pas passer toute la soirée en statue toisée par la maîtresse de maison. Esquissant un pas en avant, il tendit une main gantée en direction de la jeune femme, faisant preuve de bonne fois, tandis que Sam se trouvait toujours là :

▬ Enchanté, madame.

En présence du bienveillant commerçant, l'épouse n'eut d'autre choix que de rendre la poignée de main de l'intrus. Erik, de son côté, ne chercha pas à savoir si elle l,avait fait par obligation ou non, autant ne pas compliquer les choses avec ce genre de questions futiles : s'il devait consacrer ne serait-ce qu'un quart de son temps à se demander s'il était désiré ou non, il n'en finirait jamais !

▬ J'espère ne pas vous déranger, votre époux m'a vanté les mérites de votre cuisine et je n'ai pas pu refuser une telle invitation...

Il y aurait sans doute d'autres choses pour lesquelles il aurait à s'excuser auprès de Pitchounette : le fait qu'il portait un masque qu'il n'avait aucune intention de retirer, et de même pour ses gants. Il était habitué à ce qu'on lui demande la cause de cet excès de pudeur, et il avait mis au point une excuse imparable pour faire accepter les dissimulations vestimentaires.

▬ Ne m'en voulez pas si je ne me découvre pas. Je crains fort que mon apparence vous soit insupportable. Un incendie, voyez-vous... Mais laissez moi donc vous aider avec ces assiettes !

Voilà, les justifications étaient fournies. À présent, il n'avait qu'à jouer de son charisme pour tenter d'adoucir un peu l'épouse de son hôte. Après tout, s'il était né horrible, Erik avait reçu en compassion le don d'orateur et, si elle lui laissait l'occasion de lui montrer, la jeune femme verrait rapidement qu'il n'était pas aussi terrible qu'il en avait l'air. Pour accompagner ses dires, d'ailleurs, l'étranger pris les assiettes des mains de son interlocutrice et attendit alors qu'on lui indiqua où les poser.






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MessageSujet: Re: « Ô nuits d'Arabie au parfum de velours... » ☠ Pitch&Sam&Erik.   Sam 19 Juil - 16:19








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« Un Excellent couscous ? Je ne suis pas certain qu’il soit au bon endroit pour cela. »

Sa femme pouvait être si modeste, bien sûr que son invitée était au meilleur endroit pour gouter un merveilleux couscous, Pitchounette s'était exercé durement pour pouvoir parvenir à une telle excellence. La semoule fondait sous la langue, tandis que les divers ingrédients étaient ajustés en parfaite harmonie. Le marchand de jouets adorait la cuisine de sa femme et en faisait souvent profiter les orphelins de la ville, il était rare qu'il ramène une personne adulte, c'était sans doute pour cela que sa femme semblait si surprise. Il était sûr qu'en connaissant bien Erik, elle allait l'adorer, il était rare les hommes qui s'intéressaient autant à ses jouets.

Se trouvant près de sa femme, vu qu'il avait été l'embrasser pour la saluer. La jeune femme posa une main sur son épaule. Il ne perçut pas la méfiance de celle-ci envers l'invité. Pour lui, il n'y avait rien d'anormal chez Erik, c'était à peine s'il avait remarqué le masque et les gants.

« Mon cœur, tu pourrais aller vérifier où en est le repas ? Le temps que je prépare la table pour notre invité ? »

Sam porta un regard à sa femme qui fixait Erik, il pensa directement que cela ne se faisait pas de dévisager les gens ainsi. Mais sa femme avait toujours été différente, c'est ce qui l'avait attirée chez elle, tous les deux se complétaient et elle supportait la générosité de Sam sans réellement broncher. N'étant toujours pas partie, Erik s'approcha de sa femme pour le serrer la main, au moins lui se montrait poli et cela le rassurait de ne pas le voir s'offusquer face à la réaction de Pitchounette.

▬ Enchanté, madame.

Ce fut avec soulagement qu'il vit sa femme acceptée la poignée de main. Les premières rencontres étaient toujours difficiles, elle était beaucoup plus méfiante que lui, il le savait et pourtant continuait à ramener des personnes.

▬ J'espère ne pas vous déranger, votre époux m'a vanté les mérites de votre cuisine et je n'ai pas pu refuser une telle invitation...

Adressant un grand sourire à sa femme, lui était réellement ravi de partager son repas avec Erik, surtout pour déguster du couscous.

▬ Ne m'en voulez pas si je ne me découvre pas. Je crains fort que mon apparence vous soit insupportable. Un incendie, voyez-vous... Mais laissez moi donc vous aider avec ces assiettes !

Alors que beaucoup l'auraient dévisagé ou posé une tonne de question sur l'incendie. Le Marchand de jouets n'en fit rien, il jeta simplement un regard compatissant, même s'il n'avait pas réellement remarqué le masque et les gants, avant. À présent, il se disait qu'Erik devait avoir super chaud.

- C'est très prévenant de vouloir nous protéger de votre apparence, mais ça serait plutôt à nous de vous accepter comme vous êtes. Si vous êtes plus à l'aise en restant habiller, cela ne nous gêne pas du tout, mais si la chaleur vous insupporte, vous pouvez vous découvrir.

Il n'y avait aucun doute de sa voix, après tout ce n'était pas de sa faute s'il avait été brulé. Non, Sam ne pouvait pas s'imaginer son invité en pyromane, pour la seule raison qu'il semblait avoir aimé son magasin de jouets en bois, le bois et le feu ne faisaient pas bon ménage. D'accord, l'argument ne tenait pas réellement la route, mais lui cela lui suffisait. Croisant le regard de sa femme, alors qu'Erik la débarrassa des assiettes qu'elle tenait, il fut pris d'un sursaut.

- Oh oui, vérification du couscous.

Le jeune homme les laissa pour aller rejoindre la cuisine et vérifier le repas. Ce servant d'une louche, il goûta et fit emporter par le mélange des saveurs. C'était fin près, atteignant le feu, il positionna les plats sur un plateau et retourner vers le salon. Alors qu'il avançait doucement pour ne rien faire tomber dû à sa maladresse, il se prit les pieds dans un de ces jouets en bois et fut complément désorienter, il avança en zigzaguant jusqu'à la table où il arriva à poser le plateau. Une fois la nourriture en sûreté, il jeta un regard au jouet qui avait cassé.

- Au moins, le plat est arrivé sain et sauf.







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MessageSujet: Re: « Ô nuits d'Arabie au parfum de velours... » ☠ Pitch&Sam&Erik.   Mar 22 Juil - 13:32








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Si Pitch devait répertorier ces fiertés dans sa nouvelle vie. Sa cuisine arrivait sans problème en deuxième position (son mari étant indétrônable dans ce classement). Elle était assez fière d’avoir réussi à maîtriser un domaine dont elle ignorait tout à son arrivée à Agrabah. Tout cela grâce à son travail mais surtout grâce à la patience de Sam qui avait servit de goûteur pour ces premiers essais désastreux. Lorsqu’elle avait réussi son premier plat, l’ancienne ombre avait pensé naïvement que seul le marchand de jouets bénéficiera de sa cuisine. Elle déchanta assez rapidement et du mettre de l’eau dans son vin par rapport à cette conviction.

En voyant le visiteur du jour, Pitch en regrettait presque la ribambelle d’orphelins alors qu’elle n’avait jamais été tout à fait à l’aise avec les enfants. C’est dire comme cet Erik lui inspirait la plus grande méfiance. Le contact sur l’épaule de son mari était autant pour se rassurer elle que pour envier un message à l’homme étrangement habillé.

En regardant Erik, elle ne pouvait s’empêcher d’avoir l’impression dérangeante de se contempler dans un miroir. C’était ridicule ! Quel point avait-elle avec l’homme ganté et masqué ? Et pourtant cette pensée ne voulait pas se déloger de son esprit, renforçant son attitude défensive. A croire que l’étrangeté manifeste de leur visiteur mettait en évidence celle bien caché de l’ancienne ombre.

Pitch eut soudainement peur qu’à force d’être ensemble dans la même pièce, Sam se rende compte de la bizarrerie commune. Elle n’avait jamais osé parler de ces origines magiques à son mari et lui n’avait jamais éprouvé de la curiosité pour sa vie avant Agrabah ni posé de questions sur ces ignorances concernant les habitudes de la vie humaine. Et s’il changeait d’avis ? Ce fut donc autant pour l’éloigner de l’étranger que pour se protéger elle qu’il demanda gentiment à Sam s’il voulait surveiller le repas le temps qu’elle dresse la table.

Son regard restait fixé sur le visiteur, comme si elle pouvait le faire se volatiliser ou l’inciter à partir de lui-même si elle le regardait suffisamment longtemps. Hélas, au lieu de cela, Erik s’avança. Si elle réussit à réprimé le réflexe de reculer qui brûlait tout son être, Pitch ne put empêcher sa main toujours posé sur l’épaule de Sam de se crisper.

▬ Enchanté, madame.

Avec réticence, Pitch serra la main tendue et se força même à sourire. Ce qu’elle ne ferait pas pour son mari !

▬ J'espère ne pas vous déranger, votre époux m'a vanté les mérites de votre cuisine et je n'ai pas pu refuser une telle invitation...

Le compliment ajouté au grand sourire que lui adressa Sam lui fit diminuer sa méfiance.

« Je m’excuse si j’ai pu vous paraître impolie. » Dit-elle avec une timidité qui cachait le fait que ces excuses étaient formulées à contrecœur.

Pourtant, elle n’arrivait toujours pas à se détaché de cette impression dérangeante par rapport à l’étranger. Sans doute ce dernier l’avait remarqué puisqu’il justifia son étrange accoutrement.

▬ Ne m'en voulez pas si je ne me découvre pas. Je crains fort que mon apparence vous soit insupportable. Un incendie, voyez-vous... Mais laissez moi donc vous aider avec ces assiettes !

La protestation qu’elle voulut émettre ne franchit jamais lèvre puisque l’étranger joignit immédiatement le geste à la parole en lui retirant les assiettes des mains. A cause de la surprise, elle n’avait pas fait attention à l’excuse qu’avait fournie Erik.

- C'est très prévenant de vouloir nous protéger de votre apparence, mais ça serait plutôt à nous de vous accepter comme vous êtes. Si vous êtes plus à l'aise en restant habiller, cela ne nous gêne pas du tout, mais si la chaleur vous insupporte, vous pouvez vous découvrir.

Pitch se tourna vers Sam avec surprise. Elle ne savait pas si elle devait appuyer les dires de son mari ou bien encouragé Erik à rester couvert. Tiraillé entre la peur et la curiosité. Ce masque… peut-être que si elle voyait se qu’elle y avait en-dessous, son impression dérangeante disparaîtrait ? L’ancienne ombre se rappela alors que le plat était toujours en cours de cuisson.

« Mon cœur… tu ne devais pas faire quelque chose ? » Rappela-t-elle avec douceur.

Ne sachant pas si Erik allait choisir de retirer son accoutrement ou non, Pitch se demandait si elle ne ferait pas mieux de retourner à la cuisine.

- Oh oui, vérification du couscous.

Pitch se mordit légèrement la lèvre alors que son mari disparu en cuisine. Ce geste était autant un signe d’inquiétude envers son repas qu’elle espérait ne pas voir carbonisé et au fait qu’elle était à présent seule avec l’étranger.

En adressant un sourire d’excuse au visiteur, elle essayait de ne pas le voir comme une menace. Avec grande peine. Ce n’était pas la première fois qu’un coquin profitait de la générosité de Sam et cet Erik semblait bien manier les mots. Pour ne pas rester planter là, elle retira les assiettes en trop des mains du visiteur pour n’en laisser que trois.

« Je m’attendais à recevoir plus de visiteurs. » Expliqua-t-elle avec un mince sourire. « Vous pouvez les poser sur la table. » Continua-t-elle en désignant d’un geste de menton la table en question. « Je vais chercher les couverts. »

L’ancienne ombre se détendit d’avantage alors qu’elle fouillait dans les tiroirs, n’étant plus obligé de regarder Erik.

« J’espère que vous avez faim, je prépare toujours assez à manger pour une légion entière. » Plaisanta-t-elle.

Se forcer à avoir une conversation ordinaire devant quelqu’un qui ne l’était pas constituait un exercice difficile. Malgré ces paroles, sa méfiance n’avait toujours pas disparue. A croire qu’elle n’attendait qu’un geste louche de la part de son visiteur pour le jeter dehors. Elle garda le silence alors qu’elle finit de préparé la table (bon d’accord, Erik contribua aussi à la tâche).

Les préparatifs faits, elle jeta un coup d’œil soucieux vers la cuisine mais n’eut pas le temps de demander si son mari s’en sortait puisque Sam ne tarda pas à apparaître, les bras chargés. Pitch ne vit le jouet que lorsque le marchand se prit les pieds dedans.

L’ancienne ombre n’osa faire aucun geste vers son mari qui zigzaguait vers la table. Elle craignait d’empirer la situation. A la place, elle se dirigea vers le jouet cassé pour le ramasser.

-  Au moins, le plat est arrivé sain et sauf.

A la place d’être soulagé que son couscous n’ait pas fini par terre, elle regarda son mari avec un regard coupable.

« Je suis désolé. J’aurais dû le ramasser… mettre un peu d’ordre avant que tu ne rentres. Maintenant, il est cassé. »

On aurait crut qu’elle venait de voir un chaton se faire écrasé par une charrette et qu’elle tenait le corps de la pauvre créature dans ses mains. Pitch savait a quel point son mari adorait ces jouets. Et si ce dernier était irréparable ? En cet instant, elle oublia complètement la présence d’Erik.








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MessageSujet: Re: « Ô nuits d'Arabie au parfum de velours... » ☠ Pitch&Sam&Erik.   Mar 22 Juil - 18:05








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▬ C'est très prévenant de vouloir nous protéger de votre apparence, mais ça serait plutôt à nous de vous accepter comme vous êtes. Si vous êtes plus à l'aise en restant habillé, cela ne nous gêne pas du tout, mais si la chaleur vous insupporte, vous pouvez vous découvrir.

C'était le genre de paroles qu'Erik avait parfois entendues, mais jamais prononcées sur un ton aussi sincère que venait de le faire Sam. Cet homme était décidément bien étrange, et il en fallait beaucoup à l'étranger pour penser cela, considérant sa propre condition. En guise de réponse, il adressa un simple signe de tête reconnaissant au marchand de jouets. Son hôte et l'épouse de ce dernier conversèrent alors entre eux, ce qui permit à l'ancien compagnon des bohémiens de se concentrer sur la décoration des lieux. Finalement, le commerçant s'éclipsa dans la cuisine, laissant les deux autres au beau milieu de sa salle à manger dans une atmosphère assez particulière. Tout en lui adressant un sourire gêné, la femme s'approcha alors d'Erik pour reprendre le surplus d'assiettes.

▬ Je m’attendais à recevoir plus de visiteurs.

Le contact physique n'était pas une chose à laquelle l'homme était habitué, aussi se crispa-t-il légèrement lorsqu'elle le toucha. Heureusement pour lui, la grimace qu'il esquissa alors resta dissimulée derrière son masque et ne risquait donc pas de froisser son interlocutrice. Erik s’apprêta ensuite à répondre à son hôte quelque chose d'à la fois poli et spirituel mais il n'en eut pas l'occasion que, déjà, la femme reprenait la parole.

▬ Vous pouvez les poser sur la table. Je vais chercher les couverts.

▬ Tout de suite.

Erik avait prononcé ces mots sur un ton docile, comme pour apaiser un peu plus les craintes de la cuisinière. Il n'était pas dupe, si le mari de cette dernière semblait enclin à accepter l'étranger à bras ouvert sans aucun mal, l'épouse se montrait plus méfiante, elle adoptait ainsi une attitude beaucoup plus normale, semblable au commun des mortels que l'homme masqué avait pu rencontrer jusque là.

▬ J’espère que vous avez faim, je prépare toujours assez à manger pour une légion entière.

Le ton de plaisanterie adopté par la maîtresse de maison laissa entendre à Erik qu'elle s'efforçait de se montrer plus accueillante, ce qui était plutôt bon signe pour lui.

▬ Je vous promets de faire honneur à votre repas !

Il avait répondu d'une voix tout aussi chaleureuse mais n'eut pas l'occasion de prolonger la conversation que, déjà, Sam revenait. Le petit homme avait les bras chargés du plat de couscous qui semblait, somme toute, extrêmement lourd. La catastrophe fut frôlée mais évitée de peu lorsque le propriétaire des lieux manqua de tomber à la renverse après avoir trébuché sur l'un de ses jouets de bois. Visiblement, l'objet était tombé de l'une des étagères... À moins que ce fut l'un des précédents invités du couple qui avait joué avec et avait oublié de le remettre à sa place en partant ? L'épouse n'avait-elle pas parlé de recevoir plus de visiteurs ? Même avec le peu d'informations que l'étranger possédait sur le caractère de Sam, il devinait sans peine que ce dernier devait faire profiter les orphelins de son foyer...

▬ Au moins, le plat est arrivé sain et sauf.

La remarque de son hôte fit sourire Erik. Il ne semblait pas agacé, comme si l'ébouillantage douloureux auquel il venait d'échapper n'avait pas existé. Tandis que sa femme se confondait en excuses, l'étranger préféra demeurer muet. Il n'avait aucun droit de parole dans une discussion aussi personnelle. C'était cependant intéressant d'observer la scène, cela l'aidait à mieux cerner les personnalités de ses hôtes. Ainsi, il put constater l'importance manifeste que les jouets avait dans leur vie : s'il en était déjà convaincu pour Sam, il ne pouvait plus avoir aucun doute sur ce fait vu la réaction de l'épouse...

Finalement, le marchand de jouets rassura sa femme et fit passer la conversation à autre chose. Sans doute le commerçant n'avait-il pas oublié, lui, la présence de leur invité. Tous trois passèrent donc à table, Erik prenant bien soin d'attendre de voir où se plaçaient ses hôtes pour prendre le siège vacant.

▬ Votre cuisine a l'air succulent, madame Pitchounette.

Erik avait prononcé ces mots après qu'on lui eût servi une assiette remplie du met en question. La fumée parfumée qui se dégageait du plat ne pouvait que mettre tous les estomacs en appétit. Somme toute assez ravi de se trouver en compagnie de nouvelles têtes, il goûta le couscous et complimenta de nouveau la cuisinière. La rumeur n'avait pas menti, c'était vraiment très bon. l'étranger se prit alors à penser à Sinbad, l'homme qui s'était montré si généreux envers lui depuis son arrivée dans ce royaume. Évoquer le marchand fit alors naître quelques interrogations dans l'esprit de l'homme masqué.

▬ Connaissez-vous beaucoup de monde en ville ?

C'était une manière comme une autre d'engager la conversation, après tout. Il n'avait pas particulièrement envie de passer la soirée dans le silence et puis, cette interrogation somme toute innocente lui permettait aussi de situer un peu mieux ses hôtes. Peut-être même pourrait-il tirer de leur réponse quelque chose d'utile ? Après tout, on n'avait jamais assez de connexions haut placées, surtout lorsque l'on pouvait se trouver dans une situation délicate à tout moment, comme c'était le cas pour Erik.

▬ Pardonnez mon indiscrétion... Je me demande juste si nous possédons des connaissances communes.

Le jeune homme s'était senti obligé d'ajouter cette justification sommaire, surtout pour la dénommée Pitchounette. Il se doutait bien que Sam ne verrait aucun mal dans sa question mais il n'était pas certain de pouvoir en dire autant de l'épouse, bien que son interrogation ne représentait aucune menace : elle serait bien étrange de prendre la mouche pour si peu ! Enfin, lorsque l'on portait un prénom aussi étrange, qui pouvait prévoir le genre de comportement que l'on pouvait avoir...






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MessageSujet: Re: « Ô nuits d'Arabie au parfum de velours... » ☠ Pitch&Sam&Erik.   Sam 26 Juil - 17:29








Pour le fou qui se perd au cœur du désert...
✣ quand le vent vient de l'est, le soleil est à l'ouest  








✣ Pitch & Sam & Erik

Le plat de couscous se retrouvait plus lourd qu'il aurait pensé. Le marchand de jouets n'était pas un homme costaud et d'ailleurs se retrouvait même plus petit que sa femme, alors porter le plat fut une rude épreuve surtout avec des obstacles sur le chemin. Avançant, en regardant droit devant lui, il ne fit pas attention au jouet qu'il y avait parterre, marcher dessus le déstabilisa et il eut la chance d'arriver à poser le plat sur la table sans trop de grabuge. Pour lui, la catastrophe était passée, il était temps de se mettre à table. Mais sa femme voyait les choses différemment, elle tenait le jouet cassé entre ses mains.

« Je suis désolé. J’aurais dû le ramasser… mettre un peu d’ordre avant que tu ne rentres. Maintenant, il est cassé. »

Il n'aimait pas voir sa femme triste et s'approchant d'elle, il prit les morceaux de jouets dans sa main, l'examinant seulement quelques secondes pour voir si celui-ci était réparable et sans trop réellement s'avancer, il pensait cela possible. Posant les bouts sur l'étagère, il embrassa la joue de sa femme.

- Ne t'inquiète pas, je le réparerais plus tard.

Il n'avait pas oublié son invité et sa courtoisie le poussait à ne pas tarder sur le sujet du jouet pour ne pas qu'Erik se sente en retrait de la conversation. S'avançant vers la table, il ne s'assit pas au bout de table comme souvent, on voyait le chef de famille. Durant son enfance, c'était Barnabas qui occupait le bout de table, il lui était impossible de s'y placer pour cette raison. Un simple rappelle du rôle du second fils qui avait pourtant formé sa propre famille, en l'image de Pitchounette.

▬ Votre cuisine a l'air succulent, madame Pitchounette.

Sam ne tilta même pas que son invitée avait appelé sa femme comme lui. Comment pouvait-il savoir qu'elle s'appelait Pitch, de toute manière ? Puis, le marchand de jouets avait toujours trouvé le prénom de sa femme, sombre, alors qu'elle se retrouvait être la lumière de sa vie.

- J'ai trouvé ma perle rare.

Il posa un regard plein d'amour sur sa femme, qui venait de le servir, puis prit la première bouchée de délicieux couscous. Cela était toujours agréable d'avoir un bon repas, après une journée de travail et de partager celui-ci avec des proches ou des personnes qu'il avait invitées.

▬ Connaissez-vous beaucoup de monde en ville ? Pardonnez mon indiscrétion... Je me demande juste si nous possédons des connaissances communes.

Le futur marchand de sable était ravi de voir Erik appréciait le repas et surtout assez à l'aise pour poser des questions. Tout le monde ne savait pas ouvrir une conversation et invitant plus souvent les orphelins à leurs tables, ils se retrouvaient souvent à parler de nouveaux jouets confectionner par Sam ou alors des rumeurs qui couraient en ville. Il n'y avait rien de mieux qu'un enfant pour jouer les espions, même si le maitre de lieux ne s'intéressait pas trop aux histoires d'Agrabah. Tant qu'il vivait heureux auprès de sa femme, il ne demandait rien de plus.

- Je connais quasiment tous les orphelins de la ville, j'ai aussi mes clients réguliers et quelques amis marchands qu'on voit peu à cause de nos affaires à faire tourner.

Il ne fallait pas être né de la dernière pluie pour comprendre que le couple fréquentait davantage des enfants que des adultes. Beaucoup se méfiaient du marchand de jouets bien trop généreux envers des vilaines fripouilles, comme ils étaient souvent nommés. Totalement dans ses pensées à essayer de voir s'il avait de nom précis à lui donner, il finit par hausser les épaules.

- Rien à comparer avec une vie de château, mais c'est plus agréable de mériter la nourriture dans notre assiette quand on a travaillé pour l'obtenir.

Sam et Pitchounette ne s'étaient jamais parlé de leurs anciennes vies, leur rencontre avait été une seconde chance et pour pouvoir bien la commencer, il fallait faire un trait sur son passé. Mais à ce moment précis, il ne réalisa pas qu'il venait de donner un gros indice sur ce qu'il avait été, un châtelain et non une personne du peuple, le ton qu'il avait employé prouvait qu'il savait de quoi il parlait. Égale à lui-même, il ne pourrait pas remarquer le trouble que ça aurait pu provoquer, surtout chez sa femme, pour lui, il n'avait fait que donner un exemple. Continuant à manger, il sourit et tourna la tête vers sa femme.

- Oh et si tu lui racontais notre rencontre ?







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MessageSujet: Re: « Ô nuits d'Arabie au parfum de velours... » ☠ Pitch&Sam&Erik.   Dim 3 Aoû - 22:06








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✣ Pitch & Sam & Erik

Pitch se sentait prise entre deux feux. D’un côté, il y avait cet étranger qu’elle rêvait de voir partir et de l’autre, elle ne voulait pas passer pour une impolie aux yeux de son mari. Lui qui avait invité cet inconnu sans éprouver la moindre trace de méfiance. Ce n’était pas grave, l’ancienne ombre avait assez de son instinct craintif pour deux. L’accoutrement de cet être étrange éveillait sa méfiance mais ce n’était pas tout. Le beau phrasé de leur visiteur qui aurait dû la rassurer eu le résultat inverse. Peut-être parce que le vocabulaire instruit d’Erik lui rappelait trop son ancien propriétaire. Si la voix n’était pas si différente, Pitch aurait déjà imaginé l’Erudit se cachant derrière ce masque, revenu pour la rappeler à ces obligations.
Cette hypothèse rayée de sa liste, ces craintes se reportèrent sur un énième arnaqueur profitant de la naïveté de l’amour de sa vie pour obtenir au minimum un repas gratuit.

Mais toutes ces suspicions s’envolèrent devant le jouet cassé. Les constructions de son mari étaient si importante pour lui… elle s’en voudrait d’avoir irrémédiablement cassé ce jouet simplement parce qu’elle n’avait pas prit le temps de faire un peu de rangement. Inquiète, elle regarda Sam examiné les morceaux brisés. Pitch reçut le baiser sur la joue avec soulagement.

- Ne t'inquiète pas, je le réparerais plus tard.

Un sourire apaisé apparut sur le visage de l’ancienne ombre devant ce diagnostic positif. Elle aurait voulu proposé de l’aider pour les réparations mais savait son mari bien plus talentueux qu’elle dans ce domaine.

Pendant de délicieuses secondes, Pitch en avait oublié qu’ils n’étaient pas seuls. Hélas, cette illusion se brisa dès qu’elle gagna la table. Elle prit place au côté de son mari, même si cela signifiait faire face à leur visiteur masqué. Une partie de son esprit restait encore sous la culpabilité de l’accident du jouet se qui l’empêchait d’être aussi acerbe qu’elle le souhaitait envers leur invité. Pitch remplit les assiettes en commençant par celle de son invité et en finissant par la sienne comme l’exigé les usages de la politesse.

▬ Votre cuisine a l'air succulent, madame Pitchounette.

« Attendez d’y avoir goutté avant d’émettre un commentaire sur ma cuisine. » Répondit-elle avec malice.

Malgré ce trait d’humour, cette fois, Pitch tiqua d’entendre le surnom donné par son mari prononcé par leur invité. La méfiance l’avait poussé à ignorer ce petit détail avant cet instant. Elle aurait voulu répliqué sur un ton sévère que seul son mari avait le droit de l’appeler ainsi. Elle n’aimait pas son nom mais ne voulait pas entendre ce surnom sortant de la bouche de cet étranger. L’ancienne ombre avait l’impression que cet Erik venait de lui voler quelque chose de précieux.

Cependant avant qu’elle ne puisse concrétiser cette pensée, Sam prit la parole :

- J'ai trouvé ma perle rare.

Le compliment la fit légèrement rougir et toute envie de se montrer sec envers leur visiteur disparu temporairement.

« Je n'ai aucun mérite. Tu t’es montré d’une patience exemplaire avec mes premiers essais. » Commenta-t-elle sincèrement en rendant son regard plein d’amour à celui qui l’avait sauvé du désert.

Après s’être assuré que personne ne manquait de rien, elle se concentra sur sa propre assiette. Contrairement à son mari et peut-être pour son invité, Pitch trouva quelques petits détails à redire sur sa cuisine de ce soir. Sans doute n’aurait-elle pas dû s’absenter aussi longtemps de la cuisine pour préparer la table. L’ancienne ombre pensait continuer le repas dans le silence. Un silence apaisant qui lui changeait par rapport aux orphelins turbulent qu’elle avait l’habitude d’accueillir chez eux. Malheureusement, en plus d’être étrange, Erik était visiblement curieux et bavard.

▬ Connaissez-vous beaucoup de monde en ville ?

Pitch arrêta sa fourchette à mi-parcours en fronçant les sourcils et daignant enfin adresser un regard à la personne masqué qui lui faisait face. Quelle étrange question ! Ou peut-être était-ce parce qu’elle avait l’habitude des conversations avec des enfants qui tournaient surtout sur les nouveaux jouets qu’allaient imaginé son mari. Son attitude ne dû pas passé inaperçu aux yeux de leur visiteur puisque celui-ci s’empressa d’ajouter :

▬ Pardonnez mon indiscrétion... Je me demande juste si nous possédons des connaissances communes.

Peu convaincue par cette précision, la femme du marchand de jouet garda tout de même le silence et replongea son regard dans son assiette. Elle estimait que cette question était destinée à Sam puisqu’elle ne sortait pas plus que nécessaire mais ne voulait pas en faire l’aveu à leur visiteur.

- Je connais quasiment tous les orphelins de la ville, j'ai aussi mes clients réguliers et quelques amis marchands qu'on voit peu à cause de nos affaires à faire tourner. Rien à comparer avec une vie de château, mais c'est plus agréable de mériter la nourriture dans notre assiette quand on a travaillé pour l'obtenir.

L’ancienne ombre cacha du mieux qu’elle put sa confusion devant une telle confession indirecte devant un parfait étranger. Sam ne lui avait jamais parlé de son passé et lui n’avait posé aucune question sur le sien (à son plus grand soulagement). Si elle avait été surprise, ce ne fut rien comparé à ce qui allait suivre :

- Oh et si tu lui racontais notre rencontre ?

Un sourire peu convaincu traversa ses lèvres alors que la gêne se disputait avec un sentiment plus sombre : l’envie de ne rien révélé sur eux devant Erik.

« Je ne sais pas aussi bien raconter les histoires que toi, mon cœur. » Répondit-elle tout d’abord dans une tentative de fuir l’inévitable récit.

Il suffit de croiser le regard de Sam pour que ces motivations fondent comme neige au soleil. Il y avait tellement de foi en elle dans ces yeux bleus que Pitch ne voulait surtout pas décevoir son mari.

« Très bien… » Commença-t-elle d’une voix peu assurée. Son regard se retrouva de nouveau rivé sur son assiette pour ne pas avoir à contempler le visage masqué de leur interlocuteur. « Avant Agrabah, je voyageais beaucoup. » Avoua-t-elle à contrecœur. « J’ais voulu traversé le désert mais j’avais mal préparé mon voyage. Je ne savais pas que le soleil pouvait être aussi traître… » Elle raconta doucement en jouant avec sa fourchette prouvant que l’ancienne ombre n’était pas à l’aise dans le contage d’histoire comme elle l’avait averti quelques instants plus tôt mais aussi parce qu’elle choisissait soigneusement quels informations elle voulait dévoiler à Erik.  « … et je me suis évanouie à cause de la soif et de la chaleur. Quand je me suis réveillée, j’étais dans cette maison que je n'ai plus quitté depuis. »

Elle lâcha sa fourchette pour prendre tendrement la main du marchand de jouet.

« Sam m’a sauvé la vie. » Dit-elle avec un sourire ou amour et reconnaissance fusionnait.

A nouveau, elle se concentrait sur l’être qui partageait sa vie plutôt que sur leur dérangeant visiteur.







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MessageSujet: Re: « Ô nuits d'Arabie au parfum de velours... » ☠ Pitch&Sam&Erik.   Dim 14 Sep - 17:31








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✣ Pitch & Sam & Erik

Erik avait cru, à juste titre, qu'il serait bon de ne pas laisser mourir la conversation et il avait ainsi demandé à ses hôtes s'ils fréquentaient beaucoup de monde en ville. Il était tellement plus aisé de converser d'une connaissance commune avec des gens que l'on connaissait à peine ! L'étranger aurait ainsi vu sa soirée sauvée s'il s'avérait que le couple fréquentait Sinbad... Il n'eut pas à patienter bien longtemps pour obtenir une réponse car Sam reprit la parole sur un ton plutôt joyeux :

▬ Je connais quasiment tous les orphelins de la ville, j'ai aussi mes clients réguliers et quelques amis marchands qu'on voit peu à cause de nos affaires à faire tourner. Rien de comparable avec une vie de château, mais c'est plus agréable de mériter la nourriture dans notre assiette quand on a travaillé pour l'obtenir.

Si Erik put masquer sa surprise face à l'annonce du marchand de jouets, il sembla que l'épouse de ce dernier eut beaucoup plus de mal à en faire autant. Qui aurait pu croire que Sam avait connu la vie de château ? Un homme aussi simple que lui n'en laissait rien présager... Et, visiblement, la dénommée Pitchounette ne connaissait pas tout de son mari ! Le jeune homme masqué se contenta donc d'un simple signe de tête en guise de réponse, sentant que le mystère planant sur le passé du couple n'avait nullement besoin d'être attisé par une remarque de sa part.

Le maître des lieux ne semblait pas plus perturbé que cela par la tournure que les événements venait de prendre, au demeurant, et il continua son repas avec une mine paisible avant de se tourner vers sa femme pour lui adresser une requête pour le moins inattendue.

▬ Oh, et si tu lui racontais notre rencontre ?

Nul besoin d'être devin pour remarquer les réticences de la femme au foyer à parler d'elle devant Erik. Ce dernier ne lui en voulait pas, cependant, elle ne faisait qu'adopter les réactions que le commun des mortels lui offraient au quotidien. Gênée, la jeune femme chercha donc à se dérober, mais c'était sans compter sur son époux qui, lui, se comportait de façon totalement atypique aux yeux de leur invité.

▬ Je ne sais pas aussi bien raconter les histoires que toi, mon cœur.

Comme si la gentillesse et la part de naïveté de Sam pouvaient déteindre sur son épouse, Pitchounette ne tenta pas d'argumenter plus en avant son refus de parler. Un simple regard échangé avec son mari la décida à changer d'avis. Erik fut un peu étonné de ce revirement de situation. Il fallait dire que l'amour, sous toutes ses formes, était une chose dont il ignorait tout... Ainsi, tout en s'abstenant de faire la moindre remarque à ce sujet, il ne comprenait pas trop le lien qui unissait ses hôtes, ni le pouvoir que leurs sentiments pouvait exercer sur l'un ou l'autre en fonction des situations. Toujours était-il que la cuisinière venait de changer d'avis sans raison apparente, d'après l'étranger.

▬ Très bien…

Elle avait prononcé ces mots sur un ton légèrement hésitant et sa gêne ne fut que plus flagrante lorsqu'elle riva son regard sur le contenu de son assiette. Elle fuyait le regard d'Erik, mais ce dernier ne s'en formalisa pas. De son côté, cependant, il ne comptait pas détourner les yeux, ce n'était pas dans ses habitudes et il ne voyait pas en quoi cela pourrait changer les choses. Il fixait donc la maîtresse de maison lorsque cette dernière de nouveau desserra les dents.

▬ Avant Agrabah, je voyageais beaucoup. J’ai voulu traversé le désert mais j’avais mal préparé mon voyage. Je ne savais pas que le soleil pouvait être aussi traître… Et je me suis évanouie à cause de la soif et de la chaleur. Quand je me suis réveillée, j’étais dans cette maison que je n'ai plus quitté depuis. Sam m’a sauvé la vie.

Au fil des paroles de son hôte, Erik eut tout le loisir de remarquer le changement d'atmosphère. Une fois de plus, sa présence était gommée par Pitchounette qui préférait se focaliser sur son époux. Elle avait saisi la main de Sam et le regardait avec tendresse lorsqu'elle prononça la dernière phrase. Si l'étranger ne comprenait pas l'amour, il lui était plus aisé de se familiariser avec la reconnaissance, ainsi put-il faire le rapprochement entre le fait que la cuisinière devait sa vie au marchand de jouets et l'expression de tendresse dans ses yeux.

Le nouveau venu laissa le silence régner pendant quelques secondes avant de se racler la gorge poliment ; après tout, il valait mieux mettre fin au tête-à-tête avant que le couple oublie définitivement sa présence et se mette à agir de façon plus intime...

▬ C'est une histoire surprenante et... Très touchante.

Il n'avait pas trouvé d'adjectifs plus appropriés pour qualifier la rencontre du couple. En effet, il n'y avait rien de mignon ou de magique dans le récit que lui avait fait Pitchounette, considérant le fait qu'elle se trouvait à l'agonie au moment où elle avait fait la connaissance de son mari ! Se laissant quelques instants de réflexion, Erik reprit quelques bouchées du couscous qui remplissait son assiette.

▬ J'ai moi-même passé de nombreuses années à voyager à travers les royaumes... D'où veniez-vous lorsque vous vous êtes retrouvée face au désert ?

Il avait cherché le meilleur moyen de rebondir et n'avait pas trouvé mieux que le thème du voyage. Dans le peu d'informations que Pitchounette lui avait donné, il n'y avait rien d'autre à tirer, et Erik savait déjà que Sam ne venait pas d'Agrabah, ainsi personne ne pourrait de nouveau être exclu de la conversation s'il abordait ce thème. De plus, cela lui rappelait le temps qu'il avait passé en compagnie des gitans, ces années passées à apprendre les secrets du spectacle et les divers royaumes qu'il avait pu parcourir...

▬ Agrabah est sans doute le royaume le plus atypique qu'il m'a été donné de voir !

Il avait ajouté cette remarque plus pour Sam que pour Pitchounette, pleinement conscient que cette dernière était peu encline à lui parler. Il ne s'en formalisait pas, certes, mais il ne comptait pas non plus se comporter comme un benêt à fournir tous les efforts lorsque la personne face à lui se comportait comme un mur blindé ! Il était donc plus judicieux de se tourner vers le marchand de jouets, et ce fut exactement ce qu'il fit.






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MessageSujet: Re: « Ô nuits d'Arabie au parfum de velours... » ☠ Pitch&Sam&Erik.   Sam 20 Sep - 18:00








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Sam voulait à tout prix mettre son invité à l'aise et partager tout ce qui pouvait être intéressant avec lui. La générosité du marchand de jouets n'avait pas de limite, tout comme sa sympathie. Il n'avait pas les mêmes réticences que sa femme envers Erik, le jeune homme avait apprécié la qualité et les détails de son jouet en bois, preuve qu'il avait de grandes qualités. Malheureusement, pour Sam, sa lumière avait tendance à attirer l'obscurité, mais cela, il l'ignorait encore et Erik n'avait pour le moment rien d'obscur en lui.

Une idée qui lui semblait parfaite vint lui traverser l'esprit, il voyait bien que Pitchounette mettait une distance entre elle et l'invitée et il ne trouvait pas cela très poli. Alors, il lui proposa de raconter leur rencontre, ainsi, elle serait bien obligée de parler à Erik et pourquoi  pas commencer à l'apprécier ? Son sourire peu convaincu et sa précision qu'elle ne savait pas aussi bien raconter que lui les histoires, ne lui firent pas changer d'avis. Il posa un regard bienveillant et confiant vers elle, il savait qu'elle pouvait le faire.

▬ Très bien…

Sa femme plongea son regard dans son assiette et à ce moment précis, il ne voyait que dans ce geste de la timidité. Il comprenait très bien les réticences de parler du passée, vu que lui-même ne s'étalait pas sur le sujet. Mais là, il s'agissait du début d'une autre vie, de leurs secondes chances à tous les deux, il n'y avait rien de mal à le raconter à Erik.

▬ Avant Agrabah, je voyageais beaucoup. J’ai voulu traversé le désert mais j’avais mal préparé mon voyage. Je ne savais pas que le soleil pouvait être aussi traître… Et je me suis évanouie à cause de la soif et de la chaleur. Quand je me suis réveillée, j’étais dans cette maison que je n'ai plus quitté depuis. Sam m’a sauvé la vie.

Entendre cette histoire lui remémora les sentiments qu'il avait ressentis en la trouvant dans les dunes de sable, un réel panique, un besoin de l'aider. La ramener dans la maison ne fut pas une tâche facile, mais réunissant tout son courage, il avait réussi et au fur et à mesure de ses soins, ils étaient tombés amoureux. Elle lui avait pris sa main et l'amour naissait dans les yeux d'un pour mourir dans les yeux de l'autre. Le raclement de gorge de son invitée, le ramena à la réalité.

▬ C'est une histoire surprenante et... Très touchante.

Il remercia le jeune homme d'un hochement de tête, accompagné d'un grand sourire, puis il lâcha la main de sa femme pour continuer à manger le délicieux couscous.

▬ J'ai moi-même passé de nombreuses années à voyager à travers les royaumes... D'où veniez-vous lorsque vous vous êtes retrouvée face au désert ?

Même lui n'avait jamais posé la question à sa femme, pas que son passé ne l'intéressait pas, mais c'était plus une façon de protéger son propre passé. Si elle lui avait parlé du sien, il se serait senti obligé d'en faire de même. Il laissait Pitchounette le choix de répondre ou non, il n'était pas homme à forcer les choses.

▬ Agrabah est sans doute le royaume le plus atypique qu'il m'a été donné de voir !

Une lueur éclatante apparut dans le regard du marchand de jouets, il lui semblait qu'Erik pouvait le comprendre, qu'Erik avait ressenti la même sensation en découvrant ses dunes de sable. AhAgrabah, le pays pour lequel, il eut un gros coup de coeur. Regardant son invité, il prit la parole.

-  C'est ce qui m'a attiré dans cette contrée, la différence avec mon royaume d'origine. Les arbres remplacés par le sable chaud, l'adaptation n'a pas été facile... Il se mit à rire en se rappelant des premiers mois où il pensait mourir sous cette chaleur... Mais le corps humain est prodigieux et s'adapte.

Il avait peut-être été un étranger à ses terres, mais à présent, elle coulait dans ses veines. Il était persuadé qu'il pousserait son dernier souffle dans ce désert et il ne se trompait pas, cela arriverait même plus vite qui l'aurait pensé... Seulement quelque mois. Comme souvent quand il partait sur le sujet de cette cité, il laissait son coeur parler.

- Je ne me verrais pas quitter Agrabah, il faut bien que quelqu'un s'occupe des enfants des rues, je leur voue ma vie et ma passion. Ils sont ma lumière du matin, je pense qu'il faut s'ouvrir aux autres pour pouvoir en retirer le meilleur. J'imagine que comme moi si vous avez beaucoup voyagé, vous avez croisé la route de personnes qui ne voient pas plus loin que leur bout de nez, qui jugent et maltraites ceux qui sont différents, alors qu'au fond, on est tous les mêmes.

Prenant une autre bouchée de couscous, il ne se doutait pas qu'il aurait pu froisser sa femme, car après tout n'était-ce pas ce qu'elle faisait envers Erik ? Le juger sur son apparence.

- Mes jouets me servent à donner l'espoir, à préserver la lumière dans les coeurs les plus tourmentées... Enfin je suis sans doute qu'un doux rêveur. Et vous, quel serait votre plus beau rêve ?







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MessageSujet: Re: « Ô nuits d'Arabie au parfum de velours... » ☠ Pitch&Sam&Erik.   Lun 29 Sep - 22:21








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Pitch n'aimait pas ce visiteur. Elle camouflait ce sentiment du mieux qu'elle pouvait uniquement par respect et amour pour son mari qui avait invité cet étranger chez eux. Mais, pour l'ancienne ombre, cet Erik n'était qu'une sorte de voleur et elle n'arrivait pas à se défaire de cette impression. À peine arrivé, leur invité lui avait volé le surnom affectif que lui avait donné Sam et maintenant, il lui volait sa rencontre avec le marchand de jouets. Des choses qui n'avaient appartenu qu'à eux avant aujourd'hui. Pitch n'était pas aussi généreuse que son mari. Ces instants de bonheur, elle les gardait jalousement.

Ce n'était pas la seule explication concernant sa réticence à raconter cette partie de son histoire. Comment parler de sa marche dans le désert sans évoquer les parties de son passé qu'elle voulait oublier ?

Elle aurait aimé en vouloir à Sam pour sa tentative de briser le silence (ou la glace, même si ce mot n'était peut-être pas approprié à Agrabah) mais en était bien incapable. Son mari n'avait jamais de mauvaises intentions et ne pensait certainement pas à mal en demandant à Pitch de raconter leur rencontre.

Après une tentative pour échapper à cet exercice où elle se savait moins agile que le marchand de jouets, elle devait se rendre à l'évidence : elle n'y échappera pas. Pitch se permit un temps de réflexion pour bien choisir ses mots tout en se concentrant sur son assiette. Un geste destiné à retarder le moment où elle devra lever les yeux vers Erik. Ces voyages, voilà quelque chose que l'ancienne ombre pouvait évoquer sans risque. Elle laissa volontairement de côté le pourquoi. Tout ce que Pitch espérait est que son étrange interlocuteur ne se pose pas de question sur son ignorance à propos du soleil, forcément traître dans un désert. Bien sûr, la plus grande partie de son court récit fut consacrée à sa rencontre avec celui qui l'avait sauvée. Passage qu'elle accentua en posant sa main sur celle de Sam.

Ce merveilleux moment fut interrompu par un raclement de gorge. Pitch dut se faire violence pour ne pas lancer une œillade assassine à leur invité. Elle n'en avait rien à faire de l'opinion d'Erik, ce n'était pas pour lui qu'elle avait raconté sa brève histoire. Malgré tout, Pitch arqua un sourcil devant le deuxième mot, à croire que leur visiteur avait ajouté le 'touchant' que pour se montrer poli et non pas parce qu'il le pensait. Mais sans doute se faisait-elle des idées. Elle avait appris à être doublement méfiante envers les inconnus que ramenait Sam à la maison, ne serait-ce que pour empêcher les filous de profiter de la bonté de son mari.

Pitch lâcha avec regret la main de son aimée pour se reconcentrer sur son repas. Elle aurait tant aimé continuer à ignorer la présence de cet Erik qui ne lui inspirait rien de bon... Hélas, elle ne pouvait rien faire dans ce sens sans risquer de fâcher Sam qui semblait avoir sympathisé avec l'inconnu. Et s'il y avait bien une chose que Pitch voulait éviter, c'était de vexer son époux. Une pensée remplie d'ironie lorsqu'on connaissait le futur qui les attendait tous les deux. De toute façon, l'ancienne ombre n'avait pas le loisir d'ignorer Erik puisque celui-ci lui posa une question.

- J'ai moi-même passé de nombreuses années à voyager à travers les royaumes... D'où veniez-vous lorsque vous vous êtes retrouvée face au désert ?

Pitch lutta pour ne pas replonger dard-dard son regard dans son assiette. Elle fut surprise qu'Erik ose poser une question et l'ancienne ombre sentit la panique la gagner devant cette interrogation dont elle ne savait la réponse. Leur invité était un grand voyageur, c'était bien sa veine ! Comment avouer une ignorance sur des informations aussi essentielles ? Elle qui avait voyagé sans se soucier des noms. Prise par surprise, elle regarda Erik sans songer à trouver une excuse pour dévier son regard.

"Je... Je l'ignore." Répondit-il, tout d'abord, en essayant du mieux possible de camoufler la crainte de sa voix. Elle eut un mince sourire peu convainquant avant de poursuivre : "Je n'ai jamais prêté attention aux noms des régions que je traversais. Je ne voulais qu'aller loin, le plus loin possible. Vers..." Elle se tut avant de révéler la destination qu'elle avait espéré atteindre à l'époque.

Vers la lumière... en voilà une réponse idiote et qui aurait soulever trop de questions face à un interlocuteur curieux. Elle aurait aimé reprendre la main de son mari pour se donner un peu de courage, pour mieux l'aider à chasser de ces pensées ce passage de sa vie, mais savait que ce geste paraîtrait trop étrange alors elle ne fit rien. Même si une petite lueur de douleur se perçut dans son regard. Elle se rattrape le plus vite qu'elle put.

"Vers Agrabah." Continua-t-il en faisant tinter ses couverts sur le bord de l'assiette comme pour appuyer sa réponse. Elle décocha un regard à Erik comme si elle le mettait au défi de trouver sa réponse bizarre. "Oui, Agrabah était la meilleure destination que je pouvais choisir."

Soulagée d'avoir su répondre, elle écouta le reste de la conversation d'une oreille distraite. Le masque d'Erik la dérangeait plus que jamais et l'idée saugrenue que son ancien propriétaire se cache derrière revint à son esprit. Heureusement, entendre parler Sam dissipa ces craintes naissantes. Au point de faire naître un sourire apaisé sur ses lèvres. Pitch s'efforça de reprendre le fil de la conversation au cas où elle aurait de nouveau à intervenir.

- Je ne me verrais pas quitter Agrabah, il faut bien que quelqu'un s'occupe des enfants des rues, je leur voue ma vie et ma passion. Ils sont ma lumière du matin, je pense qu'il faut s'ouvrir aux autres pour pouvoir en retirer le meilleur. J'imagine que comme moi si vous avez beaucoup voyagé, vous avez croisé la route de personnes qui ne voient pas plus loin que leur bout de nez, qui jugent et maltraites ceux qui sont différents, alors qu'au fond, on est tous les mêmes.

Le sourire retrouvé de Pitch descendu d'un cran. Elle fit de son mieux pour ne pas montrer qu'elle se sentait indirectement visée par cette remarque et cacha sa gêne en avalant une bouchée de son couscous qui menaçait de refroidir. Son regard passait de Sam à Erik comme une joueuse qui espérait rester sur le banc de touche parce qu'elle ignorait ce qu'elle ferait une fois sur le 'terrain'.

- Mes jouets me servent à donner l'espoir, à préserver la lumière dans les cœurs les plus tourmentées... Enfin je suis sans doute qu'un doux rêveur. Et vous, quel serait votre plus beau rêve ?

Pourtant, ce n'était pas poli de rester en retrait ainsi. Alors elle se força à émettre un commentaire timide.

"Sam fait les plus beaux jouets de tout les royaumes mais çà, je suis certaine que vous l'avez déjà remarqué." Commenta-t-elle alors que Sam exprimait le but se cachant derrière la création de ses jouets.

Sa tentative lui semblait horriblement maladroite, pour masquer sa gêne, Pitch se reconcentra sur son repas. Elle garda tout de même une oreille attentive au cas où Erik oserait se moquer de la passion de son époux !








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MessageSujet: Re: « Ô nuits d'Arabie au parfum de velours... » ☠ Pitch&Sam&Erik.   Dim 2 Nov - 19:00








Pour le fou qui se perd au cœur du désert...
✣ quand le vent vient de l'est, le soleil est à l'ouest  








✣ Pitch & Sam & Erik

Erik ne savait pas dans quel état il plongeait son hôte en lui posant une question sur les lieux de ses voyages. Après tout, comment aurait-il pu deviner le passé de la jeune femme ? Elle-même avait lancé le sujet, d'une certaine manière, alors il ne vit aucun mal à lui demander plus de détails. Ce fut donc une surprise pour lui de constater l'embarras de la cuisinière au moment de répondre.

▬ Je... Je l'ignore. Je n'ai jamais prêté attention aux noms des régions que je traversais. Je ne voulais qu'aller loin, le plus loin possible. Vers... Vers Agrabah. Oui, Agrabah était la meilleure destination que je pouvais choisir.

Ce fut laborieux. La dénommée Pitchounette semblait avoir enduré mille souffrances simplement pour prononcer ces paroles. Durant quelques secondes, Erik l'observa en silence. Peu lui importait l'opinion de la maîtresse de maison à son égard, il venait néanmoins de se rendre compte qu'il y avait plus. Visiblement, ce couple n'était pas comme les autres, les secrets et les détours faisaient partie de leur quotidien, leurs passés respectifs demeuraient enfouis. L'étranger trouvait cela ironique, lui qui suffisait à fournir assez d'étonnement et de mystère partout où il allait, d'ordinaire ! Il mit fin aux supplices de la cuisinière en répondant simplement par une remarque sur le côté atypique du royaume dans lequel ils se trouvaient, remarque sur laquelle Sam rebondit.

▬ C'est ce qui m'a attiré dans cette contrée, la différence avec mon royaume d'origine. Les arbres remplacés par le sable chaud, l'adaptation n'a pas été facile... Mais le corps humain est prodigieux et s'adapte.

Erik ne pouvait être plus d'accord avec son hôte qu'en cet instant précis. Les paroles du marchand de jouets résonnaient en lui avec plus d'exactitude que la plupart des discours qu'il avait pu entendre jusqu'à présent. Oui, l'humain était prodigieux. Le jeune homme masqué ne vivait encore que pour le prouver. Mais ce projet-là demeurait bien enfoui en lui, quelque part enfermé dans un coin de son cœur, sans espoir de se voir formulé à voix haute dans cette salle à manger, ce soir-là... Ni ailleurs, ni jamais.

▬ Je n'aurais pas pu dire mieux !

La voix de l'invité était chaleureuse, histoire de témoigner au commerçant qu'il se trouvait bien en train de lui sourire, même si ce dernier ne pouvait le voir à cause du masque. Sam semblait intarissable sur le sujet d'Agrabah, Erik comprit tout de suite que ce royaume étouffant comptait plus pour son hôte que les terres où il avait du voir le jour. Ce pourrait-il que la même chose se produise pour le nouveau venu ? Rien n'était moins sûr. Sam semblait avoir ressenti un véritable coup de foudre pour le royaume dès son arrivée, ce qui n'avait pas été le cas d'Erik. Non, le souvenir de sa vie sur les routes parmi les gitans n'était pas encore assez éloigné pour qu'il puisse penser à se stabiliser aussi rapidement...

▬ Je ne me verrais pas quitter Agrabah, il faut bien que quelqu'un s'occupe des enfants des rues, je leur voue ma vie et ma passion. Ils sont ma lumière du matin, je pense qu'il faut s'ouvrir aux autres pour pouvoir en retirer le meilleur. J'imagine que, comme moi, si vous avez beaucoup voyagé, vous avez croisé la route de personnes qui ne voient pas plus loin que le bout de leur nez, qui jugent et maltraitent ceux qui sont différents, alors qu'au fond, on est tous les mêmes.

Erik ne répondit rien, réfléchissant simplement à ce que Sam venait de dire. Il devait avoir un impact considérable sur la population locale étant donné les changements que son installation ici avait causés, par rapport aux orphelins. La philosophie de vie du marchand de jouets était remarquable, tout ce qu'il y avait de plus honorable... D'ailleurs, Erik était bien placé pour savoir que plus d'un homme qu'il avait croisé avait pu tenir un tel discours... Et pourtant, Sam était le seul qui semblait vraiment persuadé par ce qu'il disait : il était le seul à avoir agi avec lui sans l'espèce de barrière invisible qui séparait l'homme masqué du reste du monde.

▬ Mes jouets me servent à donner l'espoir, à préserver la lumière dans les cœurs les plus tourmentés... Enfin, je ne suis sans doute qu'un doux rêveur. Et vous, quel serait votre plus beau rêve ?

Erik s'apprêtait à répondre à son hôte mais n'en eut pas l'occasion car la femme de ce dernier s'empressa de prendre la parole à cet instant précis.

▬ Sam fait les plus beaux jouets de tous les royaumes mais ça, je suis certaine que vous l'avez déjà remarqué.

Quelque peu confus par la rudesse de la maîtresse de maison, il lui fallut quelques secondes de silence pour reprendre le fil de la conversation. Il trouvait cela extrêmement désagréable de se voir privé de son tour de parole pile au moment où les sons s'apprêtaient à sortir de sa gorge, il s'agissait d'une situation dans laquelle on pouvait aisément se sentir perdu entre les deux pans de conversations qui faisaient alors face. Erik préféra par obliger Pitchounette en premier, étant donné le ressentiment qu'elle nourrissait à son égard. Ainsi, avec politesse, il se tourna vers elle.

▬ Certainement. J'ai, en effet, pu admirer quelques uns de ses travaux.

Voilà qui était fait. L'étranger s'apprêtait désormais à répondre au commerçant lorsque le tintement d'une horloge retint son attention. Erik compta les coups et s'en trouva très surpris en constatant l'heure avancée. Le temps était passé si vite, en compagnie de ce couple si fascinant ! Malheureusement, l'étranger avait des obligations à remplir, parmi lesquelles une sorte de couvre-feu figurait. Dépassée une certaine heure, Erik ne serait plus en mesure de regagner le lieu dans lequel il résidait pour le moment... Bien sûr, il pouvait toujours passer la nuit ailleurs, mais quelque chose lui disait que Pitchounette lui refuserait l'asile pour la nuit et sa bourse n'était pas assez fournie ce soir-là pour lui payer une auberge.

Ainsi, Erik proféra mille excuses à l'attention de ses hôtes mais il leur expliqua qu'il était bien trop tard et qu'il était tenu de se retirer. Devant la réaction de Sam, il lui promit de repasser le voir un jour ou l'autre dans sa boutique. Puis, il présenta ses hommages à la cuisinière et, finalement, le jeune homme masqué s'enfonça dans la nuit noire à travers les ruelles sableuses d'Agrabah pour regagner la demeure de son bienfaiteur du moment.






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« Ô nuits d'Arabie au parfum de velours... » ☠ Pitch&Sam&Erik.

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