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L'histoire se déroule en Octobre 2013.

« Tant qu'il y a assez de place pour stocker les guimauves, tout va bien. »
par Valentine Bellamy dans You gave up the fight, you left me behind


Charming ೨ Henry ೨ Ruby ೨ August

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 If only I didn't have a heart.

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MessageSujet: If only I didn't have a heart.   Dim 21 Juil - 14:47





Lefou & Le bûcheron

Another hero, another mindless crime, behind the curtain, in the pantomime.
On and on, does anybody know what we are living for








If only I didn't have a heart.

Lefou essuya son couteau ensanglanté sur son macabre couvre-chef. Le nain se concentra sur sa tâche. Essuyant soigneusement un côté puis l'autre de la lame pour que le bonnet ne rate pas la moindre goutte de sang. Le redcap évitait soigneusement de poser les yeux sur le cadavre qu'il venait d'égorger. Un autre meurtre. Une autre amitié trahie. Un autre compagne de route qu'il se retrouvait obligé de tuer pour assurer sa survie égoïste. Lefou avait cessé depuis longtemps de pleurer ses victimes. Cela ne l'empêchait pas d'éprouver toujours un pincement au coeur quand son maudit bonnet sanglant réclamait son dû. Le petit homme poussa un soupir à fendre l'âme avant de remettre le bonnet en sécurité dans une sacoche de cuir qu'il portait en permanence à sa ceinture.

Sa vie était des plus étranges. Nourrir de sang son bonnet pour vivre. Cette terrible malédiction le suivait depuis sa naissance. Lefou avait connu deux instants de paix dans cette vie tordue. La première fut quand un certain seigneur, collectionneur d'objet enchanté, lui proposa de garder le bonnet. L'homme avait promis de maintenir le bonnet gorgé de sang. En se mettant à son service, le nain devait bien reconnaître, bien que d'abord méfiant, que ce Barnabas tenu parole. Jusqu'au jour où il avait découvert d'où provenait le sang.
Le deuxième instant de paix qu'il connut se fit auprès du seigneur Gaston. Lefou avait hérité d'un nom et d'une nouvelle existence de servitude. Il évitait de penser à cette dernière période de calme dans sa vie, plus douloureuse que la première. Sans ce maudit sorcier, sans doute serait-il encore au service de son maître à la cour du roi Maurice. Certes, même au service de Gaston, Lefou avait dû tuer. Mais au moins n'abrégeait-il que la vie d'inconnue ou de bandit trop sûr d'eux pour se méfier de lui.

À cette pensée, il ne put éviter plus longtemps de croiser le regard du cadavre à ses pieds. Il devait bien avoir un moyen d'arrêter tout ce cirque. Mais lequel ? Le ténébreux détenait peut-être une solution magique de mettre fin à sa malédiction... En échange d'un de ses fichus contrats. Lefou se refusait catégoriquement d'en venir à se qu'il pensait une trahison envers son ancien maître. Sa haine envers le sorcier était bien trop forte pour cela. Quel autre moyen lui restait-il ? Alors qu'il reporta ses interrogations sur le devenir du corps (devait-il prendre le temps d'offrir une sépulture décente à son ancien compagnon de route ?) un bruit sourd et répétitif se fit entendre non loin. Tiré de ses pensées, le nain tendit l'oreille et reconnut le bruit d'une hache s'acharnant sur un arbre.

Il ne lui fallut que quelques pas pour voir le bûcheron à l'origine de ce bruit régulier. C'était l'inquiétude qui avait motivé sa démarche. Si le mystérieux bûcheron avait vu le meurtre qu'il venait de commettre, Lefou allait devoir en faire un autre pour s'assurer le silence de ce témoin gênant. Voilà pourquoi il n'avait pris la peine de ranger son arme, qu'il tenait toujours en main. Seulement... il ne s'attendait pas à un tel spectacle. Le bûcheron qu'il vit occupé à son travail, n'avait rien d'humain. Surpris, Lefou regarda l'étrange créature de fer blanc à l'oeuvre. Ignorant qu'il s'agissait d'une de ses anciennes connaissances devenu méconnaissable par sorcellerie, il s'approcha davantage. Il remit doucement sa lame dans son fourreau mais garda tout de même sa main sur la garde par prudence. Même s'il doutait de l'efficacité de cette épée contre la peau métallique du bûcheron. La curiosité le poussa à entamer la conversation. Pour oublier le triste tableau qu'il venait de quitter mais aussi pour savoir si cet étrange être avait la faculté de parler.

"Bien le bonjour, mon ami." Salua-t-il.

Ne sachant quoi ajouter d'autres pour l'instant, il attendit.


© Méphi.


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MessageSujet: Re: If only I didn't have a heart.   Dim 18 Aoû - 19:16


If only I didn't have a heart.



Believe me, heartless men are the strongest !
Il y a des événements dans la vie que l'on ne peut expliquer. Les trois changements d'identité que Barnabas avaient subi jusqu'à présent faisaient partie de ces bouleversements et avaient rythmé son existence d'aussi loin qu'il s'en souvenait. D'abord jeune seigneur arrogant, ce fut le départ de son frère et l'intervention d'un magicien qui n'aurait jamais du se mêler des affaires du jeune homme qui provoquèrent le premier ébranlement de sa vie. Sa vie de jeune adulte s'écoula en tant que Barbe-Bleue, mystérieux homme à l'apparence singulière qui s'avéra être bien moins avenant qu'il voulait bien le faire croire. Bien qu'il se mariât à de nombreuses reprises, aucune de ces unions ne lui fit connaître l'amour et ce fut même ses dernières noces qui engendrèrent le second changement considérable de son existence.

En effet, suite à un pacte avec celui qui n'était à l'époque pas aussi puissant qu'aujourd'hui, Barnabas s'était vu contraint de céder à Rumplestiltskin ses terres, ses biens, et même son apparence humaine ! Désormais pourvu d'un corps de fer blanc, il n'avait conservé de ses vies d'avant qu'une hache magique, héritage familial qui avait plus de valeur à ses yeux que la vie de bon nombre de gens. Ne possédant plus rien hormis cet attribut, il se mit donc à errer à travers les royaumes sans but réel. Le fait était que la vengeance n'avait plus aucun attrait à ses yeux, car son cœur avait disparu avec le reste de ses organes au moment où le métal était devenu son enveloppe corporelle, ainsi aucune émotion, bonne ou mauvaise, ne venait plus troubler son esprit. Il n'avait plus besoin de manger, boire lui était devenu néfaste et le sommeil ne lui était plus vital. Dans un sens, il s'était assuré la survie éternelle, au prix de son humanité et d'une vigilance permanente vis à vis de l'eau, sous toutes ses formes.

Ainsi affublé de sa hache, il était devenu le Bûcheron de Fer Blanc. Que les villageois qu'il rencontrait au cours de son errance le craignissent ou qu'ils le vissent comme une sorte de créature magique bienfaisante ne lui faisait ni chaud ni froid. Il ne se mêlait à la population que lorsque le ciel se faisait menaçant, dans le but stratégique de se trouver à l'abri quand les premières gouttes de pluie martèleraient le sol. Lorsque les paysans du coin avaient peur de lui, il ne se gênait pas pour prendre ses aises dans une étable le temps que l'averse passe, sachant pertinemment qu'aucun des habitants des alentours n'oserait venir l'en déloger. De toute manière, il repartait à peine la pluie finie, sans perturber plus que cela la vie des autochtones. Si jamais certains essayaient de le chasser, cependant, ils passaient un mauvais quart d'heure et, au final, le Bûcheron obtenait ce qu'il voulait.

Parfois, cependant, lorsque les gens bravaient leurs craintes pour venir lui parler, il arrivait que certains lui demandent des services en échange du gîte. Barnabas acceptait toujours, pour la simple et bonne raison qu'il n'avait rien de mieux à faire de sa vie lassante de maudit. Tantôt il s'agissait d'éliminer un monstre qui terrorisait le village, tantôt il fallait reconstruire une grange au plus vite pour ne pas que les récoltes fussent perdues et que les paysans souffrissent de famine... Le plus souvent, cela dit, on l'envoyait couper du bois un peu plus loin dans les forêts environnantes. Cette activité restait la plus commode pour lui, c'était ce qu'il préférait faire. Isolé dans la nature avec sa hache, il pouvait réfléchir à l'histoire de son ancêtre, celui qui avait tenu l'outil magique qu'il maniait alors pour la première fois, ou bien ressasser son propre passé en paix. C'était, d'ailleurs, ce qui occupait son esprit ce jour-là, au moment précis où une voix vint troubler cet instant de recueillement en retentissant dans son dos :

▬ Bien le bonjour, mon ami.

Ramené à la réalité par cette intervention imprévue, le bûcheron cessa sa besogne et se tourna vers son interlocuteur. Il n'avait pas encore desserré ses mâchoires de métal, préférant poser les yeux sur celui qui interrompait son travail avant de prononcer le moindre mot. Lorsqu'il vit le redcap, Barbe-Bleue reconnut immédiatement ce petit homme qui avait séjourné quelques temps dans sa demeure. La créature au bonnet ensanglanté avait choisi de fuir lorsqu'il avait découvert le secret de son hôte et, si ce dernier avait pu ressentir de la rancune et de la colère à son égard au moment des faits, il n'en était plus rien à présent. Ce n'était pas une histoire de pardon, ni le fait qu'il comprenait les actes de celui qui se tenait face à lui, simplement il s'agissait de l'un des nombreux effets provoqué par la disparition du siège de ses émotions.

▬ Bonjour à toi, étranger.

Trois choses étaient certaines pour Barnabas à l'instant ou sa voix métallique imprégna les bois autour d'eux. La première, c'était que le redcap n'était pas du coin, et cela il aurait pu l'affirmer même sans avoir fait sa connaissance par le passé. En effet, il l'aurait certainement croisé au village s'il avait décidé de s'y établir depuis sa fuite, bien des années auparavant, mais rien que ses conditions de vie lui assuraient que le petit homme était du genre voyageur, il n'en avait pas vraiment le choix... La deuxième certitude du maudit, c'était le fait que le redcap se méfiait de lui, comme le prouvait le geste défensif qu'il esquissait. De plus, le ton mi-curieux mi-prudent qu'il avait employé pour entamer la conversation menait le bûcheron tout droit à sa troisième et dernière conviction : il ne l'avait pas reconnu, et Barnabas n'avait aucune envie qu'il en soit autrement. Aussi resta-t-il bien droit face à lui mais baissa-t-il sa hache de sorte que son interlocuteur comprît qu'il n'avait pas l'intension de se montrer hostile.

▬ Cette épée ne te sera pas d'un grand secours, l'ami, autant la laisser là où elle est.

Il avait fait un léger signe de tête en direction de l'arme du redcap en prononçant ces mots, et son cou avait émis un léger son de ferraille lorsqu'il avait bougé. De plus, ses mots n'avaient pas été prononcés de manière malveillante, et il avait même accentué quelque peu le mot "ami", à la fois pour souligner le côté atypique de l'utilisation de ce terme à son égard, mais aussi pour lui rendre sa courtoisie. Il était vrai qu'à l'époque où Barbe-Bleue l'avait connu, le redcap n'avait pas l'air à l'aise avec les actes que son bonnet lui imposait... Mais il n'était certainement pas assez déprimé pour se lancer dans un combat perdu d'avance, du moins le bûcheron pouvait-il le supposer étant donné qu'il était encore vivant aujourd'hui et que les occasions de mettre fin à ses jours n'avaient pas du manquer depuis le temps qui s'était écoulé entre ces deux périodes.

© Méphi.

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MessageSujet: Re: If only I didn't have a heart.   Mar 3 Sep - 21:53


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Another hero, another mindless crime,
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Lefou avait toujours pensé que le destin avait un sens de l'humour désastreux. Ou foncièrement ironique. Il n'arrivait pas vraiment à se décider, même s'il penchait plus pour la première hypothèse étant donnée que certains tournure que prenait le destin lui échappait parfois. Si en cet instant, il aurait pu reconnaître l'ancien meurtrier qu'il avait servi pendant une courte période de sa longue vie, le nain aurait sans doute vu un argument de plus pour appuyer sa vision du monde. Pour le bonnet rouge, Barbe-Bleue devait être mort depuis longtemps ou réduit à l'état de vieillard. La notion du temps qui passe lui échappait toujours. Il n'eut donc aucun argument qui pouvait le pousser à chercher une éventuelle ressemblance avec son inhabituel interlocuteur. Quand bien même, il aurait eu l'idée saugrenue de le faire, Lefou n'aurait vu aucun indice chez le bûcheron de fer blanc trahissant son ancienne identité.

La créature s'était arrêté dans sa besogne pour se tourner vers lui. Chaque geste de cet étrange bûcheron semblait irréel, comme un défi lancé contre la logique des choses. Lefou avait vécu longtemps en échange du sang de ses victimes. Lui qui pensait avoir tout vu avait la preuve vivante du contraire devant ses yeux. Malgré l'impolitesse que pouvait représentait son geste, il ne pouvait s'empêcher de dévisager la créature de fer blanc.

▬ Bonjour à toi, étranger.

Lefou fut manifestement surpris d'entendre le bûcheron parler. Quand il l'avait salué, il n'en avait pas la certitude. Un sourire amusé apparut sur ces lèvres alors qu'il manifesta son étonnement à voix haute.

"Ainsi donc... tu parles." Commenta-t-il. Le nain avait perdu l'habitude des vouvoiements en même temps qu'il avait arrêté de servir le seigneur Gaston. Le redcap était ainsi, disant sans retenue ce qui lui traversait la tête. Sauf quand cela concernait des souvenirs trop douloureux en rapport avec sa condition de bonnet rouge. "Désolé." Ajouta-t-il aussitôt. "Mes paroles peuvent sembler impolie, mais tu peux difficilement m'en vouloir d'être surpris, n'est-ce pas ?"

Malgré son apparence amicale dans ses propos, Lefou restait prudent. Sa main restait sur la garde de son arme. Juste au cas où. Il ignorait encore si le travailleur avait entendu le meurtre qu'il y avait eu lieu à une courte distance d'ici. D'un autre côté, le nain voyait mal comment éliminer cet étrange être. Ni même si la lame de son épée pourrait entailler le fer blanc qui semblait composer entièrement le bûcheron. Cette méfiance devait se sentir, malgré la bonne humeur qu'il se forçait à avoir puisque le bûcheron parla de nouveau.

▬ Cette épée ne te sera pas d'un grand secours, l'ami, autant la laisser là où elle est.

Devant le signe de tête de son interlocuteur, la main du nain lâcha automatiquement la garde de l'arme. Le sourire du redcap s'élargit d'un cran tandis qu'il écarta son bras dans un geste d'apaisement dont même lui ne pouvait garantir la sincérité. Toujours sur le ton amical, il continua d'alimenter le dialogue qui naissait avec la créature de fer blanc. Sans doute aurait-il pu apparenter le bûcheron à un monstre. Mais n'en était-il pas un lui-même ? Devoir tuer pour vivre n'était pas vraiment un acte humain. Ironiquement, peut-être que l'être de fer blanc était plus proche de cette fameuse humanité en coupant ses arbres que lui en tranchant des gorges pour nourrir son macabre couvre-chef.

"Hey, à nouveau, tu ne peux m'en vouloir d'être prudent." Continua-t-il. "Ces bois sont loin d'être sûr."

Lefou parlait autant pour lui que pour la présence d'éventuels brigands dans les parages. Bien qu'il doute de plus en plus de pouvoir représenter une quelconque menace pour le bûcheron. Sa hache, même abaissé en signe de paix, semblait posséder un tranchant redoutable. Et le redcap était déjà venu à la conclusion que sa propre arme ne pourrait qu'égratigner la carapace de fer de son interlocuteur. Cela n'avait aucune importance, puisqu'il ne voulait pas voir en cet être un ennemi. Même s'il avait reconnu Barbe-bleue, Lefou n'aurait pas fait la folie de passer à l'attaque.

"De toute façon, je doute que tu sois composé de sang." Remarqua-t-il à voix haute. Une lueur de curiosité dans les yeux devant cette hypothèse. Si ce n'était pas du sang, qu'est-ce qui pouvait faire bouger les membres de ce curieux bûcheron. "Alors, tu n'as rien à craindre de moi."

La phrase était voulue comme une blague. De cet humour douteux et cynique dont le redcap était capable en certaine occasion. Sauf que son allusion à sa condition n'avait rien de drôle pour une fois, même pour lui. Son éternel sourire prit des teintes tristes. Le spectacle de son interlocuteur avait réussi à faire temporairement disparaître la culpabilité et la tristesse qui l'avait envahi il y a quelques instants quand il avait dû mettre fin à la vie d'un de ses compagnons de voyage. Maintenant, son geste lui revenait de plein fouet au visage. Le nain essaya de camoufler cette ombre dans sa bonne humeur habituelle. Il devait vraiment songer à autre chose. Se concentrer sur son interlocuteur, par exemple. Car il ne pouvait rien changer à sa condition de redcap ni étouffer la culpabilité qui lui pinait le cœur à chaque fois qu'il devait se résoudre à commettre l'inévitable. Du moins, C'est-ce qu'il pensait jusqu'à présent.


© Méphi.

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MessageSujet: Re: If only I didn't have a heart.   Dim 27 Oct - 17:02


If only I didn't have a heart.



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Le signe du bûcheron sembla faire mouche puisque le redcap éloigna aussitôt sa main du pommeau de son épée. Affichant un sourire qui devait certainement être voué à apaiser l'être de fer blanc, le nain transpirait de curiosité à l'égard de son interlocuteur, intérêt qu'il manifesta en évitant de laisser le silence s'installer entre eux. Si Barnabas était insensible aux efforts que Lefou employait, cela ne l'empêchait pas de rester incroyablement observateur et de relever les plus infimes détails dans l'attitude de son vis-à-vis. Interpréter ces signes, en revanche, c'était autre chose.

▬ Hey, à nouveau, tu ne peux m'en vouloir d'être prudent. Ces bois sont loin d'être sûrs.

Le bûcheron porta son attention sur les bois environnants sans desserrer la mâchoire. Sans doute le redcap ignorait tout le comique de la situation : la seuls chose qui représentait un danger pour celui que l'on avait autrefois nommé Barbe-Bleue étant la pluie, il ne pouvait pas avoir la même perception que le nain au bonnet rouge à ce sujet. Pour lui, la forêt valait toujours mieux qu'un village humain ou qu'une plaine à ciel découvert. Détachant son regard des arbres autour d'eux pour le poser sur son interlocuteur, il se contenta d'employer un unique mot pour lui répondre :

▬ Certes.

Il s'était habitué à sa voix métallique depuis longtemps déjà, bien qu'il avait cru comprendre que ce son n'était pas très agréable à entendre. Ce n'était pas plus mal, au final, lui qui n'avait jamais été très bavard évitait autant que possible les longues conversations. Moins il parlait, moins les gens en savaient sur lui, et mieux c'était. Cela ne sembla pas perturber le redcap, cependant, car, déjà, ce dernier réalimentait la conversation à l'aide d'une observation.

▬ De toute façon, je doute que tu sois composé de sang. Alors, tu n'as rien à craindre de moi.

L'espace d'un instant, le bûcheron observa Lefou avec une pointe d'incrédulité dans le regard. Était-ce courant pour lui d'annoncer d'emblée son statut de tueur, à présent ? Préférant ne pas relever, il n'avait pas saisi la blague cynique de son interlocuteur. Or, quand le sourire de ce dernier s'effaça pour laisser place à une mine sombre, Barnabas réalisa que la condition de redcap de celui qui l'avait servi pendant quelques temps il y a bien des années continuait de le tourmenter. Peut-être par nostalgie de croiser un visage familier, l'ancien Barbe-Bleue s'autorisa à s'immiscer dans les sombres pensées de son vis-à-vis, chose qu'il avait perdu l'habitude de faire depuis bien longtemps : quand on ne possède pas de cœur, on se fiche pas mal des humeurs et des malheurs des autres.

▬ Le sang te poserait-il problème ?

Évidemment, Barnabas connaissait déjà la réponse à cette question. En la posant, il voulait surtout voir ce que Lefou était disposé à révéler sur lui-même. Sans doute le fait de se confier à un être qui n'était pas composé de chair et de sang permettrait au nain esclave de son bonnet rouge d'en dire plus qu'il ne l'aurait fait face à un humain...

Immobile, il attendait la réponse du redcap en le fixant droit dans les yeux. Pour certains, ce geste était gênant, pour d'autres il s'agissait d'une provocation' Pour Barbe-Bleue, il s'agissait simplement de contempler son interlocuteur et de parvenir à déceler des indices dans le regard de ce dernier au fur et à mesure qu'il pensait au contenu de l'interrogation du bûcheron, du processus de réflexion pour formuler sa réponse et, finalement la manière dont il l'exprimait oralement. Ainsi, Barnabas regardait beaucoup les gens dans les yeux, et peu lui importait de savoir si cela les dérangeait ou si, au contraire, ils soutenaient son regard.

Le temps s'écoula et le bûcheron de fer blanc commença à se dire que, peut-être, Lefou refuserait de rompre le silence en répondant à sa question. La créature métallique estimant qu'elle en avait déjà assez fait en s'efforçant d'interroger le nain, Barbe-Bleue haussa les épaules dans un grincement de fer et se retourna en direction de l'arbre qu'il coupait avant d'être interrompu par le redcap. Saisissant sa hache, il la leva dans les airs mais n'eut pas le temps d'enfoncer sa lame magique dans le bois que son interlocuteur se décida à parler.

© Méphi.

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MessageSujet: Re: If only I didn't have a heart.   Lun 23 Déc - 12:34


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Lefou parcourait ce monde depuis bien longtemps et pourtant, il n'avait jamais rencontré une créature aussi étrange. En temps normal, le nain serait déjà à la taverne la plus proche en train d'obtenir grâce au vin un oubli temporaire de se qu'il venait de faire. Au lieu de çà, il avait une conversation avec un homme de métal. Surprenant ! Dommage que son interlocuteur ne soit pas du genre bavard. Tout se qu'il avait pu obtenir fut un "Certes" alors que lui avait fourni assez de ligne de dialogue pour remplir un petit bouquin. Enfin, ce n'était pas grave, il avait toujours été assez bavard pour deux personnes, surtout quand il essayait de s'empêcher de penser comme en cet instant précis.

De toute façon, c'était peut-être mieux qu'il n'entende pas beaucoup son étrange interlocuteur parler. Le son métallique de cette voix lui faisait grincer des dents, heureusement qu'il était encore assez poli pour ne faire aucun commentaire sur ce sujet. Le redcap se demandait, en observant le bûcheron en métal, quelle nouvelle farce le destin cachait là. Il y en avait toujours une, souvent d'un goût douteux et rempli d'ironie. Cette curieuse rencontre devait forcément caché quelque chose dans ce style. Lefou avait raison, bien sûr, sauf qu'il lui manquait des éléments pour comprendre les subtilités de cette nouvelle blague du destin puisqu'il ne reconnaissait pas Barbe-Bleue dans cette carcasse métallique.

Au moins, il était rassurant de se trouver devant quelqu'un que le nain ne devrait pas tuer à un moment où un autre puisqu'il doutait que l'homme de fer contenait du sang dans ses veines et encore plus qu'il en possède... des veines. Un soulagement mélangé à de l'amertume qu'il ne put s'empêcher de dire à haute voix.

▬ Le sang te poserait-il problème ?

"Pas le mien en tout cas." Répondit-il avec ironie.

Lefou se surprit à baisser le regard devant celui qui lui semblait accusateur du bûcheron. Non, son sang n'était pas un problème. C'était plutôt avec celui des autres qu'il en avait un. Celui qui était encore frais et recouvrait son macabre couvre-chef. Celui de son dernier compagnon de route qui sera bien recouvert par celui d'un autre quand il aura commencé à sécher. Tout çà parce qu'il était né redcap. Ah ! C'était peut-être SON propre sang le problème, finalement. Toutes ces réflexions avaient jettes un énorme silence sur la conversation naissance. Finalement, après un grincement métallique lorsqu'il haussa les épaules, la créature de fer opéra un demi-tour pour retourner à sa tâche.

Lefou s'était attendu à recevoir... Ah, que pouvait-on recevoir comme commentaire de la part d'un bûcheron en fer ? Certainement pas de la compassion ou de l'incrédulité. Le redcap se surprit à envier la créature de ferraille qui ne pouvait éprouver non plus aucun remord. Une caractéristique qui lui serait tellement utile étant donné le rythme de vie sanguinaire à lequel il devait se soumettre pour survivre.

"Comment faites-vous ?" Demanda-t-il finalement, mettant fin au silence et en regardant de nouveau le bûcheron.

Sans s'en rendre compte, il avait vouvoyer le bûcheron. Pendant un instant, il avait cru que l'ancien Barbe-Bleue ne l'avait pas entendu mais ce dernier interrompit son geste avant que la lame de la hache ne s'enfonce dans le bois. Après quelques hésitations, le redcap clarifia son interrogation.

"Comment faites-vous pour ne rien ressentir ?" Répéta-t-il avec quelques détails en plus pour éviter tout malentendu. "Je vous parle de mort et çà ne semble pas vous affecter. Avez-vous toujours été ainsi ?"

C'était vraiment idiot. Sa longue vie ne lui prouvait-il pas qu'il était stupide de se rattacher à un espoir ? A chaque fois, le prix à payer était trop fort ou quelque chose interférait pour mettre fin à la période de calme et de paix qu'il traversait. A chaque fois, on en revenait au sang sur son bonnet et à des morts. Alors pourquoi cherchait-il encore des solutions au lieu de continuer à porter son fardeau sans faire d'histoire ? Que pouvait-il bien espérer venant d'un homme de métal ?

©️ Méphi.



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MessageSujet: Re: If only I didn't have a heart.   Mar 14 Jan - 12:48


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S'il y avait bien une chose que les années avaient appris à Barnabas, c'était que les êtres vivants étaient imprévisibles. Alors qu'il était encore humain, il avait croisé la route de bon nombre de créatures magiques pour étoffer sa collection d'objets enchantés, et il en avait rencontré d'autant plus une fois chassé de son propre château. Il avait perdu ses terres et son humanité, mais aussi son cœur. Ainsi, il était devenu un être dénué de sentiments, d'espérances, de déceptions. Le bûcheron savait que Lefou souffrait de sa condition de Redcap mais, pour autant, il ignorait que cette rencontre hasardeuse et la discussion qui en découlait déterminerait une prise de décision importante pour le nain sanguinaire, un choix qui changerait sa vie.

▬ Comment faites-vous ?

Ce fut avec ces mots que Lefou brisa le silence, surprenant de la sorte Barbe-Bleue qui pensait que le petit être ne répondrait plus et était parti au moment où l'homme de fer blanc lui avait tourné le dos. Cette question stoppa le bûcheron en plein geste. Il rabaissa sa hache, et lentement, s'orienta de nouveau vers le redcap. Ce dernier sembla en proie à l'hésitation, peut-être même était-il gêné, Barnabas n'aurait pu le dire.

▬ Comment faites-vous pour ne rien ressentir ? Je vous parle de mort et çà ne semble pas vous affecter. Avez-vous toujours été ainsi ?

Le bûcheron aurait sans doute arqué un sourcil face au vouvoiement soudain qu'employait son interlocuteur s'il avait été doté de sourcils... Par dessus tout, ce fut le désespoir à peine dissimulé dans le regard que le nain adressa à Barnabas après avoir précisé ses interrogations qui interpella le maudit. Il observa le redcap en silence pendant quelques secondes, allait-il lui avouer le secret de sa nature inhumaine ? S'il faisait cela, devrait-il dire pour autant qui il avait été, humain ? Ou Lefou le reconnaitrait-il ? Que risquait-il, après tout, à prononcer les mots qu'il taisait depuis tant d'années, ni le nain ni n'importe quel homme ne pouvait lui faire de mal... Sa décision prise, il crispa presque inconsciemment ses doigts de fer blanc autour du manche finement ciselé de la hache qu'il avait reçu en héritage de son ancêtre.

▬ J'étais humain... Autrefois. Un jeune seigneur qui possédait terres et biens, une certaine renommée et... des femmes par dizaines.

Bien que l'ironie de sa dernière phrase ne l’atteignit pas, l'évocation de la gent féminine eut un drôle d'effet sur le bûcheron. En effet, penser au fait qu'il se retrouvait privé de son immortalité à cause de sa dernière épouse avait un arrière-goût d'amertume, sauf que son absence de sentiments empêchait toute colère d'envahir son être. Baissant le regard vers sa hache, il revoyait les circonstances de sa transformation défiler devant ses yeux, l'arme magique étant le seul vestige de son passé. Il ne fit pas attention au temps qu'il avait laissé planer entre ces propos et les suivants et reprit la parole comme s'il n'avait jamais arrêté de parler.

▬ L'intervention d'un sorcier a changé la donne. Il a fait de moi ce que je suis, en échange de tout ce que je possédais.

Que dire de plus ? Il n'y avait rien de plus que Barnabas était disposé à dévoiler, surtout pas le nom du sorcier en question. D'ailleurs, si Lefou connaissait Rumplestiltskin, peut-être ferait-il le rapprochement tout seul, étant donné que le Dark One avait choisi de s'installer dans le château qui avait autrefois appartenu à Barbe-Bleue. Enfin, dans tous les cas, le bûcheron de fer blanc avait décidé qu'il ne révèlerait pas son identité à son interlocuteur de plein gré mais que, s'il le devinait par lui-même, il ne le nierait pas. De toute manière, quelque chose lui disait qu'un autre détail de son histoire importait plus au nain sanguinaire que leur accointance mutuelle.

▬ Comme tu le vois, le marché incluait mon humanité... & mon cœur.

Être affecté par la mort ou quoi que ce fût d'autre devenait alors impossible pour une personne privée du siège de ses émotions, à coup sûr le Redcap tirerait cette conclusion de lui-même ! Le cœur, plus que tout autre organe, était la cause de bien des tourments dans la vie d'un être vivant, Barnabas avait pu vérifier et confirmer cette hypothèse depuis quelques années déjà. Cependant, il ne mesurait pas encore l'impact que ces révélations auraient sur Lefou, une fois que leurs chemins se sépareraient de nouveau. Quelle ironie cette situation faisait naître ! Le nain sanguinaire qui avait fui le château du bûcheron de fer blanc car il ne supportait pas les meurtres des épouses de ce dernier souhaitait, désormais, se débarrasser de ses sentiments, le seul élément qui le rattachait un tant soit peu à un être humain... Que deviendrait-il, ensuite ? Cela lui apporterait-il la paix ? Qui pouvait le savoir ?

©️ Méphi.



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MessageSujet: Re: If only I didn't have a heart.   Lun 3 Fév - 13:18


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Another hero, another mindless crime, behind the curtain, in the pantomime.
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Lefou n'avait connu que deux périodes de paix très brève où il avait pu faire taire ses remords concernant sa méthode pour survivre. Bien que le retour à la réalité était à chaque fois un peu plus dur, il n'aspirait qu'à revivre ce moment où il pouvait savourer un bon repas sans avoir à se préoccupé du sang qui séchait sur son bonnet. Poser une question au bûcheron lui donnait l'impression d'un noyé tentant de se raccrocher à n'importe quel objet semblant capable de flotter.

Tant pis. Qu'avait-il à perdre ? Lefou commençait à se lasser de cette vie pavé du sang des personnes ayant le malheur de croiser sa route lorsque son macabre couvre-chef avait besoin de sang frais pour le recouvrir. Le nain ne se préoccupait pas de paraître ridicule. Après tout, il s'adressait à un bûcheron en fer blanc, ce qui vous rendait automatique plus large d'esprit quand vous vouliez utiliser le mot 'étrange' à une situation. Bizarrement, une fois passé outre l'apparence particulière de son interlocuteur improvisé, ce fut plutôt le fait qu'il n'eut aucune réaction alors que le redcap parlait de sang et de mort qui l'intriguait.

L'affaire semblait si grave que son ton familier était tombé au profit d'un vouvoiement qui ne lui ressemblait pas. Pendant de brèves secondes, il craignit que le bûcheron continue son travail en ignorant ses interrogations mais finalement son interlocuteur brisa le silence.

▬ J'étais humain... Autrefois. Un jeune seigneur qui possédait terres et biens, une certaine renommée et... des femmes par dizaines.

Lefou regarda avec étonnement l'homme de métal devant cette révélation. L'existence d'une créature tel que son interlocuteur était déjà surprenante mais maintenant il venait de découvrir que le bûcheron avait été humain un jour. Une chance que le nain n'avait jamais connu puisqu'il lui-même était né redcap. Il ne put s'empêcher d'envier l'ancien barbe bleue pendant quelques instants. Inconsciemment, son regard se porta aussi sur la hache, ignorant le caractère magique de l'objet. Comment un humain pouvait-il devenir une chose de métal ? Le nain ne tarda pas à avoir sa réponse puisque le bûcheron se montra étonnamment bavard en poursuivant son histoire.

▬ L'intervention d'un sorcier a changé la donne. Il a fait de moi ce que je suis, en échange de tout ce que je possédais.

La mine du redcap s'assombrit devant l'évocation d'un sorcier. Peut-être se trompait-il mais Lefou pensa immédiatement au Ténébreux. Oui, ce genre de contrat pourrait bien correspondre à l'humour noir du sorcier qui avait bousillé sa vie parmi celle de nombreuses autres. Si Rumpelstiltskin n'avait pas enlevé la princesse Belle, son maître Gaston ne serait jamais parti dans sa quête de vengeance sans retour et Lefou aurait continué son train de vie au château. C'était peut-être une pensée égoïste mais Lefou préférait se convaincre que le sorcier était responsable de tout.

▬ Comme tu le vois, le marché incluait mon humanité... & mon cœur.

"Sans cœur..." Répéta-t-il d'un air songeur. "Et pourtant vous êtes encore vivant... Est-ce vraiment possible ?"

Lefou avait du mal à croire qu'il tenait peut-être une solution pour son problème. Certes, il devra toujours tuer pour survivre mais sans cœur, il n'aurait plus aucun remord, ce qui lui enlèverait un sacré poids de ses épaules. Cependant une ombre demeurait au tableau : le prix à payer.

"C'est donc la seule chance de répit qu'on m'offre ? Devoir mon salut au sorcier ?" Réfléchit-il à voix haute avec un sourire sans joie. "Pour quel prix ? Hors de question de le supplier."

Sa dernière phrase trahissait une détermination farouche. Puisqu'il jugeait ne plus rien avoir à perdre, s'il devait tenter une rencontre avec le Ténébreux se serait par vengeance et non plus l'implorer de lui rendre la vie plus facile. Surtout qu'il ignorait se qu'il devra sacrifier en retour. Sans parler du fait qu'il laissera son cœur à la personne qu'il détestait le plus dans ce monde. Le sorcier pourrait très bien le tuer après lui avoir soi-disant rendu service. Il fallait toujours se méfier des mots employés lorsqu'on souhaitait quelque chose.

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MessageSujet: Re: If only I didn't have a heart.   Sam 22 Mar - 19:34


If only I didn't have a heart.



Believe me, heartless men are the strongest !
Les révélations du bûcheron de fer blanc semblaient avoir fat leur petit effet sur Lefou, bien que ce ne fut pas forcément voulu par l'ancien humain. Après tout, lui raconter une partie de son histoire ne présentait aucun danger, et cela n'impliquait aucun avantage non plus. Il connaissait le Redcap assez bien pour remarquer que ce dernier ne s'était toujours pas débarrassé de son complexe, de la honte que sa condition lui imposait. En réalité, pourquoi s'entêtait-il ainsi à vivre si cette vie ne signifiait que malheur et souffrances ? Voilà quelque chose que Barnabas ne comprenait pas. Aussi avait-il pensé que, à condition que le nain fût capable d'un minimum de réflexion, il serait en mesure de changer son existence avec les informations qu'il lui communiquait.

▬ Sans cœur... Et pourtant vous êtes encore vivant... Est-ce vraiment possible ?

À défaut d'afficher un sourire moqueur ou de lever les yeux au ciel devant cette remarque, l'homme métallique haussa les épaules dans un grincement sonore.

▬ Je me tiens devant toi, cela doit suffire pour répondre à ta question.

Indifférent au combat qui s'opérait dans le for intérieur de son interlocuteur, l'ancien Barbe-Bleue détourna le regard pour balayer des yeux les arbres qui les entouraient. Le temps filait paisiblement autour d'eux, la forêt semblait à la fois débordante de vie et plongée dans l'immobilité. Le chant des oiseaux se faisait lointain, les créatures ailées faisant sans doute confiance à leur instinct pour éviter et les inhabituels bruits métalliques que le bûcheron produisait dans leur habitat naturel et la présence du Redcap, cet être que les oiseaux devaient instinctivement classer sous l'étiquette de prédateur. Quant aux bruissements de feuilles que la vie de la forêt impliquait, elle état simplement réduite à néant autour des deux protagonistes. Les seuls mouvements dans les parages n'étaient autres que leurs propres gestes.

▬ C'est donc la seule chance de répit qu'on m'offre ? Devoir mon salut au sorcier ? Pour quel prix ? Hors de question de le supplier.

La colère et l'amertume transparaissaient dans le ton du Redcap. Bien qu'il sache qu'elles ne lui étaient pas destinées, les nombreuses questions de Lefou demeuraient sans réponse de la part du bûcheron de fer blanc. Il ignorait le fond de la pensée de son interlocuteur tout comme l'identité du sorcier que ce dernier évoquait, bien que le ton sans appel du nain laissait transparaître de la haine et du dégoût à l'égard du magicien en question, sentiments que Barnabas aurait certainement partagé à l'égard de Rumplestiltskin s'il en avait été capable.

▬ Je doute qu'un unique sorcier possède ce pouvoir.

L'ancien Barbe-Bleue avait lancé cette phrase sur un ton factuel, comme si le fait que Lefou ne se focalise que sur un seul être doté de pouvoirs magiques était ridicule dans le monde dans lequel ils vivaient. Oh, évidemment, certains étaient indéniablement plus puissants que d'autres, mais le bûcheron ne doutait pas un seul instant du fait qu'il devait existait bien des manières pour parvenir à ses fins, des manières accessibles à des sorciers de niveaux différents... Cette certitude, il la tenait de son passé, il s'agissait ni plus ni moins d'un vestige de sa vie de collectionneur d'objets magiques, ère durant laquelle il avait pu constater les usages multiples et parfois très proches de certains artefacts pourtant différents.

▬ Dans ce monde ou dans un autre, ton problème rencontrera de multiples solutions, à n'en pas douter.

Les autres mondes, voilà une autre information qu'il tenait de l'époque de ses collections, alors qu'il amassait les objets aux origines tellement diverses qu'ils venaient parfois de par-delà les frontières de tous les royaumes connus de son monde. Combien de terres inconnues se cachaient derrière les passerelles magiques que ses fournisseurs avaient empruntées ? Il n'aurait su le dire. Tout ce qu'il savait, c'était que d'autres possibilités demeuraient envisageables pour lui, le jour où il en aurait fini avec les terres qu'il foulait actuellement. Il le savait, lucide sur sa condition, le jour viendrait où il en aurait assez d'errer dans ces forêts et ces champs trop banals, peut-être ce moment était-il proche, peut-être était-ce le contraire, mais toujours était-il que cet instant se profilerait fatalement, et il serait alors temps pour lui de trouver le moyen de changer de décor. En attendant, cela dit, il se trouvait dans cette forêt, en compagnie du Redcap, et se sentait exactement là où il devait être.

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MessageSujet: Re: If only I didn't have a heart.   Ven 13 Juin - 11:04


If only I didn't have a heart.



Another hero, another mindless crime, behind the curtain, in the pantomime.
On and on, does anybody know what we are living for


Ah, lui qui pensait que la rencontre étonnante avec la créature de fer blanc était la chose la plus étrange qui lui arriverait aujourd'hui ! C'était sans compter sur les révélations qu'allait lui faire le bûcheron en avouant ne pas avoir de cœur. La question étonnée qui avait franchie ses lèvres était ridicule, il le savait. Le simple fait que son interlocuteur soit composé de métal et non de chair expliquait certainement le fait qu'il était encore vivant. Pourtant il n'avait pu s'empêcher d'en être étonné.

▬ Je me tiens devant toi, cela doit suffire pour répondre à ta question.

Lefou ne pouvait s'empêché d'envier la désinvolture qu'affichait l'homme de fer blanc et cela quelque soit le sujet qu'ils abordaient dans cette discussion. La contemplation que pouvait avoir le bûcheron sur le décor car ses pensées ne se retrouvaient pas parasiter par ses émotions. Se priver de cœur... Est-ce qu'un tel miracle pouvait s'appliquer à quelqu'un comme lui ? Le nain avait porté son fardeau depuis tellement longtemps qu'il n'osait croire en une méthode lui permettant d'alléger ce poids qui pesait sur ses épaules. Ne plus souffrir, ne plus rien ressentir. Cela voudra dire ne plus ressentir de joie... Mais surtout, ne plus avoir ni regret, ni remord, encore moins éprouvé de la tristesse pour ces victimes. Ce genre de délivrance valait bien quelques sacrifices.

En songeant au prix à payer, les pensées du redcap se portèrent vers le sorcier qui adorait ce genre d'échange inéquitable. La rancune que Lefou portait au Ténébreux l'empêchait d'avoir recours à une telle aide. Plutôt mourir que d'établir un pacte avec celui qui avait probablement tué son maître et réduit à néant la seule période paisible de sa vie. Cette pensée était égoïste. En se rappelant ses faits, il ne pensait pas à la princesse Belle qui avait été kidnappé par la Bête ni à son maître Gaston qui avait sans doute péri dans sa quête de revanche. Le redcap ne pensait qu'à sa vie de château qu'il avait dû fuir comme il avait du fuir le domaine de Barbe Bleue lorsqu'il avait vu l'origine du sang qui recouvrait son macabre couvre-chef durant le temps passé à servir le seigneur du château.

Balayé ces deux périodes révolues de ses pensées, Lefou exprima toute sa rancune envers le seul sorcier qu'il pensait suffisamment puissant pour accomplir le miracle d'enlever un cœur sans tuer son propriétaire. Était-ce encore une nouvelle farce du destin de lui faire miroité une solution pour son salut mais la mettre celle-ci entre les mains du seul sorcier qu'il n'irait jamais trouver ?

▬ Je doute qu'un unique sorcier possède ce pouvoir.

"Tant que j'en ai encore un, je souhaite de tout cœur que vous ayez raison." Avoua-t-il avec humour sans pour autant se détacher de l'amertume qui le gagnait.

Sa propre histoire était la preuve vivante que les choses n'étaient jamais simples. Pour lui le destin n'était qu'une vaste blague à l'humour aussi douteux qu'ironique. Peut-être vivait-il depuis trop longtemps pour en venir à de telles conclusions ? Toutefois, il ne pouvait nier que les phrases du bûcheron lui avaient apporté un nouvel espoir. Et Lefou soupçonnait déjà la personne qui pourrait l'aider. S'il n'allait pas trouver le Ténébreux, il ferait appel au camp adverse, même si des négociations avec la reine s’annonceraient aussi délicate que celle qu'il aurait pu mener avec Rumplestiltskin. Quitte à finir avec un accord affreusement désavantageux pour lui au final. Tout plutôt que d'imposer sa signature au bas d'un des maudits parchemins du sorcier !

▬ Dans ce monde ou dans un autre, ton problème rencontrera de multiples solutions, à n'en pas douter.

Dans ce monde ou dans un autre ? Trouver un moyen de changer de monde semblait une entreprise aussi ardue que de trouver un magicien consentant à lui arracher le cœur. Changer d'air n'était pas la solution à son problème. Tuer des inconnus le rongeaient autant de remords que d'achever la vie de ceux avec qu'il avait eu le temps de sympathisé. Peut-être même plus ! Car il y avait toujours un objet lorsqu'il fouillait le corps en quête d'argent qui lui indiquait que sa victime avait un enfant ou une tendre moitié s'inquiétant à présent de ne pas voir cette personne rentrer. Ce genre de découverte macabre lui procurait toujours un pincement au cœur. Quel délivrance que cela représenterait de ne plus subir ce genre de tourment !

"Je crois qu'il ne me reste qu'à vous remercier pour vos précieux conseils." Commenta-t-il pour mettre fin à sa réflexion.

Certes, son esprit était encore curieux concernant l'étrange phénomène que représentait un homme constitué de fer blanc qui grinçait à chacun de ses mouvements mais il avait d'autres préoccupations pour l'instant, surtout quand cela concernait son avenir. Pourtant le nain ne fit pas officiellement fin à cette conversation, comme s'il voulait être certain de ne pas raté une dernière révélation de la part de la créature.


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MessageSujet: Re: If only I didn't have a heart.   Mer 2 Juil - 18:12


If only I didn't have a heart.



Believe me, heartless men are the strongest !
Barnabas avait donc compris grâce à cette petite discussion inattendue que le Redcap n'avait toujours pas appris à se débarrasser de sa culpabilité. La vie pouvait parfois être vraiment étrange, c'était certain, considérant le fait qu'une créature née sanguinaire n'arrivait pas à supporter sa condition alors qu'un être autrefois humain avait fait couler le sang de ses femmes sans l'ombre d'un remord, comme s'il avait été dans son bon droit en prenant la vie de ses épouses. À présent qu'il n'avait plus de cœur, il n'y avait plus la moindre chance pour qu'il ressente une once de honte. Certains parleraient d'ironie du sort, face à une situation semblable ! Le Bûcheron de Fer Blanc, lui, s'abstenait d'avoir un avis sur le Hasard, la Fortune encore le Destin. Peu lui importait comment ou pourquoi, l'important était de vivre au jour le jour et de ne compter que sur ses propres facultés pour y parvenir. Ainsi, que devenaient la Destinée et la Chance ? Rien d'autre que ce que l'on avait choisi d'en faire. Croire en des balivernes nécessitait de pouvoir ressentir de l'espoir et, cela, le Bûcheron n'en était plus capable. Seule la nostalgie du temps passé l'avait poussé à donner quelques conseils au nain en face de lui alors que, en temps normal, il n'aurait même pas engagé la moindre conversation avec quelqu'un venant troubler son travail.

▬ Je crois qu'il ne me reste qu'à vous remercier pour vos précieux conseils.

L'ancien humain resta immobile durant quelques secondes, les yeux rivés sur Lefou. Ainsi se contentait-il de cela... Grand bien lui fasse ! Que lui importait-il à lui, le Bûcheron de Fer Blanc, de savoir si son ancien domestique déciderait de garder son cœur au chaud dans sa poitrine ou s'il se débarrasserait de ce fardeau ? Qui pouvait prendre une décision si ce n'était le principal concerné ? Faisant grincer son coude droit pour vérifier qu'il n'était pas en passe de se rouiller, il finit néanmoins par répondre au nain :

▬ Libre à toi de t'en contenter, mais...

Il ramassa ensuite sa hache pour la saisir plus fermement et, sans pour autant détourner son regard, s'apprêtait à reprendre sa besogne. Cependant, l'éclat de curiosité qui subsistait dans le regard du Redcap donnait un goût inachevé à cette conversation. Barnabas avait beau ne pas haïr Rumplestiltskin, il ne souhaitait pour autant à personne de tomber dans ses griffes. Il avait récemment entendu parler d'une certaine Reine de Cœur, mais il savait qu'elle résidait dans un autre monde. Si Lefou voulait trouver une alternative au Dark One, celle-ci semblait tout à fait indiquée... Encore fallait-il que le nain soit capable d'assez de courage et de motivation pour franchir les barrières invisibles des différents mondes.

▬ Lorsque tu auras fait ton choix, il n'y aura pas de seconde chance.

Il parlait, bien sûr, de choix de personnes à qui s'adresser pour se faire arracher le cœur, ou peu importe de quelle manière on faisait disparaître l'organe, d'ailleurs ! Une fois cette dernière recommandation énoncée, le Bûcheron souleva sa hache pour l'appuyer contre son épaule dans un fracas de métal à en faire grincer les dents de bon nombre de personnes. Suite à cela, un jeta un dernier regard en direction du Redcap, puis haussa les épaules.

▬ Bonne journée, étranger.

Le Bûcheron de Fer Blanc pivota lentement sur ses jambes métalliques pour se retrouver face à l'arbre qu'il était en train de couper avant l'intervention de Lefou. Il leva sa hache bien haut au dessus de sa tête puis, d'un geste d'une extrême précision, porta un coup sur le tronc déjà bien entamé du sapin. Il n'était pas libre d'effectuer des mouvements rapides mais la puissance était au rendez-vous aussi, lorsqu'il répéta l'opération pour la seconde fois, un craquement sonore se fit entendre, suivi par un bruissement de feuilles assourdissant. Au final, l'arbre se trouvait étendu là, aux pieds de Barnabas.

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