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L'histoire se déroule en Octobre 2013.

« Tant qu'il y a assez de place pour stocker les guimauves, tout va bien. »
par Valentine Bellamy dans You gave up the fight, you left me behind


Charming ೨ Henry ೨ Ruby ೨ August

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 Pour agir avec Prudence, il faut savoir l'écouter.

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MessageSujet: Pour agir avec Prudence, il faut savoir l'écouter.   Mar 28 Jan - 20:39





Pour agir avec Prudence,
il faut savoir l'écouter.

Edward Hyde adorait ce nouveau monde. Au début, il avait craint de se lasser au fil de temps ou, pire, d'être touché par la nostalgie du pays. Mais il n'en était rien. La Forêt Enchanté était un monde trop merveilleux pour qu'il éprouve des envies ridicules comme celle de rentrer chez lui. Certes, il était loin d'être parfait. Hyde le trouvait un peu trop magique à son goût. Le côté archaïque par rapport au monde sans couleur d'où il était originaire ne le dérangeait pas. Surtout si c'était pour avoir des avantages comme de vastes terres et la guerre. La guerre était vraiment sa nouveauté préférée. Contre les ogres, contre d'autres humains. Une guerre avait toujours lieu quelque part. Dommage que les combats devaient cessés un jour ou l'autre... foutu diplomate.

A force de manquer de bataille à livrer tout en gardant ses mauvaises habitudes, Edward Hyde avait découvert un autre point ennuyant de ce nouveau monde : son système judiciaire. Malheureusement, il y en avait un. Lorsqu'il le réalisa pleinement, il était trop tard. Le natif d'HalloweenTown avait alors pu tester toute la grandeur de la Forêt Enchanté pour prendre un nouveau départ. Adieu Edward Hyde, bonjour John Clayton ! Il s'était laissé un peu la barde, histoire de changer d'allure. Il devait se trouver un métier aussi, çà s'était le côté ennuyant de filer droit pour ne pas finir pendu. Ou pire... les gens d'ici avaient beaucoup d'imagination en se qui concernait les peines de morts, çà, il devait bien l'admettre.

Qu'à cela ne tienne, si Clayton ne pouvait pas touché aux humains, ce monde regorgeait de créatures en tout genre à mettre à porter de ses flèches ou de son épée. Fée, sirène, loup-garou et autres monstres magiques. Le chasseur les prenait pour cible pour le plaisir, l'argent et d'autres petits à côté non négligeable. Les royaumes regorgeaient de noble voulant se vanter lors de leurs soirées mondaines d'avoir abattu tel créature mais rechignait à risquer de perdre la vie en réalisant vraiment cet exploit. Donc il ramenait les dépouilles plus ou moins intactes. Lui avait son argent et les nobles leur trophée de chasse. Un monde parfait !

Et puis... et puis il y avait les autres missions. Comme celle-ci. Escorter une richarde quelconque d'un point A à un point B. Des voyages qui pouvaient être intéressant si des bandits (ou un gros monstre selon les régions) s'en mêlaient. Dans le cas contraire, il s'agissait d'un voyage ennuyeux à mourir mais bien payé. A quelle option cette petite virée en forêt allait-elle correspondre ?

C'était la question que le chasseur se posait, au pied des escaliers, à attendre le bon vouloir de dame Prudence pour se mettre en route. Pour tuer le temps, Clayton vérifiait son armement avec le farouche espoir d'avoir à s'en servir. Et si la dame qu'il était chargé d'escorter ne se dépêchait pas d'apparaître, il deviendrait tentant de tester le bon fonctionnement de son arbalète sur le mobilier. Peut-être que des bruits de poteries brisées feraient accélérer la cadence dans ces préparatifs ?

Prudence. Çà sonnait comme le prénom d'une vieille dame acariâtre. Une mémé qui sursauterait ou crierait au meurtre au moindre craquement de brindille. Le chasseur en fit une grimace par avance. Çà meilleur chance de passer un voyage intéressant était qu'il soit semé d'embuche et non en faisait la causette avec la personne qui allait lui coller aux basques. Clayton fut agréablement surpris en voyant la fameuse Prudence daigné enfin apparaître. Elle devait sans doute être jolie sous sa tonne de maquillage, sa coiffe compliquée et sa tenue que le chasseur trouva extravagante mais qui devait être à la mode pur les gens riches. C'était se qu'il essayait de deviner alors qu'il aborda un sourire de circonstance.

"Bien le bonjour, milady." Salua-t-il.

Clayton ne prêtait guère attention au protocole, sauf quand sa tête était en jeu. Ses salutations auraient dû s'accompagner d'une révérence. Aurait dû. Inutile de préciser qu'il n'en fit rien. Le chasseur préféra regarder de la tête au pied Prudence en se félicitant de s'être tromper sur la description qu'il s'était faite de la demoiselle.

"Je m'appelle John Clayton et c'est moi qui vous servirez d'escorte durant votre voyage vers les terres de l'empire."

Le ton était sérieux et poli en apparence. Lorsqu’il parlait, le chasseur ne pouvait totalement gommer le petit air d’indifférence qui restait en arrière plan dans sa voix. Comme si être ici ou ailleurs lui était complètement égal. Le chasseur avait surtout hâte d’arriver à destination. Des terres jugés 'barbare' même pour ce monde et dirigé par un empereur à la place d'un roi. C'était pour voir çà que Clayton avait accepté cette mission. Pourquoi faire le voyage seul s'il pouvait payer pour faire le même trajet ? Tout se qu'il devait faire, c'était s'assurer que miss Prudence arrive sans trop de bobo. Facile.



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MessageSujet: Re: Pour agir avec Prudence, il faut savoir l'écouter.   Lun 24 Fév - 18:55





Pour agir avec Prudence,
il faut savoir l'écouter.

Comme ce voyage était excitant ! Il y avait tant de choses à faire et tant de pauvres âmes en peine à qui enseigner la bonne conduite là-bas dans ces contrées lointaines… Prudence était impatiente d’y être, ne serait-ce que pour trouver de merveilleuses idées de tenues avec une touche exotique, mais aussi pour se rebâtir une réputation digne de ce nom. Ici son emprise sur la cour du château était bien établie et on l’avait fait intendante du roi en un claquement de doigt. Hélas, il n’y avait donc plus de défi et comme la royauté est ce qu’elle est, les nobles n’avaient pas tous l’envie de voyager jusqu’à elle pour profiter de ses précieux conseils. Grave erreur qui se rattrapait facilement grâce à une jolie invitation pour un voyage avec dépenses payées vers le dit royaume en détresse. Ainsi donc, l’invitation vers les terres de l’empereur avait été accrochée sur le miroir de sa chambre pour ne pas l’oublier. Dans ce même miroir, Prudence se pomponnait pour son périple.  On avait accusé Prudence de bien des choses. D’être trop exubérante, trop rigide, trop dépensière, etc. Trop parfaite en somme, mais voyez-vous, la perfection, ça dérange. C’est un niveau de grandeur que très peu atteindront au cours de leur vie et qui attise la jalousie de ces autres moins chanceux. Des sottises sachant que la mode avait son prix ! Certes, il lui arrivait de piger dans les coffres du château pour payer ses accoutrements ou les préparatifs excentriques de ses réceptions, mais c’était nécessaire à son sens.

Pour le trajet d’aujourd’hui, La Marieuse avait revêtu une robe d’une ravissante teinte de lilas aux épaules bouffantes et à la silhouette exagérée au niveau des hanches. Les manches étaient serties de perles et de plumes violacées et sur sa commode trônait une perruque complexe de cheveux rose pâle. Avec les années, Prudence avait compris l’utilité des perruques, car la poudre de fée pour changer sa couleur naturelle revenait trop chère vu sa tendance facile au changement. Enfin, c’était son petit secret en vérité. La demoiselle peignit sa chevelure blonde avant d’en faire un chignon très serré, puis déposa la perruque sur sa tête avec un petit sourire admiratif. Elle se savait en retard, mais n’en avait rien à faire. Elle avait pris plusieurs heures à appliquer méticuleusement son maquillage, faisant disparaître toute trace de la véritable Prudence avec son teint bronzé et son regard rieur. Sauf que cette ancienne vision était fille de valet, mais l’apparition dans son miroir était et devait représenter intendante du roi...

Bref, elle était enfin prête à partir ! Elle sortit de son entre pour rejoindre la porte de l’entrée. Dans le bas de l’escalier, un homme armé l’attendait. On était loin du laquet en costume de dentelle avec celui-là, mais plutôt au barbare mal rasé qui suivait l’odeur de l’argent… et peut-être du vin aussi.  Il se présenta, mais son manque de convenance le recala à ''sans importance'' dans la tête de Prudence. Elle attendit une révérence qui ne vint jamais et haussa le sourcil de manière interrogative devant cet oubli.

« Lady Prudence, enchantée… Je crois. » répondit-elle de manière sèche, histoire de ramener le regard de son escorte sur son visage plutôt que sur le reste de sa personne. Au moins, elle n’aurait pas à se préoccuper de sa protection durant le trajet. Cela dit, il était hors de question que cet homme l'humilie avec ses manières de brute. « Bien. Maintenant que les présentations sont faites, autan vous rendre utile. Pourquoi ne pas aider avec les bagages ? »

La demoiselle claqua des doigts et une file de domestiques portant d’immenses malles se mirent à descendre les escaliers pour porter leur fardeau vers l’extérieur. Certains étaient même deux pour transporter une seule valise. Après tout, ses robes, ses perruques, ses chaussures ainsi que tous ses autres objets indispensables devaient bien faire leur poids ! À ses mots, un valet beaucoup trop heureux de se délaisser de ses paquets faillit les échapper sur les pieds du dénommé John Clayton. Par politesse, Prudence mis une main devant sa bouche pour dissimuler un sourire moqueur. Le malheur d’autrui, même mérité, ne devrait pas être source de rire.

Ensuite, la jeune femme releva le menton de manière hautaine et se mis à marcher vers l’extérieur. On lui avait refusé le carrosse ciselé d’or dont elle disposait normalement, histoire de ne pas trop attirer l’attention sur les routes inconnues, mais demander à La Marieuse de passer sans être vu c’était divaguer. Un nuage de poussière se souleva au bout du chemin pour laisser apparaître une grande diligence en bois peint en blanc avec des rideaux de velours. Le véhicule se stoppa devant Pudence qui alla caresser le museau de l’un des quatre beaux pur-sang qui tiraient l’attelage.

« Ça devrait faire l’affaire pour cette fois… » dit-elle avec résignation. Elle détestait faire des sacrifices. « Dépêchez-vous Clayton, il nous reste encore à charger toutes ces malles ! »



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MessageSujet: Re: Pour agir avec Prudence, il faut savoir l'écouter.   Jeu 13 Mar - 21:42





Pour agir avec Prudence,
il faut savoir l'écouter.

Un seul coup d'œil à cette fameuse Prudence confirma à Clayton qu'il ne comprendrait jamais les goûts vestimentaires de la noblesse. Des perles, des épaules bouffantes, des plumes et une coiffure défiant presque la logique. La donzelle essayait-elle de ressembler à un oiseau exotique ?  Dans ce cas, le modèle ne correspondait à aucune espèce qu'il avait pu chasser. Enfin, il devait déjà s'estimer chanceux de ne pas tomber sur une vieille harpie acariâtre comme il se l'était imaginé à cause du prénom de l'intendante.

Le chasseur se présenta sommairement tout en inspectant du regard la marchandise qu'il allait devoir conduire à bon port, sans chercher à dissimuler l'idée qu'il avait en tête. Oui, il devait bien admettre que sa mission du jour était plutôt agréable à regarder et si on enlevait ses couches de maquillages, elle devait sans doute avoir un joli minois qui allait avec sa silhouette. Avant qu'il ne pousse la réflexion sur la frontière entre un geste déplacé et intentionné, il fut rappelé à l'ordre par l'intendante qui répondit à son tour aux présentations, forçant, de ce fait, Clayton à se concentrer sur le visage de son interlocutrice.

L'homme qui était autrefois connu sous le nom de Mister Hyde conclut les présentations avec un vague signe pouvant ressembler à un salut militaire avec sa main libre. Les habitudes mondaines ne l'avaient jamais intéressé, sauf quand il avait quelque chose à en tirer. Or, une coquette somme l'attendait déjà à la fin de cette mission d'escorte, il n'avait aucune raison de faire la révérence. Son sourire baissa d'un cran quand la lady lui demanda de se montrer utile en s'occupant des bagages.

"Me rendre utile ?" Répéta-t-il avant de continuer avec une familiarité frôlant la grossièreté : "Grâce à moi, votre popotin mondain arrivera en un seul morceau sur les terres de l'empereur. Sauf votre respect, milady, j'appelle çà : se rendre sacrément utile."

En un claquement de doigt, Prudence avait fait apparaître une file de domestique transportant toutes sortes de bagages. Clayton fut tellement surpris de se spectacle qu'il en rangea son cynisme. Le chasseur essayait de déterminer si la lady songeait sérieusement à transporter tout cela ou bien s'il ne s'agissait que d'une vengeance sournoise parce qu'il ne lui avait pas témoigné tout les égards que la noblesse exigeait. Il ne pouvait s'agir que d'une blague. Personne ne pouvait avoir besoin d'autant de bagage pour un voyage !

Perplexe devant cette armée miniature de valises en tout genre, il faillit se prendre un des paquets sur le pied. Du coin de l'œil, il vit Prudence dissimuler son sourire moqueur.

*Ohhh d'accord, elle veut jouer ? On va jouer !* Pensa-t-il avec un sourire féroce.

Aussitôt, il ne manqua pas de faire regretter son geste au serviteur maladroit en usant de son arbalète. La flèche frôla le cou du serviteur pour ensuite se figer dans le mur. S'il n'avait pas craint de voir sa paie s'envoler, Clayton aurait visé un peu plus à gauche pour rayer du monde l'existence de sa cible. Toutefois, la mine terrifiée du serviteur valait largement se petit désagrément.

"Oups, que je suis maladroit." Ironisa-t-il.

Ensuite, il fit mine de suivre docilement la dame qu'il devait escorter vers l'extérieur. Le véhicule et son extravagance le ravit puisqu'il ne cherchait pas un voyage tranquille. Du bois peint en blanc, des rideaux de velours et la taille de la diligence... Voilà une cible idéale, même pour le plus idiot des gredins.

"Çà manque de dorure." Commenta Clayton avec un sarcasme évident.

Ou d'une grosse cible à l'arrière du véhicule avec 'attaquez-moi' marquer en rouge... Le chasseur eut le bon ton de garder ce dernier commentaire pour lui. Non par politesse (cette notion avait disparu de sa tête en même temps que la présence de Jekyll) mais parce que Prudence croyait qu'il allait réellement charger les valises dans la diligence. Clayton aurait pu jouer sur le 'nous' qui sous-entendait que la dame allait participer à la tâche, chose improbable.

"Milady, je suis payé pour vous protéger. Sauf si une de ses valises vous attaque, je n'ai aucune raison d'y toucher." Répondit-il en premier lieu avant de faire croire qu'il devenait plus conciliant. "Mais pour vous montrez que je ne suis pas un rustre, je vais me rendre utile, comme vous me l'avez demandé." Il s'approcha de la première malle pour l'ouvrir. "En vous allégeant un peu." Savourant par avance la réaction de la lady, il fouilla sans vergogne le contenu de la malle jusqu'à tomber sur un objet prometteur qu'il extirpa comme un pêcheur remontant une belle prise. "Ohhh, la jolie robe."



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MessageSujet: Re: Pour agir avec Prudence, il faut savoir l'écouter.   Jeu 27 Mar - 17:43





Pour agir avec Prudence,
il faut savoir l'écouter.

→ La main gantée de Prudence caressait toujours le nez d’une des montures lorsqu’elle entendit le bruit de tire dans la maison. Enfin, plutôt le son du carreau qui s’est planté dans le mur. Elle soupira et leva les yeux au ciel, priant pour que son mobilier de première qualité ne fasse pas d’office de divertissement vulgaire de la part du chasseur. Si la flèche était destinée à un des serviteurs, et bien, c’était encore plus vulgaire ! Son instinct lui indiquait au moins une chose : ce voyage serait très long et fait en mauvaise compagnie. Le popotin mondain avait une patience limitée, mais au moins, elle avait également des années d’expérience à dompter les personnalités les plus irrécupérables de tout le royaume. Pas qu’elle ait envie de changer l’attitude de Clayton, elle n’en avait ni l’envie, ni de récompense au final. Prudence espérait surtout survivre au fait de devoir voyager avec lui. Après tout, une jeune dame ne devrait jamais devoir sortir de ses gonds, même si elle a des pulsions de meurtre.

À la mention du manque de dorure, la jeune femme ne fit qu’acquiescer de la tête. Sur ce sujet, elle s’avouait vaincue ! Se doutait-elle qu’autant de luxe attirerait des envieux et des voleurs ? Certes, mais elle préférait de loin attirer l’attention plutôt que de faire dans l’anonymat. Et puis, c’était le boulot de l’homme à ses côtés de la protéger et il avait intérêt à le faire d’ailleurs ! Elle tenta un sourire polit lorsqu’il s’adressa à sa personne, mettant une distance respectable entre les deux, l’observant d’un air méfiant. Il allait lui inventer quoi encore ? Qu’il n’était pas assez musclé pour charger les valises ? Mensonge ! Elle voyait bien à sa silhouette et à sa largeur d’épaule qu’il devait être plutôt en forme… Ahem! Elle n’était pas aveugle voilà tout ! Ses bracelets en or cliquetèrent à son poignet alors qu’elle replaça une mèche de ses faux cheveux rose, mais elle se figea à la mention de l''alléger''. Prudence le fusilla du regard, mais il était déjà trop tard. Le chasseur avait déjà ouvert l’une des malles et fouillait à l’intérieur. Faisant mine de trouver un trésor, il remonta une de ses robes. Un mélange de surprise et de rage passa sur les traits de la Lady qui finit par froncer les sourcils. Une dame ne porte pas d’arme, heureusement pour Clayton, car elle ne se serait pas gêner pour s’en servir ! Prudence avança d’un air rageur vers l’insupportable personnage et se servit de l’éventail qui pendait à son pogner comme d’une cravache pour lui gifler les doigts de manière cuisante. Une grande dame n’élevait jamais la voix non plus, mais son ton restait menaçant.

« Vous touchez à une seule autre de mes affaires Monsieur Clayton et je vous garantie que je m’assure personnellement que le prix de la dite chose serait soutiré de votre récompense à la fin de ce voyage. » La jeune femme posa son éventail sous le menton de Clayton pour qu’il redresse la tête vers elle. « Reposez ça tout de suite! » siffla-t-elle mécontente, convaincue que la robe en question valait surement plus que tout l’armada qu’avait apporté le chasseur avec lui. « Soit, laissez les domestiques s’en charger et monter dans le carrosse. Ça vous évitera de fouiner! Espérons que vos talents de protecteur sont meilleurs que votre galanterie… »

La blessure dans son ego lui disait de se servir de son éventail pour le gifler, mais elle se retient. Ce n’était pas digne d’elle et puis, il risquait même d’aimer ça ! Quand sa fameuse robe fut libérée, Prudence referma la malle avec une force inquiétante, puis s’éloigna en faisant claquer ses talons sur les pierres de l’entrée. Ensuite, elle dirigea les domestiques dans le jeu long et ardu du placement des bagages sur le toit du carrosse. Elle ne garda avec elle qu’un petit sac à main contenant quelques effets personnels ainsi que son éventail qui battait furieusement l’air depuis l’altercation avec Clayton. Il ne faisait pas tellement chaud, mais la colère la faisait encore bouillir sur place.

La demoiselle fini par monter elle aussi dans le véhicule avec l’aide d’un valet à cause de la robe. Le départ se ferait très bientôt. Une fois assise sur une des banquettes, le plus loin possible du chasseur, la jeune femme se contenta de l’ignorer un moment en s'accoudant à une fenêtre. Elle sortit un petit miroir de son sac pour voir si son maquillage tenait en place ou si sa perruque s’était déplacée pour laisser apparaître sa crinière blonde. Au bout d’un moment, le silence la mise mal à l’aise. Elle remit le miroir dans son sac et posa son regard perçant sur le visage de l’homme.

« Nous avons commencé sur de mauvaise bases j’ai l’impression. Si on est pour rester assit à se fixer pendant plusieurs heures, autant essayer de faire la conversation. Alors Clayton, depuis quand faites-vous un travail que vous n’aimez visiblement pas ? » C’était la seule explication selon elle pour qu’un homme de si peu de classe se borne à trimbaler des nobles un peu partout en s’offusquant parce qu’on lui reprochait le manque de protocole...




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MessageSujet: Re: Pour agir avec Prudence, il faut savoir l'écouter.   Jeu 17 Avr - 20:28





Pour agir avec Prudence, il faut savoir l'écouter.

Clayton avait vaguement conscience que ce monde était régit par convenances sociales. Du genre, quand un homme ou une femme friqué ouvrait la bouche, on devait courber l'échine, faire semblait de trouver leurs traits d'humour amusants, faire preuve autant de retenu que de respect... Bref, des choses ennuyantes à mourir ! Lorsqu'on cherchait quelqu'un comme l'ancien mister Hyde, on le trouvait. Et la milady avait montré qu'elle avait envie de jouer avec le coup des valises. La réplique du chasseur n'avait donc pas tardé.

Le regard meurtrier que Prudence lui lança lorsqu'il ouvrit la première valise était déjà un plaisir mais avoir un prétexte pour farfouiller dans les affaires de la noble était encore plus jouissif. Comment pouvait-on apporter autant d'affaire dans un voyage ? Son attention se porta vers une robe qui semblait coûter les yeux de la tête et brandit fièrement sa prise comme s'il s'agissait d'une pêche miraculeuse. La suite logique de son action aurait été de jeter négligemment la robe dans la boue avant de poursuivre son inspection mais il n'en eut pas le temps. Heureusement pour lui, sans doute.

Comme prévu, la miss sortit ses griffes, ou plutôt son éventail qui était tout aussi meurtrier. Quel plaisir de voir le masque de perfection du visage maquillé de la belle se fissurer sous le coup de la rage ! Clayton resserra sa prise sur le tissu pour ne pas le lâcher sous le coup de l'éventail sur ces doigts.

"Vous savez, milady, ces terres sauvages ont un autre climat que les nôtres." Répondit-il lorsqu'elle le menaça aux sujets de ces affaires. "Vous aurez beaucoup trop chaud dans cette robe." Un simple regard sur la tenue que portait la dame indiquait clairement le sous-entendu de sa phrase. Avant qu'il ne puisse ajouter les mots 'dans celle que vous porter actuellement aussi', Prudence lui releva la tête d'un mouvement d'éventail sous le menton.

Finalement, il obéit devant le sifflement mécontent et lâcha la robe dans la valise. Ok, il devait admettre que la lady avait visé juste en parlant de retirer l'argent du vêtement dans sa paie. Combien pouvait valoir cet amas de tissus ? Clayton soupçonnait que cet unique vêtement valait bien plus que son salaire pour cette mission d'escorte. Le chasseur n'était pas le dernier quand il s'agissait d'action provocante mais devoir de l'argent au lieu d'en gagner... On va dire que même lui avait une limite. Il afficha un sourire qui se voulait docile avant que Prudence lui ordonna de monter dans le carrosse.

Normalement, en tant qu'escorte, sa place aurait été sur un cheval qui resterait prêt du carrosse, au cas où. Sauf que l'idée de la lady était beaucoup plus intéressante... En s'affichant proche du cortège, sa présence risquerait de refroidir les intentions des bandits les moins habiles. En restant caché, et donc en faisant croire que le carrosse ne bénéficiait d'aucune protection, les probabilités d'attaque augmentaient. Pour le plus grand plaisir du chasseur.

"A vos ordres." Commenta-t-il avec une docilité trop feinte pour paraître plausible.

La malle fut refermée avec une force que Clayton n'aurait pu soupçonner de la part d'une personne en apparence aussi frêle. Ah ah, il l'avait vraiment mit en colère, dis donc ! Il aurait put se risquer à regarder un peu plus le popotin mondain de la dame avant de préféré se montrer plus 'obéissant' en montant dans le carrosse comme la lady lui avait demandé. La déco intérieur semblait vouloir rattraper le manque de dorure de l'extérieur. Au moins, le voyage serait confortable. L'ancien mister Hyde était peu habitué aux voyages en carrosse et comptait bien en profiter en s'installant à son aise, posant négligemment ses pieds sur le siège en face tandis qu'il entendait les bagages être placés sur le toit. Au bruit lourd qui suivait l'ajout d'une nouvelle malle à la charge, le chasseur se demanda si, au final, les roues du carrosse n'allaient pas s'enfoncer de plusieurs centimètres dans le sol. Le ton lui semblait bien long, seulement ponctuer par les ordres de Prudence qui menait son monde comme un chef d'orchestre.

*Bon dieu, qu'est-ce que je donnerais pour un cigare... Est-ce que les cigares existent ici ? J'arrive pas à croire que je n'ai jamais cherché à le savoir avant aujourd'hui.* Songea-t-il pour combler un peu son ennui.

Clayton se redressa, retirant ses pieds du siège opposé au passage lorsque Prudence entra à son tour dans le véhicule. Est-ce par qu’il avait quelques peu crottés la place qui lui faisait face avec ces bottes pleine de boue que la dame choisir la place la plus éloignée de lui ? Cette pensée le fit sourire, tout comme l'attitude de la belle qui semblait fermement ignorer sa présence. Le chasseur décida d'entrer à son tour dans ce petit jeu en se concentrer sur le décor qui commençait à défiler, une main posée sur son arbalète, prête à servir. Comme leur voyage venait officiellement de commencer, il était temps qu'il se montre un tant soit peu professionnel... histoire que la belle ne regrette pas la somme qu'il avait demandé pour cette escorte.

Clayton ne s'attendait pas à essuyer une attaque immédiate, il faudra sans doute attendre d'être arrivé sur les terres impériales pour çà. Tout se qu'il voulait éviter était un voyage tranquille. Quoi que d'être payé pour être installer dans ce carrosse avait son charme ! Le silence fut brisé par Prudence qui essayait de trouver un compromis dans leur petite guerre verbale.

Il n'était techniquement pas là pour 'faire la conversation'... Quel partie de 'protégée son popotin mondain' avait échappé à son interlocutrice ? Le mot popotin ? Peut-être qu'il n'existait pas dans ce monde coloré ? Ce genre d'erreur lui arrivait encore parfois, même si, honnêtement, il se fichait royalement de commettre se genre d'impair. Quel était les risques de se retrouver empaler par un éventail s'il répondait à la lady à sa manière ?

"Oh mais j'adore mon travail." Répondit-il, le regard toujours rivé vers l'extérieur. "J'adore travailler pour la noblesse, cela mène toujours à des situations intéressantes." Finalement, il consenti à affronter le regard perçant de Prudence avant de poursuivre. "Par exemple : nous deux. Dans la vie de tout les jours, on ne se serait jamais croiser, vous ne m'auriez jamais adressé la parole, pas même un regard et pourtant nous sommes là, coincé dans le même carrosse à avoir une conversation." Il eut un sourire mauvais. "C'est çà que j'adore ! Lorsqu'il faut se salir les mains, des gens comme vous auront toujours besoin d'un type comme moi."

C'est vrai, à quoi bon respecter l'étiquette ? Même si ces manières étaient grossières, on faisait toujours appel à lui parce qu'il était le seul (pas trop cher) à répondre présent. Souvent, on le contactait à contrecœur et ce genre de situation lui faisait d'autant plus plaisir.

"Enfin, cette escorte est un cas particulier, on va dire." Concéda-t-il avec mauvaises grâces en reportant son attention sur le décor qui défilait.

Normalement, il aurait du poursuivre. Sauf qu'il était supposé garder pour lui le fait que son travail habituel était de rapporter des créatures tape-à-l’œil comme trophée pour que ces commanditaires puissent se vantent de cet exploit comme si c'était eux qui avaient portés le coup de grâce à la bête.

"Et vous, milady ? Depuis quand avez-vous décidé de masquer la moindre partie de vous-même ?" Demanda-t-il sur un ton anodin.

La malle qu'il avait ouverte quelques instants plus tôt avait révélé beaucoup de choses bien plus intéressantes que la robe qu'il avait dû remettre en place. Et, contrairement à se qu'on aurait pu croire à cause de ses manières de rustre, Clayton était loin d'être un idiot.



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MessageSujet: Re: Pour agir avec Prudence, il faut savoir l'écouter.   Mar 29 Avr - 3:23





Pour agir avec Prudence,
il faut savoir l'écouter.

→ Une secousse annonça que le véhicule était en marche. Les chevaux avançaient au petit trot sur le chemin tout en soulevant un nuage de poussière. La grande marieuse était en route vers le destin et l’aventure dans ses habits de haute couture. Bientôt une vague de mariage et des chants d’amour allait emplir les rues du royaume de l’Empereur. Aaaaaah quelle douce image ! Elle pourrait presque se détendre devant cet avenir prometteur. Oui, presque. Son regard courroucé retomba sur son garde du corps  et, à force de se lancer des reproches, elle espérait néanmoins que l’appât du gain le pousserait à la protéger convenablement. Sauf que, qui allait bien pouvoir protéger Monsieur Clayton de la ''délicate'' Prudence ? Elle pourrait toujours essayer de faire profil bas, après tout, c’était lui qui tenait l’arbalète et elle l’éventail, mais la blondinette n’avait pas peur de ce monsieur. Si les autres nobles arrivaient à supporter ses caprices, Prudence n’était pas née de la dernière pluie et surtout pas dans des draps de satin. Depuis sa tendre enfance, elle avait su reconnaître un gredin quand elle en voyait un puisqu’elle les côtoyait avant de venir vivre au palais avec son père.

La dame avait essayé de briser la glace en tentant un début de conversation, puis ses yeux bleus se mirent à fixer le décor à l’extérieur dans une vaine tentative de se relaxer. C’était peine perdue à vrai dire. La blonde déposa son sac sur la banquette en face, donc celle où le chasseur se trouvait, et croisa les jambes de manière élégante. Elle se tenait aussi droite qu’elle le pouvait et sa haute perruque frôlait presque le toit du carrosse. Si elle avait choisit de ne pas prêter trop d’attention à Clayton, elle se surprit à bien l’écouter parler. Sa réponse l’intriguait, car on décelait presque une pointe d’intelligence dans ses propos. Ce n’était pas juste pognon, pouvoir et baston. Bon d’accord, elle avait levé les yeux au ciel lorsqu’il avait affirmé aimer son boulot, mais Prudence s’était montrée plus sage par la suite. Il avait raison sur le fait qu’en dehors de ces circonstances, elle ne lui aurait sans doute pas adressé la parole. Pire encore, elle aurait surement demandé à des gardes de le sortir discrètement par la porte arrière de la demeure. Par contre, le moment de quiétude ne dura pas lorsqu’il lui retourna une question. Si elle ne cachait pas son manque de tact, lui encore moins. Les doigts gantés de la jeune femme se crispèrent sur le pan de sa jupe avant qu’elle ne s’oblige à relâcher et à prendre une grande inspiration.

« C’est à la mode. Pas que je m’attends à ce que vous comprenez quoique ce soit à ce sujet. » répondit-elle d’une voix tranchante.

Vraiment, cet homme avait un don pour la faire enrager rapidement et immanquablement. De plus, Prudence n’avait pas le loisir de lui répondre de façon aussi philosophique, même si elle avait les neurones pour. L’intelligence était un attrait des vieilles filles selon ses observations, alors elle continua de jouer un peu les potiches. C’était de cette façon qu’elle avait l’attention et l’admiration des autres après tout. C’était de cette façon et habillée ainsi qu’on la trouvait séduisante… Son regard retourna sur le visage mal rasé de Clayton et elle fit la moue, signe qu’une bonne –ou mauvaise- idée germait dans son esprit. Elle inspecta son habit de chasseur plus ou moins propre avec des teintes banales pendant de longues secondes.

« D’ailleurs, le bleu vous irait mieux vous savez ! Ça vous adoucirait les traits… Enfin, il faudrait surtout éviter d’ouvrir la bouche trop souvent pour avoir l’air presque charmant, mais c’est un détail. Attendez, je crois que j’ai quelque chose pour vous ! »

La lady se releva alors même si le carrosse était en mouvement. Elle se pencha pour éviter que sa coiffe ne percute le plafond et, du haut de ses talons instables, elle attrapa son sac à main. Elle farfouilla à l’intérieur, déplaçant miroir et parfum pour tenter de remettre la main sur un ruban de soie bleu nuit. Soudain, une des roues du carrosse buta sur un trou dans la route, faisant brusquement tanguer le véhicule. Prisonnière de sa robe trop serrée, Prudence perdit pied et se retrouva non pas sur le sol, mais assise sur les genoux de Clayton ! Après quelques battements de cils surpris, la jeune femme eut alors un drôle de réflexe, probablement déclenché par la confusion de la situation. Elle gifla le chasseur de manière sonore comme s’il avait eu un geste déplacé, puis elle se releva d’un bond comme si on l’avait elle-même piqué. La jeune femme repris sagement ses distances à sa place et se mis à rire nerveusement.

« Un nid-de-poule ! Rien qu’un nid-de-poule ! » rajouta-t-elle en ramassant le contenu de son sac rependu sur le sol suite à sa chute. La blonde se mordit la lèvre, contrite de voir qu’un rouge à lèvre avait roulé jusqu’au pied du garde du corps. Une suite à leur conversation semblait alors inévitable…




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MessageSujet: Re: Pour agir avec Prudence, il faut savoir l'écouter.   Mer 14 Mai - 10:58





Pour agir avec Prudence, il faut savoir l'écouter.


Non, le chasseur ne comprenait pas comment on pouvait cacher se qu'on était avec autant d'application comme le faisait la lady. Ou plutôt, cette impression, il ne la connaissait que trop bien. Celui qui fut un jour connu sous le nom d'Edward Hyde se rappelait amèrement les tentatives de Jekyll pour le cacher aux yeux du monde quand la liberté qu'il offrait à son double devint trop effrayante pour le vieux binoclard. Il ne pouvait que désapprouver le renfort de maquillage, les perruques qui camouflaient complètement les vrais cheveux et les robes imposantes qui mentaient sur la silhouette de la demoiselle.

Clayton remarqua que les doigts de la main gantée se crispèrent sur le pan de la jupe et sut qu'il avait visé juste. Il ne put s'empêcher d'émettre un rire aussi bref que sonore lorsque Prudence justifia cela au nom de la mode.

"J'ai déjà donné, merci." Répliqua-t-il avec sarcasme.

Le chasseur avait connu les soirées mondaines. Au début, il avait aimé avant de leur préféré les soirées au bar, où les événements pouvaient virés en bagarre sans qu'on le regarde d'un air désapprobateur avant d'appeler les gardes. Les danses, à la rigueur, auraient pu lui manquer si on ne lui disait pas un peu trop souvent qu'ils avaient les mains baladeuses. A la rigueur, il pouvait comprendre que la demoiselle voulait cacher son intelligence pour jouer la potiche, lui-même arrivait à le cacher avec ses manières plus que discutables. Dans ce monde, il n'était pas bon de démontrer qu'on était plus malin que la personne pour qui vous êtes censé travailler. Et puis çà l'amusait beaucoup qu'on le prenne pour un barbare sans cervelle.

Après cette phrase, il reporta son attention de nouveau vers l'extérieur. Se serait bête de louper les prémisses d'une attaque juste parce qu'il parle de modalité avec la lady. D'ailleurs, il aurait donné n'importe quoi pour un peu d'action, là, tout de suite. Au lieu de bandit ou d'un monstre quelconque, il reçut une attaque bien plus vicieuse : celle de la mode, orchestrée par Prudence. Le chasseur reporta son attention sur la belle en fronçant les sourcils lorsque le mot 'bleu' fut lâché, comme s'il essayait de jauger si son interlocutrice essayait de se moquer de lui ou bien si elle était vraiment sérieuse.

"Milady, avec tout le respect que j'ai pour vos talents..." Commença-t-il. Ironique, bien sûr, du respect il n'en avait pour personne. "...adoucir mes traits, comme vous dites, seraient un handicap dans mon métier."

Mais il fallait croire qu'il était impossible de déloger une idée de l'esprit de Prudence puisqu'elle déclara avoir quelque chose pour lui. Il était tentant de déclarer que si l'objet en question n'était pas scintillant et ne se finissait pas par 'or', il y avait de forte chance pour que cela ne l'intéresse pas. Non, il était un peu trop sévère, s'il y avait de la fourrure et des cornes, çà l'intéresserait sans doute aussi... De toute façon, il doutait sérieusement que l'objet en question entre dans ces deux catégories alors il préféra se taire. Çà et le fait qu'il ne voulait pas rater une miette du spectacle de voir Prudence essayer d'atteindre son sac à main malgré les cahots du véhicule et sa perruque aussi encombrante que sa robe.

Le chasseur fit mine de se frotter le menton pour cacher son sourire amusé. Un gentleman aurait sans doute proposé de l'aider mais Clayton était vraiment à l'opposé de cette définition. Pourquoi aider quand il était plus amusant de regarder Prudence se dépêtrer avec ces affaires ? Son sourire perdit tout de même de son mordant lorsqu'il crut voir un ruban de soie bleu nuit.

Avant qu'il ne puisse faire un commentaire sur le sujet, le véhicule tangua à cause d'un nid-de-poule et il se retrouva avec Prudence sur ces genoux. Sur le coup, il fut tout aussi surpris que la lady même si la tournure imprévue de leur discussion lui déplaisait certainement moins qu'à la belle. Un sourire plein de sous-entendu se peignit sur ces lèvres mais une gifle sonore empêcha le moindre commentaire salasse de franchir ses lèvres.

Clayton se massa théâtralement la joue tandis que Prudence retourna vivement à sa place. La lady avait une sacrée droite.

"Je me demande pourquoi on m'a engagé pour assurer votre sécurité, vous serriez capable de battre un dragon toute seule avec une droite pareille." Plaisanta-t-il.

Un rouge à lèvre roula doucement jusqu'à son pied. Là encore, la galanterie proposait plusieurs solutions. Il aurait pu pousser d'un mouvement de pied l'objet pour qu'il aille en direction de Prudence. Il aurait pu aussi le ramasser sans faire d'histoire. Evidemment, Clayton choisit l'option la plus amusante en posant la pointe de son pied sur le précieux rouge à lèvre. Juste assez pour empêcher toute tentative de récupérer l'objet discrètement. Son sourire prit des teintes sauvages alors qu'il vit la dame se mordre la lèvre. Après ce geste, il daigna enfin répondre au commentaire fait avec un rire nerveux de son interlocutrice.

"Bien sûr." Dit-il sur un ton qui feintait de ne pas croire à cette excuse. "Au prochain 'nid-de-poule', faite toute de même attention." Il tapota légèrement la crosse de son arbalète. "La gâchette est plutôt sensible."

Ce conseil dit avec un sourire entendu cachait un double-sens grivois qu'il était sans doute le seul à saisir. A moins que la dame ne soit moins bête qu'elle le faisait croire. Finalement, il daigna se baisser pour ramasser le rouge à lèvre pour le tendre à Prudence. Celui qui espérait qu'il ferait un tel geste sans émettre un commentaire ne connaissait décidément pas Clayton.

"Alors, comme çà, vous me trouvez presque charmant ?" Commenta-t-il avec un sourire qui se voulait charmeur.

Dans d'autres circonstances, le chasseur aurait sans doute enchaîné par une allusion un peu plus directe sur le fait que le voyage allait être long et qu'ils pouvaient occuper leurs temps de bien d'autre façon qu'avec une simple conversation. Sauf qu'il s'était déjà prit une gifle. Çà et le coup de l'éventail sur sa main avant leur départ lui suffisait niveau remontrance... du moins, pour l'instant !



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MessageSujet: Re: Pour agir avec Prudence, il faut savoir l'écouter.   Lun 21 Juil - 2:50





Pour agir avec Prudence,
il faut savoir l'écouter.

→ Un ruban en soie bleu ! Tout ça, c’est-à-dire de loin l’expérience la plus humiliante des dix dernières années, pour un simple ruban bleu que Prudence extirpait de son sac à main du bout des doigts comme s’il s’agissait soudain de l’objet le plus dégouttant de la terre entière. Hélas, son calvaire ne s’arrêtait pas là  - ce serait bien trop beau – puisque son tube de cosmétique roula hors de sa portée jusqu’au pied de Clayton. La marieuse béni en silence son fond de teint blanc épais qui camouflait le rouge qui lui montait aux joues. De la gêne ? Non, juste une cuisante et intense frustration de savoir qu’un imper de sa part enchantait le braconnier.  Pourtant, en bonne demoiselle, elle n’en rajouta pas, le laissant fanfaronner même si cela lui coûta beaucoup d’énergie de ne pas réagir à la réflexion sur ''la gâchette sensible''.

Prudence n’était pas comme tous les nobles, elle n’était pas née dans des draps de satin, mais plutôt comme fille de serviteur qui devait laver les dits draps. Son conte de fée à la Cendrillon elle avait dû se le bâtir sans magie et avec beaucoup de motivation. Doucement, mais surement, le titre de Lady avait fini par orner son nom après avoir pris soin d’une vieille dame riche pendant des années. Les mauvaises langues vous diront que ce n’était que pour l’argent, mais Prudence avait le cœur à la bonne place et avait vraiment aimé sa tutrice jusqu’à la fin. C’était elle qui lui répétait sans cesse qu’une demoiselle ne devrait jamais s’abaisser au niveau d’humour du peuple. Malheureusement, ce satané Clayton avait un don pour réanimer la fille de valet plutôt que l’intendante du trône. Elle tenta en vain de se changer les idées, mettant toute son attention à la tâche ardue de retirer ses gants de cuir pourpre en tirant sur chacun de ses doigts avant de libérer totalement ses mains beaucoup moins pâles que son visage maquillé. Ensuite, elle chiffonna le ruban en soie avant de le lancer par la fenêtre alors qu’un petit sourire espiègle étira doucement ses lèvres.

« Une si petite chose ? » minauda-t-elle innocemment, laissant dans le vague si la Marieuse se moquait de l’arbalète qui certes n’équivalait pas la grosseur de la plupart des accessoires qu’elle possédait ou si elle répondait au sous-entendu. Allons, elle ne se permettrait jamais de tels propos ! Le sourire disparu de son visage pour laisser planer encore quelques secondes le mystère, de toute façon, elle n’avait pas envie de s’éterniser sur le sujet. Il se pencha pour lui rendre son bien et la dame s’en empara rapidement, faute de pouvoir lui lancer au visage à cause de la réflexion qui suivit.

« Aussi charmant qu’un caillou dans son soulier ! » riposta-t-elle. « Avec des habits propres, de bonnes manières et un bon barbier même tout ça… » Elle désigna de façon méprisante le braconnier de la tête au pied. « … pourrait devenir passable. » Après tout, c’était bien la marieuse qui prétendait pouvoir transformer n’importe qu’elle jeune fille en princesse ou n’importe quel gueux en gentleman. Elle n’allait tout de même pas remettre ses compétences en doute devant l’insupportable individu qui partageait son carrosse ! Prudence avait la migraine à force de constamment fulminer intérieurement, du moins, la plupart du temps. Néanmoins, la trace rouge de sa main sur la joue de Clayton avait l’avantage de rendre plus agréable ce voyage qui se promettait très long…

Soudain, le carrosse se stoppa et la lady fronça les sourcils puisqu’elle n’avait prévu aucun arrêt avant la nuit. Elle tenta de se relever à nouveau, mais à s’agrippant fermement au rebord de la fenêtre pour ne pas répéter l’expérience traumatisante du ruban bleu. Elle se pencha par la fenêtre pour interpeller le cocher quand, tout à coup, une flèche vint figer sa perruque rose bonbon au mur du carrosse. Prudence hurla de peur et recula vivement pour se rasseoir sur son siège alors qu’une cascade de boucles blondes tomba sur ses épaules. Le carrosse était attaqué et, en plus, sa coiffure était fichue ! Croisant le regard de Clayton, la peur se transforma en frustration.

« Qu’est-ce que vous avez à me regarder ?! Rendez-vous utile bon sang ! »





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MessageSujet: Re: Pour agir avec Prudence, il faut savoir l'écouter.   Mar 29 Juil - 22:03





Pour agir avec Prudence, il faut savoir l'écouter.


Clayton adorait travaillé pour les nobles. Déjà parce que les dorures et autres décorations excessives qui paraient tout se qui leurs appartenaient les transformaient en cible vivant pour tout les bandits du coin. Ensuite parce qu'il adorait taquiner la noblesse. Surtout les jolies dames habituées aux cours royales. Les voir rougir à la moindre phrase à double sens était vraiment divertissant. Mais cette lady Prudence était différente. Le chasseur éprouvait une furieuse envie de gratter la surface de la belle pour savoir quel genre de personne se cachait sous cette tonne de fond de teint. C'est dire comme le chasseur fut surpris devant le sourire espiègle qu'affichait l'intendante ! Il rêvait ou bien la miss venait de répondre à sa réflexion grivoise par une remarque qui l'était tout autant ? L'étonnement fut rapidement place à un sourire ravi.

"Vous devriez attendre de me voir la manier avant d'en critique la taille." Répondit-il sur le même ton rempli de double-sens.

Ensuite seulement il se décida à rendre l'objet coincé délibérément sous la semelle de sa botte. Prudence récupéra son dû avec la vivacité d'une vipère. Même durant ce bref instant qui aurait pu ressembler à un moment idéal pour une trêve, il ne put s'empêcher de continuer de la taquiner en soulignant le fait que l'intendante royale l'avait qualifié de 'presque charmant'.
Clayton éclata de rire devant le geste méprisant de Prudence qui le désigna tout entier. S'imaginer en tant que caillou dans le joli soulier de cette personne si obnubilé par les apparences était également une vision assez amusante, qu'il garda pour lui puisque le chasseur avait une réflexion bien plus intéressante en tête.

"Serait-ce une invitation pour me donner des cours particuliers ?" Demanda-t-il, visiblement amusé par cette idée.

Il laissa à l'imagination de son interlocutrice se qu'il sous-entendait par 'cours particuliers'. Finalement, comme la lady avait envoyé le bout de tissu par la fenêtre du carrosse, l'homme connut autrefois sous le nom d'Edward Hyde ne saura jamais ce que Prudence avait voulu faire avec le ruban bleu. Dommage.

Alors qu'il commençait à penser que le voyage ne sera pas dénué d'intérêt avec ou sans attaque de bandit ou de monstre, le carrosse s'arrêta. Si pour la dame avec qu'il partageait le carrosse, ce changement de programme semblait curieux, ce ralentissement sonnait comme une douce musique aux oreilles du chasseur qui pouvait prédire la suite de manière plus précieuse qu'une diseuse de bonne aventure. Clayton sortit une flèche de son carquois pour armer son arbalète. Le temps qu'il disposait pour se préparer dépendait du savoir-faire de l'adversaire. Des amateurs se lanceront dans un discours du style 'la bourse ou la vie' tandis qu'un professionnel viendra directement au fait ou tuera au moins le cocher avant d'établir la liste de ses revendications. Le chasseur tendit donc l'oreille tandis que la lady se lança dans une nouvelle tentative de se lever.

"A votre place, je resterais assise." Informa-t-il négligemment tout en restant concentrer sur ces préparatifs.

Peut-être croyait-elle qu'il faisait allusion à l'accident du ruban bleu mais, en tout cas, l'intendante ne tenu pas compte de son conseil. Bon, il fallait dire que le ton qu'il avait employé ne ressemblait pas vraiment à celui qu'on utiliserait pour donner un avertissement. A peine avait-elle mit le nez dehors que le bruit familier d'une flèche se plantant dans le bois se fit retentir. Clayton sourit tandis que Prudence hurlait de peur et se prépara à sortir mais un spectacle inattendu le coupa dans son élan. L'intendante abandonna sa tignasse rose (sans doute 'épingler' au carrosse) pour laisser tomber élégamment des boucles blondes. Le chasseur eu vaguement conscience que sa bouche s'était ouverte devant cette scène.

La phrase assassine qui fusa des lèvres de Prudence le ramena à la réalité. Où en était-il déjà ? Ah oui, les choses devenaient amusantes. Clayton s'avança vers la fenêtre en poussant sans ménagement la lady pour décocher une flèche dans la direction probable du tireur ennemi. Vif comme l'éclair, il se baissa juste à temps pour éviter la réplique adverse. Apparemment ces bandits n'entraient pas dans la catégorie débutant pour la plus grande joie du chasseur. Son attention se reporta brièvement sur Prudence. C'est vrai qu'il était censé la protéger. En tout cas, il était payé pour cela. Le chasseur rechargea son arbalète.

"Suivez-moi, milady. Nous sortons." Dit-il en tendant sa main libre pour aider la dame à se lever.

Une escorte normale lui aurait sans doute donné l'ordre de rester dans le carrosse. Mais il était hors-de-question de prendre le risque qu'un bandit profite du fait que le chasseur soit trop occupé à massacrer ses confrères pour se faufiler dans le carrosse. Impatient de se lancer dans la bataille, il agrippa vivement le poignet non-ganté de la dame pour l'entraîner à sa suite vers l'extérieur. Bien sûr, il avait choisit de sortir dans la direction opposé du potentiel tireur. Ainsi le véhicule servira de bouclier le temps d'évaluer le nombre d'assaillant.

"Restez derrière moi comme si votre vie en dépendait." Souffla-t-il en se collant contre le but doré de la portière. "Parce que je crois... qu'elle va en dépendre." Ajouta-t-il avec un sourire carnassier.

Sans attendre, Clayton se dirigea à pas prudent vers l'avant du carrosse. Du coin de l'œil, il vit que les chevaux étaient toujours là. Bizarre... un bandit expérimenté aurait déjà coupé les liens pour s'assurer que le véhicule n'ira nulle part. Le chasseur délaissa vite cette information au profit d'une plus intéressante : un des bandits menaçait le cocher. Sans aucune hésitation, Clayton bondit vers en en décochant un coup de pied dans le dos du cocher. Son geste fit que le pauvre serviteur se retrouva embrocher par l'épée du bandit qui le menaçait mais Clayton rangea ce détail dans les informations sans importance. La tête d'ahuri qu'affichait son assaillant devant cette méthode peu orthodoxe valait son pesant d'or. Un deuxième coup de pied bien placé pour donner un coup de pouce à la gravité lui donna se qu'il voulait : le bandit étaler par terre avec le poids mort de l'ex-cocher qui le bloquait totalement au sol. Clayton l'acheva alors que le brigand essayait de se dégager grâce à une jolie flèche entre les deux yeux. Son point de vue temporairement élevé lui permit de localiser le deuxième gredin : devant le cortège à essayer de maintenir les chevaux en place. De sa main libre, Clayton sortit son épée et coupa les lanières en cuir dans un geste fluide suivit d'une claque du plat de la lame sur le postérieur du destrier le plus proche. Il n'en fallut pas plus pour affoler les bêtes qui se ruèrent en piétinant le pauvre bougre qui essayait de les calmer. Par mesure de sécurité, Clayton sauta en bas du carrosse pour achever le deuxième assaillant d'un coup d'épée.

Le chasseur fut surpris de ne pas avoir essuyé un nouveau tir de la part de l'archer mystère qu'il n'arrivait pas à localiser. Avait-il fuit en voyant ces deux camarades mourir ? Hummm, possible mais Clayton espérait que non. Çà serait tellement décevant ! Alors qu'il s'amusait si bien !



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MessageSujet: Re: Pour agir avec Prudence, il faut savoir l'écouter.   Mer 29 Oct - 18:08





Pour agir avec Prudence,
il faut savoir l'écouter.

→ Cet arrêt imprévu avait tout de suite inquiété la marieuse, car elle n’avait rien inscrit de tel sur son horaire. Peu de gens sur cette terre pouvaient prétendre être capable de suivre un programme aussi assidûment que Prudence et sa première réaction fut donc une légère frustration. Petite, mais suffisante pour lui donner le courage de se percher à nouveau sur ses talons vertigineux pour regarder vers l’extérieur. Grave erreur, car une flèche vint aussitôt se figer dans ses extensions capillaires. Sa perruque poudrée de couleur rose vive fut épinglée au mur et, bien que soulagée de ne pas avoir reçu la flèche entre les deux yeux, la marieuse fut instantanément prise de panique. Que fallait-il faire ? Se recoiffer ? Fuir ? Protéger ses précieux bagages ? Faute d’illumination divine pour lui donner la réponse, elle se contenta de l’avocat du diable et ordonna à Clayton de faire quelque chose. Ce dernier la regarda bouche bée un instant et, si ses vêtements n’étaient pas si serrés, la blonde l’aurait sans doute giflé à nouveau pour égaliser le rouge sur les deux côtés de son visage. Son regard lançait des éclairs, mais l’instinct de survie pris le dessus. Il lui dit de la suivre et, même si un mépris évident devant son ordre apparu sur son visage, elle n’allait pas remettre en cause le fondement de cette demande.

Ils sortirent donc du carrosse aux allures sans doute très alléchantes pour tous les gredins du coin. Par chance, la taille impressionnante du moyen de transport leur procurait une protection acceptable contre les flèches des voleurs. En bonne jeune femme de la noblesse, Prudence était terrorisée et, si Clayton ne lui occupait pas suffisamment l’esprit avec ses vantardises, elle aurait sans doute continué à hurler et à gindre comme le ferait une fille de bonne famille. Sauf que la Marieuse tenait trop à sa peau et à ses biens pour simplement s’évanouir de peur ou encore laisser le braconnier trop à ses aises. Quand il lui dit de rester près de lui, la jeune femme ne put s’empêcher de lever les yeux au ciel devant son sourire. Visiblement, cette situation lui faisait grandement plaisir.

« Ooooh quel sens de l’observation Monsieur le garde du corps!  » dit-elle sur un ton cinglant, mais qui démontrait également une pointe d’inquiétude.

Sa vie entre les mains de ce bougre ? Très rassurant en effet ! Elle essaya péniblement de suivre sa démarche silencieuse, mais habillée comme elle l'était, la jeune femme ne put suivre le rythme très longtemps. Elle resta donc cachée derrière le carrosse et regarda du coin de l’œil ce que Clayton appellerait sans doute plus tard ''ses exploits''. Elle du plaquer ses deux mains sur sa bouche pour ne pas échapper un cris d’horreur lorsque le chasseur provoqua délibérément la mort du pauvre et innocent cocher. Certes, cela lui donna l’avantage dans la suite du combat, mais ce sacrifice était-il vraiment nécessaire ? La lady ne connaissait peut-être pas le nom ou le passé du cocher, mais ce meurtre délibéré venait l’ébranler, elle qui n’avait jamais touché à une arme de sa vie. C’était tellement vulgaire avec tout ce sang et ses blessures répugnantes… La bataille se poursuivit, mais la jeune noble traumatisée recula de quelques pas pour se soustraire à ce spectacle morbide. Soudain, deux bras puissants la soulevèrent de terre par la taille.

« MAIS LÂCHEZ-MOI ESPÈCE DE BRUTE !!! » hurla-t-elle en se débattant de toutes ses forces.

Avec ses ongles parfaitement manucurés elle griffa jusqu’au sang le visage de son assaillant. Sous la douleur, celui-ci la laissa retomber sur le sol avec lourdeur. À son grand malheur, La jupe serrée de Prudence se déchira alors jusqu’à ses genoux, mais aussi par chance, car ainsi la demoiselle fut plus libre dans ses mouvements. Elle se releva aussitôt et fit face au bandit. Ce dernier était déjà en train de recharger son arbalète, mais Prudence fut plus rapide et tira de tout son poids sur une des sangles qui retenait ses bagages sur le toit du carrosse. Les lourdes malles de la lady tombèrent alors dans un grand fracas pour venir ensevelir le voleur.  Il était assommé ou mort, elle l’ignorait, mais la main qui dépassait de la montagne de valises ne bougeait plus. Tremblante, Prudence alla ramasser un de ses escarpins qu’elle avait perdu dans la bagarre un peu plus loin. Elle était toujours ébranlée, mais surtout très énervée. La blonde essayait  de ne pas éclater en sanglot devant l’état lamentable de sa jupe qui était, heureusement, encore suffisamment longue pour ne pas être indécente. Elle était décoiffée, ses vêtements étaient déchirée, son maquillage effacé par endroit, mais surtout, elle était à bout de nerfs. Clayton l’effrayait avec sa facilité à gaspiller des vies, mais elle était si remontée contre l’univers que sa logique et sa peur s’étaient enfuies avec les chevaux du carrosse. Elle se rapprocha de son protecteur et, profitant du calme après la tempête, lui lança son escarpin au visage. Dans sa frustration, elle retira même le deuxième pour le lancer lui aussi droit sur le chasseur en espérant qu’au moins un des deux atteindrait sa cible.

« C’est de loin la plus misérable, la plus exécrable et la pire journée de toute mon existence ! ET ARRÊTER DE SOURIRE SINON JE VOUS TIENS POUR RESPONSABLE ! » La jeune femme  se força alors à prendre une grande inspiration et passa une main dans ses cheveux dans une vaine tentative de se recoiffer. Elle regarda les corps étendus sur le sol et examina la trace des cheveux dans la poussière de la route. « Et maintenant, on est censé faire quoi sans cocher et sans chevaux Monsieur le génie !?»





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MessageSujet: Re: Pour agir avec Prudence, il faut savoir l'écouter.   Lun 17 Nov - 12:53





Pour agir avec Prudence, il faut savoir l'écouter.

Edward Hyde avait toujours fait ce qui lui plaisait. Une idée folle lui passait par la tête ? Il l'exécutait. Sans se soucier des lois ou des conséquences. Les conséquences, c'était bon pour Jekyll. À lui de réparer les pots cassés. Sauf que le bon docteur n'était plus là malgré tous les efforts déployer par son alter-ego pour le faire revenir. En attendant, il devait faire taire à regret certaines de ces pulsions assassines.

Heureusement, le destin lui offrait de rares moments (bénis) où il pouvait laisser libre cours à sa sauvagerie. Le seul bémol était que mettre fin à la vie de bandit ne valait pas le dernier soupir d'un innocent. Mais bon... C'est la crise, ma bonne-dame ! Faut se contenter de ce qu'on a.

L'arrêt imprévu sonnait comme un indice que les affaires reprenaient, pour la plus grande joie du chasseur. La dame qu'il escorta avait beau avoir du mordant (ce qui n'était pas pour lui déplaire), toutes les remarques piquantes du monde ne valaient pas un bon combat.

Clayton était sans doute le seul ravi de la tournure que prenait ce voyage. Même lorsqu'il donna quelques directives à Prudence, histoire qu'elle sorte vivante de cette histoire, il ne pouvait cacher qu'il se sentait comme un gamin le soir de Noël. Enfin, il allait pouvoir s'amuser ! Et aucune réplique cinglante pouvait entraver cette bonne humeur grandissante. Le chasseur ne se sentait vraiment lui-même que lorsqu'il était entouré de violence.

En sacrifiant le cocher, il se débarrasser d'un des voleurs. Un autre finit piétiner par les chevaux. Clayton n'avait aucune stratégie, se contentant d'agir sur le moment de la manière la plus violente possible. Dans sa bulle sanguinaire, il ne fit pas attention aux cris de Prudence. Tout ce qui parasitait son combat était écarté de ses pensées presque instantanément. Le combat fut affreusement trop court. L'archer semblait avoir filé. Il espérait que non, mais il devait prendre cette supposition en compte. Par mesure de précaution, il récupéra son arbalète et la chargea. Cette arme serait plus pratique que son épée si le dernier bandit donnait signe de vie. Quand la tension retomba, il redescendit de son perchoir pour s'assurer que la jolie dame n'avait rien.

Il allait faire une remarque sarcastique sur le fait que la dame marieuse n'avait pas suivi son conseil, mais le spectacle qui s'offrait à lui coupa toute tentative de dialogue. Un sifflement admiratif franchit ses lèvres alors qu'il contempla le reste de bandit dépassant des bagages. Il tâta la main inerte du bout de sa botte. Ensevelit par la mode, quelle mort horrible !

Le chasseur n'eut pas le temps de faire autre chose qu'il reçut un escarpin en pleine figure. Par pur réflexe, Clayton leva son arbalète vers l'origine du tir, une lueur assassine dans son regard. Clayton baissa légèrement son arme en voyant le spectacle qu'offrait une Prudence méconnaissable et se prit le deuxième escarpin au niveau du torse au passage, mais il n'y prêta aucune attention. Le sourire amusé revint sur ces lèvres alors qu'il posa négligemment son arme contre son épaule. Un sourire qui pouvait surmonter n'importe quelle tempête, ce qui tombait bien puisque la demoiselle semblait s'être changée en véritable furie.

« Et maintenant, on est censé faire quoi sans cocher et sans chevaux Monsieur le génie !?»

Ce rappel de leur situation l'obligea à détacher son regard de sa contemplation pour faire le point. Comme déjà dit, assumer les conséquences de ces actes n'étaient vraiment pas son truc. Pas de chevaux et plus de cocher. Mais plutôt mourir que d'admettre qu'il avait fait une bêtise comme pouvait en témoigner la moue qui traversa fugacement son visage mal rasé.

"On va marcher." Déclara-t-il sur le ton dû professionnel qui avait tout prévu. Il fit un geste de la main pour pointer vaguement leur destination. "En parallèle du sentier pour prendre à revers d'autres escarmouches. On marche jusqu'à la prochaine auberge et j'achète des chevaux pour la suite du voyage. À vous de voir si on revient sur nos pas pour atteler le carrosse ou si vous faite une croix dessus."

Puis il posa son regard sur ce qu'il désignait mentalement comme le 'mont bagage'.

"Si vous voulez vous refaire une beauté avant de rejoindre la civilisation, je peux faire le guet." Proposa-t-il avec ce qui pouvait s'apparenter le plus à de la galanterie chez quelqu'un d'aussi rustre que lui.

Clayton fit le tour du carrosse pour décrocher la perruque toujours plantée par la flèche ennemie. Il alla ensuite rejoindre Prudence.

"Vos cheveux, Milady." Dit-il en faisant une révérence trop ironique pour être authentique comme s'il était un prince tendant une pantoufle de verre à sa princesse.




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MessageSujet: Re: Pour agir avec Prudence, il faut savoir l'écouter.   Lun 29 Déc - 21:44





Pour agir avec Prudence,
il faut savoir l'écouter.

Sa fureur était si intense que Prudence en hurlerait de frustration et en frapperait des ennemis imaginaires avec ses poings, mais l’intendante du trône était une dame et ne fit rien de la sorte. Enfin, hormis lancer ses escarpins –de toute façon complètement fichus – au visage de celui qu’on avait engagé comme garde du corps. Les deux chaussures firent mouche, mais n’infligèrent pas autan de dégâts qu’elle l’aurait espéré. Il avait fait son boulot en quelque sorte, elle était toujours là, bien en vie et bouillante de rage. Néanmoins, Clayton n’avait vraiment fait que le minimum, ne sauvant ni son chauffeur, ni les chevaux et encore moins sa garde-robe. La marieuse se mordit la lèvre pour empêcher le flot d’injures qui lui venait. Cela ne servait à rien de s’acharner sur celui qui tenait l’arbalète, seulement espérer que le fait de détenir les cordons de la bourse allait lui servir pour arriver enfin à destination. Cela dit, avec ce carrosse trop voyant, les bêtes qui avaient pris la poudre d’escampette et des cadavres sur les bras, la jeune n’avait qu’un souhait et c’était qu’il ne se mette pas à pleuvoir en plus. Soumettant leur problématique à son compagnon de voyage, la lady se mis à ramasser le contenu des malles qui s’étaient ouvertes dans la chutes des bagages. Cela lui occupait les mains et l’empêchait de les mettre autour du cou du chasseur pour l’étrangler.

« Comme si on avait vraiment le choix… » marmona-t-elle lorsque son voyage en carrosse se transforma en balade en forêt. L’important était qu’ils se trouvent un abri pour la nuit malgré tout le mal qu’avait la jeune femme à laisser ses affaires derrière elle. Par contre, l’idée de se changer avant d’entreprendre la suite de leur périple était de loin la première bonne idée que le chasseur avait depuis leur rencontre. « On reviendra chercher ce qui peut être sauvé. » rajouta-t-elle en observant le chasseur qui lui tendait sa perruque de manière ironique.

Vraiment, c’est maintenant qu’il choisissait d’agir avec galanterie ? Sa mauvaise blague ne lui attira pas la sympathie de sa cliente qui, après lui avoir arraché son bien des mains, se détourna pour aller se choisir de nouveaux habits. La demoiselle avait compris la leçon et ne souhaitait à présent que de voyager en paix. Prudence devait donc se faire plus discrète même si l’idée de passer inaperçu lui coûtait beaucoup. Avec une protection aussi futile que ce que Clayton lui procurait, elle n’avait pas confiance et devait prendre sa sécurité en main. Elle ne se débarrasserait pas du chasseur, une tête vide avec la gâchette sensible, c’était quand même mieux que rien. Attrapant des vêtements choisis avec soin, elle se dirigea alors vers le carrosse dont elle ferma les rideaux pour plus d’intimité. Ses mains tremblaient toujours à cause de tant de peurs et de colères accumulées. Elle s’assit donc quelques minutes en silence et se força à prendre de grandes inspirations pour se calmer. Ensuite, elle s’habilla. Son choix s’était porté sur une robe étrangement simple dans des tons de beiges avec une ceinture en cuir et des bottes souples. Un ensemble pour faire de l’équitation qu’elle n’avait jamais utilisé, surement à cause de la simplicité du vêtement d’ailleurs. Normalement, elle l’aurait mise avec un grand chapeau et une voilette, mais aujourd’hui, elle se contenta d’enlever le maquillage qui lui restait et d’attacher ses cheveux blonds en une queue de cheval. Elle vida le contenu de son sac sur le siège et ne pris que ce qui lui semblait utiles. Dans un plus grand sac, elle mis ses effets personnels ainsi qu'une tenue de rechange. La marieuse y enfouie également ses objets les plus précieux comme les bijoux et son or ainsi que le carton d’invitation de l’Empereur. Si le reste de son bagage n’arrivait jamais à destination, au moins gardait-elle l’essentiel. Elle passa son sac en bandoulière, puis sortit enfin du carrosse et, devant l’air surpris de son garde du corps qui s’attendait peut-être à une autre tenue débordante d’excentricité, elle lui lança un regard mauvais. Après tout, elle s’abaissait à ce genre de banalité à cause de lui !

« Je me changerais avant d’arriver au royaume de l’Empereur ou je m’achèterais quelques chose en chemin... Allez en route ! Je n’ai pas envie de passer la nuit dans cette forêt. » dit-elle en passant une cape par dessus ses épaules.




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Pour agir avec Prudence, il faut savoir l'écouter.

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