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« Tant qu'il y a assez de place pour stocker les guimauves, tout va bien. »
par Valentine Bellamy dans You gave up the fight, you left me behind


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 Le loup & la Bohémienne

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MessageSujet: Le loup & la Bohémienne   Lun 3 Sep - 16:00


Michael & Masha
Le loup et la bohémienne

J’étais un loup en cage, et eux, les habitants de ce village dans lequel j’avais élu récemment domicile, étaient mes potentielles petites friandises.
J’étais conscient qu’en entrant dans ces terres, il me fallait prendre le plus de précaution afin de vivre le plus normalement possible parmi les hommes.
J’avais aussi conscience du fait, que je ne pouvais contrôler pleinement mes pulsions animales lorsque sur eux, la lune serait pleine.

Je savais que la seule solution à mes tourments, était l’isolement, mais je ne parvenais à me défaire du contact humain, je ne parvenais à oublier qu’avant d’être un monstre, j’avais été comme eux, un être fait de chair et d’os, insouciant, qui vivait pleinement sa vie…
Je pouvais alors rire, respirer, aimer comme n’importe quel homme…
Désormais je devais accepter cette perte, accepté que le passé jamais ne revienne à moi. Je devais vivre avec la douleur et la peine, porter ma croix sans rechigner.
Je devais aussi accepter cette malédiction qui était devenue mienne.
Ça parait tellement facile à dire, mais croyez-moi jamais on arrive à guérir de ses blessures…

Je m’étais installé dans un petit village, je préférais ne pas m’affranchir des coutumes et des familiarités locales, je préférais aussi évité les contacts. Il était ainsi plus facile pour moi de me sentir bien. Bien-sûr il arrivait que je croise d’autre habitant du village, il arrivait aussi que mon aide soit sollicité par les hommes.
J’acceptais et une fois les services rendus, je retourné dans ce que je pouvais appeler ma tanière.
Tout se passait bien, j’oserai même dire que je vivais presque normalement parmi les hommes, je me sentais bien…
J’étais parvenue à prévoir à l’avance mes transformations, je pouvais ainsi partir en forêt quelque jour avant la première nuit de pleine lune et je rentrais par la suite, au village à la fin de chaque cycle. Mon absence n’était même pas remarquée tant je m’étais isolé des autres villageois.
Tout aurait pu être si simple, si le malheur ne s’était pas abattu si brutalement sur le village.

Elle s’appelait Evalyn, elle n’avait que seize jeunes années et son crime était l’amour. Elle aimait un jeune garçon de son âge, mais comme dans bon nombres d’histoire d’amour impossible, les deux êtres ne pouvaient être promis l’un à l’autre.
Alors pour échapper à la vigilance de leurs parents, ils se retrouvaient à la nuit tombée, dans les bois entourant le village.

Un soir, ne pouvant plus être dans l’attente l’un de l’autre, ils décidèrent de se retrouver encore une fois et de déclamait leur jeune amour à l'abri des regards.
Moi-même j’avais connu pareil sentiments, je savais que l’amour pouvait être quelque chose de si pure, de si intense, de si douloureux quand on ne pouvait être auprès de notre âme sœur. J’avais connu cette passion avec Jeanne et ne parvenant à l’oublier je ne cessais de me remémorer nos moments de bonheur…

Evelyn et son amant furent retrouvés le lendemain, sans vie par l’un des hommes du village.
Une bête s’était, d’après les rumeurs, acharnée sur eux, leur arrachant à tout deux le cœur.
Je compris alors que je devais partir, quitter les lieux au plus vite sans me retourner.

Je ne suis pas lâche de nature, mais aujourd’hui je n’ai pas d’autre choix que de fuir. Je ne peux me résoudre à rester ici et continuer de vivre en ces lieux que j’ai moi-même souillé.
J’aurai tellement voulu être comme eux. L’esprit humain aussi complexe soit-il, sait quand il doit faire preuve de fermeté, l’inconscient doit parfois faire preuve de censure pour protégé le pauvre être que nous sommes. J’aurais tellement aimé que mon inconscient en fasse de même.

Je pris la décision de rassembler le peu d’affaire que j’avais en ma possession puis je pris la route désireux de quitter au plus vite le lieu de mes crimes.
Mon périple dura plusieurs jours. J’avais traversé plusieurs champs, plusieurs sentiers, j’avais longé plusieurs rivières avant d’enfin atteindre le chemin menant au royaume le plus proche.
Je n’avais pas prévu de faire une halte, mais mes provisions s’étaient considérablement amoindries durant le voyage et je devais impérativement refaire le plein.
Je savais que je ne risquais rien, ma prochaine transformation devait avoir lieu dans environ dix nuits.
J’entrais alors à l’intérieur de la cité en pleine effervescence.
(c) B-NET

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MessageSujet: Re: Le loup & la Bohémienne   Lun 3 Sep - 16:02
Le Loup & la Bohémienne


Il était tôt lorsque les premières lueurs de l’aube percèrent dans la roulotte où dormait Esméralda. Tout d’abord aveuglée, elle se frotta les yeux et enfoui sa tête dans la paille en grommelant. Il était bien trop tôt pour se lever ! Cependant, il y en avait une qui n’était pas de cet avis. Un gros poids lourd s’affaissa sur la bohémienne, lui écrasant complètement le thorax.

« Djaliiiiiiiii… » Lança la brunette d’un ton menaçant, avant de se retourner d’un coup.

Elle s’assit immédiatement poussant sa chèvre. Ce qu’elle pouvait être énervante quand elle s’y mettait ! Maintenant, il était complètement impossible de se rendormir. Elle frotta la tête de son animal en guise de bonjour et se leva, enfilant sa robe écrue ainsi qu’une courte cape munie d’une capuche et un monticule de babioles bruyantes autour de ses poignets. Sa robe était vraiment abimée, elle allait bientôt devoir s’en séparer. Elle passa ses doigts dans ses cheveux quelques fois pour démêler les nœuds, cacha une dague dans un foulard bleu noué à sa taille et sorti enfin, Djali sur les talons. Elle se trouvait dans un camp de gitans légèrement en retrait de la ville. Elle avait demandé à les rejoindre quelques nuits, puis lorsqu’elle en aurait marre elle repartirait à la découverte d’un autre royaume. Ainsi était la vie des gens du voyage. Ils ne restaient jamais au même endroit. Les enfermer était la pire des choses qu’on pouvait leur faire. Ils pourraient mourir pour leur liberté.

Alors, elle s’engagea dans la ville parmi les passants, essayant de repérer des coins où elle pourrait se poser pour danser, restant totalement indifférente face aux gens qui la dévisageaient. Il fallait que ce coin sois légèrement en retrait de la circulation mais visible et accessible pour tous. La danse ne lui rapportait pas beaucoup d’argent, certes, mais juste suffisamment pour qu’elle se paye son pain. Dans le village précédent, elle avait réussi à gagner de quoi se prendre trois gros pains bien chauds. Mais insensible ne faisait pas parti de ses défauts, et en plus d'en donner à Djali elle ne put s’empêcher de tout partager avec des enfants de rue. Ainsi donc il ne lui restait plus rien, et elle n’avait actuellement plus d’argent sur elle. Hors, elle n’avait rien avalé d’autre qu’une pomme de terre de la taille d’un œuf de poule depuis trois jours, et la faim commençait alors à se faire sentir.

A force de déambuler sans destination précise, elle arriva sur la place du marché. Immédiatement, les senteurs des aliments vinrent enivrer les deux consœurs. Esméralda avait appris à résister un minimum à l’appel du ventre et, prévoyante, retenait déjà sa chèvre près d’elle en lui saisissant l’une des cornes. Elle rabattit sa capuche sur sa tête puis se faufila alors dans la foule pour aller regarder paisiblement les stands tout en faisant attention à ne pas se faire marcher dessus. Vint alors ce moment où elle arriva à un étalage de fruits & légumes. Elle voyait déjà la chèvre guetter les bons fruits juteux exposés à sa portée. La bohémienne se mordit les lèvres. C’est vrai qu’ils avaient l’air tellement bons… pourrait-elle peut être… Non non non, elle avait déjà convenue de ne rien voler pour ne pas se mettre les gens à dos. Elle se ravisa immédiatement, souriant au vendeur qui l’observait d’un regard noir, gênée. Cependant, ce n’était qu’une pomme. Pas un bijou de valeur, pas un kilo de fraises, non. Une pomme et rien d’autre. Elle lâcha alors Djali en hochant discrètement la tête. Elle s’adressa alors au vendeur, lui demandant honnêtement le prix de ses fruits, et essaya de négocier une réduction pendant que la petite chèvre s’éloigna. La regarda du coin de l’œil, Esmé essayait de tenir la conversation le plus longtemps possible. Djali la tête basse revint derrière sa maitresse qui mit lentement sa main derrière son dos. La chèvre lui déposa la pomme, qu’elle enroula doucement dans son foulard. Elle mit alors à terme à la conversation et salua l’artisan d’un grand sourire. Alors qu’elle se tourna d’une allure normale pour aller déguster son met à l’abri des regards, un homme cria, faisant sursauter la gitane.

« AU VOLEUR ! C’est la bohémienne ! » et aussitôt, le vendeur cria à son tour.

Mince, repérées. La gitane se tourna d'un seul coup et vit Djali, une pomme dans bouche, courir vers elle. Esméralda se crispa et commença à courir en bousculant tout le monde sans s’arrêter. Et évidemment pour couronner le tout, il y avait des gardes qui n’ont pas hésité une seconde à se lancer à sa poursuite, pour leur image auprès du royaume. Quel monde d’hypocrites… comment pouvaient-ils s’empêcher de faire ce qu’ils aimaient juste pour avoir une étiquette et avoir du genre ? C’était une chose qu’elle ne comprenait pas. Et pourquoi avait-elle une chèvre qui n'en faisait qu'à sa tête hein ?

Elle courrait, se tournant de temps à autre. Il fallait qu’elle les sème. Après avoir escalader quelques caisses, être montée sur des étalages puis tentée de s’être dissipée dans la foule, rien à faire. Ils étaient coriaces. Elle décida alors d’emprunter une ruelle plutôt étroite, là elle pourrait surement se cacher. Elle tourna alors soudainement, et regarda derrière elle en riant, jusqu’à ce que sa chèvre pousse un cri. Elle freina, constatant d’une mine dépitée qu’un mur se trouvait devant elle. Un cul-de-sac. Quelle chance dites-moi ! Elle scruta vivement les alentours. Aucune prise, aucune échappatoire. Elle se retourna alors vers ses suiveurs, sa chèvre à ses côtés. Ils étaient deux. Avec leur carrure, ils bloquaient limite le passage. Ils entamèrent un rire moqueur et assez supérieur. Au fur et à mesure qu’ils avançaient, elle recula jusqu’à se plaquer contre le mur.

« Rends-toi bohémienne, ça t’évitera d’être blessée. »
déclara le premier homme.

Ainsi, il ne la croyait pas capable de se défendre. Encore un sexiste. Au moins, ca sera animé.

« Me rendre de quoi ? Je n’ai rien volé. »

Le premier homme se rapprochait vivement d’elle, jusqu’à être à une distance où il n’avait qu’à tendre le bras pour la toucher. Il lui retira violemment son capuchon, et Esméralda lui donna aussitôt un coup de genou dans le ventre. Djali fonça alors dans le ventre du deuxième homme qui n’avait pas de cuirasse. Un bon coup de corne dans l’estomac, ça le calmerait peut être. Il se plia en deux, pendant que la chèvre continuait. Alors, plié de douleur il reparti, Djali le poursuivant jusqu’au bout de l’allée tête baissée.

Esméralda prit un long bout de bois au sol pendant que l’autre soldat était distrait. Après avoir observé son camarade se faire maitriser par une chèvre, il commença à brandir son arme au-dessus de la tête de la gitane en criant. Esméralda contra son attaque et approcha vivement sa tête de la sienne, un sourire mesquin se dessina sur son visage.

« Loupé ! » lacha-t-elle d’une petite voix sarcastique.

Mais elle s’était réjouie trop vite. L’homme la repoussa et redonna un coup d’épée, brisant le bois en deux. Surprise, elle sourit de toute ses dents, commençant à se baisser pour partir. Il se mit alors à rire, et lui attrapa le col de sa cape pour la relever et la plaqua contre le mur, lui mettant ensuite l’épée sous la gorge. Il n’y avait qu’elle pour s’attirer dans des situations pareilles.
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MessageSujet: Re: Le loup & la Bohémienne   Lun 3 Sep - 16:06


Michael & Masha
Le loup et la bohémienne

Me voilà désormais à l’intérieur d’une cité fortifiée, qui arborait au loin, un imposant monument architectural. Jamais auparavant, je n’avais vu telle construction. Je suppose que ma longue période d’isolement n’avait surement pas contribué à enrichir ma connaissance architecturale de notre chère contrée.
Le soleil n’était pas encore à son zénith, mais il éclairait intensément les lieux. Eblouis par tant de lumière, je préférais me terrais sous la fine capuche de ma longue cape blanche, marquée par les diverses traces de mon long périple.
Les lieux étaient loin d’être endormis et je fus surpris de voir tant de couleurs, de découvrir toutes les animations éveillant le cœur de la Cité. La foule de lambda se massait dans les rues et piétinaient gaiement le pavé afin d’assister aux diverses festivités proposées en ce jour de fête au cœur de la Cité.
Les gens du voyage, au vue des nombreuses habitations ambulantes, avaient posés leurs bagages en ces lieux.
Je parviens à me faufiler parmi un groupe subjuguait par un cracheur de feu qui se donnait en spectacle sur une petite scène improvisée. Pour se donner un peu plus d’ampleur, l’homme s’était hissé sur plusieurs tréteaux de bois posés les uns sur les autres et qui souffraient d’un équilibre précaire.
Les gens riaient, s’étonnaient et appréciaient très certainement le spectacle qui se jouait devant leurs yeux ébahis. Mon regard dévia du spectacle et se posa sur un petit groupe composait de trois enfants qui entouraient les nouveaux spectateurs parmi lesquels je m’étais, quelque seconde auparavant, glissé.

« Regardez l’intensité de cette flamme, regarder à quel point le feu qui émane de moi est puissant » s’était écrié l’homme qui tenait dans sa main une petite torche de feu.

Les trois enfants se rapprochaient tandis que « l’artiste » continuait de captiver la foule. Je compris très vite ce que s’apprêtait à faire ces trois petits « voleurs »
Au loin je pus apercevoir plusieurs gardes tenant fièrement leur épée et attendant très certainement la moindre occasion pour la sortir de leur fourreau.
Il était très probable que l’un de ces enfants se fasse prendre en plein vol et que par la suite les soldats soient ameutés par ici.
Voulant éviter bien des contrariétés, je décidais alors, bien malgré moi, d’empêcher que des bourses d’or soient impunément subtilisées.
Je lançais à présent plusieurs regards furtifs sur ma gauche et sur ma droite, avant de me faufiler à nouveau parmi la foule. Je me mis près des voleurs et murmura pour qu’eux seuls entendent mes paroles.

« Un conseil les enfants, évitez ça. Les gardes sont à moins de 50 pieds et je ne pense pas que vous soyez suffisamment discret pour ne pas vous faire prendre la main dans le sac. »
« On n’a rien fais… »
« Regardez l’intensité de mon crachat… »


Le cracheur de feu continuait d’arranger la foule, je le vis néanmoins faire quelque signe en direction de l’un des petits voleurs. Comprenant la situation, je ne pus m’empêcher de laisser un léger sourire se dessinait sur mon visage toujours dissimulé par ma capuche.

« Si vous ne rendez pas ce que vous avez volé à ces gentilles personnes, je me verrais contraint d’appeler les soldats ici présent. Je vous laisse le choix les enfants, c’est à vous de voir. Et puis entre nous, vous êtes loin d’être rapide et agile. »


Sans le voir, moi-même j’avais subtilisé aux voleurs, le fruit de leur travail. Je tendis la bourse en cuir à l’une des petites têtes blondes qui parut étonnée de constater que la bourse n’était plus en sa possession.
Les trois enfants durent s’avouer vaincu et s’éloignèrent du petit groupe de villageois. Je remis la bourse en cuir à sa place et décidais à mon tour de quitter l’attraction. J’avançais tranquillement, l’esprit léger, soucieux d’oublier les atrocités auxquelles je m’étais livré bien malgré moi quelques jours auparavant. Je me perdais dans mes pensées, au rythme des sons de ces troubadours poètes qui taquinaient leur lyre en déclament des vers ni trop romantiques, ni trop lyriques.

Je m’engageais à présent dans une autre ruelle, à la recherche d’un éventuel marché pour m’approvisionner. Je laissais mon regard valdingué sur les diverses attractions proposées par ces artistes gitans qui animaient le cœur de la Cité, espérant gagner une petite pièce pour leur prestation. Certes les villageois s’arrêtaient pour leur offrir un peu de temps, mais c’était bien la seule récompense dont les gitans devaient se contenter pour la plupart. Les villageois repartaient avant la fin de la prestation, sans même laissé une pièce, sans même les remercier de leur prestation.
Je n’étais pour ma part, pas bien riche, mais je ne pus m’empêcher de laisser quelque pièce d’or pour témoigner de ma sollicitude envers les artistes. Puis satisfait d’avoir accompli une bonne action, je repris ma marche à la recherche du marché de la Cité.
Je marchais sans réellement savoir où le chemin choisit allait me mener, j’espérais qu’à force de déambuler je finirais par trouver ce que je cherchais. J’espérais, que par le plus grand des hasards, apparaisse le marché.
J’avais bien essayé de m’adresser aux habitants des lieux, mais aucun d’eux ne prit le temps de répondre à ma demande d’orientation. Tous, plus égoïstes les uns que les autres, restaient cloisonnés dans leur bulles et faisaient comme si aucun élément étranger ne venait à eux.
Finalement je n’eus pas à attendre bien longtemps avant de trouver mon bonheur. Je pus voir au loin, les étalages parfumés d’épices, les rayons colorés de fruits. J’entendais aussi les badauds qui haussaient la voix pour se faire connaitre des passants, mais surtout pour faire vendre leur produit.
Je gardais ma capuche et me glissais à travers la foule pour visiter les stands. Mes sens étaient tous en éveil, en ces lieux de tentations nutritives. Au loin le son des cloches se fit entendre à plusieurs reprises…

Je poursuivais mon parcours. J’avais cédé à la tentation et m’étais acheté du pain, un peu de viande et un peu de bon vin à un prix dérisoire. Il me fallait à présent quelques fruits et légumes pour parfaire mon panier à provision. Mon attention se porta sur un étalage coloré de fruits et de légumes parfaitement alignés. Quelques personnes étaient présentes. Je rejoins alors la file naissante.
J’attendais mon tour et pour patienter je n’avais rien trouvé de mieux à faire que d’observer les personnes qui m’entouraient. Il y avait à ma droite un homme d’un certain âge qui semblait hésiter entre des tomates bien rouges et des pommes de la même couleur. Peut-être que le vieil les confondait tout simplement.
Une fois encore je me surpris à sourire.
A ma gauche il y avait une personne vêtue singulièrement. Au vue de la silhouette je pense que c’était une femme, mais il était difficile d’en être sûr car son visage était lui aussi masqué par une capuche.
Je pus aussi remarquer à ses pieds, un compagnon à quatre pattes. C’était un petit animal que je n’avais encore jamais vu. Il portait un joli pelage blanc, je remarquais aussi deux cornes.
Je vis, dépassant de la capuche, une longue chevelure noir, je compris alors que c’était bien une femme qui se trouvait devant moi. Elle restait immobile devant les étalages de fruits et de légumes. Sa bête semblait s’impatienter et les regards noirs que lui lançaient le vendeur, me fit comprendre qu’elle n’était probablement pas la bienvenue. Mais pourquoi donc ?
J’avançais légèrement, intrigué par les regards insistants du vendeur. Je restais néanmoins discret. La jeune femme fixée à présent un pomme, je vis qu’elle ne possédait pas de bourse, je pus ainsi deviner qu’elle faisait partit de ces gens du voyage qui se produisaient pour gagner leur vie.
La jeune femme, qui tenait son animal, le lâcha et je la vis hocher la tête. Elle prit la parole et voulu savoir auprès du vendeur, le prix de ses fruits. Peu convaincu, elle négocia afin d’avoir un prix plus bas. Je vis le petit animal au pelage blanc, s’éloignait.
Ingénieux stratagème ! La jeune femme parlait encore et encore, elle gagnait, je pense, du temps pour maintenir l’intention du vendeur. Puis je vis une main apparaître dans le dos de la jeune demoiselle. Le petit animal revenait vers sa maitresse, une pomme dans la gueule. Une fois le fruit à portée de main, la voleur le déposa délicatement dans un foulard. Elle mit un terme à la conversation tenue avec le vendeur et le salua sans oublier de lui offrir un magnifique sourire.
L’œuvre était presque parfaite, sauf qu’hormis moi, un autre homme avait semblerait-il assisté au larcin et qu’il ne se priva pas pour faire connaitre la voleuse.

« Voleuse ! »

Il la pointa du doigt et aussitôt le vendeur enchérit la dénonciation

« AU VOLEUR ! C’est la bohémienne ! »

Il la désigna à son tour. La bohémienne n’eut pas d’autre choix que de se lancer dans une course effrénée pour échappées à ses accusateurs. Elle commença donc à courir sans hésiter à bousculer les personnes qui lui faisaient obstacle. A mon tour je me lançais à sa poursuite. Deux gardes s’étaient à présent joints à nous et étaient ainsi passé devant moi. Je fus étonné de voir que l’animal, au vue de sa petite taille, tenait plutôt bien la distance. La bohémienne aussi tenait bien la distance et soucieuse de ne pas se faire rattraper, elle n’hésitait pas à se tourner de temps en temps pour surveiller sa garde. Elle était assez agile et tenter le tout pour le tout pour mettre fin à la poursuite. Les gardes, désireux de faire le devoir, peut-être un peu trop d’ailleurs, continuaient de poursuivre la bohémienne. Pour ma part, je continuais à suivre discrètement le petit groupe qui s’engouffra soudainement dans une petite ruelle qui ne menait nulle part. La bohémienne faisait donc face à un cul de sec. Les deux gardes bloquaient le passage et se satisfaisaient, j’en suis sûr, d’avoir réussi à la coincer. Je les voyais qui s’avançaient obligeant la jeune femme à reculer jusqu’à devoir se coller au mur.

« Rends-toi bohémienne, ça t’évitera d’être blessée. »

Je voulais intervenir, mais j’étais néanmoins curieux, curieux de voir comment la jeune femme allait pourvoir s’en sortir

« Me rendre de quoi ? Je n’ai rien volé. »

Audacieuse en plus, décidément quel caractère. Je restais en retrait observant la scène, j’étais néanmoins près à agir à n’importe quel moment.
L’un des soldats se détacha et approcha de la jeune bohémienne. Il était à présent si près d’elle, qu’il n’avait qu’à tendre le bras pour combler la distance qui les séparait. Il ne se fit pas prier et la démasqua en lui retira violement son capuchon. En guise de réponse, la jeune bohémienne lui asséna un coup de genoux dans le ventre, ce qui eut pour effet de mettre l’homme à terre. Le petit animal en fit de même avec l’autre garde qui sous l’effet de la douleur préféra déserter les lieux.
La bohémienne se retrouva seule face à un autre soldat. Pour se défendre elle ramassa un bout de bois qui trainait au sol. J’avoue qu’elle se débrouillait plutôt bien pour une femme, je tardais donc à agir.
Le soldat sortit enfin sa chère et tendre épée, la jeune femme n’eut aucun mal à contrer son attaque et laissa, apparaitre sur son visage, un sourire joueur

« Loupé ! » lâcha-t-elle d’une petite voix sarcastique.

Je crois que cette jeune femme était bien trop sûre d’elle et qu’elle allait en payer le prix.
Le garde reprit le dessus et brisa le bout de bois qui servait de défense à la jeune femme. Je savais que j’allais devoir intervenir. Le soldat satisfait d’avoir repris le dessus, plaqua la bohémienne contre le mur et lui mit son épée sous la gorge

« Tu pensais nous échapper bohémienne ? Toi et tes amis vous allez bientôt déguerpir dans nos murs. Vous êtes des hors la loi, des étranger qui trouble la vie de nos habitants. Et toi, la bohémienne, tu es une sorcière, un péché mortel à regarder. Il faudrait tous vous mettre en cage, pour que vous cessiez d’empoisonner nos vies. »

Je m’approchais du soldat, gardant mon visage couvert.

« J’ignorais que des représentants de la justice pouvait faire preuve d’autant d’intolérance. »

Le soldat surprit, lâcha la bohémienne et se retourna pointant son épée sur moi, l’autre soldat arriva. J’aurais peut-être dû m’abstenir d’intervenir.

« On va vite te monter comment on accueille les étrangers ici ! »

La jeune femme ne le laissa pas finir et l’assomma par derrière, à mon tours je parvenais à maitriser le soldat qui venait de se précipiter sur moi. Je reportais ensuite mon attention sur la jeune femme.

« Vous savez, si vous voulez vous faire apprécier, évitez de voler la prochaine fois
(c) B-NET

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MessageSujet: Re: Le loup & la Bohémienne   Lun 3 Sep - 16:13
Le Loup & la Bohémienne



« Tu pensais nous échapper bohémienne ? Toi et tes amis vous allez bientôt déguerpir de nos murs. Vous êtes des hors la loi, des étranger qui troublent la vie de nos habitants. Et toi, la bohémienne, tu es une sorcière, un péché mortel à regarder. Il faudrait tous vous mettre en cage, pour que vous cessiez d’empoisonner nos vies. » Lâcha le soldat à son oreille.

Elle eut un mouvement de recul mais gardait ses yeux plantés dans les siens. Comment osait-il ? Ah oui c’est vrai, c’était défenseur de la justice. Ceux qui empoisonnaient la vie des gens, c’était eux. Si seulement ils voyaient plus loin que le bout de leur nez, il y aurait surement beaucoup moins d’inégalités et les gitans ne seraient pas obligés de voler. Ca n’était pas ça, la justice. Là, c’était de la persécution. Alors qu’elle s’apprêtait à lui répondre, une voix retentit.

« J’ignorais que des représentants de la justice pouvait faire preuve d’autant d’intolérance. »

Le concerné lâcha alors la brunette qui se frotta la nuque. Il lui tourna alors le dos en pointant l’épée vers la personne qui les avait interrompus. Le deuxième soldat revint alors, Djali sur les talons. Esméralda se pencha et attrapa les deux bouts de bois qui avaient été brisés.

« On va vite te monter comment on accueille les étrangers ici ! »

Sans perdre une seconde elle se précipita vers le soldat et l’assomma par derrière. Une grande satisfaction se fit sentir en elle lorsqu’elle le vit s’écrouler au sol, mais cependant elle n’en manifesta rien. Désarmée, elle concentrait désormais son attention sur l’élément perturbateur. Il était muni d’une grande cape blanche salit démontrant qu’il était un voyageur. Son visage était masqué sous une capuche. Il se retourna vivement, maitrisant le deuxième soldat. Problème réglé. Cependant, ca ne faisait pas de lui son ami. Elle ne le connaissait pas, ne savait pas d’où il sortait et restait très perplexe. Elle ne détourna pas le regard.

« Vous savez, si vous voulez vous faire apprécier, évitez de voler la prochaine fois »

Esméralda haussa les sourcils. L’avait-il vue ou bien était-ce encore un préjugé ? Elle prit alors un air indifférent en se tenant les mains.

« Et vous croyez que j’ai volé vous aussi ? Vous croyez ces misérables pantins qui sont dupes à tout ce qu’on leur dit ? Si on leurs disait qu’un dragon se cachait dans les égouts du village ils partiraient tous dans les souterrains munis de fourches ! »

Elle s’arrêta une seconde. Juste avant, il l’avait vouvoyé. Chose totalement anormale car tout le monde savait bien que les gitans étaient considérés comme des êtres inferieurs. C’était définitif, il n’était pas d’ici. Cependant elle ne prêta pas plus d’attention à se détails.

« JE N’AI RIEN VOLÉ ! » déclara-t-elle d’un ton légèrement agressif.

A peine eut-elle terminé sa phrase que Djali arriva en trottinant, sa pomme dans la gueule, se ranger aux côtés de sa maitresse. Elle leva les yeux au ciel, découragée.

« Ou pas grand-chose. » ajouta-t-elle d’une voix à peine audible.

Ce qu’elle aimait le plus chez sa chèvre, c’était sa discrétion inégalable. La plus part du temps elle comprenait très bien ce que la gitane lui disait, mais il lui arrivait très fréquemment de faire échouer des plans en arrivant en toute innocence au mauvais moment ou bien faire une gaffe qui s’avérait parfois fatale. Encore heureux, elle n’avait jamais réussi à se faire attraper pour le moment. Elle prit le fruit d’entre les mâchoires de sa chèvre qui rumina, mécontente et la plaça avec la deuxième dans son foulard. Elle se pencha ensuite vers l’homme qu’elle avait assommé et lui retira son casque pour que sa tête puisse respirer. Heureusement que ce n’était que deux bouts de bois (certes tout de même lourds) et qu’elle n’avait pas tapé assez fort pour faire d’autres dégâts. Elle se releva alors en tenant sa robe et dit d’un air froid et complètement nonchalant :

« Ah et merci, mais j’aurais très bien pu m’en sortir toute seule. Ne croyez pas que je vous suis redevable, je maitrisais parfaitement la situation jusqu'à votre arrivée. »


Et en plus, c’était vrai. Si il n’était pas arrivé, Djali l’aurait remplacé et serait venue planter ses cornes dans le derrière de celui qui la retenait pour faire diversion, et alors la gitane aurait eu le dessus et se serait enfuie. Et ce que ne supportait pas la gitane, c’était les gens assez prétentieux pour venir la défendre alors qu’ils la rabaissaient juste après. Les gens devaient se mêler de leurs affaires et laisser les gitans tranquilles. Le fait qu'elle ne voyait que le bas de son visage dissimulé ne la rassurait pas non plus. Mieux vaut être trop méfiante que pas du tout.
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MessageSujet: Re: Le loup & la Bohémienne   Lun 3 Sep - 16:17


Michael & Masha
Le loup et la bohémienne

« Vous savez, si vous voulez vous faire apprécier, évitez de voler la prochaine fois »

La jeune femme haussa les sourcils, elle feintait, je le pense, très bien l’exaspération. Elle ne pouvait me mentir, car j’avais de mes propres yeux vu la scène .
Elle se reprit mais paraissait surprise que je m’adresse à elle de la sorte

« Et vous croyez que j’ai volé vous aussi ? Vous croyez ces misérables pantins qui sont dupes à tout ce qu’on leur dit ? Si on leurs disait qu’un dragon se cachait dans les égouts du village ils partiraient tous dans les souterrains munis de fourches ! »

« Quelle répartie ! Je ne crois pas que vous ayez volé ce fruit, je l’ai vu de mes propres yeux donc je ne peux que l’affirmer. Quand à votre métaphore elle me semble légèrement grossière. Je ne pense pas qu’un dragon, au vue de sa taille, puis se cacher dans des égouts »

« JE N’AI RIEN VOLÉ ! » déclara-t-elle d’un ton légèrement agressif.

Oulà, elle semblait très remontée que je porte de telles accusations contre elle, des accusations qui plus ai véridique puisque j’en avais eu la preuve sous les yeux. Et comme un heureux coup du destin, je vis arrivé près de la jeune femme, en trottinant, le petit animal blanc avec dans sa gueule, la pomme volait quelques minutes auparavant.
Je pus ainsi lire dans le regard de sa maitresse, une légère exaspération. Elle était incontestablement prise la main dans le sac et ne pouvait le nier.

« Ou pas grand-chose. » ajouta-t-elle d’une voix à peine audible.
« Ce « pas grand-chose » comme vous dites, à quand même un prix. »


Dans le fond elle n’avait pas tort, ça n’était qu’une pomme et je ne pouvais la blâmer étant donné ce que j’avais vu tout à l’heure à l’entrée de la Cité.
Je suppose qu’elle-même devait se produire en public pour gagner sa vie, et même si sa beauté était incontestable, je me doutais bien qu’il lui était difficile de gagner sa vie. Mais était-ce une raison de se livrer à de tels larcins que le vol ? J’en doute.
Elle se baissa et récupéra le fruit qui se trouvait dans la gueule de son animal de compagnie qui semblait ne pas apprécier cette initiative. La jeune femme aux cheveux noirs mit le fruit grignoté dans son foulard où elle cachait le fruit de son premier larcin.
Puis elle se penche vers l’homme qu’elle avait assommé quelques secondes plus tôt, elle lui retira son casque pour que l’homme puis respirer. Je compris alors que malgré ses prédispositions au vol et son fort tempérament, la jeune femme n’avait pas un mauvais fond. Une fois son action accomplie elle se releva et me lança un regard que je pourrais aisément qualifier de glacial et elle m’adressa d’une façon nonchalante ces paroles.

« Ah et merci, mais j’aurais très bien pu m’en sortir toute seule. Ne croyez pas que je vous suis redevable, je maitrisais parfaitement la situation jusqu'à votre arrivée. »
« Je n’ai jamais parlé d’une quelconque redevance mademoiselle. Et permettez de vous corriger. Certes vous vous en sortiez bien avec votre…biquette en couverture, mais permettez-moi de vous signalez que votre garde est mauvaise et que vous êtes bien trop présomptueuse. C’est un défaut qui pourrait à la longue vous jouez bien des tours. De plus si je n’étais pas intervenue je ne donnais pas cher de votre peau »


J’avais pris soin de garder ma capuche pour éviter les ennuis avec d’autres éventuelles gardes.



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MessageSujet: Re: Le loup & la Bohémienne   Lun 3 Sep - 16:18
Le Loup & la Bohémienne



Il renchérit aussitôt une nouvelle fois.
« Je n’ai jamais parlé d’une quelconque redevance mademoiselle. Et permettez de vous corriger. Certes vous vous en sortiez bien avec votre…biquette en couverture, mais permettez-moi de vous signalez que votre garde est mauvaise et que vous êtes bien trop présomptueuse. C’est un défaut qui pourrait à la longue vous jouez bien des tours. De plus si je n’étais pas intervenue je ne donnais pas cher de votre peau »

La gitane en resta bouche bée. Une grande colère monta en elle, accompagnée d’indignation. Djali avait apparemment compris car elle s’élança aussitôt lui donner un gros coup de corne dans l’estomac avant de repartir derrière sa maitresse.

« Je vous déconseille de recommencer. » lui lâcha-t-elle d’un ton glacée.

A son gout, il se permettait trop de chose. Un inconnu qui débarquait, comme ca, de nulle part, se permettait de lui faire la leçon sur son mode de vie. Elle n’avait besoin d’aucun conseil provenant de personnes de ce genre. En temps normal elle n’était pas tellement hostile, mais il fallait dire que là, il y avait eu un assez mauvais départ…

« Ces pommes ont peut-être un prix, mais pas tout le monde n’est disposé à le payer. »

C’est vrai que de ne pas avoir de quoi payer une pomme, là fallait vraiment qu’elle se remette à danser car c’était vraiment déplorable… Surement cet après-midi, quand elle aurait mangé tranquillement et surtout échappé à cet enquiquineur.

« Il me semble que vous ne savez rien de moi, rien de ma vie. Seulement que je suis une bohémienne. Alors pourquoi ne pas faire comme la plus part des gens, me dévisager, m’ignorer et parler dans mon dos ? Je n’ai rien demandé, je sais me défendre toute seule. Certes c’était un acte de gentillesse dont vous avez fait preuve, mais je n’ai pas besoin d’humiliation supplémentaire ! »

Elle était calme, mais son regard traduisait parfaitement l’indignation qu’elle éprouvait. Elle recula de quelques pas en remettant lentement sa capuche, et ne le lâchait pas des yeux. Elle s’était pourtant levé de bonne humeur, mais là, elle s’était tout de suite enflammée. Elle avait tellement l’habitude des critiques. Elle s’y était habituée, mais au bout d’un moment, entendre toute la journée des " voleuses… ", " ils ne faut pas leur faire confiance" ou bien des "sorcières !" alors qu'elle était une personne normale, et totalement honnête qui plus est. Elle ne voulait rien de valeur, et jamais par pur plaisir. De plus, elle retenait sa faim le plus possible pour ne pas le faire. Mais parfois, on ne pouvait résister.

Elle attrapa une corne de sa chèvre pour lui dire de rester contre elle, et de ne pas aggraver les choses. Djali avait tendance à être… irritable si l’on pouvait dire cela. Elle se pencha vers elle avec tendresse et sorti une des pommes et la dague de son foulard. Elle la trancha en deux, prit une moitié et donna l’autre à sa chèvre qui lui donna un tout petit coup de tête en signe d’affection puis mangea dans la main de sa maitresse.

« On garde l’autre pour ce soir. » dit-elle en lui frottant la tête.

Elle se releva tout en rangeant son arme dans son foulard et croqua à pleines dents dans son fruit. Elle scruta ensuite une nouvelle fois l'homme de ses yeux noisettes. N'allait-il jamais enlever sa capuche ? C'était assez effrayant, de ne presque rien voir, alors que elle, il l'avait vu. Elle avait envie de partir. Elle aurait très bien pu courir et prendre appuie sur le mur pour contourner l'homme, mais elle n'avait pas envie de fuir une nouvelle fois. Elle attendrait qu'il ai fini et qu'il parte, ou, si il reste là trop longtemps, elle lui ferait comprendre. Pour l'instant elle le regardait, comme si elle attendait une réponse de sa part. Elle s'attendait à ce qu'il riposte une nouvelle fois, mais ne pouvait pas anticiper ses mots.
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MessageSujet: Re: Le loup & la Bohémienne   Lun 3 Sep - 16:24


Michael & Masha
Le loup et la bohémienne

Je venais de prononcer ma dernière réplique qui ne fut pas sans effet sur la jeune femme. Je l’ai vit rester bouche bée, je crois même qu’elle paraissait outrée par de tels propos. Je fis l’effort de chercher, dans ma tête, ce qui aurait éventuellement pu la blesser. Peut-être oserai-je dus m’abstenir de la traiter de présomptueuse, hormis cela je ne vois pas ce que j’aurai pu dire de blessant à son égard.
Je voulus faire preuve de politesse, mais le petit animal blanc ne m’en laissa pas l’occasion. Il fonça sur moi et m’assena un violent coup de corne dans l’estomac. La douleur fut aussi vive qu’inattendue et pendant que l’animal retourné se cachait derrière sa maitresse, moi je portais la main à mon ventre, plié sous l’effet de la douleur

« Ah…saleté de bête »murmurai-je

«Je vous déconseille de recommencer. » me lança froidement la bohémienne
« …J’en ai pas…l’intention…ah…

Je continuais à bien sentir la douleur, néanmoins après quelques secondes les effets s’amenuisaient et je me repris. J’étais à nouveau debout, face à cette jeune femme au caractère bien trempé.
Je préférais malgré tout, garder mon visage dissimulé sous ma capuche, même si les règles de politesse instauraient que l’on devait se découvrir devant une femme.
Moi, le solitaire, je n’en avais que faire, je préférais garder mon identité secrète car je ne voulais surtout pas avoir d’ennui.

« Ces pommes ont peut-être un prix, mais pas tout le monde n’est disposé à le payer. »

Je fus surprit, comment était-il possible qu’on ne puisse se payer une malheureuse pomme ? Comment était-il possible, que dans cette Cité, des personnes soient obligées de voler pour vivre décemment ? Je commençais à regretter mon intervention et à comprendre la réaction de la jeune femme à mon égard.

« Il me semble que vous ne savez rien de moi, rien de ma vie. Seulement que je suis une bohémienne. Alors pourquoi ne pas faire comme la plus part des gens, me dévisager, m’ignorer et parler dans mon dos ? Je n’ai rien demandé, je sais me défendre toute seule. Certes c’était un acte de gentillesse dont vous avez fait preuve, mais je n’ai pas besoin d’humiliation supplémentaire ! »

« Oui, vous avez raison, je ne sais strictement rien de vous, mais je n’ai pas voulu vous vexer ou quoique ce soit. Et contrairement aux gens comme vous le dites, je n’ai ni l’intention de vous dévisager ou encore de parler dans votre dos, parce que ça n’ai pas mon genre. Je n’ai juste voulu que vous aidez parce que vous sembliez en bien mauvaise position. Et permettez-moi de vous dire que vous aussi vous ne me connaissez pas alors ne me juger pas, de plus l’humiliation supplémentaire c’est vous et vous seule qui vous l’imposez, vous n’avez pas besoin de moi pour ça. »

Elle ne répondit pas, mais je compris en scrutant son regard noisette, qu’elle était à présent emplit de colère et d’indignation. Elle préféra reculer de quelque pas en prenant le temps de remettre sa capuche, elle le fit sans pour autant me lâcher du regard.
Je pus, grâce à mon empathie, comprendre les sentiments qui l’animaient intérieurement. Je pus percevoir la colère, une colère qui jamais ne s’amenuisait. Je perçus aussi beaucoup de rancœur et d’incompréhension. Cette jeune femme semblait en vouloir au monde entier qui l’a traitait semblerait-il en pestiférée.
L’intolérance qu’on lui témoignait semblait être devenue chez elle une habitude.

Elle me sortit de mes pensées et me fit refaire surface.
Il m’était arrivé de me servir de mes capacités à quelque rares occasions, mais ne contrôlant pas encore parfaitement mes phases de transformation, je préférais, pour le moment, réduire au minimum l’utilisation de ces capacités.
Elle s’occupait de son animal de compagnie, m’ignorant totalement. Elle se pencha vers le petit animal et je l’a vit ouvrir son foulard qui contenant, avec les deux pommes, une petite dague. Elle trancha en deux le fruit, en prit la moitié et donna le reste à son animal qui commença à manger dans la paume de la main de sa maitresse.
Une fois qu’elle l’animal eut finit elle lui murmura qu’elle préférait garder le reste pour le soir, je dus en conclure que ces malheureux fruits étaient sa seule nourriture.

« Si à chaque fois que j’ouvre la bouche vous le prenez mal, nous ne sommes pas sortis, vous ne croyez-pas ? Ecoutez je ne suis pas là pour avoir des ennuis, ou me faire des ennemis, j’en ai bien assez comme ça. Je veux juste faire le plein de provision et m’en allait »

Elle se releva tout en rangeant et son arme et son foulard, puis m’ignorant à nouveau elle croqua dans le fruit juteux qu’elle tenait entre ses mains. Elle ne cessait de me scruter, ça en devenait presque gênant, même avec ma capuche sur le bout du nez.
Je compris en parvenant à m’immiscer dans ses pensées, qu’elle se demandait si j’allais ou non me faire connaître d’elle en retirant « mon masque ».

« Vous vous sentez mal à l’aise n’est-ce pas ? Non laissez-moi deviner, vous voulez que je m’en aille, parce que vous n’appréciez pas ma compagnie. Je vous rassure, c’est presque réciproque. Et si vous voulez partir, je ne vous retiens pas, allez-y ! »




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MessageSujet: Re: Le loup & la Bohémienne   Lun 3 Sep - 16:24
Le Loup & la Bohémienne



« Vous vous sentez mal à l’aise n’est-ce pas ? Non laissez-moi deviner, vous voulez que je m’en aille, parce que vous n’appréciez pas ma compagnie. Je vous rassure, c’est presque réciproque. Et si vous voulez partir, je ne vous retiens pas, allez-y ! »

Comment faisait-il pour répondre à toutes les questions qu'elle se posait en tête ? C'était comme si il lisait dans ses pensées. Il était vraiment étrange. Elle le scruta encore quelques instants d’un air perplexe puis, ayant fini sa pomme s’approcha de lui. Non, elle ne partirait pas. Du moins, pas tout de suite. Cet homme l’intriguait de plus en plus, on aurait dit qu’il sortait d’un autre monde. Mais elle voulait avant tout voir son visage.

« En effet, je n’apprécie pas votre compagnie. Mais non, je ne suis pas mal à l’aise. Maintenant que nous sommes là, je ne partirais pas avant d’avoir vu votre visage. Vous avez vu le miens et m’avait « aidé ». Retirez votre capuche, sinon ce n’est pas égal. »

Elle croisa ses bras attendant une réponse, mais garda quant à elle son capuchon. A l’inverse de l’homme, au moins on lui voyait quand même son visage lorsqu’elle gardait la tête droite. Un air froid vint souffler sur son visage, et elle frissonna brièvement. Sa cape longue et blanche semblait particulièrement usée. Entre les traces de terre et les quelques petites déchirures vers le bas, la théorie de l’étranger se confirma. Mais il n’était pas gitan, ca c’était certain. Premièrement, il ne se serait pas adressé à la demoiselle comme ca. Et deuxièmement, il n’en avait vraiment pas l’allure. Habillé de la tête au pied, il ressemblait plutôt à un roturier. Il n’avait pas non plus de ficelles au cou, montrant son passage à la Cour des Miracles. Mais bon ca encore ce n’était qu’un détail, il arrivait à Esméralda de ne pas le porter. Puis elle repensait à ce qu’il lui avait dit, comment il avait répondu à toutes ses piques. Il ne semblait vraiment pas connaitre le grade des gitans en société. Peut-être ne savait-il même pas qu’elle en était une ?

Djali quant à elle, explorait le fond de la ruelle tranquillement sans déranger les deux personnes. Quand elle le voulait, elle pouvait être une vrai furie. On pourrait croire qu'elle était le garde du corps de sa maitresse, un chien enragé. Elle pouvait aussi se montrer très nonchalante et têtue. La citation "Tel chien tel maitre" pourrait aisément s'appliquer entre la chèvre et la bohémienne, chose assez hilarante au final quand on y pensait.

« Dites-moi, vous n’avez pas l’air d’être d’ici. D’où venez-vous ? Vous êtes un voyageur ? Vous n’avez pas l’air de savoir les conditions de vies des villages… Ne savez-vous pas comment les gitans sont traités entre les murs ? »

L'idée de parler avec un inconnu masqué n'était pas forcément plaisante, mais il retirera son masque coute que coute. Il l’intriguait de plus en plus, et la curiosité de la jeune femme la trahissait rapidement à cause de ses pluies de questions. Peut-être vivait-il au jour le jour, comme elle ! Elle adorait sa vie, les voyages et les découvertes. Chaque jour était nouveau, et elle rencontrait toutes sortes de personnes. Mais ne vous faites pas d’illusions, ca n’est pas parce que la bohémienne montra sa curiosité à l’homme caché qu’elle avait oublié ce qui s’était passé juste avant. Son hostilité avait disparue quelques instants mais pourrait refaire surface à la moindre occasion, à la moindre parole de travers. Elle désirait tout autant voir son visage une bonne fois pour toute, et ne renoncerait pas à cette idée.
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MessageSujet: Re: Le loup & la Bohémienne   Lun 3 Sep - 16:41
Le Loup & la Bohémienne



« Ça en fait des questions vous ne croyez pas ! Je n’ai pas pour habitude de parler autant à des étrangers, mais je vous ai en quelque sorte sauvé la vie, donc je crois qu’on peut dire que nous ne sommes plus des étrangers ! Vous ne répondez pas ? J’en déduis que j’ai raison !
Je suis un voyageur effectivement, comme vous je suppose, bien que je ne comprenne pas ce que soit « un gitan ». Etes-vous une communauté ? J’ai cru comprendre que vous vous déplaciez en roulotte c’est ça ? »
rétorqua-t-il aussitôt.

Esméralda resta imperturbable. Comment pouvait-elle répondre si il ne lui en laissait pas l’occasion ? Et puis de toute façon, elle n’en avait pas envie. Elle attendait qu’il fasse ce qu’elle lui avait demandé.

« Vous êtes une…artiste c’est ça? »

Une artiste ? Un bien fin mot pour la définir. Si seulement tout le peuple pouvait les qualifier d’artistes ! Quoi de mieux ? Mais elle ne répondit toujours pas, et continuait de fixer l’homme masqué. Comme si il eut finalement compris ce qu’elle désirait, il porta sa main à son capuchon et le rabaissa. Elle prit un air satisfait et vit alors le visage d’un homme brun, aux traits fins et même légèrement inquiétants, une mâchoire carrée et des yeux sombres.

« Voilà, j’ai retiré ma capuche, contente ? A vous de répondre à mes questions ! Qu’est-ce que la Cour des Miracles ? Et qu’est-ce qu’un Gitan ? Vous êtes des étrangers vous aussi ? »

Djali releva la tête brusquement et vint à toute allure aux côtés de sa maitresse, le regard noir vers l'homme a présent démasqué. La gitane écarquilla les yeux. Non seulement il anticipait tout ce qu’elle disait ou pensait, mais il se mettait à parler de la Cour des Miracles alors qu’elle lui est passée par l’esprit l’espace d’une seconde ? Elle recula d’un pas, et déclara d’un air suspect :

« Que… Comment vous savez ca ? »


C’était vraiment étrange. Mais quelqu’un qui ne connaissait pas les gitans ne pouvait connaitre la Cour des Miracles qui restait au maximum secrète même avec le peuple pour éviter de lâcher des informations. Aussitôt, elle réalisa que même aux vues des circonstances, elle posait surement trop de questions pour lui. Mais elle ne lâcherait rien sur la Cour des Miracles, ou bien juste sa signification. Elle repasserait sur sa question plus tard. Il était dangereux que certaines personnes sachent où étaient leur repère.

« Les gitans ou bohémiens, sont des sortes de gens du voyage. On se produit dans la rue, chacun à un domaine qui lui est propre. Cracheur de flammes, danseurs, acrobates… On vit du spectacle et pour la plus part de notre passion. Nous ne restons jamais au même endroit et sommes généralement en groupe. On dort ou on peut, parfois dans des roulottes, parfois non. Il arrive que de gentilles âmes nous héberge, mais la plus part du temps nous sommes traités comme des êtres inferieurs, on nous insulte d’escrocs et de voleurs. Certes, certains volent, mais pas tous. »

Elle repensa à la pomme qu’elle avait volée, gênée.

« Le plus important, c’est que notre spectacle plaise. Ainsi on peut s’acheter à manger et parfois même de nouveaux habits. C’est un cercle, c’est notre mode de vie. Et nous y sommes très attachés. Les gitans viennent généralement d’un peu partout. De royaumes lointains, chacun à plus ou moins une histoire. Etranger serait un très grand mot, même si le peuple nous définit comme cela. Vous ne connaissiez vraiment pas notre peuple avant, vous qui voyagez ? »

Elle arrangea un pan de sa robe, et replaça une mèche de cheveux rebelle derrière son oreille.

« Quant à la Cour des Miracles, c’est le repère principal de tous les gitans. Seuls eux y connaissent l’accès, et si un étranger y pénètre, il y sera croyez-moi très mal accueilli.»


Sa dernière phrase avait repris une certaine dose d’hostilité. Elle ne lâcherait pas d’informations supplémentaires concernant les siens. Cependant lui, lui devait quelques explications. Ayant la grande impression de ne pas avoir été précise, elle se reprit et attrapa l’homme d’une tête de plus qu’elle par le col pour le tirer vers elle.

« QUI vous a parlé de cet endroit ?! Vous ne connaissez pas les gitans et je n’en ai pas fait allusion auparavant! Comment savez-vous ?! Vous êtes un espion ?! A moins que… »

Elle le lacha et recula une nouvelle fois, méfiante. Elle porta discrètement une main où était sa dague.

« Vous lisez dans les pensées ? »
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MessageSujet: Re: Le loup & la Bohémienne   Lun 3 Sep - 16:46


Michael & Masha
Le loup et la bohémienne

Voilà, j’avais à présent retiré ma capuche et je m’étais ainsi débarrassé de mon « masque » pour me présenter à elle, espérant intérieurement que ce qu’elle verrait lui plairait.
On ne peut nier que même dans une telle situation, nous hommes, nous cherchons toujours à plaire à la gente féminine, cela va de soi. Je n’avais pas eu pour habitude, d’être un grand séducteur, ni actuellement, ni par le passé. Bien qu’il était arrivé à plusieurs reprises que je suscite chez les femmes, un certain intérêt. N’allez pas croire que c’est de la prétention, bien au contraire. Je pense
être affublé d’un quelque chose en plus, qui sollicite ainsi l’intérêt des femmes. Peut-être était-ce due à l’animosité qui planait au-dessus de moi, peut-être était-ce ce côté mystérieux et cet air impénétrable qui me permettait de jouir d’autant de succès…
Si les gens savaient ce qu’était ma nature profond, croyez-moi, je ne jouirais plus des faveurs des femmes, c’est une certitude !
Je planais furtivement dans mes pensées, tout en gardant à l’œil mon interlocutrice. Je l’avoue, je commençais quand-même à m’impatienter. Je venais de retirer ma capuche et rien ne se passait, du-moins, rien ne serait passé si je n’avais pas lu en elle comme dans un livre ouvert, je fus même étonné de voir à quel point il m’était facile de pénétrer ses pensées. Mais je la sous-estimée et ma curiosité à son égard allait, j’en suis sûr, me trahir.
Le petit animal au pelage blanc, Djali, je crois, releva brusquement la tête lorsque j’évoquais de façon nonchalante « la cour des Miracles ». Le regard du petit animal en disait long sur ses intentions à mon égard. Aurais-je dis ce quelque chose qu’il ne fallait pas dire ? Ces lieux étaient-ils proscris à tel point que de les dire en public constituait un affront ? Toute une ribambelle de question venait ainsi à moi et je savais qu’il était peu probable qu’elles y trouvent toutes une réponse dans l’instant.
Après avoir concentré mon attention sur le petit animal, des pensées négatives me forcèrent à poser à nouveau le regard sur la jeune femme brune qui écarquillait à présent les yeux. Je pense qu’elle avait compris qu’il se passait quelque chose, de là savait telle que je lisais ses pensées ? Je l’ignore.
Elle recula alors d’un pas et je compris que j’allais très certainement avoir le droit à un interrogatoire.

« Que… Comment vous savez ca ? »
« Comment je sais quoi ? Soyez précise dans vos questions merci »

J’étais assez doué pour éluder ou « pirouetter » lorsque j’étais ainsi confronté à une interrogation qui me déplaisait. De plus je n’avais pas envie de m’attarder là-dessus, la jeune femme devait déjà me trouvé étrange, inutile d’en rajouter d’avantage, mais j’avais conscience d’avoir réalisé une maladresse en évoquant cette « Cour des Miracles ».
Un flux venait à nouveau à moi. Il arrivait parfois que je ne contrôle pas mon empathie et que je parvienne ainsi à lire, bien malgré moi, les pensées d’autrui.
Je vis alors dans ma tête un itinéraire se dessinait, plusieurs images me venaient, des sous terrains, un lien dissimulé, de la lumière, de la musique, des rires et surtout de la couleur, beaucoup de couleur. Je suppose que se devait être ça la « Cour des Miracles », un lieu secret où sa communauté pouvait se retrouvait, un lieu dans lequel les lambdas comme moi étaient tout naturellement proscrits. Je n’en sus pas plus, elle avait verrouillait ses pensées, probablement parce qu’elle se doutait de quelque chose. Elle se reprit et répondit à l’une de mes questions précédentes ignorant totalement mes interrogations sur « la cour des miracles »

« Les gitans ou bohémiens, sont des sortes de gens du voyage. On se produit dans la rue, chacun à un domaine qui lui est propre. Cracheur de flammes, danseurs, acrobates… On vit du spectacle et pour la plus part de notre passion. Nous ne restons jamais au même endroit et sommes généralement en groupe. On dort ou on peut, parfois dans des roulottes, parfois non. Il arrive que de gentilles âmes nous héberge, mais la plus part du temps nous sommes traités comme des êtres inferieurs, on nous insulte d’escrocs et de voleurs. Certes, certains volent, mais pas tous. »

« Je vis moi aussi au jour le jour, mais je ne vole pas. J’ai assisté tout à l’heure à un spectacle et j’ai vu bien malgré tout une scène désolante qui ne vous mets pas en valeur, vous, gens du voyage. Ces trois enfants, aidés par le cracheur de feu, s’apprêtaient à voler les bourses de plusieurs spectateurs. Je ne vous juge pas, je suppose que vous n’avez pas d’autre choix, mais si vous voulez faire évoluer les mentalités, arrêter de voler, prouvez leur, à tous ces intolérants, qu’ils se trompent lourdement sur vous »

« Le plus important, c’est que notre spectacle plaise. Ainsi on peut s’acheter à manger et parfois même de nouveaux habits. C’est un cercle, c’est notre mode de vie. Et nous y sommes très attachés. Les gitans viennent généralement d’un peu partout. De royaumes lointains, chacun à plus ou moins une histoire. Etranger serait un très grand mot, même si le peuple nous définit comme cela. Vous ne connaissiez vraiment pas notre peuple avant, vous qui voyagez ? »

« Je ne suis pas un voyageur aguerrit. Je viens d’entreprendre mon périple, je n’ai donc pas encore l’expérience nécessaire, pour prétendre connaître toutes les communautés qui vivent sur les routes où entre les murs des cités»

Le dialogue commençait à s’installer entre nous et je m’en satisfaisais. La jeune femme s’arrangea et je la vis replacer à l’arrière de son oreille, une mèche de cheveux qui venait encombrer son visage.

« Quant à la Cour des Miracles, c’est le repère principal de tous les gitans. Seuls eux y connaissent l’accès, et si un étranger y pénètre, il y sera croyez-moi très mal accueilli.»

« Permettez-moi de douter. Je ne suis pas un gitan et pourtant je connais l’existence de ces lieux.»


Je sentais et dans la voix et dans le regard de la bohémienne, une grande hostilité qui me fit comprendre que j’avais évoqué un sujet « tabou ». J’essayais, en vain, de pénétrer ses pensées pour mieux comprendre. A mon tour je fis surprit, je ne l’avais pas vu venir. Elle se jeta sur moi et malgré ma grande taille elle n’eut pas peur de me prendre par le col pour l’entrainer vers elle.

« QUI vous a parlé de cet endroit ?! Vous ne connaissez pas les gitans et je n’en ai pas fait allusion auparavant! Comment savez-vous ?! Vous êtes un espion ?! A moins que… »

Elle ne me laissa même pas le temps de répondre, elle me lâcha et recula encore une fois plus méfiante que jamais. Je sentis le danger et j’eus confirmation quand je la vis sortir sa dague et la pointait vers moi

« Vous lisez dans les pensées ? »

Elle gardait tout de même une petite distance entre nous, je ne me démontais pas et ne la quittait pas du regard, je me permis même de lui offrir un petit sourire.

« Posez ça, vous allez vous blessez! »

Encore une fois, j’étais parvenue à la mettre hors d’elle, elle se jeta sur moi, mais je pus l’esquiver assez facilement. Je lui pris alors le poignent et le serra suffisamment fort pour l’obliger à lâcher l’arme. Je sentis aussi l’attaque du petit animal que je parviens à éviter également. La bohémienne n’eut pas le temps de répliquer, je lui pris les deux poignets et la plaqua contre le mur, nos deux visages étaient ainsi très près l’un de l’autre, tellement que je pouvais sentir et son souffle haletant et les battements accélérés de son cœur. En un regard je lui fis comprendre qu’il fallait qu’elle se calme

« Je peux très vite réagir quand je me sens en danger et je vous l’ai dit votre garde est mauvaise et c’est encore plus flagrant lorsque vous tenez votre dague en main. Je ne vous veux aucun mal, alors cessez d’être aussi hostile à mon égard. Je ne suis ici que pour prendre des provisions, rien de plus. »

Je regardais à droite et à gauche pour voir si personne ne nous observait

« Dites à votre animal de se calmer ou je risque de perdre patience. »

Je me baissais à présent pour ramasser la dague et la tendre à sa propriétaire.

« Tenez Esméralda ! Chacun son don ! Je suis sûr que vous êtes une très bonne danseuse »

Je remis ma capuche et lui tourna le dos pour m’éloigner.





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MessageSujet: Re: Le loup & la Bohémienne   Lun 3 Sep - 16:49
Le Loup & la Bohémienne




« Posez ça, vous allez vous blessez! » dit-il en souriant.

Esméralda en avait plus que marre. Il n’avait pas répondu, et était de plus en plus étrange. Il savait trop de choses à son gout pour un soit disant voyageur, à qui elle parlait une première fois. Et ça risquait de la mettre en danger. Elle se précipita aussitôt vers lui, qui esquiva son attaque et en profita pour lui saisir le poignet. Il la serra si fort qu’elle du lâcher son arme. Djali avait dû charger, car il eut un mouvement de recul. Il saisit ensuite le deuxième poignet de la jeune femme et la plaqua contre le mur. Leurs visages étaient près, trop près. Une haine envahit la bohémienne qui gardait ses yeux plantés dans ceux de son agresseur. Elle sentait son souffle, mais bizarrement elle ne se débattit pas.

« Je peux très vite réagir quand je me sens en danger et je vous l’ai dit votre garde est mauvaise et c’est encore plus flagrant lorsque vous tenez votre dague en main. Je ne vous veux aucun mal, alors cessez d’être aussi hostile à mon égard. Je ne suis ici que pour prendre des provisions, rien de plus. »

Alors s’il ne voulait rien, pourquoi était-il si bizarre ? Elle sut que le regard de l’homme l’invitait à se calmer, mais il n’en eut aucune réponse. Elle n’était pas disposée pour lui, et ne se calmerait pas tant qu’elle n’aurait pas eu de réponse claire. Lisait-il dans les pensées ? Esméralda ne dit rien et fixait toujours l’homme d’un air agressif.

« Dites à votre animal de se calmer ou je risque de perdre patience. »

« Mon animal fait ce qui lui plait. » lui renvoya-t-elle avec un sourire joueur.

Et puis quoi encore ? Djali faisait ce qu’elle voulait, surtout dans ces situations-là. Si il croyait qu’elle avait peur de lui, qu’elle le craignait, il était bien mal barré. Et après ? Qu’il perde patience, au moins elle lui prouverait que sa garde n’était pas si mauvaise que ca, et elle pourrait enfin lui régler son compte. Pourquoi fallait-il qu’elle rencontre des gens de ce genre-là ? En plus, elle n’avait vraiment rien fait pour. Volez une pomme, vous aurez un psychopathe à vos trousses ! Il se baissa d’un air plutôt détendu et ramassa sa dague avant qu’elle n’ait pu lui cracher au visage. Oui, car elle l’aurait bien fait, histoire de pouvoir s’enfuir. Il lui tendit ensuite et, d’un geste vif elle lui arracha presque la dague des mains pour la ranger dans son foulard, tout en continuant de le fixer hostilement.

« Tenez Esméralda ! Chacun son don ! Je suis sûr que vous êtes une très bonne danseuse »

Et il se tourna pour partir. Le sang de la bohémienne se glaça, elle resta figée quelques instants. S’en était trop. La cour des miracles, son nom, son métier… et il anticipait tout. Il était quoi au juste ? Un espion de garde royale ? L’espion d’une personne en particulier ? Ce n’était même plus de la haine qu’elle éprouvait, mais de la peur. Elle ressortit lentement sa dague, et attendit quelques instants. Elle poursuivit alors l’homme et le tira violemment pour le faire tomber à terre sur le dos. Elle se mit au-dessus de lui, la dague à son cou. Au moins là, il était mort. Djali le regardait tout aussi hostilement que sa maitresse.

« QUI êtes-vous ? » cracha-t-elle hostilement. « Comment savez-vous tout ca ? Répondez ! Répondez ! Vous êtes un espion, vous êtes quoi au juste hein ? Sachez d’avance que vous n’obtiendrez RIEN de moi et que vos sarcasmes commencent réellement à m’énerver. »

Elle garda sa dague sous le menton de son adversaire à terre, le fusillant du regard. Elle n'avait qu'une envie, c'était de partir. Mais elle se posait à son tour trop de questions et sa curiosité l'avait rapidement emportée. Elle n'était pas forcément si hostile d'habitude. Seulement lorsqu'elle se sent en danger, ou qu'une menace plane. Ce n'était pas rare de croiser des espions dans les royaumes, voulant leur soutirer des informations sur leur cachette pour ensuite tous les arrêter. Cet homme était une grosse énigme à lui tout seul.
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MessageSujet: Re: Le loup & la Bohémienne   Lun 3 Sep - 16:51


Michael & Masha
Le loup et la bohémienne

« Tenez Esméralda ! Chacun son don ! Je suis sûr que vous êtes une très bonne danseuse »

Je remis ma capuche et lui tourna le dos pour m’éloigner. Sa présence ne me dérangé pas, loin de là, mais je savais qu’en restant plus longtemps, je risquais de m’attirer des ennuis et c’était bien la dernière chose que je m’attendais à trouver en ces lieux.
Je me maudissais de ne pas avoir était capable de me contrôler. J’aurai simplement du la laisser voler sa pomme et ne pas m’occuper de son sort. Pour une fois je m’en voulais de ne pas avoir fait preuve d’égoïsme. Mais qu’est-ce qui m’arrivais ? J’avais, jusqu’à présent, réussit à vivre en retrait sans que cela ne me pose le moindre problème. Bien-sûr il y avait eu ces deux jeunes gens, mais ça, ça n’était qu’un terrible accident que je cherchais à oublier.
Il fallait que je me reprenne et vite, la prochaine nuit de pleine lune était prévu pour dans moins de dix jours et d’ici là, il me fallait avoir quitté ces lieux, m’éloigner au plus vite des villes qui bordaient cette grande Cité sans nom.
Je continuais d’avancer, ma tête était cernée d’interrogations appartenant à Esméralda. Elle me prenait pour un espion et je pense qu’elle voyait ainsi en moi un potentiel ennemi. Je sentais à présent que la colère dont elle avait fait preuve jusqu’à présent, avait laissé place à de la peur, ce qui était loin de me rassurer.
Vous savez, un être humain qui se laisse envahir par la peur et aussi dangereux qu’un être en colère. La peur nous paralyse et nous sommes ainsi incapables de contrôler nos émotions et nos pensées. La peur nous rend imprévisible.

Je repris donc ma marche, incapable de pouvoir lire les pensées de la jeune femme derrière moi. Dénué de ma faculté je devenais tout aussi vulnérable qu’elle et je préférais ainsi m’éloigner au plus vite. Je ne voulais pas une nouvelle confrontation, toute comme je ne voulais pas répondre à toutes les questions de la gitane. Mais étrangement il y avait une autre raison indéfinissable qui me poussait à « fuir » à nouveau.
Ne voulant pas m’attarder, je pressais le pas, mais je n’eus pas le temps de sortir de la petite ruelle sans issue. J’avoue que je fus incapable de prévoir ce qui suivrait par la suite. Pour une fois, mes capacités ne me furent d’aucune aide.
Je ne vis pas la jeune femme sortir à nouveau sa dague de fer, je ne la vis pas non plus me poursuivre et me tirait violement vers elle. J’étais surprit, tellement que j’en perdis l’équilibre pour chuter sur le dos. Pour s’assurer de mon immobilité, Esméralda se mit à califourchon sur moi, glissant sous ma gorge son arme.
La désarmait aurait été très facile, prendre le dessus également, mais étrangement ce ne fut pas le cas. Ma respiration fut coupée, mon cœur battait très vivement, presque douloureusement, dans ma poitrine. Je me sentais étrange, vulnérable serait le mot juste. Puis une douleur, une intense douleur envahit alors tout mon corps. C’était intensément douloureux, je sentais comme une brulure. J’essayai de me débattre avec ce mal qui me rongeait, j’essayai de contenir l’intense douleur…mais rien n’y faisait. Je fus prit alors d’une violente toux que j’essayais de réprimer de mon mieux mais rien n’y faisait.

« QUI êtes-vous ? » cracha-t-elle hostilement. « Comment savez-vous tout ça ? Répondez ! Répondez ! Vous êtes un espion, vous êtes quoi au juste hein ? Sachez d’avance que vous n’obtiendrez RIEN de moi et que vos sarcasmes commencent réellement à m’énerver. »

« Je…je… » M’exclamai-je incapable de m’exprimer correctement. J’avalais au mieux ma salive puis dans un dernier élan je parviens à me dégager d’elle

« Vous…vous portez de l’argent ? »

Elle me regarda perplexe pendant que je reprenais mon souffle non sans mal

« Peu importe…Je…je ne sais pas de quoi vous parlez. Croyez-moi, si j’étais un espion, j’aurai laissé ces gardes s’occuper de vous »

Je fermais les yeux, la douleur était encore présente et m’avait considérablement affaibli.

« Je suis seulement venu ici pour me ravitailler, rien de plus. Et si je vous ai fait peur, énervé, froisser, je m’en excuse sincèrement. »

Elle restait là, immobile avec son animal, à me regarder comme un étranger, c’était le cas de le dire.
Moi, je reprenais mon souffle. Il était évident qu’elle portait de l’argent sur elle, mais voyez-vous, je ne préférais pas vérifiais. L’argent et les lycanthropes c’est un peu comme l’ail et les vampires, ça ne se marie pas si je puis dire.
Elle se posait probablement encore plus de questions à mon égard et devait certainement me trouver encore plus étrange, mais je n’en avais que faire. Je voulais lui répondre, oui, mais je pus me résoudre à aller au bout de mon intention, car justement mon attention fut accaparée pour le bruit lourd des bottes de métal qui viennent frapper le sol, j’entendais aussi le tintement des épées bien que gardées dans leur fourreaux.
Oui, c’était indéniable, un voir deux soldats approchaient dangereusement de nous.
Mon regard se posa au sol et non loin de là, jonchait les corps inconscient de deux autre soldats de la garde. Les pas se rapprochaient de nous et d’ici quelques secondes, les hommes armés seraient là, prêt à lancer l’alerte.

« Ecoutez, je ne suis pas un espion, d’accord...enfin peu importe, on n’a pas le temps de parler... »

Sans vraiment réfléchir, je pris mon interlocutrice par la taille et la plaqua contre le mûr pour capturer ses lèvres. Les deux soldats passèrent devant nous et nous observèrent, sans prêter attention aux deux corps inanimés qui trainaient non loin de là. Je crois que même l’animal au pelage blanc nous observait interloqué.

« Excusez-nous jeunes gens ! Vous savez qu’il existe des endroits pour ça ? »





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MessageSujet: Re: Le loup & la Bohémienne   Lun 3 Sep - 16:52
Le Loup & la Bohémienne



« Je…je… » Sa voix était saccadée, comme si il avait du mal à parler. Comme ca, d’un coup il n’arrivait plus à sortir ses mots alors qu’il ne s’était pas gêné plutôt ? Comme si il forçait une dernière fois, il fit basculer Esméralda sur le côté qui se retrouva à terre à son tour. Djali elle, restait sur ses gardes. Il s’était décalé, et respirait bruyamment.

« Vous…vous portez de l’argent ? » Il avait l’air horrifié. La gitane le toisait d’un air complètement incrédule. De l’argent ? Elle qui avait à peine de quoi manger ? Elle se demandait au final s’il avait réellement écouté son discours et si tout ça n’avait pas servi à rien.

« Peu importe…Je…je ne sais pas de quoi vous parlez. Croyez-moi, si j’étais un espion, j’aurai laissé ces gardes s’occuper de vous »

Il n’avait pas complètement tort. Mais par ruse qui sait ? Si on a un plan en tête, on le garde. Il aurait peut être tenté cela pour gagner sa confiance, ce qui n’a visiblement pas marché.

« Je suis seulement venu ici pour me ravitailler, rien de plus. Et si je vous ai fait peur, énervé, froissé, je m’en excuse sincèrement. »

Mais si il n’était venu que pour cela, alors comment pouvait-on expliquer qu’il sache son nom et pleins d’informations sur son peuple alors qu’il avait tout d’abord prétendu ne rien savoir ? On aurait dit qu’il s’enfonçait tout seul. La gitane n’arrivait pas à discerner le vrai du faux, elle ne savait plus quoi penser. Elle le dévisageait et ne s’en cachait pas. Lui, étalé par terre, reprenait son souffle. On aurait dit qu’il venait de faire le tour de la ville en courant. Lui avait-elle tant fait mal lorsqu’elle l’avait mis parterre ? Non, c’était tout bonnement impossible surtout vu sa taille. La bohémienne était assise, et se reculait lentement de l’homme petit à petit, toujours en le fixant comme un étranger. Il lui avait parlé… d’argent ? Pourquoi une telle question à ce moment-là ? Pour éviter de répondre une nouvelle fois ? Fronçant les sourcils, elle porta ensuite la main à sa poitrine. Oui, en y réfléchissant, elle avait bien un peu d’argent. Son médaillon qu’elle ne quittait jamais, celui qui lui indiquait entre ses tissages de lin où se trouvait la cour des miracles. C’était un médaillon légué par sa mère, juste avant de mourir. C’était la clé de la cité des gitans. Elle le portait tout les jours, ne l’enlevait que très rarement mais au maximum de le dissimuler sous ses habits. Ainsi les gens, voyant dépasser deux fines cordes simples sur son cou ne pensaient à rien. Le médaillon, dont le contour ovale était en bois, était fait de tissages de lin avec quelques petits symboles. Parmi ces symboles, des perles en argent. C’était un code, un plan plutôt dur à déchiffrer mais toute âme plus ou moins aguerri aurait pu en venir à bout après quelques semaines de recherches. Elle le gardait aussi précieusement car c’était l’objet auquel elle tenait le plus. Mais comment, une nouvelle fois, avait-il deviné alors qu’elle-même l’avait complètement oublié ? Quelle importance avaient deux petites perles en argent ? Voulait-il son collier ?

Non, c’était trop étrange. Mieux valait-il partir maintenant et oublier tout ça, plutôt que de continuer à vouloir des réponses. Pour l’une des premières fois, la brunette écouta sa raison. Soudain, le regard de l’homme parut s’affoler. Il regarda vers la sortie de la ruelle, puis vers les soldats inertes. Il regarda ensuite la gitane qui, en croisant son regard fut tétanisée. Elle se releva et il fit de même. Comme si il voulut lui faire une confidence, il lui dit :

« Ecoutez, je ne suis pas un espion, d’accord...enfin peu importe, on n’a pas le temps de parler... »

Avant qu’elle n’eut le temps de réagir, même de penser, il l’attrapa par la taille ce qui la fit sursauter et la plaqua rapidement contre le mur, plaquant violemment ses lèvres sur les siennes. Esméralda sursauta et se raidit, les yeux écarquillés puis contracta tous les muscles de son visage. Elle tentant de le repousser en vain. Mais il était fou ? Qu’est-ce qui n’allait pas chez ce type ? Avait-il prit les menaces de la gitane pour un jeu ? Djali n’avait toujours pas fait son entrée, qu’attendait-elle exactement ! Si elle arrivait à sortir de là, il n’aura même pas le temps de souffler qu’elle l’aura déjà étripé.

« Excusez-nous jeunes gens ! Vous savez qu’il existe des endroits pour ça ? »

C’est alors qu’elle comprit. Elle resta immobile et regarda à présent son agresseur qui lui lâcha enfin les lèvres, reculant de quelques centimètres son visage. Il avait fait ça car il avait entendu les gardes ? Mais comment avait-il pu alors qu’il était en train de suffoquer au sol ? C’était tout bonnement impossible. Cependant, il fallait admettre qu’une diversion aurait été naturellement nécessaire, au vu des deux collègues assommés des gardes qui passaient. En leurs posant cette question, ils ne les avaient sans doute pas vu giser sur le pavé. Les gardes restaient là, immobiles pas loin d’eux. Alors, elle décida de jouer encore plus pour les faire partir. Elle n’allait pas les laisser eux aussi se mêler à la chose, elle avait trop d’histoires comme ça. Sa capuche était tombée, et à cause de l’étranger devant elle on ne voyait pas tellement les tissus déchirés de son capuchon. Sa robe elle, pouvait paraitre potable pour une paysanne. Elle décala alors lentement sa tête sur le côté, histoire de voir les deux gardes, et d’un air gentiment gêné, sourit, les yeux brillants, faisant mine –sans exagérer- de reprendre un peu de souffle.

« Excusez-nous messieurs, nous sommes sur le point de partir… cela ne se reproduira plus ici… »

Perplexes, ils toisèrent le couple encore quelques instants alors qu’Esméralda se revêtait de son plus beau des sourires. Alors, l’un des deux hocha brièvement la tête, et ils commencèrent à repartir. Esméralda, toujours souriante, glissa une main dans la nuque de l’homme et monta jusqu’à ses cheveux, faisant mine de flâner à nouveau avec lui pour quelques instants avant de partir comme elle l’avait promis, tout en souriant et rapprochant la tête de la sienne. Aussitôt qu’elle les devina parti, elle empoigna le peu de chevelure qu’elle pouvait à l’étranger et éloigna sa tête de la sienne en relevant l'autre bras en arrière, donnant alors rapidement un coup de poing dans son visage avec la main qu’elle avait de libre. Et comme si cela ne suffisait pas elle lui prit le bras qui lui tenait encore la taille et le tourna tout en enfonçant ses ongles dans sa chair, puis lui donna un coup de genou à l’estomac en rageant, hors d’elle. Elle le repoussa alors violemment, cherchant à avoir le plus d'écart possible avec lui.

Son visage avait complètement changé, elle ne paraissait plus du tout comme la fragile jeune fille amoureuse et naïve de tout à l’heure, non, mais belle et bien de son humeur original, comme elle l’avait été depuis le début. A savoir, furieuse et hostile. Une autre des choses qu’elle aimait faire, jouer la comédie. C’était amusant quand cela marchait car les gens y croyaient totalement. De toute façon, soit ils étaient en plein dedans, soit elle se faisait avoir elle-même par son jeu et aggravait encore plus les choses. Les gitans pouvaient également être réputés de menteurs à cause cette capacité là.

Elle s’appuya de nouveau contre le mur s’essuyant la bouche comme elle le pouvait tout en râlant, dégoutée. Elle toussa quelques secondes, et refit surfaces, hystérique.

« Non mais vous êtes malade !!! » A ces mots, elle s’essuya à nouveau. Elle était complètement indignée. Au moins aurait-il pu trouver une autre diversion, il était déjà assez étrange comme cela à son gout, pas besoin de rajouter une couche en se jetant sur elle comme un ivrogne en manque. Surtout qu'au début, elle n'avait pas vraiment compris le geste de l'étranger.

« On aurait très bien pu trouver autre chose si AU MOINS vous auriez prévenu et pas garder votre vision pour vous ! Je ne sais même pas comment vous avez fait pour les entendre arriver ! Et puis au pire quoi, on les aurait eux aussi assommés, ou bien j’aurais dit que c’était moi la coupable, j’aurais fui et je les aurais semés ! »

Elle le regardait, folle de rage. Djali lui donna un coup de corne à la jambe, mais ne le fit pas tomber. Il avait surement assez mal comme ça. Elle revint auprès de sa maitresse, l'air totalement blasée.

« Ben Quoi ! » cracha-t-elle voyant qu’il la regardait. « Vous n’allez tout de même pas me faire croire que vous n’avez pas profité de la situation ? De plus, vous n’avez même pas répondu aux questions que je vous ai posé !»

Le fusillant du regard et légèrement essoufflée, elle porta encore une main inconsciemment à son médaillon toujours dissimulé sous sa robe lorsqu’elle pensa à ce qui c’était passé avant et le serra dans son poing à travers le tissu. Appuyée d’une main contre le mur, elle cria presque :

« Partez ! Dégagez ! Allez-vous en avec vos… vos provisions et tracez votre route avant que… avant que je vous fasse manger le sol et vous achève ! »
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MessageSujet: Re: Le loup & la Bohémienne   Lun 3 Sep - 16:57


Michael & Masha
Le loup et la bohémienne

« Excusez-nous jeunes gens ! Vous savez qu’il existe des endroits pour ça ? »

A ce moment-là, je n’osais regarder « ma compagne » d’un jour en face, non pas par gêne, mais parce j’étais incapable de savoir comment la jeune femme allait réagir. Je ne lui avais pour ainsi dire laissé aucun impératif donc pas le temps de régir. J’avais senti à son contact, un sursaut lié à la surprise, mais le fait de l’avoir aussi senti se raidir ne présageait rien de bon quant à la suite des événements, pour ma part.
Avait-elle au moins comprit que ce geste inattendu était une diversion causée pour éloigner les soldats approchant ? Saisirait-elle la perche, bien maladroite, que je venais de lui tendre ?
Je l’ignore, elle avait, sans le savoir, réussit, par la colère, à verrouiller ses pensées et le fait qu’elle porte sur elle de l’argent, ne m’aidais pas non plus à lire en elle.

L’argent, s’il y a bien une matière à laquelle je ne dois pas m’exposer, c’est bien celle-ci. J’ai longtemps cru que ce n’était que de vulgaires légendes qui viennent enrichir les fables que l’on raconte inlassablement dans les petites contrées reculées. J’ai d’ailleurs longtemps cru, mais en quoi ? En une vie normale, dénuée de difficultés, de souffrance, de malheurs, de tristesse, de monstres… ? Etait-je trop naïf, idiot peut-être, de croire en un monde bon ?
Avec du recul et du temps pour méditer, il m’avait fallu revoir de près mes croyances, mais surtout, il m’avait fallu accepter que désormais ma vie était dénué … de normalité.
J’avais donc appris à mes dépends que l’argent et les lycanthropes, ne faisait pas bon ménage. D’ailleurs j’aurai du le comprendre bien plus tôt.

Je me souviens encore, de la nuit où ma vie de petit garçon s’est arrêtée pour être confronté à la violence du monde des adultes. Je revois encore le corps, de cette jeune, gisant au sol dans une mare de sang, sans tête. Je revois encore ce fin tissu rouge qui se mêlait au sang et mon père qui haranguait la foule en colère, avec un discours d’une rare violence.
A ce moment-là, je n’avais pas encore compris la dure réalité des choses, je ne voyais qu’une femme, sans tête, morte dans une mare de sang se confondant avec le chaperon qu’elle devait très probablement encore porté quand sa tête était sur ses épaules. Je voyais mon père levant au ciel une dague avec une lame en argent… Je voyais beaucoup de chose, mais ne comprenait rien et ce n’est que bien plus tard que j’appris que la femme en question n’était autre que l’effroyable bête qui décimait les troupeaux des environs depuis plusieurs mois. Elle était ce qu’on appelle plus communément, un loup garou

Ma mère m’avait enseigné les rudiments de l’agriculture, mon père m’avait appris à me servir d’armes. Voyez-vous, mes parents étaient de respectables agriculteurs, mais ils leur arrivaient parfois d’être d’impitoyables tueurs. Leur prédilection, les loups garous et autre créatures hybrides menaçant la sécurité des hommes.
Voilà donc de quoi se ponctuent mes quelques souvenirs…En y repensant, ma situation actuelle est comment dire…quelque peu ironique…

Les paroles des deux soldats me ramenèrent à la réalité, dure réalité qui plus est…L’expression de la bohémienne avait changé et je crois, que je pus dire sans trop m’avancé, qu’elle avait compris mon geste, qui hors contexte, aurait été très certainement déplacé.
Les deux représentants de la « Loi » continuaient de nous fixer, sans se douter qu’a à peine quelque mètres, deux des leurs étaient à terre, inconscient.
Dès que j’eus décollait mes lèvres de celle de ma « victime », je l’ai vit reculer non pas de quelques pas, mais de quelques centimètres. Elle était, je crois, un peu plus calme ou alors c’était une bonne comédienne. Je crois que ma diversion, précipitée, n’avait pas était à son goût, mais au vu de la situation, je pense que nous n’avions pas le temps d’échafauder un quelconque plan et les soldats auraient eu largement le temps de lancer l’alerte ce qui irrémédiablement nous aurait tous deux entrainer dans une nouvelle course poursuite, qu’entre nous, je ne voulais pas courir.

Les deux gardes continuaient de nous fixer et restaient donc un potentiel danger. A ma plus grande surprise, Esméralda prit les devants et joua de ses charmes pour très certainement éloigner les deux hommes. Je pense aussi, qu’au vue du faite que son visage soit découvert, elle ne voulait pas prendre le moindre risque. Elle accepta donc de « jouer la comédie » Elle offrit aux deux hommes un léger sourire laissant apparaitre une gêne, simulée bien évidement, quoique je n’en étais moi-même pas sûr.

« Excusez-nous messieurs, nous sommes sur le point de partir… cela ne se reproduira plus ici… »

« Oui, bon tant que vous ne troublez pas calme de la Cité, il n’y a pas de soucis »


Oui, c’était peut-être le cas, néanmoins les deux hommes continuaient de nous regarder perplexes. Formions-nous un si mauvais couple ? A croire que non, car après un dernier sourire forcé émanant de la bohémienne, les deux gardes reprirent leur route et s’éloignèrent ainsi de la ruelle. Je crois que désormais, je pouvais souffler, enfin, c’est ce que je croyais.
Je compris très vite que j’allais devoir payer ce geste. La jeune s’approcha à nouveau et glissa sa main derrière ma nuque pour remonter jusqu’à mes cheveux. J’avoue que j’étais troublé car incapable de savoir si oui ou non, la jeune femme continuait à jouer la comédie. Elle souriait encore et approcha son visage du mien. Une fois les soldats bien éloignés, elle me tira les cheveux avec force et éloigna mon visage du sien. Sous la douleur, je fus contraint de grimacer. Je ne vis pas son poings arrivait son visage, je ne pus donc parer son attaque. Le coup atteignit son modération mon visage puis comme si elle n’en avait pas assez, Esméralda enfonça au plus profond, ses ongles aiguisés « de sorcière » dans ma chair et pour conclure l’échange elle se permit de m’offrir un coup de genoux dans l’estomac.
La douleur était forte, suffisamment pour me pliais mais pas pour me déséquilibrer, bien qu’à son tour le petit animal m’assena un coup.

Oui, c’était indéniable, Esméralda me détestait encore plus et j’avais bien malgré moi pus le comprendre. Elle avait les yeux brillant et le cœur qui s’emballait suite à cette décharge de violence. Moi-même j’étais éprit de cette même décharge, mais je devais me contrôler, la colère ne mène nulle part, du-moins c’est ce que j’essayais de me dire à chaque fois que je me sentais envahir par la colère. L’animal qui est en moi avait ses instincts et quoi de plus naturel que de se défendre quand on n’est attaqué ?
Non, pas cette fois ! Je pris sur moi et me redressa avec difficulté. Mon regard se posa à nouveau sur Esméralda que j’avais bien du mal à comprendre maintenant. Elle s’essuyait théâtralement la bouche, comme si ses lèvres avaient été au contact d’une saleté quelconque. Je crois que le terme hystérique n’était en rien une exagération, oui c’est bien l’image qu’elle donnait à présent.

« Non mais vous êtes malade !!! »

Elle s’essuya à nouveau les lèvres en prenant une expression faussement indignée, mais je l’avais compris car à nouveau ses pensées m’étaient accessibles. Evidemment, elle repensait à ma diversion qu’elle jugeait déplacée et mauvaise, elle se permettait même de faire de moi, un pervers, bah voyons !
Si j’avais su, je ne lui aurai pas couru après, j’aurai laissé ces incompétents de soldats faire leur travail et moi, j’aurai continuait à mener ma vie paisible…

« On aurait très bien pu trouver autre chose si AU MOINS vous auriez prévenu et pas garder votre vision pour vous ! Je ne sais même pas comment vous avez fait pour les entendre arriver ! Et puis au pire quoi, on les aurait eux aussi assommés, ou bien j’aurais dit que c’était moi la coupable, j’aurais fui et je les aurais semés ! »

« Mais oui, bien sûr, j’aurai du hurler que deux soldats approchaient ! Non attendez, j’aurai même dû les conduire jusqu’à leur camarades. »

« Ben Quoi ! Vous n’allez tout de même pas me faire croire que vous n’avez pas profité de la situation ? De plus, vous n’avez même pas répondu aux questions que je vous ai posé !»

« Profitez de la situation ? Vous croyez que j’ai que ça à faire ?! Quand à vos questions, elles sont trop nombreuses pour que je prenne le temps d’y répondre. Je n’aime les interrogatoires et je n’ai pas pour habitude de me livrer à des étrangers. »

Elle continuait de me regarder, de se servir de ses yeux noisettes pour me fusiller sur place. Je l’ai vis porter la main à son coup et je compris alors d’où provenait mon mal.

« Mais dites-moi, vous croyez que tout se résous par la violence ? Pourquoi je pose cette question, je connais la réponse, c’est tellement prévisible. Et ensuite vous voulez que ces gens aient une bonne vision de vous et de votre peuple ! Comment ? En volant et en vous battant ? Vous croyez que de cette façon vous ferez avancer les choses ? Sincèrement, vous faites tout pour qu’on fasse de vous des ennemis, des étrangers, des pestiférés. Et là, je sais très bien ce que vous pensez. Vous me haïssez, parce que j’ai raison et c’est bien ça le problème. Il y a trop de colère en vous et malgré tout, ça n’est pas justifiable. Vous avez encore la possibilité de changer les choses, alors par pitié cessez donc de monter un tel visage. »

« Partez ! Dégagez ! Allez-vous en avec vos… vos provisions et tracez votre route avant que… avant que je vous fasse manger le sol et vous achève !

« Encore et toujours la mène chose. Alors aller y ! Achevez-moi, vous me libérez je vous assure… »

Je tendis les bras en croix me livrant à elle, j’attendais sa réponse non sans appréhension. Elle me défiait du regard et j’en faisais de même, j’étais concentré, tellement que je ne vis pas les deux soldats refaire surface. Esméralda, elle les avait vu, je suppose, elle restait silencieuse et me berna, involontairement.

« Si vous bougez, je n’hésiterai pas à vous tranchez la gorge étranger ! »

Mon regard n’avait pas quitté celui de la bohémienne, malgré le fait qu’à présent, j’avais une lame d’épée sous la gorge

«Inutile de vous en prendre à elle, bande de sale rat ! C’est moi qui l’aie obligé à voler. »

« Qu’est-ce que tu as dit étranger ? »

« Vous êtes débile ou vous le faites exprès ? C’est moi qui l’ai contrainte à voler. »

L’un des soldats s’approcha d’Esméralda

« Est-ce qu’il dis vrai ? Il t’a obligé à voler bohémienne ? »

Le soldat que j’avais insulté m’assena un coup qui fut suffisamment violent pour me faire tomber sur les genoux. La bohémienne ne répondit pas, elle profita d’un moment d’inattention pour fuir avec Djali, me laissant seul, je l’avais bien cherché

« Elle s’est enfuit ! »

« Laisse, on n’a celui-là, ça devrait suffire. »

Ils me relevèrent et m’entrainèrent jusqu’à la place public





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